dimanche 25 septembre 2016

La vieille dame du riad, de Fouad Laroui

Quatrième de couv' : François et Cécile s'aiment, mais François s'ennuie. A trop rêver devant le petit écran, il lui vient des envies d'ailleurs que ne partage pas forcément sa dulcinée. Un ranch dans le Montana ? Pas question. Une pagode en Thaïlande ? Plutôt mourir. Un riad à Marrakech ? Banco !
Aussi surpris l'un que l'autre par leur témérité, les tourtereaux parisiens se retrouvent propriétaires d'une vieille bâtisse au coeur de la ville rouge. Pari réussi ? Encore faudrait-il déloger la vieille femme qui a élu domicile chez eux...

Mon avis : Au départ ce roman commence comme une comédie, bourrée de stéréotypes nous faisant lever les yeux au ciel plusieurs fois devant le manque d'ouverture d'esprit des deux personnages, puis le roman prend une tournure historique, révélant comment le Maroc a subi la domination française (autrement appelée "Protectorat"...), avant de connaître son indépendance en 1956. Ce sont des périodes qu'on nous passe totalement sous silence en cours d'histoire. J'ai donc découvert plein de choses (pas très jolies-jolies). Ce livre est une entrée en matière pour qui voudrait en savoir un peu plus sur l'histoire du Maroc. C'est assez instructif (et finalement, on s'éloigne de l'aspect empathique qu'on pourrait éprouver pour des personnages.)
Au-delà de l'aspect historique, on retrouve l'histoire de nos deux protagonistes français, qui ont acheté un riad, dans lequel se trouve une vieille femme. Peureux comme c'est pas permis, ils vont tout faire pour essayer de la déloger, et vont même jusqu'à vivre ailleurs... Ils sont franchement pathétiques et ridicules, et si on peut penser qu'ils ont changé vers la fin, malheureusement le naturel revient au galop. Le ton est moqueur pour cette histoire invraisemblable. Mais beaucoup plus sérieux quand il s'agit de l'histoire du Maroc. Du coup on a une impression d'un roman au style un peu bancal, puisque les trois parties sont assez inégales.

Je n'ai pas été particulièrement conquise par ce roman, cependant il m'a intéressée à un sujet que je ne connaissais pas. C'est une lecture assez courte et rapide, je recommande, mais ne vous attendez pas à une comédie sur les différences de culture entre un couple français et une vieille dame.

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dimanche 18 septembre 2016

Le copain de la fille du tueur, de Vincent Villeminot

Quatrième de couv' : Charles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils tuent le temps comme ils peuvent, allumant fausses révolutions et vrais incendies … jusqu’à l’arrivée de Selma. Elle est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un trafiquant de drogue en cavale.

Une histoire d'amour de Vincent Villeminot, à fleur de peau et les nerfs à vif !

Mon avis : Ce livre faisait partie des SP que ma collègue m'avait passés en début d'été, pour que je sois fin prête à le présenter aux clients lors de sa sortie (le 25/08), évidemment ma PAL s'est allongée, plongeant ce livre tout en dessous. Je l'ai oublié jusqu'à vendredi, où j'ai commencé à le lire.

J'étais plutôt emballée par le début, mais que je n'ai pas trouvé suffisamment développé. L'amitié entre Charles et Touk-E méritait d'être plus consistante, malheureusement l'histoire d'amour prend le pas sur tout ça. Les 2-3 premiers chapitres sont plutôt empreints de réalisme.
Mais le 3è chapitre est terriblement niais et mièvre : c'est un long passage sur l'histoire d'amour entre Charles et une fille et qu'est-ce que c'était long !
Le dernier chapitre part dans un délire qui ne m'a pas plu. Du coup ma lecture s'est plutôt mal finie... J'ai comme l'impression que ce roman est brouillon, un peu bancal, comme si les différentes parties ne s'emboîtaient pas très bien. C'est dommage.

J'aurais aimé que le roman fasse moins dans la niaiserie par rapport à l'histoire d'amour parce que j'aurais bien du mal à le conseiller à des garçons de 15 à 17 ans qui vont franchement se marrer devant la niaiserie de ce chapitre. Quant aux filles qui pourraient lire ce roman, il sera un peu compliqué pour elle de s'identifier à Charles, ou même à la fille dont il tombe amoureux tant elle est particulière.

Il y a très peu d'échanges entre les personnages, qui ne sont pas suffisamment détaillés à mon avis.
La jeune fille possède un don surréaliste qui m'a laissé pantoise, non seulement parce que ça désarçonne de tomber sur un tel don dans un roman qui se veut réaliste, mais aussi parce que la relation qu'ils vont entretenir, elle et Charles est basée sur le fait qu'elle connaît toutes les pensées du jeune homme. C'est extrêmement dérangeant et malsain en fait, d'autant plus qu'elle, de son côté, ne se livre pas du tout et refuse d'éclairer Charles quand il lui demande des explications sur sa vie à elle.

Toutes les thématiques sérieuses de ce roman ne sont qu'effleurées et pas du tout approfondies, or il aurait pu être intéressant d'en faire un roman qui défend des idées, ou du moins ouvre des portes aux ados.

Je suis assez déçue par cette lecture qui semblait prometteuse et puis finalement, qui n'est pas si géniale que ça. Mention ++ à la couverture qui est très jolie !

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vendredi 16 septembre 2016

La nuit des temps, de Réné Barjavel

Quatrième de couv' : L'Antarctique. A la tête d'une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n'y a rien, juste le froid, le vent, le silence.
Jusqu'à ce son, très faible. A plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l'euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d'amour et chronique scientifique.

Mon avis : Depuis quelques mois sur Booktube, j'ai souvent entendu parler de cette magnifique histoire d'amour. J'ai donc emprunté ce livre, curieuse de connaître la raison pour laquelle tant de personnes étaient émues.
J'avais sûrement trop d'attentes parce que j'ai été déçue.
A mon avis on ne devrait pas tant mettre l'accent sur l'histoire d'amour, mais plutôt sur l'expédition scientifique qui permet de révéler une civilisation disparue, que nous allons un peu découvrir grâce au réveil d'un des personnages.

Autant l'histoire est intéressante, innovante par son contexte scientifique, et une dernière intrigue, absolument surprenante, se déroule dans les dernières pages, autant je n'ai pas aimé l'aspect "roman d'aventure et d'espionnage", la place de la femme (on sent que ça a été écrit dans les années 60...), le contexte historique trop marqué par la guerre froide.

J'ai eu beaucoup de mal à visualiser les différents éléments de cette histoire. Il faut savoir que René Barjavel a d'abord écrit La nuit des temps comme un scénario de film, mais la réalisation du film ne s'est pas faite, et il a donc repris son texte, en y laissant beaucoup de descriptions qui font certainement sens dans son esprit mais que j'ai personnellement eu du mal à imaginer.

Barjavel s'inspire énormément des grands mythes des amoureux dans la littérature : Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, bref, rien de bien nouveau...
Or ce qui est nouveau et même qui m'impressionne toujours quand je lis de la science-fiction (et encore plus quand elles ont été écrites il y a plus de 50 ans), ce sont tous les détails qui servent l'histoire, qui servent ici à mener à bien l'expédition : la diffusion des images à travers le monde, la Traductrice, les moyens mis en oeuvre pour accéder à l'Oeuf, etc. Même si aujourd'hui ils paraissent un peu datés, je trouve que pour l'époque c'est impressionnant d'y avoir pensé.

Le fait que Simon tombe amoureux d'Eléa m'a plutôt dérangée, en tant que scientifique il est censé avoir une attitude neutre et objective vis à vis de la découverte de ces deux êtres dans l'Oeuf, pourtant au premier regard, il tombe amoureux d'Eléa, de son physique, essentiellement. Et je trouve ça dérangeant. Il ne la connait pas, ne sait rien d'elle. Puis découvre peu à peu qu'elle "appartient" à un autre, qui est mort depuis 900 000 ans et ça ne l'empêche pas de vouloir de cette femme meurtrie par le chagrin.

Les femmes dans ce texte sont souvent mal traitées, d'ailleurs elles sont peu nombreuses et ont des postes peu glorifiants. Le traitement que fait Barjavel des infirmières m'a vraiment choquée (#sexisme)

Les personnages sont assez prévisibles et clichés. Eléa est la beauté pure, mais farouche et en cela, elle s'éloigne, met une distance immense entre elle et le reste de l'humanité. Personne ne peut s'identifier à elle, pas même le lecteur. Son histoire d'amour est assez niaise aussi, les passages qui décrivent le sexe sont tout en pudeur, mais m'ont mise mal à l'aise parce que c'était trop fleur bleue.
L'Américain Hoover est un gros bonhomme, misogyne, mais qui va tomber amoureux de la froide Leonova, la Russe (comme par hasard...)
Simon est le gentil scientifique français qui réussit à communiquer avec Eléa, il est d'ailleurs le seul en qui elle a un semblant de confiance.

Je n'ai pas tellement aimé les scènes qui se déroulent à Gondawa, parce que j'avais encore plus de mal à les visualiser, à imaginer les lieux, les couleurs, que nous proposait l'auteur. Toute cette partie d'ailleurs est un peu trop en mode "c'est la fin du monde, vite dépêchons nous !" et il y a trop de rebondissements, d'épreuves. Le rythme n'était pas bon, il y avait trop de longueurs, en tout cas je n'ai pas apprécié ma lecture dans ces moments-là et mon esprit se perdait à penser à autre chose.

Autre chose qui m'a déstabilisée : le peu de marqueurs de temps. On ne connait jamais la durée de temps qu'il faut aux scientifiques pour faire leurs recherches, aux ouvriers pour creuser le sol, en fait on a l'impression que ça ne prend que quelques heures, alors que ça doit prendre des semaines ! Ça m'a pas mal perturbée qu'il y ait des ellipses narratives et en même temps qui n'en sont pas tellement... c'est plutôt qu'on ne peut pas mesurer le temps dans ce texte et ça me perturbe.

Quant au contexte historique, il est hyper présent : si la vie sur la base se fait en harmonie, chaque nationalité vivant auprès d'autres et cherchant à mener à bien l'expédition, à l'extérieur c'est différent. On a l'espoir que la recherche scientifique va unir les hommes, mais on est en pleine guerre froide, les bombes atomiques sont une menace de chaque côté, chacun voulant montrer sa supériorité à l'autre. Très vite, la découverte de deux humains qui ont traversé 900 000 ans, dont le monde (Gondawa) a été détruit par une autre nation importante (Enisoraï) qui souhaitait se procurer l'Arme Solaire (créée par Gondawa), tout cela devient un enjeu mondial qui va à nouveau dissocier les grandes nations actuelles, laissant place à l'espionnage et au sabotage au lieu d'une harmonie dans la recherche scientifique.
Le parallèle se fait forcément entre notre monde (du moins celui des années 60) et celui imaginé par Barjavel qui oppose deux nations aux fonctionnements différents. C'est une transposition on ne peut plus évidente, et presque risible tellement c'est fait grossièrement.

Mon avis est très mitigé, je mets la moyenne à ce roman, parce que j'en vois bien les qualités, mais l'histoire n'a pas su m'embarquer, ni me toucher comme ça aurait pu.

"Ce qui n'existe pas existe" 
Je vous laisse sur cette citation, si quelqu'un a une explication à m'en donner, je suis preneuse !

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dimanche 11 septembre 2016

D'extase et d'amour féroce, de Dylan Landis

Quatrième de couv' : New York, Greenwich Village, années 1970. Rainey Royal, quatorze ans, habite une maison autrefois élégante mais aujourd'hui délabrée. Elle vit avec son père, musicien de jazz culte, qui mène une existence bohème dans cette grande demeure ouverte à tous. Sa mère ayant déserté le foyer pour aller vivre dans un ashram, Rainey est livrée à elle-même, proie facile pour les protégés de son père qui vont et viennent dans la maison.
À l'extérieur, l'adolescente rebelle se révèle forte et cruelle, violente même, jouant du pouvoir de séduction qu'elle exerce sur les autres pour trouver son chemin.

Avec une élégance rare, Dylan Landis dessine le portrait d'une jeune fille à la fois conquérante et vulnérable. Personnage envoûtant, Rainey Royal déploie sa beauté au fil de ce bouleversant roman d'apprentissage.


Mon avis : "Roman d'apprentissage" is the new roman pour raconter la vie d'un personnage de fiction, on est d'accord ?
Bon, j'ai encore lu un ouvrage sur une ado qui cherche sa place, encore dans les années 70. Celui-ci se lit vite. Le premier chapitre se dévore à 100 à l'heure, il est très rythmé. Puis les suivants sont plus lents, moins frénétiques.
L'histoire repose entièrement sur Rainey Royal, fille d'un grand musicien de jazz qui reçoit constamment chez lui de jeunes musiciens. On est au début des années 70, son père est très permissif, très voire trop ouvert. Sa maison est un moulin où n'importe qui entre, rien n'appartient à personne. L'art et la musique font vivre cette maisonnée, pourtant c'est un environnement nocif pour la jeune fille.
Rainey est un personnage qu'on peut vite détester. Délaissée par sa famille, elle est cruelle, insolente et antipathique à 14 ans. Elle a un pouvoir de séduction énorme et en joue beaucoup. Puis elle grandit, connaît des moments difficiles, et peu à peu, Rainey devient une femme moins séductrice, plus faible, plus douce. Son adolescence est tourmentée, violente émotionnellement, conflictuelle, mais laissera place à une jeune femme plus apaisée, plus tendre, qui a trouvé sa voie.
Je l'ai trouvé moins intéressante quand elle vieillit, elle avait toujours besoin de béquilles (ses amies) pour avancer. Même si j'ai détesté l'ado insolente, je la trouvais plus en vie que la femme qu'elle devient. Même assagie, Rainey apparaît toujours comme une personne un peu hors du cadre, l'auteure l'oppose souvent à Leah, une jeune fille que Rainey a martyrisé au temps du lycée, mais qui éprouve une fascination proche de l'amour pour Rainey. Leah c'est la fille lambda, the girl next door, elle sert essentiellement à nous montrer combien Rainey a eu une vie compliquée, un peu dangereuse, et que tout ça a fait d'elle une fille hors norme, dont on ne peut se détacher.

Ce roman a quelque chose de malsain, notamment dans les relations entre les adultes et les adolescentes. La relation amicale entre Tina et Rainey est aussi très particulière, je n'ai pas bien compris pourquoi elles avaient autant de secrets l'une envers l'autre, veulent-elles vraiment se protéger ?
J'ai bien aimé cette lecture, sans trop savoir pourquoi j'ai apprécié...

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vendredi 9 septembre 2016

Les deux pigeons, d'Alexandre Postel

Quatrième de couv' : Comme les pigeons de la fable, Théodore et Dorothée s’aiment d’amour tendre. Cela ne les empêche pas de s’interroger : comment se divertir ? Se nourrir ? Que faire de ces deux corps ? À quoi se consacrer ? Faut-il « fonder une famille », travailler, « s’indigner » ? Comment font les autres ? Autant de questions qui surgissent au fil de cette odyssée des manières de vivre.
Roman d’un couple d’aujourd’hui, Les deux pigeons est aussi une peinture de la société française des années 2000 et de la génération qui arrive alors à l’âge adulte. Génération pigeonnée, souvent dénigrée pour son manque de flamme, dont le portrait est ici électrisé par une ironie oblique qui rend les personnages à la fois comiques et formidablement attachants.

Mon avis : C'était une lecture plaisante. Il n'y a pas vraiment d'action, pas de drames, la temporalité est linéaire.

Nous suivons deux amoureux, Théodore et Dorothée, jeune couple sans enfant, qui vient d'emménager ensemble. Durant une dizaine d'années nous allons les retrouver dans des moments du quotidien, dans des visites à des amis, dans des soirées. C'est une observation, presque un docu-fiction sur ce couple.

Pourtant on ne dirait pas qu'il y a de l'amour entre eux. Ils se sont habitués à la présence de l'autre, ils s'en accommodent, et ils sont ensemble pour partager leur solitude !
Personnellement j'ai eu du mal à m'attacher à eux. Ils sont très simples, ont peu de passions. L'un ne se différencie que peu de l'autre et je les ai vus comme deux êtres de papier collés qu'on aurait du mal à démêler voire à séparer. Ils n'ont pas d'identité propre. Et quand l'auteur leur permet d'en avoir une : pour Dorothée il s'agit de finir sa thèse sur Guy Mollet, pour Théodore d'obtenir un poste important de community manager, l'échec leur tombe dessus et leur coupe les pattes. C'est totalement voulu, l'un ne doit pas aller sans l'autre, et si ils devaient vivre leur passion de leur côté, alors ils ne seraient plus cet être unique quasiment sans vie et sans nuances qu'ils forment. Ils sont plats et sans reliefs. Ils s'emballent vite puis le soufflé retombe irrémédiablement. Ils tentent, cherchent un style de vie en s'appuyant sur ce qu'ils voient autour d'eux, avant de se rendre compte que... ce n'est pas pour eux !
(mention spéciale aux chapitres sur l'alimentation et sur l'écriture, c'était drôle !)

Ici, on ne trouve pas une histoire d'amour, mais des questionnements autour de la vie à deux au début du XXIè siècle. D'abord des questions d'ordre pratique : que faire à manger ? Pourquoi doit-on s'acquitter de ces taches domestiques ? Puis des questions plus intimes : chez les autres, est-ce mieux ? Quelle sexualité ont-ils et en sont-ils plus satisfaits que Théodore et Dorothée ?
Et enfin des questions liées aux projets : Auront-ils des enfants et leur entourage va-t-il se lasser de leur poser la question ? Quel avenir ont-ils ensemble ? Vont-ils se marier ?
Bref, tout un lot de questions que ma génération se pose (mais que les autres générations se sont certainement posées aussi).

La plume n'est pas désagréable, mais je ne suis pas une grande amatrice du style. Les phrases sont parfois courtes ou coupées par un élément de ponctuation, ce qui demande beaucoup de pauses dans la lecture.

Je ne fais pas de parallèle avec la fable de La Fontaine, tout simplement parce que je l'ai découverte il y a 10 min, juste avant d'écrire ce billet.

C'est une bonne lecture, on se prend au jeu, bien que les personnages n'aient rien à nous apprendre. Ce qui fait l'intérêt de ce roman c'est que les questions nous parlent, ce sont celles de la génération Y.
C'est un roman qui parle du réel, de ce qu'on connaît et on peut facilement s'identifier.

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vendredi 2 septembre 2016

The Girls, Emma Cline

Quatrième de couv' : Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche inéluctablement d'une violence impensable.

Dense et rythmé, le premier roman d'Emma Cline est saisissant de
perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu'elles deviennent.

Mon avis : Roman apparemment hyper attendu par les maisons d'édition de tous pays, je me suis lancée dans cette lecture parce que l'histoire avait des chances de me plaire : des filles, une adolescente un peu paumée, l'âge critique où on se cherche et puis cette promesse de l'éditeur d'une "violence impensable" qui m'intriguait.

J'ai mis un peu de temps à le lire. On peine à voir le récit se mettre en route, c'est effectivement assez dense car certains passages ne servent pas à grand chose. Il faut planter le décor, mais je l'ai trouvé parfois un peu bancal, comme si il manquait quelque chose pour le rendre plus réel. Peut-être quelque chose de plus fort entre Suzanne et Evie ?

Il y a une partie qui m'a paru assez rythmée puisque j'avais toujours envie de connaître la suite, mais après j'ai eu l'impression que ça retombait et que je peinais à me remettre dans l'histoire. Le dénouement n'est pas très intéressant, pourtant c'est ce qu'on attend durant toute notre lecture !
Je pensais vraiment qu'Evie avait fait partie de la bande et avait vécu le truc de l'intérieur, du coup j'ai dû revoir mes attentes et me contenter de ce que l'auteure a bien voulu nous donner.

Je pense qu'elle aurait pu se passer de nous présenter son personnage qui est désormais âgée. Ce qu'elle vit dans le présent n'est pas très intéressant. Dans le schéma narratif c'est assez "scolaire" puisqu'il y a un miroir entre son adolescence et celle de Sasha. Toutefois il est intéressant de voir comment l'influence et la manipulation au moment de l'adolescence peuvent bouleverser la vie de certaines personnes un peu faibles moralement.

Et puis montrer que cette expérience dans cette communauté a conditionné sa vie d'adulte et l'a rendu telle qu'elle est aujourd'hui, je pense qu'on aurait pu s'en douter même sans ces passages vides et creux qui nous sont proposés du présent et qui ralentissent franchement l'intrigue.

En revanche un point positif, c'est l'ambiance : j'ai profité de cette lecture pour ré-écouter le CD fétiche de mes 15 ans, celui qu'on avait nommé "Flower Power" avec mes amis du collège, parce qu'on nous avait gravé des chansons de l'époque Woodstock sur ce CD. Bref, j'étais à la limite de faire brûler de l'encens et d'installer des tentures dans mon appartement pour recréer l'ambiance du livre !

C'est une bonne lecture, mais pas un coup de coeur, il y a aussi des lacunes dans le roman qui ont fait que je n'ai pas adhéré totalement à cette histoire.

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