lundi 30 novembre 2015

Les liens du mariage, de J. Courtney Sullivan

Quatrième de couv' : Frances, Evelyn, James, Delphine et Kate – cinq destins s'entrecroisent sans savoir ce qui les lie. De Frances, pionnière de la publicité dans les années 1940 qui a sacrifié sa vie amoureuse au profit de sa carrière, à Kate, jeune femme des années 2000 qui a arrêté de travailler pour s'occuper de sa fille, tout en fuyant le mariage, J. Courtney Sullivan retrace les évolutions du couple depuis soixante ans. Elle détaille avec minutie les variations de la vie à deux et nous plonge comme à son habitude dans les pensées de ses personnages.
Un roman juste, réaliste et touchant, par l'auteur des Débutantes et de Maine.

Mon avis : Ce livre me tentait depuis sa sortie l'an dernier, mais je n'avais pas eu la possibilité de l'emprunter à la librairie pour le lire, je l'avais donc ajouté à ma wishlist en me disant que je l'achèterais le jour où il sortirait en poche. Je l'ai trouvé en poche à Bayonne en octobre dans l'une de mes librairies préférées. C'est un pavé de 610 pages et ces derniers temps avec mes pannes de lectures et ma crainte de m'ennuyer avec un long roman, je n'étais pas trop attirée par un pavé. Pourtant je me suis dit que le résumé était sacrément intéressant et que de toute façon je pouvais bien passer 5 ou 6 jours sur un livre vu que je ne travaille pas. Tout ça pour dire que j'ai décidé de lire ce roman et j'en suis satisfaite !

C'est un roman choral, où nous découvrons 5 personnages et leur entourage.
Frances est une femme solitaire, dont la vie est entièrement dédiée à son emploi dans une agence de publicité qui vante les mérites des diamants. Nous la découvrons en 1947 jusqu'en 1988 (avec de grandes ellipses narratives). Frances fait le choix de ne pas se lier d'amour avec un homme. Elle va donc connaître des difficultés dans son parcours, assumant toujours ses choix.
Nous découvrons Evelyn en 1972. Toute l'histoire se déroule autour d'un repas où elle reçoit son fils, qui l'a, en quelque sorte trahie, puisqu'il souhaite divorcer (chose encore difficile à accepter pour l'époque). Ainsi nous découvrons sa conception de l'amour et du mariage, mais aussi son propre mariage à elle.
James est ambulancier, et il travaille en cette veille de Noël 1988. Son quotidien est absolument tragique et nous le suivons dans l'horreur qu'il voit et qu'il vit.
Delphine est une femme française qui quitte tout pour vivre à New York avec PJ son cadet de 15 ans. Mais le rêve américain et la passion qu'elle vit, vont doucement laisser place aux regrets et à la nostalgie de la France et de sa vie d'avant.
Quant à Kate, elle est témoin au mariage de son cousin Jeff avec son compagnon Toby, en 2012. Kate est une personne très investie dans tout un tas de causes.

Ce roman propose une réflexion sur la place de la femme dans la société occidentale et la réalisation de soi, ainsi que le mariage. J. Courtney Sullivan nous présente diverses formes de mariage, étalés sur un demi-siècle aux Etats-Unis : les fiançailles, le symbole, la bague et les diamants, le jour du mariage, puis le quotidien, les promesses (non)-tenues, et les déconvenues.

C'est intéressant et vraiment bien écrit. Les détails de la vie de chacun foisonnent et nous permettent de nous attacher à chaque personnage. Je me suis facilement représentée chacun d'entre eux, leur portrait est très réaliste, et j'aurais même aimé en savoir plus sur chacun, j'aurais adoré lire un roman uniquement sur Kate par exemple.

Les passages sur Paris et la France sont aussi très justes, ils ne sont pas empreints d'idéalisme, même si globalement ils sont très positifs, mais je n'y ai pas vu le Paris romantique et idéalisé dont les auteurs étrangers parlent généralement dans leurs romans.
J'étais aussi très surprise par les recoupements de la fin, que je n'avais pas vus venir.
Le roman est très bien documenté, notamment sur l'extraction des diamants en Afrique, ou encore sur l'industrie du mariage. C'est intéressant et plaisant à lire.

Un très bon livre à découvrir.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 25 novembre 2015

L'attrape-coeurs, de J.D. Salinger

Quatrième de couv' : ...

Mon avis : Il n'y a pas de résumé pour ce roman sur la quatrième de couverture. Donc faisons un rapide résumé : Un jeune homme, Holden Caulfield est renvoyé de son lycée quelques jours avant les vacances. Nous le découvrons le samedi en fin de journée et nous le suivons jusqu'au lundi après-midi. Craignant la colère de son père, il s'enfuit de son lycée et passe 2 jours à New York, à errer jour et nuit, au fil de ses pensées et de ses aventures. Il va croiser des gens particuliers, d'autres charmants, ou retrouver d'anciennes connaissances, qui se révèleront bien décevantes.

J'avais tenté de lire ce livre il y a plusieurs années et je n'avais pas accroché. Régulièrement je me disais qu'il faudrait vraiment que je découvre ce roman qui a marqué une flopée d'étudiants américains. Je ne sais pas du tout ce que donne la version originale, si c'est plus fluide ou non ?

Le style est particulier, c'est un style parlé, nous sommes dans la tête du personnage, il a tendance à digresser énormément et utilise beaucoup de mots d'argot. Ce n'est pas franchement agréable à lire, mais au bout d'un moment on s'y fait. Et je pense que la traduction française commence à dater un peu, et les diverses coquilles qu'on y trouve n'arrangent rien.

Les thèmes abordés sont ceux de la jeunesse : le questionnement sur la sexualité, sur l'amour, sur les femmes, mais aussi la confiance en soi : Holden a l'air si confiant, quand il entre dans un bar pour commander de l'alcool, il se dit : "je vais rester debout pour que le serveur pense que je fais plus vieux que mon âge", il n'arrête pas de mentionner sa mèche de cheveux blancs, croyant que ça le rend plus âgé. Il crâne beaucoup et a un avis tranché sur tout, ne nuançant jamais ses propos.

Holden passe son temps à boire. Je me demande pourquoi il fait ça... Je dirais qu'il veut se donner un style, comme si boire le faisait entrer dans le monde des adultes.
Et paradoxalement on a l'impression qu'il refuse de grandir ou en tout cas qu'il ne veut pas voir les autres enfants grandir ; sa soeur par exemple. Quand il se rend dans son école et découvre des phrases injurieuses sur les murs, il va tenter de les effacer pour que les enfants ne les voient pas, et ne s'inquiètent pas de ne pas comprendre ces mots.

Holden est un jeune homme à part, il peut être totalement horrifié par des gens, des pratiques, et être totalement indifférent à l'égard d'autres pratiques (qui nous sembleraient dégoûtantes ou violentes). Il s'énerve ou s'emporte pour pas grand chose, voit de la perversité là où il n'y en a pas.
Il a aussi beaucoup de recul sur les personnes qui l'entourent. Il voit en eux les détails agaçants, ou les qualités qu'ils possèdent. Sa petite soeur, ainsi que son frère décédé, sont les deux personnes dont il dira toujours du bien, prouvant qu'il les aime, tandis qu'il portera un autre regard, sur son père ou sur son grand frère.

Le thème de la solitude est aussi très présent : Holden ne peut pas rentrer chez lui, alors il va essayer d'aller à la rencontre de tout ceux qui figurent dans son répertoire. Mais souvent, il sera déçu par ses camarades, et les laissera en plan, ou se retrouvera seul après une courte discussion. Il errera seul dans New York, cherchant à combler la solitude et à tromper l'ennui.

En fait, j'aurais aimé étudier ce livre en cours, ça aurait pu être intéressant. De le lire aussi selon un découpage donné par le prof pour aborder le livre sous diverses parties. Sans connaître le contexte américain de l'époque, il me semble compliqué de comprendre le sens de ce roman.
Je pense surtout que ce livre a créé une controverse qui n'a pas eu de parallèle en France.
En 2015, je ne trouve pas ce roman particulièrement choquant, mais à l'époque de sa publication j'imagine qu'il devait l'être. C'est devenu par la suite un classique de la littérature contemporaine américaine, et le fait qu'il ait été banni, l'a rendu, à mon avis, plus célèbre encore.

dimanche 22 novembre 2015

Moka, de Tatiana de Rosnay

Quatrième de couv' : Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son
boulot de traductrice free-lance.
Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite, à bord d’une berline couleur moka.
Malcolm sombre dans le coma, l’enquête piétine…
Seule contre tous – ou presque, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu’au bout. Et à n’importe quel prix.

Mon avis : J'ai bien aimé cette lecture, pour tout vous dire je l'ai lu en un après-midi, ce qui m'était rarement arrivé ces derniers temps. Et puis lire du Tatiana de Rosnay, c'est un peu un refuge, je suis rarement déçue. C'est même par elle que j'ai commencé à apprécier la littérature contemporaine.
Bref, Moka je l'ai acheté dernièrement parce qu'il figurait sur ma wishlist depuis un moment que j'en repoussais toujours l'achat. Il était donc au sommet de ma PAL et je me suis dit que ce serait bien de le découvrir avant qu'il ne finisse par prendre la poussière.

Comme souvent dans les romans de Tatiana de Rosnay, l'héroïne est une femme quadragénaire, française, mariée à un Anglais. Ils ont deux enfants, Malcolm, 13 ans et Georgia, 9 ans. Ils vivent à Paris et ont des jobs plutôt confortables. Leur vie est simple, facile et banale, jusqu'au jour où Malcolm est renversé dans la rue par une voiture roulant à toute vitesse. L'enfant tombe dans le coma. Son père dans un silence mutique et flegmatique. Sa mère, Justine, passe par toutes les émotions : la culpabilité de ne pas avoir été avec son fils ce jour-là pour traverser le boulevard, la colère contre ceux qui ont pris la fuite, le renfermement sur soi-même mais aussi le courage, la volonté d'avancer.
C'est l'après que nous découvrons et j'ai trouvé que ça sonnait très réaliste. Justine, un peu aidée par la police, va tout faire pour savoir qui a renversé son fils de 13 ans et a pris la fuite. Je ne vous cache pas qu'à la fin Justine était un peu trop téméraire pour moi, et le dénouement ressemblait à un vaudeville. Mais bon, ça apporte quelques rebondissements à l'histoire.

Il y a aussi une ode aux grands-mères (ou aux mères) qui est particulièrement touchante dans ce roman. En effet, la grand-mère de Georgia (la belle-mère de Justine) est une mamie anglaise très compréhensive, protectrice, prête aussi à tout pour découvrir la vérité, sachant se mettre en retrait quand il le faut. Une très belle femme, avec qui Justine a une relation tendre et sans tumultes. Et ça fait du bien de voir qu'un personnage peut compter sur un autre dans sa quête sans que ça ne créé de conflits entre les deux.

Quant au couple de Justine et Andrew, c'est un portrait à travers l'épreuve qui est donné là, et je l'ai trouvé intéressant et juste. Les épreuves peuvent réunir comme elles peuvent séparer un couple. L'évolution de leur relation à travers le temps (du récit) m'a semblé réaliste et bien écrite. Je me suis attachée à ces personnages au fil du roman (ce qui est rare mais preuve qu'ils étaient dessinés de manière réaliste).

J'ai été très heureuse de retrouver Biarritz dans cette histoire. C'était sympa de découvrir une partie de ce roman dans cette si jolie ville fleurie aux magnifiques villas.

C'est un roman facile, touchant, et qui se lit vite. Un roman qui peut (je pense) nous sortir d'une panne de lecture !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 19 novembre 2015

Is everyone hanging out without me ? (and other concerns) by Mindy Kaling

Quatrième de couv' : Mindy Kaling has lived many lives : comedienne, actress, obedient child of immigrant professionals and, now, writer. With a blend of witty confessions and unscientific observations, Mindy writes about everything from being a timid young chubster afraid of her own bike to living the Hollywood life, dating, friendships and planning her own funeral - all executed with several conveniently placed stopping points for you to run errands and make phone calls.

Mon avis : Que dire ? Ça va être court, parce que je n'ai pas lu le livre d'une traite (je l'ai commencé en 2014, et repris là il y a qq jours).
C'est un ouvrage en anglais, assez abordable, c'est de l'anglais parlé et il y a quelques termes de vocabulaire que j'ai été chercher sur internet, mais globalement c'est accessible.

On retrouve totalement Mindy dans ce récit. Ça passe par le style, c'est elle, totalement. On pourrait l'entendre dire toutes les phrases de son livre, avec sa voix aiguë, ses intonations, tout.
C'est aussi une autobiographie, on découvre sa vie, depuis son enfance, à sa relation avec ses parents, son travail d'auteur pour des séries, et plus particulièrement The Office (que du coup, je découvre). Sa relation aux hommes, aux amis. Elle a inséré quelques photos (malheureusement en noir et blanc) de sa vie dans ce roman et c'est super à découvrir. Toujours franche, honnête, sans crainte du qu'en dira-t-on, Mindy est la bonne copine un peu agaçante parfois, avec qui on aimerait rire et parler de tout et de rien.

En gros, si vous aimez Mindy Kaling (The Office, The Mindy Project), je vous le recommande, surtout si vous souhaitez lire en anglais, ça peut être un bon moyen d'aborder la langue. Personnellement j'adore Mindy et son caractère, ses contradictions et sa personnalité, donc cette lecture m'a plu !

mardi 17 novembre 2015

Dead Zone, de Stephen King

Quatrième de couv' : Greg Stillson, candidat à la Maison-Blanche, est un fou criminel, grand admirateur de Hitler et d'autres maniaques de l'extermination. Quand il sera élu, ce sera l'Apocalypse. Un seul homme le sait : John Smith, car il est doué d'un étrange pouvoir qui lui attire pas mal d'ennuis, il devine l'avenir. Il n'y a rien de réjouissant à cela. Il peut prévoir les accidents, les catastrophes, les hécatombes. On ne le croit pas, ou alors on le croit trop.
John Smith n'a encore rien dit de ses prémonitions. Pourtant, le candidat à la présidence des Etats-Unis est un dément.
Que fera John Smith pour son pays ?

Mon avis : J'ai lu ce livre durant le week-end à mille (et un peu avant). Je l'avais choisi pour son sujet intéressant : un homme a des capacités de divination et il découvre qu'un sale type tente de se faire élire à la Maison-Blanche. Moi ça me rappelle forcément une situation qui a eu lieu au XXè siècle...
Mais j'ai été un peu déçue. Alors c'est peut-être parce que l'histoire ne m'a pas tant embarquée que j'espérais, ou alors parce que le week-end s'est révélé être dur émotionnellement. Ou peut-être parce que l'éditeur avait indiqué "fantastique" comme genre de ce roman, alors que ça ne l'est pas tant que ça, ou parce que la police d'écriture était vraiment trop petite et que ça me gavait de dévorer un livre écrit si petit ?
Bref, tous ces "détails" ont fait que je n'ai pas pris de plaisir à la lecture.

Quant à l'histoire elle m'a semblé intéressante et bien écrite, avec des personnages, en tout cas un auquel on s'attache. John Smith (le nom on ne peut plus commun pour ce personnage hors du commun !) est un jeune homme qui a le pouvoir de lire l'avenir, ou d'avoir des visions du passé, rien qu'en touchant une personne ou un objet appartenant à quelqu'un. Quel pouvoir de fou, j'adorerais !
John Smith est assez mal à l'aise avec ce pouvoir, sa vie entière tourne autour de ça.
Stephen King essaie pourtant de constituer une vie à son personnage : un amour fini mais jamais enterré, un père aimant qui est une vraie source de soutien, une mère très croyante (était-ce de la scientologie ?), un boulot qui est au départ une vocation, mais qu'il aura du mal à retrouver après son accident. On a donc ce personnage très construit, torturé, alors que les autres personnages sont en filigrane, on connaît peu de choses sur eux, ou quelques éléments pour les distinguer de la masse.
Je me suis néanmoins ennuyée sur une grande partie du roman car les choses n'allaient pas assez vite, il y avait trop de superflu, de détails, et la fin est malheureusement vite expédiée par l'auteur. Le dernier chapitre tient plutôt de l'exercice de style. Et puis on sent que c'est encore brouillon, Greg Stillson est fou, mais il n'est pas assez abouti pour être comparé à Hitler. L'ensemble est assez inégal.

En tout cas, je ne conseillerais pas forcément ce roman de King. On n'est pas du tout dans "l'horreur" mais plutôt dans un drame mettant en scène la société américaine.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 10 novembre 2015

Sobibor, de Jean Molla

Quatrième de couv' : Emma est une jeune femme atteinte d’anorexie. Appréhendée dans un supermarché pour vol, elle ne peut qu’expliquer : « Je l’ai fait pour qu’on m’arrête. »
Pourtant, Emma veut savoir, Emma veut comprendre. « Sobibor », ce nom, prononcé par sa grand-mère polonaise peu avant sa mort, lui apportera plus que de simples réponses.

Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier.
Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.

Mon avis : Ma collègue m'avait parlé de ce livre le premier été où j'avais travaillé avec elle. J'avais emprunté Felicidad, du même auteur, que j'avais bien aimé et que je conseillais ensuite aux ados. Mais elle m'avait parlé de Sobibor, et j'avais gardé ce titre dans un coin de ma tête. L'autre jour, j'ai fini par l'acheter, après avoir relu la 4è de couv' et je me suis décidée à le sortir de ma PAL bien avant qu'il ne prenne la poussière dans celle-ci.

Ce roman est très bien écrit. On découvre la voix d'Emma, qui nous raconte son mal-être, sa maladie et sa difficulté à s'en sortir. Une autre voix prend sa place : celle d'un homme, Jacques, qui a rédigé sa vie en 1942-43, dans un carnet, qu'Emma découvrira. Les aspects très intéressants dans ce texte sont les suivants : le point de vue de Jacques est inédit, rarement dans les romans sur ce thème nous avons accès à l'avis d'un homme qui vit de ce côté de la barrière (désolée, je ne vous en révèle pas plus), et le deuxième point est le style : c'est si parfait, si lisse, ça correspond tellement bien à la façon dont on écrivait à une certaine époque. En lisant j'imaginais tellement bien l'écriture très précise, très fine, très parfaite que les instituteurs apprenaient aux enfants de cette époque.

J'ai apprécié ce livre parce qu'il aborde le thème des camps d'extermination d'un point de vue différent, celui de la petite-fille d'une femme qui a assisté aux atrocités des camps. On voit comment la douleur d'un être peut impacter sur sa descendance. Et c'est flippant de voir ce qui se transmet, même par le silence, par les non-dits. C'est quelque chose qui m'avait déjà marquée avec Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan.

C'est un roman touchant, parce qu'il aborde des thèmes forts, qui bouleversent : l'anorexie chez l'ado et les conséquences des camps d'extermination. La fin promet un rebondissement auquel on adhère ou non, mais en tout cas elle est surprenante.

Je le conseille vivement si ces sujets vous intéressent, ou si vous souhaitez lire un ouvrage émouvant et qui pousse à la réflexion.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 7 novembre 2015

Baby Jane, de Sofi Oksanen

Quatrième de couv' : Qu'est-il arrivé à Piki, la fille la plus cool d'Helsinki, qui vit désormais recluse dans son appartement ? Submergée par de terribles crises d'angoisse, elle ne parvient plus à faire face au quotidien. Sans compter les problèmes financiers.
Comment gagner sa vie lorsqu'on refuse d'interagir avec le monde ? La narratrice, son grand amour, tente de l’aider comme elle peut.  Au mépris d’elle-même, elle va essayer de sauver Piki. Ensemble, elles vont monter une entreprise d'un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes.

Mon avis : Avec ce roman nous découvrons la relation amoureuse de deux femmes, leur vie à deux, leur travail particulier, leur séparation et la dépression sévère de l'une d'elle. Ce sont deux êtres en proie à la dépression, qui ont une tendance à choisir le confort d'une vie très normée, alors que plus tôt, elles ont connu et vécu des moments d'extase, de passion, qui sortaient de l'ordinaire.
Ce roman est assez sombre, on plonge dans une sensation de malaise car il y a un côté morbide à la fin. D'autres seront peut-être plus émus que moi par ce final.

Je n'ai pas apprécié cette lecture à fond, mais je n'ai pas su décrocher tellement j'avais envie de savoir comment ça allait se finir. Ni une déception, ni un coup de coeur, c'est simplement un roman qui se lit vite et bien, qui nous permet de voir un aspect de la relation amoureuse quand les deux parties sont dépressives.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Mygale, de Thierry Jonquet

Quatrième de couv' : Eve ? Qui est-elle ? Qui est Richard Lafargue, l'homme qui la promène à son bras dans les soirées mondaines puis l'enferme à double tour dans une chambre ? Pourquoi ce sourire subtil sur les lèvres de la jeune femme et autant de rage si mal contenue sur les traits creusés de son compagnon ? Pourquoi vivre ensemble si c'est pour se haïr avec tant de passion ? Drôle de couple... Quel incompréhensible passé lie ces deux êtres hors du commun qui se cachent la plupart du temps derrière les murs de leur villa si tranquille ?

Mon avis : Tout d'abord précisons le contexte d'achat : je n'ai pas choisi ce livre, on l'a choisi pour moi, avec la toute jeune box littéraire Le haut de la pile, MAIS fait étrange, une semaine avant j'étais tombée sur ce roman dans une librairie et j'avais failli l'acheter. Seulement je souhaitais me limiter à l'achat de livres uniquement présents sur ma wishlist, j'avais alors reposé le livre. Ma surprise était donc immense quand j'ai vu que le libraire pour Le haut de la pile avait vu juste en me choisissant ce roman noir.
Il a été publié en 1984 et a été adapté en film par Pedro Almodovar en 2011 (La piel que habito), que je n'ai jamais vu. Heureusement, ça aurait été dommage de me spoiler le roman.

L'histoire est courte, ce qui a le mérite d'être lu d'une traite même quand on fait une panne de lecture comme c'est mon cas depuis 3 semaines.
En peu de pages, l'auteur nous plonge dans un monde aseptisé, ordonné, et sombre : un homme tient captive une femme, Eve. Il est chirurgien plastique et s'absente la journée pour travailler, laissant Eve seule, enfermée dans une pièce luxueuse de la villa.
D'un autre côté, on découvre un jeune homme, Alex, qui a braqué une banque et est en fuite depuis. Recherché par toutes les polices de France, il tente de rester discret, se réfugiant là où c'est possible.
A cela, s'ajoutent des passages en italique, où un narrateur externe parle à un des personnages à la deuxième personne du singulier, intrigant et particulier !
Le style n'est pas exceptionnel, on lit un polar, mais la mise en place des intrigues est particulièrement efficace et va se révéler parfaite pour expliquer les rebondissements de la fin. On ne s'ennuie pas à la lecture, car tout passage est important pour la suite, il n'y a pas de détails superflus. On est presque dans un huis clos, non pas étouffant mais psychologique, chaque personnage est seul avec lui-même, avec ce qu'il est devenu.

L'araignée a tissé sa toile, à nous de la dénouer à la lecture.

J'ai bien aimé ce livre, il est ingénieux, diabolique et efficace. Trash. Et dérangeant.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 1 novembre 2015

Sur ma peau, de Gillian Flynn

Quatrième de couv' : La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a
disparu. Déjà l'été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l'affaire. Elle même a grandi à Wind gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c'est réveiller de douloureux souvenirs. À l'adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'elle n'a pu exprimer. Son corps n'est qu'un entrelacs de cicatrices…
On retrouve bientôt le cadavre de la fillette. Très vite, Camille comprend qu'elle doit puiser en elle la force d'affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité…

Mon avis : C'est le premier livre de Gillian Flynn et évidemment, moi j'ai commencé par Les Apparences (je le répète : j'ai adoré), puis Les Lieux sombres (que je n'ai pas particulièrement aimé à cause de l'ambiance sombre et malsaine) et enfin, Sur ma peau, que j'ai lu assez vite (il est court par rapport aux deux autres).

Pour un premier roman du genre thriller, je le trouve bien écrit, bien construit et intéressant. J'ai été un peu déçue par le twist de fin, bien que j'ai été assez surprise que l'auteure prenne cette direction. Mais après tout, ça se tenait. Il y a quand même quelques ficelles narratives un peu grosses puisqu'on se doute assez tôt du ou des coupables. On n'est pas menés en bateau sur des pages et des pages, on nous donne plutôt des indices qui permettent de se faire une idée tout au long du roman.
L'ambiance est familiale mais très tendue, chacun a des griefs les uns contre les autres, et surtout de sacrés problèmes psychologiques. On se doute qu'il s'agit d'une famille dysfonctionnelle avec tout un tas de répercussions qui vont influer le cours de l'histoire. Il y a des passages très trash, concernant des filles vraiment jeunes et ça met assez mal à l'aise.

J'ai bien aimé, même si il n'égale pas Les Apparences, qui a été pour moi une vraie révélation dans le genre thriller.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur