mercredi 25 décembre 2019

Sophie et la princesse des loups, Cathryn Constable

Quatrième de couv' : Pour Sophie et ses amies, le voyage scolaire en Russie prend un tour inquiétant.
Abandonnées dans un train, les trois jeunes filles sont recueillies par la princesse Volkonski. Leur hôtesse, fascinante et effrayante, raconte de terribles histoires de révolution, de diamants disparus et de tragédies passées. Quels lourds secrets recèle son palais délabré? Ces loups blancs que Sophie semble être la seule à voir dans la forêt sont-ils bien réels?

Au cœur d'une Russie magique, embarquez pour un voyage de légendes et de mystères : une aventure envoûtante et romantique, l'incroyable destin de Sophie.


Mon avis : J'ai pris ce livre parmi les gratuits un midi au boulot, parce que je m'ennuyais. Au final j'ai mis un bon mois pour le lire (même si il ne fait que 340 pages) parce que j'avais soit la flemme, soit je sortais sur ma pause dèj', soit parce que mes collègues venaient discuter avec moi. Je ne l'ai donc pas lu d'une traite. Ça explique certainement mon peu d'engouement pour ce roman.

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Soyons honnête j'ai eu du mal à comprendre où l'autrice voulait nous emmener, surtout vers quel genre de roman on classait ce titre.
L'histoire commence tout bêtement à Londres dans un pensionnat de jeunes filles, où l'on découvre Sophie, une orpheline, qui intrigue visiblement une femme étrange.
Plus tard, on propose à Sophie un voyage scolaire à Saint-Pétersbourg. Attirée par les contrées froides et rudes, elle falsifie la signature de sa tutrice pour pouvoir partir avec ses deux amies, Marianne et Delphine. Mais une fois en Russie, leur professeur les laisse à la charge de leur famille d'accueil, et les trois amies vont se retrouver avec la femme rencontrée à Londres quelques semaines plus tôt. Elles prennent un train, sont abandonnées par la femme au milieu d'un coin perdu de Russie, particulièrement froid. Un peu comme dans un conte, Sophie et ses amies vont se retrouver dans un immense château plus ou moins à l'abandon.

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Je ne sais pas si c'est parce que j'ai mis du temps à le lire ou si l'histoire était bancale, mais j'ai eu du mal à sortir du brouillard provoqué par ce roman. Dès le départ on ne sait pas à quelle époque on se situe. C'est grâce à des indices dans les paroles des adolescentes que j'ai peu à peu saisi qu'on était à l'époque actuelle.
Puis quand elles arrivent en Russie, à la sortie du train, on a l'impression de plonger dans un roman fantastique ou un conte, avec une cabane à la Boucle d'Or et les 3 Ours.
Mais finalement on est plutôt dans une histoire d'aventure, avec une ressemblance flagrante à l'histoire d'Anastasia, la dernière des Romanov.
Et c'est là que ça se corse selon moi : Anastasia, le dessin animé sorti quand j'étais enfant m'a énormément plu, alors voir une sorte d'équivalent en livre, ça n'avait rien d'original. Certes, l'autrice rajoute des loups, une femme vénale, un colonel sorti de nulle part, mais de l'autre, elle met des domestiques qui sont restés là depuis toujours et qui montent dans les chambres grâce à des trappes cachées dans les murs. Il y a même un personnage masculin prénommé Dmitri ! Et le type qui accompagne Anna Feod.... se prénommant Ivan, est un personnage enrobé et bienveillant.
Et puis Sophie est orpheline et se souvient seulement par bribes de son père, porte un collier en verre et a le souvenir d'une chanson qu'on lui chantait quand elle était enfant. Bref, que de ressemblances !
Peut-être que les ado d'aujourd'hui n'ont pas vu ce dessin animé, mais pour quelqu'un comme moi, qui l'a vu des dizaines de fois, le parallèle est inévitable.

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J'ai bien aimé la lecture, par rapport à d'autres romans pour ce public (9-12 ans), c'est de l'aventure, du mystère et une quête de soi. Ce n'est pas mauvais, mais c'est un peu trop rapide dans l'enchaînement des actions, il y a des facilités narratives et c'est trop ressemblant avec le dessin animé Anastasia. L'écriture est simple, fluide, sans aucune difficulté. On visualise plutôt bien les scènes. Mais Sophie est sacrément lente à la détente et très naïve.
J'ai tout de même apprécié que l'intrigue se déroule en grande majorité en Russie, ça change un peu et ça donne une atmosphère particulière.

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Lecture agréable mais sans plus. C'est clairement un titre destiné à un public jeune.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 19 décembre 2019

J'aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre, Stephanie Butland

Quatrième de couv' : Une librairie a toujours le pouvoir de guérir les coeurs.
Loveday travaille dans une librairie d'occasion et préfère la compagnie des livres à celle de ses semblables. Elle reçoit un jour trois mystérieuses livraisons de livres qui la plongent dans les souvenirs de son enfance difficile. Quelqu’un connaît le secret de sa vie. Est-ce Archie, son patron marginal et paternel ? Rob, l’amoureux éconduit qui ne cesse de la harceler ? Nathan, le poète-magicien qu’elle vient de rencontrer, celui qui pourrait l’aider à trouver les mots pour raconter son histoire ? Le moment semble venu pour elle d’affronter son passé et d’enfin tourner la page.



Mon avis : Tombée par hasard sur ce livre en librairie, c'est d'abord la couverture qui m'a attirée, puis le titre et enfin la thématique.

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Pour l'histoire, c'est tout simple : Loveday Cardew travaille dans une librairie d'occasion depuis 10 ans. C'est son refuge, elle s'y sent comme chez elle, sous la protection d'Archie, son patron, un véritable excentrique qui a bien vécu avant d'ouvrir sa librairie.
Personne très renfermée, elle n'a jamais partagé l'histoire qui a marqué son enfance. Pourtant depuis peu, elle reçoit des éléments de son passé. Loveday commence à sortir de sa routine bien confortable, pour laisser entrer un homme dans sa vie, puis petit à petit agrandir son entourage.

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Qui aurait cru que j'aurais apprécié un roman publié chez Milady ? J'avais besoin, en cette période rude qu'est Noël en librairie, de me réfugier dans un roman facile à lire. Mais si vous pensez lire une romance mignonne, détrompez-vous, car ce n'est pas ce que vous trouverez dans ce roman.
Loveday est un personnage solitaire, renfermé, et qu'on met du temps à apprivoiser. Heureusement bien entourée, elle a dû néanmoins se sortir de situations très difficiles. J'ai beaucoup aimé découvrir son passé au fur et à mesure. Je ne m'attendais à rien, et l'autrice a su me surprendre en évoquant des thématiques fortes et indispensables en littérature. L'une d'elle est la violence faite aux femmes (autant vous prévenir), et j'ai apprécié lire sur ce sujet, parce que les personnages féminins de ce roman sont très fortes.

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En revanche, ce qui m'a gênée c'est l'attitude de Loveday : elle avait un petit côté hautain, un peu à la Sheldon Cooper, qui m'a refroidie plus d'une fois. Autant je saisis qu'elle n'apprécie que peu le genre humain, autant dans sa façon de décrire des situations, je lui trouvais l'air guindé. Comme on la suit tout au long du roman (c'est elle la narratrice), j'avais l'impression de lire des phrases sans peu de chaleur, un peu factuelles, voyez ?
Cela dit ça ne m'a pas empêchée de me retrouver en elle, et de m'attacher à elle, une fois que j'ai pu en savoir plus sur son passé et son environnement.

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Pour ce qui est du rythme et de l'intrigue, j'ai trouvé qu'il n'y avait pas de moments ennuyeux et que les choses se déroulaient sans précipitation. On a des rebondissements tout à fait dans la continuité de l'histoire. L'autrice nous propose 3 époques différentes afin de nous montrer le passé et le présent de Loveday. L'amour n'est pas une chose facile pour Loveday et j'ai bien aimé voir avec quelle patience l'attendait celui qui a craqué pour elle. On a souvent des histoires où les personnages se donnent corps et âmes dès le début d'une relation, alors que parfois le lien met du temps à se créer et on ne peut pas toujours être à l'aise avec quelqu'un et partager directement son quotidien.

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J'ai eu le sentiment que l'autrice savait de quoi elle parlait, à tous les niveaux. Peut-être a-t-elle mis beaucoup d'elle dans cette histoire, ce qui nous la rend très réaliste et pleine de sensibilité, ou est-elle simplement une autrice qui n'en fait pas des tonnes pour donner du relief à son récit.
Pour une fois, le métier de libraire n'est pas fantasmé (même si là, on parle de librairie d'occasion) et la littérature a une belle place dans ce roman.

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Selon moi, c'est un bon livre, un agréable moment de lecture, qui nous plonge dans le quotidien d'une jeune femme un peu misanthrope qui commence tout juste à s'ouvrir aux autres. Par ailleurs, l'histoire se déroulant à York et à Whitby, j'ai eu très envie de découvrir ce coin du Royaume-Uni.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 12 décembre 2019

Sexy, Joyce Carol Oates

Quatrième de couv' : Darren est, à seize ans, un des espoirs de l'équipe de natation. Timide mais très séduisant, sa beauté lumineuse lui attire toutes les faveurs, y compris celles de son professeur d'anglais, Mr Tracy. Un jour, les amis de Darren adressent au proviseur un courrier anonyme accusant Tracy de pédophilie...

Dans ce roman percutant, Joyce Carol Oates dénonce les ravages de la calomnie et explore le malaise d'un adolescent en perte de repères.



Mon avis : J'ai acheté ce roman en Juillet, simplement parce que la couverture était belle, et parce que je voulais tenter de découvrir un titre destiné aux ados, écrit par cette autrice (que je n'aime pas tellement. Ne m'en voulez pas).

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Dans cette histoire, on découvre Darren Flynn, un garçon très beau, bon nageur, qui attire tous les regards. Et plus particulièrement, celui de son prof d'anglais.
A la suite d'un renvoi d'élève, M. Tracy est pris pour cible et va voir sa carrière détruite. Mais Darren sait quelque chose, en parlera-t-il ?

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La façon dont c'est raconté ne m'a pas convaincue, ou en tout cas, pas touchée. Je pense que le style de l'autrice met le lecteur à distance et ne permet pas de ressentir tout à fait ce que le personnage vit. Je ne me suis pas mise à la place de Darren, 16 ans, mais plutôt à la place de son professeur, adulte accusé de pédophilie, pour qui j'ai eu plus de compassion. Je crois que l'histoire aurait eu plus de poids de ce point de vue.

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Pour ce qui est de la thématique, elle est évidemment originale. On a rarement l'occasion de voir des élèves qui suscitent l'intérêt de leur professeur. Forcément il y a un léger sentiment de malaise. Cependant je ne l'ai pas ressenti plus que ça, j'ai trouvé que l'autrice en faisait des caisses autour d'un événement mineur, que tout devenait par la suite dramatique (et sans lien) et que Darren mettait un bout de temps à prendre ses responsabilités. J'aurais apprécié qu'il arrête de tergiverser et se décide un peu plus tôt à dire ce qu'il savait de ses amis.

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La fin est franchement mollassonne. Déjà le chapitre est super long, comparé aux autres du roman, et puis surtout on ne sait toujours pas pourquoi Darren Flynn est invité à cette fête et ce que tout ça apporte au roman. Genre - spoiler - il couche avec une fille plus âgée, donc ça prouve qu'il n'est pas homo ?

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Bref, ce n'est pas une bonne lecture. C'est facile, simpliste, ça n'apporte rien. J'aurais aimé un titre qui bouge les lignes, fasse évoluer les mentalités en nous donnant quelque chose pour nous émouvoir.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 3 décembre 2019

Le couple d'à côté, Shari Lapena

Quatrième de couv' : Ce soir, Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins, le couple d’à côté. Comme la baby-sitter annule au dernier moment et que les maisons sont mitoyennes, Marco convainc Anne de laisser Cora, 6 mois, dans son berceau et d’emporter le babyphone. Tout se passe comme prévu malgré la chaleur écrasante, l’alcool, et les avances que fait la voisine à Marco. Mais lorsqu’ils rentrent enfin chez eux, Anne et Marco découvrent un berceau vide. Leur foyer douillet se transforme en scène de crime envahie par les uniformes, la culpabilité, l’effroi, l’angoisse et la suspicion…


Mon avis : Depuis un moment je voyais ce roman en présentation au boulot, et j'aime bien les thrillers domestiques. Je l'ai donc acheté, vu qu'il était court, en me disant que je le lirais en une après-midi. Bon, vu mon niveau de fatigue, je l'ai commencé mercredi dernier pour le finir seulement aujourd'hui.

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Marco et Anne ont une petite fille prénommée Cora. Ils la laissent chez eux durant une soirée, tandis qu'ils se rendent chez leurs voisins pour un dîner. Toutes les demi-heures, l'un d'eux rentre à la maison voir si tout va bien. Mais à 1h30 quand ils rentrent enfin, l'enfant a disparu.

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J'aime bien les histoires avec des disparitions d'enfant (je suis atroce ?). Là, le kidnapping est prétexte à un drame qui permet de nombreuses révélations les unes à la suite des autres. Sous son vernis propre et conventionnel, la structure familiale se délite et ce drame va précipiter sa chute. Finalement, plus qu'une histoire de disparition d'enfant, on a affaire à des faux-semblants qui s'accumulent depuis de nombreuses années.

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Je n'ai pas tellement aimé les réflexions internes des deux parents, qui ont fini par me soûler tellement j'avais l'impression que l'autrice les développait pour me faire comprendre qu'il ne fallait pas que je passe à côté des révélations. J'aurais préféré un peu plus de subtilité plutôt qu'une démonstration point par point. Ça a rendu le texte assez lourd. C'est certainement pour ça que j'ai failli abandonner le roman après 200 pages (sur 350 !).
De plus les personnages ne sont pas particulièrement attachants. Bien que confrontés à un événement terrible, on sent chez eux un manque d'entrain depuis la naissance de leur enfant, ils ne se parlent plus et s'évitent. La naissance a totalement redistribué les cartes au sein du couple.
Je trouve que ces personnages sont assez peu approfondis, ils m'ont semblé être seulement des êtres de papier et n'ont pas pris forme sous mes yeux.

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J'aurais aimé suivre l'enquête du côté de la police, avec le personnage de l'inspecteur Rasbach, qui au-delà de ce que l'on en sait, a l'air d'être un flic qui prend du recul et ne se laisse pas berner par les premiers éléments qu'on lui donne. Avec lui, les révélations auraient peut-être été plus percutantes.

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On aurait aussi pu se passer de cette fin, qui ne laisse plus aucun soulagement ni au lecteur, ni aux personnages. Bref, évitez de lire la dernière page si vous ne voulez pas vous gâcher totalement l'histoire !

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C'est un roman pas trop mal, mais franchement qui manque de surprise. Le style est plutôt froid, sans réelle distinction, à part les éternelles réflexions internes d'Anne et de Marco, qui un coup nous mettent sur de fausses pistes, un coup lèvent tout élément de surprise à venir, quand ces réflexions s'avèrent être justes.
C'est un roman assez inégal, sans grande originalité et pauvre en suspens. Ça se lit vite, ce n'est pas si mal écrit, mais ça ne restera pas dans les mémoires.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 27 novembre 2019

Nanofictions, Patrick Baud

Quatrième de couv' : « Il avait un sablier à la place du cœur, qui égrenait doucement le temps qu’il lui restait. À la fin de sa vie, il commença à marcher sur les mains pour inverser le processus. Et il put tout recommencer, la tête en bas. »

Patrick Baud s’est lancé dans un étonnant défi littéraire : raconter des histoires complètes en quelques phrases.
Teintées de fantastique, de poésie et d’humour, ces micronouvelles vous invitent à plonger dans un imaginaire riche et foisonnant.



Mon avis : Vous ne connaissez pas encore ma passion pour Patrick Baud ? J'aime beaucoup tout ce que fait cet homme, qu'il s'agisse de beaux livres, de BD, d'émissions sur les curiosités du monde, d'anecdotes insolites ou encore de La Veillée, Patrick Baud a selon moi ouvert des portes à tous les curieux du monde. J'aime beaucoup sa personnalité : il est humble, modeste et bienveillant. Bref, c'est quelqu'un à suivre. Je m'étais d'ailleurs abonnée à son compte Twitter où il avait publié ces fameuses "Nanofictions". Je n'envisageais pas forcément d'acheter le livre et puis finalement hier je me suis dit "pourquoi pas ?" Evidemment ça se dévore très vite.

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Les nanofictions sont de très courtes histoires. En quelques lignes, il arrive à nous proposer un début, un rebondissement et une chute ou un dénouement. Souvent orientées vers la science-fiction (dystopie), ou vers l'humour ou même philosophiques (on sent souvent un questionnement sur l'intérêt de l'existence humaine), ces histoires nous invitent à réfléchir et à imaginer le développement de celles-ci à notre guise.
Certaines sont excellentes, d'autres un peu moins.
C'est typiquement le genre de livre qu'on peut lire et relire, picorer de temps en temps. On y trouve également des illustrations qui répondent très bien au texte. J'ai trouvé ça joli.

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Un bon livre, court évidemment. Mais qui peut se relire à plusieurs reprises et invite le lecteur à s'imaginer des histoires plus longues.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 24 novembre 2019

Une certaine idée du bonheur, Rachel Kadish

Quatrième de couv' : Seule, en pyjama, sur son canapé, Tracy lit, Tracy écoute.
Jeune universitaire new-yorkaise, elle lit des chefs-d'œuvre pour prouver que non, le bonheur n'est pas fade et sans intérêt, comme voudraient le faire croire la plupart des grands écrivains.
Bonne amie, elle écoute Yolanda et les autres lui confier leurs peines de cœur dues à des hommes de 15 ans de plus, 15 cm de moins, sans cheveux mais pourvus d'une épouse – preuve pour elle que non, une femme de 30 ans ne doit pas se caser à tout prix.
Jusqu'à sa rencontre avec George... qui va la forcer à quitter son poste douillet d'observatrice.


« Fin, intelligent et léger. Si, si, on peut être les trois à la fois. » Glamour

« Un écrivain béni, avec un sens de la nuance et de la narration qui n'a d'égal que son penchant pour la passion. » Toni Morrison



Mon avis : J'ai acheté ce roman en 2014. J'avais déjà essayé de le lire il y a quelques années, mais j'avais dû renoncer parce qu'il ne correspondait pas à mes attentes du moment. A vrai dire, c'est sûrement à cause de la couverture qui m'a induite en erreur : je m'attendais à lire un roman de chick-litt' alors qu'il s'agit d'un roman exigeant. A l'époque j'en avais donc abandonné la lecture, mais là, il se retrouvait souvent isolé dans mes listes de PAL, donc il était grand temps que je l'en sorte.
J'ai mis pas mal de temps à le lire (contrairement à mon rythme habituel). Il compte 535 pages et c'est plus ardu qu'il n'y parait.

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Le résumé proposé par l'éditeur est cohérent, bien qu'on se focalise surtout sur Tracy et pas tellement sur ses amitiés. Tracy est donc prof de littérature américaine en université. Compétente, intelligente et un poil pédante, elle ne vit que pour la littérature. Jusqu'au jour où George entre dans sa vie. Très vite, ils deviennent amants et George précipite les choses, ce qui va déstabiliser Tracy.
Dans un autre domaine, elle compte bien être titularisée et obtenir un poste à vie dans son université, cependant les choses ne vont pas se passer comme prévu.

💬🏛📔

J'ai trouvé ce roman fin et bien écrit, mais trop exigeant. En tout cas, pour la période à laquelle je l'ai lu (je suis assez distraite), ce roman me demandait bien trop de concentration.
J'ai savouré quelques belles phrases, j'ai réfléchi au sens de l'amour, du mariage et de la vie avec Tracy.
Cependant je n'ai pas cru une seconde à son histoire d'amour, du coup j'ai eu un peu de mal à saisir les tenants et les aboutissants de son problème. L'autrice ne sait pas raconter les sentiments, elle est meilleure quant il s'agit d'exprimer des réflexions sur des concepts.

Par ailleurs la fin m'a déçue. Si j'étais satisfaite de la tournure qu'avait pris le roman à cause d'une décision de George, j'ai été déçue de le voir refaire son apparition à la fin du roman. L'autrice a voulu d'un happy end dont on aurait pu se passer.

On est aussi plongé dans l'univers d'une fac américaine et les querelles entre universitaires m'ont semblé bien puériles... J'imagine que ça servait à illustrer le fait que dans le monde du travail, même parmi des gens passionnés et cultivés, on trouve des caractères difficiles à supporter. Le climat de cette fac est assez malsain et lourd de non-dits.

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On ne rit pas beaucoup avec ce roman. Volontairement sérieux, faisant étalage d'une grande culture littéraire, l'autrice ne parvient pas à toucher son lecteur, dans le sens où Tracy n'est pas très appréciable, guindée et pas très fun, je me demande encore comment elle fait pour être amie avec Yolanda, une fille vraiment ouverte et qui prend la vie moins au sérieux. Selon moi, Tracy est une personne qui peine à comprendre vos joies et vos peines, parce qu'elle semble pleine de préjugés et qu'il lui manque un petit grain de folie. Dur de suivre ce personnage sur 535 pages...

💬🏛📔

Ce n'est pas un mauvais livre, on y trouve des réflexions intéressantes. Mais le résumé de l'éditeur et la couverture font penser à un roman de chick litt' alors qu'on est vraiment sur du roman d'ambiance universitaire, un roman qui aborde avec sérieux la décision de se marier ou non.
J'ai fini ce livre en début de semaine et j'ai déjà oublié les 3/4 de l'histoire...

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 17 novembre 2019

Minuit ou presque, Rainbow Rowell

Quatrième de couv' : Mags et Noel se sont rencontrés à une soirée du nouvel an. Depuis, ils tombent chaque année un peu plus amoureux…

Grande fan de Star Wars, Elena décide de camper devant le cinéma pour la sortie du nouveau film. Mais l’expérience s’avère décevante… du moins, jusqu’à sa rencontre avec Gabe…

Par l'auteur culte de l'inoubliable Eleanor & Park, deux histoires de copains, de geeks, de fans, où l'amitié pourrait bien évoluer de façon étonnante...



Mon avis : C'est en passant dans le rayon jeunesse que j'ai vu qu'il y avait un nouveau livre de Rainbow Rowell. Sans être une fan, j'aime bien les livres de cette autrice. J'ai pris celui-ci parce qu'il est très court, ce sont juste deux nouvelles, et la couverture est très belle.

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La première nouvelle raconte la rencontre de Mags et Noel, un 31 décembre. Chaque année, ils passent la soirée chez une amie commune, Alicia. Et chaque année Noel embrasse une autre fille.

Cette nouvelle n'est pas très longue, et assez prévisible. Mais j'ai bien aimé l'ambiance, on sent vraiment la fin d'année et puis surtout on réalise assez vite que Mags en pince pour Noel.

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La seconde nouvelle est un peu plus longue. Elena, fan de Star Wars décide de faire la queue pour l'épisode VII, bien avant que la séance ne commence (elle va passer 4 jours à attendre devant un cinéma). Là elle fait la rencontre de Troy et de Gabe, les deux seuls autres personnes à attendre le film, à Omaha.

J'ai aussi apprécié cette nouvelle, bien que je ne comprenne pas le principe d'attendre 4 jours dehors, à l'extérieur d'un cinéma pour voir un film. Enfin, j'imagine que c'est quelque chose qui se fait plus aux USA qu'en France.

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Dans l'ensemble ce sont des nouvelles mignonnes, c'est assez agréable à lire. C'est bien écrit mais ça aurait pu être plus développé. Là on referme le livre en se disant "Et c'est tout ?" Les personnages sont assez peu développés, on ne connaît vraiment pas grand chose d'eux. Et puis les nouvelles sont très prévisibles, on sait dès le début ce qu'il va se passer. De plus c'est très enfantin, ça pourrait être lu dès 12 ans.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 6 novembre 2019

Avoue que t'en meurs d'envie, Kristen Roupenian

Quatrième de couv' : Un couple bien sous tous rapports héberge un ami qui tente d'échapper à une relation toxique - pour mieux sombrer dans une autre que personne n'avait vue venir et qui le détruira.
Une célibataire sceptique qui suit la recette d'un vieux grimoire pour trouver l'amour est dépassée par l'apparition d'un homme parfait dans sa cave.
L'anniversaire d'une petite fille inquiétante prend une tournure dramatique après qu'elle a "souhaité" le mal.
Une jeune femme se retrouve au lit avec un homme qu'elle a rencontré peu de temps auparavant et se demande s'il ne s'agit par d'un psychopathe déguisé en "mec à chats"...

Kristen Roupenian plonge dans nos fantasmes et délires à travers douze nouvelles qui explorent avec une écriture très réaliste et un humour impitoyable et souvent sombre les relations humaines. Une voix impétueuse et mortelle.


Mon avis : J'ai pris ce livre parmi les SP de la rentrée littéraire, après avoir lu la première nouvelle, qui m'a juste laissée sur le c*l. Je me suis dit que je ne voulais pas passer à côté de ce recueil de nouvelles.

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L'ensemble est constitué de textes bien écrits, explorant la psychologie de personnages que nous suivons sur quelques pages.
Les nouvelles sont absolument parfaites : l'écriture est maîtrisée, le ton volontairement malaisant, et le style fluide et moderne.
J'adore les textes à la Laura Kasischke où l'on sait que quelque chose dérange, mais sans trop savoir quoi.

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Dans ce recueil l'autrice parle de notre société, de comment une relation avec des textos excitants peut s'avérer être nulle en vrai (dans "Un mec à chats"), ça m'a tellement parlé ! Rien que de lire les questions de cette fille, genre "on en est là, je ne peux plus faire demi-tour maintenant, allé je me force".

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Bon, il y a 2-3 nouvelles que je n'ai pas comprises : "Les sardines", "Le miroir, le seau et le vieux fémur". C'était bien écrit mais quand tu finis en te disant "ouais et ?" c'est que quelque chose cloche. Après, toutes les nouvelles ne peuvent pas être du même niveau et aussi bonnes les unes que les autres.

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La nouvelle "Sacrifice" m'a semblé assez originale parce qu'on entre directement dans le vif du sujet : une personne trouve un grimoire dans une bibliothèque et s'entraîne à réaliser chaque sort du livre. Cette nouvelle est très courte et peu étoffée, pourtant on sent le basculement intérieur du personnage vers la folie.

C'est un peu pareil avec la nouvelle "Le signe de la boîte d'allumettes". On bascule du jour au lendemain dans la folie. C'est avec le second personnage qu'on peut se demander si tout est réel ou si le basculement est contagieux.

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J'ai aimé l'ambiance poisseuse et flippante de "Fais gaffe à ce petit jeu, ma belle". Je n'étais vraiment pas bien en la lisant. Ça a dû faire renaître des situations malaisantes que j'ai vécues par le passé.

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La nouvelle "Pulsion de mort" est très intéressante quant à son sens. On a l'habitude de penser que les gens qui se sortent d'une dépression le font parce que quelque chose ou quelqu'un de positif s'est présenté à eux. Avec cette nouvelle, le personnage, Ryan, fait une rencontre déterminante. Une femme encore plus amochée, plus tordue que lui, va lui demander quelque chose de terrible qui va l'amener à se remettre profondément en question.

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Ma nouvelle préférée (et qui est peut-être la plus longue) est "Un mec bien". J'ai eu l'impression que l'autrice décortiquait à la perfection les mécanismes de la pensée du personnage. J'ai adoré le retour dans le passé pour découvrir comment il est devenu cet homme, qui cache finalement ses désirs derrière la façade du mec bien.

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Quant à la toute dernière nouvelle "A pleines dents", certainement écrite après le mouvement #MeToo, me laisse sceptique... Ellie adore mordre, mais elle arrête à 4 ans, honteuse. 20 ans plus tard, dans son entreprise, arrive un jeune homme très beau. Elle a tellement envie de le mordre ! Elle s'interdit de le faire. Peu à peu, elle voit les allers et venues du jeune homme auprès des autres femmes. Un soir de fête, il la suit, l'embrasse contre son gré et elle saisit alors l'occasion de le mordre. Une autre femme les a vus, et s'approche d'Ellie pour lui apprendre qu'elle est une victime de cet homme, qu'il n'arrête pas d'agresser les femmes de l'entreprise.
Mais Ellie l'a mordu pour son plaisir personnel, pas pour se défendre... L'épilogue de l'histoire nous apprend qu'elle changera régulièrement d'entreprise après avoir saisi des occasions comme celle-ci.
Alors quel message ça nous donne ? Qu'une femme peut être calculatrice et attendre le bon moment pour agir dans son propre intérêt ?

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C'est clairement un recueil de nouvelles qui m'a beaucoup plu, j'ai adoré la construction des histoires, l'ambiance poisseuse ou ambiguë de certains textes. J'ai aimé les scènes imaginées par l'autrice, c'était assez réaliste, concret, audacieux et doté d'un aspect psychologique bien développé.
Si vous n'avez pas l'habitude de lire des nouvelles, ce recueil est très bon : les textes sont suffisamment longs et bien développés pour nous proposer une petite histoire qui se tient parfaitement.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps, Les derniers jours des grands hommes, Patrick Pelloux

Quatrième de couv' : Délaissant momentanément nos maux contemporains, qui forment son quotidien de médecin urgentiste, Patrick Pelloux se penche ici sur de curieux patients : d’illustres mourants. Et si leur agonie en disait plus sur l’époque que l’époque elle-même ? Partant de cette intuition, l’auteur s’est lancé dans une recherche inédite, à la fois médicale et historique : retracer les derniers moments de ces personnalités qui ont fait l’Histoire. Le résultat en est une trentaine de chroniques, de Jésus à Churchill, écrites d’une plume aussi précise qu’un bistouri. Au gré des époques, une promenade passionnante au chevet des grands hommes.


Mon avis : J'ai pris ce livre au boulot parmi les livres gratuits. C'était surtout pour le lire sur ma pause dèj', d'autant plus que des chapitres courts, pas de continuité dans une histoire, je trouvais ça super pratique pour le midi, quand mes collègues vont et viennent autour de moi. En fait, je me suis carrément prise de passion pour ce livre, qui est hyper intéressant ! J'avoue qu'il faut tout de même avoir un léger attrait pour la mort et la médecine, mais aussi pour l'Histoire.

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J'ai trouvé ce livre super intéressant. Surtout la première partie, qui raconte la mort de personnages historiques ayant vécu pendant la Renaissance ou au siècle des Lumières. Ça permet de voir comment ils vivaient à cette époque et quels risques plutôt communs ils encouraient à batifoler avec tout le monde. A cette époque, les médecins ne connaissaient pas encore grand chose du corps humain et pouvaient difficilement sauver leurs contemporains. Toutefois, les rois ou les personnes plutôt aisées vivaient assez longtemps (je trouve) malgré toutes les maladies qui leur arrivaient.

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La partie plus contemporaine m'a moins plu, mais c'est peut-être parce que j'ai quasiment tout lu d'une traite. J'aurais peut-être mieux fait de continuer à picorer les textes.

Cependant j'ai découvert des choses dont je n'avais pas connaissance, notamment sur le régime de Vichy, qui sous influence nazie, a considérablement réduit les budgets alloués aux asiles, faisant ainsi de nombreux morts parmi les hommes et femmes internés (parfois à tort).

J'ai adoré découvrir la mort de Staline, savoir qu'à cause de ses propres ordres, les soldats ne sont pas entrés dans sa chambre durant presque une journée, alors qu'il souffrait lamentablement sur le sol. Les médecins ensuite, trop effrayés par le sort réservé à leurs collègues quelques mois plus tôt, n'ont pas osé réellement soigner Staline et se sont contentés de le laisser mourir. C'est quand même sacrément ironique, non ?

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Ce genre de livre me montre à quel point je suis ignorante. J'ai très peu de mémoire concernant les faits historiques, donc j'ai tout le temps l'impression de découvrir des choses. Par exemple, je me suis informée sur l'Affaire Dreyfus, dont on m'a sûrement parlé très rapidement en cours d'histoire en terminale, mais sans entrer dans les détails.
Je ne sais pas vous, mais j'ai un mal fou à me souvenir des dates ou à situer des événements.

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En bref, c'est un livre intéressant, il nous apprend plein de choses sans être pompeux. Le style est accessible, fluide et on sent même la patte de l'auteur à travers ces récits de mort.
Par ailleurs saurez-vous trouver la vraie-fausse mort qui se cache dans ce livre ? 

8/10 


mardi 5 novembre 2019

Je suis ton soleil, Marie Pavlenko

Quatrième de couv' : « Jamal s’incruste dans mon champ de vision. Il s’accroupit au milieu du hall, lui aussi. Ses grandes incisives sont comme des antennes qui lui sortent de la bouche. Je colle mes genoux contre ma poitrine.

Le monde est flou. Soudain, je suis certaine que c’est la raison pour laquelle on pleure : s’extraire du monde qui nous fait souffrir. Les larmes brouillent les visages, les gens, elles protègent des méchants et de la réalité. »


Mon avis : Ce roman avait fait pas mal parler de lui au moment de sa sortie en grand format, et malgré cela je n'avais pas envie de le découvrir. Mais quand je l'ai vu en poche à 11,50€, je me suis dit que c'était l'occasion de s'y intéresser. (Et puis je résiste difficilement aux couvertures brillantes...)

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C'est pendant l'année de terminale de Déborah que nous allons découvrir son petit monde : séparée de sa meilleure amie, Eloïse, pour leur ultime année de lycée, Déborah fait la rencontre de deux garçons : Victor et Jamal.
Mais tout ne va pas bien dans la vie de Déborah : son père a une nouvelle occupation..., sa mère est dans son propre monde, Eloïse est collée non-stop à un garçon et les notes de notre héroïne sont en chute libre. Et si il n'y avait que ça ! Déborah n'a pas une vie tranquille et paisible, au cours de cette année, l'adolescente va en apprendre beaucoup sur les relations entre les humains.

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Pas un coup de coeur pour moi mais une très bonne lecture, très agréable. Même si on aborde des thématiques fortes : l'amitié, la séparation parentale, la dépression, le suicide, l'avortement, le premier chagrin d'amour, l'homosexualité, la scolarité, le tout est présenté avec l'humour et la sensibilité de Déborah.

J'ai retrouvé dans ce roman le ton de Louise Rennison, l'autrice du "Journal intime de Georgia Nicholson", une série de livres à la mode quand j'étais ado. On y découvre un humour décapant, que j'ai retrouvé ici avec les expressions inventées par Déborah et son amie ou certaines situations absolument truculentes.

Au delà de l'humour, il y a une vraie profondeur dans les thématiques abordées, peut-être que la plus importante est le lien mère-fille. La mère de Déborah est un personnage un peu évanescent, le genre de femme qu'on ne parvient pas à saisir parce qu'elle est nimbée de mystère. Si Déborah l'a toujours connue ainsi, elle ne s'attendait pas à ce qui va se passer dans la vie de sa mère. Il faut alors reconstruire un lien, qui ne peut d'abord pas avoir lieu dans un quotidien partagé, mais à distance. L'inquiétude va peu à peu laisser place à l'espoir, et à un nouveau lien de confiance et de fierté.

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Le point fort de ce livre tient à ses personnages : bien campés, crédibles et touchants, j'ai adoré leurs dialogues, qui sonnent vrais. Dans les paroles échangées entre les parents et Déborah, j'y ai trouvé des réflexions sur la vie qu'on ne développe pas encore à l'adolescence mais plus tard et ça m'a plu.

Les parents, qui pour une fois ne sont pas les grands absents d'un roman pour ado, sont des personnages justes ; par petites touches, on découvre leurs failles. Ils tombent de leur piédestal, mais sans jamais se rendre détestables aux yeux du lecteur.

Déborah est parfois dramatique, mais j'ai bien aimé son caractère, elle est entière et même si elle se soucie de ce qu'on peut penser d'elle, elle trouve la force de s'opposer à ceux qui lui font du mal.

Quant à Victor et Jamal, j'ai eu le sentiment que Victor restait en retrait, on ne le connaît pas si bien que ça, mais peut-être qu'il évolue avec plus de pudeur dans la vie que Jamal, qui lui est un personnage grandiose, qui prend toute la place.

Par ailleurs, le traitement du personnage d'Eloïse est très bien fait : jolie fille peu réfléchie, elle devient mature, posée et déterminée à réussir son année. Même si on la voit à travers le regard de Déborah, j'ai beaucoup aimé son évolution. Je m'attendais à ce qu'elle disparaisse vite du tableau puisqu'au début du roman elle ne se consacre plus qu'à son Jules, et pourtant elle tient sa place tout au long du roman, maintenant avec force son amitié avec Déborah.

Quant à la professeure de philosophie et à la libraire de Déborah, j'ai trouvé ces deux femmes particulièrement à l'écoute et pleine d'empathie. Ça faisait du bien d'avoir des passages lumineux et positifs.

Selon moi, les personnages sont tous attachants, même le chien qui pue, Isidore.

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Bon, j'ai essayé de ne pas trop dévoiler l'histoire, mais en même temps je la trouve très riche, sans être dense par ailleurs. L'autrice raconte la vraie vie : mêlant des moments de solitude désirés à de beaux moments d'amitié voire d'amour.
Au premier abord, c'est un roman simple, racontant la vie d'une adolescente et de sa famille, mais le ton, l'humour et la sensibilité mis dans ce texte en font un très beau roman, fort et tendre.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 1 novembre 2019

Le livre de Perle, Timothée de Fombelle

Quatrième de couv' : Tombé dans notre monde une nuit d'orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle. Commence alors pour lui une vie fugitive, une quête mystérieuse. Mais ceux qui l'ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu'il aime l'attend toujours là-bas?
Entre réel et féerie, un grand roman d'aventures par l'auteur de Tobie Lolness et Vango.


Mon avis : J'ai acheté ce livre en Novembre 2017, déjà en poche, alors que j'en avais entendu parler pendant des mois, dès sa sortie en grand format. Mais comme tout le monde le présentait en disant "il faut le lire mais je ne peux pas vous dire de quoi ça parle !", ça me refroidissait un peu de ne pas savoir dans quoi je me lancerais.

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Je n'avais jamais lu de livre si original, mêlant réalisme et monde féérique. C'est un peu comme si notre monde entrait en collision avec les contes, les histoires que des générations se sont transmises depuis des siècles.
L'auteur invente une histoire féérique d'un côté et une histoire qui intègre l'Histoire de notre monde (à savoir la 2nde guerre mondiale).

Au début, on est perdu, il y a plusieurs storylines qui se chevauchent, puis les choses se dévoilent, les pièces du puzzle s'enclenchent.
Quelqu'un a écrit une chronique sur Sens Critique, dévoilant le résumé de l'histoire, mais je préfère ne pas lever le mystère sur ce roman, parce qu'il vaut mieux le découvrir sans trop en connaître.

⋆✬⋆

L'accent est toutefois mis sur l'intrigue, plus que sur les personnages. Je les ai trouvés un peu ternes et faiblards. En repensant à Joshua Perle par exemple, je ne me dis pas qu'il est courageux et aventureux, mais qu'il vit des aventures à travers deux mondes.
En fait, les personnages n'ont pas tellement un caractère, une personnalité avec une psychologie développée, mais on les voit surtout vivre des moments intenses.
Peut-être que le narrateur a plus de consistance, puisqu'il vit dans notre réalité et nous raconte l'histoire après s'être posé des tas de questions sur Joshua/Ilian, depuis son adolescence.

⋆✬⋆

La construction de ce roman est intéressante, il faut s'accrocher et être patient, mais ça en vaut la peine. Timothée de Fombelle a un talent fou pour raconter des histoires tendres et pleines de suspense, sans jamais nous perdre complètement.

⋆✬⋆

C'est plein de finesse et de subtilité quant à l'amour entre deux personnages, à la façon des deux amants maudits qu'on retrouve depuis toujours dans la littérature.

⋆✬⋆

J'ai beaucoup aimé ce roman, au point de l'emmener avec moi au boulot pour le lire sur ma pause dèj' lundi. J'admire vraiment l'imagination de l'auteur et son talent pour monter une histoire si intense en 325 pages. Il n'y a rien de mieux que ce roman pour se déconnecter de notre vie actuelle.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 27 octobre 2019

Sauveur et fils, tome 1, Marie-Aude Murail

Quatrième de couv' : Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ?

Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…

Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, il en oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ?


Mon avis : Après ma décevante lecture de Nous avons toujours vécu au château le week-end dernier, et après une semaine de boulot éreintante, j'ai profité de mon week-end pour lire un roman qui me faisait envie depuis un bon moment.
Et alors pour une fois, je trouve que le succès est mérité pour cette saga ! Même si j'avais beaucoup vu passer ce livre sur les réseaux sociaux, je ne savais pas vraiment de quoi il parlait.

✸☆✸

Sans trop entrer dans les détails, je vais essayer de résumer ce premier tome.
Nous entrons dans la vie de Sauveur, psychologue clinicien et de son fils, Lazare, 8 ans. Si au début on découvre Sauveur à travers son métier et ses séances avec ses patients, par la suite on comprendra qu'il est hanté par sa propre histoire et celle de la mère de son fils, décédée quelques années plus tôt en Martinique. Entre suspense et thématiques contemporaines, Marie Aude Murail nous raconte la vie.

✸☆✸

Les personnages sont très bien dépeints, dans leur globalité, leurs qualités comme leurs défauts.
Le personnage de Sauveur par exemple, n'est pas un si bon père que ça (il travaille tard, fait manger à son fils n'importe quoi) et il se questionne aussi beaucoup par rapport à son métier (est-il utile ? comprend-il ses patients ? etc.), cependant il est généreux, à l'écoute, mais aussi irritable, bref c'est un personnage entier. J'aime beaucoup voir ça chez un personnage, ça le rend très humain et c'est vraiment ce qui fait la qualité de ce roman : de voir à quel point ils sont humains, pétris de bons et de mauvais sentiments qu'ils essaient de comprendre pour avancer.

J'aime beaucoup le personnage de Lazare, un petit garçon curieux qui se plait à écouter aux portes du cabinet de son père. Il est parfois en retrait par rapport à ce père qui prend beaucoup de place, mais il est très drôle, très sensible et touchant.

J'ai apprécié tous les personnages de ce roman (même si au début j'ai trouvé qu'il y en avait beaucoup), j'ai adoré suivre des bouts de séances de psy en lisant des dialogues vifs et intéressants entre le patient et Sauveur.
J'aime la galerie de personnages proposée par l'autrice : à travers différentes situations familiales, elle nous montre des pans de la société. Elle parle de transidentité, de racisme, de divorce, de trouver sa place dans une famille.
Elle montre aussi à quel point les parents sont faillibles, ce dont on se rend généralement compte à l'adolescence. J'ai bien aimé ces personnages d'adultes, parce qu'on voit qu'ils avancent à tâtons, que ce sont juste des enfants qui improvisent. On sent qu'elle porte un regard à la fois tendre et moqueur sur ses personnages d'adultes et ça rend certaines situations bien plus légères.

✸☆✸

Forcément, avec un personnage qui est psychologue, on a affaire à des gens qui vivent des situations parfois difficiles (la séparation parentale, les événements de Charlie Hebdo, le racisme, etc). Il y a aussi des passages plus légers (l'histoire des grands-parents dont la belle-fille ne veut pas qu'ils voient leurs petits-enfants). L'autrice parvient à nous montrer des situations lourdes et compliquées, en les entrecoupant de moments plus légers et de touches d'humour.
Selon moi, l'écriture que ce soit le rythme, la narration et le style sont parfaitement maîtrisés. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et dès que je posais le livre, j'avais très envie de m'y replonger au plus vite.
Ce roman m'a aussi paru très crédible, bien qu'il y ait quelques scènes exagérées, mais dans l'ensemble, j'ai eu l'impression de lire un roman parfaitement ancré dans notre réalité quotidienne, avec des thématiques abordées avec une grande analyse et finesse.

✸☆✸

Une excellente lecture, drôle et touchante, qui se dévore. Je lirai, c'est sûr, les autres tomes.

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 20 octobre 2019

Nous avons toujours vécu au château, Shirley Jackson

Quatrième de couv' : Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans, et je vis avec ma soeur, Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l'index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais. Je n'aime pas me laver, je n'aime pas les chiens, et je n'aime pas le bruit. J'aime bien ma soeur Constance, et Richard Plantegenêt, et l'amanite phalloïde, le champignon qu'on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés.



Mon avis : J'ai récupéré ce livre parmi les gratuits. J'en avais vaguement entendu parler, peut-être sur le blog de Victoria (Mango & Salt) ou sur la chaîne de Margaud Liseuse et dans mon souvenir, ça devait être un roman effrayant.

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Quelle déception ! Dès les premières pages on ne comprend rien. Le mystère ne se lève que tardivement, et encore, quand on commence à cerner les personnalités, on se rend compte qu'il n'y a pas vraiment de mystère.

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Les personnages ne sont pas attachants et sont même pénibles.
Comment supporter Mary Katherine ? Dites-moi, elle a un grain cette fille ? Elle est censé avoir 18 ans et se comporte comme si elle en avait 10. Elle vit selon des règles : chaque jour, une tâche. Elle a un imaginaire très développé et ne se rend pas compte du danger qu'elle peut créer.
Quant à sa soeur, Constance, ce dévouement inconditionnel, cette propension à nettoyer et cuisiner tout le temps, faisant d'elle la parfaite petite femme d'intérieur m'a agacée. Elle est constamment attendrie par le comportement de sa soeur, alors qu'elle devrait y poser des limites.
Leur oncle est aussi bizarre, mais il a tout de même une excuse : empoisonné à l'arsenic, il semble confondre les choses et a besoin de tout noter pour un jour écrire un livre.

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L'univers gothique ? Euh. Il va falloir ce qu'on entend par là : sont-ce des gens qui vivent isolés dans un manoir sans contact avec le reste du village ? C'est parce qu'ils se nomment "Blackwood" ?
Je ne vois pas d'univers gothique, je vois juste deux-trois personnages avec un pet au casque qui se sont volontairement isolés dans leur grande baraque, un peu comme des survivalistes, avec leurs réserves de nourriture.

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J'attendais autre chose que ce que j'ai lu. J'attendais de l'horreur, du frisson, du vrai mystère. Au lieu de ça, j'ai eu un roman impénétrable sur toute la première partie, aucun indice ne nous est donné pour qu'on comprenne mieux la situation actuelle des personnages. Et ensuite ce sont des personnages qui partent complètement en live sur la dernière partie du roman.

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Je suis agacée et déçue par cette lecture. Peut-être que si le résumé à l'arrière de la couverture avait été plus explicite, j'en aurais attendu autre chose. Après l'incompréhension, j'ai eu le sentiment de lire un roman contemporain très plat et sans reliefs. En somme, je me suis ennuyée.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 19 octobre 2019

Killer Game, Stephanie Perkins

Quatrième de couv' : Osborne est une petite ville du Nebraska où tout le monde se connaît, pas vraiment le cadre rêvé pour une adolescente ! Mais avec ses amis, Alex la cynique et le très protecteur Darby, Makani s'y plaît. Sans parler d'Ollie, le garçon solitaire dont elle aimerait beaucoup se rapprocher... Tout bascule lorsque les élèves de son lycée se font assassiner les uns après les autres. Pour éviter de devenir une proie, Makani va devoir affronter un terrible secret. Qui a dit qu'il ne se passait jamais rien à Osborne ?

Un roman d'horreur à la « Scream » où s'exprime toute la finesse psychologique d'un grand auteur. Impossible à lâcher.



Mon avis : Acheté en août, je me réservais ce roman pour une période propice à la lecture de romans d'horreur ou romans policiers. Parfait pour le mois d'Octobre. Lu en une journée, ce roman se lit très vite.

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Le roman s'ouvre sur une scène digne d'un film d'horreur : des champs de maïs, une jeune fille qui croit perdre la tête quand elle s'aperçoit que ses affaires sont déplacées quand elle change de pièce. Puis c'est l'effroi, elle est sauvagement assassinée.

Nous sommes dans le Nebraska, en Octobre. Makani y vit depuis un an chez sa grand-mère. Elle a dû quitter Hawaï et son ancienne vie pour une raison qu'on découvrira bien plus tard. Mais elle a deux amis : Darby et Alex, qui eux, se connaissent par coeur. Makani a un crush sur un garçon marginal, Ollie. Nous nous trouvons au coeur d'un lycée américain du Midwest : imaginez la troupe de théâtre, la chorale et l'équipe de foot du lycée qui rassemble lors des matchs tous les habitants d'Osborne.
La vie paisible de cette communauté se voit bouleversée par l'arrivée d'un tueur en série, qui ne s'en prend qu'aux adolescents.

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Même si j'ai dévoré le roman, après réflexion, je trouve qu'il présente de nombreux points négatifs. Il n'est pas mauvais, mais il n'est pas excellent.

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Dès le milieu du livre on connaît l'identité du tueur. J'avoue avoir été déçue par cette révélation qui arrive assez tôt, d'autant que c'est plutôt banal.
Suite à cette découverte, on passe à une sorte de course poursuite : il faut que le tueur fasse le moins de victimes possible, mais il est déterminé à décimer un bon nombre d'adolescents du coin. Makani et ses amis vont tenter de comprendre ses motivations pour anticiper les meurtres. Malheureusement la psychologie du tueur est si peu développée, qu'on ne comprend pas bien ses motivations, qui paraissent assez ridicules et pathétiques. On finit le roman en se demandant ce qui a pu déclencher chez lui ce désir de tuer ?

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Malheureusement j'ai trouvé que ce roman était loin d'être aussi effrayant et palpitant que ce que j'aurais aimé lire. N'étant pas une adepte des films d'horreur, j'ai cru que ce roman s'en approcherait sans pour autant me donner des cauchemars. Et bien, j'aurais aimé ressentir plus de frayeurs et d'angoisse !

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De plus, la violence m'a paru franchement gratuite, surtout à la fin : Makani n'avait peut-être pas besoin d'être une sorte d'héroïne qui sauve tout le monde, l'intervention de la police aurait peut-être été plus judicieuse à proposer.

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Pour ce qui est du personnage principal : Makani, je ne l'ai pas trouvé très attachante et j'ai eu du mal à saisir son caractère, est-elle timide, renfermée, courageuse, sensible, drôle ? Impossible de dire.
Makani a un passé chargé, cependant on apprend ce qui lui est arrivé qu'au 2/3 du livre et j'ai trouvé que c'était un peu tard. Peut-être parce que l'autrice n'arrête pas d'y faire référence, pensant susciter du suspense, alors que ça créé surtout de la frustration et même de la lassitude au bout d'un moment.

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Quant à l'histoire d'amour entre Makani et Ollie, j'étais "choquée" que leur première relation sexuelle se soit passée comme ça. Ce sont encore des adolescents, j'aurais aimé que leur première fois ensemble ait un côté plus romantique.
L'autrice est une habituée des romances, et à vrai dire, ça se sent, parce que l'histoire entre Ollie et Makani prend une large place dans le roman, et se développe très vite.

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Certains n'ont pas apprécié le manque d'originalité, moi ça ne m'a pas dérangée. Les personnages sont des clichés américains. Le côté petite ville entourée de champs de maïs donne une ambiance qui m'a plu. Mais si on est adepte des films ou romans d'horreur, je comprends l'agacement devant cette série de clichés.
Pourtant l'autrice tente de présenter des personnages issus de la diversité : Makani est métisse, sa grand-mère est noire, Darby est une personne transgenre.
Mais il faut bien reconnaître que les personnages secondaires sont peu développés, on n'apprend pas grand chose d'eux et ils servent seulement à aider le duo Ollie-Makani à avancer dans leur pseudo-enquête.

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Par contre j'ai bien aimé que l'autrice dénonce les bizutages et le harcèlement en ligne. Même si ça n'est qu'une dénonciation au passage, entre divers meurtres et la romance, et que ça ne fait pas l'objet d'un livre entier, j'ai trouvé que c'était bien de montrer les dérives de ce genre d'actions.

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Un livre qui se lit très vite, qui n'est pas désagréable à lire, mais les personnages ne sont pas très développés, ni l'intrigue ou les motivations du tueur. Dommage.
(Par contre un point pour la couverture qui représente un crâne 💀 -si, si, en regardant bien)

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 18 octobre 2019

Fugitive parce que reine, Violaine Huisman

Quatrième de couv' : «Ça ne voulait rien dire d’abord, maniaco-dépressive. Ou si, ça voulait dire que maman pouvait monter dans les tours, des tours que je visualisais aux angles d’un château fort, des donjons, au sommet desquels j’imaginais maman grimper à toute allure, et d’un bond plonger au fin fond des cachots ou des catacombes, enfin là où il faisait froid et humide. Maman avait donc disparu du jour au lendemain.»

À travers ses yeux de petite fille, la narratrice raconte son enfance tumultueuse auprès d’une mère rayonnante, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais la plume de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit au rêve et à la liberté.


Mon avis : J'ai acheté ce roman durant l'été, parce que son titre et sa photo de couverture me rendaient curieuse.
En revanche, le résumé me faisait un peu peur, dans le sens où je craignais que ce soit un peu déprimant, et que ça ressemble à En attendant Bojangles.

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Dans ce livre, Violaine Huisman dresse le portrait de sa mère, et plus largement raconte l'histoire de sa famille.

Dans une première partie, elle raconte son enfance chaotique avec une mère maniaco-dépressive.
Dans une seconde partie, elle tente de raconter l'histoire de sa mère, de ce qu'elle en connaît : d'avant sa naissance, jusqu'à l'âge de 10 ans, moment où sa mère a été internée.
Dans une troisième partie, elle raconte l'après, une fois que sa mère est décédée.

❦✪❦

S'apparentant à Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, ce livre raconte l'histoire d'une famille, celle de Violaine Huisman.
Nous saurons tout sur ses parents, de leurs pratiques sexuelles à leur façon d'éduquer leurs enfants dans les années 80...
Je trouve ça assez gênant, surtout que le père de l'autrice est toujours en vie (même si elle lui colle un pseudo, il est relativement aisé de trouver son nom sur la toile). J'imagine, et j'espère qu'il était d'accord avec ce qui a été publié.
Mais les textes autobiographiques ont tendance à soulever chez moi un questionnement : que peut-on raconter de sa famille ? De soi, on peut dire ce qu'on veut, passer sous silence des périodes. Mais de sa mère ? De son père ? quand l'un a disparu et que l'autre est encore en vie, peut-on les raconter sans filtre ? Et le lecteur, qu'est-il prêt à recevoir ? Se complait-il dans un voyeurisme littéraire ?
Du coup c'est toujours délicat de porter un jugement sur une histoire qui tient de la non-fiction. D'autant plus que l'autrice raconte l'histoire d'une mère maniaco-dépressive, qui en fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Finalement, ce qui ressort peut-être le plus de ce livre, c'est l'amour que porte Violaine Huisman à sa mère. Elle et sa soeur vont tout faire pour la garder en vie, même quand leur mère ne parvient pas à cerner son propre rôle dans la vie qui est la sienne.

❦✪❦

Le style est très travaillé, ça se sent beaucoup dans la première partie, qui peut parfois être indigeste. Dans la seconde partie, on a plus une accumulation de faits et moins de lyrisme. On a aussi un point de vue omniscient, ce qui nous permet de voir cette biographie comme un roman.
La troisième partie est un mélange des deux.
Je me suis sentie bête de ne pas comprendre certains mots qu'on n'utilise jamais et de les découvrir là. Néanmoins l'écriture est belle, même si le style indirect libre très cru m'a parfois gênée au milieu de paragraphes pourtant poétiques.

❦✪❦

Personnellement je suis toujours surprise de découvrir qu'il existe réellement des "gens comme ça", c'est-à-dire profondément marqués par les épreuves de la vie, mais aussi complètement flamboyants, qui multiplient les excès (drogues, alcools, médicaments, sexe, rencontres, etc.), faisant des choix qui ne s'avèrent pas toujours être les plus judicieux. (J'avais déjà eu ce sentiment avec les romans de Justine Lévy, où sa mère était présentée comme une femme fantasque qui invite des SDF chez elle).

Le père de l'autrice m'a marqué, en tant que représentant du YOLO le plus total : il refuse d'épargner parce qu'il veut vivre au jour le jour, il préfère manger au restaurant pour avoir le choix, et la monogamie ne fait pas tellement partie de son vocabulaire. C'est lui, j'ai l'impression, qui va entraîner la mère de l'autrice dans une valse folle. Par ses moeurs, c'est lui qui la pousse à explorer sa sexualité.  Ils s'aiment, se déchirent, et malgré leur séparation, elle l'aimera toujours plus que tout, comptant surtout sur lui pour se maintenir à flot financièrement.

❦✪❦

Ce roman met en lumière la difficulté que peut avoir une personne instable psychologiquement à vivre, à aimer. Entre les injonctions familiales, les besoins des enfants, comment une personne si impulsive peut-elle survivre à la vie de famille, comment peut-elle se comporter comme une bonne mère, alors qu'elle a tant besoin de liberté, qu'on lui "fiche la paix" ?

❦✪❦

Dire que j'ai aimé cette histoire serait faux. J'en ressors avec un sentiment de malaise, dû au fait qu'on pénètre la vie intime de personnes réelles, ayant été ou qui sont toujours en vie.
A la lecture de ce texte plutôt déprimant, j'ai le sentiment d'être assaillie de tristesse. Ce n'est pas une histoire très positive ni lumineuse.
Pourtant j'apprécie les qualités d'écriture ainsi que l'amour filial qui déborde de ce texte.
A l'image du poème que Violaine a écrit à sa mère quand elle avait 10 ans, ce roman est une déclaration d'amour à sa mère à présent décédée.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 16 octobre 2019

Seul le silence, R.J. Ellory

Quatrième de couv' : Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.



Mon avis : C'est un collègue qui m'avait conseillé ce roman policier. Je l'avais acheté et je me le gardais pour cette période. C'est un pavé de 600 pages, et bien que le roman se lise facilement, j'ai parfois eu du mal à rester concentrée dessus.

⪻◎⪼

Déjà j'ai été surprise que l'histoire se déroule à une autre époque que la nôtre. On commence le roman en 1939 et on ira jusqu'à 1967 à peu près. Ça se passe d'abord en Géorgie, où l'on découvre les corps mutilés de fillettes qui ont été violées et tuées. Les petites villes où ces atrocités se passent sont mortifiées, incapables de faire face à une telle violence. Le contexte historique, celui de la Seconde Guerre Mondiale, permet à l'auteur de mettre en lumière un fait "étonnant", celui de trouver un bouc-émissaire, qui se trouve être de nationalité allemande. Il est impensable que celui qui fasse ça, soit un Américain.

⪻◎⪼

Par moments je me suis demandée pourquoi on rangeait ce roman dans le rayon policier. J'ai eu l'impression de lire un roman contemporain, sombre, c'est évident, mais le style était très travaillé, sûrement plus que l'intrigue finalement.
De plus, on ne suit pas un enquêteur ni l'évolution de son travail, mais un personnage écrivain, qui nous raconte sa vie de son enfance, au moment où les meurtres commencent, jusqu'à l'âge adulte, quand il confond enfin le tueur. Grâce à Joseph, nous suivons la vie de la petite ville d'Augusta Falls et les répercussions des meurtres sur Joseph et toute sa communauté. Finalement ce roman revêt des aspects sociologique et psychologique, nous permettant de voir comment chacun réagit, dans ces années-là, dans une petite ville de Géorgie, avec ses shérifs désemparés, devant une menace qu'ils ne parviennent pas à cerner.

⪻◎⪼

J'ai apprécié ma lecture dans un premier temps, parce que j'étais surprise de lire un roman qui ne se passe pas à notre époque, et dont l'ambiance poisseuse est bien retranscrite. 
J'ai aimé chercher qui pouvait être le meurtrier, en me doutant que c'était certainement quelqu'un que les fillettes connaissaient. 
Mais il faut s'accrocher : il y a un grand nombre de scènes choquantes, notamment quand les corps des filles sont retrouvés. On parle quand même de pédophilie et de meurtres avec découpage de corps. C'est pas rien...
Encore une fois, j'ai vraiment mis ce truc à distance, n'essayant même pas d'imaginer à quoi ça peut ressembler. 

⪻◎⪼

Malheureusement on trouve pas mal de répétitions et de lenteurs dans ce roman. L'auteur aurait pu couper dans le texte et retirer facilement une cinquantaine de pages.
J'ai notamment trouvé inintéressante la première partie de sa nouvelle vie à Brooklyn, ça s'essoufflait très vite, parce que son personnage était largement moins tourmenté que durant sa vie en Géorgie. D'ailleurs on sent que l'auteur s'ennuie à écrire des sentiments positifs, des moments agréables. On sent son acharnement envers son personnage principal, qui subit tous les malheurs du monde (sérieux, j'ai rarement vu quelqu'un connaître autant de morts dans son entourage).

⪻◎⪼

Je m'étais trompée sur l'identité du tueur. Je suis un peu déçue de moi, parce que pendant une bonne partie du roman j'étais convaincue que le tueur était le fils de celui qu'on avait pris pour cible. Or, il s'agissait d'une autre personne et même quand tous les indices le pointaient du doigt, je n'osais pas y croire, mais le nombre de pages se réduisant j'étais bien obligée d'accepter la vérité que l'auteur avait choisi d'écrire.

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C'est un bon roman, qu'il faut plutôt prendre pour un roman contemporain, qui parle d'une période de l'Histoire et de l'Amérique rurale. L'auteur plonge son personnage dans la tourmente, il décrit à merveille les sentiments que celui-ci peut ressentir à chaque étape de sa vie.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 12 octobre 2019

Sortir d'ici, Renée Watson

Quatrième de couv' : « Pour faire quelque chose de ma vie, il faut que je m’en aille, que je quitte mon quartier, mes amis. Que je sorte d’ici. »

Tous les jours, Jade quitte son quartier de Portland pour se rendre au lycée privé de l’autre côté de la ville, celui où vont les blancs et les noirs de milieu aisé mais aussi quelques filles comme Jade : noires, pauvres et brillantes.
Elle ne s’y sent pas la bienvenue, loin de là.
Jade se pose alors la question de sa vie : vaut-il mieux vivre la vie toute tracée qui l’attend ou défier son destin en entrant dans un monde dont elle ignore les codes ?


Mon avis : Ce roman est sorti il y a un mois et c'est le dernier livre que j'ai acheté dernièrement. J'avais un peu peur que ça ressemble beaucoup à The Hate U Give. Honnêtement c'est plus léger que THUG. Mais tout aussi important.

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Dans ce roman, nous découvrons Jade, lycéenne afro-américaine dans un établissement de blancs. Elle a reçu une bourse parce qu'elle est une fille intelligente. Dans ce lycée, on lui propose de participer à un programme qui s'appelle "Entre femmes" : des femmes adultes noires parrainent des lycéennes noires, pour leur donner des conseils et les clés pour affronter l'avenir. Mais manque de bol, Jade tombe sur Maxine, une jeune femme à peine plus âgée qu'elle, qui n'a pas l'air de vraiment se soucier de Jade.

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Ce roman parle du racisme ordinaire. Ici, pas de fusillade de noir par un policier blanc. On n'a pas besoin de drame pour comprendre que Jade connaît, lors de chaque sortie, des moments embarrassants, humiliants et dégradants. En plus d'être noire, c'est une femme et elle n'échappe pas aux commentaires (grossophobes, entre autres) sur son corps.
C'est un bon roman pour parler des problématiques liées au racisme "ordinaire". On voit des personnages blancs avoir un comportement choquant ou déplacé, mais ils ne s'en rendent pas compte eux-mêmes, et c'est bien ça le problème. C'est grâce à ce genre de roman qu'on réalise aussi que certaines choses ne sont pas tolérables pour d'autres communautés que la nôtre.
Il y a néanmoins un événement tragique, qui fait que la communauté noire se sent rabaissée. Il n'y a pas de mort (ouf !) mais c'est suffisamment tragique pour que la communauté ait besoin de faire quelque chose de significatif afin que ça n'arrive plus.
Le roman parle aussi de la discrimination positive et comment les jeunes lycéens noirs peuvent se sentir obligés d'être reconnaissants de bénéficier d'un programme ou d'une bourse, en raison de leur couleur de peau.

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J'ai bien aimé aussi le parallèle qui est fait avec York, l'esclave noir qui a participé à l'expédition vers l'ouest de Lewis et Clark au début du XIXè siècle. J'imagine que les lycéens Américains connaissent cette expédition. Pour la Française que je suis, c'était donc une découverte. Et c'est d'autant plus important de savoir qu'il y avait un esclave noir, qui a participé à cette expédition.

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Pour ce qui est des personnages, malheureusement je ne me suis pas attachée à Jade, que j'ai trouvée très pessimiste (même si elle se dit "réaliste"), j'ai le sentiment qu'elle a perdu toute la magie de l'enfance et qu'il est très difficile de la faire rire ou sourire. Par moments j'ai eu l'impression qu'elle portait le poids du monde sur ses épaules. Mais c'est sûrement parce que l'autrice la place et nous la montre que dans des situations de tension. Il faut bien dire que ce n'est pas un roman très optimiste et lumineux.

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Par ailleurs il est beaucoup question de pauvreté dans ce roman. Les parents de Jade sont divorcés, sa mère a eu Jade très jeune (à 16 ans), elle n'a pas de diplôme et enchaîne deux jobs d'aide-soignante. Elles vivent dans une petite maison, avec l'oncle de Jade, E.J., qui a une vingtaine d'années, peine à trouver sa voie, et bosse de temps en temps comme D.J.
Le souci qui revient souvent c'est que Jade a peur de ne pas manger assez chez elle. Et en même temps, elle n'avouera jamais à sa mère qu'elle a encore faim, même après avoir mangé. Parce qu'elle sait les sacrifices que sa mère fait pour lui permettre de manger, de se vêtir, d'avoir un toit, et d'étudier.

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Les conseils donnés tout au long du roman sont nécessaires et j'aurais tellement aimé les connaître quand j'étais adolescente !

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J'ai bien aimé découvrir ce roman. Il est juste et nécessaire et s'avère efficace comme première approche si on veut un roman traitant du racisme aux USA. Cependant une vraie touche d'optimisme aurait été la bienvenue.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 11 octobre 2019

My Absolute Darling, Gabriel Tallent

Quatrième de couv' : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.



Mon avis : J'achète très rarement des romans en grand format. Mais j'ai craqué en janvier sur celui-ci, parce que tout le monde en disait du bien. Le truc c'est que j'appréhendais vraiment ma lecture. Je me disais que j'allais encore être la seule à ne pas aimer. Ou que je n'y verrais pas ce que les autres ont su lire entre les lignes. Et puis j'avais peur d'un truc qui me met très mal à l'aise : l'inceste.
Donc j'en repoussais la lecture, tout en ayant envie de le lire. C'était particulier.
Quand j'ai vu qu'il sortait en poche début octobre, je me suis dit qu'il fallait impérativement que je le lise, parce que ça fait ch*er d'avoir payé 24,40€ alors que j'aurais pu le lire à sa sortie poche.
J'ai commencé à le lire. Le truc c'est que... c'est pas évident à lire. Dans le sens où c'est un roman difficile, on n'y entre pas si facilement.

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Julia "Turtle" Alveston, 14 ans, est une adolescente très particulière, vivant seule avec son père au milieu de nulle part et entourée d'armes à feu. Elève médiocre, elle ne comprend rien à l'enseignement qu'on lui donne. En revanche elle excelle au nettoyage d'armes et au tir. Isolés de tous, son père et elle vivent chaque jour la même journée. Mais Turtle est en plein dans l'adolescence, et les choses se mettent à changer, autour d'elle et en elle.

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Alors. J'ai aimé et à la fois pas tout aimé. Pour un premier roman, je vois les grandes qualités qu'on peut trouver à ce texte. Mais je vois aussi mon ennui devant certaines descriptions de scènes qui sont très longues. En fait, par moments, j'ai eu l'impression de ne pas saisir les scènes qui se déroulaient parce que c'était très éloigné de ma propre vie. Comme par exemple, la fois où Turtle s'enfuit de chez elle, et passe la journée et la nuit dans la nature : entre les descriptions des arbres, des ruisseaux et l'esprit pratique de Turtle pour créer un abri, j'étais confuse. Pareil avec les scènes où il est question des armes à feu, ou de tir, je n'arrive pas à les visualiser, ni la noyade en mer, peut-être parce que je ne vois pas à quoi ressemble la côte pacifique californienne ?
Il y a aussi de nombreuses scènes gore, selon moi, que j'ai eu du mal à lire : les doigts cassés de Turtle, le doigt amputé de Cayenne, manger des scorpions (des SCORPIONS), sans parler des scènes de viol.

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Il m'a été difficile de m'attacher à Turtle. Même si on a une description de son physique, j'ai eu du mal tout au long du roman à me la représenter. Quant à sa personnalité, j'ai adoré voir comment elle se développe : au début, Turtle est sauvage, elle n'a d'avis sur rien, ou bien elle se dénigre, se répétant les propos affreux que son père tient à propos d'elle. Puis, au fil des pages, on voit que son système de pensée se fissure et qu'elle en produit un nouveau, elle s'approprie enfin son corps et son esprit. Et ça, ça m'a sacrément plu. Elle gagne en puissance, même quand ses pensées sont encore celles d'autrefois, elle parvient à lutter contre ses réflexions automatiques qui l'ont annihilée toute sa vie.
Je n'ai pas aimé Turtle mais pourtant j'ai eu envie de l'aider, de la suivre, de voir comment elle évolue.
Finalement, plus que Jacob, c'est Cayenne qui va pousser Turtle à comprendre que RIEN n'est normal dans la vie qu'elle mène avec son père.

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Jacob m'a laissé pantoise par sa façon de parler. Les dialogues entre lui et Brett sonnent assez naturels, mais dès que Jacob fait de longues tirades, je me suis dit "nan c'est pas possible qu'un garçon de 15 ans parle comme ça." Il a beau être cultivé et bien éduqué, aucun garçon dans la vraie vie ne s'exprime de cette manière. Alors oui, il prend le contrepied de Turtle, parce qu'elle, en revanche ne sait pas s'exprimer du tout. Mais selon moi il y a un fossé entre les deux bien trop grand.

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Le personnage du père est atroce. A un moment j'ai fermé le livre après une longue scène dans laquelle il se trouvait, parce que j'avais juste envie d'entrer dans le bouquin et de lui hurler dessus. Il est détestable au possible. Et personne n'intervient ? Il est misogyne, il possède des tonnes d'armes à feu, il rabaisse et viole sa fille. Personne ne voit ça ?

Par ailleurs, il a des réflexions sur la société qui peuvent se révéler intéressantes et vraies. Du coup j'ai un sentiment ambigu à son égard : autant il a raison sur la société, le fait que ceux qui détiennent le pouvoir et l'argent se contrefoutent de ce qui se passe sur la planète. Autant c'est un putain de connard. (J'utilise autant de gros mots que lui tout au long du livre qui ne s'exprime qu'avec des "Bordel de Dieu, Bon sang, Bon Dieu, Bordel, Putain").

Et on ne sait pas pourquoi il est comme ça : on peut penser que sa relation avec son propre père l'a foutu en l'air, mais est-ce que ça justifie le fait qu'il déconne à plein tube ? Est-ce que ça justifie le fait de détruire l'âme de sa propre fille ? Est-ce que ça justifie qu'il veuille la contrôler et l'empêcher d'acquérir son indépendance ?

Quant à la mère de Turtle, on ne sait pas réellement ce qui lui est arrivé, ni quand elle a disparu.

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Pour ce qui est de l'inceste : ma technique a été d'occulter qu'il en s'agissait. Si les scènes de viol ne sont pas aussi nombreuses que ce que je redoutais, elles ébranlent tout de même mon esprit. Alors dans ma tête, j'ai oublié le lien de filiation, j'ai nié le fait que ce connard faisait ça avec sa fille. J'ai établi une certaine distance avec ces scènes qui me dégoutent, pour pouvoir les lire sans avoir envie de vomir. Le fait de savoir à l'avance qu'il y avait de l'inceste dans ce roman, m'a peut-être plus préparée qu'une personne qui lirait le livre sans le savoir.

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Quant aux armes à feu, je pense que c'est un vrai sujet d'actualité dont l'auteur a voulu parler. On est plongé dans cette ambiance sombre, dans cette maison rustique qui contient en son sein de quoi décimer toute une ville. Inquiétant, non ? Plus inquiétant encore, quand Turtle sort avec son fusil en bandoulière. Mais dans quel but ? Que craint-elle ? On a l'impression que son père lui a farci le cerveau de craintes absurdes, avec ses histoires de puma dans le pré. 
Au final toutes ces armes ne lui sont d'aucune aide face à ce monstre qui vit avec elle. C'est ça, peut-être le plus terrifiant. 

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Dans l'ensemble, c'est un bon premier livre, même si selon moi, il y a des longueurs. Ce sont surtout des passages un peu trop descriptifs de la nature qui me gênent. Je ne sais pas si on peut parler de nature writing pour ce roman. A vrai dire, la nature n'est pas au centre de l'intrigue, mais Turtle est un personnage qui vit, qui connaît l'environnement luxuriant du nord-ouest de la Californie. 

En revanche, il y a un aspect roman d'apprentissage qui m'a beaucoup plu, on voit Turtle se relever, devenir une personne autre que celle que son père a voulu façonner. 
Au delà de ces longueurs, je vois surtout un auteur américain qui nous parle de chez lui, d'une société qu'il connaît et qui existe. 

Selon moi, My Absolute Darling a quelque chose de plus digeste dans le style et les schémas narratifs que dans Idaho, par exemple. L'impression que l'auteur s'est émancipé de la façon dont les jeunes auteurs américains écrivent d'habitude. C'est plus délié, avec des rebondissements, du suspense. 

Par contre au niveau de la mise en page, on passe parfois d'un moment à l'autre sans nouveau paragraphe et c'est assez dérangeant. Parfois on croit lire la continuité d'une action alors qu'en fait on est deux jours plus tard. 

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Portrait d'une jeune fille à part, Turtle développe sa pensée sous nos yeux, dans un roman au réalisme poignant.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 7 octobre 2019

Toyer, Gardner McKay

Quatrième de couv' : Il vous séduit, apprend à vous connaître, vous kidnappe.
Vous pensez que vous allez mourir, et c’est presque une consolation. Mais il vous laisse la vie sauve sans que vous en ayez conscience… Car vous êtes à l’état de mort cérébrale.
Si celui que toute la presse nomme désormais « Toyer » n’est pas une priorité pour le procureur de Los Angeles, deux femmes le traquent. Toyer est leur proie. À moins qu’il ne soit le chasseur…


Mon avis : OH. J'ai sorti un très vieux livre (jauni désormais !) de ma PAL. Attention, ça n'arrive JA-MAIS.
C'est un roman que j'ai acheté en 2013 à la librairie Elkar, lors d'une de mes premières virées à la découverte des librairies de Bayonne. Je vois d'ailleurs qu'il est sorti en poche le 13 juin 2013, donc j'ai même dû le prendre sur une table de nouveautés, avant de le ranger dans ma bibliothèque durant 6 ans. (Normal)
Evidemment, comme c'est un pavé de 760 pages, l'envie de le découvrir m'était un peu passée. Mais pour ce mois d'octobre, je me suis constituée une PAL "Frissons" à base de polars et de romans horrifiques.
Il faut bien qu'un jour je finisse par lire les pavés de ma PAL... Alors certes, j'y passe un peu plus de temps que sur un roman de 300 pages, mais au moins ça sort de là.

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Toyer, c'est l'histoire d'un homme, qui ne tue pas, il s'en dit incapable, qui ne viole pas, pareil, incapable. Mais... qui laisse ses victimes dans un état végétatif.
Pire sûrement, que la mort.
Mais comme Toyer ne tue pas, le procureur n'est pas franchement déterminé à le retrouver, bien qu'il enchaîne les victimes. Cynique, non ?
Avec un mode opératoire bien rôdé, il approche ses victimes en les aidant à réparer leur voiture, puis il s'invite chez elles, leur fait ensuite croire qu'il va les violer, puis leur apprend qu'il est en fait un acteur qui joue le personnage de Toyer, s'en va, avant de revenir sur ses pas.

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Dans ce roman, nous suivons, entre autres, divers personnages : Toyer, tout d'abord, qui nous permet d'assister à ses non-meurtres (je ne sais pas comment les qualifier).
Maude Garance, physiatre (oui ça existe) et psychiatre au centre qui recueille les victimes de Toyer. Sara Smith, jeune journaliste venue de la côte Est, qui fait ses premiers pas au Los Angeles Herald et pense lancer sa carrière grâce à cette histoire.

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On ne suit pas du tout une enquête de police, ne vous attendez pas à ça. L'auteur a pris le parti de nous faire découvrir la vérité par des femmes, Maude, Sara ou encore Telen, qui mènent à leur manière leur enquête.

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Il y a beaucoup, mais alors beaucoup, de scènes sexuelles, sans compter les viols. C'est assez dérangeant, parce que l'auteur passe son temps à dénuder les femmes de ce roman. Dès qu'elles sont toutes seules, elles se déshabillent. Un homme arrive, ils couchent ensemble. Bref, on est plus sur de l'érotico-polar que sur de polar.
Et il y a aussi des scènes de viol, particulièrement détaillées. L'une d'elles sert réellement l'intrigue.

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J'ai bien aimé le jeu entre la presse, avec Sara Smith au L.A. Herald et Toyer, surnommé ainsi parce qu'il "joue" avec ses victimes. Il y a une réflexion intéressante autour de la personnalité de Toyer qui prend plaisir à se lire dans le journal. Il vit ça comme une consécration et ça l'incite à poursuivre sa terrible entreprise. Faut-il parler des actes des serial killer dans la presse ? leur offrir une tribune ?

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Maude Garance, psychiatre et physiatre, est complètement obsédée par Toyer, au point que son état se dégrade à chaque fois qu'une nouvelle victime arrive à l'hôpital. Je n'ai pas apprécié ce personnage. Elle est l'équivalent du flic destitué qu'on voit d'habitude dans les romans d'enquête policière. Ici, Maude doit renoncer à son travail parce qu'elle a harcelé l'adjoint du procureur afin qu'il ouvre une enquête à propos de Toyer. A partir du moment où elle ne va plus au Kipness Center, elle plonge et occupe ses journées à boire des gins et à écouter de l'opéra. Très constructif... Elle n'a pas beaucoup d'éthique, à vrai dire et je ne la recommanderais pas comme psychiatre.
En revanche c'est une femme présentée comme indépendante, ce qui m'a plu. Dommage qu'elle soit si désagréable, même avec Sara, la journaliste, qui tient à développer une amitié avec elle.

Toyer, est un personnage très particulier. J'avoue que je ne sais pas du tout quoi penser de lui, parce qu'il est très complexe. Jeune homme bien sous tout rapport, jusqu'à un événement dramatique où son psychisme bascule. Je me demande si sans cet événement il aurait continuer une vie d'homme normale ? Ensuite, quand il devient Toyer, il est si complexe : intelligent, cultivé, et pourtant limité par son éducation religieuse.

Au final on a une sorte d'ambiguïté envers ces personnages : la psychiatre nous parait plus dangereuse que Toyer. Le traitement qui est fait des personnages me semble un peu fragile et/ou malvenu.

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J'ai dévoré le roman. MAIS je trouve que l'auteur a tiré sur la corde un peu trop longuement et aurait pu se passer de 200 pages. Surtout vers la fin. J'aurais pu vraiment apprécier ma lecture si le dénouement s'était fait plus rapidement. D'autant plus qu'il se finit à l'arrache et qu'on n'a même pas d'épilogue, nous laissant une fin ouverte.

Une incohérence totale qui décrédibilise l'ensemble : Toyer pratique une cordotomie spinale, or il n'a eu aucune formation médicale. Le mec a vu des cerveaux dans du formol et depuis il sait où et comment pratiquer un tel acte à la perfection, sans ratés !

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C'est un roman addictif, dans un style simple, présentant un psychopathe original. Après, c'est clairement pas un roman que je relirai ou que je recommanderai.

6/10

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