lundi 28 septembre 2015

Broadway Limited, 1. Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Quatrième de couv' : Jocelyn Brouillard, 16 ans et demi, boursier, français, débarque un soir d'automne de 1948 à la pension Giboulée. C'est une erreur, un parfait malentendu. Il est à New-York et on l'a pris pour une demoiselle à cause de son prénom.
Car la Pension Giboulée est une de ces boarding houses exclusivement réservées aux jeunes filles qui veulent demeurer à l'abri des loups de Wall street et de la 42ème Rue. La gente masculine y est résolument interdite.    
Heureusement, Jocelyn joue très bien du piano...  
Venues de tous les coins d'Amérique, ces jeunes filles rêvent de conquérir la grande ville, de voir leurs noms en haut des théâtres de Broadway.

A Giboulée, elles sont au nombre de 6.    
Il y a Chic qui fait des publicités pour du shampooing aux œufs très rose, ou pour des soupes Campbell's avec de la tomate très rouge qu'elle déteste, et qui se fait offrir des chausse-pieds par ses nombreux soupirants...  
Il y a la baroque Ursula, qui chante à la radio, Etchika qui conduit une voiture au prénom de femme fatale...
Et comme si ce n'était pas assez, dans la maison juste à côté habite Dido, une collégienne qui a des problèmes avec le FBI.    

Et que diraient leurs logeuses, la respectable Mrs Merle et son dragon de soeur, si elles apprenaient que, derrière ses lunettes de fille sérieuse, l'énigmatique Manhattan donne de mystérieux rendez-vous à des messieurs dans les bars à Greenwich Village, ou que Page aux charmantes tresses blondes est amoureuse de celui qu'il ne faut pas ?
Enfin, il y a Hadley, qui vend des doughnuts le jour et des allumettes le soir, et qui est peut-être la plus insaisissable de toutes. Hadley est la fille chanceuse qui a un jour dansé avec Fred Astaire...
Oui, l'immense Fred Astaire ! Mais alors pourquoi a-t-elle subitement arrêté la danse ?

Ce diptyque doit son titre au Broadway Limited, le train fabuleux et mythique qui reliait Chicago à Pennsylvania Station au centre de New York... Car ce roman prend aussi le train.

BROADWAY LIMITED conte la découverte, par un jeune Français, de l'american way of life dans le New-York de l'immédiat après-guerre, sa vitalité, son énergie, le jazz, le swing, Broadway, la pizza, la radio, ses tempêtes de neige renversantes, le base-ball...
Mais aussi ses phobies, le début de la guerre froide, la chasse aux sorcières, la ségrégation...


Mon avis : (28/09/2015) J'ai adoré la série Quatre soeurs de cette autrice, du coup, ma collègue m'a tendu le livre en me disant "Tiens tu veux le lire ?" J'ai donc pris le livre et j'ai mis un temps fou avant d'oser le commencer, puis un bon moment pour le lire (faut dire qu'il est long).

Pour être honnête j'ai vraiment eu du mal sur les 250 premières pages. Je ne comprenais pas où l'auteure voulait en venir, qui étaient les différents personnages. Dans ce roman on ne suit pas un personnage à la fois avec les autres qui gravitent autour, on en suit plusieurs en profondeur et comme il y avait beaucoup de personnages féminins et qui étaient toutes dans le milieu artistique, je les confondais. Le problème c'est qu'au départ elles n'avaient pas un truc particulier qui les différenciait des autres. Et puis ça vient petit à petit, au gré des révélations, on apprend qu'elles ont finalement toutes un truc en plus.
Je me suis attachée de suite à Jocelyn, puisqu'on le découvre en premier, qu'il est français et qu'il est seul au milieu d'une pension pour jeunes filles !

Au début aussi j'avais dû mal à me représenter l'époque : le début des années 50. Et au final, j'étais tellement tombée dans l'histoire, qu'en faisant une pause pour regarder une série (Unbreakable Kimmy Schmidt - on s'en fout non ?), je n'ai pas compris pourquoi dans la série je voyais un personnage avec un téléphone portable ! hello, mindfuck !

L'histoire est intéressante, même si ça manque d'intrigue au début. On suit la vie de jeunes gens dans les années 50, certaines doivent travailler, d'autres vont à l'école, tout ce petit monde vit à la pension Giboulée, dirigée par une vieille femme acariâtre et sa soeur, ainsi que deux bonnes, des chats et un chien. Bref, on n'arrête pas de rencontrer de nouveaux personnages, de découvrir un New York un peu différent de l'actuel, avec les problèmes de racisme, la peur du communisme, les problèmes de logement, d'argent, de coeur, etc.

On découvre le milieu du music-hall, avec des jeunes danseuses, modèles dans des publicités, cigarette girls. Il y a cette attirance pour la gloire, le succès, avec des icônes des années 50, c'est assez étrange de se dire que la plupart des filles font toutes un boulot qui rapporte peu parce qu'elles espèrent toutes un jour devenir connues. Et à l'époque, il fallait travailler durement pour ça : apprendre à danser, à jouer la comédie, et puis parfois, faire les bonnes rencontres au bon moment. Malgré les difficultés, chacune des filles est forte. Même quand elles perdent leur job, elles savent rebondir et en trouve un autre. (Une autre chose qui diffère de la France : se faire virer du jour au lendemain sans préavis et trouver un autre job tout aussi rapidement).
Il y a un côté très américain, où on croit à sa bonne étoile (American Dream) et puis c'est au sortir de la guerre et la jeunesse a vraiment envie de s'amuser (en tout cas c'est le cas des garçons qui n'ont pas eu à faire la guerre en Europe ou dans le Pacifique).

Le chapitre du train (le fameux Broadway Limited) concernant Hadley m'a trop plu ! C'était magnifique, justement dosé, ni trop niais ni trop distant. Je crois que c'est ça qui m'a fait adoré Hadley. Tout n'est pas parfait mais c'est réaliste, et un peu frustrant aussi !

J'ai aussi bien aimé les lettres que Jocelyn envoie à sa soeur, ça ancre vraiment l'histoire dans une époque : il parle de ses découvertes à New York, des moeurs plus libérées qu'en France. Je trouve que c'est pertinent et ça apporte vraiment un second souffle au roman.

Comme pour Quatre soeurs, il y a vraiment la touche Malika Ferdjoukh, avec une atmosphère particulière, des descriptions qui sortent de l'ordinaire, des métaphores, un vocabulaire recherché, une écriture foisonnante. Du coup, je conseillerais ce livre à des ados qui ont déjà 15-16 ans et qui lisent vraiment bien. Ce n'est pas de la littérature jeunesse facile, il y a vraiment beaucoup de références à une époque qu'on connaît peu en général.

Je pense que dans le prochain tome on en saura un peu plus sur d'autres filles de la pension et puis j'espère que Jocelyn va encore se plaire un moment à la pension Giboulée ! Impatiente de lire le tome 2.

◇◆◇

(09/03/2020) J'ai relu le livre, en y passant sûrement moins de temps qu'il y a 5 ans. J'ai acheté la nouvelle édition parue en 2018, en même temps que le second tome, que je prévois de lire rapidement. Je n'ajouterai rien à ce que j'ai écrit en 2015, l'article reflète bien mon sentiment. Je remonte simplement ma note, parce que j'ai vraiment pris plaisir à me plonger dans cette histoire.

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vendredi 25 septembre 2015

D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

Quatrième de couv' : "Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi." 

Mon avis : J'ai lu tous les livres de Delphine de Vigan, pas par fanatisme, mais plutôt par curiosité quant au genre contemporain. J'aime bien comment ses romans s'inscrivent dans notre époque, en révèlent la folie, les faiblesses. Mais je n'ai pas toujours apprécié ses romans pour autant.
J'avais envie de lire celui-ci puisque j'en avais la possibilité (l'emprunt quand on travaille en librairie c'est cool). Et j'ai bien aimé !
On est dans ce roman contemporain, presque un thriller psychologique, avec des thèmes comme l'emprise, la perversion narcissique, l'acte de création d'un roman, le vrai, le réel et la fiction.

Bref, les différents thèmes sont mis en scène dans une histoire, où Delphine la narratrice, se sent impuissante face à l'écriture d'un prochain roman. Elle est dévastée par les conséquences de son précédent livre qui a été un succès, et ne se sent plus capable d'écrire. Elle fait la rencontre d'une femme, L. qui va peu à peu s'insinuer dans sa vie, à la manière d'une araignée qui tisse sa toile. Elle empêchera insidieusement Delphine d'avoir des contacts avec ses amis, elle n'hésitera pas à lui imposer son point de vue sur l'écriture. Et c'est dans cette ambiance de pression déguisée par un intérêt amical que Delphine va plonger pendant des mois. Jusqu'au jour où...!
Je vous laisse découvrir.

J'ai lu ce roman avec avidité, je n'arrivais pas à le lâcher, je voulais savoir ce qui arrive à Delphine et je trouvais l'idée judicieuse et bien amenée : qu'est-ce que le vrai dans l'autobiographie ? Y'a-t-il de la fiction dans ce genre ? (ça m'a rappelé les années lycée quand on étudiait les Confessions de Rousseau). Bref, je n'ai pas eu envie de me poser les questions : "est-ce que c'est vrai ? est-ce que ça lui est vraiment arrivé ? qui est cette L. ? Existe-t-elle ?" parce que j'ai eu envie de lire ce livre comme un roman, une fiction. Inspiré de la réalité dans une certaine mesure mais mis en scène par une auteure talentueuse.

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lundi 21 septembre 2015

Alabama Song, de Gilles Leroy

Quatrième de couv' : Alabama, 1918. Quand Zelda, «Belle du Sud», rencontre le lieutenant Scott
Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes…
Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister… Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand «roman américain».

Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce livre.
L'écriture est maîtrisée, le style est beau. L'auteur utilise le "je" avec la narration interne et on est conquis par la voix de Zelda qui nous raconte son histoire à deux époques différentes. Il y a beaucoup de sensibilité, de poésie dans cette écriture.

Je ne connaissais pas la vie de Zelda, la femme de Fitzgerald, et ce que j'ai découvert, m'a beaucoup surprise. On découvre le couple : la rencontre, la vie à 2, puis avec leur fille, puis séparés. Ensemble, ils ont connu la gloire, parce qu'ils incarnaient LE couple des années 20. Mais le bonheur est de courte durée, leur mariage est tumultueux. Francis Scott Fitzgerald boit beaucoup, peine à écrire un nouvel ouvrage, et de son côté Zelda développe une maladie mentale : la schizophrénie. C'est assez atroce de voir comment Scott la pousse dans ses retranchements. Toute sa vie elle luttera pour se faire une place dans l'art et la culture, mais restera malheureusement toujours dans l'ombre cruelle de Scott.

On découvre aussi qui était Zelda, avant d'être la femme de Fitzgerald. Une jeune fille de bonne famille qui aimait transgresser les règles que lui imposait la société.
Puis on découvre sa maladie, qui l'obligera à passer des mois à hôpital.

Je ne connaissais pas du tout la vie de Zelda, et même si c'est un roman, beaucoup de faits réels ont inspiré l'auteur pour l'écriture de ce livre. Une très bonne lecture que je recommande vivement.

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dimanche 20 septembre 2015

Une bouteille dans la mer de Gaza, de Valérie Zenatti

Quatrième de couv' : C'est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen : un kamikaze dans un café, six morts, deux jours d'info à la télévision. Oui, depuis trois ans, l'horreur est devenue routine, et la Ville sainte va tout droit en enfer.
Tal, elle, ne s'habitue pas. Elle aime trop sa ville et la vie. Elle veut mourir très, très vieille et très, très sage.
Un jour, en plein cours de biologie, une ampoule s'allume au-dessus de sa tête, comme dans un dessin animé. Voilà des jours qu'elle écrit ce qu'elle a sur le coeur, ses souvenirs, la fois où elle a vu ses parents pleurer de joie, le jour de la signature des accords de paix entre Israéliens et Palestiniens, et puis la désillusion, la révolte, la terreur, et l'espoir quand même.
Ce qu'elle pense, ce qu'elle écrit, quelqu'un doit le lire. Quelqu'un d'en face. Elle l'imagine déjà, cette amie-ennemie inconnue aux cheveux noirs. Eytan, le frère de Tal, fait son service militaire à Gaza. Elle glisse ses feuillets dans une bouteille et la lui confie...

Mon avis : Qu'est-ce que j'aimerais que ce roman soit au programme de français dans les collèges ou lycées ! Adieu Rousseau, Diderot et Flaubert ! Il faut de la littérature contemporaine pour ouvrir les yeux aux jeunes sur le monde qui les entoure ! Ça permettrait d'éviter les amalgames que font les jeunes à propos du conflit israélo-palestinien, ça permettrait d'ouvrir une discussion à propos de l'Histoire de ce conflit.

D'une, on voyage : on embarque pour Jérusalem et Gaza. On nous décrit les paysages, les lieux, c'est superbe.
De deux, on découvre d'un côté Israël, de l'autre la Palestine. On en apprend un peu plus sur l'Histoire de ces deux états, leurs différences, leurs combats. Il y a de nombreux repères historiques qui sont bien utiles parce qu'on ne connaît qu'assez peu le conflit, ici en Occident.
De trois, c'est une belle leçon qui nous apprend que chacun est un individu à part entière et qu'on ne cautionne pas automatiquement les actions de notre peuple envers un autre et c'est important de le rappeler. Dans ce roman, les deux individus n'ont pas choisi cette guerre, ce conflit.

A travers les yeux des personnages nous découvrons les deux côtés de ce conflit qui s'enlise : l'envers du décor avec les couvre-feux, le chômage, l'interdiction faite aux jeunes palestiniens de travailler sur le territoire israéliens, les actions de l'armée israélienne en réponse aux attentats qui font des dizaines de morts et de blessés.

Le roman se présente sous forme d'échanges de mails entre Tal, une jeune Israélienne et Gazaman, un jeune homme vivant dans la bande de Gaza. L'échange est normalement interdit, mais tous les deux ont au fond, l'espoir d'une réconciliation entre leurs peuples. Et si chacun commençait à faire un pas vers l'autre ?
C'est en se découvrant et en parlant de leur quotidien que chacun va s'ouvrir à l'autre. Alors certes, ils viennent tous les deux de familles pacifistes et ça aide sûrement à créer un contact, mais j'ai trouvé intéressante la première réponse de Gazaman, ça sonnait vraiment réel. On n'est pas dans les bons sentiments à chaque échange, non il y a des ressentiments, de la colère, de l'incompréhension et puis des excuses, une remise en question. Avec leurs échanges, ils abolissent les frontières et les rancoeurs, ils réagissent en direct aux événements de leur pays : quand a lieu un attentat meurtrier par exemple.

Dans les derniers chapitres on a une intrigue qui se met en place et on se demande vraiment qui est Gazaman. La tension monte, l'inquiétude aussi. Le dernier chapitre est vraiment intéressant, car on lève le voile sur son identité, sur ses projets.

C'est un livre très touchant, bouleversant, à lire d'une traite, en étant plongé(e) là-bas, complètement déconnecté(e).

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vendredi 18 septembre 2015

Un homme dangereux, d'Emilie Frèche

Quatrième de couv' : « – Maintenant que tu as vraiment quitté ton mari, on va pouvoir parler. Je veux que tu deviennes ma femme. Je t’aime, je veux vivre avec toi, mais avant, il faut que tu laisses tes enfants.
– Pardon ?
– Je suis sérieux. Il faut que tu les laisses à leur père, je te dis ça pour leur bien. Elles seront très heureuses avec lui ; ils partiront vivre en Israël, ce sera beaucoup plus simple, et tu iras leur rendre visite pour les vacances.
– T’es complètement malade.
– Tu sais bien que non, puisque c’est comme ça que ça va se terminer pour les juifs de France. Sept mille juifs sont partis rien que cette année, c’est moi qui l’invente ? Bientôt, il n’y aura plus de juifs en France. Plus un seul juif. Tu te rends compte, un peu ? Le grand rêve de Vichy réalisé par des Merah, des Nemmouche, des Kouachi. Que des petits enfants de bicots qu’on a fait venir du bled pour assembler des boulons, et qui feront mieux que les idéologues du Troisième Reich, sans même avoir besoin de vous mettre dans des trains. Tout ça simplement en jouant avec votre peur. Quelle intelligence ! Quelle économie, surtout. La France nettoyée pour pas un rond. »

Mon avis : J'aime bien cette auteure. Alors je me disais que son dernier livre allait être vraiment bon, surtout que ma responsable et ma collègue l'ont lu et ont été unanimes : un super livre, avec un personnage masculin détestable.

Pour moi ça n'a pas été un coup de coeur. J'ai apprécié ma lecture, j'avais du mal à lâcher le bouquin parce que j'attendais le moment où j'allais découvrir les atrocités que l'homme faisait à la femme. Et j'ai été un peu déçue. Tout est dans la psychologie, et je ne suis pas certaine que l'homme en question se rende compte de ce qu'il fait vraiment. Est-il juste un type désinvolte, ou vraiment un pervers narcissique ? Quant à la fille, son attirance pour l'homme la fait passer pour une cruche. Elle le suit toujours au point d'en oublier ses responsabilités, sa vie de mère, de femme. Je n'ai pas compris ce magnétisme qu'il exerçait sur elle. Je ne me suis pas reconnue en elle, ni en lui (heureusement !).
D'un côté j'ai trouvé ça passionnant de voir comment un homme manipule une femme en soufflant le chaud et le froid, d'un côté ça m'a mise mal à l'aise de voir à quel point la femme se jette corps et âme dans cette relation alors qu'elle ne parle jamais d'amour. Il représente une addiction et il va la détruire, complètement. Elle s'éloigne de tout pour le satisfaire mais elle n'est jamais à la hauteur et lui de son côté est un type exécrable, on se demande pourquoi elle le veut lui ? Pourquoi elle cherche son approbation, son amour, alors qu'il n'a rien pour lui.

La deuxième partie ne m'a pas tellement plu, comme quoi l'histoire se répète, avec la création d'un livre, et tout le toutim autour, non j'ai trouvé ça trop cliché, comme une mauvaise coïncidence, voyez, de celle qui n'arrive que dans les films ou les comédies romantiques où tout est téléphoné.

Les thèmes abordés sont contemporains : la difficulté à vivre en couple la routine, l'adultère, la dépendance à l'autre, l'antisémitisme.
Et puis il y a ce doute : fiction ? pas fiction ? autobiographie ? J'ai l'impression que c'est le grand thème du moment : Delphine de Vigan a fait pareil avec son livre "D'après une histoire vraie".

C'était un livre intéressant à lire, mais qui ne me marquera pas, comme Le sourire de l'Ange, par exemple.

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mardi 15 septembre 2015

L'illusion délirante d'être aimé, de Florence Noiville

Quatrième de couv' : « Une évidence. Une évidence aussi tangible qu’une pierre au milieu d’un jardin : C. est persuadée que je l’aime, que je l’ai toujours aimée. Comment puis-je faire semblant d’avoir oublié ? »
L’illusion délirante d’être aimé est une maladie, chronique, dangereuse, et parfois mortelle, nommée syndrome de Clérambault, car elle fut découverte par le célèbre psychiatre. C’est aussi un roman implacable, un thriller des sentiments : l’histoire d’une obsession et d’une dépossession. Un amour à perpétuité. Un amour qui ne peut que mal finir.
Milan Kundera a dit de ce roman de Florence Noiville : « Ce que dévoile L’Illusion délirante d’être aimé, c’est la présence aussi forte qu’inexplicable de l’amour dans la haine. »

Mon avis : A travers ce livre nous découvrons une maladie psychologique, qu'on peut difficilement soupçonner et c'est très intéressant à lire.
Laura est présentatrice d'une émission culturelle, plutôt introvertie, elle a toujours eu une vie simple, sans débordements, tranquille, avec son compagnon Eduardo, jusqu'au jour où elle laisse entrer C. dans sa vie. C. est une amie perdue de vue, à qui elle va donner la possibilité de bosser dans la même boîte. Sans le savoir, la vie de Laura va changer : C. "s'habille en elle", ouvre une page Facebook à son nom, et peu à peu la harcèle, persuadée que Laura aime C.
Etouffée par les sollicitations constantes de C., Laura va se renseigner auprès d'un ami psychanalyste qui lui apprend que C. souffre sûrement du syndrome de Clérambault (ou érotomanie). C'est une forme de psychose paranoïaque dans laquelle la personne choisit un objet d'admiration, une obsession. "Postulat : l'érotomane est d'abord persuadé(e) que c'est l'autre « qui l'aime en secret », que c'est l'autre qui, le premier, fait des avances, mais qu'il/elle n'ose pas ou ne peut pas se déclarer ou encore qu'il/elle fait tout pour dissimuler son amour."
Le sujet a l'illusion d'être aimé par l'autre, il croit que tout lui est destiné : un mot, une phrase, un regard, le langage corporel, etc. Le sujet est convaincu d'être aimé or il s'agit là d'un délire. Ce genre d'obsession a souvent lieu avec des personnalités et peut durer toute une vie.

A force, Laura se sent étouffée, et devient elle aussi obsédée par ce syndrome et par cette C., elle fait des recherches sur la maladie, car elle souhaite en tirer un livre. Mais à trop s'approcher de C. elle risque de se brûler les ailes...

Ce livre est court et se dévore en 2h. Les chapitres sont courts, l'écriture est intelligente : on sent la pression à travers les courtes parties qui résument les messages de C. ou les trouvailles de Laura sur la maladie.

Personnellement ce sujet m'intéresse (autant qu'il m'inquiète), car dans les phases de l'érotomanie, on retrouve presque les mêmes que dans le processus de guérison d'une rupture, sauf que dans le cas de l'érotomane, tout est amplifié, c'est une maladie chronique qui ne connaît pas de "solution". Sauf peut-être celle que l'on trouve à la fin de ce roman ?

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dimanche 13 septembre 2015

Le Prof moi et les autres, de Rachel McIntyre

Quatrième de couv' : Salut, moi c'est Lara. J'ai 15 ans. Ma vie est un enfer. Mes parents s'engueulent, ma meilleure amie m'a lâchée. Je suis cernée par les crétins. Seul rayon de soleil dans ce monde pourri : Ben. Il est beau, il est fort, il est prof. Mon prof. Evidemment, j'ai craqué. Et miracle de la vie, lui aussi.

Mon avis : J'enchaîne les livres sur le harcèlement scolaire, à croire que c'est la thématique du moment ! Ce roman n'est donc pas qu'une histoire d'amour.
Lara a 15 ans, et subit les bêtises de ses camarades de classe. Intelligente, jolie, Lara se fait lyncher par une bande de "morues" qui visiblement ne lui arrivent pas à la cheville !
Chez elle, l'ambiance n'est pas rose non plus. Après avoir perdu leur maison, son père est au chômage et s'est mis à boire, sa mère fait le ménage chez les parents d'une des morues, quant à son petit frère de 6 ans il enchaîne les bêtises.

Lara partage ses états d'âme dans son journal intime, au début elle râle beaucoup et se plaint énormément de ce qu'elle subit quotidiennement dans le bus et au lycée. Et elle a de quoi se plaindre ! Ce qu'elle vit est très difficile et je la trouve très forte, qu'elle réponde ou non aux attaques, elle a beaucoup de courage de continuer à aller à l'école et de subir ces attaques permanentes.

Elle va se rapprocher de son professeur de littérature, dont elle tombe amoureuse. Cette deuxième partie du roman met en lumière cette relation amoureuse qui se concrétise lors d'un voyage. Je crois n'avoir jamais lu d'histoire d'amour entre une jeune fille et son professeur, du coup je n'ai pas eu l'impression de relire des poncifs. Attention, dans cette histoire le prof n'est pas un vieux pervers. Il s'agit d'un jeune homme qui débute sa carrière, et tombe vraiment amoureux de Lara et a conscience des risques qu'ils prennent en s'aimant. (Il repousse autant que possible la relation charnelle, ce qui le rend noble et respectueux). Le prof a un côté très protecteur et c'est peut-être pour ça qu'ils se sont sentis bien ensemble, l'un avait besoin d'apporter son aide et elle, avait besoin d'être sauvée.
Cette histoire d'amour m'a mise mal à l'aise à la fin, parce qu'il y a un ton un peu moralisateur dans la lettre de Lara. Ça ne ressemblait pas vraiment à Lara. Bien que cette lettre soit un an après l'affaire, en tant que lecteur, on n'a pas accès à la maturation de la pensée de Lara par rapport à cet amour et son avis me semble très culpabilisateur.

J'ai bien aimé l'humour sarcastique de Lara, j'y ai retrouvé le style de Louise Rennison (l'auteure du Journal de Georgia Nicholson, une série de livres qui a marqué mon adolescence). Toutefois on lit ce livre, en apnée, on sent la pression que vit Lara au quotidien.

C'est un bon livre, qui se dévore, on est attiré par cette histoire parce qu'on se demande toujours comment ça va se finir. Et j'ai trouvé que c'était très réaliste, loin des clichés et avec une écriture assez visuelle.

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vendredi 11 septembre 2015

Barcelona ! De Grégoire Polet

Quatrième de couv' : Une théorie prétend qu'il suffit de six poignées de main pour relier une personne à une autre, où qu'elles soient dans le monde. Appliquant cette théorie au roman, Grégoire Polet représente Barcelone à travers une vingtaine de personnages, dont les destins se croisent, se tressent, se perdent et se retrouvent. De 2008 à 2012, alors que les Espagnols s'enlisent dans la crise économique, que les indignés se lèvent et que l'indépendantisme commence sa grande remontée, nous suivons la vie privée des personnages, leurs points de vue, leurs soucis et leurs aventures, leurs ambitions, leurs croyances, bien souvent contradictoires. Au centre de cet écheveau d'intrigues, Barcelone en majesté : son architecture, son histoire, son fonctionnement politique, ses atmosphères.

Dans la veine de Madrid ne dort pas et de Leurs vies éclatantes, une veine à la fois lyrique et précise, étincelante de vie, Grégoire Polet déploie son art du récit et des dialogues pour rendre à Barcelone toute la joie et la passion qu'elle lui inspire.

Mon avis : Ce livre je l'ai aperçu à la Fnac en mars et il me tentait bien, mais à la place j'avais acheté L'heure Indigo (c'était soit l'un soit l'autre, mais pas les deux !). Et c'est en le voyant dans le rayon de ma librairie en juillet que j'ai décidé de l'emprunter pour le lire. J'ai mis facilement 6 semaines à le lire... Evidemment vous vous doutez bien que j'ai lu d'autres livres entre temps.

Cela dit, ce n'est pas parce que j'ai mis un temps infini pour le lire que je ne l'ai pas aimé. Bien au contraire ! Quand je me plongeais dedans je dévorais ce roman. Mais comme j'ai mis une éternité à le lire, j'ai eu du mal à me souvenir des personnages, à m'attacher à eux, à me rappeler leur histoire. Dommage mais c'est de ma faute.

Ce livre est une petite pépite ! Et je compte bien l'acheter quand il sortira en poche et le relire d'une traite. (J'espère aussi que la couverture sera dingue (coucou Folio, faîtes du bon boulot s'il vous plait !))

Barcelona ! c'est une galerie de portraits, un roman "polyphonique" comme disent les critiques littéraires. Ce roman nous invite à suivre des personnages qui évoluent dans des milieux différents dans une ville ensoleillée, sur une durée de 4 ans. Certains se croisent, d'autres non. Nous suivons leur évolution, leur pensée, leur vie.

C'est un peu comme un film ce livre, on visualise assez bien les scènes et les lieux, il y a quelque chose d'agréable dans ces moments de vie, même dans le drame, on ressent une chaleur. On dirait que l'auteur cherche vraiment à donner, à apporter quelque chose aux lecteurs, il ne garde pas son histoire pour lui, il la partage en se mettant volontairement en retrait, afin de laisser le champ libre à ses personnages (quasi-réels) et à l'imagination des lecteurs. Je ne sais pas comment l'expliquer, il y a des auteurs qui ne partagent pas leur histoire et on sent une distance à la lecture, et d'autres qui donnent, qui donnent vraiment tout dans leur écriture afin de rendre le lecteur heureux de lire et de partager.
Bref. On est loin des romans franco-français dramatiques et froids des rentrées littéraires.

Peut-être aussi parce que Barcelone est une ville qui fait rêver, par sa chaleur, son soleil, son architecture, ses habitants ? Pourtant nous voilà à Barcelone pendant la crise qui touche l'Espagne entre 2008 et 2012, les personnages vivant tous leurs destins, d'échecs en réussites, la crise les effleurant à peine ou les touchant de plein fouet. L'indépendance de la Catalogne, les Indignés, bref le contexte socio-politique est retranscrit à travers ce roman. C'est intéressant, il y a des passages qui donnent à réfléchir (ceux sur Begonya notamment) aux politiques menées par l'Europe, mais aussi par la Catalogne.
Barcelone est évidemment au coeur du roman, c'est d'elle que les personnages partent, reviennent, c'est en elle que leur destin se joue, elle est là, puissante, bien ancrée et bien établie mais changeante. Elle évolue au gré des saisons, des fermetures de commerces, des expulsions d'habitants mais aussi des créations de mouvements solidaires, des migrations, des développements.

Les personnages que l'on découvre pourraient être votre voisin de palier tellement ils semblent réalistes, il y a le bouquiniste, le chirurgien allemand, la mère de famille française qui a emménagé là avec son mari parce qu'il bosse à Barcelone, le vieux monsieur atteint d'un cancer, le navigateur solitaire, l'universitaire en fin de carrière, la jeune reporter qui part à l'autre bout du monde régulièrement, etc. Une vraie galerie de personnages !

Une citation sympa : "... de thésauriser la littérature, qui est la plus forte chose du monde, la copulation de la pensée et du beau."

Ce livre c'est une ode à Barcelone, une ode à la Vie. Un livre qui m'a agréablement surprise et a su me charmer du début à la fin.

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mercredi 9 septembre 2015

Amelia, de Kimberly McCreight

Quatrième de couv' : À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d'un rythme
professionnel soutenu, elle parvient à être à l'écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n'ont pas de secrets l'une pour l'autre. C'est en tout cas ce que croit Kate, jusqu'à ce matin d'octobre où elle reçoit un appel de l'école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu'elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d'ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l'établissement.
Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d'accepter l'inacceptable... Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question : « Amelia n'a pas sauté. »
Obsédée par cette révélation, Kate s'immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu'elle ne la connaissait pas si bien qu'elle le pensait. À travers les SMS, les mails d'Amelia, les réseaux sociaux, elle va tenter de reconstruire la vie de son enfant afin de comprendre qui elle était vraiment et ce qui l'a poussée à monter sur le toit ce jour-là. La réalité qui l'attend sera beaucoup plus sombre que tout ce qu'elle avait pu imaginer.

Une vision singulière du malaise de l'adolescence. Des personnages inoubliables. Un sens du suspense unique. Une critique dithyrambique. Ce premier roman de Kimberly McCreight est un chef-d'oeuvre. Nicole Kidman en a acquis les droits d'adaptation cinématographique pour un film produit par HBO.


Mon avis : Pas aussi convaincue que l'éditeur par ce roman. D'une part c'est très très long. 520 pages pour ce livre ça fait un peu trop. Ensuite je ne considère vraiment pas ce livre comme un chef d'oeuvre. J'ai lu de bien meilleurs thrillers, avec une intrigue qu'on peinait à dénouer, alors qu'ici c'est très attendu. On se doute de tout, puisque beaucoup d'indices sont disséminés au long du roman. Pas vraiment de surprise sur l'identité du père d'Amelia. La question n'est pas tant de savoir si Amelia s'est jetée du toit ou si quelqu'un l'a poussé, mais plutôt de savoir "pourquoi" et c'est là que c'est intéressant !
Le roman comporte 2 points de vue, celui de Kate, la mère que l'on suit après le suicide d'Amelia, et celui d'Amelia dont on connaît l'histoire de la rentrée jusqu'au jour où ... Voilà. Dans les parties du point de vue de Kate, on replonge dans d'anciens mails, en 1997, avant qu'Amelia naisse. Les débuts d'internet donc. Dans les parties selon Amelia, on découvre ses échanges de textos avec ses amis et ses statuts sur Facebook. Les deux n'ont vraiment rien à voir ! De plus le "parlé ado" m'a beaucoup gênée au début, je trouvais que ça faisait trop, pas naturel. C'est peut-être dû à la traduction ? Par la suite j'ai trouvé que c'était plus fluide et plus agréable à lire.

Deux choses m'ont paru invraisemblables : l'identité de GraceFully, l'auteur du blog éponyme qui trashe les lycéens et qui en sait un peu plus que son identité lui permet de savoir.
L'autre chose c'est qu'après la mort d'Amelia, Kate va mener une enquête aux côtés de Lew, l'enquêteur officiel. Elle l'accompagne partout, elle pose les questions à sa place, or je ne suis pas sûre que la police autoriserait une personne directement impliquée émotionnellement et qui plus est, qui n'est pas flic, à suivre tous les interrogatoires d'un enquêteur. Que la mère veuille mener son enquête ça se comprend, que le flic la laisse participer à celle-ci, impossible !

Une interrogation subsiste quant à Molina, a-t-il été engagé par Carmon pour taire ce qu'il savait sur la famille de Zadie ? Ou est-ce vraiment une coïncidence ?

La fin n'est pas bâclée mais elle est précipitée, si l'auteur en avait fait moins auparavant, elle aurait pu s'appesantir sur des détails non expliqués, à la fin de son roman.

Le sujet traité et qui me semble important c'est le harcèlement scolaire. Au final l'enquête est un prétexte pour montrer que le harcèlement scolaire existe et qu'il est très peu perçu par les parents. Je pense que beaucoup de parents se voilent la face en se disant "je mets mon enfant dans un bon établissement pour le protéger, il ne risque rien" sauf que riches ou pas, les enfants/adolescents sont souvent cruels entre eux. Ce qui s'apparente pour eux à un jeu, peut mettre la vie d'autrui en danger. Et que faire quand les parents ne voient pas le mal-être de leurs enfants ? Les établissements peuvent-ils endosser la responsabilité d'agissements de certains élèves sur d'autres ? Qui doit mettre des limites à ces ados qui en font souffrir d'autres ?
Je trouve ce roman bien écrit sur ce thème, il donne la parole à une victime de harcèlement, nous montre les choses qu'elle subit et qu'elle tait par peur des représailles. Il nous montre aussi que l'administration et les figures d'autorité dans les lycées ont elles-aussi envie d'en finir avec le harcèlement scolaire et ça passe (en Amérique) par la dissolution des clubs, ou sororités.

Je pense qu'il vaut mieux présenter ce livre comme un roman avec un thème majeur (le harcèlement) plutôt que comme un thriller (ce qu'il n'est pas vraiment). Et je le conseille si le sujet vous intéresse.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 7 septembre 2015

Soudain, seuls, d'Isabelle Autissier

Quatrième de couv' : Un couple de trentenaires partis faire le tour du monde. Une île déserte, entre la Patagonie et le cap Horn. Une nature rêvée, sauvage, qui vire au cauchemar. Un homme et une femme amoureux, qui se retrouvent, soudain, seuls. Leurs nouveaux compagnons : des manchots, des otaries, des éléphants de mer et des rats.
Comment lutter contre la faim et l'épuisement ? Et si on survit, comment revenir chez les hommes ?
Un roman où l'on voyage dans des conditions extrêmes, où l'on frissonne pour ces deux Robinson modernes. Une histoire bouleversante.

Mon avis : J'avais très envie de découvrir ce roman, parce que le thème de se retrouver sur une île déserte m'intriguait. J'avais lu "Prisonniers du paradis" d'Arto Paasilinna, qui abordait ce thème de façon amusante.
Ici, rien n'est drôle. La situation est terrible : Louise et Ludovic ont pris une année sabbatique pour partir en voilier, mais près des îles Falkland, ils décident de faire un détour par une île déserte, sur laquelle les animaux sont protégés. Ils amarrent et se rendent sur l'île, passent du temps dans cette nature qui s'offre à eux. Mais, une tempête s'annonce et ils se réfugient dans un bâtiment en ruine. Le temps se calme, cependant ils ne retrouvent plus leur bateau. Ils n'ont plus aucun moyen de communication et comprennent assez vite que personne ne viendra les sauver. Ils commencent alors à apprivoiser leur nouvel environnement.
Pour le reste je vous laisse lire la quatrième de couv' qui est très bien rédigée.

J'ai bien aimé ce livre, je l'ai trouvé intéressant, réaliste. J'ai eu du mal avec les termes marins (comme d'hab). C'est bien écrit, simple, et l'histoire est très bien construite. Elle est en deux parties et les deux se valent au niveau du contenu. Il n'y a pas de temps mort. On se met assez bien à la place des personnages, même si il est difficile de se rendre compte de la difficulté d'avaler du manchot cru par exemple ! On découvre tout le côté "sentiments", la culpabilité, la colère et les rancoeurs. Mais l'entraide, le soin apporté à l'autre, la solitude vécue à deux. On se demande alors quelles seraient nos propres limites ?

Bref je ne veux pas vous en dire plus, c'est un ouvrage que je conseillerai à ceux qui seraient intéressés par des histoires de survie en milieu hostile.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 3 septembre 2015

Le sourire de l'ange, d'Emilie Frèche

Quatrième de couv' : Joseph, orphelin de dix-sept ans, débarque dans une cité de Mulhouse pour vivre avec son grand-père. Entre le jeune Israélien et le vieil homme, rescapé des camps nazis, le climat est électrique. Heureusement, au lycée, Joseph se lie d’amitié avec un frère et une sœur, Mélik et Leïla, musulmans. Mais le Proche-Orient s’enflamme et les relations entre les communautés juive et musulmane se dégradent…

Mon avis : Aïe, aïe, aïe. J'ai le coeur brisé par cette lecture.
C'est tellement con comme phrase mais je souhaiterais vraiment la paix dans le monde (phrase estampillée Miss France). Malheureusement je crois que même en vivant jusqu'à 100 ans, je ne verrais pas cela arriver un jour.

Ce livre résume, au coeur d'une belle et très triste histoire, la montée de l'antisémitisme en France, mais pas que... Il évoque aussi la difficile intégration des populations maghrébines et sub-sahariennes que la France a fait venir dans les années 60 pour travailler dans ses usines, ainsi que le racisme, le sexisme, mais aussi l'exportation à l'étranger du conflit israélo-palestinien, en l'occurrence dans le contexte français après la seconde guerre mondiale et après la Shoah.
En bref, ce livre décrit la France des années 2000 avec son passé, ses erreurs et les conséquences qui en découlent. C'est une France qui a souffert, qui continue de souffrir et dont certains produisent une haine immense due à une absence de compréhension d'autrui, de ses croyances, de sa culture.

C'est un livre poignant et intéressant. Joseph est un jeune Israélien de 17 ans. Ses parents ont été tués dans un attentat à Tel-Aviv, son grand-père le recueille chez lui, en France, à Mulhouse. Une ville où Joseph ne connaît personne. Dès les premières heures, Joseph est confronté à l'antisémitisme. Son grand-père, rescapé des camps, lui conseille de changer son prénom, de ne jamais parler d'Israël, de ne jamais dire qu'il est juif. Mais c'est son identité qu'il renie, et il lui est difficile de vivre avec ça sur la conscience. Il se lie néanmoins d'amitié avec un jeune garçon, Mélik, d'origine Algérienne. Joseph tombe fou amoureux de la soeur jumelle de celui-ci. Si l'un des jumeaux accepte la vérité, l'autre ne sera pas aussi ouvert.
Ce roman est très beau dans sa tristesse, dans ce qu'il nous dit et nous montre du monde actuel.

Si j'avais un ou deux reproches à faire, je dirais que prendre le parti de la narration interne c'est bien, mais on est loin d'un discours qu'un jeune de 17 ans tiendrait, j'ai rarement vu des propos aussi matures et bien construits. Le second reproche c'est malheureusement qu'on s'attend à la fin. On "le" voit venir à des kilomètres et la tension n'est pas suffisamment forte dans ce passage pour qu'on comprenne l'immensité de l'horreur. Cela dit les toutes dernières pages sont bourrées d'émotions, bien que dans un style très simple et sans fioritures (ce qui est très bien).
Mention spéciale pour le titre très joli mais on ne peut plus cruel ; j'en faisais des cauchemars quand j'entendais cette expression étant plus jeune, et je crois qu'aujourd'hui encore j'ai du mal à croire qu'on ait pu inventer un tel acte de torture.

Bref, une petite claque dans la gueule, un livre à découvrir, à lire et à relire. (150 pages, 5,90€ ça vaut le coup, non ?)

La fiche du livre sur le site de l'éditeur