dimanche 18 août 2019

L'enfant océan, Jean-Claude Mourlevat

Quatrième de couv' : Une nuit, Yann réveille ses six frères aînés, tous jumeaux. Il faut fuir : leur père a menacé de les tuer. Irrésistiblement attirés par l'océan, les sept enfants marchent vers l'Ouest.

De l'assistante sociale au routier qui les prend en stop, du gendarme alerté de leur disparition à la boulangère qui leur offre du pain, chacun nous raconte à sa façon un peu de leur incroyable équipée.


Mon avis : Récemment PKJ a sorti des éditions collector très belles de romans qui ont plus ou moins marché chez eux. J'ai forcément craqué pour la plupart de ces éditions, ce qui me permet aussi de découvrir des textes vers lesquels je n'étais pas attirée de prime abord. Je crois n'avoir jamais rien lu de Jean-Claude Mourlevat (pas même La rivière à l'envers, qui est un best-seller de la littérature jeunesse).
Comme on est déjà le 18 août et que je n'avance pas dans mes lectures ce mois-ci, je me suis dit que j'allais faire baisser ma PAL en lisant un livre court.

🚙🥖🌅

Dans ce roman, qui est une ré-écriture du Petit Poucet, nous suivons une fratrie de 7 garçons qui prennent la tangente. Le plus jeune a entendu leur père dire qu'il allait les tuer, alors il réussit à convaincre ses frères de se sauver de la ferme familiale. A travers les discours de divers personnages, nous suivons leur fuite jusqu'à l'océan.

🚙🥖🌅

J'ai beaucoup aimé le procédé : les chapitres sont très courts, en quelques phrases nous découvrons les personnages qui les ont aidés (sans jamais savoir qu'ils permettaient aux enfants de continuer leur fugue). Mais nous suivons aussi les pensées de chacun des frères. Et ils sont très attachants. Fonctionnant par paires, leurs caractères sont différents : les grands sont responsables et doux, les suivants sont plein de colère mais aussi protecteurs, les plus jeunes sont peureux mais courageux. Quant à Yann, le dernier, le Petit Poucet, bien qu'il ne parle pas, est celui qui dirige les opérations. C'est en lui qu'on trouve le plus grand désir de liberté.

🚙🥖🌅

La fin était très cruelle, et je suis contente de trouver un dénouement plus tolérable que ce que j'avais cru comprendre.

🚙🥖🌅

J'ai bien aimé ce roman, qui remet au goût du jour un conte que j'avais plus ou moins oublié. Les points de vue narratifs sont pertinents et nous poussent à connaître la suite. Je trouve que c'est une belle histoire, pleine de suspense et d'émotions.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 16 août 2019

La vie comme elle vient, Anne-Laure Bondoux

Quatrième de couv' : Elles sont deux soeurs. Mado, quinze ans, est bonne élève, sensible et réservée. A vingt ans, Patty est tout l'inverse : exubérante, immature et fêtarde. Jusqu'ici, ne voyant que leurs différences, elles vivaient sur des planètes éloignées. Mais il y a huit mois, leurs parents sont morts dans un accident de voiture, et le juge des tutelles a confié la garde de Mado à sa grande soeur. A présent, elles n'ont qu'une peur : être séparées.
Or, Patty a un secret. Au milieu du désastre, elle est tombée enceinte. Si le juge des tutelles l'apprend, c'est fini : Mado part dans une foyer.
Alors en cachette, les deux soeurs décident de passer l'été en Ardèche, dans la maison coupée du monde laissée par leurs parents. Quand le bébé naîtra, en septembre, on verra bien !
Le problème c'est que Patty s'est "trompée" sur le terme de sa grossesse. Et elles ne sont pas au bout de leurs surprises. Car les mensonges de Patty sont comme des kangourous : ils ont des poches, avec des petits à l'intérieur...


Mon avis : Ce titre a été ré-édité il y a 2 ans à l'école des Loisirs, et il faisait partie de ma wishlist. Quand j'ai vu que je l'avais dans mon rayon et que je devais le retourner, j'ai décidé de me l'acheter et de le lire dans la foulée.

❈❂❈

Mado a 15 ans, s'apprête à passer le brevet, mais cette année est un peu compliquée pour elle : en Octobre ses parents sont décédés dans un accident de voiture, près de leur maison de vacances en Ardèche. Depuis, elle vit avec sa grande soeur Patty, un phénomène qui n'a peur de rien.
Alors que les grandes vacances se profilent pour Mado, elle apprend que Patty est enceinte. Alors plutôt que d'affronter la réalité, elles partent en Ardèche, passent les vacances là-bas, jusqu'au jour où... je ne vous dis pas la suite !

❈❂❈

Dans ce roman, les rôles sont inversés : Mado, 15 ans, sage et anxieuse, se retrouve à gérer une grande soeur, Patty, 20 ans, insouciante, qui vit au jour le jour, et surtout pas la dernière pour raconter des bobards !
J'ai beaucoup aimé Mado, qui est par la force des choses très mature, mais qui redevient une enfant quand elle découvre les joies des premiers baisers.
En revanche j'ai détesté sa soeur, qui est typiquement le genre de personne que je ne supporte pas dans la vraie vie.
Cependant je dois reconnaître que les deux personnages sont terriblement bien dessinés. J'ai bien imaginé chacune des scènes où l'on voit les deux soeurs se disputer, s'affronter ou bien s'aimer.

❈❂❈

Par contre, j'ai trouvé cette histoire un poil trop dramatique, c'était assez réaliste, mais il y avait un petit côté où les événements étaient trop poussifs. Ça faisait beaucoup de malheurs.
J'ai trouvé certains passages assez longs : notamment le retour de vacances, avec des moments très répétitifs, où les personnages ne se parlent pas dans la voiture par exemple.

❈❂❈

Ce roman, vraiment dans la lignée des romans réalistes publiés par l'Ecole des Loisirs, a un petit goût doux-amer. Il y a ces personnages très forts, vivant des événements déconcertants et très durs, qui nous touchent. Mais je crois que j'aurais aimé que les deux soeurs soient un peu plus épargnées.
Le titre est très bien trouvé !

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 11 août 2019

Quatre murs et un toit, Camille Anseaume

Quatrième de couv' : Avec tendresse et humour, Camille Anseaume  livre, pièce par pièce, un hymne drôle et poétique  à la maison d’enfance.

Quand elle apprend que ses parents ont mis en vente la maison où elle a grandi, Camille décide d’y séjourner  une dernière fois afin de s’imprégner du lieu et lui  faire ses adieux. Chaque pièce résonne encore de  l’écho des joies et des peines passées et la replonge  dans les souvenirs : les manies de sa mère, les blagues  de son père, les amis du grand-frère dont elle est  follement amoureuse, les disputes entre soeurs…des cris, des rires, des larmes, et surtout beaucoup,
beaucoup d’amour. Mais une semaine, est-ce suffisant  pour dire adieu à son enfance ?


Mon avis : J'ai lu tous les livres de Camille Anseaume. J'aime bien en général. C'est rapide à lire, c'est souvent tendre.
Mais par contre, payer 16€ pour 161 pages, c'était hors de question. Alors patiemment j'ai attendu de le trouver chez ma bouquiniste, pour 6€, et là, je me suis décidée à le prendre.

🏡🔑🧸

Dans ce récit autobiographique, Camille Anseaume alterne les chapitres de sa vie d'adulte : elle se rend seule une dernière fois dans la maison de son enfance, et les chapitres racontant des événements du passé ayant eu lieu dans cette maison.
Elle remplit les pièces de ses souvenirs : la cuisine où elle est celle qui distribue les couverts, le sopalin, l'eau, pour décharger sa mère de tout ce fardeau. Ou encore le garage qui abrite les outils et les affaires bien rangées et étiquetées par son père.
Ainsi, c'est l'histoire de sa famille qu'elle raconte à travers cette maison.

🏡🔑🧸

J'ai préféré les passages où elle raconte son enfance ou son adolescence que les passages du présent, où elle explique l'acte d'écrire sur ce qui disparait. Plus touchants, ces moments au sein de sa famille m'ont plus parlé.
J'aime bien l'écriture de Camille Anseaume, qui mêle instants du quotidien et poésie. Enfin, poésie est un grand mot, disons que c'est doux, c'est touchant, ça fait appel à nos propres souvenirs.
Elle parle aussi de ses relations avec son frère, ses soeurs ou ses parents. C'est ici qu'ils ont grandi tous ensemble, ont vécu des chagrins, de la joie, des périodes plus sombres, cette maison a été un refuge pour Camille à certains moments.
J'aime un peu moins les phrases toutes faites qu'elle utilise parfois : "Un jour j'irai vivre en Théorie car en Théorie, tout se passe bien", je trouve que ça me sort du texte, c'est bateau et ça ne créé par de lien avec moi en tout cas.

🏡🔑🧸

Vite lu, il sera aussi vite oublié. Après tout c'est son histoire à elle qu'elle raconte et j'imagine que tout ça lui fait plaisir à elle ainsi qu'à sa famille. Mais pour un lecteur extérieur, il n'y a pas beaucoup d'intérêt, à part peut-être l'envie de se raconter aussi sa propre histoire à travers les murs de sa maison d'enfance.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 4 août 2019

Lazy Bird, Andrée A. Michaud

Quatrième de couv' : Qui est la mystérieuse femme qui hante les nuits de Bob Richard, animateur radio à la Solitary Mountain ? En acceptant de s'exiler dans le Vermont pour y animer une émission de musique, cet albinos dépressif ne s'attendait pas à se retrouver la proie d'une auditrice déséquilibrée.
Ses soupçons se portent sur une jeune fille perdue surnommée "Lazy Bird".
Dans cette communauté perdue au coeur de la montagne solitaire, une menace plane, et l'étau se resserre inexorablement autour de Bob Richard.

Un suspense captivant mené avec virtuosité sur une tempo de jazz, par l'auteure de Bondrée (prix des lecteurs Quais du polar/20 minutes et prix Rivages des libraires).


Mon avis : Je sais que Bondrée, de la même autrice, a rencontré un fort succès auprès des lecteurs, mais aussi de mes collègues. Je n'avais pas spécialement envie de commencer par celui-ci, parce que trop peur d'être déçue, alors j'ai préféré prendre Lazy Bird. En plus on y parle de jazz, rien de mieux pour me convaincre de le découvrir.

⟕⟐⟖

Bob Richard est un solitaire, animateur de radio, il vit la nuit. Il quitte son Québec natal pour se rendre dans le Vermont où on l'attend afin d'animer une émission sobrement intitulée The Night, durant laquelle il passe des disques de jazz, les accompagnant d'anecdotes. Très vite, il reçoit des coups de téléphone durant l'émission, d'une certaine Misty. Ses messages le troublent, l'inquiètent.
Sa maison est visitée durant son absence, il se sent en danger.
Et puis il y a Lazy Bird, une ado qu'il va en quelque sorte recueillir. Enfant placée de famille en famille, elle est rude, insolente, mais aussi incroyablement fragile, comme un moineau.

⟕⟐⟖

Ce roman est poisseux, dense et nous plonge dans l'été 2007, entre tempêtes de pluie et disparitions à la chaîne. Harcelé, Bob Richard n'est pas du genre à se laisser faire, différent parce qu'albinos, il ne veut pas abandonner la piste Misty, qu'il confie néanmoins aux flics de Solitary Mountain.
Epaulé par son ami Charlie the Wild Parker, il trouve refuge auprès de cet homme qui a préféré la nature aux bruits de la vie de couple.

⟕⟐⟖

J'avais très envie de lire un roman sombre, quelque chose avec une ambiance particulière, crasse. J'ai délibérément choisi ce roman pour ça, parce que je savais qu'Andrée A. Michaud ne lésinerait pas sur l'ambiance de son histoire. De ce côté-là, j'ai été servie.

En revanche je ne m'attendais pas à autant de détails et de réflexions intérieures. C'est dense et parfois même trop long, on aimerait que ça bouge plus vite, que les noeuds se défassent et j'ai eu l'impression de tourner en rond, coincée dans les pensées de Bob.

J'ai aussi trouvé très surprenant qu'un type comme Bob, très solitaire, se lie d'amitié si vite avec Charlie the Wild Parker ou avec Lazy Bird. Un peu comme des naufragés qui se retrouvent sur une liste déserte, ils se sauvent les uns les autres. Bref, ici dans un tel contexte, j'ai trouvé que c'était rapide et pas très crédible...

J'ai aussi trouvé lourdes les références à des films. Si les références musicales m'ont plu parce que c'est normal, le personnage est animateur radio, les références constantes à des films m'ont lassée.

De plus, la fin m'a semblé très inspirée de film hollywoodien (avec une course poursuite), puis expédiée en deux-deux, et j'ai trouvé dommage que le passage dans le chalet ne dure pas plus longtemps. L'épilogue est plutôt correct, même si il n'était pas si nécessaire dans le sens où on avait compris en fait.

⟕⟐⟖

En bref, si vous voulez une ambiance particulière, dans une petite ville du Vermont, un roman où on se sent emprisonné dans un lieu où il se passe des choses dramatiques, go for it !
Si le français du Québec ne vous rebute pas, go for it !
Par contre, si vous en avez marre des héros geignards, ou des amitiés qui se lient à la vitesse de l'éclair, alors ce roman ne sera pas pour vous.
J'ai aimé me plonger dedans, mais j'ai trouvé que la structure et le dénouement étaient assez conventionnels pour un polar. Il n'y a pas eu d'effet de surprise pour moi.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 27 juillet 2019

Ariane, Myriam Leroy

Quatrième de couv' : Elles sont collégiennes et s'aiment d'amour dur. L'une vient d'un milieu modeste et collectionne les complexes. L'autre est d'une beauté incandescente et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. Elles nouent une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu'elles infligent aux autres. Leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr.


Mon avis : Je pense que je serais passée à côté de ce livre si je n'en avais pas entendu parler sur Booktube. J'ai un peu hésité avant de l'acheter, mais avoir un livre court de plus dans sa PAL c'est pas plus mal, surtout pour les jours où on a envie de faire baisser sa PAL rapidement.

⤫⨸⤬

La narratrice nous raconte son amitié avec Ariane, une jeune fille adoptée par une famille belge, riche et complètement dysfonctionnelle. Elle, elle vient d'une famille triste et monotone, pleine de pudeur et de radinerie, avec des désirs de grandeurs sociales.
Même si les deux filles n'ont pas les mêmes origines sociales, elles développent une amitié très forte, basée sur le fait de critiquer les autres, de se moquer des garçons. L'adolescence, son besoin d'exister, de tester ses limites. Et des jeunes filles cruelles. Cruelles au point de se déchirer.

⤫⨸⤬

Ce livre m'a rappelé des choses que je tente d'oublier : l'amitié exclusive, la jalousie quand l'amie décide de s'intéresser à une autre, puis le rejet souvent violent. Avant même d'avoir fait l'expérience de tout ça avec des mecs, certaines d'entre nous avons vécu ça à travers des amitiés qu'on ne savait pas toxiques à l'époque. Déterminantes dans une vie d'adolescente, ce genre d'amitié détruit, traumatise, influe complètement la personne qu'on va devenir à l'âge adulte.
Je me suis retrouvée dans ce livre. Et pourtant il ne m'a pas bouleversée. Certains passages m'ont choquée, tant c'était cruel.

⤫⨸⤬

C'est un roman sombre, mais très bien écrit. J'ai bien aimé le style, qui est propre à l'autrice, c'est cru, incisif et souvent cynique. La façon de présenter les événements est bien faite : on sait qu'il va se passer quelque chose de grave, l'autrice distille ça et là des indices.
La description qui est faite de cette amitié intense et toxique est superbe, je me suis immergée totalement dans ce roman, plus vrai que nature.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Automne, Ali Smith

Quatrième de couv' : Daniel Gluck, centenaire, ne reçoit pas d’autres visites dans sa maison de retraite que celles d’une jeune femme qui vient lui faire la lecture. Aucun lien familial entre les deux pourtant, mais une amitié profonde qui remonte à l’enfance d’Elisabeth, quand Daniel était son voisin. Elisabeth n’oubliera jamais la générosité de cet homme si gentil et distingué qui l’a éveillée à la littérature, au cinéma et à la peinture.
Les rêves – ceux des gens ordinaires, ou ceux des artistes oubliés – prennent une place importante dans la vie des protagonistes d’Ali Smith, mais le réel de nos sociétés profondément divisées y trouve également un écho. Le référendum sur le Brexit vient d’avoir lieu, et tout un pays se déchire au sujet de son avenir, alors que les deux amis mesurent, chacun à sa manière, le temps qui passe. Comment accompagner le mouvement perpétuel des saisons, entre les souvenirs qui affluent et la vie qui s’en va  ?
L’écriture d’Ali Smith explore les fractures de nos démocraties modernes et nous interroge sur le sens de nos existences avec une poésie qui n’appartient qu’à elle, et qui lui a permis de s’imposer comme l’un des écrivains britanniques les plus singuliers, les plus lus dans le monde entier.


Mon avis : J'ai pris ce SP au boulot, parce que j'avais déjà entendu parler d'Ali Smith il y a quelques années et que j'avais envie de découvrir son écriture.

✂︎⤑⥀

Honnêtement j'ai eu l'impression de lire un échantillon d'histoire. Il y a quelques passages qui m'ont plu, mais je n'ai pas compris la trame narrative de ce roman : où l'autrice voulait aller ?
Le résumé me faisait pourtant envie : le référendum sur le Brexit, une jeune femme qui a un lien fort avec un vieil homme sur le point de mourir.
J'imaginais une histoire structurée, une histoire avec une réflexion sur la mémoire, sur le passé de la Grande-Bretagne qui a mené au Brexit. Bref j'attendais autre chose.
Et j'ai eu un récit décousu, avec une touche d'imaginaire, de rêveries. Je ne sais même pas ce que j'ai lu, je suis incapable de me souvenir de ce que raconte ce livre, alors que je l'ai fini il y a 2 jours. Alors oui je le lisais un peu chaque jour sur ma pause dèj' sans réellement m'investir dedans, mais quand même, je crois qu'il y a quelque chose d'évanescent dans cette histoire, qui fait qu'on oublie ce qu'on a lu, car rien n'est vraiment marquant dans ce texte.

✂︎⤑⥀

Les personnages sont à peine attachants : Daniel Gluck, le vieillard n'apparaît qu'à travers le récit qu'en fait Elizabeth. Le reste du temps, dans le présent, il n'interagit pas avec elle, puisqu'il est dans une sorte de coma, ou de repos pré-mortem.
J'ai mis du temps à savoir quel âge avait Elizabeth, au final c'est en allant sur Livraddict que je découvre qu'elle est une enfant des années 80. Ainsi je peux un peu mieux situer son enfance. Mais j'avoue ne rien avoir saisi de sa vie.

✂︎⤑⥀

Je pense vraiment que c'est trop singulier et intellectuel pour moi. Il y a certainement des tas de références à la littérature britannique que je n'ai pas saisies.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 21 juillet 2019

Vigile, Hyam Zaytoun

Quatrième de couv' : Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une femme dans la nuit. Le silence revenu dans la chambre l'inquiète. Lorsqu'elle allume la lampe, elle découvre que l'homme qu'elle aime est en arrêt cardiaque.

Avec intensité et une attention magnifique aux mots, Hyam Zaytoun reconstruit l'expérience d'une nuit traumatique où son compagnon s'est retrouvé subitement dans l'anti-chambre de la mort. Comment raconter l'urgence et la peur ? la douleur et une vie qui bascule dans le cauchemar d'une perte brutale ? Ecrit cinq ans après cette nuit, Vigile irradie de l'amour qui habite chaque phrase.


Mon avis : De temps en temps, il m'arrive encore de me balader dans les rayons de mes collègues et de piocher des romans dont j'ai beaucoup entendu parler, ou qui me font très envie (autres que de la jeunesse). C'est le cas pour Vigile. J'en ai entendu parler sur Booktube, je l'ai vu sur Bookstagram, et forcément quand on lit des commentaires ultra-élogieux sur un livre, on a envie de le lire aussi.

✧⚭✧

C'est un récit autobiographique, racontant la terrible nuit où Hyam Zaytoun a dû faire un massage cardiaque à son compagnon pour tenter de le sauver. Elle raconte les jours qui ont suivis, à l'hôpital, à la maison avec la famille, les amis, les voisins, qui viennent tous partager leur peine et donner un coup de main. Elle raconte l'attitude de ses enfants, encore petits et pourtant si forts. Elle relate son inquiétude devant des soignants sans espoir. Ce sont aussi les souvenirs de vie commune dont elle parle : la rencontre avec son compagnon, le voyage en Inde, l'accouchement pour leur premier enfant.

✧⚭✧

Ce court récit en plusieurs parties, bien écrit, avec des phrases puissantes, un rythme saccadé, des références littéraires, ne m'a pourtant pas émue.
Pourquoi ? Déjà, il faut reconnaître mon insensibilité à la lecture d'un texte.
Ensuite, certains passages m'ont fait sortir de l'urgence de la situation : son compagnon est entre la vie et la mort, et elle parle de faits pratiques, sans jamais réellement évoquer ses propres émotions. Les autres pleurent, mais elle ? Je n'en doute pas, mais elle l'évoque si peu. Elle parle de sa peine sous le prisme d'un futur sans ce compagnon. Mais qu'en est-il là, du présent ? Quelle douleur ressent-on à voir son compagnon allongé sur un lit d'hôpital ? Peut-être est-ce la pudeur de ce texte qui m'a empêchée de ressentir des émotions.

L'amour transparait à travers ce récit, l'amour filial, l'amour pour un collègue, un ami, un père ou un amoureux. Ce texte raconte ça, peut-être plus que la douleur et la peur de voir un être cher mourir. Je ne sais pas. Peut-être est-ce plus facile pour elle aujourd'hui, 5 ans plus tard, d'axer son histoire sur l'amour que sur ce qu'elle a ressenti au moment où tout s'effondrait.

✧⚭✧

Je ne suis jamais très à l'aise avec le fait de noter des ouvrages de non-fiction, et plus particulièrement de témoignage. On sait que l'auteur ou l'autrice a mis tout son coeur à écrire, à raconter sa version des faits, sa propre histoire, ses émotions. Comment juger ça ? Très souvent je mets une note élevée, parce que je me vois mal faire autrement, même si je n'ai pas été prise ou touchée par une telle histoire. Là, c'est un peu le cas, d'autres seront plus sensibles que moi et mettront 10/10.
J'ai aussi eu l'impression d'être dans une position de voyeurisme, de lire un texte intime qu'elle aurait pu ne partager qu'avec son compagnon, parce qu'après tout, qu'est-ce que ce livre m'a apporté ? ...

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 18 juillet 2019

Lou après tout, 1. Le grand effondrement, Jérôme Leroy

Quatrième de couv' : Une odyssée pré- et postapocalyptique d’un réalisme extrême. Fascinant, remuant, vibrant.

Lorsque la civilisation s’est effondrée, le monde allait mal depuis longtemps. Bouleversements climatiques, émeutes, épidémies inquiétantes et dictatures... c’était un monde en bout de course, où l’on faisait semblant de vivre normalement. Le Grand Effondrement était inévitable, mais nul n’aurait pu imaginer ce qui allait suivre.
Quinze ans plus tard, Lou et Guillaume font partie des survivants. Elle est adolescente, lui a une trentaine d’années. Il l’a recueillie quand elle était toute petite. Réfugiés dans une ancienne villa perchée sur un mont des Flandres, ils savent que le danger peut surgir à tout instant.


Mon avis : La représentante Syros m'avait donné ce SP, laissant entendre que c'était une super série post-apocalyptique. Il sortait le 16 mai et je l'avais laissé traîner dans ma PAL, me disant que je le lirais mais pas tout de suite. Mais comme là j'essaie de lire tous mes SP, je me suis lancée dans celui-ci, dont le début m'a vraiment intriguée.

□※□

Déjà, je me rends compte que j'adore les romans d'anticipation. Je suis toujours étonnée de voir toutes les possibilités auxquelles pensent les auteurs/trices de ce genre de romans.

Dans cette histoire, nous suivons Lou et Guillaume qui vivent aux alentours de 2050, à une époque où  il est question de survie. Le monde tel que nous le connaissons s'est effondré et nous découvrons le périple de ces deux protagonistes qui tentent tant bien que mal de sauver leur peau et de se cacher des "Bougeurs" et des "Cybs". Malgré leur différence d'âge, ils sont tous les deux combattifs et prêts à tout pour se protéger l'un l'autre.

Dans la seconde partie nous apprenons enfin comment le monde en est arrivé là. Et autant vous dire que ça fait froid dans le dos !
L'auteur s'inspire fortement des tensions politiques de notre époque et va jusqu'au bout des idées des partis extrémistes. Il nous montre à quel point leur idéologie mise en place au pouvoir et appliquée au quotidien s'est révélée dangereuse pour les citoyens, non seulement français, mais aussi européens. Les dérives sont nombreuses, tout comme les dérives du progrès technologique (chaque citoyen est pucé dès l'âge de 5 ans, sous prétexte qu'il est plus simple de connaître les données de santé grâce à cette puce, or chaque individu est fiché et suivi dans tous ses déplacements, tout ce qu'il ingère, nourriture comme médicaments...) ou l'abus de certains médicaments aux molécules douteuses. La pollution a aussi dégradé le climat et les saisons sont complètement bouleversées.

□※□

J'ai adoré la façon dont l'auteur a construit ce monde : si au début nous n'avons aucune réponse sur le Grand Effondrement ou la Grande Panne, il nous les apporte ensuite au travers de flashbacks. Selon moi, on plonge parfaitement dans l'angoisse et l'horreur d'un monde dans lequel je ne souhaiterais vraiment pas vivre.

□※□

Quant aux personnages, ils sont bien construits et très réalistes, ils survivent (ou pas) à différentes choses qui les ont touchés, ébranlés. Certains ont trouvé la force de se battre, d'autres ont quitté la partie bien plus tôt. L'auteur ne nous épargne pas les absences de proches ou les morts.

□※□

C'est une dystopie très bien écrite, haletante, malgré quelques passages un peu longs. J'ai adoré découvrir les causes de ce grand effondrement. Je lirai certainement la suite quand elle sortira.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 14 juillet 2019

Signé Poète X, Elizabeth Acevedo

Quatrième de couv' : Dans un monde qui ne veut pas l'entendre, elle refuse de rester silencieuse.

Harlem. Xiomara a 16 ans et un corps qui prend
plus de place que sa voix : bonnet D et hanches chaloupées.

Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés,
elle laisse parler ses poings.

Etouffée par les principes de sa mère
(pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues),
elle se révolte en silence. Personne n'est là
pour entendre sa colère et ses désirs.

La seule chose qui l'apaise,
c'est écrire, écrire et encore écrire.
Tout ce qu'elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames
toutes ses pensées coupantes.

Jusqu'au jour où un club de slam
se crée dans son lycée.
L'occasion pour Xiomara,
enfin, de trouver sa voix.


Mon avis : J'ai eu ce SP par ma représentante Nathan, qui me l'a présenté comme le succès de la rentrée. Après l'avoir vu sur tous les comptes Instagram, je ne doute pas qu'il sera bien placé dans les meilleures ventes de romans ados. Mais voilà, personnellement je ne suis pas une grande fan de Clémentine Beauvais (qui a traduit ce texte) et je ne perçois pas la beauté d'un texte sous forme de slam. Donc... vous l'aurez deviné, mon avis est assez mitigé.

☁︎✍︎✝︎

L'histoire nous est racontée par Xiomara, jeune américaine de 16 ans, d'origine dominicaine. Elle a un frère jumeau, qu'elle surnomme : "Jumeau". Une mère très pieuse et un père peu présent, ou en tout cas, qui s'est rangé le jour où il s'est marié. Xiomara a une meilleure amie, Caridad, très sage et assez religieuse, tout l'inverse de Xiomara. Cette dernière est très douée avec les mots et sa prof de langue va lui proposer de participer à un cours de poésie. Durant des mois et des mois, Xiomara va écrire des poèmes dans son carnet mais ne se rendra pas au cours, qui pourrait changer sa vie.
D'autre part, Xiomara a les hormones qui la titillent et elle tombe amoureuse de son binôme de chimie. Mais tout ça va à l'encontre de ce que sa mère désire pour elle. Alors elle se cache, puis lutte.

☁︎✍︎✝︎

Les thématiques de ce roman sont intéressantes : tout d'abord la religion qui aveugle complètement le jugement de la mère de Xiomara, et la pousse à exercer une pression sur celle-ci. Xiomara devrait être une "fille bien", qui se comporte "bien". Mais elle ne l'est pas, c'est une adolescente qui a envie de vivre, de tester des choses, d'expérimenter d'elle-même. Elle ne comprend pas les paroles de la Bible et les remet en question.
Il y a aussi en coup de vent, l'homosexualité. (Et pas le coming-out, ce n'est pas le sujet.) Peut-être que ce sujet pourrait être développé dans un autre livre de l'autrice, où on pourrait suivre le point de vue de Xavier ?
L'expression des sentiments à travers l'écriture : dans ce roman, Xiomara s'exprime par le slam, par des poèmes. Toutes ses pensées nous sont rapportées sous cette forme. Ça rend l'histoire originale.

☁︎✍︎✝︎

Cependant... !

J'ai ressenti un manque d'intérêt pour cette histoire. Selon moi, le problème vient du fait que ce ne sont que des pensées exprimées sous forme de poésie. On n'a aucune description des lieux, de l'environnement, des gestes des uns et des autres. Bref, ça manque de corps.

En plus, ce roman ne présente que des aspects négatifs : la pression familiale, la religion catholique. En fait, c'est une histoire d'ambiance, je me suis sentie étouffée dans ce roman, parce que la mère étouffe son entourage avec ses croyances obsolètes.
Et les éléments positifs ne ressortent que très peu dans la vie de Xiomara et arrivent assez tard. Ils sont en plus teintés d'éléments dramatiques avant de trouver leur essor dans le positif.

Sans oublier que certains passages n'ont pas été traduits : ceux en espagnol notamment (Eh non, tout le monde n'a pas fait Espagnol LV2). Parfois il s'agit juste de mots, qu'on parvient à comprendre par déduction, mais d'autres fois il s'agit de phrases complètes laissées telles qu'elles. J'espère que dans la version finale du livre il y aura des notes en bas de pages.

☁︎✍︎✝︎

C'est (encore) un roman sur l'adolescence, sur une jeune fille qui se bat pour s'imposer dans une famille où les rapports sont complexes.
Mais de mon point de vue, ce roman manque de consistance pour l'ancrer dans la réalité d'une vie. C'est une succession de pensées, et de plaintes surtout... J'ai trouvé qu'il manquait d'espoir et de joie.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 8 juillet 2019

Le jour où j'ai trouvé un trésor, Séverine Vidal et Vincent Sorel

Quatrième de couv' : Branle-bas de combat ! Les parents de Robinson embarquent toute leur famille à bord de leur voilier pendant un an. Le voyage promet d'être exceptionnel, d'autant qu'une chasse au trésors s'organise dans chaque pays visité... Robinson et son frère, "Croûton", ne sont pas au bout de leurs surprises !


Mon avis : J'ai pris ce livre une fois de plus dans les gratuits qui sont proposés aux clients.
J'aime bien cette collection "Pas de géant" chez Auzou, destinés aux enfants de 9 ans, je trouve les livres bien faits et joliment illustrés.

🐟🐠🐡

Dans cette histoire, nous découvrons Robinson, un jeune garçon qui n'a pas envie de quitter la France pour faire le tour du monde en voilier avec ses parents. Au début il râle, se plaint, puis peu à peu, il va adorer ce voyage. Son père l'a réalisé 22 ans plus tôt et aurait laissé des énigmes pour ses futurs enfants. Robinson découvre alors de jolies choses, de beaux paysages grâce aux énigmes.

🐟🐠🐡

C'est une histoire bien écrite, bien illustrée, présentant au début un enfant qui ne veut pas du tout quitter son confort habituel, pour finalement prendre plaisir à découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux lieux et qui va changer au cours de ce voyage.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur