samedi 30 septembre 2017

Les derniers jours de Rabbit Hayes, Anna McPartlin

Quatrième de couv' : Neuf jours. C’est ce qu’il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement « Rabbit ». Neuf jours, après plusieurs mois de combat – parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée.
À son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toute la vie de Rabbit ressurgit alors : l’enfance, l’adolescence, Johnny son grand amour, et Juliet, sa fille de 12 ans – une certaine idée du bonheur…
Au fil des jours, tous s’interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d’une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ?

Mon avis : A Noël j'avais reçu une carte cadeau me permettant de m'acheter ce que je voulais dans l'enseigne Leclerc. J'en ai donc profité pour m'offrir ce roman que je n'aurais probablement jamais acheté avec mon propre argent. C'est typiquement le genre de roman à succès, basé sur l'histoire d'une personne malade, qui se veut volontairement larmoyant, que je n'aime pas. En fait, je n'aime pas les romans simplistes où l'auteur veut absolument me faire pleurer.

Bon.
Il se trouve que ce roman est un bon roman dans son genre.
Il est écrit d'un point de vue original puisqu'il présente une galerie de personnages plutôt réalistes, bien que certains très communs, autour d'un personnage en fin de vie. Dès les premières pages on sait que l'issue pour Mia, alias Rabbit, 40 ans, sera la mort. Mais on va la suivre dans ses derniers jours dans la maison de soins palliatifs où elle est envoyée, entourée d'une famille et d'amis on ne peut plus aimants et chaleureux.

L'histoire est présentée de façon à ce que chaque personnage puisse donner son point de vue. Il y a les parents de Rabbit : Jack et Molly, deux personnages forts, mais atrocement malheureux de perdre leur fille. La soeur de Rabbit, Grace et son mari Lenny, ainsi que leurs 4 garçons seront aussi de la partie, pour prendre soin de Juliet, la fille de Rabbit. Eux aussi sont très présents, malgré leurs 4 enfants dont ils doivent s'occuper. Et puis il y a Davey, le frère de Rabbit, qui revient des Etats-Unis pour voir sa petite soeur mourir.
Juliet, la fille de Rabbit, 12 ans, devra endurer ces derniers jours, compliqués pour une jeune fille, mais heureusement bien entourée.
Sans compter sur Marjorie, la meilleure amie de Rabbit, ainsi que toute la bande d'anciens copains musicos' de Davey.
Bref, une galerie de personnages bien chargée (trop, en fait).

Alors chacun sera là, présent, à tenter d'apprivoiser l'inéluctable.
Et puis il y aura les moments de sommeil de Rabbit, où elle retrouvera son amour d'adolescence : Johnny, décédé à l'âge de 22 ans, d'une sclérose en plaques.

Les points négatifs : Justement tout le long du roman j'ai trouvé que ça en faisait trop. Trop de malades, trop d'événements liés à la maladie, aux défaillances des corps.
L'aspect psychologique était trop éclipsé par le trop grand nombre de personnages, mais aussi parce que l'autrice a écrit un roman où il y a trop de maladies. Par contre la dernière page est magnifique, et elle justifie à elle-seule le fait que Johnny DEVAIT être un personnage malade et décédé. Mais je dois avouer que les passages sur Johnny m'ont lassée et c'était ceux que j'aimais le moins lire.

On connait assez peu le caractère de Rabbit, on le voit, on le devine à travers le regard de ses proches, pourtant elle m'a paru être déjà quasiment partie tout au long du roman, puisque les rares moments où elle est éveillée, elle a peu d'impact sur le récit. Au final si elle est le centre de gravité de chaque personnage, elle n'est pas le centre du roman.

J'aurais préféré que l'histoire soit moins longue, il y a clairement des longueurs (quand on aborde le sujet de qui s'occupera de Juliet), et c'est aussi dû au trop grand nombre de personnages, certains sont juste effleurés, beaucoup sont assez peu creusés, même parmi les plus importants ! j'ai trouvé dommage qu'on n'en sache pas plus sur Jack par exemple. J'ai du mal à cerner le caractère de ce père de famille. Je trouve que la plupart d'entre eux manquent de profondeur, d'identité propre (par exemple, Jack ne serait rien sans Molly, ils sont totalement liés voire imbriqués)

Ce qui relève le tout évidemment est l'humour. Heureusement, ce roman reste lumineux, parce qu'il met en avant les bons souvenirs, l'amour, la famille, les amitiés. Il y a énormément de scènes marquantes de vie qui sont représentées dans ce roman, et c'est en cela que l'on peut s'identifier.
Aussi, il se lit très vite. Malgré les longueurs, l'écriture et le style sont simples et fluides et les chapitres sur chacun sont relativement courts, les dialogues ne sont pas idiots et sont même assez réalistes et justes, ce qui nous plonge dans l'histoire et nous pousse à continuer le roman jusqu'au dénouement final.

J'avoue, j'ai versé ma larme à la fin. Je suis contente et satisfaite de cette lecture, qui est une bonne lecture, mais certainement pas un coup de coeur pour moi comme il a pu l'être pour d'autres.

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jeudi 28 septembre 2017

Le miroir, Edith Wharton

Quatrième de couv' : Mrs Clingsland découvre avec désolation un matin l'image que lui renvoie son miroir : celle d'une femme qui n'a plus vingt ans. Mrs Attlee, sa confidente, trouve un subterfuge pour la sortir de sa torpeur : elle lui transmet des messages d'amour d'outre-tombe du jeune Harry, noyé lors du naufrage du Titanic.

Spiritisme, apparition de fantômes, messages de l'au-delà... Edith Wharton révèle avec un humour piquant que les fantômes ne survivent que dans l'imagination de ceux qui les évoquent.

Mon avis : Comme bien souvent chez Folio 2€, ce recueil contient 2 nouvelles : Le Miroir et Miss Mary Pask.
J'avais vaguement entendu parler de la nouvelle Le miroir, qu'il "fallait absolument lire". Il était dans ma wishlist depuis un moment, alors quand je suis tombée sur ce petit livre à 2€ je l'ai pris.

Ça se lit très très vite, et surtout c'est très bien écrit. Pas pompeux, dans un style simple mais pas simpliste.

Je vais tenter de vous résumer les nouvelles sans spoiler.

Dans Le Miroir, on est à New York, une femme prénommée Cora Attlee, a été masseuse toute sa vie, mais arrivée à un certain âge, ses mains sont noueuses et elle ne peut plus exercer. Elle raconte alors à sa petite-fille une anecdote qui concerne Mrs Clingsland, femme ô combien vénérée dans cette famille... mais une femme qui vit très mal le fait d'avoir vieilli et perdu sa beauté d'antan. A cette époque, beaucoup de médiums font fortune sur le dos de riches personnes. Voyant que les charlatans tournent autour de Mrs Clingsland, Cora va alors tout faire pour prendre soin d'elle, lui redonner confiance, et l'éloigner de ces personnes malfaisantes. Mais à quel prix ?

Cette nouvelle nous peint un portrait psychologique de deux femmes : l'une très belle dans sa jeunesse qui ne supporte pas de vieillir au point de s'en rendre malade. Et l'autre, prête à renier ses principes pour aider cette autre femme, afin qu'elle reprenne goût à la vie, en échange d'une jolie maison à Montclair...

"Après tout, me dis-je, ces gens-là ne savent pas ce que sont les ennuis véritables, mais ils ont réussi à fabriquer quelque chose qui y ressemble tant que c'est presque aussi difficile à supporter que les vrais." (p.47)


La seconde nouvelle, intitulée Miss Mary Pask, fait plus intervenir le fantastique : Un Américain est en voyage en Bretagne. Il se souvient qu'une de ses amies, Grace, lui avait demandé de passer voir sa soeur Mary si un jour il se rendait là-bas. Il profite donc de son séjour pour lui rendre visite.
En fin de journée, il part à cheval avec un jeune homme vers la Baie des Trépassés où se situe la maison de Mary Pask. Le brouillard et la nuit tombent, l'atmosphère est sombre et angoissante. Il parvient enfin à la maison, et là l'étrange parait ! (je ne vous en dis pas plus)
La fin est une chute assez surprenante et remet pas mal en question nos croyances, le spiritisme et tout ça.
J'ai beaucoup plus aimé l'ambiance de cette nouvelle : il fait sombre, il y a le bruit des vagues qui s'écrasent dans la baie des Trépassés, haut-lieu de légende : les corps des naufragés s'y échouaient. Le narrateur nous explique qu'il sort à peine d'une dépression, donc on peut se demander si ça vaut la peine de se fier à ce qu'il nous raconte... Bref tout est fait pour rendre l'atmosphère inquiétante.


Je pense que ça me plairait pas mal de lire d'autres ouvrages de cette autrice, et si un jour je trouve d'autres Folio à 2€ avec ses nouvelles, je les achèterais. Son écriture est agréable, elle maîtrise l'ambiance, la montée en puissance de la tension, bref un recueil vraiment sympathique à découvrir.

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dimanche 24 septembre 2017

Le monde comme il me parle, Olivier de Kersauson

Quatrième de couv' : Depuis son enfance à La Trinité, Olivier de Kersauson a voué sa vie à la mer : la marine, la rencontre avec Éric Tabarly, l’épopée des multicoques, les tours du monde, les records, les grands caps et les périlleux océans. Pendant trente ans, amoureux des grands espaces, il a remporté les plus grandes courses, jusqu’à devenir « l’Amiral ». Retiré de la compétition, le pirate breton au célèbre franc-parler offre le récit pudique et passionné de ses aventures dans une formidable ode à la mer et à la vie.

Mon avis : J'ai pris ce livre à la librairie dans les gratuits qu'on avait reçu durant l'été 2016. Je l'ai pris parce que je comptais l'offrir à un membre de ma famille qui navigue. Mais finalement j'ai voulu le lire, parce que comme il est court et écrit gros, c'était pratique à emmener à la plage.

J'ai bien aimé le début de ce texte, quand Olivier de Kersauson parle de la mer, de l'effet qu'elle produit sur lui, quand il raconte ses premières courses.

Par contre je ne partage pas son avis sur les femmes, ce qui m'a vraiment dérangé et donné envie d'enterrer le livre dans le sable.
"La maternité est une affaire de femme. Pas une affaire d'homme. D'ailleurs, ce sont les femmes qui veulent des enfants, dans la majorité des cas. La reproduction, pour un homme, c'est un accident".

Par ailleurs il y a un point que je ne parviens pas à saisir : "Si on parle de savoir, alors on va dire que nous, les hommes blancs, on a su construire des fusées, piloter des avions... à côté de nous, les Noirs ne savent pas (on voit où ces raisonnements mènent, l'histoire l'a montré)."
Si quelqu'un arrive à comprendre, merci de m'éclairer parce que j'ai l'impression de lire un truc raciste, mais je me trompe peut-être ?

Il explique comment il mène sa vie, sans attache, sans possession matérielle, c'est bien, très bien mais je l'ai trouvé par moments très méprisant et condescendant sur la façon dont autrui mène sa vie. J'ai eu l'impression de lire les propos d'un pilier de bar.

"N’étant pas gestionnaire du cerveau d’autrui, je ne vois pas pourquoi je serai préoccupé de ce qu’il pense." Je suis plutôt d'accord avec cette façon de penser, le monde irait mieux si on se souciait moins de ce que pense les autres. L'ironie de tout ça, c'est que je suis présentement en train d'émettre un jugement sur le livre et la façon de penser de ce navigateur !

En gros, je suis très partagée. Il y a des points que je trouve intéressants et d'autres qui m'horrifient. D'autant plus que rien n'est vraiment creusé. Il semblerait que ce soit juste un avant-goût de la pensée de M. de Kersauson. On dirait une commande d'éditeur pour laquelle il a refusé de se fouler, parce que M. est différent et ne rentre pas dans le moule. Bref, pas une lecture indispensable.

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Madame Bovary, Gustave Flaubert

Quatrième de couv' : Une jeune femme romanesque qui s'était construit un monde romantiquement rêvé tente d'échapper - dans un vertige grandissant - à l'ennui de sa province, la médiocrité de son mariage et la platitude de sa vie.
Mais quand Flaubert publie Madame Bovary, en 1857, toute la nouveauté du roman réside dans le contraste entre un art si hautement accompli et la peinture d'un univers si ordinaire.
L'écriture transfigure la vie, mais s'y adapte si étroitement qu'elle la fait naître sous nos yeux.
« Ce n'était plus du roman comme l'avaient fait les plus grands », dira Maupassant : « C'était la vie elle-même apparue. On eût dit que les personnages se dressaient sous les yeux en tournant les pages, que les paysages se déroulaient avec leurs tristesses et leur gaieté, leurs odeurs, leur charme, que les objets aussi surgissaient devant le lecteur à mesure que les évoquait une puissance invisible, cachée on ne sait où. »


Mon avis : Ah ce livre ! J'ai une histoire compliquée avec lui. Je l'ai acheté au lycée, j'ai essayé de le commencer à deux reprises et j'ai abandonné très vite. Je m'en suis débarrassée parce que je croyais que je serais incapable de le lire un jour.
En Novembre 2015 je l'ai trouvé en super état chez un bouquiniste, à tout petit prix, du coup je l'ai acheté, gardé dans ma PAL jusqu'à cet été, où je me suis décidée à le sortir, parce que j'ai 10 ans de plus, que je ne suis pas contrainte par un prof de le lire et que si des ados de 17-18 ans ont réussi à le lire et à l'étudier en classe, je vois pas pourquoi moi je serais pas capable de le lire aussi ?!
Bref, je l'ai commencé en août, j'ai lu une cinquantaine de pages et là encore j'ai bloqué. Je l'ai reposé, j'ai lu d'autres choses et puis je me suis dit que si je laissais passer trop de temps, je serais obligée de relire du début, et ce serait bête. Donc on est mi-septembre et je le reprends. Et là surprise ! j'enchaîne les pages ! Je n'en suis pas au point de vouloir le reprendre tout le temps, mais quand je m'y mets, je dévore une centaine de pages et ça passe bien.

En fait, ce qui me faisait très peur avec ce roman c'était le style. Un prof nous avait dit que Flaubert pensait et ré-écrivait chaque phrase jusqu'à la perfection. J'avais vraiment peur d'un style compliqué. Mais j'ai surtout compris que Flaubert se regardait beaucoup écrire ! Le mec se kiffait en tant qu'écrivain. Il était peut-être perfectionniste aussi. Mais quand même je pense que ça lui faisait bien plaisir d'écrire à ses amis qu'il avait passé 3 mois à travailler un passage de son roman (l'orgueil toussa toussa).
Pourtant son style n'est pas foufou. En vrai, je comprends pas en quoi c'est "magnifiquement bien écrit", pour moi c'est un style simple, empli du réalisme de l'époque. Je vois pas pourquoi on s'extasie sur le style de Flaubert, faudra m'expliquer.

Alors par contre au niveau du vocabulaire, comme on est en 2017 il y'a plein de termes qu'on n'utilise plus du tout, ou du vocabulaire de ferme/campagne/etc, et malheureusement y'a pas de notes de bas de pages pour donner une définition... pas cool.

Il y a énormément de longueurs et c'est fatigant à lire. Flaubert se perd dans des descriptions de la nature super longues, dans des dialogues lourds et inutiles entre le curé et le pharmacien (ou autres personnages). Il raconte la vie à la campagne du XIXè siècle et c'est franchement ennuyeux.
Mais quand il y a un peu d'action, malheureusement Flaubert expédie un peu vite le passage (vers la fin quand avec Justin et elle montent au grenier de l'apothicaire pour se procurer quelque chose (pas de spoilers, promis))
Je pense que je suis parvenue à la fin du livre uniquement parce que je voulais réussir à lire ce roman au moins une fois dans ma vie. C'est quand même plus digeste que d'autres romans qui nous racontent l'ennui de personnages (plus digeste que Moins que zéro par exemple...)

Quant aux personnages, ils sont assez nombreux. Je pensais qu'on aurait uniquement le point de vue d'Emma Bovary, et en fait pas du tout. On a un narrateur externe, qui passe d'un personnage à l'autre.
Alors effectivement, on connaît pas mal de choses sur le quotidien d'Emma, mais aussi beaucoup (trop) sur le personnage de l'apothicaire (M.Homais), et finalement assez peu sur Charles Bovary (alors qu'on commence et finit le roman sur lui...).

Je n'ai pas aimé Emma Bovary. Je croyais que c'était une héroïne qui passait son temps à lire, mais en fait non, pas tant que ça. Je n'ai pas vu une héroïne romantique, parce que c'est une femme qui est heureuse d'avoir une relation adultère et qui n'aime pas son mari. J'ai eu l'impression d'une femme cruelle, méchante, constamment irritable et égoïste.
Malheureusement je n'ai pas compris pourquoi elle ne faisait aucun effort pour être avec son mari, elle le repousse tout le temps. Apparemment il l'aime de tout son coeur, mais elle n'est pas touchée par cet amour, pourtant c'est un amour profond, qui correspond (je pense) à ce qu'elle a pu lire dans les romans qui lui ont plu.
En y réfléchissant, c'est une héroïne qui a besoin d'action dans sa vie, et ça se traduit par une volonté de se compromettre en mettant tout en danger : sa réputation, son mariage, et l'argent du ménage.
Elle est toujours insatisfaite, même ses relations adultères finissent par l'ennuyer.
Elle a une enfant dont elle ne s'occupe jamais. Alors je sais que c'était une autre époque, que c'était normal de mettre son enfant en nourrice quand il était petit, mais quand on voit comme elle s'ennuie, elle pourrait au moins trouver une occupation en prenant soin de son enfant, en jouant avec elle, mais non elle aussi elle la repousse.

Personnellement je pense que Charles Bovary aurait mérité un meilleur traitement de la part de Flaubert. Il apparaît au début, puis on ne le voit quasiment pas. Il semblerait qu'il travaille, ne se fait pas payer par ses patients, puis réapparait à la fin. Alors qu'il y a un narrateur externe, qui nous bassine avec M. Homais, pourquoi on n'en sait pas plus sur Bovary ? Est-il si transparent ? La psychologie d'Emma est cohérente, mais celle de Charles manque vraiment à l'histoire.

Tous les personnages ont un côté détestable et sont plus ou moins méprisants. Si c'est ça la vision de la vie à la campagne selon Flaubert, c'est pas très agréable...

Venons-en à la partie sur l'argent. Parce que finalement, si l'amour n'est pas là, l'adultère fini, il reste un problème qui ne cesse de revenir sur le tapis : l'argent. Emma prend tout à crédit et se fait enfler par un marchand de la ville, le bien-nommé Lheureux. Au bout d'un moment, quand Charles ne touche plus un rond de ses patients et qu'Emma refuse de vendre quoi que ce soit et continue à faire des crédits, les huissiers débarquent. Et là commence la chute. (mais je ne vous en dirais pas plus).


Quelques citations pour finir :
"Parbleu ! le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose." (page 243)

"Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu'elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d'amoureuse qu'elle avait tant envié." (page 266)

"- Ce qu'il y a de plus lamentable, n'est-ce pas, c'est de traîner, comme moi, une existence inutile ? si nos douleurs pouvaient servir à quelqu'un, on se consolerait dans la pensée du sacrifice !"


Je suis contente d'avoir enfin lu Madame Bovary, mais je ne lui mets que la moyenne, parce que le style ne m'a pas transcendée, mais j'ai été prise dans cette histoire. Les personnages sont peu intéressants et les descriptions sont lourdes, mais finalement ça va, ça se lit.

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mardi 19 septembre 2017

Modern Romance, Aziz Ansari & Eric Klinenberg

Quatrième de couv' : Has texting turned us into the flakiest generation ? What does it mean to have a 24/7 singles bar in your pocket ? And why are the French so relaxed about infidelity ? From digital snooping to Japanese love hotels, comedian Aziz Ansari and social scientist Eric Klinenberg guide us through the baffling and hilarious world of modern relationships.

Résumé de la VF, publié par les éditions Hauteville : Les relations amoureuses à l’ère numérique décryptées par le comique le plus incisif de sa génération.
Autrefois, les gens trouvaient quelqu’un de bien dans leur village ou dans leur quartier et après avoir décidé qu’il ou elle n’était pas un dangereux criminel, ils se mariaient et faisaient des enfants, tout cela avant l’âge de vingt-deux ans.
Nous passons désormais nos journées à chercher l’âme soeur, la vraie, et grâce aux applis de rencontres, à nos téléphones portables et aux réseaux sociaux, nous bénéficions d’un éventail de choix inédit dans l’histoire de l’humanité. Nous nous retrouvons cependant confrontés à de curieux dilemmes jusque-là inconnus : que penser, par exemple, de quelqu’un qui est trop occupé pour répondre à un texto, mais qui prend le temps de poster une photo de son petit déjeuner sur Instagram ? Et puisque tant de possibilités s’offrent à nous, pourquoi les gens ne sont-ils pas moins frustrés qu’avant ?

Depuis des années, le comédien Aziz Ansari passe les relations amoureuses au crible et, dans Modern Romance, il s’est associé à un sociologue réputé, Eric Klinenberg, pour enquêter sur l’amour à l’ère numérique.
Ensemble, ils ont mis à contribution certains des plus éminents spécialistes de la planète, mené des centaines d’entretiens, compulsé des analyses comportementales et étudié les pratiques de séduction ayant cours de New York à Buenos Aires, en passant par Paris. Le résultat constitue un inoubliable tableau de l’amour moderne, réunissant l’humour corrosif et l’irrévérence d’Ansari aux dernières avancées des sciences sociales.


Mon avis : J'ai découvert Aziz Ansari avec sa série Master of None que mon frère m'avait vivement conseillée. J'ai adoré la saison 1, un peu moins la saison 2. Je suis ravie de voir ce qu'Aziz Ansari essaie de montrer et de véhiculer comme idées très contemporaines dans cette série, en y appliquant sa patte dans la réalisation.
Et puis un jour, je ne sais pas comment, peut-être juste en cherchant son nom dans la barre de recherches du site Book Depository, je suis tombée sur son livre et je l'ai immédiatement acheté. J'adore la couverture avec le coeur, beaucoup plus que celle qui est sur le livre en vente actuellement. Mais bon encore une histoire de marketing j'imagine.

Dans Modern Romance, que j'ai lu en VO (très facilement), on retrouve tous les sujets qu'aborde Aziz dans sa série et dans ses spectacles de stand-up. Il y a même des passages entiers de ce livre qu'on retrouve, du coup impression de déjà-vu. Mais bon.

Aziz Ansari s'est associé à un chercheur en sociologie, Eric Klinenberg pour créer cet essai sur l'impact des nouvelles technologies dans notre recherche de l'amour.
Ils ont interviewé des tas de célibataires de divers endroits sur leur pratiques : à propos des sites de rencontres, du premier rendez-vous, de l'amour, de l'infidélité, etc.
Ils ont aussi voyagé afin de nous présenter les différentes pratiques à travers le monde : au Japon par exemple, le gouvernement donne des subventions aux bars qui reçoivent des célibataires lors de soirées conçues spécialement pour que des couples puissent se former, car le grand problème actuel du Japon est sa diminution affolante de mariages. Les jeunes hommes et femmes ne se rencontrent plus, empêtrés dans leurs conceptions des uns et des autres.
Ils vont aussi en Argentine où le problème principal est le harcèlement de rue, et le fait que les hommes soient persuadés que le "non" d'une femme est en fait un jeu avant qu'elle ne dise oui...
Ils se sont rendus en France (malheureusement le chapitre est assez court) où ils ont tenté de comprendre pourquoi les Français relativisaient l'infidélité. (Bon pas tous les Français). Mais ils se sont aperçus grâce à des statistiques qu'on était plus détendus que d'autres pays à propos de l'infidélité.

C'est un ouvrage très complet. Il est bien écrit, drôle, et surtout il est intelligible par tous ! Un essai peut parfois être lourd et indigeste, eh bien ici on retrouve l'humour d'Aziz qui coupe un peu les analyses de graphiques. C'est documenté, le livre est parsemé de schémas, de photographies, d'échanges de messages. Il y a une vraie suite logique du raisonnement de l'auteur et on ne se sent pas submergé par toutes les informations.
On retrouve le forum (ici) qu'Aziz et Eric ont créé afin de trouver des réponses à des questions bien spécifiques. Ça peut vous donner une petite idée des thèmes abordés dans le livre.

J'aime beaucoup le fait qu'Aziz présente les différentes formes de rencontres par le passé, je trouve hyper intéressant de voir comment l'industrialisation, le progrès, l'exode et le numérique ont pu modifier tout ça.

Ce livre me fait grandement réfléchir non seulement à ma relation, mais aussi à mes aspirations et désirs profonds. Il bouscule un peu ce que je croyais acquis, me remets en question.

On sent aussi que le sujet passionne Aziz, et ça rend le tout très agréable à lire. J'aime voir qu'un comédien peut sortir de sa zone de confort et montrer de l'intérêt pour des sujets qui n'ont pas grand chose à voir avec son domaine de prédilection.
Que ce soit à travers ses spectacles, ce livre ou sa série, Aziz Ansari est l'artiste qui propose le plus de réflexions sur l'amour et j'adore ça !

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Sukkwan island, David Vann

Quatrième de couv' : Une île sauvage du Sud de l'Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim décide d'emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs personnels, il voit là l'occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu'il connaît si mal. Mais la rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu'au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable.

Avec ce roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres de l'âme humaine, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.


Mon avis : Ma mère possède ce roman depuis un bout de temps, je lui ai emprunté sachant qu'il avait eu beaucoup de succès. Je repoussais sa lecture parce que j'avais peur de ce que je lirais. Mais bon,  y'a un moment il faut bien s'y coller (et lui rendre son livre aussi...!)

Un père et son fils partent vivre un an sur une île en Alaska. Sukkwan Island. Une cabane, des fusils pour tuer les ours, la pêche, tout comme "les pionniers". De base, on sait que ce n'est pas une bonne idée. Vraiment pas. Je ne comprends toujours pas pourquoi la mère n'a pas posé son veto. Enfin. Dès les premières heures, Roy, le fils, comprend la solitude à laquelle il va devoir faire face. Bien qu'avec son père dans une minuscule cabane, l'immensité de la nature sans aucun lien avec le monde extérieur s'impose à lui.

Mais il n'y a pas que ça... La nuit et les tempêtes imposent un huis-clos glauque entre Roy et son père. Tandis que la journée, le soleil ou une pluie fine offrent la possibilité de mener sa barque chacun de son côté, oeuvrant pour leur survie quotidienne et pour se préparer à l'hiver.

Roy est d'une immense bonté, il accepte de laisser sa vie de collégien, à l'heure des désirs pour les filles, pour accompagner son père, qu'il sait dépressif, sur cette île perdue, où personne ne pourra les aider en cas de danger. Il prend sur lui constamment face à ce père paumé et immature.

J'ai détesté le personnage du père, Jim. Dès les premières phrases j'ai senti qu'il était lâche et égoïste. C'est fou comme le malheur d'un homme peut vous dégoûter de lui. Ses actes sont rarement intelligents. Il n'a pas conscience de ce qu'il fait, de ce dans quoi il s'engage. Il s'imaginait pouvoir vivre dans la nature, mais sans avoir le moindre sens des réalités. Il met régulièrement son fils en danger. Et au fur et à mesure de ses désertions et de ses erreurs, on sait que l'issue n'en sera que dramatique.

La première partie se clôt et vient la seconde. Celle que j'ai moins aimé, parce qu'elle m'a mise mal à l'aise. Les descriptions sont épouvantables. Les actions nous ramènent de plus en plus à quelque chose de l'ordre du primitif, mais aussi de la folie.

Un livre bien écrit. Une histoire poignante. Une atmosphère étouffante.

Des détails glaçants, qui s'insinuent dans l'esprit et viennent nous hanter, créent un malaise palpable. J'ai même cherché comment l'auteur avait pu faire pour s'immiscer comme ça dans mon esprit, et en fait c'est simplement cette succession de détails qu'on découvre, noyés dans le reste du récit, dans une prose très simple, qui finalement reviennent par vagues dans l'esprit. Ces détails dans la seconde partie sont si répétitifs qu'ils créent du dégoût. Il a fallu que j'arrête ma lecture pour me passer de l'eau froide sur le visage tellement je me sentais mal. Ce drame fait naître une angoisse terrible. J'ai hésité à reprendre ma lecture mais il me restait une cinquantaine de pages et j'ai donc fini le livre.

A travers cette histoire, l'auteur traduit les limites de l'isolement et montre qu'on ne peut se passer des autres. Nous sommes condamnés à les supporter mais nous désirons aussi leur présence. C'est un conflit interne qu'on doit mener quotidiennement pour ajuster, trouver le bon équilibre entre soi et autrui. C'est finalement la douleur d'être humain qu'il retranscrit ici, la solitude de l'âme et puis aussi la petitesse de l'homme dans l'immensité de la nature, de l'océan.

"L'océan infini offrait un spectacle grandiose. Des montagnes d'eau se formaient de toutes parts, s'élevant pour disparaître, des collines roulaient ça et là. Il était impossible d'imaginer que ce n'était que de l'eau, impossible d'imaginer aussi à quelle profondeur incroyable elle s'étendait sous lui."

Roman "nature writing" avec une grosse patte d'ours de sordide.

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dimanche 17 septembre 2017

Les étoiles de Noss Head, Vertige, Sophie Jomain

Quatrième de couv' : à presque 18 ans, Hannah enrage de devoir subir un nouvel été à Wick, petite ville portuaire écossaise. Il n'y a pas plus ennuyeux que cet endroit pour une citadine de son âge. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Leith. Il est bâti comme un roc et possède les plus beaux yeux qu'elle ait jamais vus. Qu'importent les rumeurs qui courent au sujet du jeune homme... l'attirance est immédiate, réciproque et irrépressible.

Puis tout bascule. Le conte de fées se transforme en cauchemar et le destin d'Hannah est scellé. Leur relation résistera-t-elle à l'inimaginable ? Sauront-ils vaincre le pire ? Car les légendes sont parfois plus réelles que l'on croit.

Mon avis : Attention, cet avis n'engage que moi, vous pouvez totalement avoir un avis contradictoire au mien et défendre le travail de l'autrice, la rubrique commentaires est faite pour ça.
De plus je spoile carrément l'histoire vu que tout le monde (ou presque) a lu ce roman.

J'ai acheté ce livre en Décembre 2014, au moment où il y avait une véritable effervescence autour de ce roman. Moi qui n'ai jamais lu Twilight, les comparaisons faites avec ce roman m'inquiétaient un peu et m'intriguaient aussi. Cependant j'ai laissé le livre dans ma PAL pendant bientôt 3 ans, mais il me faisait de l'oeil ces derniers temps, surtout vu sa jolie couverture.

Malheureusement une jolie couverture ne fait pas un bon roman. En lisant les premières lignes et à quelle vitesse le roman se lisait, je me suis dit "sois pas trop critique, c'est une lecture divertissante, n'en demande pas trop à l'autrice"... Sauf qu'au bout de 200 pages je n'ai pas pu m'empêcher de me moquer en story Instagram de la piètre qualité du texte.
Déjà je me suis retrouvée avec une édition pleine de coquilles : il manque des mots à plein d'endroits, des prénoms sont inversés. Il y a des expressions que je n'avais jamais lues ni entendues nulle part : "tu ne te mouches pas du coude", sérieusement ?

La trame du roman manque cruellement d'originalité. Les rebondissements n'en sont pas vraiment. Alors oui le style est fluide et ça se lit vite, mais ça ne suffit pas.

La romance est bourrée de clichés. Tout est niais et téléphoné.
Laissez-moi vous citer ceci : "Je ne permettrai pas qu'il t'arrive quoi que ce soit, tu comprends ? Je me damnerai pour te protéger, je donnerai ma vie pour toi. Tu es mon souffle, mon oxygène, mon énergie. Tu fais courir le feu dans mes veines. Je t'aime, Hannah"
(excusez-moi je vais vomir)

Hannah a 18 ans, est parisienne et passe toutes ses vacances à Wick en Ecosse depuis sa naissance parce que ses parents sont écossais. Parfait pour l'autrice, son personnage ne connaîtra donc pas la barrière de la langue.
Par contre, comment se fait-ce qu'elle n'ait jamais rencontré Leith en 18 ans dans une ville de 7300 habitants ? Surtout que d'après elle, le mec est remarquable par sa stature et ses yeux verts, et vu le nombre de fois où ils se croisent par "simple coïncidence" cet été-là, il y'a de quoi trouver ça peu crédible.
Bref, Hannah est le personnage féminin typique qui manque d'assurance, est naïve et se laisse totalement faire. Elle n'est jamais tombée amoureuse d'aucun mec, mais wouah quand elle rencontre Leith c'est l'amour fou direct ! Elle ne sait plus quoi dire, ne tient plus debout, sent son coeur taper dans sa poitrine, etc. Elle a 18 ans, est inexpérimentée mais je doute qu'une fille de cet âge soit aussi potiche qu'elle face à un garçon.
Elle prétend que sa famille -et plus particulièrement sa grand-mère- est importante pour elle, mais elle doit passer genre 10 min avec eux.
Elle se fait constamment agresser : que ce soit verbalement par Leith qui se moque d'elle tout le temps -mais pour que la pilule passe mieux il l'appelle "mon coeur" alors même qu'ils ne sont pas encore ensemble-, ou que ce soit physiquement ; elle se retrouve toujours dans des situations où un homme va la prendre de force, pour l'embrasser, la coller contre un mur, et tenter de la posséder.
Ce qui me dérange c'est l'image d'Hannah dans ce roman : d'ado qui ne veut pas passer de vacances chez sa grand-mère, elle devient la demoiselle en détresse qu'il faut sauver. Elle n'est pas du tout autonome, chaque fois qu'elle fait quelque chose d'elle-même c'est une connerie, que Leith doit rattraper parce que oh mon dieu il est si intelligent et mature !!

Quant au personnage de Leith, il nous est présenté comme un mec mystérieux, mais en fait il est surtout inconsistant, en dehors de son physique ravageur, il n'a pas de conversation et c'est un goujat qui en fait des caisses. Alors oui, il ouvre la portière pour Hannah, il la porte les 3/4 du temps, mais bordel ! elle n'est pas invalide ! Elle peut ouvrir sa portière toute seule !
Il est insupportable quand il lui dit qu'elle est "bien une fille" quand elle regarde son portable durant les 10 min où il s'absente.
Il se veut protecteur, et même si il a de bonnes raisons de croire qu'elle est en danger, il est envahissant comme pas permis.
Ensuite quel genre de mec fait un bisou sur le front de sa copine alors que celle-ci lui présente sa bouche ? Le mec n'arrête pas de faire des allusions au sexe mais ne passe jamais la seconde ! Outre le fait que c'est frustrant, c'est surtout une façon de manipuler une fille, et je n'aime pas du tout lire ça dans un livre, c'est malsain.

Sinon je n'avais jamais lu dans aucun roman, un personnage prendre autant de douches. Sérieusement, toutes les 3 pages Hannah prend une douche. Alors la propreté c'est bien, mais on s'en fout en fait. Surtout que le jour où elle se retrouve avec du sang sur le visage, elle ne se lave pas dans les 10 minutes mais le lendemain, passant une nuit complète avec du sang séché sur le corps et les vêtements. Quelle est ta logique meuf ?
Je ne parlerai pas non plus du fait qu'en Ecosse on peut passer son code et son permis en un rien de temps (en même pas un mois et demi!).

Leur histoire d'amour est chelou, ils se rencontrent, tombent follement amoureux l'un de l'autre (Hannah est même l'âme soeur de Leith parce qu'il a eu des étincelles dans les yeux, wouah...), alors qu'ils ne se parlent de rien. Une fois sur deux ils se font la tronche dans la voiture ("mâchoires crispées" et compagnie), et quand ils discutent ce n'est pas pour se raconter leur vie.
Elle va le veiller pendant une semaine, attendant qu'il sorte d'une forme de coma. Elle a 18 ans, abandonne sa famille pendant une semaine pour veiller un mec qu'elle connaît depuis un mois ?! Mais quels parents autorisent leur enfant à faire ça ?
A la fin, les parents d'Hannah lui annoncent qu'ils vont rester vivre à Wick pour s'occuper de la grand-mère, ce qui arrange bien Hannah qui a enfin trouvé l'amour en la personne de Leith, et qui est prête à sacrifier sa vie de citadine parisienne pour une petite vie en Ecosse, surprenant pour une personne qui au début du roman ne voulait pas mettre un pied à Wick...
Et puis évidemment, Elaine, la grand-mère d'Hannah a vécu une histoire similaire avec Dallas, le grand-père de Leith, COMME PAR HASARD.

Le seul point positif de ce livre est toute la mythologie autour des loups-garous qui semble vraiment riche et intéressante. Cependant même là l'autrice réussit à rendre les explications lourdes et répétitives.

L'autrice applique une recette on ne peut plus simple et utilisée des milliers de fois, pour créer cette saga. C'est cliché à souhait, bourré de stéréotypes embarrassants dans un roman du XXIè siècle.
Rien ni dans l'intrigue, ni dans l'écriture ne permet à ce roman de se démarquer des autres.
En vrai ça me fait rire parce que c'est une histoire ridicule, mais qui reprend parfaitement les codes de la romance. Bon la romance c'est pas mon truc, mais j'avais envie d'y goûter, je suis juste déçue que ça manque d'originalité.
J'ai lu beaucoup de commentaires de gens qui ont adoré. Je pense que c'est pas ma came.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

jeudi 14 septembre 2017

TAG Les Classiques

J’ai vu ce TAG sur le blog de Victoria à cette adresse. Je n'ai pas pour habitude de faire des TAG mais celui-ci m'intéressait et vu que j'avais le temps de le rédiger, de faire quelques photos et les retoucher, je me suis dit que ça changerait un peu de mes avis lectures.

Mais place à une une longue introduction !
J’ai passé un bac littéraire en 2008, j’avais fait le choix de suivre la voie littéraire parce que j’aimais lire et étudier les langues. Cependant j’ai toujours été réfractaire à la lecture des classiques. Je me souviens avoir eu une liste de classiques à connaître à mon entrée au lycée, je m’en suis procurée pas mal d’occasion et j’ai essayé d’en lire pour avoir le niveau. Mais le fait d’en étudier certains pendant des mois m’a peu à peu dégoutée.
Après ça, j’ai fait des études d’anglais pendant 2 ans et j’ai laissé de côté les lectures de classiques francophones.
C’est seulement 2 ans plus tard que j’ai recommencé à en lire quelques-uns, quand je suis entrée en DUT Métiers du livre. L’avantage de cette formation c’est que les profs ne comptaient pas sur nous pour être de fins connaisseurs de la littérature classique, mais pour connaître et lire le maximum de genres différents, afin de conseiller au mieux les clients. Travailler en librairie m’a permis de ne pas culpabiliser d'être ignorante de certains classiques. Après tout, les clients veulent lire des contemporains, des nouveautés et ont besoin de conseils sur ces livres. Souvent les classiques ont mauvaise presse auprès de la clientèle car ils génèrent de mauvais souvenirs d’études.

Mais pour ma culture personnelle j’ai envie de connaître des classiques, alors j’en achète de temps en temps. J’aime bien la collection Folio à 2€ qui permet de connaître des auteurs dits classiques à moindre coût et sans s’attaquer à des romans denses et complexes. Selon moi, le problème des classiques c’est qu’ils sont difficiles à appréhender sans connaître le contexte d’écriture ou le contexte historique. Malheureusement en classe, au lycée, on nous demandait d’étudier ces textes sous toutes les coutures, ce qui n’aide en rien à apprécier un roman dit classique.

Bref, après cette longue, trop longue introduction, je vous laisse découvrir mes réponses à ce tag.

Prix de la meilleure prise de vue et de la meilleure retouche photographique. Laissez-moi. 


1. Mon classique préféré

En regardant mon compte et la notation sur Livraddict, je dirais Jane Eyre, de Charlotte Brontë. Cependant j’en ai assez peu de souvenir, juste qu’à 17 ans quand je l’ai lu, j’ai littéralement adoré. J’ai racheté le livre cette année et j’envisage de le relire, pour voir si j’ai toujours le même avis.
Si c’est un homme, de Primo Levi, m’a beaucoup marquée l’été de mes 15 ans, tout comme L’écume des jours, de Boris Vian.
Sinon, récemment j’ai lu Le silence de la mer, que j’ai énormément aimé.


2. Un classique que je n’ai pas aimé

Jacques le Fataliste, de Diderot. Nous l'avons étudié en long et en large tous les jeudis matins durant 2h pendant 4 mois pour se préparer au bac. Je crois qu'il n’y a pas d’ouvrage que j’ai plus détesté étudier que celui-ci. Peut-être aussi les 2 premiers livres des Confessions de Rousseau…
Je n’adhère pas tellement non plus aux écrits de Fitzgerald.
Et La métamorphose de Kafka m’a sérieusement ennuyée, et pourtant ce n'était pas une lecture imposée.


3. Mon personnage de roman classique préféré

A vrai dire, quand je lis un roman je m’attache rarement aux personnages. Et quand je lis un classique, je me focalise moins sur les personnages, que sur le style ou l’intrigue.


4. Mon courant littéraire favori

Là je dois avouer que mes compétences de littéraire s’arrêtent très vite : je ne saurais pas dire quel est mon courant littéraire favori.


5. La lacune littéraire dont j’ai honte

De ne pas savoir répondre à la question précédente !
J’avoue avoir oublié beaucoup de mes cours de littérature, que ce soit les cours de français qui présentent les différents mouvements littéraires, comme les études de texte que nous avons faites.


6. Les 5 classiques que je veux lire très bientôt

J’ai très envie de relire :
- Jane Eyre, comme je l’ai dit je l’ai lu à 17 ans mais je n’en ai que peu de souvenirs.
- Les hauts de Hurlevent, pour la même raison. Je l’ai lu durant l’été 2007 et je n’en ai pas vraiment de souvenirs.
J’ai aussi envie de découvrir :
- Belle du Seigneur, ça fait bien 3 ou 4 ans que j’ai envie de le lire, mais je n’ai pas sauté le pas, car il est très long !
- Martin Eden, depuis que Lemon June en a parlé sur sa chaîne, je l’ai acheté mais je ne l’ai pas encore commencé. Il est assez long aussi et j’ai un peu peur de ne pas ressentir autant d’engouement qu’elle.
- Thérèse Raquin, c’est un roman de Zola que mon père m’a prêté et conseillé. J’ai lu très peu de Zola dans ma vie (juste Au bonheur des Dames que j’ai bien aimé et La Bête Humaine, lu en classe de seconde, que je n’ai pas aimé du tout…)
- J’en rajoute juste un : 1984 de George Orwell, qui m’a été offert l’an dernier par mes collègues et que je n’ai toujours pas lu !



7. Mon adaptation ciné/TV préférée

Je vais certainement avoir du mal à répondre à cette question, j’ai vu assez peu d’adaptation ou alors de contemporains mais pas de classique.
J’ai vu Fahrenheit 451, que j’ai bien aimé, même si j'en garde un souvenir un peu flou, d'un film un peu futuriste avec une architecture bien particulière.  
J’ai vu Raison et sentiments, avec Hugh Grant que j’ai bien aimé.

Je ne sais pas si on peut déjà le considérer comme un classique mais Le château de ma mère, roman de Marcel Pagnol, adapté pour la télévision m’a énormément plu quand j’étais enfant. Je me le passais et repassais des dizaines de fois.

J’ai aussi préféré Sleepy Hollow de Tim Burton, en film qu’en livre, que j'ai dû étudier à la fac d'anglais.


8. L’adaptation ciné/TV que je n’ai pas aimée

Les hauts de Hurlevent, de 2011, avec Kaya Scodelario. Je l’ai vu il y a des années et j’en garde peu de souvenirs, sinon qu’il y avait de longs passages de la campagne et peu d’action. Il faudrait que je relise le livre puis que je revois le film pour me faire un véritable avis.


9. Mes éditions préférées à collectionner

Je n’avais jamais penser à une édition en particulier. L’avantage des classiques c’est qu’ils sont tombés dans le domaine public donc trouvables chez n’importe quel éditeur de poche à petits prix.
Je peux dire en revanche que je ne suis pas une adepte des éditions avec des tonnes de préfaces, notes et commentaires en tous genres. Même si ça aide à comprendre les textes, ça coupe aussi le roman et ça a tendance à m’agacer.


10. Un classique trop peu connu que je veux recommander

Il y a un recueil de poésie que j’ai bien aimé, c’est Poètes français des XIXè et XXè siècles, édité au Livre de Poche. J’ai trouvé ça assez cool de picorer des poèmes dans une époque qui me plait assez.
Sinon je suis assez adepte de Zweig, et de ses nouvelles, mais sur la blogosphère il est assez connu et apprécié. En tout cas je l’ai découvert il y a environ 3 ans et j’aime bien découvrir ses écrits, même si je ne suis pas conquise à chaque fois.


11. Un classique que je n'ai jamais terminé  

Il y en a un qui me pose vraiment un problème : Madame Bovary de Flaubert. Au lycée, j’ai essayé 2 fois de le lire. Puis je l’ai revendu ou donné. Finalement je l’ai racheté en 2016 dans une librairie d’occasion, j’ai commencé à le lire cet été et je me suis arrêtée à nouveau à environ une cinquantaine de pages du début. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrive pas à dépasser ça. Je vais essayer de le reprendre bientôt.


Question Bonus : Si tu devais choisir entre lire à vie des classiques ou des contemporains, que choisirais-tu ? 

Clairement pour moi ce serait les contemporains. Mais ça vient surtout de mon métier, qui veut qu’on lise surtout des nouveautés, et comme je l’ai dit, sans professeur, certains classiques peuvent être difficiles à appréhender et je ne veux pas culpabiliser  de ne pas comprendre un classique parce que je manque de connaissances sur le sujet.



Et vous ? Quelles seraient les réponses à ces questions ? N'hésitez pas à répondre en commentaire !
D'ailleurs, est-ce que les TAG vous plaisent sur les blogs ? 

mercredi 13 septembre 2017

Palestine, Hubert Haddad

Quatrième de couv' : Au cours d'une embuscade en Cisjordanie, Cham, soldat israélien, est gravement blessé. Sous le choc, il perd tout repère et en oublie son nom. Deux Palestiniennes, Falastin et Asmahane, lui sauvent la vie. C'est, pour lui, la traversée du miroir.

Avec Palestine, Hubert Haddad nous livre un saisissant plaidoyer pour la paix et la tolérance.

Mon avis : Il y a 2 ans j'avais beaucoup aimé Une bouteille dans la mer de Gaza, qui était touchant et présentait les deux côtés du conflit israélo-palestinien. Dans Palestine, on envisage le conflit uniquement du côté palestinien, à travers les yeux d'un homme, soldat israélien, qui a perdu la mémoire suite à une attaque surprise. Blessé et enlevé, ses ravisseurs l'enterrent vivant au fond d'une tombe, mais la vie n'en a pas fini avec lui et il est recueilli par deux Palestiniennes qui n'ont aucune idée de son identité.
Il va endosser le rôle de Nessim, le frère Palestinien disparu de Falastin.
Je vois ça comme l'histoire d'un jeune homme qu'on peut manipuler parce qu'il n'a plus de mémoire. Bien qu'on ne lui veuille aucun mal, il se retrouve au milieu du conflit sans rien savoir de son propre passé.

Je dois avouer que je n'ai pas aimé. Ni l'histoire, ni la plume. Hélas, ce style très poétique, trop descriptif (notamment des lieux et pas assez des sentiments) m'a très vite agacée et évince tout le potentiel de l'histoire, il rend le tout assez artificiel et trop travaillé. Les rebondissements sont amenés avec trop de délicatesse et tout semble plat. Il manque des marqueurs de temps, du coup on ne sait jamais combien de jours se sont écoulés entre les ellipses. Et malheureusement les personnages ne sont pas approfondis, il m'a été impossible de m'attacher à eux, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à des fantômes qui traversent l'histoire, bien qu'ils agissent et réagissent en se défendant, mais l'auteur ne les forment pas, ils restent des personnages de papier sans consistance.

Ce roman met en lumière la façon dont le peuple arabe est traité par les soldats israéliens : humiliations et brimades lors des interminables contrôles, suspicions constantes, destructions d'habitations, etc.
En revanche il n'est pas facilement accessible pour quelqu'un qui ne saurait rien du conflit en question.
Personnellement je n'ai pas vu où se trouvait l'appel à la paix dans ce roman qui ne montre qu'un seul côté du conflit, sinon que le personnage de Cham/Nessim peut endosser n'importe quelle identité à partir du moment où on lui fourre les idées qu'il faut dans le crâne.

Un roman difficile à appréhender, de part sa forme trop travaillée et son contexte de guerre.
Et si vous cherchez un roman qui ne prend pas parti, tournez-vous plutôt vers un roman comme Une bouteille dans la mer de Gaza.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 11 septembre 2017

Premier amour, de Tourgueniev

Quatrième de couv' : Réunis un soir, des amis se racontent leur premier amour.
« J'avais alors seize ans. Cela se passait au cours de l'été 1883. J'étais chez mes parents, à Moscou…» Dans la maison voisine, une princesse, jeune fille à la Tourgueniev, délicieuse, pure et volontaire, s'amuse de ses soupirants jusqu'au jour où elle-même succombe à l'amour.
Ce récit au charme cruel est une histoire vraie. L'adolescence de Vladimir fut celle de Tourgueniev. Il n'aima vraiment toute sa vie qu'une seule femme, sans en être aimé. Echos de sa jeunesse au milieu des serfs et des paysans russes, de ses peines amoureuses, ces trois nouvelles sont des chefs-d'oeuvre de vérité et de poésie.

Mon avis : Ce petit ouvrage est un recueil de nouvelles. L'éditeur y a mis une préface et une notice qui révèlent tout de l'histoire. Ne les lisez pas si vous ne voulez pas vous faire spoiler !

Il y a donc Premier amour, qui est une nouvelle m'ayant fait penser à la façon dont Zweig présente ses histoires (même si Zweig a dû s'inspirer de Tourgueniev), avec un récit dans le récit.
Dans Premier amour, un homme participe à un repas au cours duquel chacun doit raconter son premier amour. Mais comme il se dit mauvais conteur, il va le raconter dans un cahier qu'il donnera à ses hôtes quelques jours plus tard. Nous plongeons alors dans une histoire qui date de plusieurs années. Le narrateur raconte qu'à 16 ans il est tombé amoureux d'une jeune femme, sans que celle-ci ne réponde à ses avances. Il en est ainsi pour les 4 autres prétendants de la demoiselle, qui viennent constamment chez elle pour profiter de sa compagnie. Compagnie que j'ai trouvé bien cruelle. Cette jeune femme profite de sa grande beauté pour s'amuser des hommes qui l'entourent. Elle est énigmatique et surtout lunatique et je ne l'ai pas aimée.
Au-delà de la cruauté et de l'ironie de l'histoire, j'ai beaucoup aimé l'expression des sentiments de ce jeune homme de 16 ans, qui met un peu de temps à comprendre, qui s'accroche autant qu'il le peut puisqu'il lui est dévoué et qui manque de clairvoyance à tout niveau. Il passe par toutes les émotions, s'éveillant à l'amour et à ses désillusions. Le personnage peut sembler un peu bête et gauche, mais on lui pardonnera, c'est la jeunesse qui veut ça.

La seconde nouvelle s'intitule L'auberge de grand chemin. Je n'ai pas tellement aimé, mais c'est surtout dû à l'ambiance : on se trouve à une époque indéterminée, en Russie, où vivent encore des seigneurs et leurs serfs. C'est un peu le monde de la paysannerie et moi ça me branche pas du tout. C'est clairement une époque injuste : un serf parvient à gagner suffisamment d'argent pour acheter une auberge qu'il décide de tenir. Ainsi il gagne sa vie, jusqu'au jour où un homme plus jeune s'éprend de sa femme et lui rachète son auberge, non pas en s'adressant directement à lui, mais en allant voir la seigneuresse du coin qui serait la véritable propriétaire de l'auberge.
Tout n'est que mesquinerie dans cette nouvelle, et je n'aime pas cette ambiance médiévale.

La troisième nouvelle se nomme L'Antchar. Elle se déroule durant un été. Astakov rencontre des "voisins" qui l'accueillent chez eux. C'est un peu une galerie de personnages, dont on se moque un peu (l'écriture semble un peu ironique). Astakov a le coeur malléable, il a une attirance pour Marie-Macha, puis pour Nadejda-Nadia, cependant bien que les deux femmes soient célibataires, elles sont courtisées par d'autres hommes. Le temps d'un été Astakov va essayer de se faire une place au sein de ce groupe. Je n'ai pas aimé l'ambiance non plus de cette nouvelle, je n'en ai pas vu l'intérêt.


J'avais peur de la littérature russe, mais pour ce qui est de Tourgueniev, ça se lit facilement (hormis les noms et prénoms des personnages) et l'écriture est très belle. J'ai franchement préféré Premier amour que les deux autres nouvelles.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 9 septembre 2017

Mes alliances, Elizabeth Gilbert

Quatrième de couv' : À la fin de son périple autour du monde, qu'elle a relaté dans Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert s'éprenait de Felipe, un citoyen australien né au Brésil. Ils se sont juré fidélité, mais, échaudés par des séparations douloureuses, se promettent de ne jamais convoler en justes noces. Le Ciel, ou plutôt l'Immigration américaine, en décide autrement : le couple doit se marier pour que Felipe obtienne un visa.
« Condamnée » au mariage, Elizabeth Gilbert décide de juguler sa peur de l'institution en s'y intéressant de plus près, tout en parcourant l'Asie du Sud-Est avec son compagnon.
Écrit avec l'intelligence et la sensibilité qui ont fait sa renommée, Elizabeth Gilbert s'attache à envisager le mariage sous tous les angles, dans toutes les cultures, sans éluder les sujets qui fâchent : l’argent, le désir, la fidélité, les traditions familiales, le risque de divorce...

Mon avis : En achetant ce livre en 2015, j'ai cru qu'il s'agissait vraiment d'une suite de Mange, prie, aime, comme l'indiquait la pastille, de quelque chose de romancé. Mais c'est en fait un essai où l'autrice mêle ses découvertes sur le mariage (issues d'essais sur le sujet ou de questions posées à son entourage) et anecdotes personnelles. Elle se plonge pendant des mois dans l'histoire, la sociologie et la symbolique du mariage en Occident.
En 2006, elle et son compagnon Felipe, sont contraints de se marier pour que celui-ci obtienne un visa américain. Interdit de poser le pied aux USA où il a pourtant son entreprise, ils vont décider de passer les mois suivants ensemble à parcourir l'Asie du Sud-est et à préparer les documents pour le visa. Elizabeth, de son côté, va ainsi interroger des femmes de communautés pour qui le mariage n'a pas le même sens que pour les occidentaux. Elle relate ainsi ses découvertes, souvent avec humour. La lecture est agréable.

Mais j'ai trouvé Elizabeth par moments trop conventionnelle, dans le sens où elle a besoin de se ranger dans des cases. Je l'ai trouvé aussi sévère envers la religion juive.
J'ai aussi pris moins de plaisir à cette lecture qu'à Mange, prie, aime, car ce livre manque de rebondissements. On se doute très vite qu'ils vont se marier et les quelques problèmes administratifs qu'ils rencontrent sont vite résolus, en tout cas on ne s'appesantit pas dessus.
Il y a aussi des longueurs et je me rends compte que je n'ai pas enregistré grand chose des anecdotes ou explications sur le mariage. J'ai lu le livre en 3 jours, l'esprit un peu préoccupé. Peut-être que si un jour j'envisage de me marier je remettrais le nez dedans.

Ce livre me fait penser à une très longue conférence TED, par la façon dont l'autrice s'exprime mais aussi par le propos très intéressant sur les enjeux du mariage.

(et je me rends compte que je viens d'enchaîner deux lectures sur cette thématique)

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 5 septembre 2017

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Quatrième de couv' : Une fille et deux garçons. Sur le campus de Brown comme ailleurs, il y en a un de trop. Madeleine aime le brillant Leonard et rêve déjà de leur futur radieux d’intellectuels talentueux. Mais Leonard est fragile, imprévisible, Madeleine est constamment sur le qui-vive. Avec Mitchell, le prétendant idéal, la vie serait simple ; pourtant Madeleine est réticente. Faut-il se marier par amour ?

Mon avis : J'ai acheté ce roman suite au conseil d'un de nos profs à l'IUT. Il en parlait comme LE roman à lire.
Cependant ça a été une bonne déception malgré quelques points positifs qui m'ont poussée à finir ce pavé (ou peut-être suis-je maso ?)

Années 80. Université de Brown, Rhode Island. 
Madeleine est une jeune étudiante issue d'une famille bourgeoise qui va faire la rencontre de Mitchell en première année. Celui-ci tombe amoureux d'elle directement. Mais Madeleine ne s'intéresse pas à lui. Elle a dans son viseur Léonard, un type complexe, d'une famille compliquée et largement moins riche que celle de Madeleine. Léonard enfin, va s'intéresser à Madeleine et ces deux-là vont sortir ensemble. Mais leur relation ne sera pas de tout repos...

Ça me parle un roman qui se passe dans une université prestigieuse, ça m'attire toujours, j'aime l'ambiance des campus américains mais ici, on n'y est pas très longtemps. Juste ce qu'il faut pour monter un décor.

Malheureusement, l'auteur souhaite montrer l'étendue de son savoir : que ce soit en sciences (le passage sur les levures m'a achevée), comme en littérature.
C'est bien beau de lire des dizaines de livres par an, mais quand on me parle de Jane Austen, Sainte Thérèse d'Avila, Derrida ou Barthes, Hélène Cixous ou Julia Kristeva, sur un plan littéraire (genre explication de texte), je dois avouer qu'on a atteint un tout autre niveau. Ce roman présente la littérature comme quelque chose à étudier, j'aurais dû m'en douter puisque les personnages sont des universitaires, mais ça rend le roman inaccessible au commun des mortels (en tout cas à ceux qui n'ont pas fait d'études de lettres).

Ce roman est aussi une façon pour l'auteur de parler de son féminisme mais on n'échappe pas à quelques passages sexistes. Je le tolère parce que le roman se situe dans les années 80 et les personnages sont quand même assez intelligents et conscients de problématiques liées au féminisme mais j'ai quand même un peu grincé des dents.

Les personnages ont tous un petit côté insupportable.
Léonard est probablement celui que j'apprécie le moins, c'est d'ailleurs lors de la partie qui lui est consacrée que j'ai lâché le roman durant quelques jours. J'avoue m'être forcée à lire sa partie, avant de retrouver l'envie de poursuivre ma lecture.
Madeleine est un personnage que je n'apprécie pas tellement non plus, je la trouve très lisse et j'ai l'impression qu'on ne sait pas tout d'elle. J'ai le sentiment qu'elle manque de charisme alors qu'on nous la décrit comme un personnage qui en aurait.
Quant à Mitchell c'est le personnage qui m'a le plus fait changer d'avis. Au départ je ne l'appréciais pas tellement, puis il trouve sa place dans le roman, et finalement j'ai adoré découvrir son voyage. Il est le plus intéressant et il a un caractère qui me plait.

Aussi je voudrais dire qu'il ne s'agit pas d'un triangle amoureux où l'un des personnages a dû mal à choisir.
Madeleine est amoureuse de Léonard, Léonard de Madeleine.
Mitchell est amoureux de Madeleine et déteste Léonard sans le connaître. Mais Madeleine n'est qu'amie avec Mitchell, il n'est pas question d'amour de son côté à elle. D'affection tout au plus. Il n'est pas question de choix à faire entre les deux, en tout cas ça ne l'est pas posé ainsi.  

La construction du roman est aussi difficile à suivre. Parfois l'auteur nous présente une situation et pendant 20 pages va digresser sur autre chose, en faisant des flashbacks. Et c'est au bout de ces 20 pages que je me dis "mais c'était quoi le point de départ déjà ?" Je n'aime pas tellement ce genre de narration où le lecteur se perd dans la chronologie des événements. Il y a en plus énormément de longueurs ce qui ne facilite pas la lecture.

Par contre, l'auteur rend très bien compte des sentiments des personnages. Tout est juste, parfois subtil, et il parvient à nous faire comprendre l'évolution des sentiments en fonction des expériences de ses personnages. Malheureusement on finit par tourner en rond avec ces personnages qui ressentent toujours la même chose et ne se sortent pas de leur système de pensée.

Pour finir, le message n'est pas très original, en gros les jeunes femmes doivent préférer la sécurité d'un mariage avec un bon parti plutôt que de suivre leur coeur, au risque qu'il soit brisé. Pas très encourageant ni une très belle vision du monde...


Une lecture difficile, presque indigeste, qui demande un bagage littéraire conséquent, trop de références qu'on ne peut pas toujours saisir. Peu de rebondissements, des flashbacks et digressions à gogo ! et une galerie de personnages peu attachants.
Une lecture qui se mérite.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur