samedi 30 juin 2018

Le temps des amours, Marcel Pagnol

Quatrième de couv' : L’année  de cinquième ; la découverte de la « vocation » poétique ; Lagneau, le cancre héroïque, et encore et toujours Lili, qui, en compagnie de Marcel, soutient Joseph lors d’une partie de boules d’anthologie…

Annoncé comme « à paraître » dès la sortie du Temps des secrets, Le Temps des amours (1977) sera différé par un Pagnol pris par d’autres projets et qui, peut-être, retardait le moment de quitter les héros de son enfance. Personne n’y croyait plus lorsque, trois ans après la mort de l’écrivain, ses proches trouvèrent dans ses dossiers un certain nombre de chapitres achevés qui, mis bout à bout, constituaient ce Temps des amours si longtemps attendu. Plus hétéroclite que les trois premiers, ce quatrième volume contient pourtant certaines des plus belles pages de Pagnol, notamment une histoire de la peste à Marseille à laquelle l’écrivain tenait particulièrement.

« Ce n’est que bien plus tard que je découvris l’effet le plus surprenant de ma nouvelle vie scolaire : ma famille, ma chère famille, n’était plus le centre de mon existence. »


Mon avis : Je clos enfin la série des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol. Malheureusement c'est une déception sur ce dernier tome, publié à titre posthume. Comme vous avez pu le lire, ce n'est pas un tome construit par Marcel Pagnol, mais des textes que ses proches ont retrouvés et qu'ils ont estimé dignes d'être publiés.

On ne retrouve plus du tout ce qui me plaisait dans les précédents, c'est-à-dire les vacances à la Treille, les relations avec ses parents, son frère ou encore Lili.
Ici, Marcel a grandi, c'est un adolescent, il est au lycée et c'est ce qu'il nous raconte.
Personnellement le côté famille et distractions qu'on trouvait dans les 3 livres précédents m'a beaucoup manqué. Au final c'est ce que je préférais de ces Souvenirs d'enfance. On est loin de l'insouciance du Marcel enfant. Là on a affaire à un jeune homme entre 11 et 18 ans, qui nous raconte ses journées au lycée, ses profs, sa découverte de la poésie. Seule une partie de pétanque nous ramène à La Treille, avec Joseph et l'Oncle Jules.

✹❍✹

Il y a différents chapitres, environ une dizaine, qui ne s'enchaînent pas forcément.
On découvre un très long chapitre sur l'histoire de la peste noire à Marseille à la fin du XVIIIè siècle. C'est un récit prétendument raconté par une personne qu'a rencontré Marcel dans les collines, mais je n'y crois qu'à moitié, je ne pense pas que ce soit un souvenir relaté, mais plutôt un exercice de style de Marcel Pagnol adulte, qui a voulu raconter une histoire, dont il a peut-être entendu parler par ci par là quand il était enfant. Bref, tout ça pour dire que je me suis un peu demandé ce que ça venait faire ici.
Tout comme le titre "Le Temps des amours", dont il n'est finalement pas question ici, hormis au dernier chapitre, quand Marcel Pagnol raconte l'histoire d'amour de son ami Lagneau (même pas la sienne !) et d'une jeune fille aperçue derrière une fenêtre.

✹❍✹

J'ai senti une faiblesse, je pense que Marcel Pagnol était tellement pris par d'autres projets que ses souvenirs d'enfance n'étaient plus aussi importants pour lui à relater. Clairement ça manque de structure, d'enchaînements dans les chapitres.
Par contre, le style est toujours aussi bon et beau. On voit bien que tout ça est parfaitement maîtrisé, bien que ça puisse sembler un peu lourd et lent par moments.

✹❍✹

J'ai moins accroché, d'autant plus que j'étais assez distraire et je n'avais pas tellement le goût à la lecture cette semaine.

D'un côté je me dis que ça fait toujours plus de Pagnol à lire, dont on peut savourer la plume, de l'autre je suis déçue de finir la saga sur un tome comme celui-ci, qui ne correspond peut-être pas à ce que Pagnol aurait souhaité publier...

Cela dit, la postface est à lire absolument, car elle permet de nous éclairer sur le travail de Pagnol, la façon dont ont été écrits ses textes. Et surtout la postface par Bernard de Fallois est pleine de tendresse à l'égard de Pagnol. Il le qualifie de "véritable et très grand écrivain français". Je valide totalement, pour moi Pagnol est un écrivain merveilleusement talentueux et si je devais choisir un auteur décédé avec qui déjeuner, soyez sûr/es que c'est avec Marcel Pagnol que j'aimerais le passer.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 24 juin 2018

Balades en philosophie, Janine

Quatrième de couv' : Avez-vous déjà vu Descartes prendre un bain ? Simone de Beauvoir conduire un bus ? Platon faire la cuisine ?
Avec Janine, qui a le pouvoir d'invoquer les philosophes, cela peut vous arriver ! Si vous la suivez dans ses balades, elle vous montrera que la philosophie est comme une boîte à outils permettant de décortiquer les questions du quotidien. Et si les concepts philosophiques ne donnent pas toutes les réponses, ils permettent au moins de poser les bonnes questions.

Mon avis : J'ai toujours détesté la philosophie. Je pense qu'en avoir 8h par semaine en terminale littéraire n'a pas franchement aidé à me la faire apprécier.

Quand mon frère m'a prêté cette BD, il m'a dit que c'était bien fait, même si parfois ça restait un peu compliqué. Et c'est vrai. Heureusement la BD est divisée en chapitres pour couvrir chaque grand concept de philosophie.

Tout comme l'humour qui anime toute cette BD, les dessins aident à comprendre certaines situations, et surtout des concepts qui peuvent sembler obscurs.
Janine invite des philosophes à partager leurs pensées.
Alors parfois les explications ne sont pas super claires et limpides. Mais j'imagine qu'il faut la relire plusieurs fois pour mieux comprendre.

J'aurais sûrement mieux compris mes cours de philo si j'avais eu cette BD sous la main à l'époque.
J'ai bien aimé les dessins et les couleurs et le découpage est bien fait.

En bref, une bonne BD si on n'est pas trop réfractaire à la philo. Ou même si on l'est, ça peut être une bonne façon d'aborder la philo en contexte.

7/10

La fiche de la BD sur le site de l'éditeur

samedi 23 juin 2018

Bakhita, Véronique Olmi

Quatrième de couv' : Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.


Mon avis : En Février, on m'a prêté ce roman, en me disant qu'il fallait absolument le lire. Je n'avais pas trop envie, par peur que le roman soit lourd et complexe. Et puis j'ai refait un point sur ma PAL, en me disant que ce serait bien que j'ai lu ce roman avant de le rendre (quand même !).

🇸🇩🌕✝️

Vous connaissez peut-être déjà l'histoire de Bakhita, ancienne esclave devenue religieuse.
C'est l'histoire d'une petite fille de 7 ans, au Darfour, arrachée à sa famille, pour la vendre en tant qu'esclave. A partir de là, sa vie bascule. Elle va devoir se mettre au service de familles qui utilisent des esclaves, les torturent au moindre faux pas, ou arbitrairement. Puis la vie lui apporte un nouveau tournant, elle va être emmenée en Italie, où elle sera la nourrice d'une enfant durant 4 ans, puis elle entrera au couvent.

🇸🇩🌕✝️

Alors... je suis mitigée. Autant je trouve qu'elle a eu une vie incroyable, c'est totalement indéniable. Autant je me suis ennuyée avec cette lecture... J'ai mis plusieurs jours pour le lire alors que je lis d'habitude plus vite.

Je vais un peu expliquer : toute la partie sur l'esclavage m'a fascinée, je découvrais des choses dont je n'aurais jamais eu idée. C'était éprouvant et difficile. Et en ça, ce livre vaut le coup, parce que je me suis prise dans l'histoire à 100%, les descriptions de la torture et de la douleur sont tellement bien faites. Mais j'en ressens un certain malaise, comme du voyeurisme à l'égard de Bakhita et de tous les mauvais traitements qu'elle a subis.

La partie sur sa vie en Italie, au couvent, m'a beaucoup moins plu. Déjà, ça manquait cruellement de rythme, il y avait plein d'ellipses et j'avais l'impression que l'autrice ne savait pas comment rendre intéressante cette partie de la vie de Bakhita. Ça faisait plus biographie qu'histoire romancée comme l'était la première partie.

Ensuite, je n'ai pas eu l'impression que Bakhita comprenait réellement Dieu et la religion catholique, qu'elle avait un véritable engagement religieux (pour quelles raisons rentre-t-elle dans les Ordres ?), mais qu'elle voulait surtout être au couvent pour rester en sécurité, pour ne plus revivre l'esclavage, parce qu'elle craignait chaque nouvelle situation. Et ça se comprend ! à son arrivée en Italie, elle ne parle pas un mot d'italien, elle ne comprend pas qui est cet homme cloué sur une croix, elle ne comprend pas ce que les religieuses essaient de lui expliquer, elle ne comprend pas qu'on ne lui donne rien à faire.
En fait, la liberté qu'on lui propose une fois en Italie la terrorise, elle ne l'a jamais connue parce qu'elle n'a jamais été libre. Elle a toujours besoin d'obéir, aux autres, et aussi à Dieu. (Selon moi, devenir religieuse, ce n'est pas ce que j'appelle être libre...)

Alors je sens bien que je juge, et je ne devrais pas parce que je n'ai pas vécu un tel traumatisme. Je ne sais pas si ça vient de la façon dont c'est raconté, ou si c'est ma façon d'interpréter qui n'est pas la bonne, de penser qu'elle n'avait pas réellement la foi. En fait, l'autrice parle très peu de la foi de Bakhita, elle raconte surtout son quotidien au couvent, ce qui me laisse dubitative quant à l'engagement religieux de cette ancienne esclave.
En fait, selon moi, Bakhita aurait pu se retrouver dans n'importe quelle structure qui ne laisse pas à la personne une totale liberté. Elle aurait pu se retrouver dans une secte, tant qu'on ne la battait pas et qu'on lui disait quoi faire, elle aurait été "heureuse".

Je ne sais pas si elle a été vraiment heureuse, épanouie. Peut-être seulement au contact des enfants. Il aurait peut-être fallu qu'elle en éduque, parce qu'elle avait l'air d'aimer les enfants, de vouloir les protéger du monde si atroce dans lequel elle vivait.

🇸🇩🌕✝️

La question du racisme revient très souvent à demi-mot. Bakhita est la première nonne noire en Italie, on a de nombreux passages racontant comment les Italiens viennent frapper à la porte du couvent pour voir la femme noire. Constamment humiliée, parce qu'à cette époque ce peuple n'a pas l'habitude de voir des personnes de couleur.

Et quand elle raconte son histoire dans un feuilleton, puis un roman, (ses mots ne sont pas les siens, on écrit ce livre à sa place), l'humiliation continuera. Elle partira en tournée en Italie, les soeurs voulant donner d'elle une image qu'elle n'est pas : une femme simplette qui ne comprend rien, une image que les soeurs (et de manière générale la population occidentale) se font de la population africaine à cette époque.
Or Bakhita est une personne intelligente, discrète certes, et qui met du temps à s'adapter à son environnement, mais ça n'en fait pas une simple d'esprit. Elle a une telle faculté à ressentir, à deviner les émotions d'autrui. Elle voit ce que les autres refusent de voir : la faim, la pauvreté, la douleur, la crainte des coups.
Bakhita a une force insoupçonnée, qui lui a permis de survivre à des situations horribles mais elle a aussi en elle une grande soumission, ce qui en fait un personnage ambivalent, qui peut accepter un grand nombre de situations dérangeantes.

A l'époque, quand le livre sur Bakhita est sortie en Italie, l'image que les Italiens avaient des habitants du continent africain, est vraiment lamentable. Il s'accompagne de la montée du fascisme et Bakhita sent que ça craint aussi pour elle. C'est assez triste de lire ça et de voir à quel point Bakhita a subi ce racisme.

Le thème de la liberté est aussi au coeur du roman. Comment quelqu'un réduit en esclavage, qui obtient enfin quelque chose (la liberté) en quoi il ne croyait plus, et qu'il n'a jamais connue, comment peut-il être libre ? Comment peut-il s'assumer ? Se responsabiliser quand il ne sait qu'obéir ?

Le travail de la mémoire est une autre thématique du livre. Bakhita a oublié son nom de naissance, quand elle est devenue esclave. Peu à peu, elle oublie le dialecte de son village (dont elle ne se souvient pas du nom), puis la chanson de son enfance. Elle déplore avoir oublié petit à petit la fille du Darfour qu'elle était.
Mais jamais elle n'oubliera d'être "douce et bonne", comme sa mère lui disait.

🇸🇩🌕✝️

Le style m'a déplu, surtout au début. C'était haché, des phrases courtes, répétitives. Je n'ai pas trouvé que c'était très agréable à lire. Le rythme est souvent lent, surtout dans la seconde partie.
Le problème c'est que je n'ai jamais oublié qu'il y avait une autrice derrière ce texte, tant il était travaillé stylistiquement. Et quand on raconte l'histoire de quelqu'un, il me semble nécessaire de ne pas trop en faire, pour que le héros ou l'héroïne garde sa place et ne soit pas éclipsé∙e par un style trop travaillé.

🇸🇩🌕✝️

C'est un livre qui ne m'a pas séduite au delà de la première partie. Peut-être aussi parce que de nos jours on a de plus en plus l'habitude des destins extraordinaires, des voies qui ne sont pas toutes tracées. De plus le style m'a longtemps gênée, ce qui ralentissait ma lecture. Le romanesque insufflé à la vie de Bakhita enfant et adolescente s'essouffle totalement dans la deuxième partie.
Cependant je pense que c'est un livre à découvrir. Bakhita mérite vraiment tout l'intérêt qu'on lui a porté.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur
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dimanche 17 juin 2018

Mates, Dates & Mad Mistakes, by Cathy Hopkins

Quatrième de couv' : Izzie is restless, and eager to be treated like an adult. So she decides it's time to make some changes. But the new Izzie comes with new problems. First there is Josh Harper - an older, cute, but wild boy. Then there is her mother, who is opposed to every part of the "new Izzie". And then there is a night at Nesta's house, when Izzie decides to make cocktails...

In the process, Izzie learns a great deal about herself and what it means to be grown up - but not before she's upset just about everyone along the way. 


Mon avis : Le mois dernier je lisais le 5è tome des aventures de Lucy, Nesta, TJ et Izzie. Ce mois-ci, place au 6è tome qui se focalise sur Izzie/Lizzie.
Là on arrive au 2 tomes (le 6 et le 7) que j'ai le moins lu, car quand ils ont été publiés en français par Pocket Junior, j'avais déjà 17 ans et donc j'étais déjà plus âgée que les protagonistes.

Dans ce tome, Lizzie veut changer. Elle, d'habitude si sereine et posée, décide de tester de nouvelles choses. Lors d'une soirée chez Nesta, elle va se lancer dans la confection de cocktails. Tandis que ses copines se montrent plus sages, Lizzie boit plus que de raison. Après cela, souffrant d'une gigantesque gueule de bois, elle est punie et forcée à rester chez elle. Mais comment faire pour revoir le mystérieux garçon qui lui a tapé dans l'oeil au parc ?!

Je regrette un peu que ce tome ne se déroule que sur quelques jours (1 ou 2 semaines à tout casser) et qu'il n'implique pas un peu plus toute la bande de copines. L'histoire est très centrée sur Lizzie et sur ses découvertes (l'alcool, les joints, le piercing, la confrontation permanente avec sa mère, etc.)

Aussi, je trouve ça assez surprenant que des garçons comme Ben et Tony soient si conscients du fait qu'on ne laisse pas une fille rentrer seule chez elle le soir. Je ne sais pas si c'est typiquement britannique, si on explique ça aux garçons de cet âge-là, mais j'ai rarement connu des mecs qui savaient (surtout dès l'âge de 15 ans) qu'il est préférable de raccompagner une fille jusqu'à chez elle. Après, je vivais à la campagne et je ne sortais pas beaucoup donc j'imagine que si j'avais vécu en ville, les choses auraient été différentes.

J'ai bien aimé avoir le point de vue d'Angus, le beau-père de Lizzie, qui lui rappelle qu'être parent ce n'est pas si simple, il n'y a pas de mode d'emploi, et sa mère fait son possible pour la protéger. Elle ne lui veut pas de mal, mais elle préfère lui éviter certaines mauvaises expériences.

Dans ce tome, à la fin des chapitres on trouve soit des chansons de Lizzie, soit des petits mots ou des petits rappels pour les copines.

7/10

samedi 16 juin 2018

L'oreille interne, Robert Silverberg

Quatrième de couv' : David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme
un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir – et garder ! – les plus belles femmes… Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui-même, Selig nous conte sa misérable existence.

Grand roman psychologique, plein d'humour et de mélancolie, L'oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d'œuvre de la science-fiction.


Mon avis : Le mois dernier j'ai été dans une petite librairie de la côte bretonne que j'aime bien. Je n'avais pas emportée ma wishlist, du coup j'ai décidé de choisir un livre, comme ça, juste pour le plaisir d'en acheter un dont je n'avais jamais entendu parler.
C'est le rayon SF qui m'a étrangement attirée, moi qui n'en lis quasiment jamais. Comme souvent, c'est la collection de Folio SF qui m'a fait de l'oeil, j'adore ce parme métallisé, que malheureusement Folio SF s'évertue à changer, sûrement parce que ça coûte trop cher à fabriquer.
Bref, je suis tombée par hasard sur L'oreille interne. J'ai lu le résumé qui m'a bien plu. J'avais vraiment super envie de le lire et de le découvrir.

◉⦿◎

Malheureusement, Folio SF en fait un poil trop en parlant de chef d'oeuvre de la science-fiction.
Déjà, ce n'est pas tant de la science-fiction... le protagoniste est télépathe, il peut plonger son esprit dans votre âme et tout savoir de vous, mais il ne peut pas échanger avec vous.
Hormis cet aspect, on n'est pas du tout dans un monde différent du nôtre, avec des progrès scientifiques et techniques. Il s'agit essentiellement d'un roman psychologique, centré sur un personnage médiocre et désagréable qui n'a jamais rien fait pour exploiter son pouvoir et vivre la belle vie.

◉⦿◎

La narration est erratique, parfois à la première personne, parfois à la troisième. Avec des retours dans le passé, des moments dans le présent, ce qui rend le tout assez désagréable à lire.

Le problème de ce livre c'est qu'on attend qu'il se passe quelque chose. Au début, l'auteur pose son cadre, il explique qui est David Selig, comment son "pouvoir" s'est développé dans son enfance, comment il l'utilise, si d'autres personnes possèdent ce pouvoir.
Mais dès le départ on sait que David perd son pouvoir. En fait, j'aurais préféré une narration plus linéaire, grâce à laquelle j'aurais pu voir comment David utilisait son pouvoir depuis sa petite enfance, comment ce pouvoir se traduisait à son paroxysme. Puis doucement on aurait vu qu'il perdait peu à peu ce pouvoir... ça aurait été plus crédible, ça m'aurait permis d'avoir plus d'empathie pour lui aussi. Mais là, cette façon de directement nous dire que David perd un super pouvoir et qu'il n'en a jamais rien fait d'utile, ça met de la distance entre le lecteur et David.

◉⦿◎

Le problème c'est que David vit son pouvoir comme un handicap, s'en plaint constamment plutôt que de l'exploiter et d'en faire un atout extraordinaire.
Il passe son temps à pleurnicher, surtout quand il comprend que la seule chose qui le rendait différent des autres commence à le quitter.

Alors oui les passages où David lit dans l'âme des autres ou quand Toni et lui partagent un bad trip à l'acide, sont très intéressants, ils sont bien construits et on se dit que ça doit être formidable d'avoir une tel pouvoir, ça suppose de pouvoir se sortir de plein de situations sans égratignure, mais tout ça est gâché par le personnage apathique de David.

Finalement c'est le traitement de la solitude, engendrée par ce pouvoir, qui est mal fait, parce que David est un personnage névrosé qui passe son temps à se lamenter sur son sort, qu'il ait ou non ce pouvoir ne change rien, David est LE personnage-type qui se victimise sans cesse.

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Il y a aussi des passages très problématiques : de racisme en particulier. David est un minable qui gagne sa vie en rédigeant des dissertations pour des élèves de l'université. Il leur fait payer 3$ la page et le plus souvent il puise dans ses anciennes dissertations... Bref, un jour un type vient le voir, et ce mec, Yayah, est noir, joueur de basket-ball. Ensuite c'est un festival de phrases racistes et ça m'a mise mal à l'aise.
Ce livre a été écrit dans les années 70, mais ça n'empêche ! D'autant plus que plus tard dans le roman, David se fait tabasser par la bande de copains de Yayah et il est persuadé que c'est du racisme antijuif. Je veux bien croire que ça existe, mais c'est la façon dont c'est mis en oeuvre qui m'a dérangée. David se croit supérieur depuis le début à cet élève noir. Et il a vu dans la tête de Yayah que celui-ci se sentait supérieur à David. Bref, un combat de coq sur fond de racisme. Malaisant.

◉⦿◎

En fait, j'ai eu l'impression de lire un roman dont l'idée de départ était super, avec du potentiel, mais que l'auteur l'avait mal exploitée (ou du moins pas comme je l'aurais souhaité).
Je pense que si je n'ai pas aimé ce roman c'est parce que je ne l'ai pas pris pour ce qu'il était, à savoir un roman psychologique sur la solitude de l'être.
J'en attendais beaucoup plus. Je voulais lire un roman passionnant, je n'ai eu qu'une histoire sans point culminant, sans heurt, sans extraordinaire.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 11 juin 2018

Nuit, Bernard Minier

Quatrième de couv' : Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne de la base offshore. Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant. Au dos, juste un prénom : Gustav.
Pour Kirsten et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.


Mon avis : Mon père et moi aimons bien Bernard Minier. Au point que dès que l'un de ses livres sort, je l'offre à mon père pour le lire après.
Je lui ai offert celui-ci quand il est sorti en poche, et une fois qu'il l'a lu, il me l'a prêté. Comme d'habitude, le livre a passé un peu de temps dans ma PAL (3 mois, ça va). Je craignais que toute l'histoire se déroule en Norvège et que je ne retrouve pas l'ambiance du SRPJ de Toulouse ou des Pyrénées qui sont chères à l'auteur.

❄️🌑❄️

Cette histoire commence bien en Norvège, puisqu'un corps de femme a été retrouvé dans un sale état dans une église de Bergen. Kirsten Nigaard qui travaille à la Kripos (une police norvégienne) est appelée sur le coup, puisqu'on a trouvé son nom inscrit sur un papier dans la poche de la femme assassinée. Elle est amenée à enquêter sur le lieu de travail de cette femme : une plateforme pétrolière en pleine mer du Nord. Là, elle va découvrir des photos particulièrement intéressantes dans la cabine d'un des hommes qui était aussi en repos sur le continent, avec la femme assassinée.
Quel lien avec Martin Servaz ?
C'est lui sur les photos.
Kirsten va remonter jusqu'à lui et lui rendre visite en France. Une enquête se met alors en place, les deux policiers vont travailler main dans la main et nous retrouvons l'ambiance glaciale des Pyrénées qui ont abrité l'un des psychopathes les plus tordus : Julian Hirtmann.

❄️🌑❄️

J'ai bien aimé cette histoire, même si le suspense était moins au rendez-vous qu'avec d'autres tomes. Ça reste palpitant, mais ça manquait de quelque chose pour que je ne pense plus qu'à cette histoire : de l'angoisse peut-être...

Je crois que c'est surtout l'ambiance créée qui m'a plu une nouvelle fois, avec les Pyrénées en fond, le chalet qui abrite des choses pas nettes, le froid des montagnes.

L'auteur excelle à créer une intrigue complexe, dont les fils se dénouent peu à peu, et surtout à la toute fin. Il nous fait évidemment passer par des histoires un peu annexes pour donner du rythme à l'histoire.

❄️🌑❄️

J'ai trouvé la romance assez clichée. Entre les passages pseudo-érotiques vraiment pas nécessaires et la façon dont sont décrits les sentiments de Martin, malheureusement je ne trouve pas que ce soit très bien fait. Ça sonne assez faux et il me semble que ce n'est pas dans les habitudes de l'auteur de produire de tels passages.

❄️🌑❄️ 

Mais ce qui me chagrine avec ce tome, c'est la figure de Martin, éternellement indiscipliné, qui ne transmet jamais ses infos à ses supérieurs, ni à ses collègues. D'ailleurs ceux-ci le trouvent changé, car il ne partage plus rien avec eux. Il ne passe qu'en coup de vent au SRPJ, ne les fait pas intervenir sur son enquête, et il passe encore moins de temps avec sa fille, avec qui il manque clairement de perspicacité, pour ne pas se rendre compte de son état...

❄️🌑❄️

De plus Hirtmann, présenté dans Glacé comme démoniaque, un mec qui fait vraiment flipper... dans ce tome-ci, il ne fait pas peur une seconde. Il en viendrait presque à être sympathique. Servaz et lui partagent même une discussion casual. Où est passé le type maléfique qui inventait des stratagèmes flippants ? Dans ce tome, il attire Martin à lui, par des moyens à peine détournés. C'est trop facile !

❄️🌑❄️

Cependant le dénouement est surprenant. Je n'avais pas du tout vu venir l'implication aussi importante de Kirsten dans l'histoire. Et même si tout cela paraît peu crédible (comment peut-on marcher dans la neige après s'être réveillé d'une opération 1h auparavant ?), et bien les 50 dernières pages m'ont tout de même donné envie de le finir rapidement pour tout comprendre.

❄️🌑❄️

Autre chose : Qui est Marianne ? Parce qu'il en parle constamment, et j'ai complètement zappé de qui il s'agissait. Il faut dire que j'ai lu Glacé et Le Cercle à l'été 2014 et je ne les ai jamais relus depuis, à moins qu'elle n'apparaisse dans N'éteins pas la lumière ? Si vous le savez, n'hésitez pas à me le dire en commentaire.

❄️🌑❄️

Je ne trouve pas que ce soit un polar exceptionnel, mais j'ai pris plaisir à le lire, à retrouver Martin Servaz et son ennemi juré. Dommage que celui-ci ne soit pas à la hauteur de ce que j'en attendais.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 9 juin 2018

Comment naissent les araignées, Marion Laurent

Quatrième de couv' : (résumé de Livraddict) 4 personnages, 4 destins croisés, 4 vies enchaînées. Alice, jeune blonde fraîche et séduisante se cherche dans une ville banale de l'Amérique des années 90. Elle cherche l'amour, elle cherche un sens à sa vie.
Isadora, la clocharde, alcoolique… qui se cache derrière cette façade, y avait-il une femme avant l'épave ?
Billie, est l'amie d'Alice. Elle ne va plus au cours de danse. Billie est noire. Billie est amoureuse d'un blanc.
Barack Obama n'est pas encore président. Dwight aurait bien pu s'appeler Kurt. Artiste dans l'âme, il dessine. Il aime dessiner Alice…


Mon avis : Voilà, je vous présente la toute dernière BD que j'ai achetée sur Vente-Privée. C'est la plus longue et la plus épaisse de toutes, c'est pourquoi je la gardais pour la fin. Le titre m'avait interpellée et j'avais pu voir quelques planches à l'intérieur, dont les dessins me plaisaient assez.

Je ne suis pas du tout déçue ! Je devrais même parler de roman graphique plutôt que de BD.
L'histoire est celle de 4 personnes qui vont se croiser et se trouver. Ça se passe dans les années 90, dans une petite ville américaine.

On découvre Alice, 16 ans, qui est considérée comme la fille "bizarre" du coin. Sa mère voudrait qu'elle reste une petite fille, mais heureusement Alice a un oncle sympa qui la protège, tout en la poussant à faire sa vie. Un soir, Alice rencontre Dwight, elle en tombe amoureuse. Mais Dwight est un garçon secret, un peu grunge, qui aime bien la rembarrer. Difficile de mener une relation comme ça. Jusqu'au jour où il disparait, lui disant qu'il l'appellera. 6 jours passent, elle est dévastée.

Le chapitre suivant est sur Isadora, une femme de 47 ans, qui vit dans la rue. Grâce à un jeu de flash-backs on découvre qu'elle a eu une mère atroce, qui lui faisait du chantage, la maltraitait. Pourtant Isadora s'employait à lui faire plaisir, à faire le maximum pour l'aider, quitte à mettre sa propre vie entre parenthèses. Elle a sombré dans l'alcool, a perdu son job, s'est retrouvée dans la rue.

Puis on découvre "Billie", Abigail étant son vrai prénom. Son père n'est pas présent, il travaille à l'étranger. Sa mère est très pieuse et quoi que fasse Abi, c'est mal. Elle est surveillée par son grand-frère, Léo, qui croyant obéir aux préceptes religieux de sa mère, va détruire peu à peu sa soeur.

Ces 3 femmes vont se retrouver au climax de leur vie, au moment où elles n'en peuvent plus, prêtes à tout lâcher, à cause d'un environnement familial trop pesant. Commence un road-trip, durant lequel elles vont révéler aux autres qui elles sont vraiment, ce qu'elles désirent, ce qui les a blessées.
Ce chapitre clôt les différentes histoires, nous donnant un brin d'espoir pour ces 3 femmes.

La dernière partie est sur Dwight et elle apporte un véritable éclairage sur sa relation avec Alice. Indispensable à la compréhension du personnage.

Bref, le scénario est bon, bien qu'un peu classique sur le fond. Le découpage est très bien fait, avec des flash-backs qui arrivent au bon moment.

Le dessin est pas mal, même si je n'aime pas toujours le trait utilisé. Quant aux couleurs "crépusculaires"en aplats je les trouve en adéquation avec l'histoire.

Chaque personnage a un passé qui l'a blessé, souvent à cause d'un environnement familial, et plus particulièrement d'une mère malsaine. Comment élever des enfants sans faire de dégâts ? c'est peut-être ça la question qui s'impose à la fin de cette lecture.
Un roman graphique qui parle d'émancipation, d'amitié féminine, de blessures.

8/10

jeudi 7 juin 2018

Le temps des secrets, Marcel Pagnol

Quatrième de couv' : Les vacances à La Treille se poursuivent, mais ne se ressemblent plus : Lili doit travailler aux champs avec son père, et Marcel rencontre Isabelle, la fille du poète Loïs de Montmajour. Puis ce sera l’arrivée en classe de sixième, et l’entrée en scène de l’inénarrable Lagneau…

Poussé par ses lecteurs, et pour son propre plaisir, Pagnol décide de transformer son diptyque en tétralogie, et ses Souvenirs d’enfance en authentique roman de formation, du côté de Kim ou du Livre de la jungle.

Dans Le Temps des secrets (1960), le jeune Marcel trahit – provisoirement – l’amitié de Lili pour l’illusion de l’amour, et Pagnol l’écrivain prouve, lorsqu’il croque le poète alcoolique et sa grotesque épouse, qu’il n’a rien perdu de sa vis comica. Le projet prend de l’ampleur, et le livre se termine sans s’achever, dans l’attente du Temps des amours.

« La reine, naturellement, c’était elle, et le chevalier, c’était moi. Nous commençâmes par la fabrication de nos costumes, car comme toutes les filles, elle adorait se guignoliser. »


Mon avis : Je poursuis ma lecture de la saga des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol.

Dans celui-ci, Marcel Pagnol aborde le premier émoi amoureux. Pendant ses vacances, Marcel "sauve" une jeune fille, Isabelle, perdue dans le vallon. Il va ainsi découvrir une famille bien particulière et une jeune fille qui se plait à l'asservir.
Cette partie du livre est très bien retranscrite à l'écran dans le film Le Château de ma mère.

La seconde partie du roman nous plonge au lycée, pour la première année en sixième de Marcel. Je ne crois pas que ça a été adapté dans le film. J'ai donc pris plaisir à découvrir la première journée de Marcel, un peu perdu, comprenant difficilement le fonctionnement du lycée. Puis les mois passent et il cherche sa place au sein de son groupe d'amis. Pris entre la crainte de décevoir son père et la volonté de s'affirmer, Marcel est un adolescent qui commence à faire des choix, loin de sa famille.

J'ai adoré ce roman. Même si je connaissais très bien la première partie, la seconde est du même niveau, puisque Marcel cache à sa famille ce qu'il est devant une fille ou devant ses amis. Le Temps des secrets est un titre parfaitement trouvé pour nous raconter son entrée dans l'adolescence.

Le style est toujours aussi agréable, l'humour est présent tout au long du roman. J'aime tellement la naïveté que le Marcel adulte accorde au Marcel enfant (il ne se doute pas un instant que Loïs de Montmajour est en fait un alcoolique notoire).
J'ai adoré chercher des mots dans le dictionnaire parce que forcément, Marcel Pagnol utilise des mots qu'on n'emploie plus beaucoup aujourd'hui.

Un troisième tome qui m'a beaucoup plu. Je ne pense pas attendre trop longtemps avant de finir la tétralogie, parce que j'aime vraiment découvrir les souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol, j'aime l'ambiance, sa façon d'écrire, sa façon de raconter, sa tendresse envers son entourage et l'enfant qu'il était. Bref, pour moi c'est savoureux !

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 6 juin 2018

Kamila, Cmax

Quatrième de couv' : (aucune donc résumé de Livraddict) Kamila est une jeune maghrébine éprise d'un jeune chanteur rock bohème... Leur idylle sera bientôt tragiquement interrompue. Entre flashbacks et désillusion, l'auteur nous offre une poignante chronique sur le deuil.


Mon avis : Je me répète, mais bon... j'ai acheté cette BD sur Vente-Privée, tout simplement parce que j'en avais entendu parler il y a trèèèès longtemps. Cmax faisait partie des dessinateurs qui avait un blog BD dès 2005 voire avant. Quand j'ai commencé à aller sur internet, j'ai tout de suite été attirée par les blogs BD (sujet de mon mémoire en 2012-2013 d'ailleurs). J'avais une liste de favoris longue comme le bras que je consultais quotidiennement. A l'époque, ils postaient tous hyper régulièrement et j'adorais ça. Certains ont été publiés. D'autres pas. 

Je pense que des dernières BD que j'ai pu acheter sur Vente-Privée, celle-ci est sûrement ma préférée. Tant au niveau des dessins, que du découpage, ou encore de l'histoire, sombre et classique, mais aussi touchante. 

Alex et Kamila sont en couple, lui est musicien, elle assistante sociale. Un soir, tandis qu'Alex donne un concert, Kamila se fait agresser dans le métro. Elle décède et Alex, seul, doit continuer à vivre. Grâce à des flashbacks, on découvre que les deux amants s'aimaient beaucoup, commençaient à avoir des projets de vie à deux, bien qu'Alex soit assez anticonformiste et peu enclin à fonder une famille. Je n'aime pas tellement ce genre de personnage qui se donne un véritable style pour marquer son opposition au reste du monde (on peut très bien être anticonformiste sans avoir le total look du mec qui passe son temps en technival). Cependant je le trouve très touchant dans son deuil. J'aime sa façon de rejeter ce qui l'entoure, même ses amis, pour prendre le temps de faire son deuil. Je trouve ça très réaliste, est-ce autobiographique ? 

Cette BD aborde des thèmes comme le racisme : Kamila subit celui d'un sale type dans le métro, tandis qu'Alex subit celui du frère de Kamila. Mais la thématique principale est le deuil. Alex s'enfonce progressivement. Il se coupe du monde, a du mal à exprimer son désespoir. 

Le dessin est superbe et plus particulièrement les encres. Cmax a clairement du talent pour dessiner des corps fins. J'ai adoré la planche d'encres représentant peu à peu des visages de gens, d'abord un peu flous, on les découvre avec plus de précisions dans la vignette suivante. Les couleurs sont aussi bien choisies, on n'est pas dans une histoire gaie et les tons utilisés suggèrent véritablement la tristesse et la douleur. 

Une très bonne BD sur un sujet assez triste. Les dessins m'ont beaucoup plu et le découpage est très bien fait. Beaucoup de potentiel pour cette BD qui date de 2007 (j'espère vraiment que l'auteur a fait d'autres BD). 

8/10 

lundi 4 juin 2018

Le maillot rouge, Marianne Eskenazi

Quatrième de couv' : (il n'y en a pas alors je vous mets le résumé de livraddict)
"Le Maillot rouge" est un troublant récit d'initiation amoureuse. Sur la plage, Marianne rencontre un jeune homme.
De cet événement commun va naître une relation passionnée, avec ses joies et ses douleurs. Sans fausse pudeur, l'auteur raconte sa découverte des sentiments, du désir, du plaisir, du doute et de la vie. Variation sur le thème de l'amour, "Le Maillot rouge" a le caractère universel des histoires vraies : on se reconnaît dans les rencontres, les hésitations, les bonheurs et les tristesses de l'héroïne que l'on a tous vécus.


Mon avis : Encore une fois j'ai acheté cette BD lors d'une vente-privée, et je ne savais pas à quoi m'attendre. J'avais cru entendre parlé de cette BD récemment, mais vu qu'elle est sortie en 2008, y'a plus de chance que j'ai confondu.

Ça se lit très vite, c'est une BD qui comporte peu de texte. Il s'agit du début de la vie amoureuse de Marianne. A 16 ans, elle est tombée amoureuse d'un garçon rencontré sur la plage. Mais le lendemain il doit partir. Un amour de vacances ? Oui mais pas seulement, les deux protagonistes vont tenter de continuer leur idylle malgré la distance qui les sépare. Ce sont les années 90 donc ils n'ont que le téléphone ou les lettres. Un jour, Marianne découvre qu'il a déjà une copine. Sa vie sentimentale prend un tournant inattendu.

J'ai plutôt apprécié le dessin, même si les couleurs ne m'ont pas vraiment plu. Il y a du bleu pour exprimer le présent et du jaune sépia pour le passé.

Une BD sensible, sur un premier amour décevant. Mais pas inoubliable (la BD).

5/10

Une autre vie, S.J. Watson

Quatrième de couv' : Après Avant d’aller dormir, le nouveau thriller tant attendu de SJ Watson

Femme au foyer, Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu’elle apprend la mort de sa jeune sœur, Kate, victime d’une agression à Paris, près du canal de l'Ourcq, elle est sous le choc. Les deux sœurs, dont les relations n’ont jamais été faciles, s’étaient perdues de vue.

Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d’aller à Paris afin d’en savoir plus sur la vie que menait Kate. Là, elle apprend que celle-ci fréquentait assidûment les sites de rencontre. Le doute s’insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœur n’était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site que celle-ci utilisait.
Toutefois, à l’âge des bilans, des remises en question, des ambitions laissées derrière elle, Julia ne réalise pas qu’elle est en train de jouer un jeu dangereux à double titre. Si, en effet, elle a raison sur les circonstances de la mort de sa sœur, elle prend tous les risques. Et en goûtant à une autre vie, plus excitante, que va-t-il rester de la sienne ?


Mon avis : Mes parents avaient eu la gentillesse de m'offrir ce roman en grand format pour mon anniversaire... en 2016. Depuis, le livre a eu le temps de sortir en poche.
J'en repoussais toujours la lecture, parce qu'il était assez épais. Pourtant chaque fois que je lisais le résumé, ça me disait bien !
En plus le premier roman d'S.J. Watson "Avant d'aller dormir" avait été un véritable coup de coeur (bien avant toute la hype autour) et c'est sûrement grâce à ce coup de coeur que j'ai pu obtenir ma place à l'IUT des Métiers du Livre en 2012. Donc je m'attendais à un super roman, sûrement pour ça aussi que j'en repoussais la lecture, j'avais peur d'être déçue. Mais je l'avais mis dans une sorte de PAL pour l'année 2018 donc il était vraiment temps de le sortir.

💍💉❔

J'ai galéré sur le premier quart du livre. Je lisais doucement, je trouvais les enchaînements mal construits, trop de détails du quotidien, alors qu'il y avait aussi des ellipses temporelles assez importantes. Je trouvais ça mal équilibré : d'un côté trop de détails et de répétitions, de l'autre des ellipses d'une semaine, ça n'avait pas de sens. Le style n'avait rien de très agréable, c'était une succession de faits sans grand intérêt.
L'auteur parlait aussi du premier amour de Julia, amour dont elle n'avait jamais réussi à se défaire totalement. Et je ne voyais pas où il voulait en venir avec ça, je n'arrivais pas à savoir ce qu'il fallait que je trouve important pour la suite. Ça manquait franchement de dynamisme, et j'avais tendance à prendre un autre livre plutôt que celui-ci quand j'avais envie de lire.

💍💉❔

Et puis hier je m'y suis remise. Je pense que j'ai réussi à passer une sorte de cap. Y'a certainement eu quelque chose qui m'a donné envie de continuer ma lecture (alors que j'étais prête à abandonner).

Si au début on se concentre sur la vie quotidienne de Julia, de son mari Hugh et de leur fils adoptif Connor, qui viennent d'apprendre la mort de Kate, la soeur de Julia (et la mère biologique de Connor), la suite nous fait entrer dans un autre monde. Celui de la rencontre en ligne.
Kate a été assassinée et Julia est persuadée qu'elle connaissait son agresseur. Elle fouille donc dans les sites que Kate fréquentait, parmi lesquels un site de rencontres. Julia va s'inscrire dessus et peu à peu entrer en contact avec quelqu'un qui aurait pu connaître Kate.
On passe donc sur une histoire d'adultère, de fantasmes et de jeux malsains, avec un personnage masculin qui semble être un vrai connard, un harceleur. Evidemment Julia cache sa liaison, se sentant coupable, mais se justifiant par l'idée qu'elle fait ça pour retrouver l'assassin de sa soeur...
Quand la relation tourne au cauchemar, elle n'a plus personne à qui en parler, elle n'ose pas dire la vérité à son mari. Qui lui aussi, lui cache des choses.
Dans ce roman, tous les personnages ont leur part de mystères, ont leurs secrets et on sent à quel point les secrets de chacun peuvent mener à des situations de plus en plus dangereuses.

Pendant toute sa liaison, j'ai été emportée par l'histoire, on voit Julia s'enliser dans une relation toxique, comme si elle était faite prisonnière de ses propres mensonges. Mais à un moment je me suis dit qu'on s'était vraiment éloigné du sujet de départ, à savoir qui est le meurtrier de Kate ?
Je n'ai pas eu envie de lâcher le roman pour autant et j'en ai lu 70% en 2 jours.

💍💉❔

L'auteur produit une fin qui ressemble à une course contre la montre. Julia doit absolument retrouver quelqu'un qui a eu l'idée saugrenue de partir en France. Mais c'est là qu'elle y trouvera toutes les réponses à ses questions.
Cependant j'ai trouvé que l'auteur nous expliquait tout en 2 pages. C'est peu sur un livre de 444 pages... De plus il nous laisse sur une fin ouverte, dont je trouve les 2 potentielles issues assez horribles.
Je ne vais pas mentir, le dénouement était pas mal, mais pas non plus ouf au point de me retourner le cerveau. C'était bien parce que je ne l'avais pas vu venir (faut dire que j'ai eu envie de me laisser porter par l'histoire), mais c'était trop tiré par les cheveux pour que ça soit crédible.

💍💉❔

Côté émotions ressenties par Julia, j'ai trouvé que l'auteur essayait toujours d'en faire trop. Quand elle apprend quelque chose, elle a toujours un mini-sentiment très égoïste avant de se réjouir pour autrui. Elle a parfois des réactions condescendantes ou très individualistes.
Je n'ai pas réussi à m'identifier à elle. C'est un personnage difficile à cerner, elle est capable de mentir, de cacher des choses à son entourage. Mais d'un autre côté on ne peut s'empêcher d'avoir de la pitié pour cette femme dont la jeune soeur a été assassinée. Evidemment toute sa vie bascule et elle a du mal à faire face. Et vu ce qui lui arrive, il n'est pas surprenant qu'elle fasse n'importe quoi, mais elle est quand même parfois super naïve et elle manque de discernement.

💍💉❔

Je ne dirais pas que c'est un thriller psychologique, parce que même si c'est complexe, le suspense se trouve surtout à la fin, les 2/3 du roman sont franchement lents ou prennent une direction qui fait qu'on ne s'attarde plus à trouver l'auteur du meurtre. J'avais l'impression de lire du contemporain, voire du mommy porn...

Ce roman aborde des thématiques très actuelles : les rencontres en ligne, le danger de tomber sur un inconnu, le fait qu'on ne connaît jamais véritablement les gens, le stalkage, l'adultère.

C'est plutôt un bon livre (à ne pas qualifier de thriller cela dit) mais il faut s'accrocher car le début n'est pas très dynamique. Ce roman n'est malheureusement pas à la hauteur d'Avant d'aller dormir.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 3 juin 2018

Le vampire du CDI, Susie Morgenstern

Quatrième de couv' : Un documentaliste de collège, c'est là pour faire aimer les livres aux enfants et aux adolescents !
Jean-Charles pensait que c'était le plus beau métier du monde. Il était prêt à se décarcasser, à déborder d'imagination pour donner à tous le goût de lire !
Mais le principal ne l'entendait pas de cette oreille. Il n'y avait pas un seul livre au C.D.I. du collège. Et d'ailleurs, il n'y avait pas de C.D.I. au collège. Alors Jean-Charles dut vraiment se mettre à imaginer. Et pour commencer, le jour de la rentrée, il se déguisa en vampire.


Mon avis : J'ai peut-être lu ce roman quand j'allais moi-même au CDI de mon collège, il y a trèèèès longtemps. Mais si c'est le cas, je n'en ai aucun souvenir.

En allant l'autre jour en librairie, j'ai trouvé ce roman dont le sujet m'intéressait : les livres et de quelle façon on peut faire aimer la lecture à des jeunes.

📚📝📚

Dans ce roman, on découvre un documentaliste super excentrique, plein de bonnes idées pour aménager un CDI au collège (créer un CDI sur 3 étages par exemple), cependant c'est un personnage assez irresponsable, qui ne vit que pour lui. Le passage au Salon du Livre le montre bien, tout comme lorsqu'il plonge dans la baignoire à boules pour réfléchir (sûrement dormir en fait...) laissant tout le boulot à sa stagiaire.
De plus, même si le personnage est passionné, je trouve qu'il ne donne jamais de conseils de lecture lui-même (a-t-il vraiment lu des livres dans sa vie ?) mais s'attarde plutôt sur l'aspect pratique : comment créer un CDI de toute pièce lorsque le principal lui met des bâtons dans les roues ? Comment amener les élèves à découvrir le plaisir de la lecture ?

📚📝📚

Il y a un aspect du livre qui est un peu dérangeant, surtout quand il s'agit d'un roman pour les jeunes de 8 à 11 ans : il n'y a que des personnages adultes. Les élèves sont peu mis en avant, à part Sonia et Boris, deux élèves de 4è et 3è. Les autres élèves ne sont que des "fantômes" qui empruntent des livres, mais n'ont pas d'identité propre, ni de place particulière dans l'histoire, ce qui est assez paradoxal pour un roman dont l'action se déroule dans un collège !

📚📝📚

L'écriture est fluide et simple, ça se lit très très facilement et on passe une année scolaire en 174 pages sans s'en apercevoir tellement les rebondissements sont nombreux. C'est très agréable et divertissant à lire.

J'ai bien aimé la fin, le personnage de Jean-Charles a, en quelque sorte, fini sa mission et doit se trouver un nouveau projet qui lui fera envie.

📚📝📚

Par ailleurs, certains ont parlé d'agression sexuelle dans ce roman. J'aimerais bien qu'on m'indique quels passages, parce que je suis plutôt inquiète à l'idée d'être passée à côté, de ne pas m'en être rendu compte. J'ai beau relire des passages qui peuvent susciter une impression d'agression, mais je ne vois pas où se trouvent les agressions sexuelles dans ce texte.

📚📝📚

Alors certes la lecture et les livres sont totalement mis à l'honneur dans ce roman, et peut-être que certains jeunes se sentiront mis en confiance grâce à cette histoire, mais il y a toutefois quelques aspects qui m'ont déplu, comme le documentaliste qui n'est que charismatique (et pas suffisamment responsable pour être crédible dans son rôle auprès des enfants).

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 2 juin 2018

Les isolés, Alexandre Franc

Quatrième de couv' : (y'en a pas, donc je vous mets le résumé de Livraddict) Philippe et Barbara, après dix ans de vie commune, pensent se séparer. Avant de prendre cette décision, ils passent une semaine ensemble dans un hôtel du bord de mer. Mais Philippe fuit la confrontation, il s'enferme dans sa chambre et se passionne pour un ouvrage sur les pêcheurs d'autrefois. Quant à Barbara, elle se rapproche de Rémi, l'employé de l'hôtel, un garçon simple d'esprit qui ravive en elle le souvenir d'un enfant perdu...

Mon avis : Je ne savais rien de cette BD en l'achetant sur vente-privée. Le titre m'attirait, la couverture aussi. 

La couverture est sombre et je m'imaginais donc une histoire très noire. Cependant, à l'intérieur, le début est plutôt coloré et même si l'idée de départ (un couple tente de se retrouver après un événement qui les a ébranlé et a modifié leur relation) est sérieuse, on découvre des moments légers qu'ils partagent au début du séjour.
J'aime bien la façon dont sont dessinés les personnages, c'est simple, bien qu'un peu figé, la ligne est claire et franche. 
Du coup je m'attendais à une histoire plus légère, d'ailleurs les personnages vivent des moments légers. Jusqu'à ce que le temps change, la pluie fait son apparition. Philippe ne veut plus sortir, Barbara s'ennuie. Et commence le drame. Là les couleurs prennent une teinte plus sombre. 

Les personnages sont tous antipathiques. Aucun d'eux n'a pu m'émouvoir, peut-être parce que leur passé n'était pas assez exploré ? L'auteur nous donne quelques indices sur leur vie, mais ne nous en dit pas trop sur qui ils sont, ni pourquoi ils se sont supportés durant 10 ans par exemple. Ces personnages sont très fades, ils se contentent de la médiocrité de leur vie, et peut-être ce couple n'a plus les mêmes aspirations pour l'avenir. 
Je n'ai pas compris l'attitude de la femme envers Rémi, quelles étaient ses intentions, pourquoi elle joue avec lui puis lui veut du mal ? C'était franchement étrange. 

Je n'ai pas très bien compris la dernière partie de l'histoire. J'arrivais plus à suivre le fil. Le découpage temporel et le discours direct du patron de l'hôtel n'aident pas à faciliter la compréhension. 

Une BD que je vais vite oublier. Elle ne m'a procurée aucune émotion, ni surprise, ni agacement, ni plaisir. 

4/10

vendredi 1 juin 2018

Le retour d’Antoinette, Olivia Vieweg

Quatrième de couv' : Un roman graphique sarcastique et surprenant sur le harcèlement à l'école.
La révélation de la jeune artiste allemande Olivia Vieweg et de son style naturel et dépouillé.

Antoinette doit y retourner une fois encore.
Retourner dans son village natal.
Retourner dans l'ombre des forêts et des maisons à colombages.
Retourner sur les lieux de ses tourments et humiliations.
Une dernière fois...
Retourner en enfer.


Mon avis : Comme pour la BD précédente, j'ai acheté celle-ci lors d'une vente privée. Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. La couverture était jolie avec son ciel bleu et ses coquelicots (entre autres hein).
Le résumé n'en disait pas grand chose non plus.
Du coup quand j'ai vu la tournure que prenait l'histoire je me suis dit que c'était fort, vraiment inattendu.

Antoinette est une jeune femme d'origine allemande qui vit en Californie. Elle a un super job, un super mec, elle a plutôt bien réussi sa vie. Mais son pays d'origine l'appelle. Alors elle y retourne.
A l'adolescence, Antoinette était harcelée par ses camarades de classe, elle n'a jamais oublié ce qu'ils l'ont forcée à faire, les humiliations et les moqueries.
(Il y a un passage que je n'ai pas trop saisi, dans le sens où pourquoi Antoinette accepte de faire ce qu'on lui dit ? Le chantage qu'on lui fait est vraiment ridicule, je ne comprends pas pourquoi elle fait ce qu'on lui demande en échange de ce chantage).
Je n'en dirais pas plus mais c'est clairement une BD sombre, bien plus que ne le suggère la couverture.

Les teintes utilisées (jaune-orange-marron) ne sont pas mes préférées, je trouve que c'est un peu agressif et surtout morose.
Le dessin est simple, et l'expression des émotions est bien maitrisée. Par contre j'avais du mal à reconnaître certains personnages d'une page à l'autre.

Avec cette BD, on se rend compte que le harcèlement scolaire a toujours des conséquences sur l'état psychologique d'une victime, même des années plus tard, même quand les victimes ont réussi leur vie.
Cette BD met très bien en scène les moments où Antoinette revit en souvenir les moqueries de ses camarades, ils se superposent aux moments où elle les côtoie adultes, agissant tout à fait normalement avec elle, comme si eux avaient oublié. La persistance des souvenirs de la victime n'a rien à voir avec l'oubli pratiqué par ses bourreaux.

Cependant la fin est plutôt décevante... Dommage que l'autrice en ait fait quelque chose de glauque et de noir. C'est un peu trop dramatique pour rendre l'histoire crédible.
De plus ce qu'a fait Antoinette s'apparente à un acte commis sous le coup de la folie ("comme sa mère") et je ne trouve pas que ce soit très judicieux.

Une BD sur un sujet qui est peu abordé surtout chez les illustrateurs. L'histoire est perturbante, et pour moi elle était complètement inattendue, vu que je ne savais rien du tout, pas même la thématique abordée. La fin est trop dramatique pour rendre l'histoire vraiment crédible.

7/10

La fiche de la BD sur le site de l'éditeur

Globe-trotteuses, Tokyobanhbao

Quatrième de couv' : Tokyobibi et ses trois copines d'enfance se mobilisent pour trouver ZE plan week-end pour un voyage en amoureux. S'ensuivra un catalogue de toutes les catastrophes mais aussi des bons souvenirs qu'elles ont pu vivre ensemble ou avec leurs boyfriends respectifs : Venise, Tokyo, Paris, Bali, New York...

Mon avis : J'ai acheté cette très courte BD lors d'une vente privée donc je l'ai quasiment rien payé (sûrement 2 ou 3€), mais le souci c'est qu'il n'y avait pas vraiment de résumé, on pouvait juste voir quelques planches. Pour un ouvrage si peu cher, je prenais pas trop de risque.

Le truc c'est que c'est vraiment daté maintenant... C'est sorti en 2012 à l'époque (presque la fin de l'époque d'ailleurs) où on trouvait des tranches de vie racontée en BD, comme celles de Margaux Motin ou Diglee.

Dans cette BD, 4 copines cherchent une idée de cadeaux pour les 2 ans de relation de l'une d'elle. Chacune des filles est un poil cliché, mais on ne s'attarde pas trop sur leurs personnalités non plus donc ce n'est pas si dérangeant.
L'une d'elle a une super idée : faire un voyage en amoureux. C'est le prétexte pour que chacune raconte ses voyages. Venise en amoureux... Bali avec un mec... Paris en voyage scolaire... Tokyo à 2... New York entre copines... Barcelone en couple avec un footeux.
Ça ressemble un peu à un guide de voyage, mais avec des chutes sympas et mignonnes.
Les voyages sont souvent le moment d'incompréhensions culturelles, de moments d'énervement ou de découvertes gastronomiques.

En bref, une BD courte sympa à lire, mais franchement pas mémorable. Je ne suis pas très fan du style de l'illustratrice, même si j'aime bien les couleurs utilisées.

6/10

Le site de l'autrice (sur lequel on peut voir quelques planches)