mercredi 31 mai 2017

Au Bonheur des Dames, de Zola

Quatrième de couv' : Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.
Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Mon avis : Attention cet avis contient des spoilers.

J'avais commencé à lire ce roman il y'a environ 1 an, il était dans la bibliothèque de mes parents, et ma première expérience de lecture d'un ouvrage de Zola, datait du lycée, en seconde, quand on avait dû lire La bête humaine. Ça ne m'avait pas tellement plu, mais c'était dû à cet univers très masculin autour des rails et des trains.
Et puis avec le boulot repris l'été dernier, je n'avais pas poursuivi ma lecture, bien que j'en avais lu 1/5. Ces derniers temps j'ai eu envie de lire des classiques, et je me suis dit qu'il était temps de le finir.

Je suis la première à être surprise parce que j'ai bien aimé !
Au Bonheur des Dames est facile à lire, abordable pour tous, bien qu'un peu longuet dans ses descriptions de vêtements et de tissus.
Pourtant l'histoire qui s'établit sur plusieurs années est intéressante : Denise, une jeune femme originaire de Valognes, vient vivre à Paris, accompagnée de ses deux petits frères dont elle a l'entière responsabilité suite au décès de son père. Pensant pouvoir aider un oncle dans sa boutique de tissus, elle croyait avoir un emploi tout trouvé. Cependant la réalité s'avère toute autre, puisqu'un homme, Octave Mouret s'est mis en tête d'ouvrir un immense magasin dans le quartier qui réunirait différents commerces. Il va ainsi réunir au sein du Bonheur des Dames, des comptoirs de vente, où l'on trouve de la soierie, la ganterie, la confection, la bonneterie, de quoi constituer le trousseau des jeunes filles à marier, bref, il veut révolutionner le commerce d'antan.

Zola nous plonge dans une époque de changements, celle au cours de laquelle le petit commerce va peu à peu mourir pour laisser place à ce qu'on connaît aujourd'hui comme Les Galeries Lafayette par exemple. Il nous décrit l'organisation interne, les changement d'agencement du magasin pour promener les clientes perdues, et en explique les raisons à travers deux personnages : Mouret, le patron et Denise, la petite vendeuse qui découvre tout. C'est le passage à une nouvelle façon de commercer et de consommer.

Octave Mouret a bien compris qu'il fallait séduire les femmes, que ce sont elles qui sont les acheteuses compulsives (voire voleuses pour certaines), il faut donc les faire rêver, leur en mettre plein la vue, à coup de galerie marchande gigantesque. Il rachète et fait détruire tout le quartier (référence au Baron Haussmann) afin de pouvoir agrandir son commerce, réduisant ainsi à néant des boutiques établies là depuis des siècles.
Aucun remords ne s'empare de cet homme, qui voit alors son ascension se faire grâce aux femmes crédules et insatisfaites et aux portefeuilles de leurs maris. Il n'hésite pas à vendre à perte et entraîne ses concurrents à faire de même. Cependant, les petits commerçants ne peuvent se permettre de vendre ainsi, d'accepter les retours de clientes mécontentes. Mouret s'impose sur le marché et détruit tout sur son passage.
Mouret commençant avec 400 employés, finira avec plus de 3000 employés, vendeurs, commis, livreurs, etc. Il révolutionne le commerce, sort des limites de Paris, s'exporte tant qu'il le peut via des catalogues. Il offre à ses employés la possibilité de prendre des cours de langues : anglais et allemand. Il leur offre le gîte : les employés sont logés au dernier étage de l'immeuble. Le couvert est d'abord délégué à un traiteur et les employés payent leurs suppléments, avant finalement d'ouvrir sa propre cuisine, un espace immense, qui doit nourrir les 3000 employés deux fois par jour.

Pour survivre, notre petite Denise va devoir travailler. Elle entre au Bonheur des Dames où la vie ne lui sera pas facilitée par les autres vendeuses. Un peu plus tard, au moment de l'écrémage annuel, elle se fait renvoyer du magasin.
A ce moment-là, elle perd son lit, l'argent qu'elle gagnait au magasin et qu'elle ne parvenait pas à économiser, se faisant racketter constamment par son frère alors même qu'elle doit payer la pension de son autre frère. Au bord du gouffre, elle trouve néanmoins du travail, une chambre chez un vieil homme particulièrement en colère contre le Bonheur des Dames, et elle retrouve la garde de son petit frère. On découvre aussi qu'à ce moment-là, elle se fait harceler dans la rue (oui ça existait déjà en 1868).

Mais Mouret est tombé amoureux d'elle, et souhaite qu'elle revienne travailler pour lui, car sa réussite n'a aucune saveur si elle n'est pas partagée avec la femme qu'il aime.
Malgré ses refus, il n'en démord pas et lui permet d'obtenir une meilleure place et un meilleur salaire. Il écoute toutes les propositions qu'elle lui fait afin d'améliorer la vie des employés. En retour, il tente de la convaincre de se donner à lui. Elle refuse de lui céder, et c'est lourd, si lourd ! Surtout que son unique raison est qu'elle doit travailler pour aider ses frères. Alors que nous lecteurs, savons qu'elle est amoureuse de lui. Ce refus paraît être une peur légitime de vierge effarouchée, mais peut-être est-ce finalement de la loyauté envers l'ancien monde qu'elle a connu, constitué de ses frères et de sa famille un peu plus éloignée ?

Leur histoire d'amour est un symbole, c'est l'union de deux mondes opposés socialement, mais surtout il montre que la réussite et l'argent ne permettent pas de tout obtenir d'un autre individu. Pour être heureux, il faut éprouver des sentiments, ceux-là résident dans le coeur, et non pas dans l'argent. Ainsi Zola nous démontre que la consommation comble un désir passager, mais que cela ne suffit pas à contenter un humain, qui a besoin de chaleur, d'amour partagé.

Les dernières pages sont sacrément longues et on pourrait envisager un jeu à boire chaque fois que Zola emploie le mot "blanc" ou "blanche" pour décrire des tissus ! et par conséquent nous faire comprendre qu'il va y avoir un mariage, que Denise est pure comme le blanc et qu'elle recouvre tout dans la vie de Mouret. Blablabla.

Je trouve que Zola manque un poil de subtilité, surtout quand il montre la lente agonie du petit commerce en parallèle de l'agonie de Geneviève, la cousine de Denise, qui connait un grand malheur amoureux. Son promis, le commis de la boutique Baudu, est en fait amoureux de Clara, une vendeuse un poil frivole du Bonheur des Dames. Ce parallèle est franchement peu subtil.

Par contre ce qui est plus subtil, c'est de nous amener une happy ending, dans laquelle la petite vendeuse, orpheline, débarquée 10 ans plus tôt à Paris, cède aux avances du grand patron, aka du grand capitalisme.
Durant ces 10 années, Denise a regardé avec envie Le Bonheur des Dames, et elle a aidé Mouret a en faire ce qu'est devenu ce grand magasin, plutôt que d'aider son vieil oncle à entretenir sa boutique. Elle a vu l'avenir dans cette immense bâtisse, un avenir glorieux, qui lui amènerait argent et amour. Mais à quel prix ? Elle a renoncé à sa famille, aux autres commerçants du quartier qui l'ont pourtant aidée, pour accomplir son ascension au sein de cette immense machine, essentiellement pour sa survie. Denise a négligé ses valeurs pour pouvoir manger, se loger, et aider ses frères, elle a laissé tomber son oncle qui éprouvait une colère sourde pour Mouret. Alors la question se pose : doit-on renier ses propres ascendants pour trouver sa place dans un monde qui ne veut pas de ceux-là ?
Denise a des étoiles dans les yeux chaque fois qu'elle les pose sur le Bonheur des Dames, mais est-ce vraiment pour les bonnes raisons ? N'est-ce pas son amour pour Mouret qui la pousse à rester dans ce commerce plutôt que d'aller chercher ailleurs ? Naïvement, aveuglément, Denise est complice de la mort du petit commerce, tout comme le sont ces milliers de femmes qui viennent chaque jour au Bonheur des Dames.

Mouret d'ailleurs... Ce nom mêle "amour" et l'imparfait de "mourir". Mouret est le centre du roman, c'est par lui que Denise entre au Bonheur des Dames, et c'est par lui que le petit commerce se meurt. C'est sa réalisation qui sauve Denise, au détriment de sa famille.
Le lecteur est libre de choisir son camp, de trouver qu'il y a du bon de chaque côté, sans toutefois oublier que l'appât du gain laisse toujours des innocents sur le carreau. Il y a quelque chose d'intemporel dans cette lutte entre le petit commerce et les grandes surfaces, une vision très moderne de Zola...

Pour finir, je suis agréablement surprise d'avoir aimé un tel ouvrage de Zola.

Si vous souhaitez, il existe une adaptation cinématographique de Julien Duvivier, transposée dans les années 20-30, donc pas de costumes d'époques (dommage), mais un style et des moeurs plus ouverts, moustaches fines de gangster, costumes 3 pièces et chapeau cloche. Par contre 0 subtilité dans la réalisation ou dans le jeu des acteurs, un monde complètement manichéen.
Il est disponible en accès gratuit ici, soyez pas surpris(e) c'est un film muet.

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vendredi 26 mai 2017

Petit déjeuner chez Tiffany, de Truman Capote

Quatrième de couv' : « J'avais été au cinéma, j'étais rentré et je m'étais mis au lit avec un grog au rhum et le dernier Simenon. C'était tellement mon idée d'une soirée confortable que je ne parvenais pas à comprendre le sentiment de malaise qui s'amplifia en moi au point que je pouvais entendre les battements de mon cœur... Le sentiment que l'on m'épiait. Que quelqu'un était dans la chambre. Puis il y eut une succession de coups secs sur la vitre, une apparition d'un gris spectral. Je renversai le grog. Il me fallut un certain temps avant que je me décide à ouvrir la fenêtre et à demander à Miss Golightly ce qu'elle voulait. »

Mon avis : Ce qui n'est pas indiqué sur la 4è de couv', c'est qu'il s'agit d'un recueil de 4 nouvelles.

Petit Déjeuner chez Tiffany n'est donc pas un roman mais une nouvelle de 120 pages.
J'aurais un mal fou à vous dire ce que j'en ai retenu, parce que vraiment c'est âpre. C'est dur à lire, les phrases sont alambiquées, le vocabulaire n'est pas des plus simples.
On nous plonge directement dans la vie d'un homme dont on ne connait ni le nom ni la profession mais qui rencontre sa voisine, Holly Golightly, une jeune femme de 19 ans (on dirait qu'elle parle comme une personne de 30 ans, voire plus...), qui est la coqueluche des hommes mais pourquoi ? on ne le saura jamais (ou alors c'est parce qu'elle gagne "50 dollars en allant aux lavabos ?"). Holly invite régulièrement tout un tas d'hommes plus âgés chez elle, on ne sait pas d'où ils viennent ni comment elle les a rencontrés.
C'est dur à suivre, c'est homophobe (nombreux passages où les "lesbiennes" en prennent pour leur grade).
On ne sait rien de la vie des personnages avant qu'ils se rencontrent, leur relation est par la suite ambigüe, sont-ils amis ? sont-ils attirés l'un par l'autre ?
Alors certes il y'a des rebondissements intéressants mais il faut avoir réussi à passer les 70 premières pages (sur 120...)
Holly est assez creuse et le narrateur l'est encore plus. Ils manquent de relief, bien qu'Holly soit un personnage fantasque dans ses attitudes, elle manque cruellement de sentiments, d'émotions !

Je ne comprends pas le succès de ce titre, c'est peut-être dû au film, que je vais m'empresser de regarder. Parce que vraiment les nouvelles qui suivent sont mille fois mieux écrites et plus intéressantes que celle-ci.


La maison des fleurs, est une nouvelle bien plus accessible et dépaysante. Elle nous emmène à Haïti, dans une maison close où les femmes ont toutes plus de 30 ans, sauf Ottilie, jeune fille des montagnes, qui par le fruit du hasard, va intégrer la maison et suivre la même vie que ses aînées pendant un temps. Des croyances sur l'amour vont lui faire prendre la route vers les collines où elle va vivre avec son mari, Royal, un jeune homme rencontré quelques heures plus tôt. Là, elle va devoir subir la méchanceté de l'ancêtre de Royal, une sorte de sorcière, avant de se retourner contre elle. Punie tout de même par son mari pour avoir précipiter la mort de la grand-mère, elle va néanmoins retrouver ses amies l'espace d'une demie-journée avant de pouvoir se moquer de son mari.
En somme une histoire d'amour, d'amitié, de croyances, qui m'a transportée et fait esquisser quelques sourires.


La guitare de diamants, est l'histoire d'un homme, la cinquantaine, emprisonné dans une prison au coeur d'une forêt, où il travaille sous la surveillance de gardiens. Un jour un jeune homme de 18 ans arrive, muni d'une guitare ornée de diamants. Son projet : s'évader.
Une histoire d'espoir, d'amitié un peu, et de réalisme surtout. Super abordable et facile à lire.


Un souvenir de Noël, est une sorte de conte dans lequel un enfant de 7 ans et son amie, vivant dans sa maison, une femme bien plus vieille que lui, se réjouissent en Novembre de faire des cakes aux fruits et de les envoyer à tous les gens qu'ils connaissent vaguement. Ensemble ils rassemblent leur maigre argent de poche, achète du whisky et envoie par la poste les cakes. Puis vient Noël, et le jeune garçon raconte son dernier Noël avec cette vieille dame, avant d'être envoyé en école militaire. C'est donc réellement un souvenir, assez touchant, qu'il raconte aux lecteurs.


Conclusion : J'ai bien aimé découvrir ces nouvelles, c'était une surprise totale puisqu'il n'était indiqué nulle part que c'était un recueil. Bref, l'écriture de Capote est parfois trop alambiquée, dans le genre "recherche du style pour le style". Il cherche à en faire trop et c'est gênant, alors que des nouvelles au style plus simple sont touchantes. Ma nouvelle préférée est vraiment La maison des fleurs.

Par contre la traduction de 1962 est mauvaise (traduire "Eventually" par éventuellement...), si vous pouvez vous procurer ce livre en version bilingue et si vous comprenez bien l'anglais, ce sera largement mieux. Ce serait bien que Folio envisage une nouvelle traduction et surtout une police d'écriture plus grande, il me fallait presque une loupe pour déchiffrer le texte ! (Et non je ne suis pas vieille)

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mardi 23 mai 2017

Prête à tout, de Joyce Maynard

Quatrième de couv' : Suzanne Stone a tout d’une vie parfaite : la beauté, la jeunesse, une jolie maison et un mari qui la vénère. Mais elle veut davantage, elle veut la gloire. Isolée dans une petite ville de province, Suzanne décide que la télévision sera son royaume et, à force de persuasion, obtient un petit poste dans la station locale. Lorsque son époux est retrouvé mort, la veuve éplorée, point de mire des caméras, devient rapidement suspecte. Enigmatique, capricieuse, est-elle pour autant l’arriviste perverse que certains dénoncent ? Où est le vrai dans ce que raconte Jimmy, son admirateur adolescent ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour atteindre cette célébrité si convoitée ?

« Un conseil: ne le commencez pas le soir, car vous ne pourrez pas le lâcher avant de l’avoir terminé. » Femme actuelle

Mon avis : Jusqu'ici je n'avais lu qu'un ouvrage de Joyce Maynard (Les règles d'usage), que j'avais bien aimé. J'ai acheté "Prête à tout" en janvier, parce que le résumé m'attirait.

Je m'attendais à découvrir que Suzanne, la femme que tout accuse, n'était pas celle qui prévoyait l'assassinat de son mari, du coup pendant une grande partie du roman, j'avais du recul sur ce que chacun racontait, essayant de traquer qui mentait, qui disait la vérité.
C'est un roman choral, tous les personnages s'adressent à nous lecteurs, ou peut-être est-ce aux jurys du procès ? En tout cas ils nous racontent leur vie, leur enfance, leur milieu, puis ils abordent la mise en place des stratagèmes pour en venir au meurtre de Larry. Chacun faisant preuve d'honnêteté, ou au contraire de malveillance et de mensonges pour sauver sa peau.

Je m'attendais bêtement à une révélation finale qui me surprendrait comme dans un thriller, mais en fait non, du coup l'intrigue est assez simple et convenue et ça me déçoit un peu. En fait l'autrice explique en postface (ça aurait dû être mis en préface), s'être inspirée d'une histoire vraie, celle de Pamela Smart, qui a demandé à son amant, Billy Flynn alors âgé de 16 ans, de tuer son mari, Gregory Smart.

Une fois que j'ai compris qu'il n'y aurait pas de révélation surprenante, j'ai lu avec beaucoup d'attention les chapitres où Suzanne raconte sa vision de l'histoire, et je dois dire que c'est assez effrayant. Elle est convaincue de son bon droit, convaincue que parce qu'elle est une battante, elle peut tout se permettre pour atteindre ses buts. Suzanne est une manipulatrice froide, sans aucune morale, et littéralement "prête à tout" pour éliminer quiconque se mettrait en travers de son chemin.
En fait, c'est assez impressionnant de voir la double personnalité de Suzanne. Elle a une vie chargée, elle travaille pour une petite chaîne locale, doit toujours s'occuper de son apparence (car elle est obsédée par son corps et ses cheveux) et en plus de ça, pour se faire connaître dans le milieu du journalisme elle commence à travailler avec des lycéens en difficulté afin de filmer un reportage sur la jeunesse défavorisée et leurs problématiques. Elle a une vie bien remplie et elle change de personnalité en fonction des gens avec qui elle traîne. Elle a tellement de volonté qu'elle arrive même à se persuader qu'elle n'a pas eu l'idée de tuer Larry !

Le rythme est assez soutenu et on ne s'ennuie pas, les chapitres sont assez courts. J'ai dévoré ce roman.
Il aborde diverses thématiques :
- le désir de passer à la télé et la célébrité que cela peut engendrer,
- la réussite et par quels moyens y parvenir,
- l'épanouissement personnel doit-il dépendre des autres et surtout doit-il dépendre du succès à l'écran ?
- les classes sociales en Amérique et quelles portes de sortie peuvent trouver des jeunes venant de milieux défavorisés ?
- l'addiction au sexe chez les adolescents,
- le mal-être physique des jeunes filles,
- la manipulation mais aussi les problèmes psychologiques de Suzanne.

En bref, c'est un roman très riche de réflexions, bien écrit et qui se lit très vite.

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samedi 20 mai 2017

Carrefour des nostalgies, d'Antoine Laurain

Quatrième de couv' : François a perdu les élections. Depuis, des souvenirs se bousculent dans sa tête. Retrouvant une photo de classe vieille de trente ans, il s'interroge sur ce que sont devenus ces adolescents. Il convoque alors un ami des services secrets pour retrouver les coordonnées de ses anciens camarades. Clément est devenu réalisateur de films érotiques, Delphine est coiffeuse...
De rencontres en hasards, sa promenade le mènera jusqu'aux mystères que cachaient les visages, alors francs et familiers, de la jeunesse.

« Carrefour des nostalgies est l'aboutissement d'une démarche romanesque intelligente et raffinée portée par une langue claire et méticuleuse. » Nils C. Ahl - Le Monde

Mon avis : A l'origine ce livre ne faisait pas du tout partie de ma PAL, c'est mon père qui me l'a prêté à Noël en me disant qu'il avait bien aimé. J'ai pas pour habitude de lire les romans que mon père lit, bien qu'il ait des goûts très éclectiques, mais pour une fois je me suis laissée tenter. Surtout parce que j'avais déjà lu La femme au carnet rouge, du même auteur et que j'avais bien aimé.

Ici j'ai retrouvé les éléments qui m'avaient plu dans La femme au carnet rouge, à savoir qu'on va effleurer certains personnages en partant à la découverte d'un passé. Dans ce roman, François, 48 ans, vient de perdre les élections municipales et il commence une petite déprime parce que la politique c'est toute sa vie.
Il retombe sur une photo de classe de son année de terminale et va se demander ce que sont devenus ses anciens camarades. Il est en contact avec un type travaillant aux RG qui va lui fournir plein d'éléments, notamment leur adresse et leur travail. Grâce à ces renseignements, il entreprend de tous les revoir, de près ou de loin.
Par nostalgie, il retourne aussi dans l'appartement de son mentor, un certain André Dercours qui l'a poussé à entrer en politique. De souvenirs en souvenirs, il va retourner à Genève et en découvrir beaucoup plus sur son identité.

Je n'ai pas trop aimé que l'auteur nous parle de hasard, c'est quand même prendre les lecteurs pour des idiots : clairement cette histoire n'est possible que parce que l'auteur la rend possible. Dans la réalité, les choses n'arrivent pas si facilement "par hasard", j'ai trouvé certains passages peu crédibles.

L'écriture est fluide et agréable à lire, les quelques rebondissements aux accents de polar nous invitent à tourner les pages jusqu'à la fin. Les personnages sont assez attachants (sauf la femme de François bizarrement), et on se plait à découvrir ce qu'a été leur vie durant les 30 dernières années et comment ils sont devenus ce qu'ils sont aujourd'hui. Entre nostalgie et mélancolie, ce roman nous plonge dans le passé de François mais aussi dans ce qui fera son avenir.

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lundi 15 mai 2017

La chatte, de Colette

Quatrième de couv' : Lorsque débute leur vie commune, Alain et Camille sont deux amis d’enfance que tout en apparence rapproche. Mais leurs secrètes rêveries les divisent.
« Mon mariage, reconnaît Alain, contente tout le monde et Camille, et il y a des moments où il me contente aussi, mais… » Ce qu’Alain aime en Camille, c’est une beauté idéalisée, faite d’immobilité et de silence. Aussi est-il déconcerté par son exubérance. Comme l’arrivée d’une saison nouvelle, la découverte de leur intime division le met à la merci d’autres rêves. Et c’est alors que le drame se noue. La chatte Saha sera désormais pour Alain la chimère sublime qui domine sa vie et pour Camille la rivale détestée contre laquelle aucun procédé n’est trop brutal.
Avec une maîtrise et une sobriété sans égales, Colette a composé, en suivant les règles de l’art classique, une véritable tragédie d’amour à trois personnages.

Mon avis : Je suis partagée... j'ai trouvé de très belles phrases, le style est vraiment travaillé, avec beaucoup de soin, bien qu'à présent démodé.
Mais l'histoire n'est pas très intéressante : Alain et Camille se connaissent depuis toujours et ils se marient, commencent à vivre ensemble. Cependant Alain a toujours eu une chatte, Saha, qu'il ne peut se résoudre à quitter. Sans elle, il maigrit, elle ne mange plus, bref il l'embarque avec elle dans l'appartement où il loge avec sa compagne en attendant que les travaux de leur maison soient finis. Etrangement, Camille se rend compte seulement à ce moment-là qu'Alain porte un amour démesuré à cet animal. Pourtant on sait qu'ils se connaissent depuis longtemps, n'a-t-elle jamais remarqué cet amour auparavant ?
C'est un drame qui se créé sous nos yeux, et impuissante, Camille devra faire face à une concurrente de taille.

Je n'ai pas du tout aimé les personnages, ni Alain qui m'a semblé fade (travaille-t-il ? a-t-il des passions dans la vie ?) et se comporte comme un enfant, ni Camille qui se veut moderne, exubérante, et qui cherche sa place auprès d'un compagnon qui semble-t-il ne l'aime pas vraiment.
Je n'ai pas du tout ressenti d'amour entre eux et je me demande bien pourquoi ils se sont mariés.

En fait c'est surtout le style qui rend compte du drame, car dès le départ Alain n'est pas amoureux d'une personne mais de son ombre, d'une image qu'il a d'elle, tout comme il se fait une image de sa chatte, Saha. D'ailleurs la description de la chatte la rendrait presque humaine. Colette aimait énormément les chats, du coup Saha paraît être une personne à part dans ce roman, elle s'exprime, a des colères, de l'impatience, du dédain, de l'indifférence, etc. et Colette a parfaitement dépeint les attitudes du félin.

Ce roman fait moins de 200 pages et se lit assez vite. Je le conseillerai surtout aux amateurs de chats et aux amateurs de Colette.

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Bridget Jones, l'âge de raison, d'Helen Fielding

Quatrième de couv' : « 58,5 kg (ne suis qu'un bourrelet), jules : 1 (hourra !)... » 
Le grand retour de la plus célèbre et la plus névrosée des trentenaires londoniennes. Bridget Jones et ses éternelles bonnes résolutions : perdre au moins cinq kilos, arrêter de fumer et de boire du chardonnay. Elle a enfin quitté le clan des parias de l'amour mais découvre à quel point l'important est moins de trouver l'amour... que de le garder !

Mon avis : Assez déçue.
J'ai lu le premier tome en janvier 2016 (c'était déjà une relecture), mais j'ai laissé passer beaucoup de temps depuis cette lecture, qui finalement m'avait laissé peu de souvenirs. Je pense que ce sera pareil pour ce tome.

Il y a énormément de longueurs et le roman manque cruellement de rythme. Les rebondissements ne sont pas très intéressants et très centrés sur l'avenir sentimental de Bridget.

Bridget m'a à peine fait rire alors que j'attendais de cette lecture de la détente et de l'amusement. Là j'ai plutôt été ennuyée par ses pseudo-problèmes et les réactions puériles qu'elle et ses amies ont constamment.
Le problème de Bridget Jones c'est qu'elle n'évolue pas, alors autant je comprends que se mettre au sport c'est difficile, arrêter de fumer ça l'est tout autant, et je sais qu'on est nombreux(ses) à prendre de bonnes résolutions et à ne pas les tenir, mais Bridget cherche toujours des excuses pour ne pas faire les choses (le téléphone qui sonne, il vaut mieux faire du sport après le boulot, etc.), jamais elle ne dit "bon en fait je suis incapable de m'y tenir, j'en ai marre de la société qui nous dicte quoi faire, et comment être". En fait, Bridget ne pousse jamais la réflexion jusqu'au bout et ça se ressent dans son travail : elle est incapable de mener à bien un sujet et c'est pour ça qu'elle reste bosser dans une boite comme Sit Up Britain plutôt que d'évoluer dans un poste qui demande plus de réflexion.
En plus de ça, ses centres d'intérêt sont très limités : ses amis et Mark Darcy. Elle est incapable de s'intéresser (entre autres) à la géographie (elle ne sait même pas où se trouve l'Allemagne et elle est "journaliste"), à ses parents ou même à l'entretien de son appartement. Quand elle trouve un trou dans le mur de celui-ci, elle passe 2-3 coups de fil à l'artisan, le menace une fois et elle reste pendant 8 mois avec ce trou béant dans son mur !!! A mon avis Bridget Jones est une idiote irresponsable. Elle n'est même plus drôle, elle est simplement pathétique.


Le film est sacrément différent du roman, ça me laisse assez dubitative. Le traitement du voyage en Thaïlande n'est pas du tout le même. Pareil avec l'histoire de la concurrente de Bridget qui vient mettre à mal sa relation avec Mark. Et Daniel Cleaver était beaucoup plus présent dans le film que dans le roman. Quand à certains personnages ils n'apparaissent pas du tout dans le film.

Une lecture que je ne vous recommande pas du tout, surtout si vous voulez garder un bon souvenir de Bridget du premier tome.
Vite lu, vite oublié.

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mercredi 10 mai 2017

Hanna, de Laurence Peyrin

Quatrième de couv' : Pour oublier les périls qu’a surmontés son couple, Hanna a quitté l’Irlande et ouvert à New York une librairie/salon de thé dont le succès n’est qu’un début. Mais si l’avenir semble son unique préoccupation, c’est le passé qui hante Hanna. Eleanor, d’abord, gazouillant bébé de 6 mois dont la présence lui rappelle sans cesse un amour sacrifié… Et puis Zelda, la vieille dame à l’identité mystérieuse dont le souvenir solaire vient souvent la visiter.
Il suffira d’un impromptu retour en terre natale pour, d’un souffle, écrouler le château de cartes qu’est devenue sa vie… Et rebondir à nouveau.

Mon avis : Hanna est la suite de La drôle de vie de Zelda Zonk, comme je l'ai dit dans mon article précédent, j'ai acheté Hanna avant l'autre. Evidemment l'édition en grand format était superbe mais j'ai acheté celle en poche, parce que je limite mon budget livres en ce moment.

Donc tentons de ne pas vous spoiler l'histoire...
Hanna qu'on a laissée malheureuse à la fin du premier tome, est désormais maman d'une petite Eleanor, qui a des yeux gris-vert hallucinants... Surprenant puisque ni elle ni son mari n'ont les yeux de cette couleur... (Je vous laisse deviner pourquoi)
Hanna a envie de faire quelque chose de sa vie, et arrive trop rapidement avec une idée (qui en temps normal demanderait beaucoup de temps), qui est celle d'ouvrir une librairie-salon de thé. Mais évidemment pour elle pas de problème de logistique, ni de budget, elle se prend à peine la tête pour monter son projet et en plus c'est un succès. Bref, premier point agaçant.
Second point agaçant : elle a tout le temps un problème physique, nausée, spasmophilie, mal à la jambe, elle s'évanouit dès que son amant la regarde. Son corps prend beaucoup trop de place dans la narration et une fois que je m'en suis rendue compte je n'ai plus vu que ça durant les 316 pages...

J'ai moins aimé que le premier tome, tout est cousu de fil blanc, il n'y a pas de surprises.
Au départ nous sommes à New York, dans son quotidien et on la sent fébrile, elle et son mari ne se regardent plus, ne se touchent plus, bref affectivement c'est le néant. Seuls sa fille et son commerce la maintiennent à flot.
Jusqu'au jour où elle retourne en Irlande, pour l'enterrement de son père. Elle tente soigneusement d'éviter son ancien amant, parce qu'elle est toujours en colère contre lui. Cependant ils se jettent l'un sur l'autre dès qu'ils se revoient. Elle continue de lui parler de façon guindée (ils se vouvoient toujours...) et l'envoie paître beaucoup trop souvent. En Irlande, Hanna est encore plus imbuvable qu'aux USA, elle est tout le temps sur le qui-vive, en colère, ne dort pas, est prise de doutes, d'angoisses en tous genres. Assez insupportable. La romance entre Hanna et son amant ne m'a pas du tout touchée, déjà dans le premier tome je n'y avais été qu'assez peu sensible mais là, c'était pire.

Dans ce tome on s'intéresse moins aux autres personnages même si ils sont plus nombreux : la mère d'Hanna apparaît, Gail est toujours présente et en prend pour son grade, Patti est beaucoup moins là, Marsha fait une brève apparition et sa présence n'est pas à la hauteur du premier tome. Même l'amant est encore moins profond qu'avant. Bref aucun des personnages n'est abouti, ils sonnent creux.

Je suis satisfaite du choix final qu'a fait Hanna, même si il a fallu en passer par tous ces moments où elle m'a insupportée.
Heureusement le mystère Zelda Zonk est résolu, et finalement c'est tout ce qui m'intéressait.
J'aurais aimé être super emballée par cette suite et bien que je l'ai lu très rapidement, il me laisse un sentiment de fausseté. Comme si l'autrice s'était forcée à écrire ce tome-ci.

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lundi 8 mai 2017

La drôle de vie de Zelda Zonk, Laurence Peyrin

Quatrième de couv' : Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

« Notons la plume alerte et rafraîchissante de Laurence Peyrin, qui fait preuve d’un talent d’écriture rare. Une véritable gourmandise. » Metronews

Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse.

Mon avis : Ce roman je le voulais en grand format depuis une éternité, parce qu'il parlait de Marilyn Monroe, du moins c'est ce que je me figurais. Et puis sur un coup de tête j'ai acheté Hanna, en poche qui est sorti récemment, avant de m'apercevoir que quand même c'était mieux de lire les deux romans dans l'ordre. Du coup j'ai acheté celui-ci en poche, même si il a fallu que je renonce à la couverture des éditions Kero qui me plaisait tant.

J'ai commencé ce roman en début de semaine dernière mais je n'ai pas été franchement immergée dedans. La preuve j'ai coupé ma lecture par celle de La maison du retour. Mais j'avais tout de même envie de lire un roman divertissant et celui-ci ne m'a pas fait lever les yeux au ciel (en tout cas pas autant que ceux d'Agnès Martin-Lugand...)

Nous découvrons la vie d'Hanna en Irlande, où elle vit avec son mari Jeff, un écrivain américain venu s'installer ici pour la rejoindre. Ensemble ils ont la garde de Patti, la nièce d'Hanna, 8 ans, et fille de Gail, qui en tant qu'hôtesse de l'air ne peut garder sa fille.

L'autrice nous plonge directement dans un drame : un grave accident de voiture va mener Hanna à l'hôpital durant quelques semaines où elle fera la rencontre d'une vieille dame, Zelda Zonk.
Cette première partie est sombre mais assez courte, on ne s'embarrasse pas de détails et on ne fait pas s'étirer en longueur ce moment à l'hôpital. Ouf !
Hanna rentre chez elle, mais son accident a bouleversé sa vie, ainsi que sa rencontre avec Zelda, qu'elle soupçonne d'être Marilyn Monroe en personne. Elle va commencer à douter de ses choix, à remettre en question son existence.

Pour la suite, je ne vous en dis pas plus. Ce qui m'a tenu en haleine c'est ce mystère autour de Zelda Zonk, malheureusement il arrive comme une arche secondaire dans le roman et on ne nous donne pas de réponse définitive.
L'arche principale est l'amour que ressent Hanna pour un autre personnage que son mari. Je ne dirais pas que cette arche narrative m'a déplu, c'était assez agréable à lire et plutôt réaliste, mais parfois c'était trop. J'ai trouvé Hanna assez immature dans ses réactions quand elle reçoit un baiser par exemple, à croire qu'elle n'a jamais embrassé personne de sa vie !
Sur la question de l'infidélité, on voit bien qu'Hanna est mal à l'aise, qu'elle doute, qu'elle ne sait plus quoi faire, car comme le dit un des personnages, il faut savoir différencier la passion de l'amour. J'ai trouvé cette notion assez intéressante et tout ce qui en découlait.
Cependant dans ce roman on accepte de ne pas dire la vérité, ni un mensonge d'ailleurs. On préfère le silence plutôt que les révélations tonitruantes qui changeraient les vies de plusieurs protagonistes. Je ne suis pas sûre d'être très à l'aise avec cette idée...

A la fin du livre j'ai l'impression qu'Hanna n'est toujours pas heureuse ni vraiment à l'aise avec ses choix de vie. J'attends donc de lire la suite pour savoir si ça s'améliore pour elle.

Quant aux personnages je ne me suis pas vraiment attachée à eux, sauf à Zelda Zonk ! Elle est douce et touchante et l'aura de mystère qui plane autour d'elle m'a intriguée.
Par contre Hanna est assez fade et banale, mais je pense que c'était voulu, ce n'est pas un personnage fort, elle est parfois insupportable et même ses réponses à son amant sont assez agressives et mauvaises (j'ai pas mal détesté les dialogues qu'ils avaient, car si j'étais à la place de l'homme et qu'Hanna me répondait comme elle le fait, je le prendrais pour de l'insolence et elle pourrait vite dégager de mon champs de vision !). J'ai l'impression qu'elle est un personnage caméléon, elle change suivant les personnes avec qui elle interagit.
Jeffrey m'a semblé avoir pas mal de consistance mais on le sent un peu bourru et parfois à la ramasse.
Gail est la soeur insupportable, trop belle, trop intelligente, trop libre.
Et heureusement Marsha apporte un peu de légèreté à l'ambiance du roman, même si au début elle ne m'avait pas tellement conquise, au fur et à mesure je l'ai trouvée plus intéressante et plus marrante.

Le style n'est pas terrible, mais on n'attend pas de ce genre de lecture un style formidable. C'est très descriptif, presque trop poussif dans certaines situations (quand l'amant demande si il peut poser le plateau du petit déjeuner sur le sol ! (oui j'ai levé les yeux au ciel)).
On a aussi beaucoup de clichés : manger des escargots à Paris, se balader dans Saint Germain des Prés, la verdure irlandaise, et l'amant qui est en quête de liberté alors que la femme souhaite une relation amoureuse... Et des éléments très répétitifs : les chips au vinaigre et les mimosas que se descendent Marsha et Hanna quand elles discutent durant leur pause dèj.

Bref c'est une bonne lecture, un roman divertissant mais le titre ne correspond pas du tout à l'intrigue !
Cela dit, je suis contente d'avoir la suite dans ma PAL, je pense l'attaquer assez vite pour ne pas oublier les éléments de ce roman.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 5 mai 2017

La maison du retour, de Jean Paul Kauffmann

Quatrième de couv' : Au retour de trois années de captivité au Liban, dans un état second, le narrateur découvre Les Tilleuls, une maison perdue au cœur de la forêt landaise. Il décide d'acheter cette propriété pour dissiper le souvenir de l'enfermement. Un étrange lien de dépendance va se créer avec cette demeure qui symbolise le retour dans le monde des vivants.
Dans une fusion totale, presque païenne, avec la nature dont il a tant été privé, le narrateur campe au milieu des travaux. Il se délecte de cette atmosphère transitoire propre à la convalescence, cet entre-deux qui sépare confusément la fin de l'épreuve du retour chez les humains. Défile une série de personnages inégalement pittoresques : deux ouvriers taciturnes et énigmatiques, l'indéfinissable agent immobilier, un architecte toujours pressé…
Cette maison sera-t-elle le lieu de la résurrection?
Vingt ans après, Jean-Paul Kauffmann évoque sa captivité. Allusivement. Avec élégance il a choisi de se garder le plus souvent de l'esprit de sérieux. Jamais complaisant ou victimaire, c'est au contraire un jubilant témoignage sur le bonheur d'être vivant, sur le refus de la fatalité qui résiste à toutes les épreuves.

Mon avis : J'ai acheté ce livre en 2013. J'étais tombée dessus dans une petite librairie, quelques mois après qu'un prof de l'IUT nous en ait parlé. Ce prof était un passionné, à chaque cours on notait sur nos feuilles les livres qu'il avait recommandés durant l'heure. 4 ans plus tard je ne saurais vous dire ce qu'il nous avait raconté à propos de ce livre, mais ça avait dû me plaire pour que je l'achète. Seulement, comme pour beaucoup de romans, il a fini dans ma PAL, qui ne rétrécit que très peu au fil des ans... L'autre jour j'ai décidé de relire toutes les 4è de couv' des livres de ma PAL et ce livre m'a tellement attirée, j'ai eu envie de lire les premières pages, et puis je ne me suis plus arrêtée.

L'histoire est simple : l'auteur décide d'acheter une maison dans les Landes, pour revivre après sa captivité au Liban. Jean-Paul Kauffmann a été journaliste, mais lors d'un reportage au Liban il est enlevé à Beyrouth en 1985. Il est libéré 3 ans plus tard. Puisque reprendre la vie d'avant lui est impossible, il décide avec sa femme, d'acheter une maison isolée dans la campagne landaise. Le premier regard qu'il porte sur cette maison va le conforter dans son choix après plusieurs mois de recherches.

Installé à la va-vite, il va assister de loin aux travaux de rénovation de la maison par deux ouvriers plutôt avares de mots. Mais cette solitude lui convient, car elle lui laisse le temps de s'intéresser à la nature qui l'entoure : nous découvrons son lieu d'habitation par l'extérieur, les grands tilleuls, les platanes, les palmiers, la forêt de pins, mais aussi les oiseaux et le crapaud qui vivent dans son jardin. Avec lui on fait la découverte de l'airial, qui est en fait un terrain propre aux habitations des Landes, un endroit qu'il faut aménager et soigner selon les traditions landaises.

Jean-Paul Kauffmann est aussi un amateur de vins de Bordeaux et trouvera en son Voisin un interlocuteur parfait pour en discuter.
Son attrait pour les livres, qui l'a pourtant sauvé d'une possible folie durant sa captivité, s'est amoindri avec le temps et il le déplore. Il ne pourra lire que Virgile "Les Géorgiques", une page par soir.

Dans ce récit il n'évoque pas sa vie d'otage, mais y fait référence çà et là quand on lui parle de sa solitude choisie ou de l'enfermement.

Mais ce qui ressort de ce livre est son amour pour cette maison. Ils se sont choisis, il a réappris à vivre dans celle-ci, et il lui a redonné vie, à elle la maison abandonnée depuis que les Nazis en avaient fait un bordel durant la Seconde Guerre mondiale. Grâce à elle, il a pu renouer avec la vie, au rythme des saisons.

Attention pour les amateurs d'action et de rebondissements, ici il n'y en a pas. On est dans la contemplation de la nature, dans le retour à soi. Mais c'est un bon livre à découvrir.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur