jeudi 30 avril 2015

La singulière tristesse du gâteau au citron, d'Aimee Bender

Quatrième de couv' : Le jour de ses 9 ans, Rose mord avec délice dans son gâteau d’anniversaire. S’ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément le mal-être éprouvé par sa mère en le préparant. Car, dans sa famille, chacun dispose d’un pouvoir unique, qu’il doit taire ; pour ces super-héros du quotidien, ce don est un fardeau. Comment supporter le monde quand la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ?

Mon avis : Un roman tout à fait particulier, mais distrayant, tout en finesse.
Je voulais finir le mois d'avril en passant ma journée à dévorer un livre, j'ai choisi celui-ci, assez court (330 pages, écrit gros), que j'avais commencé à lire un jour de calme à la librairie il y a un an. Je l'avais acheté parce que le titre était prometteur et la couverture si jolie.

Bref, passons. Ce livre c'est l'histoire d'une fillette, Rose, qui à 9 ans va goûter un gâteau préparé par sa mère et va découvrir toutes les émotions que sa mère a ressenti lorsqu'elle a fait ce gâteau. Rose peut aussi deviner d'où viennent les aliments, qui les a récoltés, cueillis, etc.
Pour lutter contre la violence des émotions d'autrui, durant son adolescence elle devra se débrouiller pour manger des aliments industriels. (ouf, elle vit en Amérique et les distributeurs automatiques n'ont pas encore été retirés des écoles!)
Mais ce n'est pas seulement l'histoire de Rose, qu'on va voir grandir, c'est aussi l'histoire de sa famille : sa maman, une femme si douce et sentimentale, qui après avoir été femme au foyer cherche sa voie, son père, un avocat qui réussit bien sa vie, dont Rose va chercher à se rapprocher, et enfin Joseph son grand frère, un garçon particulier, brillant, solitaire et renfermé. Ainsi Rose va faire face à l'âpreté de la vie. C'est un livre sur les relations entre les membres d'une famille, où chacun cherche sa place.

Un aspect du livre qui m'a plu, c'est de ne pas avoir quitté l'Amérique (après ma lecture du Monde selon Garp), car Rose vit à Los Angeles. Les descriptions de la ville, de l'environnement de Rose sont très poétiques, ça m'a marquée au tout début. L'atmosphère de L.A. est particulière aussi, on a l'impression d'être dans une sorte de brouillard qui se dissipe pour laisser place à un ciel coloré (du bleu au rose). En fait j'imagine bien Sofia Coppola mettre en scène ce livre.

Par contre les dialogues ne sont pas introduits par des tirets et des guillemets, ce qui est déroutant (on ne sait pas toujours qui parle, si ce sont les personnages ou si on est retourné à la narration à la première personne).

Attention, pour les amateurs de réalisme pur, ici, il y a du fantastique. Les dons sont mis à l'honneur.
J'ai bien aimé cet univers, mi-fantastique, mi-fable contemporaine. J'ai trouvé de la douceur et de la mélancolie dans ce livre.

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mercredi 29 avril 2015

Le monde selon Garp, de John Irving

Quatrième de couv' : Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin… Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.

Mon avis : Je trouve que c'est très difficile de s'exprimer sur un roman aussi dense.
Le livre est long, très long. Les chapitres sont longs. Mais bizarrement, je n'ai pas eu envie de lâcher ce livre. Les pages se dévorent. Et bien qu'il faille du temps pour lire les 650 pages de ce livre, on y arrive sans difficulté.

Le style est simple mais particulier. On alterne des récits de la vie de Garp et ses écrits, ou encore ses échanges avec Ellen James. C'est original. Et surtout c'est extrêmement bien écrit. L'auteur prépare le lecteur à ce qui va se passer des dizaines de pages plus tard avec des détails qui nous paraissent sur le coup anodins, mais qui ont toute leur importance par la suite.

Quant à l'histoire, c'est la vie de Garp et de son entourage, et elle est intéressante ! Au début je me suis demandé si ça allait me passionner. A vrai dire, l'histoire de la vie de quelqu'un ce n'est pas toujours passionnant. Mais la vie de Garp est remplie de rebondissements tragiques, de drames, sa vie est particulière, dès sa conception même ! Et finalement même si certaines situations sont cocasses, elles se fondent parfaitement dans le roman qui raconte la vie d'un homme. Chaque chapitre apparaît comme une nouvelle vie, une nouvelle page qui se tourne comme on dit lorsqu'on passe une étape de notre vie. Et bien là, on a l'impression d'assister à toutes les vies additionnées de Garp et de son entourage. C'est une sensation très bizarre. Ce roman c'est la retranscription exacte de plusieurs vies qui se déroulent en une, voyez ?

Néanmoins je n'ai pas su m'attacher aux personnages, il n'y a pas de distance avec eux, mais je ne les ai pas appréciés outre-mesure. Ils ne sont pas clichés, ils sont même profonds, avec un passé rugueux pour certain(e). D'autres entrent dans la vie de Garp et s'y fondent si bien qu'on apprécie de les connaître maintenant, sans rien savoir de leur vie antérieure.

Sans trop vous spoiler, la vie de Garp est quand même sacrément malmenée. Il n'a pas une vie calme et paisible et son entourage est souvent en proie aux dangers. Garp qui a constamment un besoin de protéger son entourage va échouer dans les grandes lignes... (spoiler, attention si tu surlignes la suite, ne te plains pas en commentaires ! :p  (cela dit, à la fin certains lui survivent) 
Malgré ce côté sombre, on rit et on sourit.

Pour un ouvrage publié en 1978, on y trouve des combats qui sont de plus en plus ancrés et ouvertement déclarés dans notre société actuelle (la transsexualité, le féminisme, le père au foyer).
Le livre reprend des thèmes qui sont chers à John Irving, il met aussi (apparemment) beaucoup de lui dans ce roman. Garp est écrivain et parfois on se demande où est la frontière entre Garp et John Irving. Quand on lit les textes de Garp insérés dans ce roman, on commence à croire à son existence réelle, et c'est très perturbant !

Je vous le conseille, c'est un livre qui a de grandes qualités tant fictionnelles que sur le plan stylistique. (Bon dieu je ne suis même pas sûre que ça se dise).
C'est d'une telle richesse, tant dans le foisonnement des détails, que dans le réalisme des caractères de tous les personnages (enfants comme adultes).
Je crois que c'est l'un des livres que je vais garder précieusement dans ma bibliothèque.
Un incontournable de la littérature contemporaine américaine.

Néanmoins il y a des scènes assez violentes, d'autres très sexualisées, donc un livre à ne pas mettre dans les mains des plus jeunes. 

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jeudi 23 avril 2015

Boomerang, de Tatiana de Rosnay

Quatrième de couv' : Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret... et c’est l’accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l’angoisse au ventre, alors qu’il attend qu’elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l’a quitté, ses ados lui échappent, son métier l’ennuie et son vieux père le tyrannise.
Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s’apprêtait-elle à lui faire ? Entre suspense, comédie et émotion, Boomerang brosse le portrait d’un homme bouleversant, qui nous fait rire et nous serre le coeur. Déjà traduit en plusieurs langues, ce roman connaît le même succès international que Elle s’appelait Sarah.

Mon avis : J'ai bien aimé ce roman. Pour tout vous dire, moi qui galérais depuis quelques temps avec mes lectures, j'ai enfin dévoré un livre ! Ouf !
Ce livre faisait partie de ma PAL depuis assez longtemps, plus de 2 ans en tout cas. Je ne saurais pas dire pourquoi je l'ai choisi hier soir, peut-être l'envie de retrouver une lecture facile, fluide.
Effectivement, le style n'est pas exceptionnel, je me suis même surprise à me dire que j'aurais pu écrire ces phrases. Mais j'ai aussi trouvé que ça ne correspondait pas à l'écriture habituelle de Tatiana de Rosnay, peut-être parce que ce roman a été traduit de l'anglais par quelqu'un d'autre.
D'ailleurs je ne comprends toujours pas pourquoi certains libraires s'évertuent à classer l'auteure en littérature étrangère. Certes, elle a la double nationalité, mais il semblerait que seulement deux de ses ouvrages aient été écrits en anglais. (Dites-moi si je me trompe !)

En dehors de l'écriture qui m'a paru différente des autres livres, on retrouve bien les thèmes de prédilection de l'auteure : le passé, les secrets de famille, les riches familles bourgeoises parisiennes, le rapport aux frères-soeurs, enfants-parents.

L'histoire était intéressante, riche en événements. Peut-être trop d'événements morbides d'ailleurs. Je ne suis pas sûre que le dernier serve vraiment l'histoire... A un moment je me suis dit que le personnage principal, Antoine, attirait vraiment les emmerdes !
Tout commence par un séjour de trois jours à Noirmoutier, Antoine, la quarantaine, fraîchement divorcé, 3 enfants, décide d'emmener sa soeur, Mélanie pour lui fêter ses 40 ans sur cette île où ils ont passé de nombreuses vacances étant enfants. Mais sur la route du retour un accident survient et Mélanie est gravement blessée. Juste avant l'accident, elle souhaitait confier à Antoine un souvenir qui lui était revenu.
Ainsi commence l'histoire. Nous allons peu à peu suivre Antoine dans sa vie, nous découvrons son entourage, ses difficultés à exercer une forme d'autorité sur deux de ses enfants, alors adolescents rebelles et compliqués. Il va se lancer dans une quête du passé afin de comprendre comment sa mère est décédée lorsqu'il avait 10 ans. Antoine qui était déprimé, n'appréciait plus son job ni sa vie, va peu à peu reprendre des forces en partant en quête de soi : travail, relation amoureuse, dénouement d'une longue période de deuil, tout y passe.

J'ai bien aimé ce livre, il évoque beaucoup de sujets. Le héros grandit au fil des pages, se révèle, s'apprécie. Tous les personnages sont intéressants. Certains des personnages secondaires sont des caricatures (le beau-père nutritionniste, Gaspard, l'homme à tout faire). Même les ados, mais peut-on parler de caricatures quand on sait que certains se comportent réellement comme ça ?!
Je n'ai pas aimé Angèle, je l'ai trouvé désinvolte, trop fonceuse dans sa façon d'être avec Antoine au début. Puis elle s'adoucit mais la première impression est restée et je ne l'ai pas aimée. (peut-être parce qu'elle est ce que je ne suis pas ?)

Ce livre se dévore parce qu'il y a du suspense, en plus de nous conter une histoire de famille particulière.

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mercredi 22 avril 2015

Lucky Girls, de Nell Freudenberger

Quatrième de couv' : De Delhi à Bangkok, de Bombay à Saigon, cinq jeunes Américaines, conquérantes et passionnées, choisissent l'exil volontaire et s'affrontent à un nouvel environnement pour y chercher les repères qui leur manquent dans leur pays, au sein de leurs propres familles. Riches et envoûtantes, les cinq histoires de ce recueil nous font découvrir un auteur de talent, l'une des voix les plus singulières et les plus douées de sa génération.

Mon avis : C'est un recueil de nouvelles autour du thème du voyage vécu par 5 jeunes femmes américaines.

La première nouvelle s'appelle Lucky Girls : C'est l'histoire d'une femme qui vit en Inde. Elle nous raconte son histoire avec ce pays à travers ses rencontres avec la mère de son compagnon indien, qui vient de décéder. En 50 pages on découvre comment elle est venue en Inde, l'amour qu'elle a ressenti pour cet homme plus âgé et marié. On découvre aussi la franchise des indiens, les regards des hommes sur les femmes blanches, la chaleur à laquelle il est difficile de s'accoutumer.

La seconde nouvelle s'intitule L'orphelin : Dans cette nouvelle, on se retrouve en Thaïlande, un couple d'Américains, Jeff et Alice, prévoit d'annoncer à leurs enfants, Josh et Mandy, leur séparation. Le couple vit à New York, Mandy travaille dans un orphelinat en Thaïlande, Noël est l'occasion de se réunir et de faire un beau voyage. C'est ainsi qu'ils se retrouvent tous les quatre dans la moiteur de Bangkok. Alice est complètement retournée, la chaleur, le décalage horaire et la rencontre avec le copain de sa fille pèsent sur elle. L'annonce de leur divorce est difficile à faire, repoussée, puisque chacun a ses problèmes. Leur famille paraît désunie, ils ne s'entendent pas vraiment, on sent qu'il y a des non-dits. Alice a tendance à empêcher certaines discussions (autour de l'argent par exemple). Son mari a une relation particulière avec sa fille. Josh, le fils, est laissé pour compte. Quant au couple qui se délite, il est difficile de les comprendre, s'aiment-ils encore ? Ou ont-ils cessé ?
Le sens de cette nouvelle m'a complètement échappé. On suffoque avec les personnages, il y a une ambiance assez irrespirable. C'est une nouvelle particulière.

La troisième s'appelle Devant la porte Orientale : En très peu de pages on entre dans l'histoire de la famille d'une femme. Elle a presque 40 ans, une soeur Penny, une mère dépressive, accompagnée de son amie photographe Vivian, et un père chimiste. Ce sont tous des Américains, vivant/ayant vécu en Inde. On commence l'histoire quand la narratrice nous raconte son enfance. A 7 ans, sa mère, Vivian et Penny sont parties en voiture d'Inde jusqu'à Istanbul, laissant seule la narratrice avec son père et leur servante, sans jamais lui avoir clairement dit qu'elle ne serait pas du voyage. Cet abandon a marqué cette enfant, tout comme la dépression de sa mère. 30 ans plus tard, après avoir vécu aux Etats-Unis, elle retourne en Inde, où son père est reparti vivre. Il est atteint d'Alzheimer. Entre temps, la mère est partie sur un coup de tête en Californie et s'est suicidée à l'aube de ses 40 ans.
La narratrice fait donc face tout au long de sa vie, aux maladies qui vont toucher ses parents, désagréger sa cellule familiale peu à peu.
On plonge totalement dans l'Inde des années 70, et des années 2000. Peu de descriptions, mais efficaces, on a l'impression d'être au coeur de l'Inde.

La quatrième : Le professeur particulier : est franchement bizarre. L'ambiance n'est pas malsaine ou étouffante comme dans les autres. C'est une nouvelle simple, que n'importe qui aurait pu inventer. Je ne lui trouve rien d'exceptionnel. Mais l'histoire et le style sont assez incompréhensibles, comment dire ? Je n'ai pas réussi à comprendre où l'auteure nous emmenait. Il y avait trop de flashbacks mal introduits, de passages d'un personnage à l'autre sans introduction. Je n'ai pas compris l'histoire du père de Julia, et pendant une longue partie de la nouvelle je n'ai pas saisi ce que Zubin faisait en Inde après avoir séjourné aux USA. Bref, c'est la nouvelle que j'ai le moins aimé.

La dernière nouvelle est Lettre du dernier bastion : c'est la plus longue des nouvelles et il s'agit d'une lettre d'une jeune fille de 17 ans à des professeurs d'université. Dedans elle parle d'un homme, Henry, qui est écrivain et professeur aussi dans cette fac. Elle échange avec lui des lettres et en parle dans sa lettre. Elle raconte à ces inconnus tout ce qu'elle sait de lui, tout ce qu'elle a appris à travers ses lettres et les romans qu'il a écrits. A la fin on découvre le lien qui les unit. L'ambiance n'est pas comme dans les autres nouvelles. Le thème du voyage est moins présent, on se trouve un peu au Vietnam et au Laos, mais par petites touches. Je n'ai pas spécialement aimé cette nouvelle.

Finalement j'ai bien aimé les nouvelles à l'atmosphère pesante, ce sont celles dont je me souviendrai le plus longtemps. Si vous avez envie de voyager un peu en Inde, ces nouvelles sont faites pour vous, on passe aussi quelques moments au Vietnam et à Bangkok, ainsi qu'à Paris.
Vous n'aurez pas forcément le temps de vous attacher aux personnages, mais ce sont de bonnes nouvelles, bien écrites.

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lundi 20 avril 2015

"On m'a demandé de vous calmer", de Stéphane Guillon

Quatrième de couv' : Le patron de Radio France me propose un thé vert. Je décline son offre. "Vraiment, vous ne voulez rien boire ?"  S'ensuit une longue discussion sur l'humour, ses limites, ce qui est drôle, ce qui ne l'est pas... Bizarrement ma tête bourdonne... Et puis j'entends cette phrase étrangement menaçante : "On m'a demandé de vous calmer." Comme si quelqu'un venait de siffler la fin de la récré.

Mon avis : Pour ne pas m'embêter à la plage, et maintenir ma concentration qui est de 2min et demi dans un lieu extérieur, il me fallait un livre soit court, soit des nouvelles, des chroniques. Et écrit gros, (parce qu'à la plage je n'ai que mes lunettes de soleil et elles ne sont pas adaptées à ma vue), bref j'ai choisi un livre qui traînait dans ma PAL depuis bien longtemps. Peut-être même l'avais-je déjà lu, mais je n'en avais pas le souvenir. J'ai choisi ces chroniques, datant de 2008-2009, débuts de Stéphane Guillon sur France Inter.
J'ai franchement bien aimé. Alors non, on n'a pas le rythme, les intonations, la voix de Guillon, mais ces papiers sont tellement bien rédigés qu'on en rigole encore.
Et on replonge en plus dans la période 2008-2009, quand la France était dirigée par la droite et que la gauche fonçait dans le mur. Il tire sur les politiques mais aussi sur ses collègues, avec beaucoup d'humour/d'amour.
Personnellement j'aime beaucoup Stéphane Guillon et j'ai beaucoup aimé retrouver ses chroniques qui se lisent très facilement et rapidement.

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samedi 18 avril 2015

Raison et sentiments, de Jane Austen

Quatrième de couv' : En amour, comme en tout, rien n'a changé depuis le XIXè siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance. Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis : Pourquoi me suis-je lancée dans la lecture de ce livre ? D'une part pour le Challenge 1 mois, 1 consigne. D'autre part, je me suis fait une liste de classiques et de contemporains à avoir lu avant ma reprise du travail. Ensuite parce que j'avais envie de diminuer mon nombre de livres des éditions 10/18 et pour finir, parce qu'il ne me reste que des livres assez épais à lire.
Forcément je m'attendais à prendre du temps pour la lecture de ce livre. Il me faut beaucoup de temps pour lire une soixantaine de pages et comme ce roman en contient 400, même si je lis plusieurs heures d'affilée, j'ai l'impression de ne pas avancer.

Le style est alambiqué, les tournures de phrases tarabiscotées. Finalement il n'y a pas tant de descriptions, ni de dialogues, mais Jane Austen remplit son livre avec autre chose : des réflexions un peu longues, des tas de personnages qui ont des liens plus ou moins éloignés avec d'autres (de quoi perdre le fil) et une intrigue servie par diverses intrigues moins importantes.
Je ne me suis pas du tout attachée aux personnages. Marianne est intéressante, vive, mais toute l'histoire n'est que du point de vue d'Elinor, qui est beaucoup plus sage et réfléchie, du coup l'histoire paraît un peu terne. Les hommes ne m'ont pas spécialement plu, Willoughby paraissait intrigant, voire même profond, mais la fin le rend juste lâche et assez banal. Quant à Edward et sa fiancée j'ai eu du mal à comprendre un tel retournement de situation, ça m'a paru grotesque et improbable.

La fin ne m'a pas surprise, elle était très attendue et surtout expédiée en deux temps trois mouvements.
Je trouve que ce roman ressemble beaucoup à Orgueil et préjugés, on a le même schéma, des personnages qui ont un peu les mêmes façons de réagir.

Bref, vous l'aurez compris, je ne suis pas conquise par Jane Austen.

Cette lecture entre dans le cadre du challenge 1 mois, 1 consigne, puisqu'il s'agissait de lire une romance.


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dimanche 12 avril 2015

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, de Stefan Zweig

Quatrième de couv' : Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée…
Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.
Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Mon avis : J'ai bien aimé, je trouve les histoires de Zweig très intéressantes. C'est le 3è livre de cet auteur que je lis, et je ne saurais pas comment l'expliquer mais on sent qu'il y a quelque chose de commun à tous ses livres. Le rapport au passé peut-être ? Dans Le Joueur d'échecs comme dans ce roman, l'auteur part d'un contexte présent, introduit deux personnages qui vont discuter et revivre les éléments du passé qui ont profondément changé l'un des deux personnages.
Zweig est un auteur qui sait décrire les sentiments et leur puissance dévastatrice. J'ai beaucoup aimé découvrir l'histoire de cette vieille dame anglaise, qui va confesser son histoire au narrateur.

En plus le style et l'écriture sont accessibles. Le livre est très court et se lit rapidement.

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jeudi 9 avril 2015

L'étranger, d'Albert Camus

Quatrième de couv' : "Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français..."

Mon avis : Je l'ai lu en 2005, je n'en ai gardé aucun souvenir, et je l'ai relu hier, et... je n'ai rien compris. Enfin je veux parler du sens profond de ce livre. Je dois vraiment être débile parce que tous les élèves de terminale ou de première font des commentaires composés sur des extraits de ce bouquin, si ça se trouve ce livre sert même de support pour des dissert' de philo.

Bref, je l'ai lu, mais je ne l'ai pas compris. Je ne peux pas dire que j'ai apprécié, parce que le style est correct, même simple, l'histoire est intelligemment écrite, et se lit très facilement.
Mais le personnage, Meursault est vraiment particulier, on ne s'attache pas à lui, tout lui est égal, il n'a aucun but dans la vie, elle coule sur lui.
Je crois que si on se met à réfléchir un peu trop au sens de ce livre, c'est le non-sens de la vie qui nous apparait, l'absurdité de la condition humaine, et c'est... déprimant !

On a ces deux parties distinctes, l'avant et l'après. L'avant c'est une description creuse de la vie de Meursault, il nous raconte ce qu'il fait, ce qu'il mange. On le voit évoluer dans le temps, sans aucun sentiment, aucune empathie pour qui que ce soit, sans questionnement sur lui-même, sur ses voisins, son amie Marie. Il assiste indifférent à sa propre vie, comme à l'enterrement de sa mère. Il est totalement insensible.
Puis l'après, c'est l'intervention de la justice, les autres, les hommes en charge des lois. Tous les récents actes de Meursault sont soumis au jugement de personnes dotées d'une sensibilité, et c'est là, qu'on doit ressentir, nous aussi de l'empathie pour cet homme qui n'en a pas. On se dit certes il était indifférent à l'enterrement de sa mère, pensait plus à ses besoins physiques qu'à son ressenti et des hommes de loi veulent le juger parce qu'il n'y a pas pleuré ? Bref, tout devient confus. La loi n'a pas de sensibilité elle non plus, elle s'applique, un point c'est tout. Meursault ne possède aucune circonstance atténuante, alors le système judiciaire ne produit plus d'empathie, il tranche. (ouhouh quelle bonne blague (si vous avez lu le livre)).

[J'aurais dû redoubler 10 fois mon année de première, ça m'aurait peut-être permis d'acquérir une meilleure culture littéraire et un esprit de réflexion un peu plus développé.]

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mardi 7 avril 2015

Le Passeur, de Lois Lowry

Quatrième de couv' : Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n'existent pas. Les inégalités n'existent pas, la désobéissance et la révolte n'existent pas. L'harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveaux-nés inaptes sont "élargis", personne ne sait exactement ce que cela veut dire.
Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c'est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l'oeil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux.
Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d'une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté.
Jonas ne sait pas encore qu'il est unique. Un destin extraordinaire l'attend. Un destin qui peut le détruire.

Mon avis : J'avais lu ce livre en 4è, il y a une dizaine d'années, et j'avais adoré, du coup j'avais franchement peur d'être déçue par la relecture de ce roman.
Et finalement j'ai adoré !
Je me souvenais de quelques éléments, mais franchement pas de tout. Pourtant cette histoire est vraiment intéressante. Bien que courte, on découvre totalement un monde différent du nôtre. On suit avec avidité le parcours de Jonas : d'enfant faisant partie d'une communauté, il devient le Dépositaire de la mémoire de celle-ci. Les souvenirs qu'il acquiert sont ceux d'une époque que nous connaissons.
A la fin de ma lecture j'étais partagée, j'aurais aimé vivre dans un monde comme celui de Jonas, très ordonné, calme, sans surprise, et d'un autre côté, c'est un monde qui ne connaît pas les couleurs, les émotions, les textures, ni les surprises justement ! C'est un monde lisse, bien réglé, mais probablement très ennuyeux. Pour Jonas ça doit être très difficile de prendre sa décision finale.

J'ai trouvé dommage qu'on ne s'attache pas un peu plus aux personnages : le Passeur ou même Gabriel sont des personnages clés, et pourtant ils m'ont paru être des personnages secondaires, j'aurais voulu en savoir plus sur eux, m'attacher à eux.

Je ne pense pas lire la saga, j'aurais peur d'être déçue. Je ne pense pas voir le film non plus, j'aime assez les images qui sont dans ma tête. En tout cas, je suis contente de l'avoir apprécié à nouveau, et je le conseille vraiment. C'est une dystopie réellement intéressante, bien construite et qui soulève de vraies questions éthiques.

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dimanche 5 avril 2015

Sourire en coin, de Nicci French

Quatrième de couv' : Lorsqu'elle surprend son petit ami en train de lire son journal intime, Miranda met aussitôt fin à leur liaison.
Quelques jours plus tard, Miranda apprend que Brendan a entamé une relation avec sa soeur Kerry. Puisque Kerry est follement amoureuse et la famille ravie de cette idylle, Miranda n'a aucune raison de douter des sentiments du jeune homme. Vraiment ?

Mon avis : Mitigé.
La première partie était très intéressante, me tenait en haleine, j'étais vraiment à fond dans cette histoire de harcèlement et de pervers narcissique qui isole sa victime et la fait passer pour folle auprès de son entourage. Je me suis sentie étouffée comme Miranda, à qui on demande de se taire quand elle tente de dire la vérité. Personne ne la croit. Tous se rangent de l'avis de Brendan qu'ils ne connaissent que depuis deux minutes...

Mais la seconde partie, quand Miranda part dans sa quête obsessionnelle m'a dérangée et même déçue.
La fin n'est finalement pas surprenante parce qu'elle arrive trop tard. (Bien que le livre soit court). C'est trop tard parce qu'il y a des longueurs dans cette deuxième partie, alors on s'attend à une révélation de fin exceptionnelle, mais malheureusement ça tombe un peu à l'eau, ce n'est pas une révélation très originale.

Bref, un thriller qui promettait de grandes choses et qui retombe vite comme un soufflé.

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samedi 4 avril 2015

Royaume-Désuni, de James Lovegrove

Quatrième de couv' : Dans un futur proche, en conséquence de désastreuses décisions gouvernementales, l'Angleterre s'est retrouvée coupée du monde et livrée à l'anarchie la plus totale. Londres et les autres grandes villes du pays sont tombées sous la coupe de gangs armés, tandis que, dans les campagnes, on s'organise et on survit avec les moyens du bord.
Fen Morris menait une paisible vie d'instituteur de province, jusqu'au jour où un gang londonien vient kidnapper les femmes de son village, y compris la sienne. Commence alors pour Fen une épopée à travers cette vaste friche qu'est devenue l'Angleterre, un voyage initiatique qui pourrait bien changer le cours de l'Histoire.

« Lovegrove a su créer des personnages incroyablement vivants et attachants - ou détestables -, terriblement réels, et qui continuent de vous hanter longtemps après la fin du livre. » Bifrost

Mon avis : Je ne sais pas pourquoi, j'avais envie de lire une dystopie qui ne soit pas trop éloignée de notre monde. Royaume-Désuni n'est pas un livre de science-fiction même si il est classé comme tel.

On se trouve au Royaume Uni, à une époque indéterminée, probablement vers les années 2000, mais contrairement au reste du monde, ce pays a subi de grands changements. Les politiques ont laissé s'enliser des situations néfastes, au point que le pays s'est complètement isolé. Dans les villages, on ne trouve ni eau, ni électricité, ni voitures, les gens doivent se débrouiller entre eux.
Nous découvrons le village de Downbourne, dont les habitants tentent de survivre en s'échangeant des biens et des services. Nous suivons plus particulièrement Fen Morris, l'instituteur.
Dans cette petite ville tranquille, un soir de fêtes, un gang londonien va débarquer, passer à tabac tous les hommes du village et s'emparer des femmes. La femme de Fen, Moira, avec qui il ne s'entendait déjà plus très bien, sera kidnappée par le gang.
En preux chevalier, Fen va partir seul pour la sauver, où elle est retenue captive à Londres (soit à 80 km de Downbourne) par Le Roi du Con, le chef du gang des Bulldogs Anglais.

C'est donc toute une aventure que Fen va vivre, il n'a pas de véhicule, il doit se déplacer à pied. Il va faire de bonnes et de mauvaises rencontres. Son épopée va se révéler être complexe, mentalement comme physiquement.


Le récit alterne entre de courts chapitres du point de vue de Moira, qui va découvrir sa nouvelle vie dans le quartier des Bulldogs, avec le Roi du Con, et d'autres chapitres du point de vue de Fen, qui mène sa barque pour rejoindre Londres et sauver Moira.

La fin n'est pas surprenante. A vrai dire, l'histoire nous laissait penser que cela arriverait. L'important c'était de découvrir comment ça se passerait et de quelles manières le vivraient Fen et Moira.


J'ai plutôt apprécié ce livre, pour son côté "aventure", ses personnages, et la découverte d'un monde qui a changé à cause des décisions des hommes politiques.

MAIS les ficelles sont trop grosses : le schéma narratif est trop bien suivi, trop scolaire.
Le monde dans lequel les personnages vivent n'est pas assez creusé, les restrictions ne sont pas assez mises en avant. L'auteur ne nous explique pas du tout ce qu'est le "Pari malchanceux", ou pourquoi la société anglaise en est arrivée là, pourquoi la Communauté Internationale s'en prend au Royaume-Uni plutôt que de l'aider. En fait, le décor n'est pas suffisamment planté.

Un livre appréciable, on passe un bon moment en le lisant mais il manque d'originalité et de développement en ce qui concerne la société présentée.

Une longue citation : "C'est à cause de l'époque dans laquelle nous vivons. Les gens ont désespérément besoin de nouveaux leaders, de nouveaux dieux. Ils sont prêts à introniser presque n'importe qui. [...] Ils rêvent de stabilité et sont disposés à se raccrocher à tout ce qui passe. Ne vous méprenez pas sur mon compte : je sais pertinemment que je n'ai rien d'exceptionnel."

La fiche du livre sur le site de l'éditeur