mardi 30 juin 2015

Le jeu des ombres, de Louise Erdrich

Quatrième de couv' : Gil est peintre, Irène écrivain. Ils ont trois enfants. Irene a souvent servi de
modèle à son mari. Trop souvent, sans doute. Irene tient son journal intime dans un agenda rouge. Lorsqu’elle découvre que Gil le lit, elle décide d’en rédiger un autre, un carnet bleu qu’elle met en lieu sûr et dans lequel elle livre sa vérité. Elle continue néanmoins à écrire dans l’agenda rouge, qui lui sert à manipuler son unique lecteur. Une guerre psychologique commence.
En faisant alterner les journaux d'Irene et un récit à la troisième personne, Louise Erdrich témoigne, une fois de plus, d'une prodigieuse maîtrise narrative.

Louise Erdrich montre comment une histoire collective, un héritage culturel et social, une identité peuvent bouleverser une destinée. Elle entraîne comme rarement au cœur de la nature humaine et de l’ambivalence du sentiment amoureux. Un récit d’une finesse infinie. Emmanuel Romer, La Croix

Mon avis : Je voulais finir le mois de juin avec un dernier livre et j'ai pris celui-ci car il était court (260 pages). Mais je l'avais déjà commencé après l'avoir acheté et je n'avais pas trop aimé. Et après lecture complète, je dois avouer que je me suis ennuyée, quasiment autant qu'avec Marya, une vie, de Joyce Carol Oates, parce que l'écriture se ressemble. Ça me donne l'impression d'une écriture sèche, fine, et pensée, mais très sèche. J'ai survolé des passages parce que ça ne m'intéressait pas, les descriptions m'ennuyaient, je ne savais même pas ce que je lisais tellement ça ne m'emportait pas.

C'est un livre déprimant. A cause du résumé je m'attendais à un thriller, du même genre que Gone Girl / Les Apparences, mais pas du tout. Et ça m'a déçue forcément.

Il y a un côté très dérangeant dans ce couple car ils s'aiment, se déchirent, se détestent. Les deux portent le poids d'une identité bafouée, et ils se cherchent dans la violence, dans l'affront constant. Au risque de blesser leurs enfants. Ils sont constamment dans le drame. Ils m'ont paru très égoïstes. Je n'ai pas aimé leur relation. L'ambiance est trop malsaine sous leur toit.

Je pense qu'il y a de meilleures façons de parler de la culture indienne (d'Amérique), là, je trouve que ça les dessert plus qu'autre chose. L'art est au coeur de ce roman, mais il ne m'a pas touchée.

La chronologie est bâclée, on alterne des moments du passé avec le présent sans trop savoir à quoi ça sert. Idem quant à l'introduction d'un nouveau personnage dans la vie d'Irene. Plutôt que d'insuffler quelque chose de positif, c'est très peu traité par l'auteure. En fait, elle se perd dans des intrigues, qui pourraient être intéressantes mais elle ne va pas jusqu'au bout, elle n'exploite pas du tout les autres personnages.

Bref, je n'ai franchement pas adhéré.

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lundi 29 juin 2015

Un père idéal, de Paul Cleave

Quatrième de couv' : Jack Hunter est un bon époux et un père idéal. Un homme bien qui n’a qu’une manie : il assassine les prostituées. Un jour, sous les yeux d’Edward, son fils de neuf ans, Jack, premier serial killer de l’histoire de Christchurch, est arrêté. Vingt ans plus tard, Edward est devenu à son tour un citoyen modèle. Comptable dans un cabinet d’avocats, il a tout fait pour oublier et faire oublier son passé. Mais quand sa femme est assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il se tourne. En quelques jours, la vie d’Edward va basculer dans l’horreur.
Avec ce thriller glaçant et déroutant, l’auteur d’Un employé modèle impose un style tout à fait nouveau dans l’univers du polar.

Mon avis : J'ai ce livre dans ma PAL depuis 2 ans environ. Je me souviens de l'avoir prêté à mon ex et il avait adoré. Je me disais que ça devait être bien, du coup.
Mais apparemment on n'a pas le même degré d'exigence en matière de polars (et pourtant il en a lus plus que moi au cours de sa vie). J'ai trouvé ce polar assez mal fait. Il n'y a pas vraiment d'incohérences scénaristiques et pourtant j'ai l'impression d'une incohérence globale, sans réussir à mettre le doigt dessus.

L'action se déroule assez vite, sur une semaine, voire un peu moins. Les journées paraissent étirées au maximum puisque le "héros", Edward fait énormément de choses, d'un bout à l'autre de la ville. C'est glauque à souhait. Il y a des scènes de tortures et attention en voilà du mâle plein de testostérone !
On suit Edward, mais aussi l'inspecteur Schroder, et on voit défiler une galerie de braqueurs/tueurs/mauvais garçons tatoués, au point de se perdre devant tous ces personnages.

Ce qui me dérange, c'est qu'on a un homme, Edward, qui mène une vie tranquille avec une femme et une fille. Et puis lors d'un braquage, Edward et sa femme sont au mauvais endroit au mauvais moment et Jodie se fait tuer. Là-dessus, Edward change du tout au tout.
Les journalistes l'ont toujours comparé à son père, qui a tué une douzaine de prostituées dans les années 80, se demandant si il allait devenir comme son père, et... il leur donne raison !
En gros, un homme banal, qui vit de façon tout à fait banale depuis toujours, se retrouve à tuer du jour au lendemain, sans aucune honte, sans aucune impression de faire du mal. De la violence gratuite. C'est assez peu crédible.
Etrangement quand il se bat contre de vrais méchants habitués à la bagarre, il s'en sort toujours bien...
Par moments certaines scènes semblaient même être écrites en vue d'une future adaptation cinématographique.

Et l'inspecteur Schroder est carrément inutile. Si le but de l'auteur était de montrer que les flics ne sont pas capables de s'occuper des affaires de braquage et de meurtres correctement, alors c'est réussi. Schroder se balade aux côtés d'un tueur, le laisse agir de manière violente sous prétexte qu'il vaut mieux que quelqu'un épure un peu cette ville, plutôt que de laisser croupir des méchants derrière les barreaux, jusqu'à ce qu'ils aient à nouveau droit à la liberté. Complètement absurde.

Les rebondissements à la fin sont naïfs, vus et revus. Si Edward a paru intelligent et débrouillard tout au long du roman, le dernier chapitre le fait passer pour un demeuré. Et finalement j'aurais préféré qu'il y laisse sa peau.

Quant au style, si d'habitude il m'indiffère dans les thrillers, dans celui-ci il m'a vraiment marquée par sa pauvreté : répétitions, longueurs, alternance de points de vue assez mal amenés. Les personnages secondaires sont incroyablement plats. Il n'y a qu'Edward et son père, Jack, qui ont l'air d'avoir une personnalité définie, mais les autres... Rien.

Attention spoiler qui annonce l'incohérence : surligne à tes risques et périls !

Finalement j'ai réussi à mettre le doigt sur l'incohérence principale : le braquage a eu lieu dans une banque par une bande de méchants, qui ne se connaissaient pas forcément, réunis sous la direction d'un chef qui a choisi parmi ces méchants, un homme prêt à tuer un enfant. Or, à la base, ces méchants n'étaient pas censés savoir qu'Edward et sa femme (qui ont un enfant) seraient dans la banque ce jour-là, qu'Edward se lèverait pour prendre la défense d'une femme et qu'il verrait la sienne mourir sous ses yeux. Ils ne pouvaient pas savoir qu'Edward avait une fille, qu'ils kidnapperaient et laisseraient entre les mains du tueur d'enfant. Du coup, ça voudrait dire qu'ils avaient tout anticiper, et je ne crois pas que c'est ce que l'auteur a écrit. 

Un polar avec une intrigue sympa de prime abord, mais qui ne m'a pas convaincue, car trop violent, trop obscur et des lacunes quant au style d'écriture.

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dimanche 28 juin 2015

Funérailles célestes, de Xinran

Quatrième de couv' : Funérailles célestes est une vraie histoire d’amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d’une femme et d’une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.
En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l’espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s’enrôle dans l’armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l’a préparée – le silence, l’altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d’errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari.
Quand Wen retourne finalement en Chine, elle trouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

Mon avis : Ce livre est très apprécié de ma libraire. C'est la meilleure vente en poche de la librairie, c'est le livre sur lequel on a le plus de retour de la part des clients. Tous ceux l'ayant lu l'ont adoré.
Moi j'étais pas très chaude, parce que l'Asie ça me branche pas trop-trop. (Cela dit j'ai bien aimé mes excursions littéraires en Inde et en Afghanistan des dernières semaines).
Je vous laisse le soin de lire la quatrième de couv' car elle résume bien l'histoire.

J'ai bien aimé ce livre. L'amour d'une femme pour son mari la pousse à quitter sa Chine natale pour tenter de le retrouver au Tibet. L'affrontement entre Tibétains et Chinois est passé sous silence pendant une grande partie de l'histoire parce que Wen (la femme) va errer au Tibet, au gré des rencontres durant 30 ans. Elle va vivre avec des nomades, apprendre leur culture et leurs coutumes, apprendre peu à peu le tibétain, chercher à travers le pays son mari. Ou en tout cas découvrir ce qui s'est passé pour lui.

On est soulagé quand Wen découvre enfin ce qui lui est arrivé, il y a une dimension mystique très importante. Le titre qui paraît si poétique nous apprend une tradition particulière, un rite qui paraît barbare aux yeux de Wen (et des occidentaux, faut l'avouer). Mais qui se comprend quand on lit ce livre qui nous emmène sur les hauts plateaux tibétains où la terre est trop dure pour creuser une tombe. C'est un rituel qui a une forte symbolique pour les Tibétains.

Le retour en Chine est très dur pour cette femme qui a construit son identité au Tibet. Partagée entre les deux pays, on comprend la difficulté de sa situation. D'autant plus que la Chine a beaucoup changé en 30 ans.

Il s'agit d'une histoire vraie, racontée par Xinran, qui a fait la connaissance de Shu Wen il y a quelques années. Shu Wen a raconté son histoire à Xinran mais au bout des deux jours, elle a disparu et Xinran n'a jamais pu la retrouver. J'imagine que l'histoire racontée est parfois un peu enjolivée, passe sur des détails. Je trouve dommage qu'on ne connaisse pas la part de "vérité" de celles imaginée par l'auteure.

J'ai trouvé incroyable que la vie des Tibétains soit si différente de celle des Chinois, malgré la proximité géographique. On découvre le Tibet sous différentes formes : la religion qui est très très importante, la répartition des tâches pour les nomades, les montagnes et l'altitude auquel les étrangers ne sont pas préparés.

Toutefois l'écriture montre une certaine pudeur. C'est-à-dire que les sentiments ne sont pas décortiqués comme le feraient les occidentaux. Quand Shu Wen est désespérée, on apprend simplement qu'elle se tait durant plusieurs jours, regarde dans le vide. A nous, lecteurs, de deviner ce qu'elle ressent (du désespoir jusqu'aux frontières de la folie).
J'imagine que c'est la pudeur chinoise qui fait que nous n'avons pas plus de détails sur les sentiments profonds de Wen d'où peut-être une certaine distance avec le lecteur.

Avec ce roman on apprend la patience, l'abnégation, l'opiniâtreté, et la simplicité d'une vie de nomade. Ce roman nous montre ce qu'apporte de partir à l'aventure et de tout quitter par amour.

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jeudi 25 juin 2015

Séquestrée, de Chevy Stevens

Quatrième de couv' : Annie a été séquestrée. Elle a passé douze mois en enfer dans une cabane perdue au fond de la forêt. Annie est libre, enfin, mais les séances chez le psychologue lui font revivre chaque minute. Annie est sauve, le plus dur est derrière elle. Du moins le croit-elle...

Mon avis : Un thriller psychologique assez intéressant, pourtant il manque le petit quelque chose qui fera que.

Attirée par la superbe couverture, j'avais pris ce livre en me disant que le résumé était intrigant.
J'ai été pas mal prise dans l'histoire. Je l'ai commencé hier matin à la plage et je n'ai pas pu m'empêcher d'y remettre le nez dès l'après-midi et d'en lire une bonne cinquantaine de pages hier soir avant de le finir ce matin à la plage. Mais j'ai été un peu déçue.
Le format est sympa, c'est sous forme de séances chez un psychologue (qui ne parle jamais), ça ne se présente pas sous la forme d'un dialogue entre Annie et le psy. Mais à chaque séance Annie commence par parler de ce qui lui arrive dans le présent, après son retour chez elle, puis elle enchaîne avec un récit de sa captivité. Du coup à la fin d'une séance on se précipite sur la suivante pour savoir ce qui s'est passé dans cette cabane où elle a été retenue captive. Au début on ne sait pas combien de temps elle y a passé, qui est l'homme qui l'a enlevée, ni où elle est, ni les raisons de la captivité, ni comment elle s'est échappée.
J'ai un peu flippé pour Annie, qui se retrouve avec un homme cinglé, prêt à tout pour la punir d'être elle-même. Mais j'ai eu du mal avec certains passages, qui sont lourds d'émotion et qui pourtant sont mal amenés par l'auteure, pas assez bien justifiés. De ce côté-là, je trouve que ça manque de punch, de rebondissements, et d'approfondissements. C'est un premier roman donc je pense que c'est normal que certaines choses ne soient pas au point au niveau de l'écriture.
La deuxième partie, nous assistons toujours aux séances mais on est dans le présent, Annie raconte ses journées, ses doutes, sa parano. Et puis le déroulement de l'enquête. (ATTENTION SPOILER à suivre! surligne le texte si tu veux savoir)
Car Annie va peu à peu découvrir qu'elle n'a pas été choisie au hasard et que son enlèvement a été commandité. 

C'est une intrigue stressante, psychologiquement intéressante, mais pourtant la forme ne suit pas toujours, certains passages sont un peu trop survolés, mal amenés.
Je le conseille tout de même si vous avez envie d'un thriller psychologique pour l'été.

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mardi 23 juin 2015

Le tueur hypocondriaque, de Juan Jacinto Munoz Rengel

Quatrième de couv' : Pour Monsieur Y, tueur à gages de métier et hypocondriaque de nature, il ne s'agit plus de « tuer ou être tué ». Car aujourd'hui – c'est sûr –, il va mourir, comme il se le répète tous les jours depuis des années.
En effet, Monsieur Y. est malade, atteint de toutes sortes de maux aussi rares qu'imaginaires – comme Tolstoï, Proust ou Voltaire en leur temps. Malade aussi de penser qu'il ne pourra peut-être pas accomplir l'oeuvre de sa vie : tuer Eduardo Blaisten, qu'il poursuit depuis un an et deux mois, soit 425 jours.
Et il ne lui en faudrait qu'un de plus pour atteindre son but.
Hélas, aujourd'hui, Monsieur Y. va mourir. Comme tous les jours.

Mon avis : J'avais commencé à le lire il y a un an et quelques, mais je m'étais arrêtée au bout d'une trentaine de pages, je trouvais le narrateur insupportable. Et puis comme je vais à la plage tous les matins, j'avais besoin d'un bouquin qui ne soit pas prise de tête et qui se lise vite. J'ai donc repris celui-ci, depuis le début, et franchement ce n'est pas une réussite.
Le narrateur est un tueur à gages mais complètement taré, car hypocondriaque. On assiste à ses vaines tentatives d'assassinat sur la personne de Blaister, un psychologue argentin, vivant à Madrid. Toutes les tentatives échouent puisque le narrateur est toujours sujet à une maladie ou une autre. Evidemment il contracte à peu près toutes les maladies très rares et il en parle comme un médecin. Le roman est entrecoupé d'anecdotes sur d'autres hypocondriaques célèbres, ou personnages touchés par une maladie rare.
Il faut avoir un certain humour pour apprécier ce livre. Et la redondance des situations m'a lassée.

En bref, je ne recommande pas ce titre et je me demande encore comment il a pu passer la barrière de l'éditeur grand format, puis poche.

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lundi 22 juin 2015

Les souvenirs, de David Foenkinos

Quatrième de couv' : "- C'est pour quoi ? me demanda le caissier.
- Il y a huit ans, j'hésitais devant toutes les barres chocolatées. Je ne savais laquelle choisir. Et vous m'avez conseillé des Twix, parce qu'ils sont deux.
- Ah bon ? Il y a huit ans ? Je ne m'en souviens pas. Vous voulez quoi ? Un autre Twix ?
- Non. C'est juste que j'ai des problèmes en ce moment dans mon couple. Alors, je voulais avoir votre avis. Je me suis dit que vous deviez être aussi doué avec les femmes."

David Foenkinos est l'auteur de 13 romans dont La délicatesse et Je vais mieux. Son dernier roman, Charlotte, a obtenu le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des Lycéens.

Mon avis : J'ai passé un moment agréable avec ce roman, mais 24h plus tard je n'ai plus beaucoup de souvenirs de ce livre. (J'ai aussi une mémoire défaillante ou très sélective). Bref, pour résumer, puisque la quatrième de couv' ne le fait pas, il s'agit d'une histoire de famille. On a le héros qui a entre 20 et 30 ans au fil du roman, son père, banquier qui vient tout juste d'être mis à la retraite, sa mère, une prof qui va elle aussi goûter les joies de la retraite, et enfin la grand-mère (la mère du père), qui à cause d'une chute malencontreuse, va être forcée à vivre en maison de retraite. (ça fait beaucoup de fois le mot "retraite"). Ces trois générations se mêlent au cours du roman. Mais si ça a l'air sympa, ça ne l'est pas tout à fait, l'atmosphère n'est pas étouffante, mais un climat de dépression entoure les personnages.

Au début on a surtout une narration au passé, puisque ce sont vraiment les souvenirs du héros, entrecoupés par des "souvenirs" qui sont en fait des anecdotes de personnages dont on n'a qu'un bref aperçu de leur vie et de leur personnalité, ou encore d'anecdotes de personnes célèbres.
Puis on entre dans une sorte de présent, le narrateur vit sa vie et nous la raconte avec de grandes ellipses. On commence donc avec un héros qui a autour de la vingtaine et qui est veilleur de nuit dans un hôtel à côté de ses études, et on finit le roman avec un héros trentenaire, divorcé. (Rolala le spoil mais c'est compliqué de parler de ce roman sans spoiler).

A la fin du roman, à la dernière page, je me suis dit : "tiens ça me fait penser à Pagnol", pour le côté souvenir je pense. Parce qu'on est quand même très loin d'Aubagne et des collines !
A un moment j'ai eu peur qu'on frôle "Ensemble c'est tout" de Gavalda (vous savez quand la grand-mère vient vivre avec les jeunes dans la coloc')

Bref, c'est l'histoire de plusieurs vies au sein d'une famille vues par un jeune homme à qui il arrive des trucs. (ouais hein). En plus il y a une forme d'humour, comme si l'auteur se moquait gentiment de ses personnages avec une petite touche d'ironie. Ou alors il se joue des lecteurs, genre "regardez ce que je vous fais lire, c'est ridicule mais vous allez le lire jusqu'au bout parce que je peux vous gaver de tout et n'importe quoi, vous le lirez". (j'ai eu cette impression avec les notes de bas de page surtout)
Ce qui est marrant c'est qu'on retrouve des thèmes chers à l'auteur (Charlotte Salomon, l'allemand, les films suédois).

Ce n'est pas une lecture désagréable, c'est même plutôt plaisant, on s'y plonge aisément, mais on oublie vite ce roman.

Le film : Pas vraiment identique au livre. Il reprend la trame principale mais beaucoup de choses sont occultées. C'est "simplifié" parce que faudrait voir à pas embrouiller le spectateur ! Il ne dure que 1h20, et si ils avaient vraiment voulu, ils auraient pu rajouter les scènes manquantes. (Après tout le livre fait seulement 300 pages). Le jeu des acteurs n'était pas toujours top (Michel Blanc... olala, y'a une scène où il joue comme un pied !). J'ai trouvé dommage qu'on ne voit pas les éléments de la fin du roman.

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Je l'intègre au challenge 1 mois 1 consigne, puisqu'il fallait lire un roman d'un auteur francophone.


samedi 20 juin 2015

L'attentat, de Yasmina Khadra

Quatrième de couv' : Dans un restaurant de Tel-Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme.
Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

Cet ouvrage a reçu le prix des Libraires.


Mon avis : Je n'ai pas un avis très prononcé sur ce livre. Peut-être parce que je l'ai lu étalé sur plusieurs jours, seulement quand j'allais à la plage, donc pas au top de mon concentration.

J'ai bien aimé mais j'ai l'impression d'un manque. Peut-être parce que je ne me sens pas concernée par le conflit israélo-palestinien ?
C'est plutôt bien écrit. Khadra tente de nous faire comprendre pourquoi certains hommes (et même femmes) se font exploser en pleine rue.
J'ai trouvé intéressant d'ailleurs qu'on suive le personnage principal dans cette découverte. Amine est chirurgien. Arabe qui vit à Tel-Aviv avec sa femme. Lui n'a jamais voulu se mêler des conflits. Sa vocation c'est de soigner. Mais un jour, sa femme se fait exploser dans un café, où l'on fêtait l'anniversaire d'un enfant. Amine est atterré, incrédule. Jamais il n'aurait imaginé que sa femme soit capable d'un tel geste, d'une telle abomination.
Pour faire un deuil impossible, il va chercher à comprendre qui l'a embrigadée, ce qu'elle faisait de ses journées quand il était au travail. On le suit à travers un pays en ruine, des habitants contraints de quitter leur maison. Déterminé à comprendre, il poursuit des ombres, se fait molester parce que trop curieux. Nous le suivons dans sa quête de vérité.
C'est un personnage poignant, détruit par l'incompréhension, le deuil, la crainte de n'avoir pas été à la hauteur pour sa femme. La douleur qu'il ressent est très bien reconstituée, on voit son errance, sa tristesse, le manque.

J'aurais sûrement plus apprécié ce livre si j'étais plus calée à propos de ce conflit (mais j'ai tendance à me mettre volontairement des oeillères). Je crois cependant qu'avec ce livre, on ne prend pas parti. On pourrait croire que l'auteur marche sur des oeufs, et il a la délicatesse de nous présenter une histoire sans prendre un parti ou l'autre.
Ce livre raconte l'intolérance, des deux côtés. Il raconte le deuil et la quête de vérité. C'est un roman court mais très fort et très poignant.

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vendredi 19 juin 2015

La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett

Quatrième de couv' : Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
La jeune bourgeoise blanche et les deux bonnes noires, poussées par une sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a connu un succès considérable dans le monde entier, et a été adapté au cinéma.
En France, le roman a reçu en 2011 le grand prix des lectrices de Elle.


Mon avis : Vous me connaissez un peu maintenant, je suis difficile à satisfaire. Encore plus quand un livre a été plébiscité et a même suscité une adaptation au ciné.
MAIS j'ai vraiment bien aimé ! Je ne trouve rien à redire ni à l'intrigue, ni au style, ni aux personnages. Juste quelques coquilles et un manque de virgules au détour de certaines phrases, mais sinon, tout va bien !

Ce n'est même pas une surprise d'avoir tant aimé, parce que la seule crainte que j'avais c'était de ne pas réussir à entrer dans ce monde. Mais je crois que la proximité en temps, on se retrouve dans les années 60, atténue un éventuel fossé. Evidemment et heureusement beaucoup de chemin a été fait, que ce soit pour les personnes de couleur comme pour les femmes. Il y a un climat d'émancipation très intéressant à lire. Ce sont des femmes fortes, que ce soit les bonnes comme les femmes qui les emploient. J'ai franchement aimé que Skeeter ne retourne pas dans les bras de Stuart. Ouf, on a échappé à la comédie romantique à deux balles ! Vraiment, c'est un univers de femmes, de femmes qui veulent se battre, mais qui ont aussi peur, qui ne sont pas toujours à l'aise avec les règles de leur époque (Célia par exemple). J'ai vite détesté Hilly, et éprouvé peu de compassion pour Elizabeth. Les "mean girls" existaient déjà et pourrissaient déjà la vie des autres à cette époque !
J'ai été attendrie par la plupart des femmes, par leurs combats, par leur volonté.

De plus le climat anxiogène et étouffant est bien retranscrit (moins dans le film), quand Skeeter doit aller en douce chez Aibileen pour les témoignages. Rien que la maison de Skeeter est dans une atmosphère étouffante, loin de tout, au coeur de la plantation. L'humidité, le climat est souvent mentionné dans ce roman et ça apporte vraiment la petite touche "Mississippi".

J'ai aimé toutes les formes d'ironie qui sont relevées par l'auteure : que ce soit la vente aux enchères pour les populations d'Afrique, présidée par une Blanche, qui demande leurs services pour la soirée à des bonnes Noires, comme le fait que les Blanches ont besoin des bonnes Noires pour élever leurs enfants (tandis que celles-ci doivent confier les leurs à de leur famille pendant ce temps), etc.

Je suis ravie d'avoir pu découvrir ce livre, le racisme qui était omniprésent dans les Etats du Sud dans les années 60, mais attention on n'est pas dans le manichéisme le plus total où les Noirs seraient tous bons et les Blancs tous mauvais, non c'est tout en subtilité et en profondeur.
On est au coeur de l'Histoire avec des histoires émouvantes, amusantes, attendrissantes de femmes. Le livre se dévore, à chaque fin de chapitre on nous laisse sur notre faim !


Rapport au film : Le film est une bonne adaptation, même si selon moi, certaines parties ne sont pas assez consistantes : le cancer de la mère de Skeeter ou sa relation avec Stuart, celle avec Hilly qui se dégrade de plus en plus, et surtout la longue période d'écriture, ces choses ne sont pas assez mises en place dans le film.
Je le conseille aussi, peut-être plutôt après avoir lu le livre. Les actrices sont toutes très douées, et la scène avec Constantine et Mrs Phelan qui reçoit ses invitées est juste poignante. La musique aide aussi à faire remonter les émotions.

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lundi 15 juin 2015

Les proies, dans le harem de Kadhafi, d'Annick Cojean

Quatrième de couv' : Soraya, une fille d’à peine 15 ans repérée par Mouammar Kadhafi et enlevée dès le lendemain pour devenir, avec d’autres, son esclave sexuelle. Séquestrée plusieurs années, elle avait été battue, violée, exposée à toutes les perversions d’un tyran obsédé par le sexe. Il lui avait volé sa virginité et sa jeunesse, lui interdisant ainsi tout avenir respectable dans la société libyenne. Après l’avoir pleurée et plainte, sa famille la considérait désormais comme une traînée. Irrécupérable. A.C.

Une vie brisée. Une seule ? Non, des centaines, sans doute plus. Les Proies nous plonge dans les coulisses d’une dictature, dans les profondeurs d’un système esclavagiste terrifiant, aux complicités multiples, entre corruption, terreur, viols, crimes.

C’est un document choc. Une enquête menée avec audace, non sans mal tant ces crimes demeurent un tabou en Libye. Encore aujourd’hui. Caroline de Malet, Le Figaro.


Mon avis : Voilà au moins 2 ans que j'ai ce livre dans ma PAL et je n'osais pas le commencer, le sujet est dur. Inconnu du grand public. Bref, un ouvrage pas facile à aborder.
Et puis je l'ai tiré au sort pour le Time to Choose, je ne savais pas si j'arriverais à le lire avant le 15 (aujourd'hui). Finalement je m'y suis plongée hier soir, découvrant l'horreur de la première partie, le témoignage de Soraya. Enlevée à sa famille à l'âge de 15 ans, ne connaissant rien des relations et du sexe, Soraya va être soumise au "Guide", à Kadhafi. Il l'a choisie, elle fait désormais partie de son harem. L'horreur absolue quand on découvre sa première journée, puis les suivantes. Il ne cesse de la violer. Personne ne lève le petit doigt. Sa famille est déshonorée. Quand elle tente de s'échapper, la fuite ne dure pas. Il l'a fait suivre, partout. Il sait où elle se trouve et il sait quoi faire pour qu'elle revienne.
C'est une première partie affreuse qui nous montre l'ampleur du monstre assoiffé de sexe, violant jeunes hommes et femmes toute la journée, toute la nuit. Angoissé par les maladies, tous et toutes subissent une prise de sang avant d'être promis au Guide pour une heure, une nuit, des années....

La seconde partie est rédigée sous forme d'enquête. Annick Cojean explique qui elle a rencontré pour aller au bout de cette affaire, entre les mensonges des hauts gradés et les témoignages sous couvert d'anonymat, nous en apprenons plus sur la société libyenne, trahie par son propre chef.
On découvre aussi que Kadhafi ne se contentait pas des femmes de son pays. Mabrouka, sa fidèle rabatteuse, prospectait pour lui à l'étranger, faisait en sorte que les femmes des diplomates, ambassadeurs, ministres, présidents de tous pays, finissent dans la chambre du Guide.
Il est terrifiant de voir qu'il gouvernait par le sexe, il écrasait les autres pays par le sexe, par le viol des femmes. Plus un homme étranger avait de pouvoir, plus Kadhafi désirait sa femme. En échange, il offrait les plus belles parures, les diamants, les voyages, payait les études, des voitures, etc.
De quoi se poser des questions sur les relations diplomatiques entre les pays...

En terminant ce livre on est forcément horrifié par la façon dont il a gouverné, instauré la terreur. Aucune femme ne pouvait lui résister, sinon sa famille était menacée. Il se voulait défenseur des droits des femmes mais il n'a jamais cessé de bafouer leurs corps, leurs désirs en les violant. On en ressort avec l'image d'un monstre, obsessionnel,  malade.
Le sort des femmes, bien que Kadhafi soit mort, est perdu, souillé à tout jamais. En Libye, si une femme a une relation hors mariage, elle apporte le déshonneur sur la famille, même si il s'agit d'un viol. La condition féminine est loin de s'améliorer.

Les propos de l'auteure ont fait sensation auprès d'un certain public. Personnellement je crois les propos de cette journaliste d'investigation qui lève le voile sur une pratique taboue en Libye.
Je ne tiens pas à polémiquer sur ce qui représente "une vérité". N'oubliez jamais que chacun apporte sa propre vérité.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 11 juin 2015

Une bonne épouse indienne, d'Anne Cherian

Quatrième de couv' : Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans un grand hôpital de San Francisco, il n’échappera pas à un mariage arrangé – une tradition presque immuable en Inde. Au cours d’un bref voyage pour voir sa famille, le piège se referme et le voilà lié à Leila, qu’il n’a vue qu’une seule fois.
Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente, mais il n'en veut pas. Il préfère, de loin, son explosive maîtresse californienne. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Leila va attendre son heure et, sans bruit, sans drames, sans scènes, réserver à son époux bien des surprises.

Avec ce premier roman, Anne Cherian porte un regard surprenant sur les mariages arrangés et nous offre, entre Orient et Occident, une histoire d’amour comme une bouffée d’air pur.


Mon avis : Voilà c'était ça que j'attendais d'un livre sur l'Inde ! C'était me plonger dans la culture et les traditions, sans entrer dans des clichés. Ce roman est vraiment très bien si vous souhaitez découvrir le thème du mariage arrangé.

Nous sommes en Inde où vit Leila, une femme de 30 ans, aînée de 2 soeurs et toujours pas mariée. De l'autre côté, nous traversons le Pacifique pour atterrir en Californie, où vit Neel, un Indien qui a fait ses études à Stanford et vit maintenant aux USA depuis une quinzaine d'années. Sous des prétextes fallacieux, Neel est forcé de rentrer en Inde, afin de revoir son grand-père mourant. Le piège se referme sur lui, il devra choisir parmi plusieurs jeunes femmes Indiennes celle qui sera sa femme. Mais Neel refuse les multiples rencontres, et choisit de faire la connaissance de Leila. Une nouvelle fois le piège se referme sur lui et la machine se met en route.
Neel a toujours été attiré par les femmes blanches, dû à un profond complexe d'infériorité et mû par une réussite sociale à laquelle il aurait accès (croit-il) uniquement si il se marie à une femme blanche, et blonde !
Quant à Leila, vis-à-vis de son entourage elle est contente de se marier avec un Indien, médecin qui vit aux USA. Mais elle va vite déchanter en découvrant la vraie vie de Neel.

Si Neel est présenté par ses amis comme un type bien, sympathique, etc, nous le connaissons à travers le regard de Leila, et il n'est pas du tout comme ça ! Franchement, ce type a tout du "connard", qui joue double-jeu. J'ai eu un mal fou à l'apprécier, et malgré ses changements personnels, même à la fin je ne l'aimais toujours pas. Peut-être en lien avec mon histoire personnelle, Neel a des paroles et des agissements que j'ai connus, qui m'ont blessée, donc je ne peux que lui en vouloir d'être tel qu'il est. Lâche.

Et évidemment en tant que femme, j'étais plus du côté de Leila, qui en plus, doit découvrir un nouveau pays, de nouvelles coutumes, de nouvelles façons de faire et de vivre. J'ai d'ailleurs bien aimé ces passages où elle compare l'Inde et l'Amérique. Leila est douce, gentille, toute sa vie on lui a appris à se comporter en bonne épouse. Mais elle a aussi son caractère, sa fierté et son orgueil, je l'ai trouvé formidable quand elle choisit de s'amuser parmi des gens qu'elle connaît à peine, alors que Neel n'a qu'une crainte : qu'elle ne lui fasse honte en parlant de tout et n'importe quoi. Neel est très attaché à l'image qu'il renvoie de lui-même, puisqu'en Amérique, il peut la contrôler. En Inde, il ne contrôle rien, c'est sa famille qui lui dicte quoi faire, qui voir, qui épouser. En Inde, il est prisonnier de sa culture et de sa famille, en Amérique, il est libre, mais que se passe-t-il quand l'Inde vient à lui à San Francisco ?

La toute première partie m'a plu parce qu'on est en Inde, on assiste à ce mariage arrangé, on est au coeur des traditions, on découvre comment les familles vivent et dans quelles conditions.
Puis on s'éloigne du pays, pour se concentrer sur la toute jeune relation de Leila et Neel, ils vont mettre du temps à s'apprivoiser et on craint comme Leila un divorce qui l'humilierait. C'est avec beaucoup de patience que l'amour va se créer (comme quoi parfois il faut laisser du temps au temps pour créer une vraie relation d'amour).

D'autres protagonistes nous dévoilent une partie de leur histoire d'amour à eux aussi, des couples mixtes qui doivent s'accorder : Sanjay, un indien vivant à San Francisco a épousé Oona, une américaine de Boston, quant à Bob, un américain, a épousé Shanti, une Indienne. Ce sont des ajustements culturels qu'ils doivent effectuer au quotidien pour vivre pleinement leurs relations.
Nous découvrons aussi Rekha, une jeune américaine d'origine indienne qui tente de se faire une place elle aussi entre les deux cultures, qui tente de les comprendre et de les concilier.

C'est un bon roman sur l'identité, le poids des traditions, sur l'amour qui peut se développer là où on ne l'attendait pas.
Ce roman nous ouvre à une culture que je ne connaissais pas du tout. De plus, il met en avant la femme, sans être un roman purement féministe. Les femmes ont une grande force morale et connaissent la patiente et la subtilité.
Je le conseille si vous souhaitez vous évader un peu !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

mardi 9 juin 2015

Retour à Bombay, de Kavita Daswani

Quatrième de couv' : Sohana Badshah est de retour à Bombay après avoir abandonné ses études à Londres à la suite d'une déception amoureuse.
Son grand-père, Darshan Badshah, self-made-man octogénaire et tyrannique, annonce que, plutôt que céder la firme familiale à l’un de ses fils, il la léguera à celui de ses petits-enfants qui lui présentera le projet de développement le plus innovant. Une terrible compétition s'engage.
Sohana, dont on attend surtout qu’elle trouve un mari, en est d’emblée éliminée.
Mais peu à peu elle va s’affranchir des tabous, découvrir la vérité sur son grand-père et comprendre pourquoi Jag, l'homme de sa vie, a décidé de rompre avec elle.

Dix ans après Mariage à l’indienne, Kavita Daswani nous offre un récit plein d'humour qui nous montre une Inde nouvelle où les jeunes gens à qui tout est dû ont les dents longues, mais où les femmes sont loin d'avoir dit leur dernier mot.

Mon avis : Très déçue que le résumé révèle tout. L'humour dont on nous parle dans le résumé est totalement inexistant.
Bref, en dehors de ce résumé révélateur et ce manque d'humour dans le récit, j'ai néanmoins trouvé l'histoire intéressante, ainsi que l'évolution de Sohana judicieuse. Sohana est une jeune femme indienne dont on n'attend rien sinon qu'elle se marie. Mais à 26 ans, la situation devient inquiétante. Elle s'exile quelques mois à Londres afin d'étudier l'architecture intérieure, y fait la rencontre d'un homme super, mais revient à Bombay quand il la quitte. Sohana, malheureuse, découvre qu'il l'a quittée parce que sa famille a entubé la sienne (spoiler alert ! mais spoiler pas très intéressant...). Elle découvre aussi que sa propre famille est la plus riche d'Inde, alors qu'elle a l'impression de vivre normalement. J'ai beaucoup aimé ses parents qui lui apprennent à se modérer financièrement. Son père est vraiment un homme qui a les pieds sur terre et j'aurais aimé qu'on le voit un peu plus.

Sohana, même si elle a 26 ans, est restée une petite fille. On la sent en quête d'affection, en quête de reconnaissance de la part de sa famille. Elle n'ose pas, n'est pas du tout indépendante (mais j'imagine que la société dans laquelle elle vit l'en empêche), et elle réagit parfois comme une ado, elle est si superficielle. Sa meilleure amie se comporte exactement pareil, et c'est déroutant de les voir si immatures pour leur âge. Pourtant peu à peu, elle s'émancipe, sa place de femme qui la cantonne à un futur rôle d'épouse, ne lui convient plus. Si au début elle aide son cousin Milan à trouver un projet à présenter à Baba (le grand-père tyrannique qui souhaite léguer son entreprise familiale à l'un de ses petits-enfants), elle va ensuite aider son frère, avant de réaliser (à la dernière page) qu'elle peut elle aussi proposer un projet digne de ce nom.
Je m'attendais réellement à la voir travailler dessus, à découvrir son projet, qu'on la verrait réaliser quelque chose de concret, comment elle présenterait son travail à Baba, et surtout quel est le secret de Baba et Dada ?
Là, la fin est ouverte, on nous laisse avec une fin pleine de questionnements et je déteste ça. Surtout que j'aurais vraiment aimé découvrir le secret de Baba et Dada (Baba le grand père et Dada est son frère, qui vit dans une sorte de dénuement et de déchéance de plus en plus grave, à cause de Baba) mais jamais je ne saurais ce terrible secret, et ça me frustre !

Les chapitres sont très courts, le langage et le style très facile à lire. On n'est pas particulièrement plongé dans l'univers indien, on voit un peu Bombay et les embouteillages monstrueux, mais sinon rien de la misère, de la pollution. Les personnages ne voient plus ces désagréments. Ou alors ils sont trop riches pour s'en soucier.
Je trouve que les divers sujets abordés sont juste effleurés et c'est dommage. Comme si ce roman avait été écrit à la va-vite, sans creuser les thèmes.
Cela dit j'ai bien aimé découvrir l'importance de la famille indienne ; les oncles, les tantes, ainsi que les cousins sont très présents, ils constituent vraiment une grande partie de la vie de Sohana.
On découvre une Inde très moderne, qui cherche à investir dans des technologies de pointe à l'étranger, qui fait la fête en mode jet-set, où des fortunes sont créées très vite au gré de la Bourse et des investissements à l'étranger. On oscille entre tradition (le mariage pour la femme) et le monde très moderne des affaires.

Pour aborder et se plonger en Inde, je ne pense pas que cette lecture soit un choix très judicieux. Je pense qu'il doit exister d'autres ouvrages moins branchés "affaires, trahison" que ce livre.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

lundi 8 juin 2015

Tag Liebster Award

Ce ne sera pas un article lecture pour une fois, mais bien un Tag lancé par des blogueurs.
J'ai été nommée aux Liebster Awards par Alison du blog http://www.itsalichon.com/ qu'elle a refait à neuf ces derniers jours ! 


Edit : Julie m'a aussi nommée alors je vais rajouter ses questions et y répondre un peu plus bas. 

J'en avais entendu parler et je crois qu'on m'avait nominée il y a quelques années mais j'avais dû zapper. Bref, le principe est simple, il faut : 

  • Écrire 11 choses sur soi.
  • Répondre aux 11 questions de la personne qui vous a nominée,
  • Taguer 11 blogs qui comptent moins de 200 abonnés et leur poser 11 questions,
  • Mettre le lien vers leurs blogs sur l’article,
  • Les tenir au courant de leur nomination,
  • Informer la personne qui vous a nominée que vous avez rempli votre tâche.





Let's go !


11 Choses sur moi 


  1. J'adore ouvrir ma boîte aux lettres et y découvrir une lettre, un colis, même une facture ! C'est la déception quand je la trouve vide. 
  2. Du coup, j'adore recevoir des box beauté. En l'occurrence, la Glossybox à laquelle je me suis réabonnée depuis 10 mois, même si j'avais dit que je n'y retournerai plus jamais... Bon les avis tranchés c'est pas mon fort. 
  3. J'aimerais bien voyager. Mais pas toute seule. 
  4. Je suis très très ordonnée, du genre à faire des listes, des croix apposées sur ce que j'ai fait, des gommettes pour les livres que j'ai intégrés à ma PAL, ranger, ranger, ranger. 
  5. Je déteste très très fort mes jambes, et ce, depuis l'adolescence. 
  6. Je ne passe pas un jour sans manger du chocolat. On peut me priver de toute la nourriture terrestre, mais alors pas le chocolat ! 
  7. J'ai plein de vernis mais j'en porte rarement. 
  8. J'ai de plus en plus de mal avec les sons et les bruits provenant de la rue. Je les vis souvent comme une agression. 
  9. De fait, les travaux me rendent folle. Et comme autour de moi ça ne s'arrête jamais, je n'arrive jamais à trouver le calme. 
  10. Je ne me suis jamais rien cassé. (Tu vas voir que dès demain je vais me tordre la cheville ou me casser un bras malencontreusement...) 
  11. J'ai le mauvais oeil. Haha ! Non je ne saurais même pas dire ce que c'est vraiment. Allé, une vraie dernière révélation : j'aurais adoré résoudre des enquêtes. 


Les 11 questions posées par Alison



Où trouves-tu l'inspiration pour ton blog ? 
Je ne m'inspire pas vraiment d'autres gens. Quand je rédige une chronique, souvent je vais voir sur Babelio ce que les gens en ont pensé, histoire de mieux structurer mon article, ou pour mettre le doigt sur un point que je n'arrivais pas à déterminer. 
J'aime suivre des blogs qui n'ont rien à voir, j'aime l'éclectisme de la blogo, c'est assez inspirant. 

Que fais-tu lorsque tu n'as plus la motivation de bloguer ? 
En fait ça ne m'arrive jamais de perdre la motivation. J'adore rédiger des chroniques à la suite de mes lectures, que ce soit du positif comme du négatif, ça me permet de garder une trace écrite de ce que j'ai pensé d'un livre. Et ça me plait de savoir que des gens vont lire ce que j'ai écrit et peut-être se retrouver dans mon avis. 

Une chanson qui donne la pêche à tous les coups ? 
Alors ça c'est une question difficile, j'écoute peu de musique, et là comme ça, rien ne me vient à l'esprit. 

La pièce fétiche de ton dressing ? 
Mes baskets ça compte ? Ce sont des Nike ID que j'ai "customisées" sur le site de Nike, qui ont coûté un bras et que j'ai depuis 6 ans. J'aimerais bien m'en refaire une paire mais il faut que je mette de l'argent de côté pour ça. 

Un endroit où tu voudrais être en ce moment ? 
à l'île de ré. Je ne sais pas trop pourquoi depuis quelques temps c'est l'endroit où j'ai envie d'aller. 

Quel est le bouquin qui t'a le plus marqué et pourquoi ? 
Y'en a quelques-uns ces derniers mois qui m'ont touchés : Les cerf-volants de Kaboul, Le soleil est pour toi. 

Si tu devais conseiller un film à voir absolument dans la vie ? 
Le Premier Jour du Reste de ta Vie, le meilleur film qui existe (à mes yeux). 

Un cadeau que tu aimerais recevoir ? 
Un bouquet de fleurs. Récemment je me suis rendue compte qu'on ne m'en avait jamais offert. 

Tu gagnes un million au Loto, que fais-tu de cet argent ? 
Epargne et Investissement dans l'immobilier. Je crois que je m'achèterais une maison à Anglet, je rembourserais mon père pour ma voiture, et j'achèterais un tas de conneries, de babioles, de produits de beauté, et un appareil photo qui en vaut le coup. Je prendrais une année sabbatique et je reprendrais des études pour faire autre chose. 

Une expérience inédite que tu rêverais de vivre ? 
Les Anges de la télé réalité. 
Non je rigole ! J'aimerais voyager et partir à la rencontre de gens généreux qui ont beaucoup à offrir humainement. 

Ce qu'il faut pour une bonne soirée ? 
Un livre, un lit et pas de réveil le lendemain !




Les 11 questions posées par Julie/Horsdutemps


Pourquoi avoir un blog ? 
ça fait tellement longtemps que je possède un blog que blogguer est devenu une habitude. Je crois que j'ai besoin de m'exprimer, et comme j'ai peu de gens avec qui le faire, mon blog est le meilleur exutoire pour ça ! 
En plus j'aime assez l'idée d'être suivie depuis un moment par certaines (comme Julie, Pandamned ou Alison), ça fait une petite communauté virtuelle qui continue de s'intéresser à ce que je raconte !

Pourquoi ce nom de blog ? 
J'ai souvent changé le nom de mes blogs, mais disons que Jude ou Creezzy sont les deux pseudos auxquels je me rattache depuis longtemps. Je préfère un pseudo qui me corresponde plutôt que "les lectures de Creezzy" qui m'imposerait une ligne éditoriale particulière. 

Pourquoi tu laisses (ou non) des commentaires sur les blogs que tu lis ?
Parce que le sujet m'aura intéressée, ou la façon d'aborder un sujet m'aura donné envie de donner mon avis. Ou tout simplement pour féliciter la personne pour la qualité de ses photos. 

Pourquoi tu lis des blogs ? 
C'est con comme réponse mais pour l'ouverture sur le monde. J'aime beaucoup découvrir comment d'autres gens comprennent, appréhendent certaines situations. 
J'aime connaître l'avis des gens sur un sujet qui me titille, qui me parle. J'aime encore plus quand je me retrouve dans l'avis. 
Et puis aussi pour la curiosité, mêlée à un peu de voyeurisme : j'adore le blog de Natacha Birds par exemple parce qu'en dehors de ses photos superbes j'aime découvrir le petit bout de vie familiale qu'elle nous propose. J'adore voir son petit Noa grandir. Ça donne peut-être l'impression de vivre par procuration, mais je crois que dans mon cas c'est plus une forme de fascination et d'inspiration. 

Pourquoi tu préfères ton blog préféré ?
Je n'ai pas de blog préféré. J'aime en lire, en découvrir, mais je n'ai pas de préférence, ils sont tous divers et différents. 

Pourquoi tu aimes (ou détestes) Paris ? 
Ah Paris ! Ce serait vous mentir que de dire que j'aime cette ville. Disons que je l'apprécie en tant que touriste, parce qu'il y a plein d'endroits à voir. 
Mais y vivre, non merci. J'y ai passé 6 mois, vers Porte d'Italie, et en dehors du 13è arrondissement je n'ai pas osé m'y aventurer seule. Je suis une froussarde, je reste dans ma zone de confort. Je n'aime pas Paris à cause du métro, du nombre fous de gens qu'on croise chaque jour, de la méfiance qui y règne, des prix exorbitants, du climat (trop froid en hiver à mon goût), des regards qui se jaugent, ou des regards qu'il faut à tout prix éviter. Bref du climat anxiogène de la ville à mon sens. 
C'est comme ça que je me sens à Paris, ça ne signifie pas que tout le monde s'y sente comme moi, attention !

Pourquoi ton métier/domaine d'études ? 
Ça c'est une sacrément bonne question. J'ai passé en revue la plupart des métiers connus du grand public et de tout ça, il n'est ressorti que la librairie qui me plairait. Après un an de travail dans ce domaine, je ne suis plus sûre de rien. 
Je me vois mal bosser dans un bureau toute la journée, je ne me vois pas faire quelque chose de trop manuel, ou dans la communication, ou avec les animaux, ou soigner des gens. 
Bref, je crois que la chose qui m'attire le plus c'est les livres, et d'en vendre, de partager mes bonnes lectures en espérant qu'un client l'aimera tout autant que moi. Orienter les gens pour qu'ils trouvent le livre qui les intéressera. Et puis le rangement. J'aime tellement que les choses soient ordonnées correctement, et avec les livres c'est facile d'obtenir cet état de plénitude quand on les voit bien alignés sur une étagère. 

Pourquoi les gens sont végétariens mais portent de la fourrure ? 
Parce qu'ils ne sont pas vegan ? hihi, non j'en sais rien, sûrement parce que c'est trop classe actuellement d'être végétarien et de manger healthy, mais tu comprends on va pas se passer de porter de la fourrure, ça réchauffe et puis c'est trop hype. 

Pourquoi manger du quinoa quand on peut manger du pain (avec du bon gluten) ? 
T'en poses de ces questions ! haha ! Je n'ai jamais goûté de quinoa, encore un aliment à la mode. 

Pourquoi la terre est ronde ? 
Les planètes ne sont-elles pas toutes rondes ? 



Alors là c'est le moment où je dois taguer 11 personnes qui ont moins de 200 abonnés. Mais Alison a nominé les personnes que je voulais aussi taguer ! Haha
Si quelqu'un veut reprendre ce Tag, je créé 11 questions et vous pouvez y répondre, laissez-moi un commentaire vers votre article ! 


Mes questions 

1. Depuis quand blogues-tu ? 
2. Plutôt banque d'images ou photos prises pas tes soins ? 
3. Prépares-tu un planning pour poster tes articles de blog ? 
4. (La question banale) Mer ou montagne ? 
5. Qu'aimes-tu faire en été ? 
6. Que fais-tu quand tu n'as pas le moral ? 
7. Quel sport pratiques-tu ? 
8. Un voyage dont tu rêves depuis toujours ? 
9. Un objet préféré au rayon papeterie ? 
10. Plutôt fruit ou légume ? 
11. Ta passion secrète (ou pas secrète d'ailleurs) ? 


samedi 6 juin 2015

Le soleil est pour toi, de Jandy Nelson

Quatrième de couv' : L'amour n'est que la moitié de l'histoire

Noah et Jude sont plus que frère et soeur, ils sont jumeaux, fusionnels. Sous le ciel bleu de Californie, Noah, le solitaire, dessine constamment et tombe amoureux de Brian, le garçon magnétique qui habite à côté. Tandis que Jude, l'exubérante, la casse-cou, est passionnée par la sculpture.
Mais aujourd'hui, ils ont 16 ans et ne se parlent plus. Un événement dramatique les a anéantis et leurs chemins se sont séparés. Jusqu'à ce que Jude rencontre un beau garçon écorché et insaisissable, ainsi que son mentor, un célèbre sculpteur...
Chacun des deux jumeaux doit retrouver la moitié de vérité qui lui manque.

Un livre superbe, lumineux, bouleversant, où s'entremêlent, comme dans la vie, la tristesse et la joie, et qui déborde de romantisme et de passion.
Jandy Nelson sait faire rire, faire pleurer, et faire rire et pleurer en même temps.

Prix littéraire jeunes adultes le plus prestigieux des USA : Le printz Medal.


Mon avis : Ouh là là... la petite claque que je me suis prise... Ce livre est tout simplement bouleversant. Autant (à mon avis) que Nos étoiles contraires ou Eleanor & Park.
Je tiens à préciser que je ne mettrai pas ce livre dans toutes les petites mains adolescentes. Disons qu'à partir de 15 ans voire un peu plus. (et aussi n'importe qui lisant habituellement des romans contemporains adultes pourrait se plonger dans ce livre sans le trouver trop enfantin)
On est touché en plein coeur par cette histoire, même si le début peine à démarrer et à nous plonger vraiment dans cette famille.
Le résumé fait pas l'éditeur est parfait.

Jude et Noah sont jumeaux et le lien qui les unit est très fort. Ils doivent apprendre à se partager une maman qui est fascinée par leur talent. On a un côté fraternel et famille très présent dans ce livre. On a aussi un petit côté fantastique qui vient agrémenter ce roman d'une petite touche sympathique (et humoristique, enfantine aussi) : les morts apparaissent et parlent, les âmes s'affirment par des couleurs.
Même si j'avais compris depuis bien longtemps le secret de cette famille (qui est révélé au lecteur seulement à la page 364 !) on se plait à découvrir la vie de Jude à l'âge de 16 ans, et celle de Noah à 14 ans. On a cette alternance du passé et du présent ainsi que l'alternance de points de vue des jumeaux, et on va ainsi comprendre ce qui s'est passé, le drame familial, les mystères qui entourent leur vie, la vérité qui va éclater au grand jour quand enfin, ils se reparleront.

Noah est particulier et c'est avec lui qu'on aborde ce roman. Il m'a légèrement fait penser à Sheldon Cooper, parce que Noah est différent des adolescents de son âge mais il est aussi extrêmement sensible au monde qui l'entoure. Les couleurs, les odeurs, les matières et les textures, tout se reflète en lui et l'assaille. Il a un monde intérieur extrêmement développé. Il est particulier et il a de l'or entre les mains. Il va complètement changer après un événement terrible. Il va s'ouvrir aux autres, tout en gardant ses secrets pour lui. Il est marqué par les coups que lui donne la vie mais il tente de s'en sortir en poursuivant une certaine normalité.

J'ai adoré Jude, sa soeur, qui change du tout au tout après deux événements qui se sont déroulés le même jour et ont bouleversé sa vie. Malheureusement, la jeune fille de 14 ans, casse-cou, sportive, admirée de tous, va se renfermer et c'est une Jude discrète, triste et particulière que l'on découvre à l'âge de 16 ans. Elle s'est créé un monde auquel elle tente de se raccrocher, pour ne pas pleurer, ne pas sombrer complètement. Le poids de sa culpabilité l'anéantie et le cadre familial n'est pas des plus propices au laisser-aller, entre un père dévasté et perdu, un frère qui a radicalement changé et une mère en colère. Jude doit veiller sur eux et maintenir le cap, alors elle s'accroche à des croyances, au risque de passer pour une folle.

Tous les deux sont passionnés d'art et sont doués pour ça. C'est ce qui va les diviser tout au long du roman. Pourtant en développant son art avec Guillermo Garcia, un sculpteur connu, Jude va s'approcher de la vérité. Tout en découvrant l'amour, le vrai, avec un jeune homme anglais, sans que ce ne soit niais. J'ai été émue par ces passages magnifiques où Jude et son âme soeur se découvrent, se cherchent, s'idéalisent et s'aiment. Quant à Noah et Brian, leur amour m'a semblé plus timide et plus rude au départ, avant d'être franc et fort. On retrouve vraiment dans ce livre ces moments où l'on se cherche quand on est adolescent, les histoires d'amour qui commencent puis se finissent mais sont impossibles à oublier, et reprennent, recommencent, sont empreintes d'une fougue et d'une grande force.

Il y a des passages très justes qui découlent d'une pensée, des choses que j'ai réalisées moi-même très tard et qui sont écrites là dans ce roman, et je me suis dit que j'aurais perdu moins de temps si j'avais pu les lire avant ! Haha !

Je conseille vivement ce livre. Il s'émane de vraies personnalités, des couleurs et une âme de chacun des personnages.  Ce sont vraiment des gens qui ont une histoire, un vécu, une personnalité, ce ne sont pas seulement des êtres de papier. Les vivants comme les morts sont magnifiques et on comprend à quel point ils continuent à vivre en nous après leur mort et au travers de leurs réalisations.
Si le début nous présente un cadre dramatique, des personnages tristes et malheureux, l'histoire va être un voyage presque initiatique, une affirmation de la vérité qui va enfin les soulager et les rendre heureux.
Leur histoire est forte, compliquée, marquante. Leurs destins s'entremêlent, bien qu'en tant que lecteur on en devine vite les raisons, mais ce n'est pas grave parce que ce livre a vraiment de belles qualités, les thèmes sont divers et bien abordés, avec pudeur et délicatesse.
Ce roman est touchant et bouleversant. (Et j'ai même versé des larmes, chose trop rare et se doit d'être mentionnée !)

Allé, estampillé Coup de coeur 2015 ! Bam !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 3 juin 2015

Miss Alabama et ses petits secrets, de Fannie Flagg

Quatrième de couv' : Il est loin le temps ou Maggie représentait fièrement l'Alabama, au concours de Miss America. À 60 ans, fatiguée, elle pense avoir connu le meilleur de la vie et s'apprête à mettre fin à ses jours, sur la pointe des pieds, sans gêner personne. Seulement il fallait que Brenda téléphone à ce moment-là. Deux places pour un spectacle de derviches tourneurs, dans huit jours, ça ne se refuse pas... Pour faire plaisir à son amie, Maggie accepte de retarder l'échéance d'une semaine. Et ces quelques jours vont lui montrer que l'existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu'elle ne le croyait...

Mon avis : Une bonne lecture.
Je ne pourrais pas comparer avec les autres romans de l'auteure car je ne les ai pas lus, mais j'ai trouvé que c'était très agréable à lire. Je ne l'avais pas emprunté quand il était en grand format, à la librairie où je travaillais parce que je pensais que le suicide était le sujet principal de ce roman. Mais pas du tout !
On entre dans la vie de Maggie, une ancienne miss Alabama qui ne s'est jamais vraiment remise de l'arrêt de sa vie de mannequin. Elle a aujourd'hui la soixantaine, travaille dans une agence immobilière et vit plutôt mal la situation de crise qui touche son emploi. De plus sa patronne, une petite femme pleine de vie est décédée 5 ans plus tôt, laissant Maggie, Ethel et Brenda se débrouiller pour maintenir à flot l'agence.
L'idée c'est que Maggie veut en finir avec la vie, mais ses plans sont toujours repoussés. On suit aussi Brenda, une femme un peu enveloppée qui a connu le racisme des années 60, et veut se lancer en politique (l'histoire commence début novembre 2008 quand Barack Obama est élu).

Maggie m'a beaucoup fait rire, elle est prévoyante, sérieuse, elle a tellement peur de déranger ou d'offenser les gens, elle a un côté petite fille adorable, fragile peut-être. Un personnage dans lequel on peut se reconnaître, mais ce qui fait vraiment la force de ce livre ce sont les autres personnages : Hazel était magique, Brenda tellement vivante et Ethel une vieille dame qui n'a pas su s'adapter aux changements, sans oublier Babs, la terrible agente qui réussit à récupérer tous les mandats pour les ventes.

Avec des chapitres très courts, l'auteure nous parle de ces personnages, auxquels d'autres s'ajoutent, pour illustrer le passé et le présent. J'ai adoré découvrir qui était Edward Crocker, j'ai beaucoup aimé la petite vie que mènent Brenda et Maggie, donnant beaucoup de leur temps pour leur travail.
Il y a beaucoup d'humour, un running-gag qui ne lasse pas, et puis beaucoup d'optimisme.
En gros, une bonne lecture à lire cet été !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur