mardi 24 octobre 2017

milk and honey, by Rupi Kaur

Quatrième de couv' : this is the journey of
surviving through poetry
this is the blood sweat tears
of twenty-one years
this is my heart
in your hands
this is
the hurting
the loving
the breaking
the healing

- rupi Kaur




Mon avis : J'attendais d'être dans peu ou prou les mêmes conditions que la poétesse Rupi Kaur pour découvrir son livre.
Le truc c'est que je ne vis pas du tout le même genre de rupture qu'elle. Ça fait des mois que j'attends de découvrir ce recueil, et maintenant que c'est fait, j'en suis déçue. Parce que je ne suis pas touchée, je ne ressens quasiment rien à sa lecture. Il y a bien un ou deux poèmes qui m'ont parlé, que j'ai trouvé juste, mais je n'ai pas ressenti un débordement d'émotion à la lecture comme je l'imaginais.

En revanche, je loue les qualités d'écriture. J'ai lu le livre en VO, je précise. C'est bien écrit, simple et bref. Elle utilise une trame narrative, une chronologie, qui fait que l'on suit un cheminement de pensée. D'entrée de jeu, on nous présente une personne avec toutes ses souffrances et de quelles manières elle a été blessée au cours de sa vie. Puis ça retranscrit les émotions qu'on ressent lorsqu'on tombe amoureux, puis qu'on rompt de façon abrupte et enfin ce qui nous amène à la guérison.

C'est peut-être cette dernière partie que j'ai le moins aimé (ainsi que la première dans laquelle je ne me retrouvais pas), parce que les poèmes sont très convenus. C'est peut-être notre époque qui veut ça, le fait qu'on nous dise de nous accepter avec nos poils et tout ça, mais ça sonne un peu comme ces phrases de motivation qu'on retrouve sur les tableaux de Maisons du monde... ou sous certaines photos Instagram... Je trouve que c'est très généraliste -> "you must want to spend the rest of your life with yourself first", on ne va pas me dire que c'est original. Okay c'est motivant pour se remettre d'une rupture, mais ça ne m'apprend rien de la vie. J'ai l'impression qu'on sort de l'émotionnel pour entrer dans le conventionnel, et malheureusement ce n'est pas des textes qui pourraient être écrits par des publicitaires qui m'intéressent...

Je lui ai quand même mis une bonne note (15 sur Livraddict, 7 sur Sens Critique) parce que je vois bien les qualités de ce recueil, je vois bien que si j'étais dans un autre état d'esprit, je suis sûre que ces poèmes m'aideraient à m'en sortir. Je sais pertinemment que l'humeur et nos expériences changent du tout au tout notre perception d'un livre.

Les illustrations en noir et blanc à l'intérieur sont vraiment en accord avec les poèmes, même si je n'aime pas trop le trait, je trouve ça vraiment bien d'y avoir ajouté une autre forme d'art.

C'est un bel objet, l'esthétisme est très travaillé : la couverture est douce, j'adore les deux abeilles qui rappellent la vie, tout simplement.

Il aura aussi eu le mérite de me donner envie de lire plus de recueils de poésie, moderne ou contemporaine.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 23 octobre 2017

La traversée amoureuse, Vita Sackville-West

Quatrième de couv' : Une croisière autour du monde aux côtés de la femme qu'il aime. C'est ainsi qu'Edmund Carr, journaliste d'une cinquantaine d'années, a choisi de passer les derniers mois qu'il lui reste à vivre. Il a délibérément caché à Laura, la jeune veuve dont il est épris, la nature de ses sentiments et le mal qui l'accable. Au fil des jours, Edmund sent la passion grandir en lui, et avec elle, la jalousie. Pourquoi Laura passe-t-elle autant de temps avec le séduisant colonel Dalrymple ? Que faisait-il au sortir de sa cabine en pleine nuit ?
Huis-clos amoureux dans l'univers confiné d'un paquebot de luxe, La Traversée amoureuse est le dernier roman de Vita Sackville-West. Il confirme son talent d’observatrice et son incroyable modernité.

Une tragédie sentimentale au charme vintage. Élisabeth Philippe, Vanity Fair.

Mon avis : J'ai acheté ce livre à la fin du mois d'avril, après avoir acheté une dizaine de romans (comme si j'en avais pas déjà assez...). Je ne connaissais pas cette autrice, je n'en avais même jamais entendu parler.
Mais le livre était court (environ 200 pages) et peu cher, dans la collection Biblio du Livre de Poche, donc je me suis dit que ça devait valoir le coup. En plus le résumé m'attirait.
J'ai commencé à le lire et au bout de 70 pages je n'étais toujours pas dedans. Je l'ai donc abandonné pour un temps.
Et puis la semaine dernière j'ai eu envie de commencer un roman court, parce que j'avais un peu de temps libre dans des journées bien remplies. Je pensais le lire assez vite, et même si la première centaine de pages a été lue rapidement, la seconde a été un peu plus laborieuse. Peut-être parce que j'ai la tête ailleurs. Oui, c'est sûrement à cause de ça.

Bref, l'histoire est celle d'un homme, un éditorialiste de 50 ans, qui se sait atteint d'une maladie incurable et décide de profiter de ses derniers jours en faisant une croisière sur un paquebot de luxe. Pas con le gars, quitte à profiter, autant prendre un billet sur la même croisière que sa "target". Car oui, Sir Edmund Carr a des vues sur une femme de 40 ans, Laura, une amie Londonienne qu'il ne connaît qu'à travers quelques soirées auxquelles il a participé avec ses amis. Cette croisière est donc l'opportunité de mieux la connaître. D'où le titre.

On assiste au développement du sentiment amoureux de la part d'Edmund, qui cherche à passer le plus de temps possible aux côtés de Laura. Il la suit dans des balades quotidiennes sur le pont, fait escale avec elle afin de visiter les différents pays qu'on leur donne à voir durant quelques heures.
Leur relation est platonique, sur un ton amical, avec cette réserve qui semble toute britannique (ou bien est-ce dû à l'époque ?).
Edmund croit le sentiment amoureux unilatéral, et je vais vous avouer que sur la fin, sa jalousie et son aveuglement m'ont un peu lassée. A croire qu'il ne se rend pas compte des immenses perches que lui tend Laura. Mais au final, je suis plutôt contente de l'issue du roman, car Edmund n'est pas un personnage que j'ai vraiment aimé, et je pense qu'il valait mieux que Laura et lui ne sortent pas ensemble, pas dans de telles conditions.

Le style est fluide mais très travaillé. C'est agréable à lire, on suit les pensées d'Edmund.
Ce qui m'a beaucoup plu c'est le côté vintage de cette histoire : on doit être dans les années 60, dans un milieu très aisé, sur un immense paquebot, qui propose repas et animations, avec beaucoup de personnages de l'époque. Il y a quelque chose de très élégant (se changer pour aller dîner, faire des balades quotidiennes), une douceur de vivre aussi, puisque certains hommes d'affaire choisissent délibérément de rentrer dans le pays où ils travaillent, par bateau plutôt que par avion ! On s'occupe de chaque passager avec déférence, et on sent qu'ils n'ont plus rien à penser, sauf à profiter de cette croisière.

Personnellement j'ai eu du mal à m'investir complètement et à me projeter dedans. On touche au sentiment et à son expression, la psychologie d'Edmund est réaliste et crédible.
J'ai bien aimé cette lecture, elle est agréable, mais pas franchement indispensable.

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mercredi 18 octobre 2017

Le coeur est un muscle fragile, Brigitte Smadja

Quatrième de couv' : Simon Peretti, quinze ans et demi, photographe de nuages, amateur de hard métal, d’Erik Satie et d’Eminem, a des centaines d’amis sur Facebook depuis qu’il est devenu le type le plus populaire du lycée. Celui qui a réussi à conquérir la fille la plus mystérieuse du quartier, une terreur, une légende. Nul doute, on les a vus, on les a pris en photo.
Ils veulent tous la connaître, réclament à Simon leur dose d’images et de commentaires. Surtout Léonard et Nessim. Ne se connaissent-ils pas depuis toujours, ne sont-ils pas frères ? Simon refuse d’en dire davantage, protège une histoire qui n’appartient qu’à lui et à la fille qu’il vient de rencontrer. Bientôt, il parlera à ses amis d’enfance, mais pas maintenant.
Pourtant, il suffit d’un week-end pour que le monde de Simon Peretti s’effondre. Pour qu’il assiste, impuissant, à son lynchage numérique. Pire, Léonard et Nessim ne font rien pour arrêter ce carnage.
Comment en sont-ils arrivés là tous les trois et justement ce lundi où il s’apprêtait à leur présenter la fille qu’il aime le plus au monde ?

Mon avis : En début d'année, pour enrichir mon rayon jeunesse à la librairie, j'avais longuement regardé les publications de l'Ecole des Loisirs, la maison d'édition, qui selon moi, propose les meilleurs textes, à la fois originaux et réalistes, aux adolescents. C'est chez eux que j'ai fait d'excellentes lectures en jeunesse et je leur fais confiance, au point de les mettre en avant le plus possible. Quand mon contrat s'est terminé, il me restait encore 4 ou 5 livres que j'avais commandés pour la librairie mais que je n'avais pas eu le temps de lire. Du coup je me suis acheté Le coeur est un muscle fragile, que j'avais commencé mais pas eu le temps de finir.

J'ai beaucoup aimé l'histoire d'amitié qui est présentée par l'autrice sur une bonne partie du roman. Nous découvrons Simon et comment il est devenu ami avec Léonard et Nessim. Si l'écriture peut paraître très scolaire : on a un déroulé narratif qui revient sur plusieurs années avec des ellipses, le contenu est intéressant, Simon a un père très âgé, mais assez actif et qui lui a fait découvrir un tas de choses qu'il n'aurait pas connu autrement. Simon écoute Erik Satie, mais aussi Eminem. Il adore photographier le ciel, une passion que lui a transmise sa grand-mère, âge de 93 ans. J'ai bien aimé ce passage où Simon passe une semaine avec Nine, même si c'est assez vite expédié.

La relation avec ses parents est assez bien traitée, on voit le basculement entre l'enfant qui s'inquiète pour son père et l'ado qui veut à tout prix s'isoler, et dont les parents ne comprennent pas le comportement. La mère m'a semblé effacée, peut-être en comparaison avec Jacques, le père, qui est une figure forte.

La relation d'amitié entre Nessim, Léonard et Simon est bien exploitée, on sent que c'est le centre de sa vie et que ça fluctue selon les périodes, ce qui rend le tout très réaliste.
Cependant je ne pensais pas que des ados au collège étaient aussi souvent confrontés à la drogue. A mon époque, la drogue c'était un truc de lycéen pas de collégien. Mais bon, ça dépend peut-être des endroits. Bref les 3 personnages sont intéressants, même si je n'aime pas Léonard. Nessim est plus sympa, peut-être moins cassé par la vie. Quant à Simon, il est le genre de garçon calme, discret, un peu mystérieux, dont les gens ont envie d'être proche.

Par contre je n'ai pas trouvé très crédible cette Thelma. Un mystère est mené tout au long du roman pour savoir de qui il s'agit mais la raison donnée à la fin ne m'a pas convaincue. Je ne crois pas du tout une seconde qu'une femme puisse être portée aux nues comme ça par des hommes, qui plus est, des hommes peu instruits, violents et/ou pauvres. En tout cas, ça n'existe pas dans notre société de 2017.
Et j'ai trouvé que la raison était légère, peu crédible... de plus chaque fois que Dune a l'occasion d'expliquer un peu plus son histoire avec Thelma, elle garde le silence ou elle le dira plus tard à Simon, laissant aux lecteurs le soin d'imaginer ce qui les lie toutes les deux.

Quant à ce qui arrive à Simon avec Facebook, je m'attendais vraiment à quelque chose de plus grave. Tout le roman nous tient en haleine, nous laissant croire que Simon a fait ou inventé quelque chose de dramatique, raison pour laquelle les autres le lynchent et que ses amis le laissent tomber. Et en fait, non. Du coup c'est un poil décevant. D'autant que la fin est aussi expéditive sur ce sujet.

L'écriture est simple, fluide, mais il y a quelque chose de poétique. Peut-être parce que c'est composé comme des mouvements, en clin d'oeil à Erik Satie. Peut-être parce qu'on déroule l'histoire de Simon depuis ses 8 ans jusqu'à ses 15 ans. Peut-être parce que certains passages sont sombres, mais assez réalistes. Peut-être parce que Simon est un personnage empreint de poésie, lui qui passe son temps à regarder le ciel et les nuages...

C'est une bonne histoire, mais des sujets qui ne sont pas suffisamment approfondis alors qu'ils sont censés composer l'essentiel du roman ! L'autrice semble plus à l'aise avec la vie quotidienne, la description de l'amour naissant. Les thématiques abordées (sauf celles du harcèlement en ligne) sont bien décrites : la famille, l'adolescence, les amitiés qui s'effilochent, la solitude, les découvertes, etc.

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samedi 14 octobre 2017

Parfaite, Caroline Kepnes

Quatrième de couv' : Je sais tout de toi.
Tu es parfaite.
Je t’aimerai
à la vie
à la mort.
Tu es à moi
pour toujours.


Mon avis : C'est tout simplement en traînant en librairie que je suis tombée sur ce thriller, je n'en avais jamais entendu parler. Mais la quatrième de couv' m'a attirée, la photo aussi et puis je l'ai feuilleté avant de l'acheter pour voir le ton, le style de l'histoire, et ça m'a assez plu.

L'histoire est celle d'un libraire, Joe, qui tombe amoureux d'une jeune femme, Beck.
Mais Joe est un psychopathe, qui distille quelques éléments de son passé au cours de ses réflexions. Tout le roman se compose de ses pensées, de ses actes mais surtout il s'adresse mentalement à Beck, la fille sur qui il a jeté son dévolu. Le ton est donc très particulier et peu commun, voire même très cru à certains moments. Dès le départ on sent que ce type a vraiment un problème.

Il a eu un coup de foudre pour Beck, une jeune fille de 24 ans, étudiante, qui se voudrait écrivaine. Fainéante, elle écrit peu et passe plus de temps à échanger des mails avec ses copines et à boire des verres, on n'est pas sûrs qu'elle aille très souvent en cours par ailleurs. Narcissique, elle aime les jeux de séduction, et encore plus quand ils aboutissent à des relations sexuelles. Autant vous prévenir, certaines scènes sont sacrément explicites.
Joe est maladivement obsédé par Beck, il la suit partout, s'introduit chez elle et dans sa messagerie, récupère des affaires à elle pour les collectionner. Mais Joe parvient toujours à se rassurer "non je ne suis pas pire qu'untel" "non je ne suis pas un psychopathe". Joe, si. Tu l'es. Tu n'as aucune limite ! Mais par moments Joe est un personnage attachant. Je crois que plus on le lit (on le suit sur 505 pages !) plus on le comprend. Joe n'est pas un personnage si manipulateur ou calculateur, je dirais plutôt qu'il saisit les opportunités qui se présentent à lui pour calmer ses obsessions (ou les faire grandir, c'est selon...) mais peut-être qu'inconsciemment je le mets en opposition à Beck et du coup, Joe me paraît plus appréciable qu'elle. Même si je ne cautionne en rien ses agissements ! Mais Beck est assez détestable de son côté, elle a un besoin constant d'attention, elle ment, elle manipule son entourage pour obtenir ce qu'elle veut, c'est un peu une princesse qui adore se faire désirer et de cette façon elle piège Joe, qui est incapable de lui résister et se fait mener par le bout du nez. Elle a une emprise sur lui, tout aussi malsaine que son comportement envers elle. Bref, un couple parfait l'un pour l'autre !

On assiste à un véritable jeu du chat et de la souris : un coup Beck est proche de Joe, puis elle l'abandonne pendant des semaines, Joe gardant toujours en tête la seule et unique Beck, puis elle vient chercher du réconfort auprès de lui, et le laisse un peu tomber... Blablabla.
C'est un peu longuet, alors que l'action ne se déroule que sur 6 mois !
Tout est sale et malsain, que ce soit leur relation, le sexe ou l'obsession de Joe pour Beck. C'est assez déroutant.

On trouve aussi beaucoup de références musicales, cinématographiques ou littéraires. Quant aux nouvelles technologies, elles sont très présentes, si vous n'êtes pas coutumier des us et coutumes de Twitter, vous pourrez avoir du mal à comprendre certains passages. Mais ils permettent une réflexion autour de l'utilisation intensive qu'on peut en avoir.

Quelques points négatifs : les longueurs et la répétition de certains actions (du genre éliminer tout ceux qui sont trop proches de Beck). Le roman aurait pu faire 100 pages de moins car il manque de rythme et la fin devient vite assez prévisible. Dommage.
Certaines choses sont peu crédibles : Joe peut s'absenter régulièrement de sa librairie (même si il en est le boss, fermer en pleine journée ou pour quelques jours sans avoir prévenu la clientèle de la fermeture, ça ne se fait pas dans la vraie vie).
Comme ce roman était comparé à Gone Girl (publié sous le titre en VF Les Apparences), je m'attendais à un profond retournement de situation, qui n'est pas arrivé.

Vous l'aurez compris il s'agit d'une romance-thriller. Il y a autant de suspense que de scènes de sexe.
En le commençant j'ai cru que j'aurais un coup de coeur pour ce roman, mais non. C'est une bonne lecture que j'ai dévorée, mais ce n'est pas excellent. Le roman remet en question aussi notre utilisation des réseaux sociaux (faut-il tout dire ? tout montrer ? Qui sont les gens qui nous suivent ?), j'ai par moments eu envie de tout débrancher et de me déconnecter totalement de la sphère internet.

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mercredi 11 octobre 2017

Un marin chilien, Agnès Mathieu-Daudé

Quatrième de couv' : Envoyé en Islande pour étudier une éruption volcanique, Alberto se retrouve confronté à une nature apocalyptique et au caractère farouche des autochtones. Mais jamais il n'aurait pu imaginer qu'en acceptant de prendre un café chez la belle Thórunn, c’est toute sa vie qui basculerait. À l’heure des comptes, quand les anciennes culpabilités ressurgissent, au milieu des nains, licornes devenues narvals, mules mapuches, marins patibulaires, et de pas mal de moutons, il est encore temps de faire les bons choix.

Mon avis : J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser de ce roman. Je l'ai choisi samedi dernier en librairie, attirée par la couverture et le résumé, j'avais envie de me prendre un petit roman qui n'était pas sur ma wishlist depuis des plombes. J'en avais jamais entendu parler sur Booktube, donc j'y allais à l'aveugle. Et je dois avouer que chaque fois que je fais ça, c'est pas une réussite...

L'histoire n'est pas très intéressante, peut-être pas bien exploitée : un chilien arrive en Islande pour étudier l'activité d'un volcan. Dès son arrivée, il tombe sur Thórunn chez qui il va prendre un café. Cependant, l'ensemble du village est au courant, et plus particulièrement Thorvardur l'ex mari de Thórunn, un ivrogne qui cherche la baston. Malgré la menace de l'éruption du volcan et la menace que représente Thorvardur (le jeu de chat et de souris à travers l'Islande) ça manque d'action, de rebondissements et de rythme.

Les différences culturelles ne se font qu'à travers la relation du personnage aux femmes. Alors qu'on parle quand même d'un type qui vient de l'hémisphère sud, sur une île bien particulière : l'Islande. Je trouve qu'il y a vachement de choses à exploiter sur les différences entre les deux pays ! Mais non c'est ses seules inquiétudes sont liées aux femmes et à la façon dont les hommes verront ses rapprochements avec celles-ci...
En revanche le traitement du décor est intéressant : la nature est particulièrement hostile, la vie urbaine n'est pas en reste, puisque l'île semble constituée de bâtiments en tôle, grisâtres, et même d'usine désaffectée qui pue le poisson. Mais pourtant on a envie d'y être, de découvrir l'Islande.

Les personnages m'ont pas mal déçue, je ne m'en suis pas sentie très proche. Thorvardur est un géant islandais, de mauvais poil, descendant d'une vieille femme prénommée Hekla qui a aussi un sale caractère. Thórunn est un peu pareille.
On dirait que les personnages islandais ont un côté frustré, sont très froids et directs. A la fin, Thórunn parle à Alberto comme si elle le connaissait depuis toujours.
Alberto quant à lui, n'est pas franchement attachant non plus. J'ai beaucoup de mal à cerner ce personnage. De plus j'aurais préféré ne rien savoir de sa vie au Chili : sa relation à son ami Marcello, n'est pas intéressante et je trouve que la coïncidence présentée à la fin n'est pas très crédible. Je ne suis pas entrée du tout dans sa quête identitaire. Peut-être que la psychologie des personnages n'est pas très bien construite.

Le style est assez particulier, certains mots me sont totalement inconnus (pourtant dans un contexte simple) et je me suis sentie larguée. Il y a aussi quelques répétitions de l'histoire et ça crée des longueurs. Le ton aussi est difficile à définir : entre comédie, drame et aventure, on ne sait jamais trop où se situer.

Je ne me suis pas sentie prise dans cette histoire et je suis assez déçue. Je ne sais pas si ça vient de moi ou de l'histoire qui n'est pas très bien écrite. Je ne sais pas si c'est de la faute des personnages qui agissent de façon peu crédibles ou si je n'ai pas su m'attacher à eux pour les suivre dans leur histoire. Il est possible que ce roman soit un ovni littéraire qui ne m'a pas séduite.

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vendredi 6 octobre 2017

37°2 le matin, Philippe Djian

Quatrième de couv' : «Betty était allongée sur le lit. Elle était tout habillée, elle me tournait le dos. [...] Putain de merde je me suis dit tout au fond de moi en la regardant respirer. Le silence ressemblait à une pluie de paillettes tombant sur une tartine de colle. On avait toujours pas échangé un mot.» Betty est entrée dans sa vie, valise en main, un matin, et elle était la plus belle. Pour elle, il était le plus grand écrivain de sa génération. C'est que Betty a des exigences de vie que l'écrivain sans éditeur s'essaie à combler. Sans répit, ils se lancent dans une histoire qui refuse toute médiocrité. Pourtant les galères s'enchaînent, à croire qu'il est des gens qui n'ont pas le bonheur facile. Alors, il faut l'arracher à la vie, ce bonheur, à s'en abîmer les ongles, à force d'être à fleur de peau.

Mon avis : Alors ! Ce livre je l'ai acheté en 2013, l'année de l'IUT, où (encore une fois) un des profs nous l'avait conseillé. Je sais pas trop pourquoi, je le sentais pas, je voyais ce bouquin comme un succès des années 80, qu'il serait bon de lire, mais je m'attendais pas à aimer. Il m'a fallu 4 ans pour le sortir de ma PAL, et encore une fois j'étais pas super convaincue en commençant à le lire, mais il se trouve que j'avais envie de voir le film, donc j'ai lu le bouquin avant.

A la fin je me suis surprise à penser que c'était un super livre !
Un roman bien particulier, au phrasé et au style parlé, le ton est détaché, parfois vulgaire et très empreint d'expressions des années 80 ("un clope","ça biche"). Ça m'a un peu fait penser à la façon dont Salinger a écrit L'attrape-coeur.

Il n'y a qu'un seul narrateur, c'est un narrateur interne. On connaît tout de ses pensées, de ce qu'il vit, et c'est à travers son regard que nous découvrons Betty, sa compagne bipolaire. Betty a un tempérament fougueux, elle a de l'ambition, pour elle comme pour lui (son délire autour du manuscrit m'a gavé au bout d'un moment), elle est violente, et elle a besoin d'espace.
Lui n'est pas beaucoup mieux, c'est un anti-héros. Il n'aspire pas à grand chose, c'est un loser avec beaucoup de défauts, sa vie de dépanneur dans un motel lui convient bien (il a une philosophie de vie épicurienne, assez nonchalante et parfois pessimiste) jusqu'au jour où Betty débarque chez lui avec ses affaires. Elle va mettre un coup de pied là-dedans, parce qu'elle veut autre chose pour sa vie, mais elle compte un peu trop sur un homme pour lui offrir une autre vie. Il faut remettre ça dans le contexte des années 80, ça faisait pas super longtemps que le mouvement de libération de la femme avait commencé. Je trouve que les aspirations de Betty peu féministes se justifient dans cette période, d'autant plus que c'est un personnage qui dépend beaucoup des autres pour son bonheur.

Le rythme est pas fou vu qu'il s'agit d'une année dans la vie d'un personnage. Pourtant il lui arrive plein de choses, et ça grâce à Betty : tout d'abord il quitte son job de dépanneur pour rejoindre Lisa, la soeur de Betty à la "Ville", il fait des dépannages de plomberie dans le quartier, avant qu'Eddie, le copain de Lisa leur propose (à lui à et à Betty) un poste de serveur/se dans sa pizzeria. Puis ils se retrouvent à accompagner Eddie dans le sud, pour assister aux obsèques de sa mère et ils reprendront son magasin. Alors certes, la chance leur sourit : ils arrivent toujours à trouver un petit boulot, à avoir un toit et ne pas payer de loyer, à filouter pour obtenir ce qu'ils veulent, mais d'un autre côté ils leur tombent aussi des tuiles sur le coin de la tronche. Betty est malade. Sérieusement folle. Peut-être encore une histoire d'époque, mais elle ne va pas voir un psy. Du coup, le personnage principal endosse de nouvelles responsabilités, il va tenter de la sauver, par certains moyens peu orthodoxes.

Il y a de la passion dans ce livre, parce que les actes du personnage ne sont pas banals. Mais ce sont aussi des personnages frustrés par leur vie : l'une parce qu'elle attend quelque chose de grandiose de la vie, sans qu'on ne sache jamais quoi, et l'autre parce qu'il ne parvient pas à aider sa compagne, il est complètement impuissant face à cette folie qui prend de l'ampleur.

Le film est assez fidèle et dure 3h. Par contre les personnages sont constamment à poil et il y a énormément de scènes de sexe. Donc si ce sont des choses qui vous dérangent, évitez de le regarder.

En bref, un roman où se mêlent les galères, les surprises de la vie, mais aussi la maladie mentale qui pousse à la folie, jusqu'à un final explosif, auquel on ne s'attend pas.

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mardi 3 octobre 2017

Cyanure, Camilla Läckberg

Quatrième de couv' : Quelques jours avant Noël, Martin Molin, le collègue de Patrick Hedström, accompagne sa petite amie Lisette à une réunion de famille sur une île au large de Fjällbacka. Mais au cours du premier repas, le grand-père, un richissime magnat de l'industrie, leur annonce une terrible nouvelle avant de s'effondrer, terrassé. Dans son verre, Martin décèle une odeur faible mais distincte d'amande amère. Une odeur de meurtre.
Une tempête de neige fait rage, l’île est isolée du monde et Martin décide de mener l’enquête. Commence alors un patient interrogatoire que va soudain troubler un nouveau coup de théâtre...
Offrant une pause à son héroïne Erica Falck, Camilla Läckberg livre un polar familial délicieusement empoisonné.

Mon avis : Il y a peu de temps, je regardais les publications poche des éditions Babel, et j'avais (entre autres) craqué sur ce livre. En regardant sur Livraddict, je découvrais qu'il s'agissait d'un hors-série. Tant mieux, puisque je ne savais pas par quel livre de Camilla Läckberg commencer. En plus Cyanure est très court et ne coûtait pas très cher. Je l'ai donc acheté et découvert.

J'ai essayé de ne pas me laisser influencer par la faible note qu'il a obtenu sur Livraddict. Mais je dois bien dire que ce n'est pas un polar exceptionnel, tout commence comme une partie de Cluedo, chaque personnage est présenté à Martin, qui est flic mais aussi le petit copain de Lisette.

J'ai vraiment essayé de ne pas deviner la fin, mais au bout d'un moment ça semblait assez évident, surtout quand on nous parle de Sherlock Holmes...
L'intrigue est assez simple et la fin peu surprenante. C'est très plat et classique, comme quelqu'un l'a dit sur Livraddict "ça manque d'ambition".

Je ne sais pas si c'est dû à la traduction ou pas, mais le style n'a rien de bien folichon et c'est assez dommage. Je trouve aussi que l'atmosphère n'est pas assez travaillée. Les personnages sont coincés par une tempête de neige sur une île, un meurtre a eu lieu, pourtant ils n'ont pas l'air de se sentir si mal d'être isolés. Peut-être que les nordiques sont plus habitués que nous à ce type d'événements météorologiques, mais j'aurais aimé que l'ambiance soit plus pesante, plus flippante.

Certains personnages sont aussi sous-exploités, et certaines scènes n'auront pas d'importance dans le dénouement final. Leur caractère est peu approfondi alors qu'on pourrait assister à de vrais portraits haut en couleurs dans ce huis-clos !

Bref, je lirai un autre ouvrage de l'autrice, j'essaierai de trouver le premier tome de sa saga (même si les livres se lisent indépendamment les uns des autres), je ne veux pas rester sur cette déception alors qu'elle a tant de succès.

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