mardi 31 mars 2015

La porte étroite, d'André Gide

Quatrième de couv' : « La porte était close. Le verrou n'opposait toutefois qu'une résistance assez faible et que d'un coup d'épaule j'allais briser... À cet instant j'entendis un bruit de pas ; je me dissimulai dans le retrait du mur.
Je ne pus voir qui sortait du jardin ; mais j'entendis, je sentis que c'était Alissa. Elle fit trois pas en avant, appela faiblement :
- Est-ce toi Jérôme ?...
Mon cœur, qui battait violemment, s'arrêta, et, comme de ma gorge serrée ne pouvait sortir une parole, elle répéta plus fort :
- Jérôme ! Est-ce toi ?
À l'entendre ainsi m'appeler, l'émotion qui m'étreignit fut si vive qu'elle me fit tomber à genoux. »

Mon avis : Je suis passée totalement à côté de ce roman. Vraiment je n'ai pas compris où l'auteur menait ses personnages. C'est une histoire d'amour, les deux personnages s'aiment depuis l'adolescence, mais la femme passe son temps à repousser l'homme. Je n'ai pas vraiment compris ses raisons, la vertu, la volonté de plaire à Dieu ? Il y a effectivement des passages de la Bible. Mais aussi Gide invente des lettres ainsi que le carnet intime d'Alissa. Et j'ai trouvé ça tellement intrusif comme si on entrait dans la vie et le coeur d'Alissa, et c'était dérangeant. Or Alissa n'est qu'un personnage. Tout est inventé. Mais je me sentais mal de lire ses échanges et son cahier intime.
Alissa va soumettre Jérôme à un tas d'épreuves, mais ne se donnera jamais à lui. Il l'aime de tout son coeur (voir la citation plus bas) et je ne comprends pas pourquoi il devrait le lui prouver par ces épreuves alors qu'il ne cesse de lui témoigner son amour.
En bref, Alissa m'a énervée, elle a un homme à ses pieds et elle lui préfère Dieu ?
Le style est ancien, les tournures de phrases sont compliquées, précieuses, d'une autre époque.
Ah oui, pas de rebondissement incroyable, l'histoire est assez linéaire, avec des ellipses narratives. Le temps passe et rien (ou presque) ne se passe.

Je pense que je n'ai pas aimé ce livre parce que je n'ai pas baignée dans la religion, et clairement je fais partie d'une génération assez libérée (voire trop ?) donc difficile pour moi de comprendre qu'une femme puisse se sentir coupable d'aimer, se sacrifie, refuse le bonheur.

Une petite citation : "Alors tu crois qu'on peut garder si longtemps dans son coeur un amour sans espoir ?
- Oui, Juliette. 
- Et que la vie peut souffler dessus chaque jour sans l'éteindre ? ..."

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 28 mars 2015

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, de Katherine Pancol

Quatrième de couv': Souvent la vie s’amuse.
Elle nous offre un diamant, caché sous un ticket de métro ou le tombé d’un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud.
Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident. Les gens brutaux, les gens pressés, ceux qui portent des gants de boxe ou font gicler le gravier, ignorent les détails. Ils veulent du lourd, de l’imposant, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d’un homme tremblant.
Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue… Et la vie n’est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi…

Mon avis : Il m'a fallu une semaine pour venir à bout des 940 pages de ce roman, et j'ai déjà oublié les éléments importants de ce livre.
Il n'y a pas d'intrigue dans ce roman. On suit des personnages, de plus en plus nombreux au fil des pages, on creuse un peu du côté de Gary, Hortense et Shirley et c'est tout.
Joséphine m'a pompé l'air avec son roman, la découverte du carnet noir et "petit jeune homme" à tout bout de champ ! Elle amasse des idées (sans jamais les mettre en place), plonge sans honte dans la vie d'un homme, elle le rejette quand il a besoin de lui en dire plus, sous prétexte qu'il n'a pas pris de risque dans sa vie et donc qu'il ne mérite pas son attention, bref, elle devient vraiment insupportable dans ce tome. Ses déboires amoureux sont vite expédiés. Pas que j'en demandais plus, mais dans les 900 pages elle se plaint de ne pas être avec Philippe, et dans les 10 dernières pages on nous annonce en deux temps trois mouvements que ça y est ils ont conclu l'affaire. 3 tomes pour ça ? sérieux ?
Hortense gagne des points, elle part à la conquête du monde de la mode, avec la même détermination. Zoé est une ado de 15 ans qui oscille entre le bébé et la grande fille.
Philippe est presque absent de ce livre, il erre dans sa vie, s'entoure de plein de personnages : Annie, Becca et Dottie, mais son évolution n'est pas franchement évoquée dans ce tome.
Alexandre est inexistant sur une grande partie du roman.
Quant à Henriette elle filoute, elle magouille avec Chaval pour obtenir toujours plus d'argent de ce pauvre vieux Marcel qui commence à rendre l'âme. Josiane et son fils sont assez présents sur la fin du livre. Junior est un personnage du domaine du fantastique et c'est assez agaçant.
Chaval séduit la Trompette mais qu'est-ce que c'était ennuyeux ! Déjà on découvre la vie entière de cette femme dont on se fiche éperdument, puis ensuite on a le droit à des passages dignes des romans Harlequin. Au secours. J'ai vraiment lu en diagonale (ce qui ne m'arrive jamais).

Les personnages m'ont épuisée. Et encore je ne vous parle que des personnages principaux !
Le problème de Pancol c'est qu'à trop vouloir créer des vies à ses personnages, elle nous perd, parce qu'on n'a pas envie de connaître la vie détaillée des personnages secondaires. Trop de longueurs, trop de détails inutiles qui ne servent pas l'histoire.

Quant à l'histoire ! parlons-en, il n'y a pas de fil conducteur, il s'agit juste de plonger dans la vie des personnages. Il n'y a pas d'intrigue. Le deuxième tome nous laissait une impression d'une énigme, de recherches, avec une trame et leurs vies qui se déroulaient autour. Dans ce tome-ci, rien du tout.
Pancol lance parfois des pistes d'histoire, d'intrigues, mais ne creuse pas du tout. Par exemple, ça aurait été intéressant de voir Hortense se venger de ce que lui a fait le boutonneux. Ou ce que Gary aurait fait de son héritage. Ou pourquoi Becca s'est retrouvée la rue ? Mais non, rien. Les sujets intéressants sont effleurés tandis que les sujets gonflants sont lourdement évoqués, ressassés sur 940 pages.
Il y a trop de descriptions, les dialogues sonnent parfois creux, comme des clichés.
Les ellipses narratives bâclent le début du livre, on s'ennuie sur une grande partie du roman, ça manque de dynamisme, de rebondissement. On sent une accélération du rythme sur la fin. Mais bon dieu, il faut s'accrocher !

Il y a trop d'histoires parallèles sur des personnages inintéressants alors qu'on a envie d'en savoir plus sur les personnages récurrents, qui paraissent bien fades dans ce tome.
En bref, un livre long pour pas grand chose. Le tome de trop.

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samedi 21 mars 2015

N'éteins pas la lumière, de Bernard Minier

Quatrième de couv' : « Tu l'as laissée mourir... »
Le soir de Noël, Christine Steinmeyer, animatrice radio à Toulouse, trouve dans sa boîte aux lettres le courrier d'une femme qui annonce son suicide. Elle est convaincue que le message ne lui est pas destiné. Erreur ? Canular ? Quand le lendemain, en direct, un auditeur l'accuse de n'avoir pas réagi, il n'est plus question de malentendu. Et bientôt, les insultes, les menaces, puis les incidents se multiplient, comme si quelqu'un cherchait à prendre le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s'effondre. Avant que l'horreur fasse irruption.
Dans les ténèbres qui s'emparent de sa vie, la seule lueur d'espoir pourrait bien venir d'un certain Martin Servaz.

« On ne voit rien venir. Mais on crève de savoir. La signature des grands polars. » ELLE

Mon avis : Vous ne connaissez pas encore ma passion pour les romans de cet auteur ?! 
C'est avec un peu d'appréhension que j'ai attendu qu'il sorte en poche pour me le procurer. J'avais peur d'être déçue parce que j'ai adoré Glacé et Le Cercle. J'étais impatiente de retrouver le Commandant Servaz. Ce roman le met moins en scène que les autres, cela dit j'ai adoré le retrouver, même dépressif, il garde l'esprit en alerte et s'investit à fond. En arrêt maladie, dans un centre de repos pour flics dépassés, il reçoit des courriers qui vont en quelque sorte le ramener à la vie et le plonger dans une enquête particulière, puisque celle-ci a été jugée "affaire classée" un an auparavant. 

On a une alternance de point de vue sur une affaire de harcèlement, on découvre avec Servaz un aspect de l'histoire, et avec Christine Steinmeyer l'autre côté si je puis dire. C'est elle qui est harcelée, malmenée par un homme (ou une femme ?) et sur fond d'opéra, sa vie plonge dans les ténèbres en très peu de temps. 

A un moment j'ai senti une petite déception poindre, quand je me suis rendue compte que l'auteur s'était inspiré du roman de Gillian Flynn Les Apparences (qui est mon thriller psychologique favori de tous les temps je crois). On peut aussi faire un rapprochement avec Juste une ombre de Karine Giebel, pour le côté harcèlement d'une femme forte (et plutôt dominante). 
Je n'ai pas été hyper surprise par les retournements de situation, même si je les ai trouvés géniaux. Peut-être qu'à force je m'habitue aux récits tordus ? Que l'effet n'est plus là, comme quand je lisais mes premiers thrillers ? (dommage pour moi). 
En tout cas, pour quelqu'un qui n'aurait pas l'habitude de ce genre, c'est évidemment surprenant. 

J'ai longtemps attendu que l'auteur nous parle de Hirtmann (que j'ai soupçonné de s'être déguisé), de Margot, d'Espérandieu mais ils apparaissent assez peu dans ce roman. Servaz, qui est en arrêt maladie, mène son enquête (presque) seul, de plus comme je l'ai dit plus haut, le récit alterne avec la vie de Christine dont on découvre beaucoup de passages. Ce qui n'en est pas moins intéressant, j'ai bien aimé ce personnage de femme forte, qui tout à coup est persécutée, sans savoir par qui. 
(J'avoue j'ai parfois pensé à Pretty Little Liars, mais en plus rapide et avec un vrai mobile !) Après avoir perdu pied, elle ose se mettre en danger, poussée par une force intérieure incroyable. Il y a de la manipulation dans l'air, et nous, lecteurs, nous suivons tout ça, en nous plongeant totalement dans cette histoire. 
On fait aussi une incursion dans l'histoire de la conquête de l'espace, la place des femmes dans ce monde très masculin. L'opéra est encore au coeur du roman de l'auteur. Voilà pour l'ambiance. (J'avais préféré l'ambiance glaciale des Pyrénées à vrai dire)

L'intrigue est intéressante et alambiquée, on ne s'ennuie pas au cours de la lecture de ce roman qui parle du harcèlement, de la paranoïa et de manipulation. J'attends impatiemment le grand retour de Hirtmann, l'adversaire de Servaz ! 


jeudi 19 mars 2015

Les Morues, de Titiou Lecoq

Quatrième de couv' : C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred –, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles.
Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'internet. C'est le roman d'une époque, la nôtre.

Trépidant dans son volet polar, sensible lorsqu’il raconte l’énergie dépensée par les femmes pour préserver leur indépendance, Les Morues dresse le portrait insolent d’une époque sans mode d’emploi. Un excellent premier roman. Be.

Bien écrit en un savant négligé, voilà un premier roman épatant, drôle et instructif. Le Canard enchaîné.


Mon avis : Passons sur le titre qui est affreux... Ce livre ne m'a pas plu. Je ne me suis pas ennuyée mais je n'ai pas aimé la façon dont il est construit, ni les personnages, ni l'histoire politico-financière qui s'y déroule.
Malheureusement on ne sait pas trop dans quel genre se situe ce roman : chick-lit, polar, enquête journalistique sur un fait d'actu ?

Je n'ai aimé aucun des personnages : leur révolte féministe à deux balles ne m'a pas paru très présente dans le livre (la Charte des Morues, pardon ? Hum... Ça aurait été drôlement amusant de la voir en annexe dans le livre, bah oui quitte à en parler un peu par ci par là, autant vraiment la rédiger).
On nous parle de 4 personnages principaux et pourtant leurs caractères sont à peine développés, sauf pour deux d'entre eux : Ema et Fred. On en sait même plus sur Blester, le mec d'Ema que sur Alice, censée faire partie de la bande de Morues.
Ema est le cliché même de la journaliste qui croit déceler un scoop et qui s'agite dans tous les sens.
Fred paraît plus profond et je pense qu'il est un personnage intrigant.
Gabrielle a une vie troublante mais on n'en saura pas plus ! Alice a l'air d'avoir la vie la plus banale du monde, mais rien ne nous sera décrit sur sa relation avec Gonzo (non mais ce nom!)
Quant à l'amitié entre ces quatre-là, j'ai eu du mal à la voir. Leur réunion autour d'un verre en sortant du boulot le soir me paraissait plus du copinage que de l'amitié. Mais allez savoir...

Les passages sur la RGPP, la privatisation des services publiques et les explications sont intéressantes, mais le côté moralisateur genre "vous la plèbe vous vous contentez de gober les infos qu'on vous donne à la télé sans vous interroger plus" m'a quelque peu irritée. De plus ces longs passages sur le sujet étaient parfois soporifiques. J'avais l'impression de lire un essai plutôt qu'un roman, ce qui laisse une sensation bizarre, entre la bonne découverte et le "qu'est-ce que ça fait là ?"

Le style est parfois vulgaire et j'en ai assez de lire ce genre de choses dans des romans contemporains. On a l'impression que c'est comme à la télé, plus on place des poitrines débordantes, plus on a d'audimat. Bah là, c'est pas parce que vous placez le mot "éjaculation" dix fois dans le livre que ça le rendra plus intéressant.

J'ai l'impression d'avoir été ballottée de droite à gauche avec ce livre, sans vraiment savoir où m'accrocher pour suivre l'histoire. L'épilogue est aussi long qu'un chapitre, le dénouement n'est pas à la hauteur de mes espérances : on nous balade sur 380 pages avec une histoire de suicide suspect, peut-être lié à la découverte qu'a faite Charlotte avec son dossier De Vinci pour son entreprise. Pendant tout le roman, Ema va mener son enquête, en demandant toute l'attention de Fred, le si dévoué Fred ! et au final on a une révélation pourrie. Surprenante, effectivement parce qu'en tant que lecteur on ne s'attendait pas à une banalité pareille après avoir lu tout ce triturage de méninges.

C'est vraiment dommage parce que j'avais bien aimé Sans télé on ressent davantage le froid (du même auteure). En tout cas j'étais moins sévère et moins sélective à l'époque !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

Ce livre fait partie du Time to Choose, ainsi que du Challenge 1 mois 1 consigne. Il fallait lire ce mois-ci un livre dont le nom ou prénom de l'auteur commence par un T.

mardi 17 mars 2015

Orgueil et Préjugés, de Jane Austen

Quatrième de couv' : En Angleterre, dans la société provinciale guindée, fière de ses privilèges et de son rang social, Mrs. Bennett, mère de cinq filles, veut à tout prix les marier... Elle n'hésite pas à faire la cour à son nouveau voisin, Mr. Bingley, jeune homme riche qu'elle aurait aimé donner comme époux à sa fille aînée Jane. S'ébauche une idylle entre Jane et Mr. Bingley, qui pourrait bien aboutir à un mariage. Elisabeth, soeur cadette de Jane, se réjouit de cet amour naissant. Mais c'est sans compter le dédain et la méfiance de l'ami intime de Bingley, Mr. Darcy qui, n'appréciant pas les manières de Mrs. Bennett et de ses filles, empêche Bingley de se prononcer. Elisabeth de tempérament fort et franc, consciente de la valeur et du mérite de son milieu, affronte Mr. Darcy...

Mon avis : Moins bon que ce à quoi je m'attendais.
Tout d'abord j'ai mis 4 jours (!!) à le lire, impossible de lire plus d'une centaine de pages par jour, le style étant loin d'être fluide ! Il y a des tournures de phrases compliquées, des phrases à double-négation (= une phrase positive donc, mais plutôt que de choisir la facilité et d'aller droit au but, on détourne l'affirmation par des négations, super...). C'était prise de tête et je me demande encore comment les gens de l'époque faisaient pour se comprendre !

Quant à l'histoire, je l'ai trouvé lente au début, puis à partir de la 300è page, on a un peu plus d'action, le style se veut plus simple, plus direct. Tout tourne autour du mariage, puisque les Bennett ont 5 filles à marier et pas un seul fils pour assurer de garder leurs biens dans la famille.

Les personnages :
Au début je me suis sentie un peu perdue au milieu de tous ces personnages (Mrs Lucas, Mrs Phillips, Mr & Mrs Gardiner, et j'en passe).

Je ne suis pas tombée amoureuse de Mr. Darcy. Son évolution est cool, d'orgueilleux il devient affectueux avec Elizabeth et tant mieux. Il prend soin d'elle, fait des démarches en secret, bref, un gentleman quoi. Mais il est si peu décrit, il brille souvent pas son absence, et il ne parle presque pas.

La mère des filles Bennett est insupportable ! et tellement bête. Elle passe son temps à retourner sa veste et parfois elle est d'une méchanceté crasse.
J'ai aussi ri, un peu bêtement en lisant certaines scènes. Mrs Bennett n'y est pas pour rien, il faut l'avouer. Jane Austen s'amuse à se moquer de certains personnages, ça apporte un peu de fraîcheur.

Elizabeth et Jane sont mes deux soeurs préférées, Elizabeth pour son côté anti-conformiste et Jane pour sa tendance à tempérer les choses. Ce sont les deux personnages les mieux réussis et construits de cet ouvrage.
Cela dit, leurs émotions semblaient parfois décuplées et sonnaient fausses, notamment à propos de l'histoire de Lydia qui les a paniquées au plus haut point.


J'ai beaucoup aimé découvrir cette époque, qui n'a rien à voir avec la nôtre ! Autant dire que c'est ce que j'ai préféré. Les moeurs étaient complètement différentes : les présentations ne se faisaient pas n'importe comment, les invitations, bals et dîners étaient légion et orchestrés d'une manière hyper guindée, les fiançailles rapides, les séjours pendant des semaines chez d'autres parents.
Et en même temps...
J'ai détesté l'attitude de toute la famille quant à Lydia, au moment de son mariage. Tous retournent leur veste devant son mari. En gros, c'est mieux qu'elle soit mariée à un petit con qui dépense tout son argent plutôt qu'elle retourne vivre sous leur toit à l'abri des autres et se refasse une réputation. Ils sont prêts à perdre leur fortune pour qu'elle se marie avec lui juste parce qu'elle a passé 15 jours avec sans être mariée. Ça me dépasse complètement !
Les ragots sont hyper nombreux, même les hommes y participent. Pas étonnant que les apparences comptent autant quand on voit que tout est prétexte à un jugement de la part de leurs voisins, voire de familles lointaines.
Aucun des membres d'une famille ne doit faire de faux pas, sans quoi l'opprobre retombe sur l'ensemble de ses parents, frères et soeurs, oncles et tantes. Incroyable !
Bref, même si je trouve certaines choses révoltantes, c'est sympa de découvrir cette époque sous cet aspect.

Dans l'ensemble ça a été une lecture sympathique, l'histoire comporte de multiples intrigues qui font avancer les choses. Bien que le début soit un peu confus à cause du grand nombre de personnages, on arrive à se retrouver et à apprécier les événements qui s'installent au fil des pages.

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TAG : Les 10 auteurs populaires dont vous n'avez encore jamais lu de livres

Hey ! Aujourd'hui je vous propose un petit tag très rapide, il me semble que je l'ai trouvé sur le blog de Iani, qui crée les Top Ten Tuesday. Ce n'est pas celui du jour mais un ancien que j'ai trouvé sur son blog il y a un moment. Je me suis dit que je faisais rarement des TAG et pourtant j'aime bien, ça demande de chercher un peu dans sa bibliothèque, de fouiller dans sa mémoire. 

Aujourd'hui donc, un TAG intitulé Les 10 auteurs populaires dont vous n'avez encore jamais lu de livres. 

1. Guillaume Musso : Je vais m'attirer les foudres de certain(e)s mais pour moi cet auteur c'est du marketing avant tout. Si il n'était pas tenu par sa maison d'édition d'écrire un livre par an, peut-être ses ouvrages m'intéresseraient ? Cela dit le mélange de romance, polar et surnaturel me tente moyennement.

2. Philippe Djian : J'ai 37°2 le matin dans ma PAL depuis environ 2 ans. C'est un auteur que je n'ai pas encore découvert car j'en repousse toujours la lecture, je ne sais pas du tout à quoi m'attendre... 

3. Nora Roberts : Comme Musso, cette auteure est tellement prolifique que ça en devient suspect... En plus la romance ne m'attire pas du tout. 

4. Stephenie Meyer : Je n'ai jamais lu Twilight. Ça ne m'a jamais attirée. Au moment de leurs sorties, mon frère a dévoré les 4 tomes mais moi, ça m'a laissé de marbre. J'ai ensuite vu le premier film et je l'ai trouvé tellement ridicule que je ne pense pas que cette histoire soit faite pour moi. 



5. Harlan Coben : Autant j'aime bien lire des polars, autant Coben est un auteur dit "facile", comme Musso ou Levy. En tout cas c'est ce qu'on m'a dit lors de mon année à l'IUT. J'en lirai peut-être un, un jour, histoire de me faire une idée. 

6. Dan Brown : Eh non je n'ai pas lu Da Vinci Code ! Je ne suis pas certaine que ce type d'histoire me plaise. Je n'ai d'ailleurs pas vu l'adaptation cinématographique. 



7. Pierre Bottero : Auteur de livres (plutôt fantastiques) pour la jeunesse, je n'ai jamais ouvert de livres de cet auteur. Je pense que ça manque cruellement à ma culture, mais on verra plus tard si ses romans m'attirent. 

8. Jojo Moyes : Auteure inconnue au bataillon avant de découvrir Booktube, ses livres appartiennent au genre de la romance et comme je l'ai dit plus haut, ça ne m'intéresse pas. J'ai d'ailleurs été lire des citations de ses livres sur Babelio et outre le fait que je ne comprends rien (parce que sorti du contexte, blablabla), ça a l'air très pauvre au niveau du style... 



9. Michael Connelly : grand auteur de romans policiers, d'enquêtes policières, il a créé plusieurs séries de polars : celle d'Harry Bosch, celle de Mickey Haller, et celle de Jack McEvoy.

10. Haruki Murakami : Auteur Japonais de 1Q84, ou Kafka sur le rivage, je n'ai jamais lu ses ouvrages. Je ne suis pas très attirée par la littérature asiatique. 



Après avoir bien trashé comme d'habitude sur ces auteurs sans les avoir lus, vous pouvez me jeter des pierres (ou m'expliquer en commentaire pourquoi vous avez lu ces auteurs, et pourquoi vous les aimez !) 

vendredi 13 mars 2015

Beauté, de Sarah Pinborough

Quatrième de couv' : Rappelez-vous la forteresse cernée de ronces, le courageux prince, le fuseau ensorcelé et la douce princesse endormie qui n’attend que d’être réveillée… 

... et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de la Belle au Bois dormant, telle qu’elle n’a jamais été révélée…


Mon avis : Tout le monde en a parlé et j'ai longtemps gardé cette saga dans un coin de ma tête, mais je craignais de ne pas aimer parce que je ne suis pas du tout une fan des contes. Je n'ai pas grandi en lisant des contes, je ne suis pas fan du tout de Disney et de ses adaptations (j'en ai vues entre 6 et 12 ans, mais après j'ai arrêté, donc si vous me parlez de Raiponce ou La Reine des Neiges je n'entraverai que dalle!).
Du coup, cette saga de Sarah Pinborough m'attirait surtout par ses couvertures, mais en même temps, je me demandais si ça valait vraiment le coup. Et puis Laura, du Bal des Livres Fous, a parlé de ce tome dans une de ses vidéos, en disant qu'on pouvait le lire indépendamment des autres et qu'elle avait adoré. Je suis tombée par hasard sur ce tome-là à la Fnac au début du mois. Je l'ai pris, feuilleté et puis je me suis décidée à le lire.

Quelle surprise d'avoir adoré ! Franchement je ne m'attendais pas à autant apprécier ce livre.
Déjà, le travail de mise en page est cool, les dessins avant chaque chapitre rappellent ceux des livres de contes et je trouve ça intelligent.
Ensuite, effectivement on est dans une ré-écriture de contes qui s'adresse aux jeunes adultes. Avec toutes les mises en garde de tous les Booktubers, je m'attendais à quelque chose de très trash ou avec beaucoup de scènes de sexe, mais ça va, ce n'est pas soft certes, mais ce n'est pas le thème principal du livre et surtout c'est bien amené.

Parfois on cherche des histoires qui vont nous transporter, avec des quêtes, de l'aventure et on est déçus de ne pas retrouver ça dans les contemporains, qui ont carrément abandonnés les éléments fondamentaux des contes, or Sarah Pinborough mêle tout ça avec un soupçon de magie, des personnages pas niais mais badass (j'ai bien aimé Petra par exemple quand elle s'adresse au Prince et lui dit qu'on ne touche pas une fille qui dort). L'histoire nous transporte rapidement dans ce monde irréel, elle est intelligente et bien menée.

Pour une non-initiée des contes, j'ai quand même été contente de lire et de retrouver des éléments qui viennent de l'imaginaire collectif (Le Petit Chaperon Rouge, La Belle au Bois Dormant)
Les personnages, même si on ne connaît pas leur passé, sont tout de même très attachants, pas forcément clichés d'ailleurs, on a des surprises (Belle, Petra ou même le Prince). On en ressort avec une toute autre vision de ces personnages qu'on a connus dans les contes traditionnels (ou les Disney qui les ont rendus débiles/niais/clichés).

Bref, pour moi ce livre est une belle surprise. Je ne sais pas si je lirai Poison et Charme, peut-être si je les trouve en rayon un jour je les achèterai, mais pas pour l'instant, j'ai envie de rester sur ce tome-ci qui m'a bien plu.

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mercredi 11 mars 2015

Total Khéops, de Jean Claude Izzo

Quatrième de couv' : Du Panier aux quartiers nord, du Vieux Port à l'Estaque, nous suivons les pérégrinations de Fabio Montale, flic déclassé de la Brigade de surveillance des secteurs, fils d'immigrés italiens qui aime les poètes des Cahiers du Sud, la pêche, la soupe au pistou de la vieille Honorine, les bouteilles de Lagavulin, les femmes et Marseille bien sûr.
Il y a vingt ans, il y avait Lole, la belle Gitane, et, autour d'elle, Manu, Ugo et Fabio. A présent ses deux potes de braquage sont morts d'une balle dans la peau : une pour Manu, puis une pour Ugo venu le venger... L'enquête de Fabio le plonge dans son passé trouble et les plaies à refermer se multiplient. D'autant qu'une de ses amies se fait violer et assassiner.
Dur ! "Total Khéops" comme le chante le groupe IAM. Autrement dit, bordel généralisé, fange pestilentielle dont on ne sort pas.

Mon avis : Je pensais avoir à faire à un polar rondement mené par une enquête policière intéressante. Mais de mon point de vue, trop de petits défauts plombent ce roman.

Déjà, Marseille n'est pas en toile de fond, mais c'est le coeur du livre. Et quand on ne connaît pas la ville, difficile de situer les actions, de visualiser. Autant je trouvais ça sympa d'avoir des détails sur les paysages, mais ce n'est pas ça que l'auteur nous présente : une succession de nom de rues, de quartiers (inconnus pour qui n'a jamais mis les pieds à Marseille).
L'atmosphère créée est aussi celle du sud : avec les quelques recettes qui nous sont proposées dans ce livre au détour d'une phrase, les dialogues ponctués de l'accent marseillais.
Bref y'a la volonté de nous plonger dans un lieu, de le retranscrire, de laisser Marseille s'exprimer.
Mais comme je l'ai dit, pas facile pour quelqu'un qui n'est pas du coin de s'intéresser à ces détails.
En plus, la ville est présentée de manière quasi sociologique, les populations y sont ciblées, les rues et les quartiers n'appartiennent pas à tous les Marseillais mais à des catégories de populations.
Cela dit, ce roman tient un vrai discours anti-raciste : sur fond de Front National qui cherche à diviser et à mettre le feu aux poudres, Marseille vibre de toutes ses populations qui ne se mélangent pas mais qui vivent pourtant ensemble.
La jeunesse est condamnée, tout de suite. à cause de leurs origines, de leur milieu social, ils n'ont pas le choix : accumuler les conneries, dealer ou finir criblé de balles.

Rien n'est facilité pour le lecteur : une quantité impressionnante de personnages qu'on oublie la page d'après mais qui ressurgissent un peu plus loin...
Fabio Montale est le narrateur et le seul personnage qu'on suit, si pour lui tous les gens qui font sa vie lui sont parfaitement connus, ils ne le sont pas pour le lecteur, qui se perd dans cette galerie de personnages très peu décrits...
Fabio est l'archétype du flic dans les romans et les séries : il agit seul, ou presque, contre sa hiérarchie, et s'amuserait presque des situations rocambolesques qu'il a créées, laissant ses collègues d'autres brigades se dépatouiller et le sauver quand il le faut.
Si j'ai bien aimé son côté "l'amitié passe avant tout, je veux comprendre pourquoi mes potes d'adolescence ont été tués" en revanche j'ai détesté son côté "je suis un éternel insatisfait incapable de m'engager avec des femmes". Je trouve cependant que c'est un personnage abouti. Et pour un livre écrit dans les années 90, même si aujourd'hui il nous semble être le parfait cliché du flic solitaire, qui se tape des p*tes et qui est souvent en désaccord avec ses patrons, je pense qu'à l'époque il sortait du lot.

Ensuite, l'enquête est coriace. Truands, gangster, petites frappes de banlieues, dealers et mafioso se côtoient pour créer un imbroglio qui perd le lecteur. Les explications peinent à arriver. Parfois il faut revenir sur des phrases pour comprendre qui a été tué, qui a fait quoi. On trouve aussi plein de flash back, pas toujours bien amenés. Bref, ce n'est pas clair.
Au début on est sur 2 enquêtes qui vont s'emmêler. Autant l'intrigue est complexe et bravo à l'auteur d'avoir réalisé ça, autant j'ai été larguée beaucoup trop tôt et du coup je n'ai pas apprécié cette histoire. Comme c'est tellement complexe, d'histoires imbriquées, trop de personnages, on n'a pas le plaisir de chercher par soi-même. L'auteur m'a perdu trop tôt pour que je me raccroche à son intrigue.

Je vois bien ce que l'auteur a voulu faire, mais moi je n'y vois que le négatif, ce livre ne correspond pas à ce que j'en attendais. Il n'était pas fait pour moi. Je lis ici et là des avis très enthousiastes, ça n'a pas été mon cas, je n'enchaînerai pas avec le reste de la saga.

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samedi 7 mars 2015

L'heure indigo, de Kristin Harmel

Quatrième de couv' : À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope s’affaire derrière les fourneaux de la
pâtisserie familiale. Entre son travail, la rébellion de sa fille adolescente, son récent divorce et ses soucis financiers, elle frôle parfois le surmenage. Hope s’enfonce peu à peu dans la déprime et la résignation. Aussi, quand sa grand-mère Rose lui demande d’aller en France retrouver sa famille disparue pendant la guerre, Hope accepte sans hésiter. Décidée à reprendre sa vie en main, elle s’envole pour Paris en quête de ce passé dont elle ignore tout. Car le temps est compté : atteinte de la maladie d’Alzheimer, la mémoire de Rose faiblit. Pour tout indice, elle a donné à sa petite-fille une simple liste de noms et une adresse.

Kristin Harmel nous embarque avec une émotion et une vitalité rares dans le récit d’une femme qui s’apprête à découvrir le douloureux secret de ses origines, tout en peignant avec finesse et mordant les relations houleuses entre mère et fille.


Mon avis : Une jolie histoire mêlant passé et présent.

Mais commençons par le négatif : trop de répétitions ! L'auteure écrit un truc, et le ré-écrit 5 pages plus loin sous la même forme. Ou l'idée que l'amour est tout dans une vie, est répétée tout au long du roman et à la longue, ça va on a compris !
Le déroulement du séjour à Paris est juste improbable, tous les vieux qu'Hope rencontre parlent super bien anglais. Soit l'auteure a une vision super erronée des Français et de leur piètre maîtrise de l'anglais, soit elle a laissé libre court à son imagination en créant des dialogues uniquement en anglais avec par ci par là un ou deux mots français.
Les retrouvailles avec un certain personnage m'ont paru complètement incongrues, mais allez, on est dans un roman, pourquoi pas !
Le personnage de Hope est super reloue. Elle passe son temps à se dévaloriser, elle repousse Gavin qui cherche à l'aider. Elle est incapable de mettre sa fille de côté pendant 5 min, il faut toujours qu'elle parle d'Annie, alors que sa gamine la traite super mal.
Le thème de la culpabilité revient sans arrêt. C'est peut-être un truc très américain, je ne sais pas, mais sur 420 pages ça devient vite insupportable que chacun se sente responsable du malheur des autres, et que chacun se sente coupable alors qu'il n'y est pas rien.

Bref, hormis ces éléments pénibles, l'histoire est belle et intéressante. Il y a de belles croyances, de la tolérance. L'auteure cherche vraiment à nous insuffler de l'espoir.

Rose, la grand-mère française, a eu une vie avant d'arriver aux Etats-Unis pour se marier et c'est ce que va découvrir Hope, sa petite-fille. De nombreux thèmes vont être abordés : la guerre, la déportation, la culpabilité, les survivants, l'exil, les secrets et le poids des non-dits dans une famille, la maladie d'Alzheimer, le grand amour.

J'ai bien aimé le style, et j'ai trouvé original que l'histoire nous soit présentée du point de vue de Hope mais aussi de celui de Rose, avec tous ses flash-back qui sont hyper intéressants (et finalement les passages du point de vue interne de Rose ne sont pas entravés par sa maladie, qui est traitée avec justesse).

L'histoire est plutôt intrigante : Rose, atteinte de la maladie d'Alzheimer est submergée par son passé. Elle sent que sa fin est proche et qu'il est temps de révéler la vérité. Mais plutôt que de faciliter la tâche de sa petite-fille en lui révélant tout, elle va donner pour mission à Hope de retrouver ses proches en France, disparus durant la 2nde Guerre Mondiale. C'est toute une partie de son histoire que Hope va découvrir à 35 ans.
Ainsi on va lui révéler qui était réellement sa grand-mère, elle va comprendre le poids des secrets sur une famille, le fardeau de la culpabilité de son entourage, bref, une vraie découverte de ses origines et de ses racines.

Le dénouement m'a fait monter les larmes aux yeux (ce qui est rare), parce que tout de même, ces retrouvailles après tant d'années, après toutes les épreuves traversées, c'est beau et je ne suis pas complètement insensible aux histoires d'amour qui se finissent bien.

L'auteure s'est bien documentée sur la question des Juifs, notamment ceux qui ont pu être sauvés grâce aux Musulmans durant la 2nde Guerre Mondiale (ce que j'ai appris il y a seulement 3 jours aux infos alors que j'ai quand même lu pas mal de récits de déportés ; aussi, merci l'école de ne rien nous apprendre à ce sujet...!)
Ce roman est aussi une façon d'appeler à la réconciliation entre les 3 religions monothéistes, ce qui est plutôt cool actuellement. Il y a beaucoup d'humanité dans ce roman.

Je ne m'attarderais pas trop sur les autres personnages car ils sont moins travaillés que Hope. Forcément Hope est la narratrice donc on découvre les autres de son point de vue.
Rob, l'ex-mari de Hope est imbuvable et ça déteint sur leur fille, Annie, 12 ans, qui est une pré-ado exécrable. Même si la recherche du passé de Rose va rassembler Hope et Annie, je trouve la gamine vraiment insupportable et sa mère est complètement larguée. Je regrette vraiment que Hope ne soit pas un personnage fort et admirable.
Heureusement le rayon de soleil de cette histoire reste Gavin, qui est un homme charmant, sans aucun défaut (bizarre...) mais au moins c'est un élément positif dans ce roman ! Et les quelques séniors qu'on croise dans ce livre sont tous adorables.


Par contre le résumé est un peu mensonger, Hope n'est pas résolue à reprendre sa vie en main, bien au contraire, ce sont les autres qui la forcent et lui prennent la main pour qu'elle fasse quelque chose parce que clairement, sans eux, elle resterait chez elle, à se lamenter sur la crise financière qui risque de l'obliger à fermer sa pâtisserie.

Le titre en anglais est "The Sweetness of Forgetting", donc rien à voir avec "L'heure indigo", ce titre en français se rapporte au fait que Rose adore ce moment où le soleil se couche, où elle peut retrouver ses étoiles chéries. Je ne comprends pas pourquoi la traductrice a marqué "l'heure bleue*" dans le texte ? Pourquoi ne pas avoir utilisé aussi le mot "indigo" dans le roman, ce qui aurait été plus logique et plus poétique.


Cela dit, c'est un roman sympa à lire, bien qu'il comporte pas mal de défauts. Une lecture agréable, intéressante et toutefois originale par son sujet.

Et voilà une jolie citation qui me plait : "Je veux dire que l'amour est partout autour de nous, répond Alain. Mais plus on vieillit, moins on sait le voir. Plus on a été blessé, plus on a du mal à le reconnaître quand on le croise, ou à accepter de l'accueillir dans notre coeur, et d'y croire. Et si tu ne lui ouvres pas la porte, si tu ne peux pas te résoudre à y croire, tu ne peux pas l'éprouver."

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mercredi 4 mars 2015

Harold et Maude, de Colin Higgins

Quatrième de couv' : « Roman, théâtre et cinéma ont rendu cette œuvre très célèbre. Harold, jeune homme riche, a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Elle est pour
Harold la femme idéale. Il y a un mais... Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf ! »

Mon avis : Voilà un livre léger en apparence, mais très profond dans ses réflexions sur le monde contemporain.

Nous découvrons deux personnages excentriques, le premier, un jeune homme de 19 ans, Harold, qui a une passion pour la mise en scène de sa propre mort. Régulièrement il invente de nouvelles façons de mourir afin d'effrayer sa mère. Et de l'autre côté nous découvrons Maude, une vieille dame qui va atteindre l'âge de 80 ans. Elle est anticonformiste. Elle vole des voitures (ce qui n'est pas dans sa conception du vol) et les conduit à vive allure, pose nue pour un sculpteur sur glace tout aussi barge qui ne parvient jamais à finir son oeuvre. A son grand âge, elle déborde de vie, fait de tout une nouvelle expérience. Très vite on comprendra pourquoi...
C'est l'histoire d'un jeune homme éveillé à la vie, à l'amour, par une mamie débordante d'énergie. Très vite, ils vont passer tout leur temps ensemble, et aimer la compagnie de l'autre.

Je me suis souvent demandée si ce texte se rapprochait de L'écume des jours, de Boris Vian, mais en fait non, tout le côté surréaliste et étonnant vient des personnages et ce qui nous paraissait incroyable est finalement expliqué par l'auteur par des moyens techniques tout à fait probables. On n'est pas loin non plus du genre de l'"absurde".

Ce livre c'est un peu une ode aux petits plaisirs de la vie. Une réflexion aussi sur le choix de sa propre mort. Ainsi que des choix que nous faisons pour mener une vie qui nous plait. On dépasse les limites imposées par les conventions sociales et c'est très intéressant.

Quand la fin est arrivée je ne m'étais pas encore assez identifiée ni sentie proche des personnages alors je n'ai rien ressenti, mais j'imagine que d'autres pourraient être bouleversés.

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(un reproche, l'édition Folio de 1984 est bourrée de coquilles)

Réconciliez-vous ! de Marek Halter

Quatrième de couv' : « Dites, mes amis juifs, musulmans, chrétiens, voulez-vous vivre ainsi dans la haine longtemps ?
Dans notre pays, vous habitez souvent la même rue, le même quartier. Vos enfants fréquentent la même école... Pour que l'aversion de leurs parents n'assombrisse pas leurs lendemains : réconciliez-vous !
Mes amis juifs, musulmans, chrétiens, réveillez-vous !
Aucune chance de voir disparaître le racisme et l'antisémitisme, les conflits entre communautés, ou surgir une solution au conflit israélo-palestinien dans les flots de haine qui coulent le long de nos trottoirs. Se déchirer entre citoyens d'un même pays au nom de croyances ou de valeurs opposées, se battre entre Français juifs, Français musulmans, Français chrétiens ne servira personne et encore moins Israël ou la Palestine. Seule la paix peut assurer leur avenir, notre avenir.
Il est temps ! Réconciliez-vous ! »

Mon avis : Achetez-le ! Lisez-le ! Il ne coûte que 3€, c'est un petit ouvrage qui se lit rapidement. Vous apprendrez de nombreuses choses sur le conflit israelo-palestinien, l'auteur en connaît un rayon sur le sujet, que ce soit historiquement, religieusement, etc.
Beaucoup de passages nous racontent l'histoire des 3 religions, en France comme en Israël, en Palestine.

Cet auteur encourage les différentes religions monothéistes à se réconcilier. Il nous apprend que ce n'est pas un ennemi que nous avons face à nous, mais un être humain qui croit en un Dieu qui souhaite les mêmes choses que nous : la paix.

C'est un bel appel à la tolérance.

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mardi 3 mars 2015

Le parfum, de Patrick Süskind

Quatrième de couv' : Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien.
Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes ».
C'est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman très vite devenu un best-seller mondial, et aujourd'hui porté à l'écran.

Mon avis : J'ai du mal à me faire un avis. C'est une histoire avec de l'aventure mais aussi quelques réflexions.
Du coup je n'ai pas l'habitude de suivre les péripéties de la vie entière d'un personnage.

Ce roman est particulier parce que le personnage Jean-Baptiste Grenouille a un nez extrêmement développé, il a du flair. Un vrai flair qui lui permet de découvrir chaque note d'un parfum, chaque odeur qui constitue le "corps évanescent" de chaque homme ou femme. Un personnage tout à fait unique, exempt de tout sentiment pour autrui, il est froid et calculateur, distant et invisible.
Il est condamné à mener une vie solitaire, mais peu lui importe. Contrairement à tout un chacun, lui, Grenouille, n'a aucune odeur corporelle, il travestira alors son corps par les odeurs qu'il aura créées, ce qui est très intéressant et nous mènera à une fin extraordinaire.

Ce qui est rageant pour le lecteur c'est de ne pas avoir accès à toutes ces odeurs ! (cela dit, je me passerais bien de celles du Paris puant du XVIIIè siècle !).

On suit l'histoire de Grenouille de sa naissance à sa mort. Sa vie est entièrement vouée à analyser et concevoir des odeurs. Il y a pas mal de passages sur la façon de fabriquer un parfum, les techniques de distillation au XVIIIè. Toutes les descriptions de ce livre commencent par celles des odeurs. (champ lexical très développé de l'odorat et du parfum, je donne des indices aux lycéens qui tomberont sur mon article pour leurs dissertations ;))

L'auteur nous parle aussi d'autres personnages, ce qui est intéressant et nous permet de sortir un peu de la bulle de Grenouille. Chaque personnage est assez construit, on se rend bien compte de leur personnalité à travers les quelques lignes qui leur sont accordées. Ils auront tous un destin tragique, mais l'auteur ne fait pas dans le pathos, il reste dans la sobriété.
Niveau style, il n'y a rien à redire, on trouve des passages vraiment truculents ! J'ai souvent souri du cynisme de l'auteur.

Pendant une grande partie du roman je me suis dit que le sous-titre "Histoire d'un meurtrier" était un peu trompeur, et puis vient la 3è partie, où là, c'est l'hécatombe ! On a de l'action, des habitants complètement paniqués, des recherches menées par les patrouilles des villes, c'est assez drôle à voir.

Toute l'histoire va nous plonger dans des émotions diverses voire extrêmes : horreur et compréhension, dégoût et fascination, abomination et génie. C'est un livre qui nous fait ressentir des choses, qui laissera sûrement un souvenir assez ancré dans mon esprit car Grenouille est en quête d'un idéal, comme chacun de nous, le sien étant dicté par son nez, ce qui est assez particulier.
Même si j'ai trouvé des longueurs à ce texte et que je ne me suis pas plongée dedans des heures d'affilée, je suis contente d'avoir découvert ce classique de la littérature, publié en 1985.

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