dimanche 21 août 2016

Cannibales, de Régis Jauffret

Quatrième de couv' : Noémie est une artiste peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec Geoffrey, un architecte de près de trente ans son aîné avec qui elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par un courrier d’elle adressé à la mère de cet homme pour s’excuser d’avoir rompu. Un courrier postal plutôt qu’un courrier numérique qu’elle craindrait de voir piraté. Une correspondance se développe entre les deux femmes qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de dévorer Geoffrey.

Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a donné à son fils le prénom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, mort accidentellement avant son mariage. Noémie est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal tandis que Geoffrey s’efforce sans succès d’oublier cette amante qu’il a adorée.
Un sauvage roman d’amour.

Mon avis : Il s'agit pour cet ouvrage de la rentrée littéraire, d'un échange de lettres, entre une jeune femme de 24 ans et une vieille dame de 85 ans, qui se sont connues par l'entremise du fils de la dame âgée. Lui, Geoffrey, a été l'amant de Noémie durant quelques temps. Elle le quitte, ils se séparent. Il ne la recontacte pas pour la reconquérir. Déçue et puérile, elle décide alors d'écrire à Jeanne, la mère de Geoffrey, pour s'excuser d'avoir quitté son fils.
Déjà le motif est particulier. Qui, dans la vraie vie, fait ça ?!
Ensuite, elles échangent plusieurs lettres où la haine se ressent. C'est donc un mauvais départ. Puis la vieille dame propose à Noémie de venir passer un week-end chez elle, alors qu'elles se détestent. Et Noémie y va. Etrange.
A partir de là, elles vont ressentir une forte attirance mutuelle, non pas romantique, mais amicale. Toutes les deux vont avoir pour projet de tuer Geoffrey (une mère qui veut tuer son fils, n'est-ce pas bizarre ?!). Elles mettent à l'écrit tout un tas de possibilités afin de le tuer et de finir par le manger (d'où le titre).
Hormis cette histoire complètement absurde, cet échange de lettres dure une quinzaine d'années, et il est extrêmement travaillé d'un point de vue stylistique. Moi qui ne suis habituée qu'aux romans écrits dans un langage familier ou ordinaire, là j'ai été déconcertée par le vocabulaire employé, le champ lexical utilisé pour représenter les idées farfelues des deux femmes. D'ailleurs avec ce ton employé, on ne distingue pas forcément bien laquelle a 85 ans et l'autre 24...

Je dois vous avouer que j'ai lu ce livre sans plaisir. Entre l'histoire absurde et les synonymes utilisés pour rendre le style plus pompeux, je n'ai pas apprécié ma lecture, mais elle était courte (185 pages, avec des lettres) donc j'ai été jusqu'au bout puisque je n'aime pas abandonner un livre. Ça a surtout été une déception parce qu'en lisant le résumé je ne m'attendais pas du tout à ce que j'y ai trouvé.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 19 août 2016

Chanson douce, de Leïla Slimani

Quatrième de couv' : Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Mon avis : Je n'avais pas encore lu de livre de cette auteure, c'est le résumé qui m'a intriguée. Le premier chapitre est poignant, et on pourrait facilement en rester là, si on est un peu trop sensible. Pourtant au fil des pages, on cherche à comprendre ce qui a pu se passer. Quels jeux ont eu lieu sous le toit de Paul et Myriam pour en arriver là. Je m'attendais à quelque chose de très convenu, simple et prévisible, et j'ai été surprise par ce que j'ai lu et découvert.
Au delà de la personnalité complexe d'un des personnages, c'est aussi un roman qui parle de féminisme, de pression sociale et de responsabilité parentale où la réussite sur tous les plans est au coeur de notre société. Il est de plus en plus difficile d'être parent tout en réussissant à maintenir le cap dans son boulot et dans son couple. J'ai bien aimé voir comment l'arrivée des enfants pouvaient perturber la vie de couple, la vie de jeunes adultes qui ont désormais la responsabilité de petits êtres en devenir, et de quelles manières ils vont gérer tout cela.

Tout au long du livre, la menace plane. Certains chapitres nous montrent un autre point de vue, c'est grâce à eux qu'on commence à comprendre ce qui a pu influer sur l'esprit d'un des personnages.

Parfois j'ai ressenti un profond malaise en lisant, et si pour certains cette émotion est exclue lors de leurs lectures, ici il m'a été impossible d'y échapper. Je me suis sentie mal mais en même temps j'avais envie de continuer à lire, d'aller jusqu'au bout pour comprendre ce qui avait pu se passer.

Comme d'autres (qui ont chroniqué ce livre sur Babelio) j'ai ressenti un manque à la fin, comme si il me manquait une clé pour comprendre ce drame psychologique. Mais finalement ce n'est pas si grave parce que le roman est vraiment bien écrit et haletant.
Une bonne lecture !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 18 août 2016

Riquet à la houppe, d'Amélie Nothomb

Quatrième de couv' : "L'art a une tendance naturelle à privilégier l'extraordinaire"

Mon avis : Comme presque tous les étés depuis 4 ans je lis le nouveau Amélie Nothomb. Pas très fan de cette auteure, mais on va dire qu'elle lance la rentrée littéraire et puis, comme ses ouvrages sont courts, j'ai l'impression d'avoir réussi à lire au moins UN livre de la rentrée dès le début.
Bref, cette fois, j'ai trouvé que le livre était plus consistant, non pas seulement dans la longueur du texte, mais aussi dans le propos. Les situations sont un peu cocasses, mais à partir du milieu j'ai trouvé que ça ne ressemblait plus du tout à ce que l'auteure écrivait d'habitude. La fin est expéditive, c'est dommage et ce n'est pas ce que j'ai préféré.

Il s'agit d'une réécriture du conte de Perrault, que j'avais dû lire pour le bac de littérature il y a 8 ans. (Pfiou...) Je ne me rappelais pas particulièrement de cette histoire mais ce n'est pas bien compliqué : un bébé naît, il est hideux mais incroyablement intelligent et sage. Dans une autre famille, c'est une fille très belle, mais qui a peu d'esprit, qui naît.
Amélie Nothomb détourne un peu le conte ou l'enrichit, en le plaçant à notre époque et en faisant de Riquet un Don Juan très apprécié pour son intelligence. Il est passionné d'ornithologie et va en faire sa carrière. Quant à la jeune belle, Trémière, elle est élevée par sa grand-mère, une femme un peu sorcière qui a une passion pour les bijoux. Trémière, très attachée à elle, va s'inspirer de cette femme pour s'épanouir, malgré son manque d'esprit.
Je ne vous dirai pas comment ils se rencontrent, et suite à quelles péripéties ! Mais l'histoire n'est pas désagréable à lire, on se laisse prendre au jeu de la lecture.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur (quand l'éditeur l'aura mise en ligne!)

lundi 15 août 2016

Avant toi, de Jojo Moyes


Quatrième de couv' : Si le temps nous est compté... 

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé.
Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

Mon avis : Tout le monde était super emballé par ce roman, vantant le fait que c'était hyper émouvant, donc je m'attendais à quelque chose de vraiment fort et puissant !
Je ne m'étais pas fait spoiler le livre, je savais juste que ça parlait d'un tétraplégique qui voulait mettre fin à ses jours, et qu'une jeune femme entrait dans sa vie pour le faire changer d'avis. En principe, on devrait être ému par un tel résumé. Pas moi. Je suis vraiment insensible...

J'ai trouvé le roman assez long, les derniers chapitres m'ont paru interminables, ça se voulait volontairement long pour garder du suspense et pour montrer des avis différents sur la question du suicide assisté, mais je trouve que ça arrivait un peu tard dans l'histoire.

Le début aussi m'a paru long et assez inintéressant par moments. Je n'ai pas aimé qu'on change de point de vue par moments, ça m'a semblé sans intérêt, parce que les deux personnages principaux sont Will et Louisa. D'autant plus qu'on ne connaît jamais l'avis de Will. Alors c'est peut-être une précaution de l'auteure qui ne voulait pas se mettre à la place d'un homme tétraplégique et qui préférait sûrement éviter certains impairs. C'est plutôt honorable de sa part.

En revanche, on sent qu'elle en connaît beaucoup sur ce sujet et qu'elle a veillé à écrire avec justesse et précision la difficulté de la vie d'une personne qui ne peut plus se mouvoir. J'ai trouvé que c'était intéressant et que ça mettait en lumière les difficultés que connaissent les personnes handicapées.

Louisa, la jeune fille qui vient aider Will dans son quotidien est sympathique, douce et gentille, elle est attachante. Par contre sa famille est une vraie plaie ! Ils m'ont fait penser aux ami(e)s un peu clichés et foutraques de Bridget Jones.
On sent tout de suite qu'avec son copain, Patrick, ça ne le fait plus depuis un moment mais qu'elle refuse de voir la réalité en face. C'est aussi un roman initiatique, elle grandit au contact de Will, elle s'épanouit et apprend à vivre pour elle, par elle-même.

Quant à mon avis sur le suicide assisté, et bien, il n'est pas inchangé, mais évidemment j'ai un avis qui est détaché de toute situation réelle, que donnerait-il si j'avais à vivre ce que l'entourage de Will vit ? Je pense que sur ce point le roman offre différents points de vue, et qu'il montre que chacun détient sa vérité en fonction de ses croyances et de son vécu et qu'on ne peut pas aller à l'encontre de ce qui est profondément ancré en soi.

C'est un roman agréable à lire, même si pour moi il n'est pas un succès et que j'aurais pu me passer de cette lecture qui ne m'a rien apportée d'un point de vue émotionnel.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 5 août 2016

Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l'Auvergne, de Jean-Claude Lalumière

Quatrième de couv' : "Je débute dans la carrière de voyageur. Quand je parle de destination inconnue, je ne pense pas à la Nouvelle-Zélande, ni à la Mandchourie, encore moins à la Terre de Fey. J'ai bien conscience de mes limites. Je sais que pour durer, il faut démarrer en douceur. Le Luxembourg contenterait mon désir d'exotisme."

Benjamin Lechevalier rêve d'ailleurs. Lorsque se présente l'occasion de quitter sa mère et son île natale d'Oléron, il n'hésite pas une seconde. Il "monte" à Paris, promu au poste de "chargé de l'accroissement du rayonnement extérieur de la Cité de l'Air du temps". Une chance unique de parcourir le monde et ses contrées lointaines. Hélas entre séminaires d'entreprises et congrès internationaux, Lechevalier enchaîne déconvenues et bévues à un rythme effréné.
Ballotté de trains en bus et de chambres d'hôtels minables en salles de réunion sans âme, il ne découvre des voyages que le charme très discret des sous-préfectures et pour seuls frissons ceux de la climatisation déréglée des halls d'aéroports. Doux champion de la gaffe, Lechevalier traîne ses ambitions déçues et ses amours bancales en se cognant, non sans humour, à l'exotisme ensorceleur de voyages très inattendus.

Mon avis : Bon, l'heure est grave. Attirée par la couverture velours et le titre un peu original, j'ai pris ce SP, en me disant que ce serait marrant. Je pense que c'est l'intention souhaitée par l'auteur, de faire rire, mais je n'ai pas du tout ri, je n'ai pas vu où il voulait en venir, ni à quoi servait cette histoire et ce qu'elle m'apporterait à la fin de la lecture.
Je ne me suis pas sentie proche du narrateur et de ses soucis, qui m'ont semblé un peu enfantins (maman ceci, maman cela, mes frères et soeurs se sont disputés, mon papa est parti, etc).
En plus il s'attache à une femme avec qui ça foire dès le début, mais il reste à fond sur elle pendant 4 ans comme si son attirance pour elle ne se modifiait pas du tout en 4 ans (ou qu'il ne rencontrait pas d'autres femmes).

Bref, ce roman m'a paru bancal, je n'ai pas eu non plus une lecture très suivie vu que ça m'ennuyait et que j'attendais quelque chose qui n'est jamais venu. Dommage.

Parution le 07/09/2016

La fiche du livre sur le site de l'éditeur