samedi 30 avril 2016

Une anglaise à Paris, de Nancy Mitford

Quatrième de couv' : "26 mai 1968. Le Général a dit que le futur appartenait à Dieu, mais l'archevêque à la télévision hier soir n'a pas mentionné Dieu une seule fois."

"Je sais désormais que je ne pourrais plus supporter de vivre ailleurs qu'à Paris", écrivait peu après la guerre à son ami Evelyn Waugh l'aînée des excentriques soeurs Mitford. Le fait est que Nancy habita la capitale française de 1948 à 1966, puis Versailles jusqu'à sa mort. Elle publia dans les journaux anglais des chroniques sur la vie parisienne et les Français, distillant au fil de sa plume autant de causticité que de tendresse - le tout épicé par le gène Mitford : l'humour. Pour preuve, le journal de mai 1968 couronnant ce recueil, qu'on dirait tenu par une ethnologue en pleine jungle.

Mon avis : Il s'agit d'un recueil de chroniques sur la France, écrit par Nancy Mitford, entre 1950 et 1968. C'est assez sympathique à lire, bien que le style de Mitford soit celui d'une aristocrate…
En fait je crois qu'elle vit dans un monde d'illusion, bien au dessus de ses moyens, puisque sa condition d'écrivaine sans le sou ne lui permet pas de vivre ainsi... Elle a tendance à mettre les gens dans des cases et à idéaliser son appartenance à une classe sociale. La préface est très intéressante et nous éclaire beaucoup sur l'attachement de Nancy Mitford à la France…
Vous l'aurez compris, je l'ai trouvée assez imbuvable parfois, et puis très drôle à d'autres moments.
J'aime assez l'idée de lire des petites chroniques sur une époque, ça permet de s'y plonger de manière plus réelle qu'avec un ouvrage de fiction.
Je me suis aperçue par exemple que je ne savais strictement rien de mai 1968. On a beau nous en parler en classe, encore une fois c'est une période qu'on survole totalement. Du coup, je pense me renseigner un peu plus sur l'histoire contemporaine de la France, merci Nancy Mitford !

Bref, c'est sympathique à lire, mais pas une oeuvre indispensable !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 23 avril 2016

Tout plutôt qu'être moi, de Ned Vizzini

Quatrième de couv' : Chez son psy, Craig Gilner apprend l'existence du syndrome d'Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer. La dépression, Craig va en faire l'expérience, c'est ce qui arrive quand on oublie de vivre.
Craig est bien décidé à réussir. Il intègre l'une des plus prestigieuses prépas de New York. Mais très vite, il ne mange plus, ne dort plus, pense sans arrêt à ses devoirs et à la jolie copine de son meilleur ami. Craig est pris dans une spirale d'anxiété, qui l'accule et le paralyse. Comment en est-il arrivé là ?

Dans ce roman tendre et émouvant, inspiré d'un séjour qu'il a effectué en hôpital psychiatrique, Ned Vizzini affronte ses propres démons. D'un sujet aussi délicat et tabou que la dépression adolescente, il crée un livre tout à la fois drôle et empreint d'espoir.

Mon avis : J'ai dévoré ce roman ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu cette impatience de lire un livre.
Peut-être parce que c'est une histoire qui me parle : celle de la pression qu'on fait porter sur les ados pour qu'ils réussissent dans la vie. Je me suis retrouvée à plusieurs reprises dans le personnage de Craig et je suis certaine que beaucoup pourraient s'identifier à lui. Je comprends tout à fait ses "tentacules",
La partie qui se passe à l'hôpital psychiatrique m'a un peu moins touchée, mais c'est bien d'avoir pu lire un tel passage, qui soit vécu de façon positive par un ado.

L'histoire est vraiment bonne, avec un rythme intéressant. On découvre Craig à un moment où ça ne va plus, puis on découvre pourquoi et depuis quand sa vie s'est détériorée, et enfin on revient dans le présent. Craig est attachant et surtout très mature, il a une réflexion intéressante sur le monde et profonde sur lui-même, sur ce qui lui arrive. Il arrive à prendre de la distance par rapport à sa dépression, se sent aussi coupable quand il pense aux autres et à leurs difficultés. C'est un garçon très généreux et intelligent.

Moi qui ne suis pas souvent touchée par les romans, là, j'ai été touchée. Le sujet est lourd, pourtant le roman est loin de l'être, il apparaît même comme une bouffée d'oxygène !

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Pietra Viva, de Léonor de Récondo

Quatrième de couv' : Michelangelo s'est réfugié dans les carrières de Carrare. Loin de Rome et du corps morts d'Andrea, jeune moine dont la beauté le fascinait. En ce printemps 1505, le célèbre artiste doit choisir les marbres du futur tombeau du pape. Arrogant et tourmenté, il s'étourdit de travail. Au fil des jours et des rencontres, le sculpteur comprend que toutes les réponses ne se trouvent pas au coeur de la pierre…

Mon avis : Je ne sais pas si j'ai aimé ce livre, je pense que je ne l'ai pas vraiment compris. J'ai apprécié ma lecture, car le vocabulaire et le style étaient agréables et simples. Mais je n'ai pas vu en quoi ce livre était "magnifique". Il s'agit surtout de l'histoire d'un type qui comprend qu'au contact des autres, il peut s'ouvrir, ressentir des émotions, autres que de la colère. Pas très aimable, froid, indifférent et arrogant il est un personnage assez détestable. Les rares moments où il ressent des choses, je l'ai trouvé un peu ridicule…
En gros, ce livre ne m'a pas retournée par sa beauté comme le vantait les critiques, mais je n'en ai pas moins apprécié la lecture.

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Sépharade, d'Eliette Abécassis

Quatrième de couv' : Peut-on échapper au destin qu'on choisit pour vous ? se demande Esther Vital. Juive marocaine née à Strasbourg, écrasée par le poids de la tradition, mais aussi déchirée par la nostalgie des paradis perdus - l'Espagne, de Cordoue à Tolède, le Maroc, de Mogador à Fès -, Esther choisit elle-même son futur époux, Charles, malgré l'opposition de sa famille.
Mais, la veille de son mariage, vêtue de la robe pourpre des promises sépharades, elle découvre de terribles secrets dont elle risque d'être l'innocente victime…
A travers cette quête des origines, Eliette Abécassis explore avec érudition l'histoire des juifs marocains, de l'Inquisition à nos jours.
Voici le grand roman du monde sépharade.

Mon avis : J'ai vraiment aimé lire ce livre. Il est un peu long et j'ai mis du temps à le lire, du coup j'ai oublié des parties entières du roman. (Ma mémoire est vraiment mauvaise). Mais globalement j'ai un bon ressenti par rapport à cette histoire.
C'est un livre qui me parle, pour la quête d'identité. Effectivement, c'est un sujet que j'aime lire dans les romans parce que c'est la chose la plus difficile à comprendre dans la vie. Là, Esther a la possibilité de partir à la recherche de ses origines. Nous découvrons avec elle l'histoire de ses grands-parents, mais aussi de ses ancêtres plus lointains. C'est toute l'Histoire des juifs sépharades qui est racontée dans ce roman. J'ai beaucoup appris sur leur Histoire, ainsi que sur les différences entre Ashkénazes et Sépharades. C'est intéressant !
Et de voir que les traditions se perdent en l'espace d'une génération ça me parle aussi. Je viens d'une famille athée et du coup je peine à m'identifier mais je comprends tout de même la tristesse évoquée par les grands-parents qui voient leurs petits-enfants s'éloigner autant de la religion. La transmission ne s'effectue plus (et pourtant ils ont tenté) mais le monde moderne a rendu impatients et détachés les plus jeunes.
Avec ce roman on est loin des clichés sur les Sépharades, au contraire, on pénètre vraiment leur monde, leurs traditions, leurs espoirs, leur Histoire, leur façon de voir le monde.
L'histoire autour du mariage d'Esther permettant de raconter l'histoire de ce peuple, est vraiment bien amenée, on ne s'ennuie pas. En revanche même si je pense ressembler à Esther (une palanquée d'adjectifs la qualifie dès les premières pages), j'ai pourtant eu du mal à comprendre certaines de ses actions, et je trouve qu'elle est un personnage de papier, j'ai eu du mal à me la figurer, elle manque de "caractère", d'approfondissement pour en faire un personnage qui "soit".
Pour les personnages secondaires je les ai tous trouvés intéressants, leurs histoires sont riches !

En bref, pour qui s'intéresse au judaïsme et plus particulièrement à l'histoire des juifs sépharades, c'est LE livre qu'il faut découvrir !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur