lundi 28 novembre 2016

Les ombres de Canyon Arms, de Megan Abbott

Quatrième de couv' : 1953. Penny Smith débarque à Hollywood, des rêves de gloire plein la tête. Entre promesses de contrats et premiers rôles bidons, elle déchante rapidement et devient maquilleuse pour un studio. A Canyon Arms elle découvre le bungalow de ses rêves, s'y installe malgré les étranges rumeurs dont lui parlent ses voisins. Mais la mémoire du lieu refait surface lorsqu'elle découvre un étrange message laissé sur le mur de la cuisine par l'ancien locataire.

Mon avis : L'autre jour je me suis lancée dans les retours, je comptais retourner ce livre et puis j'ai lu la quatrième de couverture. Il était si fin, l'écriture si grosse, je me suis dit qu'en 3/4 d'heure ce serait lu. Je l'ai donc emprunté et lu d'une traite.
Le résumé m'a beaucoup intriguée, Hollywood dans les années 50, le rêve ! Un lieu qui renferme des secrets ? Parfait pour moi !

Penny est une jeune femme qui a remisé au placard son rêve de devenir actrice, cependant elle est maquilleuse sur des tournages. Elle emménage seule dans un bungalow, face aux collines portant les grandes lettres d'Hollywood. La nuit, des bruits dans son bungalow vont commencer à l'obséder. Ses vieux voisins vont lui raconter la terrible histoire de Larry le libraire. Constamment espionnée par sa logeuse, Penny va peu à peu perdre la raison dans ce bungalow. Sa vie qui ne tenait pas à grand chose va vite dégénérer.

J'ai adoré l'ambiance, la luxuriance des plantes dans ce lieu, la nuit et les peurs qu'elle réveille en nous, Penny qui cherche à écouter sa raison pour ne pas se laisser envahir par la folie, ou la dépression.

Si le roman est très court, il est néanmoins très bien écrit. Je me suis imaginée dans cet endroit, cette époque, j'ai imaginé Penny, ses deux voisins et sa logeuse. La tension est palpable, on oscille entre réalité et fantastique.

J'ai donc beaucoup aimé cette novella.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 20 novembre 2016

Les Culottées et Axolot

Comme souvent, pour les BD, je vous fais un article rapide.

J'ai donc lu récemment Les Culottées, de Pénélope Bagieu.

J'avais déjà lu une grande partie des histoires sur le site/blog du Monde où Pénélope Bagieu publie ses posts. Du coup, la surprise n'y était pas, sauf pour les planches de fin d'histoire qui sont absolument magnifiques : les couleurs, et le monde imaginé par Pénélope se rapportant à la personne dont elle vient de tenir la biographie sont très réussies.

Ce livre est un condensé d'espoir, il met en scène des femmes qui se sont épanouies et ont réussi à combattre les préjugés sur les femmes. Elles ont vraiment oeuvré en faveur de l'égalité, mais aussi pour défendre ce qu'elles sont, ce en quoi elles croient. Ce sont des femmes audacieuses et inspirantes. Et je trouve l'idée de Pénélope Bagieu excellente !

Je suis impatiente que le calendrier 2017 sorte, ainsi que le tome 2 !







Puis j'ai lu Axolot, le tome 3, sorti début Novembre. J'aime là aussi le concept de mettre en image des histoires insolites. Malheureusement, j'avais déjà entendu parler de plusieurs des histoires (probablement sur la chaîne de Patrick Baud d'ailleurs).

J'aime toujours autant voir les dessins des différents illustrateurs. Cette fois-ci j'ai trouvé certaines histoires très sombres, et le dessin était sombre aussi du coup.
Mais je suis toujours aussi friande de ces histoires étonnantes !

Pour info, les 3 tomes vont être réunis sous un même coffret, avec des surprises à l'intérieur ! Wouah !
(Malheureusement je ne me vois pas l'acquérir alors que je possède déjà les 3 tomes séparément).

Un trou dans la toile, de Luc Chomarat

Quatrième de couv' : Créatif dans la publicité, Thomas se sent étranger au monde digital et ultra-connecté d’aujourd’hui. Le voyeurisme et le consumérisme qui se sont épanouis dans le sillage d'internet le rebutent, ce qui compromet son avenir professionnel.
 Mais une mystérieuse officine entend exploiter son inadaptation à la Toile pour retrouver « l’Inconnu », personnage qui défie l’ordre des choses en vivant totalement en dehors d’Internet, et qui paradoxalement a des millions de fans. Comment poursuivre quelqu'un qui n'a rien fait de mal (ni de bien, du reste) ? Comment pister un individu dont le signe distinctif est de n'en avoir aucun, et qui n'apparaît nulle part ? Un individu qui n'existe pas sur internet peut-il encore réellement exister ? Derrière cette mission unique, c'est une véritable quête existentielle qui se profile. L'être humain du XXIè siècle sera-t-il un avatar digital... et immortel ?

Mon avis : Ce roman a reçu le grand prix de littérature policière. Mais j'aimerais bien en connaître les raisons !
Je ne serais pas très bonne pour vanter les mérites de ce roman policier, parce que ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu de polar et je suis plus thriller qu'enquête. Ici pas de suspense intense, pas d'angoisse. Pas vraiment d'enquête non plus à vrai dire.

Le protagoniste principal, Thomas, la quarantaine, travaille dans une agence de pub lorsqu'il est approché par un type prétendant travailler pour le Ministère des Nouveaux Médias, nommé Buzzati, qui va lui demander de trouver l'Inconnu, fruit de rumeurs depuis quelques temps sur le net.
L'Inconnu est un humain qui n'est pas connecté, il est intraçable par les autorités. Mais alors qui est-il ? est-il possible de vivre à notre époque sans internet ? Comment le trouver ? Procéder par élimination ? L'Inconnu peut se trouver n'importe où sur la planète. Il sert les campagnes de publicités des grandes marques puisque personne ne peut prouver son identité, on peut lui inventer toutes sortes d'appartenance à un groupe. Pourtant il met en danger la société de consommation en faisant l'exploit de n'apparaître nulle part, mais d'être le centre de l'attention de tous. Il ne consomme pas, ne fait que vivre loin des radars.

Thomas très cool voire trop cool,  est plutôt à l'aise dans ses baskets, pourtant son environnement ne tourne pas rond : il a épousé 3 femmes et divorcé avec les 2 premières, il fait face au délitement de son 3è mariage, sans réagir véritablement pour le sauver.
A 40 ans, malgré son look de jeune, Thomas n'est pas un adepte des nouvelles technologies, il va à contre-sens de ce qu'on attend de lui au boulot. Publiciste, il ne possède pourtant pas de compte Twitter ni Facebook ou autres. Mais il craint un licenciement abusif en raison de son âge. Il quitte alors son job et décide de se mettre en quête (absurde) de l'Inconnu. Son enquête (fondée sur strictement RIEN) va le mener au Brésil, en Corse, à la campagne avec un artiste contemporain qui se prétend être l'Inconnu. Thomas va aussi découvrir un mouvement, le mouvement OFF dont les membres tentent de se déconnecter le plus possible, et de vivre "à l'ancienne".

Il y a des traces d'humour subtiles, notamment dans les passages avec l'inspecteur Vorski. Il semblerait que ce roman soit un pastiche (mais visiblement je n'ai pas lu assez de polar pour m'en rendre compte).

Ce qui m'a le plus intéressée, c'est cet aspect qu'on retrouve dans Black Mirror : l'absurdité des situations qu'on (en tant qu'humain) a créées, en vertu des progrès technologiques. A-t-on oublié de réfléchir aux conséquences ? Quelle société sommes-nous en train de créer ? Va-t-il y avoir un fossé de plus en plus large entre les adeptes du tout digital (prêts à encoder leurs propres personnes pour disparaître de la surface de la terre et entrer dans le monde numérique) et ceux qui vont refuser d'être surveillés par l'Etat et le marketing et vont se détacher des réseaux ? Ou ceux qui ne pourront pas suivre ce mouvement qui mène au digital dans tous les aspects de la vie ? Quelle part de nous-mêmes donnons-nous à ceux qui nous surveillent, et utilisent nos informations à des fins commerciales ? Quelle part de nous-mêmes voulons-nous garder et ancrer dans le monde réel ?
Bref c'est surtout cette réflexion qu'on peut tirer de ce roman qui m'a semblé intéressante.

Cependant j'ai trouvé ce livre décousu, mais c'est peut-être là qu'on trouve l'absurde. Bref je n'ai pas pris de plaisir à le lire. Et la fin m'a un peu déçue, même si je m'y attendais fortement.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 13 novembre 2016

Carnet de routes, de Marie Lopez

Quatrième de couv' : Une étudiante en architecture, une youtubeuse, un jeune homme trop tranquille nommé Marco, un moniteur d'auto-école et un professeur d'université...
Cinq personnages aux destins dissemblables vont former un groupe hétéroclite et fantasque à la faveur du permis de conduire.
Tandis que trois générations se mêlent et s'apprivoisent, une camaraderie surprenante grandit entre les candidats ; chacun va se livrer aux autres bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Le passé, les doutes, les regrets, les espérances s'invitent dans l'habitacle de la voiture à double commande.
Leurs différences les poussent à reconsidérer leurs choix et les horizons qu'ils s'étaient fixés. Et le danger de ressortir de l'expérience juste un peu plus perdu qu'avant est bien réel... Mais voici que surgit l'extraordinaire et que s'offre à eux un chemin bien éloigné des codes et des panneaux de signalisation.

Mon avis : Olala mais vous allez vous dire "qu'est-ce qui lui arrive à Jude ?!" Lire du Marie Lopez aka Enjoy Phoenix ?!
Bon et bien si on fait abstraction de tout ce que Marie écrit et révèle sur elle à travers ses personnages, c'est plutôt pas mal.

Alors, commençons directement par les choses que je n'ai pas aimées :
- l'intervention du fantastique. J'ai trouvé que ce n'était pas nécessaire, soit on fait un roman réaliste du début à la fin, soit on fait un roman fantastique, mais les petites touches comme ça et puis cette fin un peu surréaliste ça ne m'a pas plu.
- le vocabulaire parfois ampoulé.
- les descriptions un peu trop longues, que ce soit de la ville de Lyon ou les faits historiques. Ce n'était pas très spontané, ça manquait d'authenticité, un peu comme si l'auteure voulait écrire quelque chose de vraiment bien, alors qu'un style moins détaillé aurait fait l'affaire.

Passons au positif : 
J'ai bien aimé le principe de découvrir l'histoire des personnages. Le contexte d'ailleurs est plutôt original puisqu'ils se rencontrent aux cours de code d'une auto-école. Un contexte que je n'avais jamais eu l'occasion de lire dans un roman.

Les personnages sont assez intéressants même si ils restent cantonnés à leur domaine et manquent un peu de profondeur.

  • Gaspard, le vieux monsieur aime se replonger dans son passé, qui est vraiment très riche, j'ai beaucoup aimé découvrir sa vie au fil des pages. 


  • Antoine, le moniteur d'auto-école reste bloqué sur le fait qu'il lutte pour obtenir la garde alternée de ses filles. Mais c'est aussi quelqu'un de très compréhensif, à l'écoute et c'est un personnage que j'ai bien aimé, même si j'aurais aimé connaître d'autres parties de sa vie. 


  • Eléonore a 25 ans et son monde s'est écroulé quand son petit ami s'est tiré du jour au lendemain. On connaît finalement assez peu de choses sur elle. J'aurais voulu en savoir plus sur sa famille, ses amis, je crois que c'est le personnage le moins bien développé du roman. 


  • Charlie est évidemment la personne qui ressemble le plus à Marie, puisque Charlie a une chaîne sur Youtube, des millions d'abonné(e)s et passe son temps sur les réseaux sociaux. Quelque chose d'ailleurs dans sa partie qui m'a fait penser que Marie mettait trop les deux pieds dans le plat : l'évocation d'une lettre d'abonnée qui lui dit être victime de harcèlement. Ce rapport si proche à son expérience était si peu subtil que ça ne m'a pas touchée du tout, d'autant plus que le sujet est assez vite expédié. Un autre élément peu subtil : quand on découvre que Charlie a participé à une émission de danse. Je pense que ce n'était pas nécessaire que Marie en divulgue autant de sa vie dans un personnage. On avait déjà compris que Charlie = Marie. 


  • Quant à Marco, des éléments nous laissent deviner tout au long du roman quel type de personne il est, et ça gâche un peu la surprise de la fin. C'est aussi le personnage le moins intéressant selon moi puisqu'il n'a pas d'histoire, pas de vécu. Dommage. 


Ensuite, j'avoue que j'ai rangé ce roman dans le rayon ado, mais on va dire qu'il s'adresse plutôt aux jeunes adultes. Disons qu'une jeune fille de 12-13 ans aura parfois du mal avec certains termes voire avec la construction de l'histoire : on fait régulièrement des sauts dans le temps, que ce soit loiiiin dans le passé, comme parfois moins loin. Disons qu'au cinéma ce genre de flashback c'est assez adapté, dans un roman, un peu moins.


Pour finir, je partais avec beaucoup d'a priori mais je suis plutôt surprise par la qualité d'écriture, surtout quand on sait tout ce que Marie produit à côté. (Pour ma part je me suis désabonnée de sa chaîne il y a un an donc je la suis de loin).
Ça a été une bonne lecture, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais si Marie se consacre à l'écriture et prend en compte les diverses critiques qu'il y a çà et là, je pense qu'elle pourra devenir une auteure intéressante à suivre. Elle a du potentiel, de bonnes idées à développer et un style à trouver mais elle est sur la bonne voie.

vendredi 11 novembre 2016

Coeur Cerise, de Cathy Cassidy

Quatrième de couv' : Je m'appelle : Cherry Costello
Mon âge : 13 ans
Je suis : secrète, débordante d'imagination
Mon style : jeans skinny, tee-shirts à motifs japonais
J'aime : les fleurs de cerisier, les roulottes de gitans
Je rêve : d'être acceptée par mes quatre nouvelles demi-soeurs
Mon problème : je suis amoureuse du petit copain de ma demi-soeur...

Mon avis : Dans l'optique de pouvoir conseiller les clients pour Noël, je me suis dit qu'il était temps que je me remette à la littérature jeunesse, vu que je suis censée m'occuper de ces rayons (Ados et Enfants) entre autres évidemment. J'ai conseillé la saga Les Filles au chocolat à une grand-mère l'autre jour parce qu'elle voulait un cadeau pour sa petite fille, et bon je savais pas tellement de quoi je parlais... Donc j'ai emprunté Coeur Cerise et je l'ai lu.
J'ai bien aimé, c'est pas trop mal écrit, il y a pas mal de dialogues, les chapitres sont courts, les personnages sont plutôt intéressants. Par contre ce que j'ai moins aimé c'est ce monde tout rose et fantastique qu'on nous propose. Le père de Cherry veut monter sa boîte, paf il achète du matos, va voir son banquier et voilà, le prêt est accepté ! Comme ça. Alors que le type est au chômage, il n'a aucune formation de chocolatier (le gars fait fondre du chocolat de supermarché pour faire ses chocolats quand même...) Bref, côté réalisme on repassera !
Sinon je comprends pourquoi ça parle aux jeunes filles, on y parle d'amour, de difficultés à s'intégrer, de ne pas trop savoir comment se mettre en avant.

Pour moi ça n'a pas été une lecture coup de coeur, je préfère encore relire pour la dixième fois les bouquins que je dévorais ado et qui me parlaient beaucoup plus. De plus je me suis peu attachée aux personnages. Mais bon ça ne m'empêchera pas de peut-être continuer à découvrir les autres tomes.
Mais au moins, c'est une lecture gentille, douce et qui peut plaire aux filles dès 12 ans. Une saga que je pourrais enfin conseiller en sachant de quoi je parle!

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 6 novembre 2016

Bleu Blanc Sang, de Bertrand Puard

TOME 1

Quatrième de couv' : 5 juin 2018. La France enterre son président de la République, et c'est son propre frère qui est pressenti à la succession. Simultanément, le convoi transportant une toile d'une artiste inconnue est pulvérisé au lance-roquettes. Au même instant, à New York, une oeuvre de la même peintre est adjugée pour la somme inouïe de 53 millions de dollars.

Quel peut être le lien entre ces trois événements ? Quelles forces obscures sont à l'oeuvre ? Et comment une jeune employée de banque, un rebelle militant et une étudiante se retrouvent-ils plongés au coeur d'une enquête aux ramifications politiques et financières ?

Tous les pions semblent en place pour une partie vertigineuse.

Bienvenue dans la République Bleu Blanc Sang !

Mon avis : J'ai dévoré ce premier tome. J'avais déjà eu un extrait d'une trentaine de pages qui m'avait beaucoup intéressée, alors j'ai commandé les 3 tomes pour le magasin. Ce week-end j'ai emprunté le tome 1, en me disant "je le lis vite comme ça je le ramène mardi". Autant vous dire que si avec cette pensée, je donnais l'impression de me forcer à le lire, ça n'a pas été le cas du tout ! J'ai directement été embarquée dans cette histoire passionnante, qui n'a rien à envier au réel !
Entre secrets et machinations politiques, vie en jeu et amitié naissante, j'ai adoré ce roman. Je pense même que je vais le conseiller à tout va pour les ados à Noël. Et évidemment je suis impatiente de lire la suite, bien que le tome 1 ne se finisse pas sur un cliffhanger de fou. On a envie de connaître la suite, mais l'auteur a néanmoins refermé la plupart des questions qu'on a pu se poser au cours de notre lecture : OUF !
Je pense qu'on est devant une ère nouvelle dans la littérature pour ados. Je n'ai jamais été embarquée comme ça dans un thriller politique, mêlant art, finance et liens familiaux. C'est une très bonne surprise !

En plus l'écriture est au top ! On sent que c'est mature et fluide. Il n'y a pas de superflu, pas de longueurs, on est dans l'urgence mais en même temps on détaille suffisamment les personnages, on connaît leurs émotions et même si on en sait assez peu sur leur passé, ils ne constituent pas seulement des êtres de papier, ils ne sont pas des clichés sur pattes, bien que certains personnages secondaires, nous réservent je pense, bien des découvertes dans les prochains tomes. Il y a de nombreux rebondissements, c'est rythmé, efficace et cohérent.

En bref, une lecture haletante, pleine de suspense, intelligente et qui m'a beaucoup plu.


TOME 2 
Quatrième de couv' : Juillet 2018. Eva Brunante a promis au patriarche de la riche et puissante famille Tourre de l'aider à retrouver les cinq toiles de Justine Latour-Maupaz encore dispersées à travers le monde.
Chaque seconde compte, car la survie de l'empire Tourre est en jeu, mais aussi, et surtout, l'honneur d'une dynastie meurtrie par les trahisons et les coups bas. C'est en fait l'équilibre de la France entière qui est mis en péril.
La quête des tableaux manquants de l'artiste fait entrer Eva dans une saga familiale haletante, traversée d'amours intenses et de haines féroces.

Mon avis : J'ADORE. Ce tome est tout aussi bon que le premier, bien que celui-ci soit essentiellement consacré à la recherche des 4 tableaux manquants (ce qui pourrait en lasser certains). Le rythme est toujours aussi bon, on est dans l'urgence et on dévore ce roman.
L'intrigue me plait énormément. Le fait qu'elle mêle la politique, les histoires de famille et l'art à travers les siècles, ça me branche ! Et puis ces histoires de vengeance familiale, j'avoue que ça me plait assez parce que ce n'est pas traité de façon niaise. On n'a pas d'histoire d'amour nian-nian non plus, les personnages n'ont pas le temps pour ça, pourtant il y a de l'amour dans ce livre : l'amour filial qui pousse à vous dépasser pour sauver quelqu'un qu'on aime, avec qui on partage les liens du sang.
J'ai bien aimé aussi les extraits du journal intime de Justine, ça la rend plus vivante et on découvre une autre période de l'Histoire de France que celle très actuelle dans laquelle se déroule l'histoire.
Je trouve aussi les personnages plus poussés, même si on n'apprend pas beaucoup de choses sur leur passé, ils sont encore plus dotés d'émotions et de sentiments dans ce second tome. Je me suis même attachée à des personnages très secondaires qui n'étaient là que pour mener à bien une mission.
J'ai dévoré ce second tome et je suis conquise !


TOME 3
Quatrième de couv' : Septembre 2018. Un mois et demi a passé depuis le drame qui a clôturé la chasse aux tableaux de Justine Latour-Maupaz, et qui a fait vaciller le pouvoir en place. Retirée dans un manoir à la campagne, Eva Brunante se remet peu à peu de ses traumatismes en jurant qu'on ne l'y reprendra plus à jouer les héroïnes de thriller ! Pourtant, lors du vernissage de l'exposition consacrée à l'artiste maudite, un jeune homme venu des Etats-Unis surgit avec de nouvelles révélations bouleversant l'échiquier.
Dans l'ultime tome de la trilogie Bleu Blanc Sang, Eva ira de surprise en surprise et apprendra que tous les événements de ces trois derniers mois n'étaient que les premiers soubresauts d'une rude bataille à venir.

Mon avis : Olala, quelle déception ! J'ai adoré, comme vous le savez les deux premiers tomes, mais ce troisième... il n'est pas du tout à la hauteur des précédents.

Déjà le résumé est faux : on reprend l'action en novembre, pas en septembre. On nous indique qu'on va suivre Eva, or on la suit très peu. L'action est concentrée sur Romain Philidor et sur toute une branche de la famille Philidor. Ici il n'est plus question de quête de tableaux, ou très peu, on est surtout sur une affaire de famille.

On s'emmêle les pinceaux entre les différents membres (bâtards ou non) de la famille Philidor, et bien qu'on ait deux arbres généalogiques insérés dans la couverture, ils sont bien loin d'être complets.
D'ailleurs je cherche encore le lien entre les Philidor et les Tourre (bon ils ont bien un ou deux ancêtres en commun), mais je pensais la bataille entre les deux familles plus intense. Au lieu de s'en prendre à Patrice Tourre directement, Romain Philidor en veut à tous les descendants d'Emile Philidor. Ce n'est pas comme cela qu'il va conquérir l'Elysée il me semble...
On a une quête généalogique, qui se fixe sur la descendance, et les motifs de cette quête ne sont pas très bien présentés (bataille entre les "blancs" et les "noirs" de la famille Philidor).

Les références aux échecs m'ont profondément ennuyée d'ailleurs. Je ne suis pas adepte de ce jeu et n'y comprends pas grand chose. Alors la passion qui se révèle tout à coup chez Caïssa m'a semblé exagérée. Jamais dans la vie les gens se prennent autant d'affection pour un jeu qu'ils viennent de découvrir, si ?

Les découvertes que l'ont fait à propos de Justine Latour-Maupaz et son oeuvre sont surréalistes ! Une fresque ?! Sérieusement ? Encore un truc à reconstituer, ça sent le réchauffé...!

Un nouveau personnage, américain, est introduit et je l'ai d'emblée détesté, pour sa façon d'agir, ce côté orgueilleux et fier qui me déplait. Il sort de nulle part et pourtant toutes les portes lui sont ouvertes, même Eva et Stéphane ne lui refusent pas leur aide et ne remettent pas en question qui il est et comment il a découvert tout ce qui lui tombe dessus en si peu de temps.

Beaucoup d'éléments dans ce tome ne m'ont pas paru réalistes. Même dans l'écriture, j'ai cru que quelqu'un d'autre que l'auteur avait écrit à sa place tellement ça ressemblait parfois peu à ce qu'il avait rédigé dans les deux premiers tomes.

Je crois que c'est le tome de trop. Peut-être une commande d'éditeur, que l'auteur n'a pas su honorer complètement, c'est pourquoi le livre semble bien en dessous, même en terme de rythme, que les deux précédents.

De plus je pensais en découvrir plus sur Clarissa, Lucas, Eva et sa famille, Hugo Rome et Charlotte Dugain ainsi que leur mouvement Riposte, pourtant tout cela est effleuré. La fin nous propose une belle phrase mais en vérité, rien ne nous amène à la trouver juste, au cours de ce livre, puisque la politique est très peu développée dans ce roman.
Cette fois-ci les côtés artistiques et historiques sont occultés, alors que c'est ce qui m'avait plu dans les tomes d'avant. Vraiment, dommage.

Ça m'agace d'avoir été si déçue pour ce dernier tome. J'ai quand même aimé le lire, j'ai rigolé de certaines phrases. Mais je n'ai pas vécu l'intensité du livre comme pour les deux premiers.

jeudi 3 novembre 2016

Marylin 1962, de Sébastien Cauchon

Quatrième de couv' : Eunice, Whitey, Agnes, Ralph, Ralph encore, mais aussi Paula, Inez, Larry, Evelyn, Cherie, May et Pat. C’est à leurs côtés que Marilyn Monroe vécut ses derniers mois à Los Angeles en 1962. Des amis, des collaborateurs, des proches… en réalité quasiment tous ses employés. Une armée des ombres à la hiérarchie mouvante, composée d’alliés des débuts et de nouvelles recrues. Un entourage à défaut d’une famille.
Que signifiait pour eux côtoyer la plus grande star d’Hollywood, jamais à court de paradoxes ? Qui étaient-ils et quels liens avaient-il tissés avec celle qui mourut à trente-six ans, adulée de tous, mais seule dans sa maison de Brentwood à peine meublée ? Une plongée au coeur des coulisses d’un monde disparu à travers douze personnages, héros du roman vrai des derniers jours de Marilyn Monroe.

Mon avis : J'ai beaucoup aimé découvrir cette biographie qui possède un angle assez unique : on découvre l'entourage de Marilyn Monroe sur les dernières années. Pas son entourage familial, mais plutôt amical, une douzaine de personnes qui gravitent autour d'elle. A travers leurs portraits, c'est elle qu'on découvre dans l'intimité, entre son addiction aux médicaments, ses angoisses et sa volonté de créer Marilyn à la place de Norma Jeane.

C'est peut-être un poil trop romancé parce qu'on peut se demander où sont les limites entre la fiction et la réalité. Mais même si l'auteur a fait de nombreuses recherches et a pu interviewer certains proches de Marilyn, on n'arrivera jamais à atteindre LA vérité, mais au moins une vérité.

Ici, pas de trash, la mort de Marilyn est évoqué à la toute fin, même si elle est en filigrane tout au long du texte. Cependant, je trouve que c'est bien amené, pas de voyeurisme, on ne cherche pas les causes de cette mort. On ne nous parle pas de ses ex-maris, ni de sa mère, ni de ses relations avec les Kennedy. Et je trouve que ce n'est pas plus mal.
On la découvre sous un nouvel angle et l'auteur rend hommage aux personnes qui l'aidaient, lui rendaient service et s'occupaient d'elle du mieux qu'ils le pouvaient.

Si vous aimez Marilyn Monroe et que vous souhaitez lire une biographie qui met en lumière la femme avant la star, choisissez ce livre !

Mention ++ pour la couverture au toucher velours, j'adore. Et la photo qui est vraiment sublime.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 1 novembre 2016

Crépuscule du tourment, de Léonora Miano

Quatrième de couv' : De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel.

Mon avis : Après avoir vu la vidéo d'Hajar sur ce livre, je me suis dit qu'il fallait que je le lise, bien que le sujet ne me parle pas tellement. J'étais curieuse de comprendre de quoi parlait Hajar.
Effectivement, après lecture de ce roman, ce n'est pas du tout le type de lecture vers lequel je me dirige habituellement. Ce roman fait appel à une culture que je n'ai pas, notamment concernant l'Histoire de l'Afrique. Ça a été difficile pour moi de comprendre certains passages. J'ai mis un temps fou à comprendre le terme "sans généalogie" par exemple, qui est utilisé à de nombreuses reprises.

Cela dit, j'ai trouvé que malgré la difficulté de compréhension pour un esprit comme le mien qui n'a jamais été ouvert aux problématiques du continent africain, deux sujets pouvaient néanmoins me toucher : les secrets et les tabous dans une famille, ainsi que le sujet des femmes et de leur épanouissement, sans l'aide d'un homme.

Ce sont 4 femmes fortes et puissantes qui s'expriment l'une après l'autre, à un homme, Dio. Il y a Madame, la mère de Dio, femme battue par son mari durant 30 ans, personnage très froid et hautaine, c'est par elle que commence le roman, et j'ai failli abandonner car son monologue était très métaphysique, et pas suffisamment porteur de réalité que j'aurais pu représenter dans mon esprit.
Il y a ensuite Amandla, l'ex-compagne de Dio, fière de son héritage kémite, qui évoque le racisme.
Il y a Ixora, la nouvelle compagne, venant du Nord, elle va se découvrir des désirs longtemps refoulés, en accompagnant Dio sur ses terres d'origine.
Et enfin, il y a Tiki, la petite soeur de Dio, lui révélant sans pudeur ses désirs sexuels, son refus d'enfanter mais aussi son enquête, plus jeune, pour découvrir ses origines, l'origine du mal qui a créé tant de problèmes entre ses parents.
A travers ses 4 voix, nous découvrons des secrets profondément enfouis. Chacune explore sa sexualité, ses désirs et ses envies, longtemps restés contraints par les problèmes liés au racisme, à la domination ou au colonialisme.

J'ai aussi mis beaucoup de temps à lire ce roman, je l'ai lu en 4 fois, une fois pour chaque voix, pour ne rien perdre du style (dense) et de la voix de chacune de ces femmes. Elles s'expriment toutes différemment, avec plus ou moins de vigueur, d'honnêteté, de sincérité. Leurs voix sont fortes.
Le résumé parle d'une "langue sculptée en orfèvre", et c'est tout à fait ça, chaque phrase est l'aboutissement d'une réflexion. C'est pourquoi il faut prendre le temps de lire ce livre, de réfléchir à ce qui est écrit. Il y a une grande puissance qui s'en exprime.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur