lundi 27 mars 2017

Vous n'aurez pas ma haine, d'Antoine Leiris

Quatrième de couv' : Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n'a qu'une arme : sa plume. À l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre «Vous n'aurez pas ma haine», publiée sur Facebook quelques jours après les attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.
C'est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu'il nous offre.

Bouleversant. L’Obs.

Un texte brut, fort, poétique et poignant. Femme actuelle.

Le récit d'une vie à trois qu'il faut poursuivre à deux. Le Monde.


Mon avis : Je crois que les mots ne sont pas à la hauteur de la peine que j'ai ressentie en lisant ce récit.

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samedi 25 mars 2017

Un jour, David Nicholls

Quatrième de couv' : 15 juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes où la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier.

"Un petit bijou d'humour narquois, une comédie chaplinesque où les coeurs battent à retardement, sous la bourrasque des désillusions."
André Clavel - L'express

Mon avis : J'ai beaucoup aimé. Samedi dernier j'ai regardé le film, après avoir regardé un podcast qui parlait du film. Je savais que j'avais ce livre dans ma PAL depuis une éternité (3 ans pour être exacte). Donc j'ai vu le film que j'ai trouvé sympa, l'humour était bon et les personnages intéressants.
J'ai posté une photo sur Instagram où on m'a dit que le livre était encore mieux que le film. Je me suis donc mise à le lire.

L'histoire est celle d'Emma et de Dexter, qui passent une première nuit ensemble en 1988 après la remise des diplômes et nous les retrouvons ensuite chaque année le 15 juillet. L'auteur nous raconte ce qui se déroule ce jour-là, expliquant de temps en temps les grands événements qui se sont passés durant l'année écoulée.
L'histoire est très bien construite. J'ai aimé les suivre au cours des années, découvrir ce qu'ils devenaient au fil des années, retrouver des questionnements que j'ai aussi par rapport à mon avenir en tant qu'adulte.

Je me suis attachée à Emma et Dexter assez facilement, ce qui m'arrive assez peu d'habitude.
Emma est une jeune femme pleine de certitudes, une fille de la classe moyenne, avec un fort passé ouvrier, prête à en découdre avec la société, créative et artiste dans l'âme, son grand rêve étant d'écrire un roman.
Dexter est plus extraverti, sûr de lui, il vient d'un milieu bourgeois, a des parents qui lui proposent d'être toujours là pour lui, financièrement parlant surtout. Il erre un peu durant quelques années, se cherche, voyage, et puis il devient animateur pour la télé.
Dexter est le personnage qui connaît le plus de difficultés dans la vie. Partant d'une situation familiale privilégiée, il a pourtant plein de problèmes, ne sait pas comment les gérer et est une personne franchement instable.
Emma quant à elle croit voir ses rêves s'effondrer car elle doit travailler dans un resto qui ne lui plait pas pour survivre. Longtemps elle va remiser ses rêves et ses passions au placard pour pouvoir manger et payer son loyer. Pourtant elle construira petit à petit son projet de vie, réalisant ses rêves.
Chacun connaît des difficultés dans leur quotidien mais aussi dans leur amitié. Et c'est tellement réaliste, parce que les engueulades et les ruptures amicales, ça existe.
Mais Emma et Dexter c'est plus que de l'amitié et c'est ce qu'on découvre tout au long du roman.

L'auteur a créé des personnages plus vrais que nature, sans clichés, avec des doutes, des sentiments, des émotions fortes. Même les personnages qui gravitent autour d'eux sont intéressants et bien construits.
L'écriture est maîtrisée. Les dialogues sont riches et plein d'une répartie et d'un humour sans faille.
Je pensais lire de la chick lit', avec un style pauvre et un enchaînement de rebondissements peu intéressants, mais pas du tout, l'auteur a vraiment du talent pour raconter une histoire, pour utiliser des points de vue qui nous plongent aux côtés d'Emma et Dexter.

Le film est tout aussi bon que le livre, il reste même très fidèle au texte. Vous pouvez le regarder avant de lire le livre, vous vous spoilerez un peu la fin du livre mais ce n'est pas si grave.

En tout cas une bonne lecture que je vous recommande.

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samedi 18 mars 2017

Daisy Miller, d'Henry James

Quatrième de couv' : Daisy Miller est jeune, belle et riche, mais son indépendance et ses manières excentriques d'Américaine choquent la vieille société européenne qui lui ferme ses portes. Toujours accompagnée de Giovanelli, un jeune mondain chasseur de dots, elle compromet sa réputation avec désinvolture. Même Winterbourne, son meilleur ami, ne croit plus à son innocence. Un soir, alors qu'elle contemple le clair de lune au pied du Colisée, elle contracte une maladie mortelle...

Un admirable portrait d'une femme libre dans une société engoncée dans ses préjugés.

Mon avis : J'ai bien aimé cette nouvelle et elle m'a réconciliée avec Henry James (dont je n'avais pas aimé Le tour d'écrou).

Je ne sais pas en quelle année se déroule cette histoire, probablement fin XIXè, début XXè. On se retrouve en Europe, à Vevey en Suisse puis à Rome en Italie.
Le narrateur nous présente un jeune homme américain, Winterbourne, qui vit à Genève pour ses études, lors d'une de ses balades à Vevey, il rencontre un jeune garçon Randolph un peu bizarre, vite rejoint par sa grande soeur, Daisy Miller.
Dans cette haute société américaine en vacation en Europe, Daisy Miller est connue pour être une jeune femme impudente, d'une franchise désarmante, qui se moque des conventions sociales.

Daisy Miller bavarde beaucoup, de tout et de rien. Notre jeune Winterbourne, est fasciné par la jeune femme, lui trouve toujours des excuses ("elle est en friche", "elle est innocente") lorsque sa tante lui déconseille de la fréquenter. Tout au long du récit il tente de savoir si elle est franchement innocente et n'a pas conscience des règles de la société, ou si elle s'en contre-fiche et assume pleinement ses choix.

La chute ne m'a pas tellement plu. J'imagine que c'était une situation probable pour l'époque, mais pour la nôtre j'ai eu du mal à me la figurer et à la trouver crédible. De plus, ça implique que le "karma" s'occupe des personnes qui ne suivent pas les règles de la société ?

Sinon j'ai bien aimé la distinction entre l'envie de vivre sa vie en se moquant du qu'en dira-t-on, et la vieille Europe traditionnelle qui a des règles qui régissent complètement les vies.

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vendredi 17 mars 2017

La Triomphante, de Teresa Cremisi

Quatrième de couv' : « Longtemps je n’avais pas compris que le fait d’être une femme était comme on dit un handicap ; je ne m’étais nullement attardée sur l'évidence qu’il était difficile d’envisager un destin à la Lawrence d’Arabie en étant de sexe féminin. Je n’avais d’ailleurs eu aucune alerte à ce sujet. Mes parents ayant oublié de m’interdire quoi que ce soit, je n’avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j’étais une fille. »

La Triomphante est l’histoire d’une enfant d’Orient rêvant à l’Europe, la cavalcade d’une étrangère dont la seule patrie est la littérature, l’humour, l’ironie.

La Triomphante est le portrait d’une aventurière : l’odyssée, réussie ou ratée, ne compte que pour elle-même.

Mon avis : Je ne savais pas qu'il s'agissait d'une autobiographie, je ne connaissais pas Teresa Cremisi et je suis tombée sur son livre dans une librairie, intriguée par cette phrase "je n’avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j’étais une fille". C'est tout à fait le genre de discours féministe qui me plait.

Cependant je me suis ennuyée à la lecture de ce livre. Ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais et j'ai été déçue. Je ne me suis pas du tout impliquée dans la lecture et je dirais juste que j'ai aimé mais sans plus. Il ne m'aura rien apporté.
J'imagine que pour les gens qui bossent dans l'édition ou qui ont travaillé avec elle, ça peut avoir un côté intéressant et un peu voyeuriste de découvrir qui était cette femme, son parcours, qui est celui d'une exilée. Née à Alexandrie au milieu du XXè siècle, elle grandit entre l'Egypte et les croisières en Europe. Suite à la crise du canal de Suez, sa famille part vivre en Italie, à Milan. Contrairement à ses parents, elle s'adapte à cette nouvelle ville, à de nouvelles façons de penser.
Toujours, tout au long de sa vie elle s'adaptera aux situations. Souple, modeste, pleine d'humilité, discrète, donnant souvent l'impression d'être en retrait, elle brillera par son parcours professionnel.

L'écriture est maîtrisée et assez plaisante. Ce n'est pas parce qu'on est éditeur, qu'on écrit bien ! Pourtant, pour Teresa c'est le cas, on sent qu'elle a pesé chaque mot, que le roman est exempt de détails superflus.

J'ai mis la moyenne parce que ce n'est pas une mauvaise lecture, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable.

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mardi 14 mars 2017

Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre

Quatrième de couv' : « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

Mon avis : Wouah. Subjuguée par ce livre (malgré ses 567 pages). En vérité je ne saurais même pas l'expliquer mais tout est parfait, que ce soit la maîtrise de l'écriture, ou les événements qui découlent de chaque action des personnages. J'ai trouvé ce livre magistral.

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(avis initialement posté en Octobre 2013)

lundi 13 mars 2017

Les raisins de la galère, de Tahar Ben Jelloun

Quatrième de couv' : « Quel pays est le mien? Celui de mon père? Celui de mon enfance? Ai-je droit à une patrie? Il m'arrive parfois de sortir ma carte d'identité. En haut et en majuscules : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. Je suis fille de cette république-là. Signes particuliers : néant. Cela veut-il dire que je ne suis rien? Par même "rebelle" ou "beur en colère"? »

Tahar Ben Jelloun nous raconte les enfants de «l'entre-deux», les victoires et les désillusions d'une «génération beur».

Mon avis : Ce roman date de 1996, et il me semble toujours d'actualité 21 ans plus tard.
J'étais intéressée par le sujet, parce que j'avais envie de comprendre les problèmes qu'ont les jeunes nés en France suite à l'immigration de leurs parents ou grands-parents des années plus tôt.

Je n'ai pas trop adhéré au style ni à la façon dont le roman était écrit, j'ai trouvé que c'était très brouillon. L'histoire va très rapidement, il y'a énormément d'ellipses narratives, on découvre Nadia ado qui s'inquiète de ne pas avoir ses règles puis on finit 130 pages plus loin avec une Nadia adulte qui rend compte de ses luttes pour se faire élire.

En fait je n'avais pas compris au vu du résumé qu'on allait suivre un personnage. Je croyais avoir affaire à un roman plutôt documentaire, sans forcément une histoire linéaire.
En plus l'auteur utilise différents styles : indirect, direct, on passe d'un personnage à l'autre sans trop en savoir sur lui. C'était brouillon et un peu incompréhensible car on oscille constamment entre une écriture de l'observation et une fiction.

Je n'ai pas appris grand chose pour faire évoluer mes préjugés et c'est dommage. Je voulais vraiment comprendre le sentiment de ces gamins déboussolés, pris entre plusieurs cultures, et malheureusement l'auteur n'apporte pas d'explications, il donne le point de vue d'une jeune femme kabyle sur ses pairs.

Au-delà de ma déception, si je m'étais attendue à un roman, suivant un personnage, j'aurais peut-être plus apprécié cette histoire qui parle de discrimination, de racisme, de volonté de faire autre chose que ce que la société attend de toi quand tu es fils ou fille d'immigré.

J'y ai aussi de nombreuses phrases bien tournées et parlantes, comme celle-ci :
"Tu es mieux que tes frères, qui se croient tout permis depuis qu'on leur a dit qu'ils étaient des hommes."

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dimanche 12 mars 2017

Amours, Léonor de Récondo

Quatrième de couv' : Tandis que son épouse dort paisiblement, Anselme le notaire abuse de Céleste, la jeune bonne, qui tombe enceinte. Pour sauver l’honneur de tous, Victoire décide d’adopter l’enfant. Mais elle n’a pas la fibre maternelle, et le nouveau-né dépérit. En cachette, Céleste va tendrement prendre soin de son petit. Une nuit, Victoire les rejoint dans la chambre sous les combles…

Mon avis : Ça faisait très longtemps que je souhaitais lire ce livre. Je ne l'ai pas emprunté au travail quand j'en avais la possibilité peut-être parce que j'étais intimidée par ce roman. Alors récemment, après des mois, probablement plus d'un an à hésiter, j'ai enfin acheté ce livre et je l'ai lu.

Il se lit très vite, 200 pages, d'une écriture vraiment fluide, sans fioritures. Mais j'ai pris mon temps car j'avais envie de le savourer.

L'histoire est intéressante : Céleste est une jeune fille, bonne dans une famille de bourgeois au début du XXè siècle, elle tombe enceinte d'Anselme, son employeur. Anselme est préoccupé car sa seconde femme, Victoire, ne lui donne toujours pas d'enfant. Victoire quant à elle, ne supporte pas les rares assauts de son mari. Céleste va alors donner son enfant à ce couple, qui pour faire bonne figure, en a bien besoin.
Chaque personnage porte en lui des secrets, liés à sa naissance, à sa personnalité, ou à son statut dans la maison.

Je ne vous en dirais pas plus, le roman étant court, il est agréable de découvrir par soi-même les secrets qui se révèlent peu à peu dans l'intimité de cette maison bourgeoise du centre de la France.

J'ai beaucoup aimé, et je crois que le style simple et fluide y joue beaucoup, l'histoire nous est contée avec une délicatesse toute particulière. J'avais lu Pietra Viva l'an dernier et j'avais trouvé le style brut et l'histoire ne m'avait pas tellement plu. Or ici, on découvre des portraits de femmes qui se libèrent à une époque où la morale au sein de la haute société est très importante. J'ai aimé autant le fond que la forme.

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L'amie prodigieuse, d'Elena Ferrante

Quatrième de couv' : « Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. »
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Mon avis : Depuis le début du succès de ce livre, il m'attire. Je le vois sur les tables de toutes les librairies et j'ai envie de savoir pourquoi.
Quand je travaillais, j'en avais lu une quarantaine de pages, mais sans être conquise. Faut dire que j'étais pas super concentrée.
Et puis maintenant j'ai du temps libre et j'étais trop curieuse de le lire, de comprendre ce succès. Parce qu'après tout, je n'ai eu aucun retour sur ce bouquin à la librairie. J'ai noté que c'était surtout les femmes de plus de 40 ans qui achetaient ce livre. J'imagine que les magazines féminins en ont fait l'éloge, d'où le succès.

Bref, ce roman. Pour moi c'est une lecture mitigée, un 6/10.
Ce premier tome est consacré à l'enfance et à l'adolescence des deux femmes. L'histoire est du point de vue d'Elena, la soixantaine, qui après la disparition de Lila, décide de raconter leur amitié.


Pourquoi j'ai tiqué ? 
Premièrement parce qu'Elena a des souvenirs extrêmement précis de son enfance, avec une multitude de détails, ce qui rend l'histoire moins crédible à mes yeux. J'aurais aimé que ses souvenirs soient plus vagues, parce qu'après tout, qui a des souvenirs précis de son enfance ?
Deuxièmement parce qu'elle utilise un ton qui induit l'idée que déjà durant l'enfance ou l'adolescence elle avait un recul sur ses relations, sur les situations qu'elle a vécues avec son amie.
Troisièmement l'amitié teintée de compétitivité entre les deux filles. Je me suis beaucoup demandée pourquoi elles étaient restées amies, quand on lit à quel point Elena se sent mal durant son enfance et son adolescence, vis à vis de Lila.
Quatrièmement il y a beaucoup trop de personnages. On s'emmêle les pinceaux, d'autant plus que certains ont des prénoms compliqués et l'auteur s'amuse à les modifier, par exemple, Lila est aussi appelée Lina mais son vrai prénom est Raffaella.
Cinquièmement Elena parle assez peu d'elle, elle se met en scène par rapport à Lila. Constamment, sa vie n'a du relief que si Lila la juge.
Sixièmement je ne me suis pas attachée aux personnages. Et ça sur 430 pages, c'est pas normal.
Septièmement le style est lourd, très lourd et le ton parfois trop fataliste. Il y a des répétitions et les enchaînements manquent de fluidité. La pauvre Elena vit mal son adolescence et enchaîne regrets, frustrations, toujours en comparaison avec la vie de Lila, qu'elle estime meilleure que la sienne.


Pourquoi j'ai aimé ? 
L'histoire est tout de même intéressante. On a envie de savoir ce qui arrive à ces deux filles.
J'ai dévoré le roman, peut-être parce que j'ai le temps et des dizaines de livres à lire qui m'attendent. Ou peut-être parce qu'on a envie de se reconnaître un peu en Elena ?
Après tout il n'y a pas d'intrigue. Il y a cependant des rebondissements, car leur vie à Naples n'est pas dénuée de drames, qu'ils arrivent à leurs voisins ou à elle-même.
L'ambiance napolitaine, parce que ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu un roman se déroulant en Italie. Alors certes, l'ambiance est celle d'un quartier pauvre, avec beaucoup de violence, pourtant on sent une volonté de ses habitants de faire évoluer les mentalités.
Je me suis vraiment plongée dedans parce que dans cette histoire qui se passe dans les années 50, je n'ai pas été choquée par le patriarcat. Les hommes ont une place hyper importante, ils décident de tout, piquent des colères, se battent et s'entretuent, protègent leurs femmes et leurs filles ou soeurs. Et ça passe, parce que c'est les années 50, à Naples, en Italie.
La force de caractère des deux personnages féminines, toutes deux dès leur plus jeune âge ont un caractère bien à elle. L'une est une autodidacte, l'autre plus influençable, plus peureuse, a tout de même un caractère qui la pousse à devenir la meilleure de sa classe.

Pour l'instant je n'ai pas envie de lire la suite. Ça viendra peut-être, ou j'achèterais peut-être le second tome en poche, mais là j'ai envie d'autres lectures.

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mardi 7 mars 2017

Le journal de Yaël Koppman, de Marianne Rubinstein

Quatrième de couv' : Si Yaël Koppman n’avait pas croisé, à la faveur de ses travaux universitaires, la figure de John Maynard Keynes, sa vie serait probablement restée celle qu’avec un brin de complaisance et beaucoup de dérision elle dépeint dans son journal intime : la vie d’une trentenaire désœuvrée, cultivant une relation conflictuelle avec sa mère, vivant en colocation avec son meilleur ami, collectionnant les hommes et s’en remettant en général à sa brillante cousine, Clara, éditrice de son métier.
Quand cette dernière lui suggère de se désennuyer en écrivant de la Chick Lit, de la littérature de poulette – genre qui lui conviendrait parfaitement, glisse la perfide –, Yaël est piquée au vif : elle écrira, oui, mais sur la filleule de Keynes, son économiste préféré, qui était aussi la nièce de Virginia Woolf, son écrivain préféré. Bien consciente que la figure d’Angelica Garnett, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, lui tend un étrange miroir, elle se lance à corps perdu dans des recherches sur cette petite fille qui a grandi solitaire parmi les grandes figures de Bloomsbury, qui a vécu bien malgré elle la vie quasi communautaire de ces fantasques intellectuels des années vingt et assisté à leurs expériences sexuelles.
À travers la vie d’Angelica, c’est bientôt la sienne propre que contemple Yaël, celle de ces enfants des années soixante-dix curieusement frustrés que leurs parents n’aient pas renoncé à leurs utopies. Le constat est acide et sans illusion. Le Journal de Yaël Koppman devient alors, sous couvert d’un aimable récit autobiographique, le roman au vitriol d’une génération qui, si l’on en croit l’exemple de Yaël, finira par trouver son équilibre.


Mon avis : Yaël Koppman, "Bridget Jones" à la française, est trentenaire, professeur d'économie, se passionnant pour Keynes. Très proche de sa cousine éditrice Clara, elle décide de rédiger un journal intime, sur le modèle très en vogue de la chick lit'.
Sa passion pour l'économiste John Maynard Keynes va la pousser à s'informer sur le cercle de jeunes artistes et intellectuels qui l'entouraient dans les années 1910-1920, le groupe de Bloomsbury.
Yaël va alors se prendre d'affection pour Angelica Garnett, nièce de Virgina Woolf. Elle s'identifiera, dans sa relation avec sa mère, à celle d'Angelica et Vanessa Bell.
Bien que j'ai lu le roman, je n'arrive toujours pas à bien me figurer les liens entre les membres du cercle de Bloomsbury. Nombre d'entre eux étaient bisexuels et échangeaient leurs amants. Pour vous dire, Angelica était la fille de Duncan Grant (ce qu'elle n'a appris qu'à l'âge de 20 ans) et s'est mariée avec l'amant de longue date de celui-ci, David Garnett. Compliqué, vous dis-je !

Mais revenons à Yaël, car son histoire est plus passionnante que celle d'Angelica. Yaël, 35 ans, est toujours en quête de l'amour de sa vie. Mais avant, elle souhaite s'amuser, alors elle multiplie les amants, discute de sa vie avec sa cousine Clara, mais aussi avec son meilleur ami et colocataire homo, Eric. C'est vrai on a affaire à tous les clichés du genre ! Mais on passe un bon moment alors on peut bien pardonner cela à l'auteure.
J'aime beaucoup les romans sous forme de journaux intimes. Ça se laisse lire, on peut s'arrêter à la fin d'une journée sans avoir à lire un chapitre complet, et puis c'est souvent léger.
Là, outre l'histoire complexe d'Angelica Garnett, sur laquelle Yaël se penche, on s'identifie assez facilement à Yaël, à ses déboires, à ses aspirations, à ses craintes, à ses attentes pour le futur.

Un bon roman.

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samedi 4 mars 2017

Journal d'une intolérante alimentaire, de Margot Montpezat

Quatrième de couv' : Comment vivre sereinement quand un acte aussi banal que se nourrir vous gâche la vie ? Que le moindre petit bout de pâtisserie, de pain, de fromage vous envoie dans un monde parallèle de maux de ventre, de fatigue permanente ?

Margot Montpezat, comme des milliers de Français, est intolérante au gluten, aux produits laitiers et aux œufs. Depuis qu’elle les évite, sa vie a considérablement changé.

Elle nous livre dans ce journal un témoignage pratique et décomplexé, et une enquête approfondie auprès des meilleurs spécialistes. Elle nous aide à mieux comprendre les mécanismes des intolérances alimentaires et à retrouver le chemin d’une vie normale.

Avec des illustrations de Louison.

Mon avis : C'est en faisant un tour à la Fnac jeudi que je suis tombée sur ce livre dans le rayon bien-être. Souffrant d'intolérances alimentaires depuis belle lurette, j'ai voulu découvrir ce que pouvait nous raconter cette jeune femme, âgée de 27 ans, avec qui j'ai beaucoup de points communs.

Sous la forme d'un journal, Margot s'adresse directement à son lecteur, et nous révèle en 13 chapitres sa vie d'intolérante, entrecoupée d'interviews de spécialistes, de médecins, d'autres intolérants, de grands chefs. Ses informations ont été glanées çà et là, dans divers livres parlant du côlon, des intestins, du lait, du gluten, des différents régimes.
Très bien renseigné, ce journal se finit comme un guide, avec des adresses de restaurants parisiens gluten-free et vegans, de quelques recettes et d'idées pour remplacer les oeufs, les produits laitiers et les farines contenant du gluten, par des substituts bien meilleurs pour notre santé.

Elle explique aussi comment se traduit pour elle cette intolérance au lactose et aux oeufs et l'hypersensibilité au gluten. Evidemment les symptômes ne sont pas les mêmes chez tout le monde sinon ce serait trop facile !
J'aurais cependant aimé qu'elle décrive les tests qu'elle a pu faire pour connaître ses intolérances.
Elle explique aussi très bien que si le ventre va mal, souvent la tête va mal aussi. On peut vivre une (ou des) dépression(s) à cause de ces maux de ventre qu'on n'arrive pas toujours à expliquer. Le manque d'empathie des médecins aussi, à qui on confie nos problèmes et ne se sentent pas suffisamment concernés et qui finissent par nous bourrer d'anxiolytiques. Merci les gars.

Elle remet en question notre absorption quasi-systématique du gluten, puisqu'il y en a dans 70% des produits transformés que nous mangeons, et donne ses astuces pour trouver comment se sustenter, sans gluten.
Margot est aussi intolérante au lactose et doit donc éliminer de sa vie tous les produits laitiers, et même le fromage. Vous imaginez, une vie sans fromage ? Même constat pour les oeufs.
Elle s'inscrit aussi dans une démarche flexitarienne et évite donc de manger de la viande, son chapitre sur le végétarisme est très intéressant, car informatif, sans être moralisateur (ouf ! merci !)

J'ai énormément aimé le chapitre concernant la nourriture en voyage. Car si il y a bien une chose qui me fait peur, c'est de ne pas trouver de quoi me nourrir à l'étranger, et évidemment d'être malade comme un chien pendant tout le séjour. Elle a beaucoup voyagé en Asie, et ne s'attendait pas à tomber malade au Japon par exemple, et pourtant la culture du blé a été introduite par les Américains sur cette île après la seconde guerre mondiale...
Cependant elle évoque les Etats-Unis comme le paradis pour les intolérants au gluten, puisqu'on y trouve un nombre incalculable de produits vegan et sans gluten dans les supermarchés, ce qui n'est malheureusement pas encore le cas en France, à moins d'aller dans des magasins bio et d'y laisser un smic.
L'Italie, grand pays des pâtes (au blé donc gluten) est pourtant très en avance en Europe sur la problématique et il y aurait donc bon nombre de restaurants proposant des alternatives pour les personnes souffrant de problèmes intestinaux.

Ce livre se dévore à une vitesse folle et je n'hésiterais pas à remettre le nez dedans pour comprendre ce que je fais de mal. C'est un ouvrage qui parlera aux intolérants alimentaires, qui se retrouveront dans ce témoignage, mais certainement à leur entourage, si celui-ci souhaite s'informer sur ces maladies dont on commence tout juste à parler dans les médias, grâce en grande partie au succès du livre Le charme discret de l'intestin.

Ce livre me donne pas mal d'espoir, Margot a su éradiquer le gluten de sa vie, ses maux de ventre ont disparu, comme les migraines, aphtes, acné et autres joyeusetés. J'aimerais croire qu'il est possible d'avoir un transit normal, sans pour autant crever d'envie de se jeter sur un croissant, des céréales au petit déjeuner ou des pâtes quand on a la flemme de cuisiner. Bref, il me semble être un bon point de départ pour toute personne ayant pour nécessité vitale de supprimer le gluten de son alimentation.

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jeudi 2 mars 2017

Lucy in the sky, de Pete Fromm

Quatrième de couv' : Lucy Diamond, quatorze ans, file à toute allure vers l’âge adulte. Prise entre l’urgence de vivre et la crainte de devoir abandonner ses manières de garçon manqué, Lucy se cherche et joue avec l’amour. Elle découvre par la même occasion que le mariage de ses parents n’est pas aussi solide qu’elle le croyait.
Armée d’une bonne dose de culot, elle s’apprête à sortir pour toujours de l’enfance. Quitte à remettre en question l’équilibre de sa vie et à en faire voir de toutes les couleurs à ceux qui l’aiment.

Mon avis : Ce roman m'a fait de l'oeil dès sa sortie en poche chez Gallmeister. Je n'ai pas résisté très longtemps, la couverture était belle et la thématique de l'adolescence féminine est quelque chose qui m'attire systématiquement en littérature. En plus j'aime assez la littérature contemporaine américaine, donc je me suis procurée ce roman et je l'ai commencé dans la foulée.

J'ai bien aimé, même si j'ai eu du mal à m'attacher à Lucy, car elle a un fort caractère, auquel je n'ai pas su m'identifier. J'ai tout de même apprécié ce personnage, que l'on découvre à l'âge de 14 ans, quand la demoiselle joue encore avec son meilleur ami Kenny sur une aire de jeux.
On réalise peu à peu que la vie de Lucy est plus dramatique qu'on pourrait le penser. Si au lycée, ça va à peu près, à la maison ce n'est pas trop ça. Le père de Lucy est bûcheron et part très souvent, des mois entiers. Elle et sa mère ne savent jamais quand il va revenir. Homme colérique et jaloux, il fait régner une terreur sourde, même quand il n'est pas là. Lucy veille au grain, car elle admire inconditionnellement cet homme qui ne l'a pourtant que peu élevée.
Et il y a Lainee, la mère de Lucy, encore jeune, très belle, qui fait tourner les têtes. Quand celle-ci en a marre d'attendre ce mari absent, elle décide de rencontrer d'autres hommes, mais Lucy va lui en tenir rigueur, peut-être plus pour éviter les conflits violents avec un père qui peut réapparaitre du jour au lendemain, que par réelle conviction morale.
Nous suivons Lucy sur 1 an, presque 2. La jeune fille au crâne rasé, grandit, change, attire les regards des garçons. Elle va ainsi découvrir qu'il n'est pas évident de faire des choix entre deux prétendants, qu'il est parfois difficile d'avouer la vérité. Dans ce roman, la sexualité n'est pas un problème pour l'adolescente, elle est au courant de toutes les problématiques liées au sexe, on nous parle donc de pilule contraceptive, de capote, de pilule du lendemain, de consentement, bref on suit une jeune fille très éclairée sur le sujet et c'est bien que ce soit abordé avec naturel et simplicité !

La fin n'est plus tout à fait dans le même ton, cependant elle me paraît assez intéressante. Le sacrifice initial : celui d'enfanter, est difficile à assumer, alors quand l'occasion se présente, peut-on réaliser ses rêves ? Peut-on laisser derrière soi son enfant devenu presque adulte ?

Je trouve que c'est un bon roman sur l'adolescence. On n'est pas du tout dans le cliché, c'est une héroïne qui a du cran, de la répartie, du recul.
L'écriture est superbement maîtrisée, la traduction est très bonne.
Je n'ai pas trouvé tant de longueurs pourtant il s'agit simplement d'un portrait d'ado.
Il n'y a pas tant de rebondissements que ça pourtant je ne me suis pas ennuyée.
C'est un très bon roman, qui saura vous emporter dans la vie de Lucy, cette jeune fille pleine de ressources.

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