vendredi 16 novembre 2018

Mauve, Marie Desplechin


Quatrième de couv' : Mais… mais qu’est-ce qui se passe, en ce moment ? Pome est d’une humeur terrible, Verte va s’enfermer dans sa chambre. On les connaît pourtant, cela ne leur ressemble pas du tout. Une crise d’adolescence ? Ce serait trop facile. La fatigue ? Certainement pas.

Lorsque Pome revient des cours avec un bleu au visage, le doute n’est plus permis : quelque chose ne va pas. Depuis l’arrivée d’une nouvelle au collège, tout semble détraqué.
Une nouvelle… quelle nouvelle ? Verte et Pome ne veulent absolument pas en parler. Dès que l’on prononce son nom, une scolopendre surgit !
Et que fait la police dans ces cas-là ?
Et que font les sorcières ?


Mon avis : J'ai fini la trilogie Verte-Pome-Mauve ! J'ai beaucoup aimé ce troisième tome qui prend une tournure beaucoup plus sérieuse et parlera plus à ceux/celles qui souhaitent lire une vraie histoire de sorcières. 

🧙🏼‍♀️🔮🎆

Dans ce tome, on retrouve tous nos chers personnages : Anastabotte, Ursule, Ray, Soufi, Pome et Verte. Et puis il y a une nouvelle au collège : Mauve. On pourrait croire que le roman va la mettre en scène de manière positive, mais ce n'est pas le cas. Mauve amène avec elle son lot de dangers. Pome et Verte sont harcelées et les choses s'enveniment dans le quartier de Pome. 

🧙🏼‍♀️🔮🎆

Contrairement aux deux autres tomes, ce roman est sérieux car il aborde une thématique plus difficile : comment sont perçues les sorcières et quel sort on leur réserve quand leur existence est découverte. Au départ, on parle de harcèlement dans le cadre scolaire, puis on passe au niveau supérieur, puisque la mère de Pome est victime de "racisme" (je ne sais pas si on peut vraiment dire ça, puisque ce n'est jamais exprimé très clairement mais ça y ressemble salement). Et pour le dire sans détour : on lit une chasse aux sorcières.  

🧙🏼‍♀️🔮🎆

Il y a encore plus de rebondissements dans ce tome. Nos personnages vont devoir affronter un ennemi maléfique qui envoûte la population. On pénètre aussi un autre univers, celui de l'entre-deux-mondes. C'est bien fait, c'est aventureux et ça met vraiment en scène Verte et son courage. Mais elle ne serait rien sans l'aide de sa grand-mère, de Soufi ou même des autres sorcières de son entourage. 

🧙🏼‍♀️🔮🎆

C'est une trilogie que j'ai vraiment pris plaisir à lire. C'est fluide, ça bouge, ça donne envie de tout lire. On s'attache aussi aux personnages, dont les défauts les rendent très humains. 
Marie Desplechin parvient avec succès à mêler le quotidien banal de Pome et de Verte avec le monde de l'imaginaire dans lequel la sorcellerie trouve sa place. 
Les thématiques abordées sont très intéressantes et véhiculent de bonnes valeurs : l'amitié, la solidarité, l'entraide, la famille et la transmision. 

7/10

lundi 12 novembre 2018

Dix jours avant la fin du monde, Manon Fargetton


Quatrième de couv' : Et vous, que feriez-vous s'il ne restait que dix jours ?


Deux lignes d'explosions ravagent la Terre. Nul n'en connaît l'origine mais quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, le monde sera détruit. 
Sur les routes encombrées de fugitifs qui tentent en vain d'échapper au cataclysme, six hommes et femmes sont réunis par le destin. Ensemble, ils ont dix jours à vivre avant la fin du monde...

Un compte à rebours implacable, une aventure initiatique qu'on ne lâche plus.


Mon avis : Ce genre de roman apocalyptique n'est pas du tout le genre de livre vers lequel je me tourne, cependant j'ai eu ce service presse dans mon bac au boulot, donc je me suis dit que quitte à avoir un SP (c'est tellement rare !) autant le découvrir.

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Comme le résumé l'indique, deux lignes d'explosions sont apparues sur la planète et détruisent peu à peu la terre. On n'en connaît pas l'origine (à vrai dire, on ne le saura jamais... très frustrant) mais on sait à quelle vitesse elles avancent et l'endroit où elles se rejoindront : sur la côte atlantique française.
A partir de là, la population mondiale tente de survivre en se sauvant vers l'extrême pointe de la Bretagne. Nous, nous suivons plusieurs personnages de Paris ou ses alentours qui vont se rencontrer lors de leur migration vers l'ouest. Trouveront-ils un moyen de survivre ? Que vont-ils faire des 10 jours qu'il leur reste à vivre ?

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Mon avis est mitigé : le suspense quant à leur survie est maintenu tout au long du roman, cependant le rythme n'était pas toujours bon. Par moments j'avais très envie de continuer ma lecture, de voir comment les choses allaient avancer, et puis à d'autres moments je trouvais qu'on se perdait dans des choses longues (le trajet semble interminable) et inintéressantes.
Pour moi les passages du roman de Gwenaël étaient franchement ennuyeux (tout comme le personnage de Gwen), le concept de l'histoire dans l'histoire ne m'a jamais plu, et là le fait qu'on ne sache pas si Gwenaël est à l'origine de ce qu'il se passe dans la réalité ou pas, c'était agaçant. Pourquoi et comment parvient-il à connaître des détails si précis de la vie de ses contemporains ? Alors qu'il est si plongé dans son processus d'écriture au point de ne pas réaliser le manque d'amour que ressent sa compagne ?

D'autant plus qu'on nous laisse sur une fin ouverte, et alors il n'y a rien de pire que de ne pas avoir de réponses à mes questions : d'où viennent les explosions ? Sont-elles un produit de l'homme ? d'une forme extra-terrestre ? Que sont ces formes d'énergies qui se baladent à la surface de la terre dans le roman de Gwenaël ? Quel rapport avec ce qui se passe dans le roman de Manon Fargetton ?

Et puis la solution de survie trouvée par les personnages ne m'a pas paru crédible. Genre personne d'autre n'y a pensé ?
Le fait que les gouvernements de tout pays se désengagent totalement, laissant leur population mourir, c'était tout aussi peu crédible.
Bref, le manque de réponses et le manque de crédibilité de certains arcs narratifs m'ont irritée.

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En revanche, même si je ne me suis pas attachée aux personnages, je les ai trouvés sympathiques, très différents les uns des autres et bien construits (encore un détail : qui est vraiment Valentin ? parce qu'on laisse le mystère planer sur son identité véritable quasiment jusqu'à la fin et moi je m'attendais à un truc plus fou que ça). Ils ont tous une façon différente d'aborder leur mort prochaine. Ils ne se connaissaient pas avant, et vont pourtant apprendre à vivre leurs derniers jours ensemble. Le fait qu'ils ne deviennent pas trop proches d'un coup, que certains aient besoin de s'apprivoiser, ça, ça m'a semblé crédible. Malgré ce qui se passe autour d'eux, il reste très humains les uns envers les autres, prêts à s'aider, avec la même pointe d'espoir afin de survivre.

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Globalement c'est une intrigue originale et pour moi inédite. Les personnages sont bien construits, leur psychologie assez développée, l'aspect social de cette fin du monde est parfaitement dépeint à travers des personnages différents. Mais il m'a manqué quantité de réponses à mes questions.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 2 novembre 2018

Tous nos jours parfaits, Jennifer Niven

Quatrième de couv' : Un matin, sur le toit du lycée, Finch sauve Violet. À moins que ce soit Violet qui sauve Finch ? Instable et excentrique, fasciné par la mort, il s'est toujours senti différent des autres. Violet, de son côté, avait tout pour elle; mais un drame lui a fait perdre pied et elle s'est isolée, submergée par la culpabilité. Retrouveront-ils, ensemble, le goût de vivre ?

Romantique et bouleversant, une ode à la vie, pour ceux qui aiment les romans de John Green. 


Mon avis : Quand j'ai acheté ce roman en Février 2018, c'était pour me faire un avis sur ce livre dont j'avais beaucoup entendu parler. Mais le sujet était lourd et j'étais moyennement emballée pour lire un roman sur le suicide chez les adolescents.
Finalement, ce roman a fini par se retrouver seul au milieu de mes livres lus et ça m'agaçait de ne pas l'avoir encore barré de mes listes de lecture. Du coup j'ai décidé de le sortir de ma PAL début Octobre. Le problème c'est que j'ai mis un mois pour le lire. Vous comprendrez donc que je n'ai pas eu de coup de coeur sur ce roman.

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Theodore Finch est considéré comme un ado fêlé par ses camarades de classe. Violet Markey est plutôt une fille populaire et bien vue de tous. Ces deux personnages vont se rencontrer en haut du clocher de leur lycée, l'un et l'autre s'apprêtant à sauter. Ce moment va les pousser à se parler, à passer du temps ensemble, à vivre des "jours parfaits"... Jusqu'à ce que la situation se détériore. Non pas à cause d'une histoire d'amour, mais à cause des problèmes psychologiques de Theodore. Ensemble ils vont découvrir les lieux touristiques de leur état, l'Indiana.

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Je ne dirais pas que je n'ai pas aimé ce livre. Il est bien écrit, il mêle dialogues et narration. Les personnages de Theo et de Violet sont bien construits et on dépasse les clichés que l'on pourrait avoir sur eux. Je me suis peut-être plus attachée à Violet, qui est une jeune fille ayant vécu un drame et va devoir apprendre à se dépasser pour reprendre sa vie en main. Quant à Theo, j'ai eu plus de mal à le suivre et c'est certainement voulu par l'autrice.

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Ce roman est certainement touchant. Mais je n'étais pas du tout dans l'humeur idéale pour l'apprécier. D'autant plus que j'ai repris le boulot et j'ai peu de temps pour lire. J'ai failli abandonner ce livre vers le milieu du mois d'octobre, je l'ai laissé de côté pendant quelques temps et je l'ai repris ces derniers jours, même si l'histoire ne m'emballait toujours pas, je souhaitais en connaître la fin.
Je le relirai peut-être un jour, parce que je suis un peu déçue de ne pas l'avoir aimé à sa juste valeur.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 21 octobre 2018

Dans la nuit de New York, Anna Woltz

Quatrième de couv' : Je m'appelle Emilia December De Wit. J'ai quatorze ans. Je viens de tout perdre.

Est-ce que l'histoire pourrie qui circule sur Internet parle de la vraie moi ? Mon histoire, ma vraie histoire, où est-elle ? Je suis la seule au monde à savoir ce que je m'apprête à faire, si j'en ai le cran, ce qui n'est pas gagné.

Six mille kilomètres plus tard. L'air est glacial. New York est en fête. Je marche dans les rues. J'ai repéré le commissariat de police et me suis dirigée dans le sens opposé. Je suis libre.


Mon avis : Je n'avais pas prévu d'acheter ce livre, je n'en avais même jamais entendu parler avant de le voir dans ma librairie jeunesse habituelle.
Il avait l'air original et intrigant. Le résumé est très succinct et heureusement révèle assez peu l'histoire. Du coup je ne vais pas me lancer dans des spoilers qui vous gâcheraient le plaisir de la découverte.

✈️🚖🏙

Emilia est hollandaise, mais un événement a bouleversé sa vie et elle décide de partir à New York. Elle n'a que 14 ans mais elle est déterminée à s'éloigner de son milieu familial qui lui apparait alors nocif. Arrivée à New York, tout ne se déroule pas comme elle l'avait imaginé.
C'est à la fois une aventure et des rencontres qu'elle va vivre. 4 jeunes paumés qui vont trouver refuge ensemble. Ils sont si jeunes mais ont déjà vécu leur lot de problèmes qu'ils ont dû apprendre à gérer. Ils sont tous très matures pour leur âge, sauf Abby qui a 9 ans, et représente plutôt bien son âge.

✈️🚖🏙

Le début du livre est très intrigant, on ne sait pas vraiment ce qu'Emilia fuit, on ne connaît pas les raisons qui la poussent à couper son téléphone et les réseaux sociaux. Puis les raisons se dessinent et on réalise l'impact que cela a eu sur cette jeune fille qui a tant de mal à gérer ses angoisses.

✈️🚖🏙

J'ai vraiment aimé les différents personnages et leurs histoires, ils vont complètement à l'encontre de l'image qu'on pourrait avoir d'eux. Ce roman rassemble peu de clichés et c'est très bien ! 

Seul bémol : la durée du manque d'électricité. J'ai eu l'impression que ça durait bien trop longtemps et que les journées se ressemblaient beaucoup. C'était presque aussi long que pour les personnages. 

✈️🚖🏙

Ce n'est peut-être pas une histoire dont je me souviendrais longtemps mais en tout cas c'est bien écrit, l'intrigue est originale et on ne tombe pas dans un pathos extrême comme on peut le lire dans certains romans pour adolescents.
Même si j'ai mis une semaine à lire ce roman (parce que j'ai repris le travail et que j'ai du mal à trouver du temps pour lire ou même en avoir envie), c'est une histoire que j'ai pris plaisir à lire et qui était à la hauteur de mes attentes.

8/10

lundi 15 octobre 2018

Mates, Dates & Chocolate Cheats, by Cathy Hopkins


Quatrième de couv' : Izzie has always been "curvy", but since Christmas, she has gained eight pounds, and nothing seems to fit any more ! In an attempt to lose weight, Izzie tries everything - one diet after another, a punishing exercise programme and every bit of conflicting advice anyone can give her.


Her constant worrying about her weight causes her to lose her confidence, and she stops appreciating the things in her life that are special - her supportive friends, the fact that she has been selected for a TV teen panel and the cute boy at the studio who seems to appreciate her just the way she is.


Mon avis : Dixième tome, on approche de la fin ! Comme d'habitude il m'a fallu 2 jours pour lire ce livre de 167 pages en anglais.

La thématique de celui-ci se dessine très nettement : il s'agit de la prise de poids et des régimes. Dans ce tome, Izzie/Lizzie revient du séjour en Italie (qu'on a découvert dans le tome précédent) et réalise qu'elle a pris du poids depuis Noël. Si tout son entourage l'assure que ça ne se voit pas, Izzie est persuadée qu'elle ressemble à une baleine et décide de se priver en mangeant selon différents types de régime. Très vite, elle s'aperçoit que c'est un casse-tête sans fin. Puis elle découvre les boissons qui font office de repas, mais celles-ci apportent leur lot d'inconvénients (l'estomac qui crie famine, les flatulences, le manque de concentration). Bref, ses amies et sa mère lui proposent de faire une activité physique, elle va alors tester chaque soir un nouveau cours de sport. Avant finalement de rejoindre un groupe dans lequel on se donne des conseils afin de perdre du poids sur le long terme.

Ce tome manque de légèreté. Le sujet est important, mais Izzie est absolument obsédée par l'idée de perdre du poids rapidement. Rien n'existe plus dans sa vie et nous la suivons durant ces quelques semaines où Izzie n'a plus que son rapport à son corps qui compte. J'ai trouvé que c'était trop lourd. Je vois très bien que l'autrice a voulu montrer ce qu'une jeune fille peut faire dans ce cas, cependant j'aurais aimé qu'on ait d'autres sujets. Il y a juste un petit passage de romance au début et à la fin du roman, mais c'est assez frustrant car rien ne se passe et ce sont juste des déceptions de plus pour Izzie.

La fin de chaque chapitre se fait soit sur une chanson d'Izzie, soit sur une petite phrase amusante.


Un tome qui aborde une thématique bien spécifique mais qui manque du coup de légèreté. C'est dommage qu'on évolue uniquement dans la tête d'Izzie avec ce tome, parce qu'on ne sait pas grand chose de ses amies. Le côté amitié est trop peu présent. C'est une déception, mais j'imagine que le sujet intéressera d'autres personnes.

5/10

jeudi 4 octobre 2018

Aquarium, David Vann

Quatrième de couv' : Caitlin, douze ans, vit avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin, qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes les deux à cet homme.


Mon avis : Comme tout le monde cette année, j'ai craqué sur ce livre, le centième de la collection Totem chez Gallmeister. C'est fou comme la couverture joue un rôle important dans le choix d'un achat... en grand format ce roman ne m'attirait pas du tout, au point que j'avais laissé ma responsable de l'époque lire et conseiller ce livre, sans m'y intéresser. La couverture en poche est incroyablement belle.
Par contre j'avais un peu peur que ce soit de la même teneur que Sukkwan Island, un drame psychologique, et que ça me trouble complètement.

🦀🐡🐠

Caitlin a 12 ans, elle est passionnée par les poissons et le monde sous-marin. Tous les jours après l'école, elle fonce à l'aquarium les observer. Elle les connaît par coeur.
Sa mère vient la chercher quand elle finit son boulot, vers 17h30. En attendant, Caitlin reste à l'aquarium, où un jour, elle fait la rencontre d'un vieux monsieur.

Je n'en dis pas plus. Je trouve déjà que le résumé de la quatrième de couverture est assez spoilant, du moins il laisse suffisamment d'indices pour comprendre certains liens.

🦀🐡🐠

L'auteur traite une nouvelle fois des relations familiales, de l'impact laissé sur un enfant par un parent.
C'est assez dur, parce que le contexte de précarité est difficile et complexe, que ce soit dans le présent comme dans le passé, la situation de Caitlin et de sa mère est franchement triste.

🦀🐡🐠

J'ai eu du mal à m'attacher à Caitlin. Elle est assez pénible avec ses histoires de poisson. Ça n'intéresse personne dans son tout petit entourage, alors quand ce vieux monsieur fait mine de s'y intéresser, elle se laisse aller à discuter avec lui. La relation entre eux est particulièrement touchante. J'ai beaucoup aimé cette façon qu'avait Caitlin de vouloir le protéger.
Par moments Caitlin me donnait l'impression d'avoir moins de 12 ans, par ses réactions, sa façon de s'accrocher à sa mère au tout début, comme une enfant. Et à d'autres moments, notamment par la découverte de l'amour, je lui aurais facilement donné 15 ou 16 ans. Son personnage oscille vraiment entre la pré-puberté et la puberté +++ C'était assez bizarre.

Au début, présentée comme une maman combattive, qui mène sa vie de mère, de femme et de travailleuse, on sent Sheri dévouée et j'ai eu le sentiment de quelqu'un d'équilibré. Jusqu'au moment où tout bascule... où la rage contenue explose dans une déflagration puissante. Plus rien ne compte pour elle à part sa rancoeur.

Le vieux monsieur a tellement de choses à se faire pardonner qu'il en devient faible. Il accepte toutes les punitions, toutes les horreurs qu'on lui dit. Cette façon de se ratatiner parce qu'il a commis une erreur 20 ans plus tôt, ça m'a attristée. Il porte sa culpabilité sur son visage, c'est un véritable fardeau. Il ne m'a pas fait pitié, il m'a agacée, jusqu'au moment où il décide de ne plus se laisser marcher sur les pieds, de ne pas tout accepter.

Finalement le seul personnage équilibré est Steve, le nouveau compagnon de la mère, et je m'attendais à ce que lui aussi ait des failles insoupçonnées. Je pensais découvrir un truc sale sur lui, mais non, tant mieux ! Il est patient, et tente d'apaiser les situations quand il le peut.

🦀🐡🐠

Le style d'écriture est fluide et simple.
Seul bémol : les dialogues ne sont pas introduits par des tirets ni des guillemets. C'est peut-être un choix du traducteur ? Ça donne une succession de phrases et on ne sait parfois plus qui parle ou si c'est de la narration ou du dialogue.
Aussi, je m’attendais à retrouver le point de vue de Caitlin adulte nous décrivant sa vie actuelle, vu que certains passages laissaient entendre qu’elle racontait ses souvenirs d'adolescence, avec le recul de l'adulte.

🦀🐡🐠

Il y avait des passages très attendus, que j'ai vus venir de loin, qui allaient créer le drame.
Et puis il y a eu ce passage dans la forêt avec cette histoire de bonhommes de neige qui courent, qui est complètement what the fuck. Alors certes, ça permet de créer la scène suivante qui est une scène importante du livre, mais je n'ai pas compris ce délire des deux jeunes filles qui s'enfuient en croyant être poursuivies par des bonhommes de neige, elles ont 12 ans bordel ! Elles ne sont pas si idiotes et naïves !

🦀🐡🐠

Malgré ce passage que je n'ai pas compris, ce roman traduit une atmosphère tellement dure et violente... Psychologiquement c'est parfois insoutenable, certaines scènes sont au-delà de l'imaginable, mais c'est très percutant.
Ce roman raconte des histoires de famille dans lesquelles on n'aimerait pas vivre. Il raconte des histoires de fuite, de peur, de maladie, d'obligation familiale. Est-on plus libre quand on n'a plus de famille ?
C'est étrange, en y repensant j'ai l'impression d'avoir été basculée de gauche à droite, par moments on savoure de beaux moments et juste après le drame arrive et nous projette loin. C'est d'une intensité rare, portée par une écriture toute simple. L'atmosphère créée y est sûrement pour quelque chose.
C'est une véritable expérience de lire un livre de David Vann, je vois mal comment cela pourrait laisser indifférent∙e.

7/10

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mardi 2 octobre 2018

Pome, Marie Desplechin

Quatrième de couv' : Les choses pourraient être simples pour Verte, désormais bien entourée. Bien sûr elles ne le seront pas. Car Soufi, son meilleur ami, déménage, et Gérard, son père tout neuf, a un père, lui aussi : Raymond, un ancien commissaire de police.
Verte pleure, Verte rit, Verte se sent seule.
Heureusement, une fille vient d'emménager avec sa mère dans le bâtiment B. C'est Pome. Verte se dit que c'est un nom parfait pour une alter ego, une future meilleure amie, une pareille en tout. En tout ? Même en sorcellerie ?


Mon avis : Sitôt acheté, sitôt lu !
Je suis toujours déçue de ne pas avoir trouvé le 3è tome hier, et de ne pas l'avoir pris en librairie quand il y était... Mais ça m'apprendra à jouer la prudence !
Le résumé de la maison d'édition n'est pas tout à fait vrai. Par exemple, Soufi ne déménage pas. Et le fait que Raymond ait été commissaire de police est franchement un fait qui n'a aucune importance dans le roman. Je sais vraiment pas pourquoi ça a été mis sur la quatrième de couverture...

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Ce tome m'a encore plus plu que le premier. Dans celui-ci, Verte est entourée de son père, chez qui elle va la moitié de la semaine, de son grand-père, Raymond, qui vit en face de chez son père et qu'elle voit donc tout le temps, de sa grand-mère, Anastabotte, qui continue à lui apprendre la sorcellerie le mercredi après-midi.
Il y a toujours Soufi, son meilleur ami, et surtout on découvre Pome, sa nouvelle amie, sorcière comme elle. Les personnages sont plus nombreux, mais peut-être encore plus développés. Grâce à leur voix, on sait une nouvelle fois ce qu'ils perçoivent d'une situation.

🧙🏼‍♀️🔮🎆

Dans ce tome, Verte fait la rencontre de Pome, une autre petite sorcière, mais elle développe aussi sa relation avec son père et son grand-père, fraîchement débarqués dans sa vie. De petits événements en petits événements, ils vont en apprendre plus sur l'essence de Verte et deviner qui elle est.

🧙🏼‍♀️🔮🎆

Je crois que c'est en passe de devenir ma trilogie pour enfants préférée ! C'est tellement agréable à lire, c'est léger et original, tout en étant une lecture pleine de tendresse avec son aspect familial et amical. Les mamans sorcières n'ont pas la cote, mais ce n'est pas bien grave parce que les autres personnages sont charmants.
Je prends vraiment plaisir à découvrir ces livres, ce sont vraiment des petits bonbons à lire.

9/10

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lundi 1 octobre 2018

Verte, Marie Desplechin

Quatrième de couv' : À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu'elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C'est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte. Puisqu'elles ont l'air de si bien s'entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu'ils dépassent les espérances d'Ursule. Un peu trop, peut-être.


Mon avis : Je vois ce livre dans toutes les librairies depuis toujours ! C'est vraiment le classique de Marie Desplechin.
Et comme je suis longue à la détente, je ne l'ai acheté que récemment. J'avais super envie de lire une histoire de sorcières, et je savais que ce livre parlait de ça.
Par contre, comme je ne savais pas si j'allais aimer, je n'ai pris que le premier tome (alors que les 3 étaient en rayon), du coup aujourd'hui j'ai foncé à la librairie pour prendre les deux autres, et ils n'avaient plus que Pome, le tome 2. J'étais un peu déçue.

🧙🏼‍♀️🔮🎆

C'est l'histoire de Verte, du point de vue de 4 personnages. Verte est une petite fille de 11 ans, qui va découvrir ses pouvoirs de sorcière. Jusque là, sa mère s'inquiétait de ne pas la voir manifester le désir d'être sorcière. Après tout, Verte, son désir le plus cher c'est de pouvoir se marier un jour, et si possible avec Soufi, un garçon de sa classe. Alors quand elle se découvre des pouvoirs, elle est assez embêtée, parce que ça veut dire qu'elle ne pourra pas se marier (dixit sa mère). D'ailleurs dû à ça, Verte ne connaît pas son père et aimerait bien le rencontrer.

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C'est une jolie petite histoire, bien écrite, avec un style fluide et simple. C'est léger et divertissant. L'intrigue est sympathique, il y a des petits rebondissements et on prend plaisir à suivre la vie de Verte, selon quatre points de vue. Même si ça semble un peu répétitif, j'ai trouvé sympa d'avoir le point de vue de Verte, sa mère Ursule et sa grand-mère Anastabotte. La version plus originale est celle de Soufi à la fin.

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Les personnages sont originaux et ont tous un caractère propre à chacun. La mère de Verte est assez antipathique, j'ai trouvé que c'était la figure "mauvaise" de la mère. Heureusement sa grand-mère est beaucoup plus agréable et c'est avec elle qu'elle va apprendre à faire de la sorcellerie.
Quant à Soufi il est très sympa, bavard et adorable. J'ai bien aimé le découvrir plus à travers son point de vue, au début on le sent sur la défensive à l'égard de Verte.
Et Verte est une adorable petite fille, qui se prend quand même quelques piques (sa grand-mère lui dit qu'elle n'est pas très futée !).

🧙🏼‍♀️🔮🎆

A travers ce roman sur la découverte des pouvoirs à 11 ans, c'est aussi de l'adolescence que parle l'autrice, et tous les changements qui arrivent à ce moment-là.
C'est une très bonne histoire, divertissante et agréable à lire.

8/10

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samedi 29 septembre 2018

Cité 19, Livre 1. Ville Noire, Stéphane Michaka

Quatrième de couv' : Qui a précipité le père de Faustine du haut de la tour Saint-Jacques ?
Convoquée pour identifier son corps, la jeune fille ne le reconnaît pas. Et s'il était encore vivant, victime d'une machination ? Faustine se lance alors sur la piste d'un inquiétant personnage dans les sous-sols du métro et se trouve propulsée... 150 ans plus tôt.
C'est pour elle le début d'une série d'aventures aux confins de l'Histoire, de la science-fiction et du thriller.


Mon avis : Depuis sa sortie j'avais assez envie de lire ce livre, mais en même temps j'avais peur que ça ne me plaise pas, vu que ce n'est pas le genre de roman vers lequel j'ai l'habitude de me diriger.
Et puis il est sorti en poche cet été, du coup je me suis dit que je ne perdais rien à acheter au moins le premier tome.
Il était donc dans ma PAL depuis peu, mais je comptais l'en sortir rapidement. J'ai essayé de le commencer en août, mais ça ne passait pas, j'ai bien fait d'attendre d'être prête à le lire.

⏳❔🗝

C'est un roman hybride : il mêle aventure avec une héroïne téméraire, côté historique du XIXè siècle, policier (meurtres en série) et science-fiction (que je n'avais pas vue venir, sur le coup je me suis dit "non, non, fallait pas prendre cette direction" et puis finalement on s'habitue et c'est pas si mal).
Au début je pensais vraiment qu'on arrivait dans du fantastique : Faustine fait quand même un saut dans le temps de 150 ans, sans qu'on ne sache comment. Et finalement quelques réponses nous parviennent, il s'agit de science-fiction, mais je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

⏳❔🗝

Pour les petites déceptions :
- le père de Faustine semble être un sujet important d'après la quatrième de couverture. En réalité sa mort n'est qu'un prétexte, parce que finalement on n'en entend plus tellement parler dans la suite du roman.
- il en est de même pour les personnages avec qui l'héroïne a des problèmes. D'ailleurs je trouve bizarre qu'elle ne soit jamais inquiétée pour ses actes...
- l'écriture est parfois, surtout au début, assez faite de phrases clichées. Disons-le franchement, le début était mal écrit. Ça semblait manquer de style et puis finalement une fois l'intrigue lancée, le style est moins bateau, on trouve des phrases mieux construites, plus inédites.
- la capacité d'adaptation de Faustine. Projetée dans le XIXè siècle, elle se fait très vite au quotidien de l'époque. Elle comprend vite grâce à quel métier elle pourra enquêter sur des meurtres qui ont lieu et qui lui paraissent liés à celui de son père (au XXIè siècle). Ce n'est pas très réaliste par moments.
- Je ne me suis attachée à aucun personnage. Pas même à Faustine, à qui je ne parviens pas à m'identifier.

⏳❔🗝

Par contre j'ai bien aimé :
- les différentes intrigues (mais je ne veux pas spoiler donc chut !)
- le siècle dans lequel Faustine plonge : le XIXè siècle fait toujours un peu rêver et il est plutôt bien décrit par l'auteur.
- l'originalité du personnage de Faustine. C'est une fille très débrouillarde, indépendante, qui a appris à se battre (littéralement). Quand elle se retrouve au XIXè siècle, son caractère s'affirme encore et elle choisit de devenir homme pour pouvoir atteindre le poste qui lui plait et l'aidera à mener ses enquêtes.
- la fluidité du texte qui fait qu'on avance très, très vite dans cette lecture (400 pages lues en 2 jours sans voir le temps passer). C'est très rythmé, il y a tout le temps de nouveaux rebondissements. On ne suit pas que Faustine par ailleurs, mais de nombreux personnages. Les chapitres sont aussi très courts.

⏳❔🗝

C'est un livre à l'intrigue très originale, avec un personnage au fort caractère, qui vit des aventures au XIXè siècle. Des développements de science-fiction intéressants auxquels on trouvera des réponses dans le second tome (du moins je l'espère).
Il faut absolument lire le tome suivant, sinon ce premier livre nous laisse un goût de trop peu.

7/10

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jeudi 27 septembre 2018

Fangirl, Rainbow Rowell

Quatrième de couv' :  Cath and Wren are identical twins and until recently they did absolutely everything together.
Now they’re off to university and Wren’s decided she doesn’t want to be one half of a pair any more – she wants to dance, meet boys, go to parties and let loose. It’s not so easy for Cath. She would rather bury herself in the fanfiction she writes where there's romance far more intense than anything she’s experienced in real life.

Now Cath has to decide whether she’s ready to open her heart to new people and new experiences, and she’s realizing that there’s more to learn about love than she ever thought possible . . .


Mon avis : Il m'a fallu du temps pour avoir envie de lire ce livre. Il est sorti début 2014, et Margaud Liseuse l'a présenté dans ses vidéos très souvent, disant que c'était un de ses livres préférés. Elle expliquait donc qu'une jeune fille, Cath écrivait une fanfiction à propos d'un personnage qui ressemble à Harry Potter.
Et ça ne m'intéressait pas trop. Je n'ai jamais lu ou écrit de fanfiction et je ne suis pas du tout une Potterhead. J'aime bien lire la saga mais pas au point d'en être dingue à acheter tous les goodies existants.
Bref, Fangirl ça ne m'attirait pas... Jusqu'à sa sortie en poche chez Castelmore. Je l'ai vu dans plusieurs librairies et j'hésitais à l'acheter. Il était dans ma wishlist Book Depository, alors je me suis dit que je pouvais tenter de le lire en anglais d'abord. Au final j'ai aussi acheté le poche en français parce qu'il y a des termes que je n'ai pas compris et parce que je me ferais un plaisir de le relire en français un jour ou l'autre. (Cette introduction est un peu longue, non ?)

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L'histoire est celle de Cather, 18 ans, qui entre à l'université. Elle a une soeur jumelle, Wren, qui a décidé de vivre dans un autre dortoir que Cath. C'est le début de l'indépendance pour les jumelles et Cath ne le vit pas très bien. Elle est très introvertie et elle a du mal à décrocher du monde de Simon Snow, une saga écrite par Gemma T. Leslie, une sorte d'Harry Potter. Elle rédige régulièrement des fanfictions sur internet et elle a une véritable audience qui suit chaque semaine l'avancée de son histoire.
Cath, un personnage très angoissé par les relations sociales, doit apprendre à s'adapter à son nouvel environnement : la fac, les cours d'écriture, sa coloc' Reagan et son ami Levi qui squatte constamment leur chambre.
En bref, on suit la première année de fac de Cath, avec ses drames, ses joies, ses peines, ses découvertes.

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L'écriture est fluide, on alterne entre dialogue et narration normale. Le style est agréable. Je ne me suis pas ennuyée durant ma lecture, même si on lit le quotidien universitaire d'une jeune fille très introvertie.
Ça se lit bien en anglais, même si je ne le recommanderais pas pour une première lecture en VO (de toute façon vu sa taille, ça en ferait fuir pas mal, 460 pages !)

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En revanche, il y a des points qui m'ont déplu :

- Le fait que pendant une très longue partie du roman on ne sache pas où est passée la mère des filles. Et quand enfin on le sait, on n'a que l'avis de Cath, qui est extrêmement partial. J'aurais adoré connaître le point de vue de la mère sur ses propres choix. Pareil l'avis de Wren sur ce sujet aurait été super à découvrir.

- Le fait qu'on découvre seulement au milieu du roman le prénom de leur père : elles l'appellent "Dad" jusqu'au moment où on découvre qu'il s'appelle "Arthur", pendant 30 secondes je me suis demandée qui était ce "Art".

- La figure du nice guy qu'est Levi. Je l'ai trouvé très sympathique et sociable au début, mais quand il commence à sortir avec Cath, cette représentation du mec gentil a commencé à m'agacer.
C'est très bien qu'il existe des mecs comme ça, mais je l'ai trouvé bien trop lisse et fade. Il ne s'énerve jamais contre elle, il ne lui rentre que rarement dedans, alors que parfois il aurait de bonnes raisons de s'irriter. Il met tout le temps ses besoins à lui entre parenthèses pour aller "la sauver" ou lui rendre service, ce côté "je fais tout pour toi, pour t'aider = je ne te laisserai pas être indépendante, tu ne pourras jamais te passer de moi, tu m'aimeras toujours" -> Malsain et dangereux.
Je ne dis pas qu'il aurait fallu un bad boy, mais juste un personnage avec plus d'aspérité, plus de caractère et pas juste un gentil toutou.

- Les très longs passages tirés de la fanfiction de Cath sur Simon Snow. Parfois Levi lui demande de lire des passages et vraiment ça m'a paru long ! Surtout qu'en tant que lecteurs on ne connait pas du tout le reste de l'histoire (même si ça ressemble énormément à Harry Potter).

Mais sur la fin, j'ai trouvé que ça s'essoufflait, surtout à cause de la romance entre Cath et Levi (parce que je n'aime pas le personnage de Levi) et parce que plusieurs aspects du roman n'ont aucun dénouement : qu'en est-il des rapports entre Wren, Cath et leur mère ? Leur père va-t-il mieux ? Vont-elles continuer la fac ? Cath et Levi vont-ils continuer à se voir malgré l'été et la distance ? Comment va évoluer leur relation ? 
On dirait que la fin est expédiée et c'est dommage. 

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Pour ce qui m'a plu : 
- L'univers créé par Rainbow Rowell : on a l'impression d'être sur le campus, de suivre les cours d'écriture de Cath, on l'imagine très bien à la bibliothèque ou dans sa chambre en train de travailler sur ses fanfictions. (Bon c'est vrai qu'on a l'impression qu'elle n'a pas d'autres cours que celui d'écriture... mais l'autrice ne s'embarrasse pas de nous raconter tous les cours de Cath). 

- Les thèmes : la difficulté de s'adapter à un environnement non-familier, les angoisses de Cath, le premier amour, la relation d'amitié avec quelqu'un de totalement différent, les relations familiales, etc. 

- Les personnages sont bien construits. 

  • Reagan est la coloc' grognon de Cath, elle a 3 ans de plus qu'elle, ne mâche pas ses mots, et même si on sent qu'elles ne s'entendent pas au début, leur relation va petit à petit changer et s'améliorer. 
  • Le père de Wren et Cath n'est pas un papa comme les autres. Il se lance à fond dans son boulot au point de tout oublier, il a une certaine fragilité qui le rend attendrissant.
  • Cath est un personnage qu'on voit peu en littérature jeunesse : elle est bourrée d'angoisses sociales (n'osant pas demander où se trouve le réfectoire, elle mange des barres protéinées pendant un mois !), elle ne se sort pas du tout, n'a aucune envie de se mêler aux élèves des fraternités ou sororités pour des soirées, et elle se lie très peu d'amitié avec les gens. Je crois que beaucoup de gens peuvent s'identifier à elle. Mais on peut aussi la trouver très chiante et pénible. 
  • Wren, quant à elle, est à l'opposé. Extravertie, elle se fait tout de suite une amie, sa coloc', avec qui elle va passer des soirées à boire et s'amuser, à profiter de sa première année à l'université. Elle est aussi plus tendre que Cath envers leur mère. Elle vit moins dans une bulle et elle se laisse plus de possibilités de découvrir les gens que Cath. 

Tous ces personnages évoluent au cours du roman. Cath va prendre de l'assurance (au point de devenir injuste envers sa mère, ou très niaise au contact de Levi), Wren va se rendre compte que son mode de vie est peut-être trop dans l'extrême. Et leur père va reconsidérer son rapport au travail. 
Tous vont vivre des événements tantôt tristes, tantôt dramatiques, qui vont les pousser à changer. 

- La façon dont les choses sont amenées : dans le monde de Rainbow Rowell, rien n'est jamais précipité. Tous les événements de ce roman m'ont semblé transposables dans la vraie vie.  
Sauf peut-être la romance entre Cath et Levi. Alors oui c'est amené très doucement, avec beaucoup de patience, c'est très mignon (parfois niais), mais je crois que ce sont surtout les doutes de Cath autour de la première fois qui m'ont paru exagérés, surtout à son âge et surtout vu ce qu'elle écrit dans sa fanfiction. De plus, elle n'arrête pas de vouloir "manger" le menton de Levi. (Pardon mais qui fait ça ? Ultra gênant) En tout cas ce sont des passages que j'ai moins aimés, car ils m'ont fait détester Cath pendant un temps. 

- Les courts passages de Simon Snow à chaque fin de chapitre. Parfois ce sont des passages tirés des livres de Gemma T. Leslie, parfois ils proviennent du site de fanfiction sur lequel Cath rédige ses textes. C'est assez sympa parce que ce sont de courts passages, et qu'ils n'apportent rien à l'histoire de Cath, mais qui suscitent l'envie de découvrir l'histoire de Simon Snow. 

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C'est une très bonne lecture divertissante, dès le début je me suis sentie plongée dans l'histoire et je m'y sentais bien, c'était très réconfortant, avec des personnages attachants. 
Cependant c'est un roman dont je n'ai pas apprécié certains aspects. 

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur