dimanche 5 avril 2020

Baby Love, Joyce Maynard

Quatrième de couv' : Les années 1970, une ville paumée des États-Unis. Filles-mères, Sandy, Tara, Wanda et Jill se racontent : boyfriends lâches ou disparus, potins de magazines, rêves en couleurs, et surtout, maternité. Car leur bébé, c’est leur seule réussite, l’unique preuve de leur importance. Elles le nourrissent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec comme à la poupée, le malmènent, aussi. Une vie d’une banalité aussi touchante que terrifiante, jusqu’à l’arrivée de deux femmes meurtries en quête d’enfants, et d’un psychopathe en cavale...

Paru en 1981, ce premier roman tisse un émouvant portrait de femmes prises au piège de leur condition, ainsi qu’une chronique subtile de l’Amérique profonde. Sensible, et captivant.



Mon avis : En Avril 2017, je suis allée à l'Espace Culturel Leclerc de la ville la plus proche parce que j'avais eu une carte cadeau de cette enseigne. J'avais pris 4 romans en poche, dont Baby Love, un roman dont je n'avais jamais entendu parler, ni sur Booktube, ni sur des blogs. Encore aujourd'hui, je n'ai jamais lu ou vu le moindre avis dessus.

Même si le résumé m'intéressait, au fil du temps mon envie de le lire s'est émoussé. Mais pour cette année, j'ai fait une PAL des livres que je ne veux vraiment plus voir dans mes étagères de livres à lire, et celui-ci en faisait partie.
Très exactement 3 ans dans ma PAL et enfin lu. Joyce Maynard n'est pas une autrice inconnue pour moi, j'ai déjà lu Les règles d'usage ainsi que Prête à tout, que j'avais vraiment bien aimés. Celui-ci m'a moins plu, peut-être parce qu'il est plus ancien et moins abouti que les deux autres.
(Attention spoilers)

👶🏼💜👱🏼‍♀️

Dans ce roman, nous suivons la vie d'une petite commune américaine dans le New Hampshire, à travers plusieurs personnages : il y a 4 adolescentes, qui ont entre 16 et 18 ans. 3 d'entre elles, Sandy, Tara et Wanda ont eu des enfants. Jill découvre qu'elle est enceinte. Les filles ne sont pas face aux mêmes situations familiales, seule Sandy a eu le droit à son mariage avec le père du bébé, Mark, mais ce jeune homme tout juste sorti de l'adolescence a du mal à endosser le rôle de père et ne pense qu'au sexe.
Tara élève seule sa fille Sunshine. Sa mère aimerait qu'elle mette la petite à l'adoption, selon elle les enfants n'apportent que des ennuis.
Wanda dont le copain est parti, vit chez sa belle-mère, une femme dont la santé mentale laisse à désirer et dont les convictions sont à chier (désolée, je ne trouve pas d'autres mots).
Jill vit chez ses parents, Doris et Reg. Doris est une femme commerciale en produits de beauté qui s'inquiète constamment du prix des denrées alimentaires. Quant à Reg, il a dû mettre de côté ses rêves lors de son mariage, puis lors d'un accident qui l'empêche de bouger autant qu'il l'aimerait.
Arrive dans la petite ville une jeune femme, prénommée Ann, qui s'installe à côté de chez Reg, Doris et Jill. Après une rupture difficile, elle tente tant bien que mal de remonter la pente.
Un couple de New-Yorkais, un artiste et une rédactrice de magazine féminin, débarquent dans la maison d'amis aux abords d'une jolie cascade.
Et pour ajouter un peu de piment, un homme enfermé dans un asile psychiatrique est sur le point de s'en échapper.

👶🏼💜👱🏼‍♀️

Tous ces personnages n'ont qu'une obsession : les bébés. Comme si avoir un enfant représentait l'accomplissement d'une vie.

Si on regarde du côté des adultes qui ont des "grands" enfants, aucun n'a l'air très heureux de sa situation. Ils sont plein de regrets et de déceptions.
Alors que les jeunes filles qui viennent d'avoir leur bébé ou celles qui en veulent un, l'enfant représente tout leur monde.

Mais la vie de couple s'avère être un désastre.
Pour Mark et Sandy, rien ne va. Si leur couple avait tout du couple idéal au lycée, une fois le bébé né,  Mark se voit attribuer le rôle du père pourvoyeur d'argent et il ne saisit jamais l'ampleur de ce rôle. Il aimerait continuer à jouer aux jeux d'arcade, pêcher à la truite avec ses copains et faire l'amour avec d'autres filles que Sandy. Un type qui n'était pas prêt et ne sera jamais un bon père pour son enfant. Quant à Sandy, elle adore son rôle de mère, mais elle voit bien que sa vie est moins bien que ce dont elle avait rêvé.

Quant au couple d'adulte (Carla et Greg qui ont la trentaine), l'amour se fane justement au moment où Carla tombe enceinte. Passionné par son travail d'artiste, Greg n'a jamais désiré d'enfant, mais Carla, qui a peur que Greg lui échappe, décide de ne plus mettre son diaphragme. Greg tombe amoureux d'une "image", celle de Tara donnant le sein à sa fille. Et ça, Carla l'a bien compris. Que faire ? Se séparer n'étant visiblement pas une option pour elle, elle choisit d'enchaîner Greg, en lui imposant son choix d'enfanter.

Et finalement même seule, la vie n'est pas facile non plus :
Wanda a eu Mélissa, un petit bébé quasiment sans vie, qu'elle maltraite, quand l'enfant mouille ses couches.
Tara donne le sentiment d'être un personnage évanescent, elle s'occupe de son bébé mais passe le plus clair de son temps, désoeuvrée devant le Lavomatic, espérant que quelque chose se passe.

👶🏼💜👱🏼‍♀️

Je suis gênée par la fin : Jill souhaite avorter, parce que son copain ne veut pas l'épouser après l'avoir mise enceinte. Elle se débrouille, après quelques épreuves, pour se rendre dans une clinique afin de se faire avorter. Mais son projet est mis à mal parce que Mrs Ramsay, pro-vie, met le feu à la clinique. Jill, qui n'a pas pu se faire avorter, retrouve Tara, qui lui propose de l'accompagner dans une communauté hippie où les femmes accouchent sans péridurale, sans soins hospitaliers. Et Jill, qui encore quelques minutes avant ne voulait pas de cet enfant, se laisse convaincre par Tara...

Je ne sais pas si je dois en déduire que l'autrice est pro-vie ou si elle a juste décidé de montrer différentes réalités. Il me semble que dans ce roman tout est crédible (bon sauf la sortie de l'Hôpital Psychiatrique par Wayne), mais ce moment où Jill renonce à l'avortement me déplait, comme si elle changeait tout à coup d'avis et se rangeait sans vraiment y réfléchir à poursuivre sa grossesse et élever un enfant.

👶🏼💜👱🏼‍♀️

J'ai beaucoup aimé le personnage d'Ann, qui a des failles. Même si j'avais parfois envie de la secouer, la façon dont l'autrice dépeint sa lente remontée à la surface après une rupture est très bien faite.

👶🏼💜👱🏼‍♀️

L'écriture est fluide, mais manque de rythme. Au début il y a beaucoup de personnages et on a du mal à savoir qui est qui. Au bout d'un moment j'ai eu envie de savoir quelles directions l'autrice donnerait aux vies de ces jeunes filles.
Elle ajoute un élément de suspense avec le psychopathe sorti de l'asile, mais ça aurait pu être un élément évité, vu que ça tranche avec la crédibilité du reste de l'histoire. Ça ajoute un côté sombre et malsain au roman, mais ça n'était pas nécessaire, les situations des filles sont déjà assez sombres et tristes.
Ce roman montre aussi à quel point la sexualité, à la fin des années 70, était très peu expliquée par les parents ou les enseignants aux adolescents. Ils n'ont aucune connaissance de leur corps et encore moins de celui de leur partenaire. Certains passages d'actes sexuels sont tristes à mourir tant on ressent le manque d'informations concernant la sexualité, le désir, etc.

👶🏼💜👱🏼‍♀️

Ce roman est un portrait subtil de jeunes femmes, qui ne vivent que pour avoir un enfant, persuadées que leur indépendance et leur épanouissement passera par la maternité.
Il y a des moments dramatiques, sordides même. Je comprends qu'on n'aime pas ce roman, parce qu'il ne s'y passe rien d'haletant, c'est plutôt une chronique de vie de femmes aux Etats-Unis aux alentours des années 80. Ce n'est pas le meilleur livre de l'autrice selon moi.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 3 avril 2020

Nos vies en mille morceaux, Hayley Long

Quatrième de couv' : Le monde de Griff et Dylan, 13 et 15 ans, s'écroule à la fin de l'été, quand un accident de voiture les laisse orphelins. Installés à New York depuis peu, les deux frères sont d'abord recueillis par Blessing, collègue haute en couleur de leurs parents. Puis à l'autre bout du monde, chez un oncle et une tante qu'ils ne connaissent pas, dans une petite ville du Pays de Galles, où ils trouvent bienveillance et nouvelles amitiés. Dylan n'a qu'une idée en tête : aider Griff à revivre, protéger son petit frère. Mais il a lui-même son propre chemin à faire, et une dernière vérité à affronter.

Un roman lumineux, renversant, porté par une écriture contemporaine et juste, où l'on passe du rire aux larmes.


Mon avis : J'ai mis beaucoup de temps à me décider à acheter ce roman. Il est paru en Août 2018, j'aurais pu l'acheter dès sa sortie, mais j'ai finalement attendu une année complète avant de me le procurer. A ce stade-là, c'est parce que je devais sûrement le retourner à l'éditeur et que ça m'ennuyait de le renvoyer sans l'avoir lu. 
J'ai aussi attendu un bout de temps avant de le lire, je dois avouer que j'avais un peu peur. Peur d'être déçue, peur d'être dans le mauvais mood pour le découvrir. Je commence donc ce mois d'avril de confinement avec cette lecture. Le truc c'est que je suis super distraite. J'ai beaucoup lu en mars, et j'étais ravie de démarrer le mois avec de nouvelles lectures, mais je ne sais pas trop pourquoi, le démarrage a pris du temps. Au lieu de lire ce roman en une journée (ou deux jours), je l'ai commencé, arrêté un ou deux jours et repris aujourd'hui. 

💿🎸🌎

Dylan et Griff passent leur vie aux quatre coins du monde, leurs parents sont professeurs d'anglais et ont constamment la bougeotte. Un jour alors qu'ils reviennent de vacances, ils sont coincés sur l'autoroute à quelques kilomètres de la sortie pour Brooklyn où ils vivent. Et c'est le drame. 
Leurs parents décèdent sur le coup. Nous suivons (du point de vue de Dylan) l'après. Les deux garçons se retrouvent orphelins. A la sortie de l'hôpital, c'est Blessing qui va les héberger, puis le gouvernement britannique exige que les garçons reviennent vivre dans leur pays d'origine auprès d'une cousine de leur mère qu'ils ne connaissent pas. A nouveau privés de repères, ils vont devoir vivre leur deuil auprès d'inconnus. 

💿🎸🌎

C'est un roman très émouvant. Pour une fois on aborde le deuil suite à un accident tragique, et pas à cause d'une maladie (comme on le voit souvent en littérature ado). Les premiers jours plongent les protagonistes dans la sidération. Parce qu'ils sont encore des enfants, on s'occupe d'eux et on décide (souvent) pour eux. Ce roman qui s'étend sur une année complète, montre qu'il faut du temps pour réussir à parler après un événement aussi tragique que la perte des parents. Le deuil est un lent processus. 

💿🎸🌎

J'ai beaucoup aimé la révélation qui a lieu peu avant la quatrième partie. Je soupçonnais quelque chose dans ce sens, j'avais relevé quelques indices qui m'avaient orientée vers cette révélation, donc ce n'était pas une immense surprise mais ça m'a tout de même fait verser quelques larmes. 
Pour être honnête, j'ai pleuré comme ça m'arrive peu avec un roman. (Je suis plus quelqu'un qui pleure devant une vidéo, une série ou un film, rarement à la lecture d'un livre.)

💿🎸🌎

Au delà du deuil qui est à la base de ce roman, on notera à quel point les gens sont bienveillants et laissent le temps à Griff et Dylan de réussir à parler. J'ai aimé que les personnages soient aussi doux et gentils. D'autant plus que ce n'est pas leur métier (l'assistant social est très peu représenté dans ce roman), donc ça en fait de très belles personnes selon moi. 
L'importance de la musique apporte un peu de légèreté au roman et permet aux personnages de se reconstruire après un tel événement. 

💿🎸🌎

L'autrice s'empare avec sensibilité de la thématique du deuil chez l'adolescent. C'est beau, doux et triste à la fois. 

9/10 

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

(Il sortira en mai - si la sortie n'est pas repoussée - chez Gallimard Pôle Fiction, donc en poche, n'hésitez surtout pas à l'acheter !) 

mardi 31 mars 2020

Ici et maintenant, Ann Brashares

Quatrième de couv' : Prenna, dix-sept ans, a immigré à New-York avec sa mère. Elle ne vient pas d'un autre pays, mais d'une autre époque. Un futur, ravagé par une pandémie, où la vie est devenue impossible. Désormais, Prenna doit se fondre dans la société en suivant des règles strictes. Mais tout bascule lorsqu'elle tombe amoureuse d'Ethan...
Une romance impossible aux enjeux planétaires, un thriller passionnant porté par deux héros inoubliables.


Mon avis : J'ai acheté ce roman en janvier 2019, après avoir très longuement hésité : déjà à sa sortie en grand format en 2014 je trouvais la couverture magnifique, mais le thème ne me parlait pas.
C'est seulement l'an dernier, après l'avoir vu plusieurs fois dans ma librairie jeunesse, après avoir vu qu'il était court, et que j'aimais globalement bien la collection Pôle Fiction, que je me suis décidée à l'acheter. Evidemment il est resté dans ma PAL une bonne année, et en ces temps troublés par l'épidémie de coronavirus, je me suis dit que j'allais le sortir, histoire de voir de quoi il s'agissait.


C'est un véritable mélange des genres ! Dans ce roman l'autrice nous parle :
- de voyage temporel, ça commence même comme ça : Ethan est témoin de l'arrivée en 2014 d'une jeune fille nue et complètement perdue aux abords d'une rivière.
- d'épidémie : apparemment vers 2098, de nombreuses épidémies dues à un virus transmis par un moustique auraient eu lieu, obligeant la population à survivre dans de très mauvaises conditions.
- d'écologie : si ces moustiques transmettent le virus à travers le monde en 2098, c'est parce que le climat s'est réchauffé, les moustiques ayant pu proliférer dans cet environnement chaud et humide.
- de "thriller" : en 2014, Ethan et Prenna vont devoir déjouer les plans d'un homme qui serait à l'origine de tous les malheurs du monde.
- d'amour : car que serait un roman pour ados, sans les histoires d'amour ?!


Alors qu'est-ce qui ne va pas avec ce roman ? 

Tout d'abord l'autrice entre directement dans le vif du sujet. Elle nous laisse avec de nombreuses questions, qui pour certaines trouvent une réponse au fil de l'histoire, mais elle ne développe pas vraiment le passé de Prenna, ni son arrivée, ni le pourquoi du comment, ni même le monde de 2098, alors qu'il aurait été intéressant de voir comment la vie sur la Terre s'est dégradée (ça aurait eu plus d'impact sur le lecteur). Elle distille des éléments par ci par là, mais ça m'a laissé un sentiment d'incohérence et de manque de profondeur.

Par ailleurs, grâce au voyage temporel, elle peut jouer avec les événements qui devraient avoir eu lieu mais qui, grâce à l'action de nos deux héros, n'auront pas lieu. Honnêtement, elle m'a perdue à partir du moment où Ben Kenobi révèle son identité à Prenna, l'informant des objets contenus dans un box de stockage, qui leur permettront de déjouer les plans d'un homme.
Je ne suis pas une grande fan de ce qui se rapporte aux voyages dans le temps parce qu'il s'y passe forcément des choses qui auront un impact sur le futur, et ça créé une sorte de boucle temporelle infinie, et dans mon esprit je ne parviens pas à retracer les choses et à les ordonner pour les mettre dans le bon ordre afin de voir si c'est cohérent ou pas. Donc j'ai le sentiment d'être à côté de la plaque.

Et puis tout arrive très vite ! comme le roman est court, l'autrice ne développe pas l'histoire entre Prenna et Ethan, elle part du principe que l'un comme l'autre, ils sont secrètement amoureux et que cette épreuve les rapproche, au point que du jour au lendemain ils font une virée ensemble et se disent "je t'aime" au bout de 4 jours.

Enfin, je n'aime pas que ce soit des adolescents ou des enfants qui sauvent le monde. C'est un trope qui a tendance à m'agacer, parce que concrètement, non, ce n'est pas le job des adolescents de lutter contre les "méchants" de ce monde. Et puis franchement, on sait qu'ils vont s'en sortir, il n'y a pas vraiment d'enjeu pour eux et ça reste assez prévisible.


Mais ce qui m'a plu paradoxalement, c'est le fait que le livre ne soit pas trop long. Je crois que j'aurais abandonné si ça avait fait 200 pages de plus.

Aussi je trouve pas mal de montrer que les enjeux écologiques et environnementaux se jouent maintenant et qu'il n'est pas possible de faire marche arrière, ce qui est fait est fait et a un impact.
On est en 2020, depuis plusieurs années, ce n'est que tornades, tempêtes à travers le monde, pluies diluviennes en Asie, invasion de criquets en Afrique de l'est, et désormais pandémie. La Terre tire la sonnette d'alarme et on continue à ne pas l'entendre. C'est assez terrible de voir à quel point on ne fait rien, que les gouvernements et les grandes entreprises ne font rien pour préserver quoi ? notre confort et l'économie. Tout ça pour dire que si je lis dans un roman pour ados un message important pour alerter, et bien je trouve que c'est utile et intelligent de le faire.

L'écriture est simple, fluide mais sans intérêt littéraire. Dans la forme on reste sur du très classique. Ça fait un peu penser à un film d'action parce que le rythme est très rapide et qu'on ne se perd pas dans des détails du quotidien.

La fin n'est pas une happy end d'un point de vue romantique, ce qui change par rapport aux romances qu'on a l'habitude de lire.


Ça n'est pas un mauvais livre, mais attendez-vous à ce que ce les sujets soient survolés, que ça mélange les genres et qu'il y ait quelques incohérences.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 30 mars 2020

Le grand livre, Connie Willis

Quatrième de couv' : Rangez vos pantalons en velours côtelé, vos ronds de cuir, votre pipe, vos vieux livres et tout autre cliché sur les historiens : depuis l'invention du transmetteur temporel, étudier le passé n'a plus rien d'une discipline poussiéreuse. Cette machine révolutionnaire permet aux professeurs de l'université d'Oxford de se rendre au cœur même des événements qu'ils auscultent. Kivrin Engle sait tout ce qu'il faut savoir sur le Moyen Âge : langue, habitudes, vêtements... Pas un détail ne doit lui échapper, au risque de trahir sa véritable identité. Elle a tout prévu. Tout, sauf de débarquer au plus fort de la pire épidémie de peste que le monde ait jamais connue.


Mon avis : En Janvier 2019, j'ai fait une razzia de livres : entre les romans gratuits mis à disposition, les SP et les livres que j'avais achetés avec ma paie de décembre 2018, ma PAL s'était vite agrandie. J'avais eu un intérêt certain pour ce roman de SF, qui a reçu 3 prix lors de sa sortie au début des années 90. 
Comme je n'en lis pas énormément, quand je trouve un titre qui m'attire dans ce rayon, je me le procure. 
Mais évidemment, ce roman de 700 pages a traîné pas mal de temps dans ma PAL...
Période de confinement oblige, les romans autour d'épidémies m'intéresse. Celui-ci porte sur la peste noire de 1348 en Angleterre. 

⤌◎○

2054. Université d'Oxford, où l'on s'apprête à envoyer en 1320, la jeune Kivrin Engle, afin qu'elle passe 2 semaines au XIVè siècle. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu. 
Une épidémie surprend tout le monde en 2054 et la ville d'Oxford est confinée, tandis que Kivrin subit de violentes migraines et une forte fièvre à son arrivée en 1320. Que s'est-il passé ?
(Attention, je spoile à mort dans cet article) 

⤌◎○

J'ai littéralement dévoré ce roman en deux jours. Il y a du suspense, des rebondissements et deux quêtes en parallèle : dans chaque espace temporel, le protagoniste de celui-ci a un but.
En 2054, Dunworthy doit comprendre comment l'épidémie est arrivée et comment faire revenir Kivrin au XXIè siècle.
Au XIVè siècle, Kivrin doit demander de l'aide à celui qui l'a trouvée dans une clairière à son arrivée, sinon elle ne pourra pas rentrer dans son époque, puisqu'elle ne se souvient pas de l'emplacement du transmetteur temporel.

⤌◎○

Mais commençons par les points négatifs :

  • Au tout début du roman, les 3 premiers chapitres sont les mêmes, mais d'un point de vue différent, ce qui ajoute un peu à la confusion lorsqu'on débute ce roman et n'augure rien de bon quant à la forme... 
  • Je trouve que le ressort "comique" comme quoi les personnages n'arrivent pas à communiquer entre eux en 2054, est franchement lourd. L'autrice a écrit cette histoire en 1992, elle conçoit et nous présente le voyage temporel comme un truc super simple, mais en parallèle ses personnages galèrent à se contacter ! Mr Dunworthy passe son temps à réquisitionner le téléphone/visiophone des uns et des autres avant chacun de ses déplacements, ralentissant clairement le déroulement de l'intrigue. Alors que les téléphones portables avaient déjà été inventés au moment de l'écriture (pas encore démocratisés, certes). 
  • Par ailleurs, elle nous plonge dans le bain direct, un peu comme si on connaissait déjà les personnages et leurs relations de domination. Je ne serais pas étonnée que l'autrice ait inventée toute une saga avec ces personnages-là qui vivent à chaque livre de nouveaux voyages dans le temps. 
  • Lorsque l'épidémie se répand à Oxford, c'est le professeur Dunworthy qui doit retracer les faits et gestes du premier contaminé, pour la simple raison qu'il travaillait sous ses ordres. Alors que Dunworthy est prof, pas enquêteur !
  • Le petit neveu d'une des protagonistes, Colin (12 ans) est mis à contribution pour faire parvenir des messages ou aller voir des patients contaminés ! au risque de choper lui-même le virus. Et puis ce garçon de 12 ans est tellement mature et débrouillard que je lui aurais bien donné 16 ou 17 ans...
  • Certains personnages étaient insupportables : la petite Agnes m'a donné envie de la claquer un bon nombre de fois. Quant à Mrs Meager j'ai levé les yeux au ciel chaque fois qu'elle apparaissait au détour d'une chambre d'hôpital. 
  • Il y a aussi beaucoup de longueurs. C'est vrai que le résumé nous permet de deviner que Kivrin n'a pas été envoyée au moment où elle aurait dû. Mais on tourne en rond une très longue partie du roman autour de cette révélation, alors que le lecteur l'a compris depuis un bon moment. 
  • L'autrice fait s'étirer en longueur des problématiques : par exemple, Dunworthy va rendre visite à Badri tous les jours, parfois plusieurs fois par jour à l'hôpital, sans jamais réussir à obtenir de lui la moindre réponse, ce qui est très frustrant pour Dunworthy mais aussi pour le lecteur, qui lui a déjà deviné/compris le problème. 

⤌◎○

Pour ce qui est du positif : 


  • J'ai adoré voir le XIVè siècle grâce à Kivrin (quel prénom atroce à lire). Elle vit en huis clos pendant 3 semaines, avec une famille de la petite noblesse anglaise qui l'accueille pour la soigner, avant qu'elle ne leur rende la pareille. De plus dans ce contexte si particulier qu'est la peste noire, ce séjour dans le temps présente une intensité dramatique importante. 
  • J'ai beaucoup aimé l'immersion dans cette époque, que je n'ai pas l'habitude de lire. L'autrice détaille les habitudes quotidiennes, nous montre l'influence de la religion sur les croyances populaires. Kivrin qui s'était pourtant préparée (vaccins, acquisition de diverses langues parlées à l'époque, habillement, etc) ne s'attendait pas à ce qu'elle découvre de la vie au Moyen-Âge. 
  • Kivrin développe en très peu de temps et dans un espace très rapproché, des relations assez fortes et touchantes avec les personnages du village où elle a atterri. Si pendant une longue partie on voit qu'elle dépend d'eux pour retrouver l'emplacement du transmetteur temporel, par la suite, on comprend qu'elle a passé tant de temps avec eux, à s'en occuper qu'il est difficile pour elle de les quitter. Elle a tout vécu avec une grande intensité. 
  • Jusqu'à la fin, je me suis demandé si Kivrin pourrait revenir dans son époque. J'avais peur qu'elle reste coincée au XIVè siècle et l'autrice maintient le suspense jusqu'à la dernière page. 

⤌◎○

Moi qui ne suis pas du tout fan de romans historiques, ici j'ai aimé le principe du voyage temporel, où un personnage du XXIè siècle découvre une époque antérieure.

Globalement, c'était une bonne lecture, j'ai aimé m'y plonger et m'y consacrer tout le week-end, mais je ne dirais pas que c'est un bon livre (selon mes critères). Il y a plus d'éléments négatifs que de positifs... 

6/10 

vendredi 27 mars 2020

En un monde parfait, Laura Kasischke

Quatrième de couv' : Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote, veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu'elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, plus paisible croit-elle, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre. L'existence de Jiselle prend alors un tour dramatique...


Mon avis : J'ai acheté ce livre il y a longtemps, en Octobre 2015, parce qu'il s'agit d'un roman de Laura Kasischke, dont j'aime en général les ouvrages.
Vu le sujet, je n'avais pas super envie de le lire jusque là, j'en repoussais souvent la lecture. Et puis en faisant le point sur ma PAL ces derniers jours, je me suis aperçue que j'avais au moins 3 romans parlant d'épidémie ou de la peste.
Etrangement, peut-être parce que je reste bien confinée chez moi, j'ai eu envie de voir comment les auteurs abordaient la question de l'épidémie dans leurs romans. J'ai donc commencé par celui-ci, qui est assez court.

◘●◘

Laura Kasischke est une autrice dont j'apprécie les romans. Je ne les ai pas encore tous lus, mon préféré étant "Esprit d'esprit", qui est selon moi, celui dont l'atmosphère est la plus étouffante et l'intrigue la plus perturbante.

Dans ce roman, Jiselle, une hôtesse de l'air trentenaire, se marie après quelques semaines d'amour au commandant de bord, Mark Dorn. Ils ont l'habitude de vivre à l'hôtel entre deux vols long-courrier. Mais à partir du jour où ils se marient, Jiselle comprend qu'elle va devoir quitter son job et endosser le rôle de belle-mère pour 3 enfants, pas forcément ravis de la voir chez eux.
Au début, l'ambiance entre Jiselle et les deux filles adolescentes est assez froide. Elle parvient à nouer une relation avec leur petit frère qui n'a que 10 ans. Quant à son mari, il est constamment à l'étranger. Jusqu'au jour où il se retrouve en quarantaine en Allemagne, ne pouvant échanger que quelques minutes par jour avec Jiselle par téléphone.

Les Etats-Unis subissent une drôle de grippe... "La grippe de Phoenix" qui a commencé par tuer 7 aide-soignants d'une maison de retraite. Peu à peu la grippe tue à travers les états, sans qu'on ne sache jamais d'où elle vient, ni comment lutter contre elle.
La situation pour Jiselle et les enfants prend un autre tournant : si on ne parle pas de confinement, les écoles et services publics sont néanmoins fermés. Le pays subit des coupures de courant qui peuvent durer de quelques heures à quelques semaines. Les gens quittent les petites villes-dortoirs où très vite, on ne trouve plus de carburant ni de nourriture. Instinctivement, Jiselle et les 3 enfants s'isolent, soutenus par le couple de voisins âgés, les Schmidt, et le père du petit copain de Camilla, l'une des adolescentes. Ensemble, ils vont s'entraider, avant de voir certains disparaître.

◘●◘

Plutôt que de nous faire une chronique quotidienne du confinement, l'autrice choisit de montrer les épreuves les plus difficiles de la survie de ses personnages, avec un certain détachement et beaucoup de sang-froid.
Elle raconte aussi l'évolution des relations entre Jiselle et les enfants, qui au lieu de se dégrader à cause de la situation extérieure, se renforce, créant entre eux un lien indéfectible, les poussant à se protéger et s'aider les uns les autres. Je pense que c'est surtout ça que j'ai aimé : voir comment leur relation évoluait durant cette crise, ne pouvant surtout pas compter sur le seul homme qui aurait dû prendre soin de sa famille.

◘●◘

Je pense avoir choisi le bon moment pour le lire. Je me rends compte qu'on n'est pas du tout préparés à une telle fin du monde si les choses devaient arriver comme dans ce roman. Peut-être parce qu'on fait encore confiance au gouvernement et surtout aux soignants. Peut-être parce que le danger n'est pas systématiquement mortel, dans le sens où 2/3 des individus qui seront touchés par le coronavirus n'en mourront pas.

◘●◘

Cependant je ne suis pas convaincue par la forme du roman : au début j'ai eu du mal à situer les événements : l'autrice passait son temps à faire des flashbacks, alors qu'elle aurait pu se contenter de nous présenter les moments dans l'ordre chronologique, ça aurait été plus clair. D'autant plus qu'après elle laisse tomber ce fonctionnement par flashback.

Par ailleurs j'ai trouvé les personnages assez fades et sans profondeur psychologique ni caractère. Jiselle, la trentaine, croit encore au prince charmant et se laisse marcher sur les pieds par le sien, qui clairement se fout d'elle dès le début. Ce personnage masculin ne sert d'ailleurs qu'à passer du prince charmant adoré de toutes, au connard parfait qui n'est pas capable de prendre 10 min de son temps de "quarantaine" pour discuter avec celle qu'il a épousée.
Quant aux enfants, même si je perçois chez eux des traits de personnalité, je ne les trouve pas assez affirmés pour en faire de réels humains. Tous les personnages restent malheureusement de papier, alors que j'aurais aimé qu'on approfondisse leur caractère, leur espoirs et leur désespoirs quant à cette période si étrange qui les oblige à rester isolés du reste du monde.
L'autrice se place comme un narrateur externe et je trouve que ça ne convient pas à ce genre d'histoire.

Il manque clairement le sentiment de malaise, l'étouffement qu'on ressent en lisant "Esprit d'hiver", alors qu'ici la situation s'y prêtait justement. L'ambiance n'est, selon moi, pas assez travaillée. Les personnages prennent toutes les situations avec détachement, montrant rarement leur inquiétude, et s'adaptant finalement très facilement aux diverses situations qui leur arrivent. Ça manquait d'intensité dramatique.

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Le titre "En un monde parfait" nous oblige à réfléchir au monde actuel, où nous consommons jour et nuit, où nous produisons non-stop, tandis que Laura Kasischke construit un monde replié sur lui-même (il n'y a pas internet, pas d'électricité donc ni télévision, ni téléphone) où chaque famille devient une petite communauté, chacun apportant sa part à travers ses connaissances, ses qualités, ses capacités, afin de vivre plus modestement. Personnellement j'aime penser qu'il existe un entre-deux, et si on omet ce virus qui nous terrifie, aujourd'hui la vie me semble douce.

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J'ai apprécié ma lecture, mais ce n'est clairement pas le meilleur titre de l'autrice. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce roman, qui est un mélange des genres, et s'illustre à travers différentes thématiques (les relations familiales, le féminisme, le consumérisme, le retour à une vie modeste et plus rudimentaire, etc.)
Elle a toutefois inventé avec 11 ans d'avance un phénomène, qui dans ce livre touche seulement les USA, alors que dans notre réalité, il touche le monde entier. Espérons simplement qu'on n'en vienne pas à la situation des personnages !

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 25 mars 2020

A l'orée du verger, Tracy Chevalier

Quatrième de couv' : En 1838, la famille Goodenough s’installe sur les terres marécageuses du Black Swamp, dans l’Ohio. Chaque hiver, la fièvre vient orner d'une nouvelle croix le bout de verger qui fait péniblement vivre ces cultivateurs de pommes.
Quinze ans et un drame plus tard, leur fils Robert part tenter sa chance dans l’Ouest et sa sœur Martha n’a qu’un rêve : traverser l’Amérique pour lui confier un lourd secret.
Des coupe-gorge de New York au port grouillant de San Francisco, À l’orée du verger nous plonge dans l’histoire des pionniers et dans celle, méconnue, des arbres, de la culture des pommiers au commerce des arbres millénaires de Californie.


Mon avis : En Avril l'an dernier, en prenant mon temps dans le rayon littérature anglophone de mon collègue, je suis tombée sur ce livre, attirée par le titre, puis par le résumé. 

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Le résumé de l'éditeur est toutefois un poil malhonnête, il n'est pas du tout question "des coupe-gorge de New York" dans ce roman. En revanche, on suit bien au printemps 1838, une famille vivant en Ohio, dans le Black Swamp, une région marécageuse, où ils se sont installés embourbés, ne trouvant plus la force d'aller plus vers l'ouest. Ils ont alors planté des pommiers, en espérant avoir le droit d'occuper ces terres une fois la cinquantaine de pommiers rentables. Mais rien n'est facile dans cet endroit : tous les étés, la fièvre des marécages leur prend un enfant. Et puis il y a Sadie, la mère, garce insupportable et imprévisible. La vie est rude et minimaliste pour les habitants du Black Swamp. 

Plus tard, c'est le benjamin, Robert, que l'on suivra en Californie. 10 ans d'errances à travers le pays (passées sous silence), l'amène à rencontrer un botaniste : William Lobb, près de Calaveras Grove, où se dressent des sequoias centenaires. Avec cet homme il va se lancer dans le métier d'agent botaniste. Leur but étant de récupérer des graines et des plants de sequoias et de redwoods afin de les envoyer en Angleterre où l'on en raffole. 

La dernière partie est plus conséquente au niveau de l'intrigue, il se passe bien plus de choses, on trouve plusieurs personnages, et la fin donne lieu à une nouvelle aventure. 

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Ce récit est entrecoupé de lettres, qui forment 2 chapitres. On découvre les lettres de Robert à sa famille, auxquelles il ne recevra jamais de réponse. L'autre chapitre épistolaire nous présente les lettres de Martha à Robert, nous laissant penser qu'ils ne font que se manquer. 

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J'ai bien aimé ce roman. Déjà j'aime bien les romans qui se situe en Amérique à l'époque où le pays n'était pas encore "défriché". 
Alors certes on est au XIXè siècle et ça fait déjà 300 ans que les colons sont arrivés, mais ici c'est vraiment la ruée vers l'or (évoquée de loin), qui a permis aux plus téméraires d'aller vers l'ouest et de s'implanter dans des parties du pays qui n'avaient pas encore été habitées (exception faite des tribus indiennes qui avaient leurs terres, ou celles qu'on voulait bien leur accorder, mais là n'est pas le sujet du roman). Bref, en toile de fond, on découvre la Californie aux alentours des années 1850. 

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L'autrice construit son roman autour d'un drame qui a poussé Robert à partir. Cependant j'ai trouvé que ça manquait de suspense. Si cet événement est l'élément déclencheur du départ, on ne le comprend que tardivement. La première partie met en scène la famille et ses drames du quotidien, sans vraiment faire monter la tension. Evidemment cet événement aura une incidence sur la personnalité de Robert, qui aura tendance à s'isoler et à aimer la nature plus que la nature humaine. 

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Par ailleurs, je me suis très peu attachée aux personnages. Déjà le père et la mère sont mal assortis et ils restent ensemble parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Mariés depuis 20 ans, ils ne se parlent pas. Genre JAMAIS. Alors c'est peut-être propre à cette époque où on ne faisait pas étalage de ses ressentis et de ses envies, mais les non-dits les poussent quand même à un drame qui va faire éclater leur cellule familiale. 
J'ai détesté Sadie, la mère. On la suit dans des récits à la première personne, et même comme ça, je n'ai éprouvé aucune compassion pour cette femme qui détruit tout ce qui passe près d'elle. 

J'ai néanmoins apprécié Robert, leur dernier fils, même si c'est le genre de type discret qui suit, qui ne sort pas du droit chemin et qui fait ce qu'il faut pour sauver sa peau. 

En fait, ce qui ressort de ce roman, quant aux personnages, c'est que c'est chacun pour sa peau. Que ce soit dans la famille, où chacun vit dans la peur d'être rejeté et abandonné par les parents, ou plus tard quand Robert se retrouve "attaché" à Molly, j'ai eu le sentiment que les personnages avaient du mal à "partager", et qu'il leur semblait difficile de se faire confiance. 
Vers la fin, ce sentiment a changé, parce qu'on découvre de nouveaux personnages qui ne peuvent pas se prendre en charge tout seuls, et donc Robert doit laisser de côté son désir de solitude pour s'occuper d'autrui. 

Quant à l'arrivée de Martha dans le roman, je ne m'y attendais pas, c'était donc une bonne surprise. Malheureusement, ce qui lui arrive quelques pages plus loin ne m'a pas touchée. Martha n'avait pas eu le temps de trouver sa place dans l'histoire, pour que je puisse m'attacher à elle. D'autant plus qu'il reste un mystère autour d'elle qui n'est jamais élucidé (même si globalement on se doute de ce qui a pu se passer). 

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Les atmosphères sont très bien décrites, que ce soit le verger de l'Ohio, qui représente avec cette famille, le poisseux, le sombre et le terne, comme la Californie, une terre pleine de promesses et de perspectives : les rivières garnies de chercheurs d'or, les immenses séquoias et le tourisme qui se base autour, les saloons et les communautés majoritairement masculines, la ville portuaire de San Francisco, bref les lieux ont toute leur place dans cette histoire et retranscrivent à merveille les sentiments des personnages. 

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C'est un bon roman, qui nous plonge à l'époque du dénuement et de la patience (on y regarde les pommes pousser sur les arbres). Bien écrit, il manque toutefois de suspense quant aux drames qui arrivent. 
J'ai bien aimé et je le recommande à ceux qui aiment la nature et l'histoire des Etats-Unis. 

7/10

dimanche 22 mars 2020

Dolores Claiborne, Stephen King

Quatrième de couv' : « Je suis qu’une vieille femme avec un mauvais caractère et une langue encore pire, mais c’est ce qui arrive, le plus souvent, quand on a eu une vie mauvaise. »

Tout le monde à Little Tall connaît Dolores Claiborne. Mais on ne sait toujours pas si l'accident qui a provoqué la mort de son mari il y a trente ans était réellement un accident. Aujourd'hui, elle est de nouveau soupçonnée : on vient de découvrir le cadavre de la riche et sénile Vera Donovan, dont elle était la gouvernante depuis des décennies.
Dolores n'a désormais plus le choix : elle doit passer aux aveux. Pourtant, ce qu’elle raconte est très différent de ce qu’on aurait pu imaginer. Beaucoup plus noir, beaucoup plus terrible…
Une héroïne poignante, l'une des plus bouleversantes de Stephen King.


Mon avis : Stephen King est un auteur que j'ai commencé à découvrir en 2013, avec sa duologie dystopique "Dôme". Depuis j'aime bien en lire un ou deux par an. Je n'avais jamais entendu parler de Dolores Claiborne sur Booktube ou Bookstagram, avant de tomber sur ce livre dans mon supermarché en Décembre. Ce qui m'a motivée à l'acheter, c'est la dernière phrase du résumé. Mais je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. 

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J'ai dévoré et adoré ce roman. On est nombreux à aimer ce sentiment d'être surpris et complètement envoûté par un roman, ça n'arrive pas souvent et pour moi ça a été le cas avec celui-ci. Un vrai plaisir !

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Dolores Claiborne vit sur Little Tall Island depuis toujours. Elle y a fait du ménage pendant de nombreuses années, avant d'être engagée comme gouvernante par Vera Donovan, une femme riche, possédant une résidence secondaire sur l'île avant de s'y installer définitivement dans les années 60. 

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Cette histoire se présente sous la forme d'un long monologue, durant lequel Dolores raconte son expérience de gouvernante auprès de Vera, vraisemblablement diminuée par la maladie au cours de ces dernières années. De fil en anguille, Dolores lève le voile sur les secrets qui ont régi sa vie. 
Elle parle de Vera, de son sale caractère, ça commence doucement, avec une forme de légèreté dans le propos, puis ça s'assombrit quand Dolores commence à évoquer sa situation familiale. Tout vire au tragique, dans une magnifique montée en puissance. Ça s'apaise et on se croit sorti des noeuds de ces existences, mais l'auteur n'en a pas fini et nous assène de nouveaux rebondissements, avant de finir par un petit happy end qui en dit long sur la personnalité de Dolores. 

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Ce roman, comme tous les romans de King, est évidemment classé dans le rayon Policier - SF - Fantastique, alors qu'il s'agit d'un contemporain noir et sombre. 
La structure narrative est intéressante grâce au monologue et aux rebondissements, bien que ce soit plutôt classique. C'est peut-être ça qui fait que ce n'est pas un coup de coeur pour moi : ça reste un poil conventionnel et ça peut manquer de suspense. On sait d'avance ce qu'il s'est passé, mais on lit pour savoir comme ça a eu lieu et finalement c'était assez facile à deviner.

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Quels portraits ! J'ai au départ terriblement détesté Vera Donovan, mais peu à peu mon avis sur elle a changé. Quant à Dolores Claiborne, je la trouve pleine de qualités. Ce n'est pas une femme qui cherche à plaire, elle est très sérieuse et travailleuse. Mais elle a un tel courage, une telle force et une générosité sans faille à l'égard de ses enfants, qu'on ne peut que saluer ses gestes. 

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C'est un roman qui, à mon avis, se veut féministe. Par moments je me suis demandé si c'était bien Stephen King qui l'avait écrit, parce qu'il dépeint si bien ces deux femmes et puis on n'est ni dans du fantastique, ni dans de la science-fiction, mais dans la violence du quotidien. 
King a su me faire pleurer, car bien que je m'attendais à une certaine révélation (il avait laissé divers indices en ce sens), la façon qu'a Dolores de nous le révéler, m'a fait monter les larmes aux yeux. 
J'ai l'impression qu'il a dressé un portrait psychologique avec une grande finesse pour nous faire découvrir Dolores et Vera. L'une n'est rien sans l'autre, c'est peut-être ça qui fait tout le sel de ce roman. 

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Une histoire que j'ai vraiment aimé. Je recommande ce livre si vous voulez lire un portrait de femmes fortes. 

9/10 

samedi 21 mars 2020

Persuasion, Jane Austen

Quatrième de couv' : La très jeune Anne Elliot s’est laissé persuader de rompre ses fiançailles avec Frederick Wentworth, ce dernier n’étant ni assez riche ni assez titré. Il lui faudra traverser plus de sept années de douloureuse inexistence – long automne où elle pense à jamais rester enfermée – avant qu’une seconde chance lui soit offerte.
C’est ce bonheur, inattendu et complet, survenant après qu’on l’a cru à jamais perdu, qui fait de Persuasion, dernier roman achevé de Jane Austen, en général jugé comme mélancolique, un livre au contraire profondément satisfaisant, un rêve d’accomplissement en forme de revanche sur la vie.



Mon avis : J'avais acheté ce roman en 2014, à une époque où j'étais intriguée par les romans de Jane Austen. Je l'avais laissé dans ma PAL "pour plus tard", repoussant toujours la lecture. Après avoir vu plusieurs critiques disant que c'était son meilleur roman, j'ai décidé de me lancer dans la lecture. D'autant plus qu'au début du mois j'ai lu Lady Helen, qui se situe à cette même époque (début du XIXè siècle) et que j'ai remarqué avoir bien aimé cette période historique.

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Je ne vous réserve aucun suspense, je me suis fait ch*er. J'ai trouvé que c'était inintéressant et rempli de causeries à propos de qui a le droit de rendre visite à untel, mais oh, unetelle n'a pas le droit de se rendre chez machin. ARGH ! En fait, ce corset d'obligations m'a agacée, et je me dis qu'on est bien chanceux de ne pas avoir perpétué ces règles aristocratiques à la mords-moi-le-noeud.
Leurs problèmes liés aux convenances sociales m'ont irritée, on dirait qu'ils s'inventent des problèmes et y penser occupe leurs esprits pour la journée. Quel ennui !
Et il va falloir m'expliquer l'arc narratif de M. Elliot et Mme Clay, parce que je n'y ai rien compris du tout.

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Il y a des dizaines de personnages et j'ai eu du mal à comprendre quels étaient leurs liens. Eclairez ma lanterne car je n'ai toujours pas compris qui était Lady Russell vis-à-vis d'Anne Elliot ?
En plus, la grande majorité d'entre eux ne présente aucun relief, ils sont insipides, sans caractère, excepté Mary, l'une des soeurs d'Anne, mais qui est réellement insupportable.
Comment on s'y retrouve en tant que lecteur si on ne peut même pas leur coller des qualités ou des défauts ?

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Que c'était lent et lourd ! Entre les moments totalement inintéressants (du style machin rend visite à la famille Bidule) et le peu de sentiments qui se dégagent entre les personnages d'Anne et de Frederick, je me suis ennuyée. Je voulais de la romance, j'ai eu du blabla, de l'introspection, mais pas d'amour.
L'autrice compose dans un style très narratif, avec très peu de dialogues ou même de descriptions de paysages. J'aurais aimé lire les balades à Bath, plutôt que des comptes-rendus de rencontres au salon entre les personnages.

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Oui j'ai craqué pour la lettre du Capitaine Wentworth, qui a enfin fait palpiter mon coeur, mais l'attente a été très longue ! Et les pages qui ont suivi se sont montrées tout aussi ennuyeuses que le reste de l'histoire.

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C'est un roman qui n'était pas fait pour moi. Je ne suis pas fan de Jane Austen (même si j'ai lu 4 de ses livres), mais ce roman-ci manque d'actions et de rebondissements.
Franchement j'ai plus eu l'impression de lire un roman sur les règles aristocratiques qu'une romance. Certains diront que Jane Austen dénonce ces conventions sociales, personnellement j'ai le sentiment qu'elle ne fait que les retranscrire, il n'y a aucune ironie dans ses propos, ce roman manquant d'humour ou de distance.

3/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 18 mars 2020

Salomé et les femmes, de parole, 2. Défendre son nom, Nathalie Charles

Quatrième de couv' : Il n’est pas facile de présenter une femme de parole telle que Rosa Parks quand on est en 6è…
Mais Salomé trouve des idées spectaculaires pour faire son exposé dans le grand amphithéâtre, sous les yeux de centaines d’élèves et de ses copines du "Black power".
Se reconnaîtront-ils dans le slogan : « Au collège Rosa-Parks, tout le monde a sa place ! » ? Pourquoi certaines élèves sont-elles plus populaires que d'autres, en maniant savamment mensonges et rumeurs ? Comment cohabiter dans le respect, alors que le harcèlement et les bullshits peuvent vous atteindre de toutes parts ?
Heureusement, les femmes de parole inspirent beaucoup de copines et de copains !


Mon avis : J'ai enchaîné le tome 1 (voir l'article précédent) avec le tome 2 qui n'est pas beaucoup plus long.

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Dans ce second tome, Salomé prépare son discours pour convaincre les élèves de son collège de voter pour le nom qu'elle aimerait lui voir attribué.
Les vacances de la Toussaint se finissent et sa petite cousine lui dit que ce n'est pas très fun comme discours. Salomé doit donc trouver une autre idée pour rendre son passage sur scène plus convaincant. Mais elle est une nouvelle fois confrontée aux mesquineries de camarades malveillants. Heureusement toujours bien entourée, Salomé va réussir à s'affirmer une fois de plus et défendre son honneur en faisant la lumière sur des événements afin de montrer la vérité.

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J'ai peut-être un peu moins apprécié que le premier tome. J'attendais d'en savoir un peu plus sur les personnages secondaires, comme les deux amis de Salomé, Emma et Théodore, alors qu'on se concentre surtout sur la présentation de Salomé ou son voeu de prouver qu'elle n'a pas menti.
L'un des autres personnages secondaires dont on entend beaucoup parler dans ce tome, est Capucine. Ce tome nous permet de la découvrir sous un autre jour, et on peut ressentir un peu de pitié pour cette jeune fille qui s'invente tout un monde. J'ai bien aimé que son personnage soit un peu plus complexe que ce que l'on pourrait croire au premier abord.

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Salomé n'est pas du genre à se laisser faire, surtout quand on invente des mensonges pour la décrédibiliser. Elle est par contre naïve par moments, ce qui donne lieu à des montagnes russes d'émotions que ses parents doivent l'aider à gérer. Dans ces moments-là, on voit encore la petite fille qu'elle est.
Une nouvelle fois, l'autrice dépeint les relations familiales et même fraternelles à travers les personnage adolescent de Félix et de pré-adolescente qu'est Salomé.

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A la fin de ce livre, l'autrice a pris la peine de faire une petite bio sur les femmes qu'elle a citées en en-tête de chapitres. C'est assez cool et ça donne envie de se renseigner sur ces femmes.

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Un second tome dans la continuité du premier. Je ne sais pas si il y aura d'autres tomes, si c'est le cas, je continuerai à lire l'année de 6è de Salomé.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Salomé et les femmes de parole, 1. Trouver sa place, Nathalie Charles

Quatrième de couv' : Salomé entre en 6è, dans un tout nouveau collège. Rêveuse, amoureuse des mots grâce à sa mère traductrice, inventrice d’interviews imaginaires, elle est qualifiée d’« intello » par certains. Timide, elle sait réagir face à l’injustice. Sa grande rivale en classe est Capucine, déléguée et initiatrice de rumeurs. Bientôt, Salomé relève un défi : proposer un nom pour le collège. À cette fin, elle doit être parrainée par un professeur et faire un exposé devant ses pairs pour les convaincre de voter en sa faveur. Capucine se lance aussi dans ce défi. Quelle personne célèbre va choisir  Salomé ? Dans ce collège, parmi tous ses camarades, saura-t-elle trouver sa place ?


Mon avis : J'avais repéré ce roman à sa sortie en mai 2019, mais je n'avais pas pris la peine de l'acheter. Ayant vu l'autre jour que le tome 2 était sorti aussi, je me suis dit que j'allais prendre les 2 d'un coup et que j'allais les enchaîner, vu qu'ils sont courts et adaptés pour les 8-10 ans (ce que je lis assez peu, c'est la tranche d'âge pour laquelle j'ai souvent du mal à conseiller).

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Je vous ai mis le résumé de l'éditeur, qui est plus détaillé et plus parlant que la vraie quatrième de couverture, qui parait super attractive avec l'accumulation de noms de femmes célèbres qui ont eu un impact sur nos sociétés, mais qui ne raconte pas tellement l'histoire s'y déroulant.

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J'ai beaucoup aimé ce roman et j'aurais adoré le lire quand j'étais âgée de 10-11 ans. Il montre les angoisses qu'on peut avoir à cet âge-là : l'entrée en 6è avec la peur de la nouveauté, la crainte que les parents divorcent, la place qu'on occupe au collège. Il traite avec beaucoup de bienveillance et de bons conseils ces moments qu'on redoute, tout en montrant que les choses peuvent bien se passer lors de cette étape de la vie si on est bien entouré.

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L'autrice développe un sujet intéressant : le regard des autres et les moqueries. Salomé est une petite fille mature et intelligente, mais vue par ses camarades comme "l'intello", parce qu'elle lève la main quand elle connaît la réponse, parce qu'elle a une bonne moyenne, etc.
Lors d'une dispute avec une autre élève, Salomé prend son courage à deux mains et renvoie à leurs contradictions ses adversaires, après qu'ils l'aient une nouvelle fois appelée "l'intello".

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L'ambiance bienveillante qui règne dans ce roman est amené par un noyau dur de personnages qui gravitent autour de Salomé : sa famille est très présente (ses cousins, sa grand-mère, son frère et ses parents) ainsi que ses amis (notamment Emma et Théodore). Tous l'aident à se frayer un chemin au collège. Elle arrive peu à peu à s'affirmer au sein de sa classe.
La fin du premier tome annonce ce qui aura lieu dans le second : Salomé devra défendre devant tous les élèves le nom qu'elle aimerait donner à leur collège, un bon moyen de s'affirmer encore plus pour cette jeune fille de 6è.

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C'est un roman très agréable à lire. On s'y sent bien. L'autrice traite de diverses problématiques qui peuvent toucher les pré-ados pour qui le passage de l'école primaire au collège peut s'avérer difficile, même quand ils sont de bons élèves.
De plus, l'autrice met en avant des hommes et des femmes qui ont oeuvré à rendre notre monde meilleur et plus juste, amenant les lecteurs à découvrir que c'est grâce aux actions des citoyens que le monde change.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur