mardi 31 juillet 2018

L'homme aux cercles bleus, Fred Vargas

Quatrième de couv' : « Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? »
Ça amuse les Parisiens. Depuis quatre mois, cette phrase accompagne les cercles qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs ; en leur centre, prisonniers, un débris, un déchet, un objet : trombone, pince à épiler, patte de pigeon… Le phénomène fait les délices des journalistes et des psychiatres.

Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite « suintent » la cruauté. Il le sent : bientôt, de l’anodin on passera au tragique...


Mon avis : De Fred Vargas je n'ai pas lu grand chose, seulement Coule la Seine que j'avais apparemment bien aimé mais dont je ne me souviens plus.
En revanche, récemment j'ai revu le film Pars vite et reviens tard, adapté du roman éponyme, et j'ai à nouveau adoré.
En jetant un oeil à la bibliothèque de mon père, j'ai vu qu'il avait plein de romans de Fred Vargas, je lui en ai donc piqué un, le tout premier de l'autrice, celui qui était sur ma wishlist depuis bien longtemps.

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Ce roman est assez court : il fait 215 pages en grand format. Cependant je me suis ennuyée ! Je me suis même un peu forcée à aller jusqu'au bout, tellement je trouvais que ça manquait de suspense.

Pour résumer rapidement, depuis 4 mois, au petit matin, on trouve dans tout Paris de grands cercles dessinés autour d'objets abandonnés dans les rues. Si au début personne ne s'en inquiète, Adamsberg lui, pressent qu'il va se passer quelque chose de grave dans les semaines à venir.

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Adamsberg est un personnage qui passe son temps dans ses pensées à rêvasser. On ne sait pas vraiment comment il fonctionne, réfléchit-il ? A-t-il des fulgurances ? J'ai eu l'impression qu'il n'y avait pas réellement d'enquête, on suit ses intuitions et puis à la fin, PAF ! il a tout trouvé tout seul, tout résolu !
Avec lui, il n'y a pas beaucoup d'action ni de rebondissements, sauf à la fin. Dommage ce manque de rythme et de suspense...

L'autrice nous fait découvrir une galerie de personnages : Danglard, l'inspecteur qui travaille avec Adamsberg, la "Reine Mathilde", une femme qui suit les gens dans la rue (okay...?) et accessoirement la mère de Camille.
Camille est la jeune femme qu'Adamsberg aime mais qui lui a échappé pour faire sa vie ailleurs.
Il y a aussi Charles Reyer, logé par Mathilde, il est un très bel homme aveugle, frustré et colérique. Chez Mathilde on trouve aussi Clémence Valmont, une femme d'une soixantaine d'années qui fait une fixette sur les petites annonces afin de trouver l'amour.
Ils ne sont pas très nombreux et ont tous un lien les uns avec les autres. Pas très crédible je trouve. Même si les explications arrivent, je ne suis pas très convaincue pour autant.

Par ailleurs le côté romance entre Adamsberg et Camille m'a ennuyée et je l'ai trouvé superflu. Quand je lis un polar, je me fiche de savoir si le commissaire ou l'inspecteur a quelqu'un dans sa vie. Hormis si ça a du sens dans la construction de l'intrigue, mais là j'ai l'impression que c'est inutile et ça ralentit encore plus le rythme (déjà pauvre) de l'histoire.

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Quant au style, je le trouve assez particulier pour du roman policier, c'est un style travaillé, ampoulé. Je n'ai pas l'habitude de dialogues aussi profonds, aussi érudits, ce qui rend parfois l'histoire assez peu crédible. Les conversations entre les personnages sortent de nulle part par moments, c'est vraiment bizarre.

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Je ne suis pas tellement convaincue par ce premier tome qui introduit la série du commissaire Adamsberg. Mais je ne désespère pas et j'en lirai d'autres.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

dimanche 29 juillet 2018

Ailleurs si j'y suis, Antoine Laurain

Quatrième de couv' : Pierre-François Chaumont, brillant avocat parisien, est collectionneur depuis l’enfance. Un matin qu’il déambule dans les salles d’exposition de l’hôtel Drouot, il se retrouve nez à nez avec un portrait du XVIIIe siècle. Stupéfaction : le visage de l’homme en perruque poudrée, c’est le sien! Pulvérisant les enchères, Pierre-François rapporte l’étrange tableau chez lui. Mais le mystère tourne rapidement à la paranoïa car ni sa femme ni ses proches ne remarquent la ressemblance. Pierre-François serait-il devenu fou ?


Mon avis : J'ai emprunté ce livre dans la bibliothèque de mon père. Evidemment ma PAL largement garnie, ne me suffit plus, il faut que j'aille mettre le nez dans les bibliothèques des autres...!
Heureusement ce livre est très court (155 pages) et ne m'aura pris que quelques heures de lecture, moi qui n'arrivais plus tellement à me plonger dans une histoire.

D'Antoine Laurain j'ai déjà lu 2 romans : La femme au carnet rouge et Carrefour des nostalgies.

Dans ce roman, Pierre-François est un gentil bourgeois parisien, avocat, avec une passion pour les antiquités et les enchères. Depuis tout petit il s'amuse à collectionner des objets avant de les revendre. Sa vie est plutôt banale : il n'a pas d'enfant, une femme avec qui il n'a plus l'air de s'entendre et quelques amis du même milieu que le sien. Un jour, lors d'une vente aux enchères, il tombe sur un portrait dont le personnage lui ressemble étrangement. Mais il est le seul à s'en apercevoir... Ses recherches vont le mener au fin fond de la Bourgogne, où il ne s'attendait pas à se découvrir et à s'épanouir.

J'ai bien aimé le style, on sent vraiment le ton humoristique de l'histoire. C'est léger et fluide. On ne s'appesantit pas sur des détails et l'auteur propose de longues ellipses narratives permettant au lecteur de savoir où en est Pierre-François. L'histoire nous semble être rapide mais surtout on l'apprécie pour son côté vif et amusant.
Les personnages, autre que Pierre-François, n'ont pas le temps d'être développés, mais ce n'est pas très grave, le plus important restant Pierre-François que l'on voit changer petit à petit.

Un bon roman léger, dont j'aurais sûrement oublié l'intrigue d'ici quelques mois, mais très bien à caser entre deux lectures plus denses.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 26 juillet 2018

Toi, Zoran Drvenkar

Quatrième de couv' : Imagine une tempête de neige sur l'autoroute, un bouchon de plusieurs kilomètres, aucune visibilité. Un homme sort de sa voiture et assassine froidement et méticuleusement, à mains nues, vingt-six personnes dans les véhicules alentour. C'est le début d'une série de meurtres sans mobile apparent commis par celui que la presse surnomme bientôt « le Voyageur ».

Imagine cinq adolescentes. Cinq amies – avec leurs espoirs et leurs peurs, leurs envies et leurs problèmes – que rien ne peut séparer et qui vont devoir affronter le pire. Prises en chasse par un homme à qui tu ne voudrais pas avoir affaire, elles se jettent dans une fuite en avant désespérée. Imagine enfin un hôtel isolé en Norvège, où se déroule l’ultime confrontation dans un dénouement qui te laissera sans voix.

Par l’auteur de Sorry, un thriller vertigineux, un véritable piège dans lequel le lecteur est impliqué comme jamais.


Mon avis : J'ai acheté ce roman à l'été 2013. Je sais pas si vous vous rendez compte mais ça fait 5 ans qu'il était dans ma PAL et que je n'osais pas sauter le pas. Et pourtant j'étais super motivée quand je l'ai acheté, le libraire m'avait même dit que c'était vraiment bien.
Je n'en ai jamais entendu parler, sur aucune chaîne Booktube, donc je n'avais vraiment aucune idée de ce que j'allais découvrir.

Alors je viens de le finir... donc mon avis est à chaud. Déjà, il faut savoir qu'à 90% du livre, on a une révélation sordide. Pour la faire simple : de l'inceste. Honnêtement si j'avais su que j'allais lire un passage glauque comme ça dans le livre, je ne l'aurais pas acheté. L'inceste c'est ma limite en littérature. Et quand il ne vous reste que 10% du livre à lire, environ une petite centaine de pages, qu'est-ce que vous, vous feriez ?
Perso, j'ai pris sur moi et j'ai fini le roman.

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666 pages (j'ai cru à une blague de la part de l'éditeur) d'une histoire que je ne qualifierais pas forcément de thriller.
En Allemagne, cinq jeunes filles sont amies. Mais très vite elles vont être prises dans une histoire qui les dépasse : une histoire de drogue et de course-poursuite à travers 2 pays.
Et puis à côté de ça, il y a l'histoire du "Voyageur", un homme qui tue en masse, sans jamais se faire prendre, sans aucune préméditation par ailleurs. Bref, un personnage hyper intéressant mais pas suffisamment exploité... Dommage.

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C'est bien écrit et super bien construit. Un narrateur présente des personnages en s'adressant à eux à la deuxième personne du singulier (le fameux "toi"). C'est grâce à ce procédé qu'on découvre chacun des protagonistes : les cinq filles, le Voyageur, ainsi que différents hommes. Evidemment le fait de présenter divers points de vue donne vraiment envie de continuer l'histoire sans la lâcher.

Au début j'ai eu du mal à me situer chronologiquement. L'auteur nous présentait des faits qui allaient arriver plus tard. On les redécouvrait donc quelques pages plus loin, mais sous un autre angle, du point de vue de quelqu'un d'autre, plus détaillé. Je me suis donc habituée à cette narration originale.

C'est aussi très rythmé. Il arrive vraiment un tas de choses aux filles, c'est bourré de rebondissements et j'ai bien aimé les suivre.
L'auteur nous invite aussi à plonger dans des événements du passé de certains personnages, ce qui nous permet d'en savoir plus sur eux, sur leurs motivations. J'ai trouvé que c'était bien fait.
Cependant le final manque de grandiose. On se doute de la rencontre qui va arriver, on l'attend, et puis... on nous laisse sur une fin ouverte.

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Les personnages sont intéressants, mais certains sont malheureusement clichés... On manque de profondeur et de psychologie particulièrement développée.
De plus, cinq filles c'est un peu trop nombreux pour réussir à se souvenir qui est qui. Les adolescentes ont toutes la fougue de la jeunesse, elles sont impulsives et spontanées, tout en étant dégourdies, autonomes et responsabilisées très tôt par leurs parents.
Les autres personnages sont des hommes plutôt flippants et parfois trop clichés.

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Un bon roman original dans sa forme, qu'on prend plaisir à dévorer, mais attention à certains sujets limites...
J'ai dévoré le roman, j'étais prise dedans. Le style assez fluide et les rebondissements très fréquents m'ont poussée à continuer.
Cependant ce n'est pas un roman qui m'aura surprise avec un retournement de situation. Et puis j'aurais tellement aimé que Le Voyageur soit plus exploité !

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 22 juillet 2018

Blue, Camille Pujol

Quatrième de couv' : À dix-sept ans seulement, Blue dissimule un lourd secret qui l’a obligée à changer brutalement de vie, à déménager avec sa famille, et à rester le plus discrète possible.
Mais ses mystérieux cheveux bleus captivent tous les regards et attisent la curiosité des élèves de son nouveau lycée. Comment se fondre dans la masse alors qu’elle commence à recevoir des lettres anonymes et que Nathan, un jeune homme à la terrible réputation, a décidé de la percer à jour ?


Mon avis : J'ai acheté ce roman sans en avoir entendu parler, juste parce que la couverture était sympa et le résumé, intrigant. C'est seulement quand je l'ai commencé que j'ai découvert que c'était une jeune fille de 16 ans qui l'avait écrit, et publié d'abord sur Wattpad (ce qui n'est pas un gage de qualité à mon avis, sorry but not sorry, je pense la même chose de l'auto-édition, ce n'est pas parce que quelqu'un peut écrire, qu'il doit systématiquement être publié) avant d'être publié par Michel Lafon.

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L'histoire est celle d'une ADOLESCENTE (je l'écris en gros parce que visiblement l'autrice l'a oublié), qui vit avec sa mère qui vient de réaliser son rêve en ouvrant un café dans l'immense ville de Toulouse, et son petit frère (dont on ne connait pas l'âge). Le père est absent puisque militaire et sa famille ne sait jamais où il se trouve quand il est en mission (c'est possible ça ?!).
Blue (déjà qui choisit un prénom pareil ?) entre en avril dans un nouveau lycée et direct elle se fait un pote, Minho, qui va très vite (bien plus vite que la lumière) devenir son meilleur ami.

(Ah pardon, je m'apprête à démonter le roman. Mais reste, vers la fin je vais te dire les points positifs).

Dès le premier quart d'heure dans ce nouveau lycée, elle se trouve confrontée à Nathan Rey, LE mec à ne pas fréquenter. Et comme par hasard, elle va découvrir qu'ils sont voisins. Ça tombe trop bien parce qu'ils vont se tourner autour pendant des semaines, à jouer au chat et à la souris. Attends, même que Nathan monte au balcon du 1er étage de Blue pour s'introduire chez elle parfois. Est-ce que c'est pas fou ça ?! (ça ressemble à Twilight non ?) (C'est glauque à souhait de faire ça)

Bref, Blue porte un secret : elle ne doit rien dire de sa vie d'avant, et elle doit passer inaperçue. Bon on passera sur le fait qu'une fille censée "rester le plus discrète possible", décide de se teindre les cheveux en bleu...

Je ne vous spoile pas plus l'intrigue, vous aurez peut-être envie de lire ce livre, mais attention, je vais quand même entrer dans les détails pour vous parler du négatif.

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J'ai détesté les prénoms américains utilisés dans ce roman. A un moment faut se décider, soit tu situes ton action en France, soit aux USA : Cameron, Ethan, Blue Stevens, on se croirait dans une série américaine !

Blue et Nathan ne sont pas très attachants... Les deux ont tendance à être très exaspérants sous prétexte de mystère et de secrets...
Les parents sont complètement absents de cette histoire, et les amis sont plutôt des clichés sur pattes.

Ensuite : le MANQUE DE CREDIBILITE. Sérieusement, quand on écrit un roman, on se renseigne sur ce qu'on écrit. L'histoire de Blue, celle de Nathan, tout sonnait FAUX.
Même des détails ! Blue va chez le coiffeur sans prendre de rendez-vous, pour refaire sa couleur bleue, BLEUE les gars et elle ressort une heure plus tard. Mais dans quel monde c'est possible ?!
Rien n'est crédible dans cette histoire : les parents absents, le pseudo-danger omniprésent, les trafics illégaux. On rappelle qu'il s'agit d'ados ?

Les coïncidences sont juste dingues dans ce roman : Toulouse est une grande ville de 472 000 habitants et il est assez rare d'avoir pour voisin le mec qu'il ne faut pas fréquenter sous prétexte qu'il est dangereux et te brisera le coeur.
Pareil pour les révélations de la toute fin, y'a rien de moins crédible que ça !

Et cette relation mère-fils qu'elle entretient avec son petit frère : beurk ! "mon coeur" "mon bonhomme" "Monte dans ta chambre s'il te plait mon coeur, Nathan et moi devons parler" et le gamin est hyper docile en plus !

Autre chose : ce serait bien d'arrêter avec le cliché de la fille qui s'évanouit ou qui a des nausées parce que spoiler alert : elle est enceinte ! On n'a pas besoin d'événements de ce genre pour rendre un récit intéressant. D'autant plus que le traitement de la grossesse chez une jeune fille de 17 ans est franchement fait de façon illusoire. On n'est peut-être pas d'accord sur la question de l'avortement. Ou alors l'autrice n'a pas du tout conscience de ce que ça implique de mettre un enfant au monde (mais à 17 ans moi aussi je croyais que la vie était facile et que j'aurais pu avoir un enfant jeune. Mais entre AVOIR et ELEVER un enfant y'a un fossé, BREF.)

On peut connaître le nom du policier (vers la fin); plutôt que d'utiliser le mot "policier" 4 fois en 2 pages ! Il est complètement déshumanisé. Sérieusement, on se doute qu'il n'est pas un personnage hyper important, mais il pourrait avoir un nom au moins... Merci pour lui.

Par ailleurs le discours tenu sur la drogue est assez ambivalent et je le trouve assez dérangeant : ça rapporte des sous, donc le garçon ne va pas arrêter en si bon chemin même si sa copine a déjà vécu des traumatismes liés à la consommation et à la vente de drogues.
C'est intéressant de mettre en avant les effets de la drogue sur des types assez abîmés par la vie, de montrer que ça a un impact sur l'entourage. Et malgré tout, le copain de Blue maintient son activité ! Bref, je trouve que c'est plutôt dangereux de lire ce genre de choses quand on est ado, l'image véhiculée est sacrément dérangeante.


En réalité, j'ai l'impression d'avoir lu une histoire que j'aurais pu m'imaginer dans ma tête quand j'étais ado. Un truc invraisemblable, où tu rajoutes des événements de ouf pour donner du dynamisme, de la matière à l'histoire mais au final ça manque complètement de crédibilité.
J'aurais préféré que ça reste une romance, sans qu'il n'y ait d'événements rocambolesques.

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Mais à côté de ça, il y a du potentiel :

L'autrice sait gérer le suspense, elle révèle par petites touches les secrets de Blue. Alors ils ont beau ne pas être très crédibles, elle les distille correctement, nous donnant envie d'aller jusqu'au bout de son roman pour les découvrir.

Son style d'écriture est très simple, presque trop imagé sur des détails du quotidien mais au moins on visualise plutôt bien les scènes. Le vocabulaire est simple, pas de métaphores alambiquées, c'est fluide et ça se lit vite, je n'en demandais pas plus.

Ses deux personnages principaux sont plutôt bien campés, je n'ai pas eu de mal à imaginer Blue ou Nathan.
Peut-être un peu de mal à comprendre la dynamique entre Blue et Minho, son meilleur ami qu'elle se fait en un temps record. En fait, ça n'a aucune profondeur et on se demande comment ils font pour être amis en si peu de temps.
Mais à part Blue et Nathan, les autres personnages sont peu développés et on ne sait pas grand chose d'eux.
(pardon j'avais dit que je présenterai des éléments positifs à la fin, mais je n'ai pas réussi).

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Un roman invraisemblable, mettant en scène des personnages bien trop jeunes pour vivre tout ce qui leur arrive.

3/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 19 juillet 2018

La liste, Siobhan Vivian

Quatrième de couv' : LA LISTE A ENCORE FRAPPE !
Classes de 3e
La plus moche : Danielle De Marco
Alias Dan The Man.
La plus belle : Abby Warner
Mention spéciale du jury pour avoir surmonté la génétique !

Classes de 2de
La plus moche : Candace Kincaid
Pour info, la beauté n’est pas qu’une question d’apparence.
La plus belle : Lauren Finn
Tout le monde craque pour la nouvelle.

Classes de 1re
La plus moche : Sarah Singer
A croire qu’elle fait tout pour être moche.
La plus belle : Bridget Honeycutt
Quelle différence peut faire un été !

Classes de Terminale
La plus moche : Jennifer Briggis
(Roulement de tambour, s’il vous plaît !)
Nommée quatre ans de suite, une première dans l’histoire de Mount Washington !
La plus belle : Margo Gable
Saluons notre nouvelle reine de la rentrée !


Mon avis : J'en avais entendu parler dès sa sortie, mais l'une de mes collègues l'avait lu et n'avait pas trop aimé, j'avais donc passé mon tour pour la lecture.
Mais lors de ma dernière virée en librairie, je l'ai vu en poche, je me suis dit que ça me coûtait pas grand chose de l'acheter, d'autant plus qu'en le feuilletant, j'ai bien aimé les passages que j'ai lus.

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L'histoire s'étale sur une semaine. Une semaine de la vie de 8 lycéennes qui ont toutes été nommées sur une liste, la traditionnelle liste des belles et des moches. Voilà pour l'intrigue. On plonge simplement dans la vie lycéenne de 8 jeunes filles qui sont injustement étiquettées.

Cette liste, c'est un concept qui choque. D'ailleurs la nouvelle proviseure (bienveillante) souhaite empêcher cette tradition de perdurer. La liste est établie anonymement par une ou des personnes et le flambeau est passé d'année en année. Mais qui la rédige ?
Cette liste conditionne totalement la vie des 8 nommées pour l'année à venir : comment réagissent les "moches" ? Quel pouvoir donne-t-elle aux "belles" ?

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J'ai bien aimé ce roman. Le style est fluide, on alterne entre récit et dialogues. Le livre est divisé en 6 journées durant lesquelles on suit chaque fille, chacune ayant une réaction différente à la publication de cette liste.

Ce qui me chagrine un peu c'est qu'on n'aille pas plus profondément au coeur des personnages. Je pense qu'il aurait fallu un livre entier pour parler du problème de Bridget et de sa petite soeur. Idem pour comprendre l'attitude de la mère de Lauren. Ou pour mieux cerner et voir évoluer Candace. Bref, si au début j'avais du mal à savoir qui est qui, à la fin j'ai ressenti un goût de trop peu.

Ce qui m'a plu c'est qu'au delà des apparences, même catégorisée comme "belle" ou "moche", chacune des filles a une histoire, des soucis, une pression sociale. Tout n'est pas noir ou blanc, tout n'est pas d'une grande simplicité.
L'autrice nous montre ce qui peut arriver quand on se soucie trop de son apparence, de son image. D'ailleurs un point qui me semble important : elle ne décrit jamais ses personnages, ou très peu. A nous de nous faire une idée de ce à quoi ressemblent les 8 jeunes filles. Et finalement c'est un exercice difficile, on sait qu'elles sont soit "belles", soit "moches", mais arrive-t-on à les imaginer ? Moi non.

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Le mystère autour du rédacteur∙trice de la liste est heureusement levé et j'ai trouvé que c'était une bonne idée d'utiliser ce personnage dans ce but-là.

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La fin n'a rien d'extraordinaire, chaque situation se dénoue de façon crédible, et souvent parce que l'humanité de chacune est remise au centre : l'entraide, la solidarité, la bienveillance, l'amitié sont des valeurs qui ressortent.
Pour d'autres il n'y a pas de happy ending, juste : life goes on. C'est sûrement ce qui m'a le plus plu dans ce livre : le fait que chaque réaction, chaque histoire soit crédible. L'autrice ne cherche pas à faire du trash, ni de l'extraordinaire.

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Je suis plutôt surprise des mauvaises notes et avis des autres lecteurs∙rices, pour moi c'est un livre très classique dans sa forme, et qui manque peut-être d'originalité, mais j'ai passé un excellent moment, je n'ai pas vu les pages défiler et j'ai trouvé les personnages intéressantes dans leur façon d'être si différentes les unes des autres. J'ai vraiment aimé voir les bouleversements que causait cette liste auprès des adolescentes. En bref une bonne lecture !

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 15 juillet 2018

La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury

Quatrième de couv' : Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, c’est chez elle. Elle aime y observer ceux qui lisent : la vieille dame, le collectionneur d’éditions rares, la jeune fille qui pleure à la page 247. Comme si leurs lectures donnaient de la couleur à sa vie si prévisible. Puis un jour, elle descend deux stations avant son arrêt habituel. Un pas de côté peut-il changer une vie ?

« Une jolie fable dotée d’un petit brin de folie, pour tous ceux qui veulent refermer le livre le sourire aux lèvres. » Lire


Mon avis : J'ai acheté ce roman vendredi dernier, sans jamais en avoir entendu parler. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Du coup je me suis fait mon petit scénario : une histoire où l'héroïne raconterait ses lectures du métro ou celles des autres passagers, ou ses rencontres dans le métro liées au fait qu'elle lise durant ses trajets. Bref, je m'attendais à quelque chose d'assez précis. Et forcément, comme ce n'était pas ça du tout, je suis déçue !

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Le roman est court : 175 pages, mais je n'ai pas réussi à me plonger dedans comme j'aurais dû. Je n'avais pas non plus envie de l'abandonner vu qu'il est court, ou de le reprendre plus tard. Une fois commencé, je voulais aller jusqu'au bout.

L'histoire est celle de Juliette (déjà il m'a fallu 70 pages pour réaliser que c'était son prénom...), la vingtaine, agent immobilier, qui s'ennuie dans sa vie. Un jour, elle va descendre une station avant son arrêt et tomber sur une porte laissée entrebâillée par un livre. Un peu curieuse, Juliette pousse la porte, accompagnée par une petite fille surgie de nulle part, prénommée Zaïde.
Juliette va faire la rencontre du père de Zaïde, Soliman, un homme renfermé, obsédé par les livres d'occasion qu'il accumule et donne à des "passeurs". Ces passeurs doivent trouver le bon livre pour une personne qu'ils auront pris le temps de suivre, d'étudier de loin. C'est ce que Juliette va tenter de devenir.

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Je n'ai pas apprécié l'héroïne. Je la trouve faible et beaucoup trop sensible pour aucune raison.
Je n'ai pas compris sa relation avec Soliman. Ça n'avait rien de romantique, rien non plus ne les rassemblait, puisqu'ils ne se parlaient de rien... Alors je n'ai pas compris la réaction exagérée de Juliette quand il arrive quelque chose à Soliman.

Soliman force Juliette à devenir passeuse, elle accepte ce rôle sans rien comprendre... et nous non plus on ne comprend rien, puisqu'on nous donne très peu d'explications sur ce rôle ou sur les autres passeurs. L'autrice n'a pas du tout approfondi cette activité, (alors que c'est censé être le coeur du roman, non ?) et comme bien souvent dans ce roman, on reste en surface sans jamais trop comprendre ce qui se passe. L'autrice s'amuse à créer du mystère alors qu'on aimerait des réponses.

On dirait aussi que Juliette ne prend pas son nouveau rôle de passeuse très au sérieux. Elle file le premier livre qui lui tombe sous la main à la première personne qu'elle croise. Plus tard dans le roman ce sera pareil, elle va se plonger dans les livres, les dévorer, mais sans jamais apprendre à connaître les gens qui l'entourent et à qui elle doit donner des livres.

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D'ailleurs les personnages sont peu approfondis, on n'explore pas du tout leur personnalité. Juliette est le personnage le plus décrit, surtout par ses émotions très fortes, mais là encore j'avais l'impression de rester en surface et de ne pas comprendre ce personnage. Je ne me suis ni identifiée, ni attachée à elle. Je l'ai trouvée assez insupportable, ce qui la caractérise c'est sa faiblesse, sa fadeur. Et le changement qui s'opère en elle vers la fin du roman m'a semblé incongru, peu crédible. On ne change pas si vite, surtout quand on a vécu toute sa vie dans un cocon sans prendre de risques.

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Quant au style, on est noyé sous des détails, une profusion de phrases à rallonge, des digressions qui cherchent à créer une ambiance mais qui font perdre au lecteur son rythme de lecture.

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Je pensais trouver de nouvelles idées de lectures dans ce livre, ce n'est pas le cas. Ce ne sont pas les livres qui sont mis à l'honneur, mais plutôt un personnage qui est censé s'épanouir.
Cependant ça ne sonne pas comme un roman feel-good comme on a l'habitude de lire sur le sujet. Là, les personnages et leurs liens sont peu explorés et on ne comprend pas bien ce qu'ils peuvent s'apporter.
J'ai le sentiment que le sujet est mal traité, ou que j'en attendais complètement autre chose. J'ai l'impression de ne pas avoir été touchée du tout, d'avoir lu sans lire, comme si le déclic n'était pas venu, comme si ce livre mettait une distance entre ses lecteurs et son histoire. (Et je vois d'après les critiques Livraddict, Sens Critique ou Babelio que je ne suis pas la seule à avoir ce ressenti).


Je crois qu'il faut définitivement que j'arrête de lire des livres qui parlent de livres ou de librairie, car je suis TOUJOURS déçue, ne trouvant jamais ce que j'y cherche.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 14 juillet 2018

Mates, Dates & Pulling Power, by Cathy Hopkins


Quatrième de couv' : Nesta is devastated - she has to wear a brace ! She thinks that no boy will ever look at her again without thinking of the killer shark in Jaws. And practising a smile that doesn't show her teeth isn't helping. There's only one option : to become a recluse. 


Lucy, Izzie and TJ try to help her realise that she still looks great and anyway, it's her bubbly personality that counts. But Nesta's not convinced. Things change, however, when she meets Luke. He not only restores her confidence in her pulling power, but also introduces her to a whole new side of her personality. 


Mon avis : Après le tome 6, autour d'Izzie/Lizzie, lu en juin, ce tome 7 est dédié à Nesta (ou Tasha en VF). Nesta est un personnage que je n'aime pas trop. Je la trouve agaçante et plus immature que ses copines. Elle est aussi constamment représentée comme la fille super belle du groupe, et je dois dire que ça a tendance à m'énerver.

Dans ce tome-ci, Nesta en prend un coup car elle doit porter un appareil dentaire. Pendant un temps elle va devoir s'adapter à sa nouvelle tête, son sourire avec des fils de fer sur les dents. Bref, tout tourne autour de son physique. Physique qui va devoir lui servir plus tard, puisqu'elle souhaite devenir actrice. Loin de s'imaginer tous les inconvénients du métier, elle est persuadée qu'elle aura toujours un rôle, et qu'elle acceptera tous les rôles qu'on lui proposera. Heureusement, sa rencontre avec Luca, un jeune homme magnifique (évidemment les belles personnes s'attirent...), va la faire redescendre sur terre et réaliser qu'il va falloir qu'elle songe à un plan B pour ne pas tout miser sur son physique. Mais l'histoire prend un tournant plus familial quand Nesta découvre qu'il existe un lien entre elle et Luca. Mais lequel ?

Je n'ai jamais été très fan de ce tome, d'autant plus qu'en VF il était sorti quand j'avais déjà 17 ans et j'étais donc moins prise par cette saga (c'était pour moi l'année du bac de français, j'avais donc d'autres lectures en priorité). Je n'ai lu ce tome que 2 ou 3 fois grand max, contrairement aux 3 premiers que j'ai saignés !

Celui-ci est littéralement focalisé sur Nesta et ses problèmes d'apparence, à cause de son appareil dentaire, puis de sa relation avec Luca, puis du secret de famille qui entoure les De Biasi et son père.

Etrangement, l'une des conclusions de Nesta/Tasha dans cette histoire, est que l'amitié c'est super important, qu'on choisit ses amis, pas sa famille, qu'on devrait tout faire pour rester en bonne entente avec ses amis, etc. et pourtant dans ce tome-ci, les amies de Nesta/Tasha sont le moins présentes de tous les tomes !

Les deux-trois dernières pages sont vraiment pas mal. L'autrice montre, par le personnage de Nesta/Tasha qu'on peut très bien être quelqu'un de "léger", pas obligée d'être profond pour être apprécié à sa juste valeur. J'aime assez cette conclusion, même si elle apparait un peu comme un cheveu sur la soupe à la fin du roman.

Un tome sympa pour qui apprécie les secrets de famille, mais personnellement mon peu d'attachement au personnage de Nesta n'a pas aidé à me faire adorer cette lecture.

A la fin des chapitres, on trouve des petits conseils de la part des protagonistes (mais on sent quand même beaucoup la patte de l'autrice adulte).

6/10

mardi 10 juillet 2018

A Suspicious River, Laura Kasischke

Quatrième de couv' : Le Swan Motel, de l'autre côté de la rue, était propre et frais – draps amidonnés, moquette beige, serviettes de toilette blanches et décentes que nous envoyions deux fois par semaine à Ottawa City, pour les faire laver, dans un camion plein de sacs-poubelle en plastique vert olive. Derrière le motel, la Suspicious River roulait ses flots noirs...
L.K.

Hyperréalisme, violence et crudité, transfigurés dans un univers poétique d'une force exceptionnelle, Kasischke n’est pas sans rappeler le grand Hopper et les meilleurs cinéastes américains. Mais surtout, elle fait du lecteur un voyeur fasciné, véritable héros de cette entreprise.

Le premier roman de Laura Kasischke, poétesse, est magnifique. Il a le trouble opaque, inquiétant, d’une eau dans laquelle on ne sait ce que l’on trouvera : le salut ou la perte. Manuel Carcassonne, Le Figaro littéraire.


Mon avis : J'ai acheté ce livre en Octobre 2013 parce qu'à l'époque je voulais découvrir cette autrice (ce que j'ai fait depuis avec d'autres romans qui m'ont souvent plu). Celui-ci, je l'ai longtemps laissé dans ma PAL parce que je trouvais le résumé un peu trop succinct, je ne savais pas du tout quelle ambiance j'allais trouver, ni quelle était l'intrigue. Mais récemment, j'ai eu envie de l'en sortir. 
En début d'année j'ai lu Esprit d'hiver de l'autrice (son dernier roman je crois), que j'ai ADORE. C'est le roman que je n'oublierai jamais tellement il m'a marquée. Cependant j'aurais dû lire A Suspicious River avant Esprit d'hiver, car l'autrice a clairement amélioré son style et ses intrigues au fil des années. 

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L'histoire est assez glauque : une jeune femme, Leila, travaille comme réceptionniste dans un motel. Très vite on apprend qu'elle a commencé à se prostituer pour des clients du motel. Elle ne sait pas spécialement pourquoi elle le fait, l'argent ne la motive pas plus que ça. 
Elle est mariée à Rick, un jeune homme qui a perdu beaucoup de poids et qu'elle a du mal à reconnaître. A 24 ans, Leila semble subir sa vie. 
(Je n'en dis pas plus, je ne veux pas spoiler)

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L'intrigue se déroule doucement au fil du roman, un peu comme si l'autrice soulevait un voile, nous permettant de mieux connaître Leila. Parfois on a des flashbacks, puis un retour au présent. J'ai eu du mal avec ça, parce qu'il faut lire plusieurs lignes avant de comprendre qu'on lit l'histoire de Leila enfant ou adolescente. Ces flashbacks révélateurs, de plus en plus présents au fil du roman, annoncent la vie sans espoir de Leila, une vie pleine de drames. 

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Le style est soigné et surtout très imagé. Je n'aime pas tellement quand l'action est entrecoupée de toutes ces images que Leila perçoit car on part dans des sortes de délires lyriques et ça casse mon rythme de lecture. 
Attention aussi car dès le début c'est très cru, il y a des scènes de viols, de violences, de maltraitance gynécologique, bref il faut avoir le coeur bien accroché pour supporter certains passages.
Laura Kasischke tente de créer une atmosphère glauque, ce qu'elle réussit très bien. (Mais c'est encore meilleur dans ses romans suivants). C'est un climat pesant, étouffant. On ressent très vite un malaise, une gêne pour respirer...

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Il y a assez peu de personnages : Leila, Rick, les parents de Rick, les parents de Leila et quelques hommes qui gravitent autour de Leila. Au moins, on ne se perd pas dans une large galerie de personnages, d'autant plus qu'on les perçoit du point de vue de Leila. Du coup ils ne sont pas extrêmement développés, mais suffisamment pour qu'on comprenne leur caractère et ce qu'ils veulent faire. Laura Kasischke suggère, à nous de voir et de comprendre ce que l'on souhaite. 

Quant à Leila, c'est un personnage très renfermé, très particulier. Elle est paumée, elle se fiche complètement de ce qui lui arrive. Elle n'a aucunement conscience de son propre corps, elle vole au dessus, et elle l'offre à tout homme. Son indifférence face à la vie, son manque d'émotions la rendent assez peu sympathique et un peu ennuyeuse. 

En fait, ce qui est étonnant c'est qu'en tant que lecteur, on voit le danger arriver sur elle, on dirait un rapace qui s'approche de sa proie et Leila se donne spontanément au rapace, un peu comme si elle avait attendu toute sa vie avec détachement, jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose, mais ce quelque chose est grave et dangereux. 

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C'est un roman sombre et triste, soit qui lasse, soit qui enrage. Personnellement il m'a lassée, même si je l'ai "dévoré". Je me suis accrochée surtout pour éviter de l'abandonner, car je savais que si je le reposais, je n'aurais pas eu envie de le reprendre. 

Ce roman traite de maltraitance, de violence, de prostitution et de l'absence de soi-même à la vie. Bref des sujets très durs. Le traitement qui en est fait est sans espoir, avec fatalisme et avec l'indifférence de Leila, ce qui peut rendre le roman assez frustrant, en plus d'être dérangeant. 

Outre le style qui est bon et bien travaillé pour un premier roman, les sujets traités sont graves et l'histoire est difficile. Laura Kasischke est une autrice talentueuse, mais cette histoire ne m'a pas embarquée suffisamment. 
Vraiment un roman qui ne peut pas plaire à tout le monde et à ne surtout pas mettre entre toutes les mains... 

5/10 


vendredi 6 juillet 2018

Souvenirs d'un pas grand-chose, Charles Bukowski

Quatrième de couv' : Bukowski n’a rien oublié : ni la violence, ni la douleur des premières années de sa vie. Il parle vrai et dur. Les coups reçus et donnés, les désespoirs d’un jeune homme laid qui n’a jamais la bonne «attitude», les mesquineries des petits débrouillards, la bouteille, la guerre qui se prépare et n’engloutira pas indistinctement tout le monde, tout cela est dit sans détour.
Le constat est effrayant mais drôle: on sait rire aussi, que diable ! La machine à durer en verra bien d’autres, c’est évident. Les outrances, ici, ne sont, après tout, que celles de la vie elle-même. Et puis l’émerveillement n’est jamais loin, même derrière le souvenir de jeunesse le plus cruel. Chez Bukowski, le cœur est tendre, mais bien accroché.


Mon avis : Ce livre était dans ma PAL depuis beaucoup trop longtemps. Reçu en cadeau parce qu'en 2010 on m'avait dit du bien de Bukowski, j'avais tenté de le lire, mais je n'avais pas été bien loin dans l'histoire, la trouvant trop violente.
C'est après avoir tourné cette vidéo, que je me suis dit que j'allais me relancer dedans. En relisant les premières pages, j'ai trouvé que c'était assez digeste et j'ai donc tout lu.

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Cependant tout lire, ne veut pas dire aimer. Dans ce livre, Bukowski raconte son enfance et son adolescence. Il prend le parti de se nommer Henri Chinaski, mais apparemment il s'agit bien d'une autobiographie.

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Pourquoi je n'ai pas aimé ? 
- Le style. Si le début m'a semblé "digeste", par la suite le style s'étoffe et devient lourd, difficile. Certains trouveront que c'est fluide, moi non, je dirais que c'est brut et âpre.
Sur wikipedia on peut lire qu'il fait partie du mouvement "Réalisme sale" et c'est tout à fait ça ! C'est très cru, on a des détails assez glauques (les scènes de baston) voire dégoûtants (les passages sur la façon dont on lui soigne son acné).

- L'histoire. Sans pathos, sans se lamenter sur sa vie, Bukowski raconte des trucs crades ou violents.
Il n'a pas connu l'amour dans sa famille, son père était un véritable con, une grande gueule qui passait ses nerfs sur son fils. Sa mère était quasiment invisible.
La situation à l'époque n'était pas glorieuse, Bukowski avait 9 ans au moment de la Grande Dépression. Ce roman traduit vraiment une atmosphère particulière ; le moindre dollar comptait, ses parents, tout comme ceux de ses camarades, n'avaient pas d'emploi ou galéraient pour en trouver. Les parents avaient donc d'autre chose à se soucier que de leurs enfants, d'où certainement ce manque d'amour évident, qui a façonné l'auteur. Les gamins extériorisaient via la violence. Ils n'arrêtaient pas de se battre entre eux.
Henri/Charles a dû apprendre à se débrouiller seul, ce qui l'a poussé à faire n'importe quoi (comme boire de l'alcool dès l'âge de 13 ans). L'injustice et la dureté de la vie, il les a appris très tôt.

A l'adolescence, il est atteint d'acné purulente, ce qui le rend disgracieux. Il doit se faire soigner à l'hôpital, raconte comment se déroulent les séances de soin. On voit bien que ça le gêne, notamment parce qu'il prend conscience que lui ne peut pas attirer les filles, qui seraient rebutées par son aspect (le passage à la plage). La frustration de voir ses "amis" traîner avec des filles se lit entre les lignes. On sent que cette acné l'affecte, pourtant au bout d'un moment il n'en parle plus. S'est-il habitué à la situation ?

Puis il passe son bac, entre en fac pour passer le temps. Il cherche aussi du travail pendant un temps, il en trouve mais se pose des questions sur l'intérêt de celui-ci, j'ai trouvé la réflexion assez intéressante. L'injustice est au coeur de ce livre ; pourquoi certains ont ceci quand d'autres n'ont rien ? Pourquoi certains sont beaux ET riches quand d'autres sont laids ET pauvres ?

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J'ai plutôt aimé les passages où il va à la bibliothèque, où il commence à écrire, même si ce sont des passages qui ne sont pas tellement mis en avant. J'aurais aimé qu'il soit plus explicite sur son désir d'écrire.

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Par contre la fin me le rend encore plus insupportable : il erre dans la vie. Il passe son temps à se battre, à chercher les embrouilles, il a un sérieux penchant pour la boisson. Bref, Bukowski ne s'épargne pas auprès des lecteurs, au contraire, il est tout à fait authentique, se présentant à nous avec tous ses défauts. Ce roman nous montre comment il s'est forgé, par quelles étapes il est passé.

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J'ai trouvé le livre long (les passages sur le baseball, le touchball...), parce qu'on nous présente un anti-héros, un type insupportable et violent. Cela dit, j'éprouve aussi une sorte de tendresse à son égard parce que son histoire nous montre bien qu'il aurait été difficile pour lui d'être autrement : personne n'a jamais manifesté de tendresse ou d'amour à son égard. Il a grandi à une époque où si on est pauvre, on reste pauvre toute sa vie, parce que le système ne favorise que les plus riches, les plus beaux, les plus intelligents.

« La route que j'avais devant moi, j'aurais presque pu la voir. J'étais pauvre et j'allais le rester. L'argent, je n'en avais pas particulièrement envie. Je ne savais pas ce que je voulais. Si, je le savais. Je voulais trouver un endroit où me cacher, un endroit où il n'était pas obligatoire de faire quoi que ce soit. L'idée d'être quelque chose m'atterrait. Pire, elle me donnait envie de vomir. Devenir avocat, conseiller, ingénieur ou quelque chose d'approchant me semblait impossible. Se marier, avoir des enfants, se faire coincer dans une structure familiale, aller au boulot tous les jours et en revenir, non. Tout cela était impossible. Faire des trucs, des trucs simples, prendre part à un pique-nique en famille, être là pour la Noël, pour la Fête nationale, pour la Fête des Mères, pour... les gens ne naissaient-ils donc que pour supporter ce genre de choses et puis mourir ? »

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En fait je ne sais pas trop quoi en penser : le début m'a plu, je me suis plongée dans l'histoire, mais au bout d'un moment toute cette violence, cette colère, c'était trop. C'est à se demander si il trouve du réconfort dans l'existence par la violence ou l'alcool ? Je ne sais pas, je trouve ça assez triste d'être si désabusé, si cynique.

Ce livre m'a fait ressentir des émotions diverses alors j'imagine que même si je n'ai pas "aimé" l'histoire et le style, ce livre ne m'a pas laissée indifférente.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Un doux pardon, Lori Nelson Spielman

Quatrième de couv' : Il suffit parfois d’une simple pierre pour faire basculer le destin.
Une simple pierre ou plutôt deux, arrivées par la poste. Hannah Farr, animatrice télé en plein flottement tant professionnel qu’amoureux, se trouve ainsi face à un choix.
Renvoyer l’une de ces pierres à celle qui la martyrisa enfant, c’est lui accorder son pardon. Mais à qui adresser la seconde, censée perpétuer la chaîne ? S’il est facile de pardonner, demander des excuses peut à jamais changer le cours d’une vie…


Mon avis : Depuis des années ce livre était sur ma wishlist, quand je l'ai vu au supermarché, je l'ai acheté (je n'ai aucun scrupule à me procurer des livres de chick-lit en supermarché). Je ne comptais pas forcément le lire tout de suite, mais comme dans mes listes de PAL il se retrouvait toujours isolé, je me suis dit que ce serait mieux de le lire avant qu'il ne passe 3 ans dans ma PAL.

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L'histoire est celle d'Hanna, environ 35 ans, qui a perdu son père un ou deux ans auparavant, a coupé les ponts avec sa mère à l'adolescence. Elle a un compagnon, qui est le maire de la Nouvelle-Orléans. Lui est veuf et a une fille de 17 ans, Abby, qui ne supporte pas Hanna. Heureusement, elles ne vivent pas sous le même toit. Hanna a son propre appartement, et surtout elle est l'animatrice télé d'une émission "The Hanna Farr Show", qui connaît une baisse d'audience.
Au moment où on la découvre, un phénomène est très en vogue, ce sont les "pierres du pardon". D'ailleurs Hanna en a reçu de la part de Fiona, la créatrice du mouvement, une ancienne amie qui lui a causé du tort durant leur adolescence.
Hanna, pressentie pour un poste d'animatrice télé à Chicago, doit inventer un concept d'émission. Elle va alors s'inspirer des pierres du pardon pour imaginer une émission. Mais rien ne va se passer comme prévu et c'est l'intégralité de sa vie qui va changer.

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C'était agréable à lire, bien qu'il y ait parfois un peu trop de descriptions des faits et gestes d'Hanna. Mais on est dans un roman comme ça, qui ne demande pas trop de réflexion donc il faut bien meubler avec des passages parfois inintéressants !

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Les personnages sont peut-être un peu superficiels, surtout ceux qui entourent Hanna. Certains sont assez peu nuancés, d'autres auraient pu être plus approfondis, comme le compagnon d'Hanna, ou Dorothy, son amie malvoyante.

Ce qui m'a un peu agacée c'est la gentillesse d'Hanna. C'est peut-être un cliché de ma part, mais pour une animatrice télé, je trouve qu'elle manque de caractère, et surtout d'ambition ! Je l'ai trouvée trop crédule et naïve face à Claudia, bien que son amie Jade lui ait dit de se méfier.
Hanna est assez attachante, elle cherche à se faire aimer de tous, et son histoire est touchante.

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Le retournement de situation à une centaine de pages de la fin m'a vraiment surprise. Je pensais qu'on arrivait sur une résolution de l'intrigue, alors qu'en fait, on découvrait un nouveau rebondissement qui changeait la donne. Bref, j'ai été agréablement surprise, même si ce n'était pas ultra-crédible... d'ailleurs il faut avouer que le personnage de RJ n'est pas très crédible non plus, vu comment il s'investit auprès d'une femme qu'il n'a vu qu'un après-midi...

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Ce roman aborde évidemment la thématique du pardon. Comment avouer ses fautes ? Sera-t-on pardonné ? Et peut-on pardonner ? Cela dit, j'ai trouvé que mettre en lumière le pardon de cette façon en faisait un peu oublier qu'il s'agit d'un cheminement intérieur et que ce n'est pas quelque chose de "publique".

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Un roman très feel-good, agréable et rapide à lire. J'ai passé un bon moment et c'est ce que j'attendais.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur