mercredi 29 août 2018

Vipère au poing, Hervé Bazin

Quatrième de couv' : Vipère au poing, c’est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu’ils ont surnommée Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d’Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d’emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus.


Mon avis : J'avais ce roman dans ma PAL depuis très longtemps... Mon prof de français du lycée avait dû nous en parler, c'est sûrement pour cette raison que je l'avais acheté.
Je ne sais pas pourquoi durant toutes ces années je n'étais pas emballée à l'idée de le lire et de le découvrir.
Je savais juste que c'était l'histoire d'un jeune garçon qui a une mère horrible.

👊🏻🐍🌳

Je n'ai pas été hyper emballée par cette histoire. C'est peut-être le fait de devoir chercher dans le dictionnaire plein de mots (même ceux dont je connaissais la définition approximative, mais j'avais quand même envie de savoir si je ne me trompais pas) qui m'a ralentit dans ma lecture, le vocabulaire est très riche.
Je n'ai peut-être pas assez suivi les aventures de Jean surnommé "Brasse-Bouillon".

Moi qui aime tant la saga des Souvenirs d'Enfance de Marcel Pagnol, je n'ai trouvé ici que rancoeur, haine, malveillance tandis que le narrateur racontait son enfance avec sa mère. Certes, la narration est un peu similaire, mais le contenu de l'histoire n'a rien à voir.
Je pensais aussi qu'il allait se passer quelque chose de grave, et ce n'est jamais venu. Du coup ce n'était pas aussi passionnant que ce que j'en attendais. Une petite déception...

👊🏻🐍🌳

En revanche je trouve les personnages bien décrits, bien campés. On imagine très bien le père lâche qui ne hausse jamais la voix parce qu'il a peur de sa compagne. J'ai bien imaginé Folcoche et je me demande encore pourquoi elle fait subir tout ça à ses enfants ? Dans quel but ?
Quant à Brasse-Bouillon, il le dit lui-même, il est des 3 enfants, celui qui ressemble le plus à son horrible mère. La guerre qu'il a engagée avec elle lui manque quand il n'est plus sur le domaine, il pense et imagine des plans pour la faire tomber. Bref, il ne manque pas non plus de méchanceté.

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Par contre gros points négatifs : on trouve dans ce roman du racisme et du sexisme. Alors ouais, ça a été écrit en 1948, mais lire ce genre de chose en 2018, ça met un peu mal à l'aise.

👊🏻🐍🌳

Un roman qui plaira à d'autres, je n'ai pas accroché.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 25 août 2018

So much pretty, Cara Hoffman

Quatrième de couv' : Headen, une bourgade de l'Etat de New York, n’est pas le petit coin de paradis qu’avaient espéré trouver Claire et Gene, un couple écologiste venu élever leur fille Alice à la campagne.
Une jolie serveuse des environs a été retrouvée violée et assassinée dans les bois.
Stacy Flynn, journaliste ambitieuse, va tout faire, avec l'aide Alice, pour retrouver les coupables.
Au risque de déclencher une spirale de la violence dont personne ne sortira indemne...


Mon avis : J'avais pris ce roman dans les gratuits qu'on avait à la librairie, et il trainait dans ma PAL depuis 2 ans. Souvent les gratuits je ne les lis pas... J'avoue en prendre quand il y en a mais je n'en fais pas une priorité du coup.

Celui-ci avait un résumé qui me plaisait. Mais je ne m'attendais pas du tout à ce que j'allais y trouver ! Et c'était pas mal du tout parce qu'assez original.

◉◎◘

Le principal défaut de ce roman, c'est qu'on navigue en eaux troubles pendant très longtemps (facilement 200 pages sur 378). Je ne voyais pas du tout où l'autrice voulait en venir, quels étaient les éléments à prendre en considération, pourquoi on avait autant de retours dans le passé (il faut bien lire chaque date en titre de chapitre pour s'y retrouver), pourquoi autant de points de vue ? Pourquoi autant de formes de narration ? (lettres, rédactions, enregistrements audio et vidéo, récits)
Bref, une lecture qui demandait de la concentration et de l'investissement.

Puis à un moment on bascule et on commence à avoir des réponses.
Et enfin on aborde une autre partie du roman, parce qu'un événement inattendu a tout bouleversé.

◉◎◘

Après avoir été paumée pendant une partie du roman, j'ai trouvé que ce sur quoi l'intrigue s'appuyait était assez original : le contexte (entre autres).
Déjà on a des personnages qui sortent de l'ordinaire : Gene et Claire sont des trentenaires dans les années 90 qui ont quitté leur emploi de médecin en ville pour s'installer à la campagne, vivre de leur production et élever leur fille, Alice. Très idéalistes, ils sont persuadés d'avoir fait le bon choix pour leur fille. Mais la campagne réserve aussi ses surprises...

Ils sont assez différents des gens d'Haeden, qui eux sont des habitants ayant toujours vécu au même endroit, exerçant le même métier que leurs parents, bref un petite communauté qui vit des mêmes ressources depuis des années. Cependant la mondialisation est passée par là, la robotisation aussi et ce sont des gens dont le rêve américain a cessé d'être qui vivent dans des mobiles homes ou des maisons vétustes qui peuplent ce petit village de l'état de New York.

La vie est assez tranquille, bien que pesante pour Claire qui vit difficilement l'isolement, sans toutefois s'imaginer reprendre sa vie d'avant.
Sa fille, Alice est une fille assez indépendante, sportive et fantasque. Très intelligente, elle est un peu à part et s'amuse avec son ami Théo, qui deviendra plus tard son copain.

Dans ce village, en 2008, une jeune fille disparait. Serveuse dans un restaurant, engagée depuis peu avec un garçon dont les parents ont fait fortune en s'associant avec une entreprise hollandaise, Wendy White est une jeune fille appréciée dans la communauté. Ce n'est que 6 mois après sa disparition, que son corps, plein d'ecchymoses, va être retrouvé au bord de la route.

On ne suit pas d'enquête policière, puisque la police ne fait rien. En revanche, on suit une journaliste, Stacy Flynn, qui s'intéresse à cette affaire. Elle vient de Cleveland et est bien décidée à écrire l'article qui la fera connaître dans le monde du journalisme. Si pendant longtemps il ne se passe rien à Haeden, la disparition de Wendy va lui permettre de se lancer à fond dans une histoire pas banale.
En vérité, on ne la voit pas faire de recherches ni démêler de fils, mais on apprend qu'elle publie un article qui va bousculer les croyances de la communauté. En fait, c'est surtout son féminisme qui dérange. Et elle n'est pas la seule à avoir une façon de penser "déconstruite".

◉◎◘

Ce roman est loin d'être un thriller, il manque de suspense. J'ai eu envie d'aller jusqu'au bout mais je sais que beaucoup l'aurait abandonné très vite car la façon dont sont présentées les choses est assez agaçante : l'autrice nous laisse constamment sur notre faim. On sait qu'il s'est passé quelque chose. Ce quelque chose, quand on nous le présente enfin, est peu expliqué, peu approfondi, comme si ce n'était pas si important, comme si il fallait que ça reste subtil et que le lecteur comprenne de lui-même les tenants et les aboutissants.

◉◎◘

A travers la vie de cette communauté, l'autrice souhaite faire passer un message, le distillant à travers une histoire noire. Apparemment elle est aussi journaliste et s'intéresse particulièrement aux politiques environnementales et à l'industrie agro-alimentaire, ce qui se ressent dans ce roman, puisqu'elle situe son histoire dans un village rural qui sert de dépotoir pour une laiterie dont la croissance est exponentielle.

Peut-être devrait-on qualifier ce livre de roman de société, plutôt que polar. En ce sens, le roman est passionnant, mais si on le lit comme un polar, on s'ennuie. Sa forme est peu courante, le découpage confus et les personnages froids (on ne s'attache pas à eux car on ne les connaît pas vraiment) et le lecteur perdu, peut facilement abandonner sa lecture...

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 22 août 2018

Comment tomber amoureux... sans tomber, Susie Morgenstern

Quatrième de couv' : Annabelle a décidé que son coeur était hors-service et sous les ordres exclusifs de son cerveau. En terminale S, rien n'existe en dehors de son travail. Et pas question pour elle de se limiter à l'obtention du bac, il faut qu'elle soit la meilleure.

Les garçons ? De simples copains. Et ce n'est pas Samuel, le fils de l'ambassadeur des États-Unis parachuté dans sa classe, qui y changera quelque chose. Annabelle est d'accord pour consacrer deux heures par jour à parler français avec lui, à condition qu'il ne la ralentisse pas dans sa course vers l'excellence.

Annabelle est ambitieuse et passionnée comme les autres femmes de la famille. Sa mère, Lulu, est obsédée par ses recherches universitaires. Sa grand-mère, Marguerite, ne lâchera pas ses fourneaux avant d'obtenir sa deuxième étoile. Elles risquent toutes trois de tomber de haut, de très haut. De tomber... amoureuses !


Mon avis : J'ai acheté ce livre en Janvier 2018, mais je l'avais mis dans ma wishlist au moment où je travaillais encore en librairie, donc ça doit remonter à l'automne 2016 ou l'hiver 2017. A cette époque-là, je regardais souvent le site des éditions Ecole des Loisirs pour lister et commander ceux qui me plaisaient pour la librairie. Mais mon contrat s'est fini et je n'avais pas eu le temps de lire ce roman de Susie Morgenstern.
Du coup quand je l'ai vu en médium poche, je l'ai acheté. Et je ne sais pas pourquoi je n'avais pas envie de le lire jusqu'à présent.

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J'ai d'abord été surprise par la forme : les chapitres sont très très courts, ils ne font que 2 à 5 pages. Ça facilite grandement la lecture, et ça permet aussi à l'autrice de faire des ellipses.
On suit l'année de terminale d'Annabelle et sa vie de famille. Mais la thématique principale de ce roman est l'amour, sous toutes ces formes. C'est donc un roman agréable à lire, bien que l'intrigue ne soit pas très développée.

💛💚💜

Il y a beaucoup de personnages : Annabelle, 17 ans, en terminale, son frère Anatole, 14 ans, en 3è, leurs parents Lulu et Léonard. Mais aussi leurs grands-parents paternels et leur grand-mère maternelle Marguerite. Sans oublier leur tante Aimée.
Très vite, Annabelle fait la rencontre de Samuel, un jeune Américain dont le père, Sydney, est diplomate, tout comme le grand-père, Charles.
Tous ces personnages vont se croiser, leurs histoires s'imbriquer autour du thème de l'amour.

💛💚💜

Le problème c'est que TOUS tombent amoureux les uns des autres et ça manque de crédibilité. L'autrice a voulu en faire trop, toutes les générations se rassemblent autour des histoires d'amour. Un peu comme dans un film du genre Love Actually, sauf que là, on évolue en vase clos et ça devient bizarre (imaginez votre grand-mère en couple avec le grand-père de votre mec...). De plus, tout est facile. Il n'y a aucun obstacle dans ces relations amoureuses !

💛💚💜

Les personnages ne sont pas très attachants et ont vraiment des marottes, comme Anatole qui est obsédé par la nourriture, ou Annabelle qui chouine par crainte de ne pas avoir son bac alors qu'elle n'a fait que travailler toute l'année. C'est très répétitif et pas marrant.

💛💚💜

Je trouve que l'histoire est un peu longuette au départ. La première moitié du livre est consacrée aux 2 premiers mois de l'année scolaire alors que la seconde moitié va beaucoup plus vite. Ce n'est pas très équilibré.

💛💚💜

2 phrases aussi m'ont fait tiquer : à un moment Annabelle a une cicatrice à cause de l'appendicite, l'autrice écrit qu'elle ne pourra pas exposer son corps en bikini. Pas très body positive tout ça...

L'autre truc qui m'a déplu c'est cette phrase : "{...} offrir un nounours ou une poupée à l'enfant qui est en elle ou un grand pénis en caoutchouc pour l'adulte"
Je n'ai pas trouvé ça très approprié dans un livre destiné aux ados. Ce n'est pas qu'on ne doit pas en parler, mais en fait ça sortait tellement de nulle part, et c'était associé à la grossesse et à l'enfant qu'elle porte. Vous imaginer l'image qui s'impose à l'esprit ?

Et dans l'ensemble, ce qui me fait le plus tiquer c'est qu'il faille une histoire d'amour pour s'épanouir, s'accomplir. Chacune des femmes a sa propre réussite personnelle ou son ambition, mais elle est contrainte soit aux corvées ménagères et ne les délègue pas aux hommes, soit son bonheur passe par une relation hétérosexuelle et extrêmement normalisée. Bref, le message n'est pas franchement XXIè siècle.

💛💚💜

Ma note n'est pas très élevée, parce que je n'ai pas été vraiment emballée par cette histoire qui est pleine d'optimisme (trop à mon sens car peu d'obstacles).
C'était bien mais sans plus, on reste un peu trop en surface et à mon avis il y a trop de personnages, qui finissent pas n'être que des clichés.
Avec ce livre, on a plus une présentation de diverses formes d'amour que quelque chose d'approfondi sur le sujet et c'est dommage.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 20 août 2018

Délicieuses pourritures, Joyce Carol Oates

Quatrième de couv' : Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow. Celui-ci a décidé de faire écrire à ses élèves leur journal intime et de la partager en classe. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.

Un récit haletant, un roman dense et pervers par l'un des plus grands auteurs américains de ce siècle.


Mon avis : Je ne connaissais pas ce livre avant que mon regard se pose dessus dans une librairie. Très fan des romans courts -celui-ci fait 120 pages- je me suis décidée très vite à l'acheter, d'autant plus que l'histoire avait l'air très intrigante. De Joyce Carol Oates j'avais lu Marya, une vie, que j'avais plutôt détesté, du coup je n'osais pas trop en acheter d'autres de l'autrice, jusqu'à celui-ci.

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L'histoire se déroule entre 1975 et 1976 sur le campus d'une petite université américaine. Gillian réside sur le campus avec une douzaine de camarades. Toutes sont très attirées par l'un de leur professeur, Andre Harrow, un anti-conformiste.

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Je me suis sentie plongée dans cette université, avec ses salles de classe tapissées de bois, les élèves qui s'assoient sur les tables et discutent avec un professeur, vêtu de couleurs automnales. C'est comme ça que j'ai imaginé l'ambiance universitaire. Des filles, petites bourgeoises, qui se veulent libres, fument des cigarettes, parlent fort, s'imaginent briller par leur intelligence alors qu'elles n'ont que de la culture.

Mais l'atmosphère est trouble... Depuis quelques mois, quelqu'un démarre des feux, et des alertes incendies se déclenchent régulièrement. Et puis toutes ces filles amoureuses du même homme marié... Une tension très vive se dégage de cette histoire. Elles le veulent toutes pour elles. Mais Harrow est un homme libre, tendancieux, qui vient de vivre Woodstock, l'après-guerre du Vietnam, il se conforme parfaitement à l'idée que l'on se fait de l'anti-conformiste de 1975 !
Sa femme, Dorcas, rousse plantureuse, n'a d'yeux que pour ces jeunes filles qui tournent autour de son mari. Sculptrice libérée, elle expose des totems au style primitif.
Ce couple libre fait tourner toutes les têtes. Même celle de Gillian dont nous suivons le parcours à travers son journal intime durant quelques mois.

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C'est très bien écrit, dans un style très américain. Stylistiquement c'est parfait, il n'y a rien à redire. Au début on nous pose les bases de l'histoire : où, quand, qui. On nous raconte l'histoire d'une jeune fille amoureuse de son professeur, jusque là, rien de très grave. Progressivement on dénoue les liens de ce qu'on n'avait pas trop osé penser, ce qu'on n'avait pas voulu voir, un peu comme Gillian, le personnage principal. Et enfin place au drame.

Tout est d'une grande finesse : la montée en puissance de l'intrigue et la psychologie des personnages. Harrow est le type d'homme qui, par ses avis subversifs, subjuguent des jeunes femmes vulnérables, en quête de reconnaissance. Il les pousse à entrer dans un jeu où chacune rivalise pour obtenir son attention. C'est complètement malsain.

Et il y a surtout ce malaise grandissant, tout en suggestion, avec des actes qu'on soupçonne dès le départ, mais pas forcément dans ces proportions. Parce qu'ils sont vécus par le couple comme quelque chose de normal... ils n'ont aucune culpabilité.

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Un très bon livre, si vous souhaitez être un peu chamboulé∙e par la violence, la manipulation psychologique exercées.
Le genre de roman psychologique qui ne peut pas laisser indifférent.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 18 août 2018

Natacha, Vladimir Nabokov

Quatrième de couv' : Vertige du premier émoi amoureux, fin de la liaison d’un adolescent avec une femme mariée, amour terrorisé d’une femme pour son terrible mari… Perceptions, angoisses, sensations…

Exhumées des archives Nabokov et publiées à partir des années 1990 dans The New Yorker, de magnifiques nouvelles à la langue envoûtante et lumineuses.


Mon avis : Ça faisait un moment que j'avais envie d'acheter ce livre, je l'avais vu sur Bookstagram, et comme j'avais envie de relire Lolita de Nabokov cette année, je me suis dit que ce serait pas mal de lire un court livre de lui avant d'attaquer Lolita.

Sauf que Folio surfe clairement sur un titre faisant écho à Lolita, pour nous proposer en fait, un recueil de nouvelles dont celle qui intitule le recueil est l'une des moins bonnes...

Ces nouvelles sont très, très courtes ! Il y en a 5 et elles ne sont pas du tout égales en terme de qualité...

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Natacha, par exemple, fait à peine 20 pages. C'est l'histoire d'une jeune femme qui s'occupe de son père, un vieillard mourant. Un jour elle part à la campagne avec son voisin et elle commence à délirer. La chute est très prévisible et j'ai trouvé ça dommage.

✤✻✾

La seconde nouvelle s'intitule Le Mot et là aussi on part dans du délire. Un homme se voit entouré d'anges, dont l'un d'eux va lui révéler un mot. Pourquoi ? Je n'en ai pas la moindre idée, c'est la nouvelle que j'ai le moins comprise, je n'ai pas la sensibilité pour l'apprécier.

✤✻✾

Ensuite on trouve Bruits, l'histoire d'un jeune homme, amoureux d'une femme mariée. Ensemble ils se rendent à la campagne pour voir Pal Palytch. Une fois de plus je n'ai pas saisi le sens de cette nouvelle.

✤✻✾

La vengeance est la nouvelle que j'ai préférée. Dans celle-ci, un vieil homme revient de voyage avec dans sa valise, une surprise pour sa femme. J'avais un peu vu venir le truc, mais on bascule un peu dans l'horreur, et j'ai trouvé cette nouvelle plus fluide à lire, avec une bonne intrigue et du suspense.

✤✻✾

La dernière est Bonté. Là un homme attend son amante dans un parc. Il observe la vie autour de lui. Si son amante se révèle être une femme sans peu de parole, le rejetant sans explications, il réalise cependant la bonté dans les petits actes de la vie.

✤✻✾

Nabokov a mis l'accent sur la langue et sur le choix du vocabulaire. Le traducteur a dû galérer pour choisir les bons mots et retranscrire toute la poésie et le mysticisme de Nabokov.

Cela dit, ces nouvelles manquent d'une intrigue, quelque chose qui m'aurait tenue en haleine.
Une nouvelle n'a pas forcément besoin d'une chute, mais c'est quand même ce que je préfère et ce que j'attends quand j'en lis une.

En somme, je n'ai pas trop aimé ce recueil. Heureusement que les nouvelles sont courtes car je me suis un peu ennuyée en les lisant.

A relire peut-être quand j'aurais une sensibilité pour la littérature russe.

3/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 17 août 2018

15 ans, Michelle Dalton


Quatrième de couv' : Tous les étés, c'est pareil. Je me retrouve coincée entre mes deux soeurs sur la banquette arrière pendant les trois jours de route qui séparent Los Angeles de Bluepointe, Michigan. 

Forcément, vu que je suis la plus jeune, je ne choisis ni ma place ni les sujets de conversation (qu'on peut résumer à : 1. les garçons, 2. les garçons et 3. les garçons). 
Mais cette année pour la première fois, j'avais le coeur serré en pensant à la maison au bord du lac et à ma grand-mère qui n'y reviendrait plus. J'ignorais encore qu'une librairie, un job de serveuse et un premier amour allaient rendre ces vacances inoubliables. 


Mon avis : Je n'avais jamais entendu parler de ce roman avant, je ne l'avais même pas vu en grand format. C'est en allant dans une librairie qui possède un gros rayon jeunesse que je suis tombée dessus. J'aime bien m'acheter des romans en format poche parce que du coup je peux m'en acheter plusieurs.
Là, en lisant le résumé, je me suis dit que ça ressemblait aux romans que je lisais quand j'étais ado, et j'avais vraiment envie de retrouver ça, le côté un peu pétillant des premières amours dans les romans.

🐟🌲🧡

L'histoire est celle de Chelsea, 15 ans, qui doit passer l'été dans le Michigan, dans la maison de sa grand-mère, décédée un peu plus tôt dans l'année. Chelsea a deux grandes soeurs, avec qui elle s'entend plutôt bien. Toutes les trois sont assez contentes de passer l'été dans le Michigan, même si elles sont très attristées par l'absence de leur grand-mère. Cet été, la maison familiale chargée de souvenirs, ne va qu'exacerber son absence.
L'été va se dérouler simplement, entre sorties, routine, et surtout premier amour ! Chelsea va faire la rencontre d'un jeune garçon, dont elle va, petit à petit, tomber amoureuse.

🐟🌲🧡

Une remarque en passant : j'ai trouvé très étrange que les vacances des parents comme des filles durent 3 mois, de juin à fin août. QUI peut prendre 3 mois de vacances ? Quel métier faîtes-vous ?!

🐟🌲🧡

J'ai commencé par dévorer le livre. Puis au bout d'une centaine de pages, je n'avais pas spécialement envie de le reprendre. Mais c'est peut-être parce qu'il n'y a pas de petits chapitres (juste 3 grandes parties équivalentes aux 3 mois d'été), et qu'on ne peut pas vraiment arrêter sa lecture à un endroit précis. Ensuite j'ai lu petit bout par petit bout pendant quelques jours et j'ai fini les 120 dernières pages d'un seul coup.

🐟🌲🧡

J'ai un avis mitigé, je ne saurais pas trop expliquer pourquoi... C'est bien écrit, le vocabulaire n'a rien de compliqué, le ton employé est léger, il n'y a rien de très grave dans cette histoire.

L'intrigue est mignonne, mais peut-être que ça manquait de rebondissements ? de rythme ? Franchement je ne sais pas. Je n'ai pas ressenti d'ennui, bien que par moments c'était un peu plat.

L'ambiance du lieu est très agréable : Bluepointe est une petite ville, au bord d'un lac. L'atmosphère y est très détendue et chaque commerce est un lieu où Chelsea aime se rendre.

C'est peut-être un livre qui m'aurait beaucoup plu si j'avais été ado. Aujourd'hui, je trouve que c'est une jolie histoire, qui retranscrit assez bien ce qu'on peut ressentir lorsqu'un garçon nous remarque. Cela dit, peut-être que ça aurait mérité un meilleur développement du sentiment amoureux. De ce côté-là, ça m'a semblé un peu léger et peu approfondi.


🐟🌲🧡

Un roman agréable à lire, surtout destiné aux adolescentes. Si vous êtes un garçon ça vous branchera certainement moins et si vous avez plus de 20 ans, vous allez peut-être avoir du mal à vous identifier.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 15 août 2018

Mates, Dates & Tempting Trouble, by Cathy Hopkins

Quatrième de couv' : When Luke, the boy that Nesta has been dating, declares passionate love for TJ,
she doesn't know what's hit her. She does her best to avoid him - but when the local schools are asked to work together on a project, Luke is chosen as the overall co-ordinator. TJ has no choice but to report back to him on a regular basis.

Misunderstandings and miscommunications threaten the girls' friendships and split them into two camps : Lucy and Nesta ; Izzie and TJ. 
Will their friendships survive ? 


Mon avis : 8è tome de la saga Mates, Dates &... Je continue sur ma lancée pour les avoir tous lus à la fin de l'année 2018.
Ce 8è tome n'avait pas été traduit par Pocket Junior à l'époque donc je le découvre totalement en langue originale.
Premier constat : il est plus long que les précédents et la police d'écriture est plus petite.

Ce tome se place du point de vue de TJ. Devenue très amie avec le groupe des filles, elle se retrouve dans une situation délicate quand elle réalise qu'elle éprouve une attirance très forte pour Luke, le petit copain de Nesta/Tasha. Au début elle n'ose pas en parler, mais la situation devient de plus en plus difficile à cacher, d'autant plus que Luke la fait tourner en bourrique, un coup froid et distant, un coup très proche, partageant des sentiments amoureux.

Bref, cette histoire met fortement à mal l'amitié entre les filles. Au delà de cet aspect, Cathy Hopkins nous présente un jeune homme séduisant qui a besoin d'avoir une cour autour de lui. Très manipulateur, il va d'une fille à l'autre, n'hésitant pas à mentir pour cacher ses diverses attirances.

Même si on est vraiment dans l'introspection avec TJ, je ne me suis pas ennuyée. Il y a peu de rebondissements, on se situe plus sur le plan psychologique : TJ est vraiment très embarrassée de tomber amoureuse du copain de son amie. Et puis Luke passe son temps à lui mentir, on le voit bien et malgré ses doutes, TJ va se laisser aller et foncer...

Après le 7è tome que j'avais moins aimé, j'avais un peu peur d'être déçue, mais en fait j'ai adoré celui-ci. Parfois j'envisageais d'arrêter de lire (parce que lire en VO demande plus de concentration) mais j'avais toujours envie d'en savoir plus. Au final j'ai lu 120 pages aujourd'hui, je ne pensais pourtant pas le finir dans la journée.

La fin des chapitres de ce 8è tome est constituée de petits mémos ou d'e-mails échangés entre TJ et son amie Hanna.

Un très bon tome, que j'ai dévoré, contre toute attente.

9/10

lundi 13 août 2018

En voiture, Simone ! Aurélie Valognes

Quatrième de couv' : Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et... trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l'arrivée va déstabiliser l'équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d'une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’incruste. Mélangez, laissez mijoter... et savourez !

Ce livre a été publié aux éditions Michel Lafon sous le titre Nos adorables belles-filles.


Mon avis : J'ai emprunté ce livre à mon père, parce que ma PAL personnelle n'était pas assez immense...! Parfois j'aime bien fouiller dans sa bibliothèque parce que je sais que je peux y trouver des titres "best-seller" que je n'aurai pas achetés pour moi. Donc je fouille et je découvre 2 romans d'Aurélie Valognes, autrice très à la mode ces dernières années. Ses romans sont courts et je jette mon dévolu sur celui-ci (il possède aussi Mémé dans les orties mais le résumé me plaisait moins).

🚗🚒🚗

J'aime bien les histoires de famille dans les romans, et je ne cherchais pas à lire une grande épopée familiale sur des dizaines d'années, donc ce court roman avait de bonnes chances de me plaire. Mais ça n'a pas été trop ça...

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Les situations sont plutôt comiques, regroupez des personnes qui ne s'apprécient pas dans une même pièce et voyez ce que ça donne ! On a tous vécu des repas de famille sous tension. Ici le principal élément de tension est Jacques, un sexagénaire qui enchaîne boulette sur boulette. Mais ses belles-filles ne sont pas en reste non plus : l'une d'elle est une flemmarde qui ne lève jamais le petit doigt, l'autre est végétarienne (apparemment c'est un défaut...) et la dernière, toute nouvelle ne sait pas encore comment se placer dans cette famille, son accent du Sud moqué par Jacques. Quant aux garçons, les fils de Jacques, on a l'impression qu'ils sont exemplaires, en tout cas ils ne font pas de vagues. Voilà, le cadre est posé.

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Dès le début de ma lecture, j'ai eu du mal à apprécier l'histoire et ces personnages qui passaient leur temps à râler, à se forcer à se voir alors qu'ils ne peuvent pas se piffrer. J'étais assez agacée.

J'ai trouvé que tout allait trop vite, que ce soit les actions comme les dialogues, on n'a pas le temps de s'imaginer une situation qu'elle est déjà finie !
Par exemple, Martine et Antoinette se rendent de Dinan en banlieue parisienne pour manger une galette des rois avec leurs petits-enfants, à peine sont-elles arrivées qu'elles se lèvent déjà pour repartir !

Aussi, au début du roman, j'ai trouvé que certains dialogues sonnaient faux, n'étaient pas très naturels mais ça s'améliore par la suite.

Le ton est comique et on est censé rire tout le temps. Bon personnellement j'ai du mal à rire avec un livre.
C'était agréable à lire, parce que très simple et fluide. Il y'a très peu de descriptions, pas de métaphores, bref rien qui demande un peu d'effort de lecture.

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Ce que je reprocherais aussi au roman ce sont les personnages qui ne sont pas tous autant travaillés : les hommes sont tout juste esquissés, tandis que du côté des femmes, ce sont leurs défauts qui sont bien décrits... Les fameuses belles-filles restent très clichées malheureusement...
Le seul personnage qui évolue est Jacques, le grand-père. Martine, sa femme, change aussi, mais peut-être pas autant que lui, disons qu'elle change pour elle, alors que Jacques change pour faire plaisir aux autres...
Les enfants, Jules et Paul sont assez peu présents et n'ont pas vraiment d'utilité dans l'histoire.

 🚗🚒🚗

J'ai bien aimé les ressentis des belles-filles, c'était assez juste : difficile de se faire une place dans une famille qu'on n'a pas choisie, de rencontrer des gens qui sont d'autres générations avec lesquels on n'a pas grandi.
D'autres passages étaient assez touchants vers la fin, entre Jeanne et Nicolas, ainsi qu'entre Jeanne et Jacques. Dommage qu'il n'y ait pas plus de scènes de ce genre dans le roman.

🚗🚒🚗

C'est léger, ça se lit vite, ça fait son job de lecture de vacances, mais objectivement, ce n'est pas "bien écrit" et ça n'apporte rien intellectuellement : la dynamique entre les personnages est intéressante à voir mais leur psychologie n'est pas développée.
Si on prend ce roman juste pour ce qu'il est : une comédie divertissante, alors oui, on passe un bon moment.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 12 août 2018

Juniper Lemon’s Happiness Index, Julie Israel

Quatrième de couv' : It's hard to keep close a person everyone keeps telling you is gone.

It's been sixty-five days since the accident that killed Juniper's sister, and ripped Juniper's world apart.

Then she discovers the letter : written by Camilla on the day of the accident, addressed mysteriously  to 'You', but never sent. Desperate to identify Camilla's secret love and deliver the message, Juniper starts to investigate.

Until she loses something. A card from The Happiness Index : little notecards on which she rates the day. The Index has been holding Juniper together since Camilla's death - but a lost card only widens the hole she left behind. And this particular card contains Juniper's own secret: a memory she can't let anyone else find out.

An unforgettable story of love, loss, mistakes and memories.


Mon avis : J'avais repéré ce roman sur le site Book Depository il y'a un bout de temps, je l'avais glissé dans ma wishlist, attendant le bon moment pour l'acheter. Ça faisait 2 ans que je n'avais plus commandé de livres en VO et subitement, début juillet, j'ai été prise d'une envie d'en acheter. J'ai jeté un oeil à ma wishlist et sélectionné 3 livres à mettre dans mon panier.
Juniper Lemon's Happiness Index a une couverture qui me plait beaucoup, j'adore les couleurs utilisées. Le résumé, en revanche, est sympa mais pas ouf.

💙💜💗

J'ai mis du temps à lire ce roman : environ 3 semaines. Je lisais une quarantaine de pages d'un coup, puis je l'abandonnais quelques jours.
L'histoire ne m'a pas assez emballée et j'ai eu des problèmes de compréhension sur certains mots, certaines phrases, non pas que je ne comprenais pas le sens, mais je dirais plutôt que je ne saisissais pas les situations qui sont très, très américaines. On est en Oregon, au lycée, et les élèves fréquentent des lieux que je ne parvenais pas à visualiser, ou même pendant un long moment je ne comprenais pas ce qu'étaient les cartes d'un "Happiness Index".

💙💜💗

Au delà de ça, je ne me suis pas investie dans l'histoire ni auprès des personnages.
Juniper a perdu sa grande soeur, Camilla, dans un accident de voiture le 4 Juillet. Après un été de solitude, elle retourne au lycée. Sa meilleure amie, Lauren, n'ose plus lui parler, la laissant faire son deuil toute seule.
Le matin de la rentrée, Juniper trouve dans un sac de Camilla une lettre de rupture adressée à "You". Bouleversée par cette découverte -Juniper ne savait pas que sa soeur fréquentait quelqu'un- elle va se lancer à sa recherche, afin de l'identifier et de lui donner la lettre.
Aussi, Juniper remplit chaque jour une carte indiquant son état moral, ce qui a été positif et négatif au cours de sa journée, mais cet après-midi-là, elle perd sa carte et va tenter de la retrouver dans les poubelles durant les jours qui suivent. De cette façon elle va faire la rencontre de nombreux élèves de son lycée, tous un peu solitaires, un peu abîmés par la vie, ce qui va lui permettre de former de nouvelles amitiés, l'ombre de sa soeur Camilla toujours présente.

💙💜💗

L'intrigue est très simple, et l'autrice brode autour de tout ça pendant des pages et des pages. J'ai trouvé qu'il y avait des longueurs et vu que je n'étais pas du tout dans l'histoire, les "histoires annexes" m'ont semblé ennuyeuses, heureusement elles ne sont pas très nombreuses et pas trop développées.

💙💜💗

L'intensité de certains passages en revanche est très bien décrite : les relations difficiles entre Juniper et ses parents après la mort de l'une de leurs filles, les colères de Juniper qui a perdu sa soeur.

Il y a quelque chose de très mignon dans les amitiés qui se développent tout au long de cette histoire, j'ai bien aimé le petit groupe d'amis mixte qui se forme autour de Juniper.

💙💜💗

Par contre, on passe l'intégralité du livre à se questionner sur l'identité du/de la mystérieux/se amant/e de sa soeur et la frustration est immense car on ne sait toujours pas de qui il s'agit à la fin (ou alors je n'ai pas compris un passage ?). Et c'est assez rageant, parce que Juniper construit son année scolaire autour de ce mystère, elle fait tout pour retrouver la personne, et celle-ci reste inconnue pour le lecteur...

💙💜💗

J'hésite à l'acheter en français pour voir si il me plairait mieux en VF... Je pense que mon manque de concentration à la lecture de ce roman explique ma note et ma critique un peu brouillonne.
En fait, je sens que c'est un bon livre, assez bien écrit, avec des personnages intéressants, mais je n'étais pas assez investie pour m'en rendre compte.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 10 août 2018

Dans la forêt, Jean Hegland

Quatrième de couv' : Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours présentes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, remplie d’inépuisables richesses.

Véritable choc littéraire aux États-Unis, best-seller mondial, un roman d’apprentissage sensuel et puissant.


Mon avis : J'avais repéré ce livre à sa sortie en grand format, mais ma responsable de l'époque l'avait lu et n'avait pas été très emballée, alors j'avais gardé le titre dans un coin de ma tête. Récemment sorti en poche, on l'a vu partout sur bookstagram et comme j'ai pour projet d'acheter TOUS les romans Gallmeister dans leur collection Totem, il était temps que je l'achète.
J'ai tout de suite eu hyper envie de le lire, j'étais comme obsédée par ce titre, je voulais tellement savoir ce qu'il renfermait, alors j'ai profité de quelques jours loin de chez moi pour le lire (et je prévois de regarder le film adapté, tant qu'il est disponible sur Netflix).

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L'histoire est racontée par Nell (Pénélope), une jeune fille de 17 ans, qui écrit dans un cahier les événements de sa vie. Ordinaire ? Pas tant que ça. Dans le monde dans lequel vit Nell, il n'y a plus d'électricité, plus d'essence, ni de voiture, plus de téléphone. La société s'est délitée, le gouvernement américain n'existe plus.
Nell et sa soeur, Eva, ont toujours vécu dans une clairière, dans la forêt, à 50 km de la ville. Elles ont grandi ainsi, scolarisées à la maison. L'une, Eva, se passionnant pour la danse, l'autre, Nell, pour les études. Elles n'ont jamais tellement connu le vaste monde, n'ont pas développé d'amitiés ou de relations amoureuses. Alors quand tout s'arrête, elles vont continuer à vivre dans la forêt, de plus en plus en autarcie, avec tous les dangers que cela comporte.

🌲🌿🌲

J'ai bien aimé cette histoire, qu'on peut qualifier de post-apocalyptique (surtout au niveau du contexte). Le style est agréable, on lit une sorte de journal intime. Evidemment ça parait travaillé, les mots sont choisis et bien pesés pour décrire la beauté de la nature, de la forêt, du ciel, le roman fait clairement partie du mouvement nature writing. Mais les sentiments éprouvés par Nell sont aussi très justement décrits et c'est en ça que ce roman a une dimension psychologique qui le rend intéressant.

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Cependant au niveau de l'intrigue, j'aurais aimé plus de rebondissements, car on a l'impression de lire un guide de survie par moments.
Par ailleurs j'aurais aussi aimé un point de vue différent : celui d'Eva m'aurait plu, car dans le regard de sa soeur elle a l'air si détachée face à cette situation. On se demande comment elles peuvent être aussi différentes quant à leurs espoirs de survie. Je pense qu'Eva n'aurait pas pu survivre sans l'aide de Nell. Elle est complètement passive et on se demande si elle se rend compte de la situation dans laquelle elles se trouvent.

Il y a quelques longueurs ou quelques passages qui se répètent, mais en même temps il s'agit d'un journal, qui raconte le quotidien, donc je me dis que c'est normal, même si pour le lecteur ça peut sembler ennuyeux.

Spoiler Alert ! (surligne pour lire) Il y a un passage qui ne m'a pas semblé nécessaire du point de vue narratif et vu que c'est vraiment un truc que je déteste je vais le signaler au cas où certains préfèreraient éviter de s'y retrouver confronté : il y a un passage incestueux dans le roman. 

Sinon, il m'a manqué une chute surprenante. J'ai cru un moment qu'on allait crescendo vers le drame, malheureusement, l'autrice a proposé une happy end (plus ou moins...) alors que j'aurais aimé un drame à la David Vann.

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Pour en revenir à ce que j'ai le plus apprécié :
Le personnage de Nell. Ce n'est pas un personnage antipathique qu'on a envie de claquer. Au contraire, elle est prudente, soucieuse, tout en essayant d'être une ado qui découvre un garçon (les passages où elle rêve d'Eli, de ce qu'elle lui dira la prochaine fois qu'elle le verra sont tellement vrais).  Elle a subi tellement d'épreuves et malgré tout, elle avance jour après jour, sans forcément faire preuve d'un grand optimisme, mais elle se donne à fond pour protéger sa vie et celle de sa soeur.
Elle continue d'apprendre, d'acquérir de nouvelles techniques, de reconnaître les plantes, de bricoler, de construire des abris, de faire des conserves de nourriture.
Bref, Nell est d'une immense force mentale et physique, elle est déterminée et débrouillarde. A sa place je passerais mon temps à pleurer sur mon sort et je serais morte en 3 semaines. Nell n'a pas une joie de vivre, ni une volonté de vivre chevillée au corps, en fait elle avance pas à pas, surmontant chaque nouvelle épreuve qui se présente avec une grande capacité d'adaptation.
Si l'histoire avait été intégralement du point de vue d'Eva, j'aurais sûrement eu un avis totalement différent, car Eva n'a rien à voir avec Nell dans son attitude face à cette situation. D'ailleurs la fraternité aurait-elle été autant mise en avant ? aussi belle du point de vue d'Eva ?

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Les interrogations amenées par ce roman sont très intéressantes : à quel point notre mode de vie actuel est-il fragile (et destructeur) ? qu'en serait-il de moi dans une telle situation ? Aurais-je un tel instinct de conservation ? Saurais-je m'adapter ? Faut-il continuer à vivre si tout s'arrête ? Et de quelle manière ? Comment accepter que notre mode de vie ait disparu pour retourner à un mode de vie plus prosaïque, plus en adéquation avec la nature ? Au delà de l'aspect survivaliste, il y a dans ce roman une dimension écologique, et forcément on se pose énormément de questions sur notre façon de traiter la planète.

🌲🌿🌲

Ce roman ne serait rien sans son héroïne, Nell, dont la force nous surprend, nous émeut, nous bouleverse. Malgré des passages qui peuvent sembler crus, on y trouve la beauté de l'instant vécue dans la forêt par ces deux soeurs. Un très beau roman qui contient tout : la beauté comme la cruauté de la vie, la violence de la mort implacable, la solitude, la fraternité, le dévouement à l'autre.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 4 août 2018

Crains le pire, Linwood Barclay

Quatrième de couv' : Après Cette nuit là, Les Voisins d’à côté et Ne la quitte pas des yeux, Linwood Barclay confirme son talent à la mesure d’un Harlan Coben. Un thriller machiavélique où quand un père divorcé part sur les traces de sa fille adolescente disparue et se découvre une vie entière bâtie sur des mensonges…

Votre fille avait promis d’être à l’heure pour le dîner.
Elle ne rentre pas.

L’attente.
La peur qui monte.

Coups de fil : son travail, sa meilleure amie, les urgences. Personne ne sait rien.

Et si elle avait menti ?
Et si elle n’était pas celle que vous croyez ?
Et si toute votre vie était en train d’exploser ?

Aux confins de toutes nos angoisses…
Linwood Barclay, créateur de frissons.


Mon avis : Ce roman fait partie des plus anciens de ma PAL. Pour tout vous dire, je ne suis pas sûre que ce soit moi qui l'aie acheté à l'époque. Il était sorti en avant-première à France Loisirs, et j'imagine que ma mère ou moi l'avions acheté, parce qu'on devait faire un achat trimestriel. Chez Belfond, il est sorti en février 2012, donc j'ai dû l'acheter en 2011 ou début 2012.
L'avantage c'est que c'est un hardback, et du coup c'est hyper pratique pour le lire posé sur le lit ou le bureau, au moins il s'ouvre à fond et on ne perd pas sa page (ok c'est un détail).

◼︎☐▪︎

L'histoire est celle d'un père, Tim Blake, dont la fille, Sydney (16 ans) a disparu sans laisser de traces, quelques heures après une petite dispute entre elle et son père. A l'hôtel où elle était censée travailler durant l'été, personne ne semble la connaître.
C'est Tim que nous allons suivre durant toute l'affaire. La police est présente, mais si au début elle semble s'investir pour retrouver Sydney, c'est finalement Tim qui en fait le plus pour démêler cette histoire.

◼︎☐▪︎

Je ne m'attendais pas à grand chose. Du coup j'ai été agréablement surprise par cette histoire, même si l'auteur y met parfois des gros moyens dignes des films d'action. Cependant le rythme est très soutenu et il est difficile de lâcher le roman. Il y a beaucoup de rebondissements, j'aurais presque aimé un peu plus d'introspection parce qu'à un moment il se passe tellement de choses, que l'on ne suit plus l'enquête concernant la recherche de Sydney.

◼︎☐▪︎

Tim n'est pas désagréable à suivre, vendeur dans une concession, il est divorcé et s'occupe de sa fille une partie du temps. A partir du moment où elle disparait, il s'investit à fond dans la recherche, inquiet mais sachant prendre sur lui, il ne craque pas toutes les 5 minutes malgré le déferlement de merdes qui lui tombent dessus.
Il est plus ou moins aidé par son ex-femme, et le nouveau compagnon de celle-ci, Bob.
J'ai bien aimé voir la dynamique entre ces 3 personnages, c'est très réaliste, il y a de la frustration, de la jalousie, et puis peu à peu, chacun devient plus compréhensif et alors à partir de là, il peut y avoir de l'entraide.
Les autres personnages sont bien construits. Certains peuvent paraître clichés, mais dans l'ensemble je les trouve assez réussis.

◼︎☐▪︎

J'ai bien aimé l'intrigue que proposait l'auteur, avec une thématique que je n'avais encore jamais lue dans un roman.

La fin est pas mal, plutôt crédible, mais je trouve que les explications sont données de façon trop précipitée pour qu'on ait le temps de les intégrer et de les digérer.
Le roman propose une fin ouverte, et j'aurais aimé en savoir plus, notamment sur les chances de survie de certains et sur la façon dont la police va s'occuper de tout ça. Un petit épilogue aurait été le bienvenu.

◼︎☐▪︎

Un roman palpitant, plein de suspense, mais une fin un peu trop rapide. Dans le style polar c'est efficace, on va droit au but, malgré un démarrage qui me laissait dubitative (quelles directions comptait prendre l'auteur ?). Un bon roman à dévorer.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur