jeudi 30 juin 2016

Super gentil, Manuel de bienveillance à l'usage des héros du quotidien, de Mademoiselle Navie

Quatrième de couv' : On aimerait bien vivre tous ensemble en harmonie, s'aimer les uns les autres, mettre des fleurs dans nos cheveux et marcher sans chaussures dans la rue tout en gardant les pieds propres… Mais c'est plus simple à rêver qu'à réaliser.
Et si la gentillesse était la clé du bonheur après lequel on court ?
Et si c'était la condition sine qua non à la survie de notre civilisation ?

Mademoiselle Navie rêvait désespérément de trouver une façon de vivre qui la rendrait heureuse (sans se droguer). Un jour, elle a rencontré Supergentil. Vous ne le connaissez pas encore, et c'est normal, car c'est un super héros mystérieux comme Batman, mais sachez que c'est la personne la plus sage de l'univers.
Il méritait qu'elle fasse un livre, une compilation de tous les enseignements qu'il lui a dispensés pour apprendre à être gentil sans se faire écraser par les autres.

Un jour, à côté du message du ministère de la Santé "Mangez cinq fruits et légumes par jour", il y aura : "PS : N'oubliez pas d'être gentil, à volonté." Vous verrez !

Mon avis : Si vous fréquentez le site madmoizelle ou La nuit originale, alors vous connaissez certainement Navie ! Vous l'aurez sûrement entendue parler de son souhait de généraliser la gentillesse entre les humains. Parce que voilà son idée : instaurer un peu plus de bienveillance envers soi et autrui, dépoussiérer le terme "gentil" qui a plus souvent une connotation négative, alors qu'être gentil, c'est pourtant inné. Eh oui, comme elle nous l'apprend, c'est l'éducation et la société, qui nous corrompent et font de nous des être cyniques, "appréciant" la violence, les critiques négatives et les ragots.

Ce livre, sous forme d'essai, m'a intéressée, parce que je suis souvent considérée comme une personne gentille, mais j'ai tendance aussi à être très râleuse, négative et pessimiste. Or j'aimerais bien me débarrasser de ce côté sombre, des pensées négatives et explorer un peu plus mon côté bienveillant. J'ai remarqué qu'en faisant du bien, on attirait à soi le bien et les bonnes actions des gens. Du coup ce livre m'a pas mal parlé, et je vous le conseille, parce qu'il est bien écrit, sur un ton léger mais pas moralisateur, avec des chapitres courts et instructifs.
En bref, si vous avez 2h devant vous et que le sujet vous intéresse, jetez-vous dessus. Personnellement j'ai été conquise et je m'y replongerais volontiers les jours où je serai un peu grognon !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 23 juin 2016

Les ballons d'hélium, de Grégoire Polet

Quatrième de couv' : Ariana, jeune Espagnole, connaît une histoire d'amour fulgurante avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Leur liaison dure dix jours, au terme desquels l'homme disparaît à jamais, laissant en elle une blessure béante. Plus tard, Ariana se marie, a des enfants, une vie apparemment comblée. Et pourtant elle reste hantée par ce vide qui va grandissant.
Explorant au plus près la conscience d'Ariana, ses rapports avec le monde, avec les hommes, avec ses enfants, avec la mort, Grégoire Polet fait entendre une voix déchirante. On a rarement écrit des pages aussi profondes sur le sentiment de la perte amoureuse.

Mon avis : Je n'ai pas du tout été sensible à cette histoire et je suis passée complètement à côté. J'avais envie de la découvrir parce que je trouvais le résumé alléchant. Et puis dès les premières pages j'ai compris que ça n'allait pas le faire, mais comme il était court et sur ma wishlist depuis presqu'un an je trouvais ça dommage de l'abandonner. 

Il est impossible de s'attacher au personnage d'Ariana, ou à celui d'Axel. On vit la très courte relation d'Ariana avec un homme beaucoup plus âgé, conditionnant le reste de sa vie. Et pourtant on n'est pas du tout au coeur de cette relation. Si pour Ariana ça a été une histoire forte et la seule et unique qui lui ait donné l'impression d'être vivante, nous en tant que lecteur, on ne sait rien de ces quelques jours où l'amour nait. Et la suite de l'histoire, la vie d'Ariana est dissolue, dans le sens où on ne suit pas chronologiquement les grands événements de sa vie, qui sont d'ailleurs passés sous silence (son mariage et la naissance de ses enfants sont à peine évoqués). On la découvre dans des situations où elle perd complètement pieds avec la réalité pour partir dans ses rêves. 

Le style est peut-être ce qui tranche avec la banalité de l'histoire, puisqu'il est très travaillé. Pourtant je ne l'ai pas aimé du tout, j'ai trouvé les phrases longues et lourdes. Il y a énormément de métaphores et de comparaisons. Le narrateur s'adresse aux personnages en utilisant le pronom "tu" et à force c'est agaçant à lire. 

J'ai été assez déçue par cette lecture. J'avais adoré Barcelona! du même auteur, l'été dernier, mais là, je ne suis pas convaincue par ce titre. 

mardi 21 juin 2016

Et si ? de Rebecca Donovan

Quatrième de couv' : Cal se voit offrir la seconde chance dont il a tant rêvé : repartir de zéro avec celle qu'il aime depuis toujours.

Quand Cal retrouve Nicole à des milliers de kilomètres de leur ville natale, il n'en croit pas ses yeux. Son amie d'enfance dont il a toujours été amoureux prétend s'appeler Nyelle et son caractère semble à l'opposé de ce qu'elle était.
Qui est vraiment Nyelle ? Nicole, frappée d'amnésie ? Un simple sosie ?
La seule chose dont Cal est sûr, c'est qu'il ne peut plus vivre sans elle...

Mon avis : Attention ! Service presse, le livre paraîtra le 6 octobre 2016. Je vous en parle maintenant, mais je pense que mon avis croulera sous celui des blogueuses et booktubeuses orientées jeunesse d'ici peu. Je n'ai pas lu Ma raison de (...), la trilogie de l'auteure, donc à part des critiques élogieuses sur ces titres-là, je ne connaissais pas Rebecca Donovan. C'est donc sans préjugés que j'ai commencé la lecture de ce livre.
Et ce qui m'a frappé c'est le manque de réalisme dans la plupart des situations. On suit un jeune homme, Cal, qui en un an, est passé du garçon timide et maigrichon à lunettes, au beau gosse au corps parfait qui enchaîne les copines (on n'est pas loin de la vingtaine de copines...).
On va côtoyer Cal tout au long du roman et avoir essentiellement son point de vue, qui m'a laissée pantoise, parce que Cal apparait comme une version très romantique des mecs : il espère revoir Nyelle (LA fille qui lui a tapé dans l'oeil (et comme par hasard, elle apparait toujours quand il veut la voir)), il pense à elle H24, il espère qu'elle va l'aimer, enfin je l'ai trouvé presque niais !
Et l'enchaînement de situations irréalistes, ou qui ne se déroulent QUE dans les films et les livres, ça m'a vite gavée !

Pourtant ! j'ai été prise dans l'histoire et j'ai lu le livre en voulant connaître la fin à tout prix. L'auteure introduit Nyelle, un personnage hyper mystérieux (qui au bout de 100 pages m'a bien agacée avec son numéro de "je suis une fille mystérieuse, je donne un indice par ci par là")
C'est une fille qui ressemble physiquement à Nicole, l'amie d'enfance de Cal, mais étrangement son comportement est à l'opposé de ce qu'était Nicole. Comment peut-on autant changer en un an ?
La réponse apportée par l'auteure m'a beaucoup fait rire parce que c'était absolument ridicule dans le sens où c'est tout à fait impossible, psychologiquement aucune personne, même résiliante, ne peut changer à ce point, et la réponse était volontairement tire-larmes, ce que je déteste vraiment dans les livres !

Le style est on ne peut plus banal, et je n'ai pas trouvé que c'était bien écrit, ni les mots extrêmement bien choisis (pourtant l'auteure se vante d'avoir passé des heures à chercher le mot juste...).
C'est fluide, il y a beaucoup de dialogues, les personnages ont des prénoms à coucher dehors, mais ça passe, on n'est franchement pas dans du Flaubert.

Quant aux personnages même si ils ne sont pas super profonds, ils restent tout de même attachants, avec des caractères assez marqués et des valeurs cohérentes et intéressantes à présenter à un jeune public. Ça c'est plutôt un point positif, parce qu'ils ne font pas des choses dangereuses pour la communauté, et ont plutôt un mode de vie sain.

Je pense que beaucoup vont apprécier et se satisfaire de cette histoire parce que c'est tout ce qu'on attend d'une histoire pour jeunes filles (en mal d'amour) qui aiment les mystères, qui veulent croire que tout est possible.
Après si vous avez un esprit très critique et que vous en exigez un peu plus d'une histoire, passez votre chemin !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 18 juin 2016

De mal en pis, d'Alex Robinson

Quatrième de couv' : (résumé trouvé sur le site de l'éditeur (par ailleurs ce résumé doit être une traduction google vu que certaines phrases ne veulent rien dire...!))

Sherman est libraire et voudrait se consacrer à l’écriture, mais pour l’instant traîne avec son pote Ed qui, lui, rêve de vivre de ses bandes dessinées et de perdre enfin son pucelage. Sherman est en couple avec Dorothy, journaliste très portée sur la boisson ; les deux vivent en colocation avec un autre couple, Stephen et Jane, lui enseignant, elle dessinatrice. Ils ont tous entre 23 et 25 ans, viennent de terminer leurs études et démarrent leur vie active non sans hésitations et difficultés : chagrins d’amour, addictions, mesquineries, trahisons. Grand est le désordre sous le ciel : leur entrée dans la « vraie vie » ne semble pas se présenter sous les meilleurs auspices.

Le destin de ces jeunes gens va être bouleversé par la rencontre avec Irving Flavor, vieux dessinateur de comics dépossédé par un gros éditeur des droits de ses personnages. Le combat commun qu’ils vont entreprendre pour aider Flavor à récupérer ses droits sera le déclic révélera enfin leur véritable nature. Pas tout le monde en sortira grandi mais aucun d’entre eux ne sera plus le même.

Ce récit choral où l’on suit pour plus de 600 pages les déboires de six personnages différents renferme des prouesses scénaristiques rarement égalées. L’extraordinaire habileté de Robinson à esquisser des personnages qui échappent à tout cliché déjoue systématiquement toute attente du lecteur et en capture l’attention jusqu’au dénouement final. Le récit, qui a reçu en 2005 le prix du Meilleur premier album au festival d’Angoulême, est suivi des histoires courtes réalisées par Robinson autour des personnages de De mal en pis qui avaient été publiées auparavant dans le volume Bonus! et d’une histoire inédite en France.

Mon avis : J'avais cette BD dans ma wishlist depuis une éternité (depuis que Pénélope Bagieu en avait parlé dans une chronique pour Madmoizelle) et je ne l'avais jamais vue en librairie. Alors quand mes collègues me l'ont offerte à la fin de mon contrat j'étais un peu en mode "WHAAAT ?"
Il s'avère que ma collègue du rayon BD s'apprêtait à la retourner à l'éditeur, quand une autre de mes collègues ayant vu sur Livraddict que celle-ci faisait partie de ma wishlist, l'a récupérée de justesse afin de me l'offrir. J'avais quasiment oublié jusqu'à l'existence de cette BD donc j'ai franchement été surprise. Et je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit si longue (environ 600 pages).

Pour l'histoire c'est celle de 6 personnages à New York, lié par l'amitié. On commence par découvrir Sherman, qui est libraire mais déteste ce job (et surtout les clients), toute son histoire se déroule autour de ce taf qu'il n'aime plus, et de sa jolie copine, qui est très insécure dans leur relation mais en même temps indépendante et forte en tant que femme. Sherman vit sous le même toit que Stephen et Jane, un couple qui ont une vie "parfaite", on les voit peu souvent finalement et ce sont les personnages les moins aboutis je trouve. Ed est le meilleur pote de Sherman, mal dans sa peau, sa principale crainte est de ne jamais réussir à coucher avec une femme. Il vit chez ses parents, travaille pour eux, et va devenir l'assistant d'un grand auteur de comics, Irving Flavor, un vieux monsieur râleur, solitaire et qui s'est fait floué quand l'un de ses personnages mythiques n'avait pas encore le succès qu'il a connu des années plus tard.

J'ai bien aimé cette BD mais je n'ai pas su m'attacher aux personnages et je me suis assez peu identifiée à eux. L'histoire entre Irving Flavor et son éditeur m'a laissée assez indifférente, voire m'a ennuyée. Pour le reste j'ai bien aimé découvrir ce qui leur arrivait dans leur vie personnelle, un peu comme dans une série. J'ai trouvé ça plus intéressant.
Quant au dessin je le trouve vraiment sympa, les planches sont en noir et blanc mais ça apporte un contraste aux vignettes et de la profondeur aussi. Toutes les planches sont bien pensées et les corps donnent vraiment l'impression d'être vivants.
Par contre si la traduction est bonne, il y a énormément de coquilles ! même sur des termes courants et c'est franchement dérangeant. J'ai vu que la nouvelle édition a été entièrement revue et corrigée. Et heureusement !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 10 juin 2016

Comment je suis devenu un écrivain célèbre, de Steve Hely

Quatrième de couv' : Pete Tarslaw n'est pas satisfait. Si sa forme physique est correcte, ses amours sont un désastre et son parcours professionnel, pire. Mais tout va changer car Pete a une idée géniale : devenir un écrivain riche et célèbre !
Il n'a pas de talent particulier, mais ça n'a jamais empêché personne de passer à la télé. Un titre mystérieux, un personnage féminin inoubliable, un zeste de Seconde Guerre mondiale : le tour est joué.
Certains diront qu'il n'y a pas de recette infaillible pour écrire un livre à succès.
En fait, si.

Mon avis : J'ai découvert ce roman par hasard chez ma bouquiniste, il date un peu (de 2013 en poche, 2011 pour la sortie en grand format en France) et je pense que j'ai dû en entendre parler à l'époque et l'oublier complètement. Evidemment le titre m'a interpellée, et le résumé était tout aussi attrayant.

Le personnage principal est Pete, un loser qui rédige pour autrui des lettres de motivation. Il est doué pour l'écriture mais s'ennuie un peu dans son job. Apprenant que Polly son ex, va se marier avec un Australien, il décide de lui montrer à quel point elle va regretter de ne pas l'épouser lui. Ainsi, mettant à profit son talent pour l'écriture, il se décide à écrire un livre afin d'avoir du succès et de pouvoir épater Polly !
Avant de se lancer dans l'aventure, il va chercher à comprendre les mécanismes du succès des best-sellers. Il nous présente alors les éléments principaux sur lesquels reposent les livres qui font fureur. C'est plutôt intéressant et présenté de façon très cynique. On suit l'élaboration de son livre et le processus qui va le mener à l'écriture d'un livre qui aura du succès. Car effectivement, sa recette fonctionne. Ajoutez à cela un bad buzz et le livre de Pete est un carton auprès des clients.

J'ai bien aimé ce roman pour son originalité. Le personnage de Pete n'est pas franchement sympathique et on ne s'attache pas tellement à lui, pourtant j'ai pris plaisir à suivre son aventure pour devenir quelqu'un.
En fait ce qui est intéressant c'est de voir que ses intentions sont faussées par son désir de gloire, de revanche sur son ex. J'imagine qu'il y a des écrivains en herbe qui se lancent pour ces mêmes raisons…
Même si ce sont pour de mauvaises raisons, Pete prend le risque de se lancer et de créer quelque chose (en s'amusant), plutôt que de rester dans son job qu'il n'aime pas particulièrement. Même si il a tendance à être un loser, il ne l'est pas tant que ça, puisqu'il s'active pour changer les choses.
Tout ce qui entoure la production d'un livre est traité : on retrouve la question de la sincérité de l'auteur envers le lecteur mais aussi tout le côté commercial que représente un livre : qu'est-ce que veut le lecteur ? Et malheureusement ce sont souvent des romans formatés (ou romances formatées, qui marchent du tonnerre auprès des femmes).

Je conseillerais ce livre aux personnes qui prennent du recul par rapport à leurs lectures et par rapport au travail d'un auteur (et notamment à sa sincérité : a-t-il écrit pour être connu et devenir riche, propose-t-il un texte vrai, hors du commun, qui naît vraiment d'une volonté d'écriture sincère ?) sinon vous risquez d'être outré par le cynisme de l'auteur !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur