jeudi 31 décembre 2015

2015 Reading Challenge

J'en avais peut-être parlé l'an dernier, je prévoyais de faire des challenges en 2015. Jusqu'à cet été j'en ai fait et puis le temps passant j'ai oublié, abandonné. Je reviens en cette fin d'année pour vous faire un point sur ce challenge que j'ai pas mal réussi !

(D'avance, désolée pour la traduction approximative, je n'ai jamais été douée pour ça)


A book with more than 500 pages / Un livre qui contient plus de 500 pages : Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

A classic romance / Une romance classique : Orgueil et Préjugés

A book that became a movie / Un livre adapté en film : Coup de foudre à Austenland

A book published this year / Un livre publié cette année : La bibliothèque des coeurs cabossés

A book with a number in the title / Un livre avec un nombre dans le titre : Fahrenheit 451

A book written by someone under 30 / Un livre écrit par quelqu'un qui a moins de 30 ans : Je vais bien ne t'en fais pas (je triche sûrement un peu, mais à l'époque de l'écriture, Olivier Adam n'avait pas 30 ans - il était âgé de 26 ans)

A book with nonhuman characters / Un livre avec des personnages non-humains : Ça a été difficile pour celui-ci mais Conception s'y prête bien !

A funny book / Un livre humoristique : Is everyone hanging out without me ? 

A book by a female author / Un livre écrit par une femme : La vie devant ses yeux

A mystery or a thriller / Un policier ou un thriller : Travail soigné

A book with a one-word title / Un livre avec un titre en un mot : Boomerang

A book of short stories / Des nouvelles : Attention Dieu méchant

A book set in a different country / Un livre dont l'action se déroule à l'étranger : Mange, Prie, Aime (je gagne plusieurs points avec celui-ci, non ?!)

A nonfiction book / Un essai : Les Affamés

A popular author's first book / Le premier livre d'un auteur populaire :

A book from an author you love that you haven't read yet / Un livre d'un auteur que tu aimes mais que tu n'as pas encore lu : N'éteins pas la lumière

A book a friend recommended / Un livre recommandé par un ami : Sobibor

A Pulitzer Prize-winning book / Un prix Pulitzer :

A book based on a true story / Un témoignage : Rescapé

A book at the bottom of your to-read list / Un livre à la fin de ta liste de livres à lire : Mygale

A book your mom loves / Un livre que ta mère adore :


A book that scares you / Un livre effrayant : Le sourire de l'ange

A book more than 100 years old / Un livre qui a plus de 100 ans : Raison et sentiments

A book based entirely on its cover / Un livre choisi uniquement sur sa couverture : Triburbia

A book you were supposed to read in school but didn't / Un livre que tu devais lire à l'école mais que tu n'as jamais lu :

A memoir / Un mémoire :

A book you can finish in a day / Un livre que tu peux lire en une journée : Si je reste 

A book with antonyms in the title / Un livre avec des termes opposés dans le titre :

A book set somewhere you've always wanted to visit / Un livre dont l'action se déroule dans un endroit que tu as toujours voulu visiter : Barcelona !

A book that came out the year you were born / Un livre paru l'année de ta naissance :

A book with bad reviews / Un livre avec des critiques négatives :

A trilogy / Une trilogie : Trilogie New-Yorkaise

A book from your childhood / Un livre de ton enfance : Le Passeur

A book with a love triangle / Un livre avec un triangle amoureux :

A book set in the future / Un livre qui se déroule dans le futur :

A book set in high school / Un livre qui se déroule au lycée : L'année solitaire

A book with a color in the title / Un livre avec une couleur dans le titre : L'heure indigo

A book that made you cry / Un livre qui t'a fait pleurer : Le soleil est pour toi 


A book with magic / Un livre avec de la magie : La singulière tristesse du gâteau au citron

A graphic novel / Un roman graphique : Je triche peut-être aussi : California Dreamin' 


A book by an author you've never read before / Un livre d'un auteur que tu n'as jamais lu avant : Le secret

A book you own but have never read / Un livre que tu possèdes mais n'a jamais lu : Rencontres fortuites 

A book that takes place in your hometown / Un livre qui se déroule dans ta ville natale :

A book that was originally written in a different language / Un livre écrit dans une autre langue : A l'ouest rien de nouveau

A book set during Christmas / Un livre qui se déroule à Noël : Let it Snow


A book written by an author with your same initials / Un livre écrit par un auteur qui possède les mêmes initiales que toi :

A play / Une pièce de théâtre :

A banned book / Un livre interdit : L'attrape-coeur (qui a été censuré aux USA)

A book based on or turned into a TV show / Un livre basé ou adapté en émission de télévision :

A book you started but never finished / Un livre que tu as commencé mais jamais fini : Le tueur hypocondriaque


Je ne prévois aucun challenge pour 2016. Avec le boulot, je préfère ne pas me mettre de conditions, ni de barrières pour mes lectures. J'espère simplement continuer à lire, et à lire tout ce qui me passe entre les mains !

Et vous, avez-vous réussi ce 2015 Reading Challenge ? Prévoyez-vous d'en faire en 2016 ? 

Dieu me déteste, d'Hollis Seamon

Quatrième de couv' : New York, hôpital Hilltop. Richard sait qu'il ne fêtera pas ses dix-neuf ans, mais il a une furieuse envie de vivre ! Et d'embrasser Sylvie, la jolie fille de la 302... Contre la montre, le corps médical et sa famille toquée, ce Roméo casse-cou décide donc de flamber ses derniers rêves. Jusqu'à jouer son destin au poker, dans un des plus beaux bluffs jamais montés contre le sort...
Ce roman bouleversant offre une leçon d'humour ravageuse et une extraordinaire leçon de vie.

Mon avis : Je reconnais que c'est un bon livre, bien écrit et émouvant. Mais il ne m'a pas touchée plus que ça. Je dois être insensible et je n'ai été émue qu'une seule fois sur les 235 pages.
Je ne me suis pas attachée aux personnages, c'est une galerie de portraits d'humains dévastés soit par leur propre maladie, soit par celle d'un proche, soit par le quotidien des malades qu'ils doivent soigner. On n'est pas dans la rigolade avec ce roman, bien qu'il y ait des touches d'humour, d'ironie et de cynisme.
Il y a aussi beaucoup d'énergie de la part de Richard, même si son corps est affaibli, il garde en lui l'énergie de l'adolescence, la volonté de vivre de beaux moments tout en ayant conscience que sa fin est proche. L'énergie vient aussi de l'équipe soignante et des membres des familles qui vivent un drame. Aux soins palliatifs on découvre des malades bien entourés ! Pour Richard, on rencontre sa mère, une femme vaillante, sa grand-mère rock'n'roll, son oncle complètement barré, et Sylvie, la jolie malade déterminée de la chambre 302. C'est autour de Sylvie et Richard, les deux adolescents, que tourne la vie du service de soins palliatifs. A eux d'eux ils vont défier l'autorité et la mort, afin de vivre des jours intenses et inoubliables.

Pour le style, j'ai été surprise par la première page qui m'a rappelée Holden Caufield dans L'Attrape-Coeur. Mais par la suite Hollis Seamon trouve son propre style et c'est agréable à lire. L'intrigue n'est pas folle et on sait dès le départ ce qui risque d'arriver aux protagonistes, mais leur aventure est un pied de nez à la mort et au temps qui les précipite vers elle.

Je le recommande si le sujet ne vous effraie pas trop, peut-être que vous serez plus touchés que moi par ce roman, qui sait ?

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 28 décembre 2015

L'arabe du futur, Riad Sattouf

Quatrième de couv' : Tome 1 : Ce livre raconte l'histoire vraie d'un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d'Hafez Al-Assad.


Tome 2 : Ce livre raconte l'histoire vraie d'un écolier blond dans la Syrie d'Hafez Al-Assad. 

Mon avis : Je vous fais une chronique sur les deux tomes vu que je les ai lus d'affilée.

Nous découvrons l'enfance en Libye puis en Syrie de Riad Sattouf avec quelques moments vécus en France.

Les dessins sont fidèles à ce que fait l'auteur habituellement. Personnellement ces personnages plutôt simplistes et caricaturés ne sont pas ma tasse de thé. J'ai bien aimé le choix des couleurs pour représenter les pays.

Quant à l'histoire, je dois saluer la très bonne mémoire de Riad Sattouf parce que j'aurais du mal à me rappeler avec autant d'exactitude les événements de mon enfance !


J'ai été plusieurs fois choquée par les propos du père de Riad. Son père a souvent un comportement paradoxal, pas en adéquation avec ce qu'il prône. J'ai ressenti de l'incompréhension envers la mère qui reste avec son mari et le suit dans ces pays où la vie est hyper difficile, elle n'a jamais voix au chapitre, elle reste en retrait et s'inscrit dans un schéma assez machiste.
J'ai été encore plus choquée par la façon dont sont traités les enfants à l'école... Son enfance n'est pas des plus agréables et visiblement son père a dû mal à comprendre qu'il ne protège jamais son fils puisqu'il ferme les yeux sur beaucoup de choses. Il y a une grosse dose de violence émanant des jeunes garçons qui n'hésitent pas à empaler un chiot ou à frapper leurs cousins. Le poids des traditions est aussi très fort dans le deuxième tome, mais aussi la justice rendue soi-même et violente que peut avoir engendré certains actes.
Très tôt les enfants sont élevés dans la haine d'Israël et la crainte de ne pas être un bon musulman (quand par exemple Riad angoisse de ne pas comprendre la première sourate du Coran lue à l'école).
Les anecdotes sur l'enfance sont parfois très drôles comme quand Riad croit que Dieu ressemble à George Brassens, ou quand il évoque le pouvoir des bananes sur son organisme.
On découvre le quotidien des Syriens et la grande pauvreté de certains en opposition totale avec le luxe dans lequel d'autres vivent. En même temps, on apprend qu'en Syrie, quand une maison est terminée, on doit payer des impôts dessus, d'où l'état de délabrement des habitations. Les gens vivent et se contentent de peu, même quand ils ont l'argent pour mener à terme un projet immobilier.

Je trouve très intéressant le recul qu'il a sur son enfance et sur ses parents, et sa mise en scène à travers ces deux BD. Je lirais la suite avec grand plaisir. Ce sont des ouvrages touchants et intéressants.

La fiche des livres sur le site de l'éditeur

Tome 3, lu en Juin 2017.

vendredi 25 décembre 2015

Conception, de Chase Novak

Quatrième de couv' : Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession.
Dans une dernière tentative désespérée, le couple se rend en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle…
Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par les secrets, les jumeaux Alice et Adam se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent. Leur découverte aura de quoi les épouvanter…

Mon avis : J'ai commencé ce livre début décembre. J'ai commencé un nouveau boulot et le soir je n'avais franchement pas envie de lire. Ni pendant mes jours de repos. Du coup j'ai mis une éternité pour venir à bout de ce roman. D'autant plus qu'il ne m'a pas emballée autant que je l'imaginais.

La première partie m'a plu parce qu'on découvre le désarroi d'un couple qui n'arrive pas à concevoir d'enfants, jusqu'à ce qu'ils tombent sur le remède miracle. On tombe alors dans le glauque, l'horreur. On se doute de ce qui arrive, on se doute de quoi est constitué ce remède et c'est intéressant à imaginer.
Puis la seconde partie se passe 10 ans plus tard, et j'ai moins apprécié. On change de points de vue, on est plus dans le roman d'aventure, de fuite et de poursuite. Et puis ça manque d'intrigue, on tourne vite en rond.
Là où je trouvais de l'humour très noir et cynique, un second degré très présent dans la première partie, la seconde partie en est dépourvue et c'est dommage.
Ce roman a peut-être aussi été écrit avec en tête une adaptation au cinéma parce qu'il est très visuel et très rythmé. On a pas mal de descriptions de lieux, et puis des courses poursuites, que ce soit à New York ou en Slovénie.

Je pense que c'est un bon livre pour les amateurs de romans terrifiants, mais aussi décalés. Je n'ai juste pas été embarquée dans ce roman qui m'a ennuyée.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 30 novembre 2015

Les liens du mariage, de J. Courtney Sullivan

Quatrième de couv' : Frances, Evelyn, James, Delphine et Kate – cinq destins s'entrecroisent sans savoir ce qui les lie. De Frances, pionnière de la publicité dans les années 1940 qui a sacrifié sa vie amoureuse au profit de sa carrière, à Kate, jeune femme des années 2000 qui a arrêté de travailler pour s'occuper de sa fille, tout en fuyant le mariage, J. Courtney Sullivan retrace les évolutions du couple depuis soixante ans. Elle détaille avec minutie les variations de la vie à deux et nous plonge comme à son habitude dans les pensées de ses personnages.
Un roman juste, réaliste et touchant, par l'auteur des Débutantes et de Maine.

Mon avis : Ce livre me tentait depuis sa sortie l'an dernier, mais je n'avais pas eu la possibilité de l'emprunter à la librairie pour le lire, je l'avais donc ajouté à ma wishlist en me disant que je l'achèterais le jour où il sortirait en poche. Je l'ai trouvé en poche à Bayonne en octobre dans l'une de mes librairies préférées. C'est un pavé de 610 pages et ces derniers temps avec mes pannes de lectures et ma crainte de m'ennuyer avec un long roman, je n'étais pas trop attirée par un pavé. Pourtant je me suis dit que le résumé était sacrément intéressant et que de toute façon je pouvais bien passer 5 ou 6 jours sur un livre vu que je ne travaille pas. Tout ça pour dire que j'ai décidé de lire ce roman et j'en suis satisfaite !

C'est un roman choral, où nous découvrons 5 personnages et leur entourage.
Frances est une femme solitaire, dont la vie est entièrement dédiée à son emploi dans une agence de publicité qui vante les mérites des diamants. Nous la découvrons en 1947 jusqu'en 1988 (avec de grandes ellipses narratives). Frances fait le choix de ne pas se lier d'amour avec un homme. Elle va donc connaître des difficultés dans son parcours, assumant toujours ses choix.
Nous découvrons Evelyn en 1972. Toute l'histoire se déroule autour d'un repas où elle reçoit son fils, qui l'a, en quelque sorte trahie, puisqu'il souhaite divorcer (chose encore difficile à accepter pour l'époque). Ainsi nous découvrons sa conception de l'amour et du mariage, mais aussi son propre mariage à elle.
James est ambulancier, et il travaille en cette veille de Noël 1988. Son quotidien est absolument tragique et nous le suivons dans l'horreur qu'il voit et qu'il vit.
Delphine est une femme française qui quitte tout pour vivre à New York avec PJ son cadet de 15 ans. Mais le rêve américain et la passion qu'elle vit, vont doucement laisser place aux regrets et à la nostalgie de la France et de sa vie d'avant.
Quant à Kate, elle est témoin au mariage de son cousin Jeff avec son compagnon Toby, en 2012. Kate est une personne très investie dans tout un tas de causes.

Ce roman propose une réflexion sur la place de la femme dans la société occidentale et la réalisation de soi, ainsi que le mariage. J. Courtney Sullivan nous présente diverses formes de mariage, étalés sur un demi-siècle aux Etats-Unis : les fiançailles, le symbole, la bague et les diamants, le jour du mariage, puis le quotidien, les promesses (non)-tenues, et les déconvenues.

C'est intéressant et vraiment bien écrit. Les détails de la vie de chacun foisonnent et nous permettent de nous attacher à chaque personnage. Je me suis facilement représentée chacun d'entre eux, leur portrait est très réaliste, et j'aurais même aimé en savoir plus sur chacun, j'aurais adoré lire un roman uniquement sur Kate par exemple.

Les passages sur Paris et la France sont aussi très justes, ils ne sont pas empreints d'idéalisme, même si globalement ils sont très positifs, mais je n'y ai pas vu le Paris romantique et idéalisé dont les auteurs étrangers parlent généralement dans leurs romans.
J'étais aussi très surprise par les recoupements de la fin, que je n'avais pas vus venir.
Le roman est très bien documenté, notamment sur l'extraction des diamants en Afrique, ou encore sur l'industrie du mariage. C'est intéressant et plaisant à lire.

Un très bon livre à découvrir.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 25 novembre 2015

L'attrape-coeurs, de J.D. Salinger

Quatrième de couv' : ...

Mon avis : Il n'y a pas de résumé pour ce roman sur la quatrième de couverture. Donc faisons un rapide résumé : Un jeune homme, Holden Caulfield est renvoyé de son lycée quelques jours avant les vacances. Nous le découvrons le samedi en fin de journée et nous le suivons jusqu'au lundi après-midi. Craignant la colère de son père, il s'enfuit de son lycée et passe 2 jours à New York, à errer jour et nuit, au fil de ses pensées et de ses aventures. Il va croiser des gens particuliers, d'autres charmants, ou retrouver d'anciennes connaissances, qui se révèleront bien décevantes.

J'avais tenté de lire ce livre il y a plusieurs années et je n'avais pas accroché. Régulièrement je me disais qu'il faudrait vraiment que je découvre ce roman qui a marqué une flopée d'étudiants américains. Je ne sais pas du tout ce que donne la version originale, si c'est plus fluide ou non ?

Le style est particulier, c'est un style parlé, nous sommes dans la tête du personnage, il a tendance à digresser énormément et utilise beaucoup de mots d'argot. Ce n'est pas franchement agréable à lire, mais au bout d'un moment on s'y fait. Et je pense que la traduction française commence à dater un peu, et les diverses coquilles qu'on y trouve n'arrangent rien.

Les thèmes abordés sont ceux de la jeunesse : le questionnement sur la sexualité, sur l'amour, sur les femmes, mais aussi la confiance en soi : Holden a l'air si confiant, quand il entre dans un bar pour commander de l'alcool, il se dit : "je vais rester debout pour que le serveur pense que je fais plus vieux que mon âge", il n'arrête pas de mentionner sa mèche de cheveux blancs, croyant que ça le rend plus âgé. Il crâne beaucoup et a un avis tranché sur tout, ne nuançant jamais ses propos.

Holden passe son temps à boire. Je me demande pourquoi il fait ça... Je dirais qu'il veut se donner un style, comme si boire le faisait entrer dans le monde des adultes.
Et paradoxalement on a l'impression qu'il refuse de grandir ou en tout cas qu'il ne veut pas voir les autres enfants grandir ; sa soeur par exemple. Quand il se rend dans son école et découvre des phrases injurieuses sur les murs, il va tenter de les effacer pour que les enfants ne les voient pas, et ne s'inquiètent pas de ne pas comprendre ces mots.

Holden est un jeune homme à part, il peut être totalement horrifié par des gens, des pratiques, et être totalement indifférent à l'égard d'autres pratiques (qui nous sembleraient dégoûtantes ou violentes). Il s'énerve ou s'emporte pour pas grand chose, voit de la perversité là où il n'y en a pas.
Il a aussi beaucoup de recul sur les personnes qui l'entourent. Il voit en eux les détails agaçants, ou les qualités qu'ils possèdent. Sa petite soeur, ainsi que son frère décédé, sont les deux personnes dont il dira toujours du bien, prouvant qu'il les aime, tandis qu'il portera un autre regard, sur son père ou sur son grand frère.

Le thème de la solitude est aussi très présent : Holden ne peut pas rentrer chez lui, alors il va essayer d'aller à la rencontre de tout ceux qui figurent dans son répertoire. Mais souvent, il sera déçu par ses camarades, et les laissera en plan, ou se retrouvera seul après une courte discussion. Il errera seul dans New York, cherchant à combler la solitude et à tromper l'ennui.

En fait, j'aurais aimé étudier ce livre en cours, ça aurait pu être intéressant. De le lire aussi selon un découpage donné par le prof pour aborder le livre sous diverses parties. Sans connaître le contexte américain de l'époque, il me semble compliqué de comprendre le sens de ce roman.
Je pense surtout que ce livre a créé une controverse qui n'a pas eu de parallèle en France.
En 2015, je ne trouve pas ce roman particulièrement choquant, mais à l'époque de sa publication j'imagine qu'il devait l'être. C'est devenu par la suite un classique de la littérature contemporaine américaine, et le fait qu'il ait été banni, l'a rendu, à mon avis, plus célèbre encore.

dimanche 22 novembre 2015

Moka, de Tatiana de Rosnay

Quatrième de couv' : Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son
boulot de traductrice free-lance.
Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite, à bord d’une berline couleur moka.
Malcolm sombre dans le coma, l’enquête piétine…
Seule contre tous – ou presque, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu’au bout. Et à n’importe quel prix.

Mon avis : J'ai bien aimé cette lecture, pour tout vous dire je l'ai lu en un après-midi, ce qui m'était rarement arrivé ces derniers temps. Et puis lire du Tatiana de Rosnay, c'est un peu un refuge, je suis rarement déçue. C'est même par elle que j'ai commencé à apprécier la littérature contemporaine.
Bref, Moka je l'ai acheté dernièrement parce qu'il figurait sur ma wishlist depuis un moment que j'en repoussais toujours l'achat. Il était donc au sommet de ma PAL et je me suis dit que ce serait bien de le découvrir avant qu'il ne finisse par prendre la poussière.

Comme souvent dans les romans de Tatiana de Rosnay, l'héroïne est une femme quadragénaire, française, mariée à un Anglais. Ils ont deux enfants, Malcolm, 13 ans et Georgia, 9 ans. Ils vivent à Paris et ont des jobs plutôt confortables. Leur vie est simple, facile et banale, jusqu'au jour où Malcolm est renversé dans la rue par une voiture roulant à toute vitesse. L'enfant tombe dans le coma. Son père dans un silence mutique et flegmatique. Sa mère, Justine, passe par toutes les émotions : la culpabilité de ne pas avoir été avec son fils ce jour-là pour traverser le boulevard, la colère contre ceux qui ont pris la fuite, le renfermement sur soi-même mais aussi le courage, la volonté d'avancer.
C'est l'après que nous découvrons et j'ai trouvé que ça sonnait très réaliste. Justine, un peu aidée par la police, va tout faire pour savoir qui a renversé son fils de 13 ans et a pris la fuite. Je ne vous cache pas qu'à la fin Justine était un peu trop téméraire pour moi, et le dénouement ressemblait à un vaudeville. Mais bon, ça apporte quelques rebondissements à l'histoire.

Il y a aussi une ode aux grands-mères (ou aux mères) qui est particulièrement touchante dans ce roman. En effet, la grand-mère de Georgia (la belle-mère de Justine) est une mamie anglaise très compréhensive, protectrice, prête aussi à tout pour découvrir la vérité, sachant se mettre en retrait quand il le faut. Une très belle femme, avec qui Justine a une relation tendre et sans tumultes. Et ça fait du bien de voir qu'un personnage peut compter sur un autre dans sa quête sans que ça ne créé de conflits entre les deux.

Quant au couple de Justine et Andrew, c'est un portrait à travers l'épreuve qui est donné là, et je l'ai trouvé intéressant et juste. Les épreuves peuvent réunir comme elles peuvent séparer un couple. L'évolution de leur relation à travers le temps (du récit) m'a semblé réaliste et bien écrite. Je me suis attachée à ces personnages au fil du roman (ce qui est rare mais preuve qu'ils étaient dessinés de manière réaliste).

J'ai été très heureuse de retrouver Biarritz dans cette histoire. C'était sympa de découvrir une partie de ce roman dans cette si jolie ville fleurie aux magnifiques villas.

C'est un roman facile, touchant, et qui se lit vite. Un roman qui peut (je pense) nous sortir d'une panne de lecture !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 19 novembre 2015

Is everyone hanging out without me ? (and other concerns) by Mindy Kaling

Quatrième de couv' : Mindy Kaling has lived many lives : comedienne, actress, obedient child of immigrant professionals and, now, writer. With a blend of witty confessions and unscientific observations, Mindy writes about everything from being a timid young chubster afraid of her own bike to living the Hollywood life, dating, friendships and planning her own funeral - all executed with several conveniently placed stopping points for you to run errands and make phone calls.

Mon avis : Que dire ? Ça va être court, parce que je n'ai pas lu le livre d'une traite (je l'ai commencé en 2014, et repris là il y a qq jours).
C'est un ouvrage en anglais, assez abordable, c'est de l'anglais parlé et il y a quelques termes de vocabulaire que j'ai été chercher sur internet, mais globalement c'est accessible.

On retrouve totalement Mindy dans ce récit. Ça passe par le style, c'est elle, totalement. On pourrait l'entendre dire toutes les phrases de son livre, avec sa voix aiguë, ses intonations, tout.
C'est aussi une autobiographie, on découvre sa vie, depuis son enfance, à sa relation avec ses parents, son travail d'auteur pour des séries, et plus particulièrement The Office (que du coup, je découvre). Sa relation aux hommes, aux amis. Elle a inséré quelques photos (malheureusement en noir et blanc) de sa vie dans ce roman et c'est super à découvrir. Toujours franche, honnête, sans crainte du qu'en dira-t-on, Mindy est la bonne copine un peu agaçante parfois, avec qui on aimerait rire et parler de tout et de rien.

En gros, si vous aimez Mindy Kaling (The Office, The Mindy Project), je vous le recommande, surtout si vous souhaitez lire en anglais, ça peut être un bon moyen d'aborder la langue. Personnellement j'adore Mindy et son caractère, ses contradictions et sa personnalité, donc cette lecture m'a plu !

mardi 17 novembre 2015

Dead Zone, de Stephen King

Quatrième de couv' : Greg Stillson, candidat à la Maison-Blanche, est un fou criminel, grand admirateur de Hitler et d'autres maniaques de l'extermination. Quand il sera élu, ce sera l'Apocalypse. Un seul homme le sait : John Smith, car il est doué d'un étrange pouvoir qui lui attire pas mal d'ennuis, il devine l'avenir. Il n'y a rien de réjouissant à cela. Il peut prévoir les accidents, les catastrophes, les hécatombes. On ne le croit pas, ou alors on le croit trop.
John Smith n'a encore rien dit de ses prémonitions. Pourtant, le candidat à la présidence des Etats-Unis est un dément.
Que fera John Smith pour son pays ?

Mon avis : J'ai lu ce livre durant le week-end à mille (et un peu avant). Je l'avais choisi pour son sujet intéressant : un homme a des capacités de divination et il découvre qu'un sale type tente de se faire élire à la Maison-Blanche. Moi ça me rappelle forcément une situation qui a eu lieu au XXè siècle...
Mais j'ai été un peu déçue. Alors c'est peut-être parce que l'histoire ne m'a pas tant embarquée que j'espérais, ou alors parce que le week-end s'est révélé être dur émotionnellement. Ou peut-être parce que l'éditeur avait indiqué "fantastique" comme genre de ce roman, alors que ça ne l'est pas tant que ça, ou parce que la police d'écriture était vraiment trop petite et que ça me gavait de dévorer un livre écrit si petit ?
Bref, tous ces "détails" ont fait que je n'ai pas pris de plaisir à la lecture.

Quant à l'histoire elle m'a semblé intéressante et bien écrite, avec des personnages, en tout cas un auquel on s'attache. John Smith (le nom on ne peut plus commun pour ce personnage hors du commun !) est un jeune homme qui a le pouvoir de lire l'avenir, ou d'avoir des visions du passé, rien qu'en touchant une personne ou un objet appartenant à quelqu'un. Quel pouvoir de fou, j'adorerais !
John Smith est assez mal à l'aise avec ce pouvoir, sa vie entière tourne autour de ça.
Stephen King essaie pourtant de constituer une vie à son personnage : un amour fini mais jamais enterré, un père aimant qui est une vraie source de soutien, une mère très croyante (était-ce de la scientologie ?), un boulot qui est au départ une vocation, mais qu'il aura du mal à retrouver après son accident. On a donc ce personnage très construit, torturé, alors que les autres personnages sont en filigrane, on connaît peu de choses sur eux, ou quelques éléments pour les distinguer de la masse.
Je me suis néanmoins ennuyée sur une grande partie du roman car les choses n'allaient pas assez vite, il y avait trop de superflu, de détails, et la fin est malheureusement vite expédiée par l'auteur. Le dernier chapitre tient plutôt de l'exercice de style. Et puis on sent que c'est encore brouillon, Greg Stillson est fou, mais il n'est pas assez abouti pour être comparé à Hitler. L'ensemble est assez inégal.

En tout cas, je ne conseillerais pas forcément ce roman de King. On n'est pas du tout dans "l'horreur" mais plutôt dans un drame mettant en scène la société américaine.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 10 novembre 2015

Sobibor, de Jean Molla

Quatrième de couv' : Emma est une jeune femme atteinte d’anorexie. Appréhendée dans un supermarché pour vol, elle ne peut qu’expliquer : « Je l’ai fait pour qu’on m’arrête. »
Pourtant, Emma veut savoir, Emma veut comprendre. « Sobibor », ce nom, prononcé par sa grand-mère polonaise peu avant sa mort, lui apportera plus que de simples réponses.

Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier.
Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.

Mon avis : Ma collègue m'avait parlé de ce livre le premier été où j'avais travaillé avec elle. J'avais emprunté Felicidad, du même auteur, que j'avais bien aimé et que je conseillais ensuite aux ados. Mais elle m'avait parlé de Sobibor, et j'avais gardé ce titre dans un coin de ma tête. L'autre jour, j'ai fini par l'acheter, après avoir relu la 4è de couv' et je me suis décidée à le sortir de ma PAL bien avant qu'il ne prenne la poussière dans celle-ci.

Ce roman est très bien écrit. On découvre la voix d'Emma, qui nous raconte son mal-être, sa maladie et sa difficulté à s'en sortir. Une autre voix prend sa place : celle d'un homme, Jacques, qui a rédigé sa vie en 1942-43, dans un carnet, qu'Emma découvrira. Les aspects très intéressants dans ce texte sont les suivants : le point de vue de Jacques est inédit, rarement dans les romans sur ce thème nous avons accès à l'avis d'un homme qui vit de ce côté de la barrière (désolée, je ne vous en révèle pas plus), et le deuxième point est le style : c'est si parfait, si lisse, ça correspond tellement bien à la façon dont on écrivait à une certaine époque. En lisant j'imaginais tellement bien l'écriture très précise, très fine, très parfaite que les instituteurs apprenaient aux enfants de cette époque.

J'ai apprécié ce livre parce qu'il aborde le thème des camps d'extermination d'un point de vue différent, celui de la petite-fille d'une femme qui a assisté aux atrocités des camps. On voit comment la douleur d'un être peut impacter sur sa descendance. Et c'est flippant de voir ce qui se transmet, même par le silence, par les non-dits. C'est quelque chose qui m'avait déjà marquée avec Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan.

C'est un roman touchant, parce qu'il aborde des thèmes forts, qui bouleversent : l'anorexie chez l'ado et les conséquences des camps d'extermination. La fin promet un rebondissement auquel on adhère ou non, mais en tout cas elle est surprenante.

Je le conseille vivement si ces sujets vous intéressent, ou si vous souhaitez lire un ouvrage émouvant et qui pousse à la réflexion.

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samedi 7 novembre 2015

Baby Jane, de Sofi Oksanen

Quatrième de couv' : Qu'est-il arrivé à Piki, la fille la plus cool d'Helsinki, qui vit désormais recluse dans son appartement ? Submergée par de terribles crises d'angoisse, elle ne parvient plus à faire face au quotidien. Sans compter les problèmes financiers.
Comment gagner sa vie lorsqu'on refuse d'interagir avec le monde ? La narratrice, son grand amour, tente de l’aider comme elle peut.  Au mépris d’elle-même, elle va essayer de sauver Piki. Ensemble, elles vont monter une entreprise d'un goût douteux pour exploiter la faiblesse des hommes.

Mon avis : Avec ce roman nous découvrons la relation amoureuse de deux femmes, leur vie à deux, leur travail particulier, leur séparation et la dépression sévère de l'une d'elle. Ce sont deux êtres en proie à la dépression, qui ont une tendance à choisir le confort d'une vie très normée, alors que plus tôt, elles ont connu et vécu des moments d'extase, de passion, qui sortaient de l'ordinaire.
Ce roman est assez sombre, on plonge dans une sensation de malaise car il y a un côté morbide à la fin. D'autres seront peut-être plus émus que moi par ce final.

Je n'ai pas apprécié cette lecture à fond, mais je n'ai pas su décrocher tellement j'avais envie de savoir comment ça allait se finir. Ni une déception, ni un coup de coeur, c'est simplement un roman qui se lit vite et bien, qui nous permet de voir un aspect de la relation amoureuse quand les deux parties sont dépressives.

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Mygale, de Thierry Jonquet

Quatrième de couv' : Eve ? Qui est-elle ? Qui est Richard Lafargue, l'homme qui la promène à son bras dans les soirées mondaines puis l'enferme à double tour dans une chambre ? Pourquoi ce sourire subtil sur les lèvres de la jeune femme et autant de rage si mal contenue sur les traits creusés de son compagnon ? Pourquoi vivre ensemble si c'est pour se haïr avec tant de passion ? Drôle de couple... Quel incompréhensible passé lie ces deux êtres hors du commun qui se cachent la plupart du temps derrière les murs de leur villa si tranquille ?

Mon avis : Tout d'abord précisons le contexte d'achat : je n'ai pas choisi ce livre, on l'a choisi pour moi, avec la toute jeune box littéraire Le haut de la pile, MAIS fait étrange, une semaine avant j'étais tombée sur ce roman dans une librairie et j'avais failli l'acheter. Seulement je souhaitais me limiter à l'achat de livres uniquement présents sur ma wishlist, j'avais alors reposé le livre. Ma surprise était donc immense quand j'ai vu que le libraire pour Le haut de la pile avait vu juste en me choisissant ce roman noir.
Il a été publié en 1984 et a été adapté en film par Pedro Almodovar en 2011 (La piel que habito), que je n'ai jamais vu. Heureusement, ça aurait été dommage de me spoiler le roman.

L'histoire est courte, ce qui a le mérite d'être lu d'une traite même quand on fait une panne de lecture comme c'est mon cas depuis 3 semaines.
En peu de pages, l'auteur nous plonge dans un monde aseptisé, ordonné, et sombre : un homme tient captive une femme, Eve. Il est chirurgien plastique et s'absente la journée pour travailler, laissant Eve seule, enfermée dans une pièce luxueuse de la villa.
D'un autre côté, on découvre un jeune homme, Alex, qui a braqué une banque et est en fuite depuis. Recherché par toutes les polices de France, il tente de rester discret, se réfugiant là où c'est possible.
A cela, s'ajoutent des passages en italique, où un narrateur externe parle à un des personnages à la deuxième personne du singulier, intrigant et particulier !
Le style n'est pas exceptionnel, on lit un polar, mais la mise en place des intrigues est particulièrement efficace et va se révéler parfaite pour expliquer les rebondissements de la fin. On ne s'ennuie pas à la lecture, car tout passage est important pour la suite, il n'y a pas de détails superflus. On est presque dans un huis clos, non pas étouffant mais psychologique, chaque personnage est seul avec lui-même, avec ce qu'il est devenu.

L'araignée a tissé sa toile, à nous de la dénouer à la lecture.

J'ai bien aimé ce livre, il est ingénieux, diabolique et efficace. Trash. Et dérangeant.

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dimanche 1 novembre 2015

Sur ma peau, de Gillian Flynn

Quatrième de couv' : La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a
disparu. Déjà l'été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l'affaire. Elle même a grandi à Wind gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c'est réveiller de douloureux souvenirs. À l'adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'elle n'a pu exprimer. Son corps n'est qu'un entrelacs de cicatrices…
On retrouve bientôt le cadavre de la fillette. Très vite, Camille comprend qu'elle doit puiser en elle la force d'affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité…

Mon avis : C'est le premier livre de Gillian Flynn et évidemment, moi j'ai commencé par Les Apparences (je le répète : j'ai adoré), puis Les Lieux sombres (que je n'ai pas particulièrement aimé à cause de l'ambiance sombre et malsaine) et enfin, Sur ma peau, que j'ai lu assez vite (il est court par rapport aux deux autres).

Pour un premier roman du genre thriller, je le trouve bien écrit, bien construit et intéressant. J'ai été un peu déçue par le twist de fin, bien que j'ai été assez surprise que l'auteure prenne cette direction. Mais après tout, ça se tenait. Il y a quand même quelques ficelles narratives un peu grosses puisqu'on se doute assez tôt du ou des coupables. On n'est pas menés en bateau sur des pages et des pages, on nous donne plutôt des indices qui permettent de se faire une idée tout au long du roman.
L'ambiance est familiale mais très tendue, chacun a des griefs les uns contre les autres, et surtout de sacrés problèmes psychologiques. On se doute qu'il s'agit d'une famille dysfonctionnelle avec tout un tas de répercussions qui vont influer le cours de l'histoire. Il y a des passages très trash, concernant des filles vraiment jeunes et ça met assez mal à l'aise.

J'ai bien aimé, même si il n'égale pas Les Apparences, qui a été pour moi une vraie révélation dans le genre thriller.

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mardi 27 octobre 2015

Le Tour d'écrou, d'Henry James

Quatrième de couv' : Le huis clos d’une vieille demeure dans la campagne anglaise. Les lumières et les ombres d’un été basculant vers l’automne. Dans le parc, quatre silhouettes – l’intendante de la maison, deux enfants nimbés de toute la grâce de l’innocence, l’institutrice à qui les a confiés un tuteur désinvolte et lointain. Quatre... ou six ? Que sont Quint et Miss Jessel ? Les fantômes de serviteurs dépravés qui veulent attirer dans leurs rets les chérubins envoûtés ? Ou les fantasmes d’une jeune fille aux rêveries nourries de romanesque désuet ?
De la littérature, Borgès disait que c’est « un jardin aux sentiers qui bifurquent ». Le Tour d’écrou n’en a pas fini d’égarer ses lecteurs.

Mon avis : A l'IUT l'un de nos profs nous avait conseillé de lire ce livre, comme quoi le suspense était insoutenable, que c'était effrayant. J'avais toujours gardé ce titre dans un coin de ma tête, avant de l'acheter récemment. C'est une immense déception !
... Comment dire ? pour l'époque c'était peut-être très courageux de produire un tel texte, mais aujourd'hui, à la seule lecture de ce roman, bah je reste incrédule. L'histoire est certes particulière et un peu sombre, mais rien d'effrayant. On doute concernant la narratrice : a-t-elle toute sa tête ? ce qu'elle voit ne serait-ce pas une représentation de l'esprit ?

On est bien loin du thriller, ou même du roman sombre qui te fait flipper à chaque fin de chapitre. J'ai eu du mal à rester concentrée sur le texte. Je ne me suis pas plongée dedans et j'ai eu des difficultés avec le style. Peut-être à cause des phrases longues, des subordonnées et compagnie. (Mais bon à la minute où je plonge dans un classique, j'ai des problèmes de concentration.)
En vérité, ce genre de texte est sûrement plus appréciable quand on en fait une étude, avec l'éclairage des professeurs spécialisés dans le genre. Mais disons qu'en lecture-plaisir, on n'en tire pas grand chose à part de l'ennui. Ça manque cruellement d'action, il y a un tas d'ellipses narratives chaque fois que ça y est on atteint un point intéressant, ce qui rend le texte frustrant.
Je suis passée complètement à côté de la psychologie des personnages, je ne me suis attachée à aucun d'eux, sentie proche d'aucun. Et pourtant j'ai cru comprendre que la psychologie de la narratrice était le point de départ de l'intrigue. Seulement tout est en subtilité, et ses buts, ses espoirs sont loin d'être ceux de notre époque, du coup, difficile de se sentir impliqué dans l'histoire.

Bref, une déception.

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mercredi 21 octobre 2015

La couleur du lait, de Nell Leyshon

Quatrième de couv' : 1831. Mary une jeune fille de 15 ans mène une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset. Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l'écriture... mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Un apprentissage qui lui servira à coucher noir sur blanc le récit tragique de sa destinée. Et son implacable confession. Nell Leyshon réalise un travail d'orfèvre avec ce portrait inoubliable, ou vibre la voix lucide et magnifique de son héroïne.

Mon avis : Je n'ai pas pour habitude de lire des romans qui se passent à une époque antérieure au XX et XXIè siècles, pourtant quand j'ai vu ce livre, il m'a attirée ; sa couverture, puis son résumé, et puis j'avais cru comprendre qu'il avait eu un peu de succès en grand format. Je l'ai donc acheté en poche à la fin de mon contrat et puis comme il était court, et qu'en ce moment je suis dans l'ambiance "domestiques-gouvernants-maître de maison" avec Downton Abbey, je me suis dit que ça allait me plaire. Bon on n'est pas en 1925 comme dans D.A., mais un siècle plus tôt, dans un presbytère d'un village. Mary est une jeune paysanne qui n'a connu que la ferme, le travail au gré des saisons, la brutalité de son père, l'indifférence de sa mère et la tendresse de son grand-père ainsi que de ses 3 soeurs. Elle a un léger handicap : une patte folle, qui la ralentit dans sa besogne au quotidien. Quand le révérend propose alors d'engager une des filles, le père y voit là l'occasion de se débarrasser de celle qui travaille le moins vite. Mary a 15 ans, elle se retrouve alors au presbytère, où elle doit prendre soin de la femme souffrante du révérend. Elle apprend à s'occuper de la maison : faire le feu, le pain, préparer les repas, nettoyer, apporter le thé. Au début Mary est presque insolente, mais c'est surtout parce qu'elle est franche et qu'on ne lui a jamais appris à se taire quand il le faudrait. Elle dit tout ce qui lui passe par la tête, n'a pas beaucoup de recul. Sa façon très simple de voir les choses fait sourire voire rire.

La particularité de ce roman réside dans l'écriture : Mary nous livre son histoire, saison par saison, dans les détails. Elle rapporte les dialogues, se remémore les journées. Son écriture est simple, à son image, et naïve. Il n'y a pas de majuscule, pas vraiment de rythme car il n'y a pas de ponctuation. On s'y perd parfois (notamment pour les dialogues). Le récit est parlé, c'est la voix de Mary qui nous conte son histoire. Chaque début de chapitre est très solennel, on sent que Mary a des révélations à faire...

Ma seule déception reste que le résumé en dit un peu trop sur ce qui se passe dans le roman. Je savais qu'il allait se passer quelque chose de tragique, j'attendais simplement quand ! En plus ce n'était pas difficile de deviner de quoi il s'agissait. Bref, une triste réalité, qui a dû arriver dans bien des familles à l'époque. Peut-être pas de façon aussi tragique, mais presque.

Ce n'est pas un coup de coeur, mais une lecture rapide et intéressante sur une époque que je ne connais pas plus que ça. Je pense que c'est un roman que je n'oublierais pas de sitôt.

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mardi 20 octobre 2015

Il est de retour, de Timur Vermes

Quatrième de couv' : Berlin, 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un
terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une. La machine médiatique s'emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise...

Mon avis : J'étais assez enthousiaste à l'idée de découvrir ce roman, j'imaginais un Hitler qui réussirait en un rien de temps à remonter son groupe de fanatiques, surtout qu'en ces temps-ci, le terreau est fertile en Allemagne, comme en Hongrie, n'est-ce pas... Bref, j'imaginais la mise en place d'un nouveau système de déportation, j'imaginais ce que donnerait le Hitler des années 30-45 (déjà à son apogée) à notre époque. J'ai donc été un peu déçue parce que ce n'est pas tout à fait là le propos.
Hitler se réveille dans les années 2010, il découvre la vie aujourd'hui : Internet, les portables, les supermarchés, les vêtements, les voitures, etc. Tout ceci c'est très drôle, et finalement ça en fait un personnage sympathique. Or, on nous a toujours appris à détester Hitler, le dictateur qui a brisé des millions de vies, et je ne suis pas sûre que représenter Hitler en bouffon aujourd'hui soit une très bonne idée. Ça aurait très bien pu marcher avec n'importe quel autre personnage historique qui se réveille 100 ans après sa mort. Et ça passerait peut-être mieux.

Là, dans ce roman, il manque quelque chose, une réflexion peut-être ? On est plongé dans la tête d'Hitler, on n'a pas d'échappatoire grâce à d'autres personnages, on sait tout ce qu'il pense de tout, d'ailleurs ça rend le style assez lourd, il fait beaucoup de digressions pour parler de son passé, de ses anciens amis. Et puis il y a ses discours, que je n'ai pas toujours compris parce que la formulation était particulière, tellement alambiquée.

C'est une satire humoristique. On sourit parfois, mais plus parce que le personnage se retrouve à un siècle qui est très ou trop moderne pour lui. C'est plus le voyage dans le temps qui nous fait rire que la portée philosophique de l'intrigue (qui manque un peu je trouve).

La mise en scène est intéressante : il est engagé dans une émission de télé, parce qu'il ressemble beaucoup à Hitler, les gens ne se doutent pas une seconde qu'ils ont le vrai devant eux, et s'imaginent qu'il s'agit d'un comédien, qui ne quitte jamais son costume. Hitler apparaît comme un personnage entier, sans filtre. Il n'a pas d'humour, ni de barrière, ni d'empathie. Il fait son show à la télé, en profite pour diffuser ses idées, et les médias en redemandent... C'est aussi une critique de notre société, des médias, de la diffusion ultra rapide des idées, des concepts.

Ce qui me paraît dérangeant dans ce roman, ce sont tous les gens charmés par le personnage. Au delà du fait qu'ils croient tous avoir affaire à un comédien, aucun ne se demande si Hitler va trop loin, si ils ne sont pas en train de se mettre dans l'embarras avec un tel énergumène, juste pour faire de l'audimat. Et au final, je me dis que n'importe quelle boîte de prod' un peu concon, serait bien capable de mettre en avant des extrémistes afin de faire du chiffre et tous les médias suivraient... Bref, ça laisse une sensation d'inquiétude générale, de malaise aussi. C'est l'endormissement de notre société face aux divers extrémismes qui est montré du doigt (enfin si on se donne la peine de réfléchir deux minutes à cette lecture).

Je serais ravie d'avoir votre avis sur ce livre aussi. Qu'en avez-vous pensé si vous l'avez lu ?

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jeudi 15 octobre 2015

Le Doute, de S.K. Tremayne

Quatrième de couv' : L'une des filles jumelles de Sarah est morte. Mais laquelle ?
Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s'installent sur une petite île écossaise, qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus, au large de Skye.
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant... Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux soeurs a trouvé la mort ?

S. K. Tremayne signe un thriller psychologique à vous glacer le sang, avec le thème fascinant de la gémellité, et prend le temps d'installer un cadre hostile et troublant à la fois. Alors que l'intrigue se resserre, la nature se fait de plus en plus menaçante...

« Si vous pensiez que Les Apparences étaient un bon roman, vous serez époustouflé par celui-ci. » The Times

Mon avis : Non mais pour qui on nous prend ? L'auteur et son éditeur nous prennent vraiment pour des cons avec ce livre ! Je crois que c'est le "thriller" qui m'a fait le plus levé les yeux au ciel.
L'auteur nous embarque dans une histoire à la mords-moi le noeud complètement absurde remplie de mystères, de secrets, d'oubli bien utile, d'une île et de jumelles. Un combo pour faire peur. Sauf que chez moi, il n'a pas suscité la peur mais la moquerie ! Le titre "le doute" devrait laisser entendre que le personnage ou nous, lecteurs, devrions douter, et bien pas une seule fois j'ai eu des doutes, peut-être parce que j'étais détachée de cette histoire qui ne me passionnait pas tant que ça. Quant à son personnage principal, une femme, elle devrait douter aussi, mais ce n'est pas vraiment des doutes qu'elle a, plutôt des questions, et ensuite des certitudes. Elle est très irritante : au début elle passe son temps à culpabiliser, pour tout et n'importe quoi. Puis elle décide de garder ses raisonnements pour elle et souffrir plutôt que de les partager avec son mari et ainsi avancer dans la quête de la vérité. Enfin, elle l'accuse d'un crime odieux, sans avoir aucune preuve, sinon celle qu'elle a lu une étude d'un psychanalyste sur ce sujet. Wouah, on va loin là.
Ensuite pour ce qui est de l'écriture, je n'y ai pas ressenti de tension, de suspense. Quant aux dialogues de la mère et sa fille, ils sont risibles, à croire que l'auteur n'a jamais eu de conversations avec un enfant. Quand il arrive quelque chose de grave à sa fille à l'école, la femme ne va pas demander de compte rendu à qui que ce soit, ni aux adultes, ni à sa propre fille, elle lui demande vaguement ce qu'il s'est passé, sans insister.
Situer l'intrigue sur une île des Hébrides était une bonne idée, mais les descriptions de la nature et de l'environnement cassent le rythme à plusieurs reprises. L'histoire de la tempête au moment du climax entre la mère et la fille est on ne peut plus cliché. On a vu ça des centaines de fois dans des livres et des films.

Bref, tout ça, pour nous amener à une conclusion absurde. On est bien soulagés du dénouement qui arrive enfin au bout de 380 pages ! J'ai l'impression d'avoir été prise pour un lapin de 6 semaines avec ce roman et je le déconseille fortement, vous risqueriez de perdre votre temps (et votre argent). Et pardon le Times mais comparer ce livre aux Apparences (qui est magistral) c'est vraiment du foutage de gueule.

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samedi 10 octobre 2015

Juste avant l'oubli, d'Alice Zeniter

Quatrième de couv' : Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C'est sur cette île perdue des

Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement - il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l'île n'a d'autre habitant qu'un gardien taciturne ni d'autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l'oeuvre de l'écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d'organiser les Journées d'études consacrées à l'auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l'occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui. Mais sur l'île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu'il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s'immiscer dans l'intimité du couple.
Alice Zeniter mène, avec une grande virtuosité, cette enquête sur la fin d'un amour et donne à Juste avant l'oubli des allures de roman noir.

Mon avis : D'Alice Zeniter, je n'avais rien lu. Elle a pourtant eu le Prix du livre Inter 2013 pour son précédent roman Sombre Dimanche, mais l'aspect Europe de l'est ne me plaisait pas du tout. Donc j'avais éliminé son nouveau roman de la liste des lectures de la rentrée littéraire. C'était un peu arbitraire, j'avoue. Et puis j'ai écouté ce qu'elle disait dans La Grande Librairie le 1er octobre et je l'ai trouvée vraiment intéressante. Du coup, comme on avait le service de presse à la librairie, je l'ai pris et j'ai découvert ce roman.

Premièrement, il est vraiment bien écrit. Les phrases sont bien orchestrées, les mots bien choisis, il y a un style, pas inabordable, pas trop soft, un style pas banal, la touche Zeniter je dirais. Parfois on a l'impression que c'est le cynisme qui donne ce style. Enfin, je ne sais pas l'exprimer correctement. Mais en tout cas, il y a du cynisme dans ce roman. Vous ne ressortirez pas plus heureux à propos de la vie, ou de l'amour avec ce roman ! (Mais ça me plait, parce que si c'est ce qu'Alice Zeniter pense vraiment alors on est sur la même longueur d'ondes).

L'histoire est celle de Franck, amoureux d'Emilie. Ils vivent ensemble depuis 8 ans, mais après quelques années dans l'enseignement, Emilie a besoin d'autre chose. Elle se lance dans une thèse sur un auteur de polar (Galwin Donnell, ne cherchez pas, Alice Zeniter l'a créé de toute pièce) et part donc quelques mois à Mirhalay, une île des Hébrides. C'est après 3 mois de séparation géographique que Franck, infirmier, retrouve Emilie, à l'occasion d'un séminaire autour de l'oeuvre de Donnell.

J'ai adoré que l'auteure créé un personnage qui soit un auteur de polar, en distillant des extraits de ses romans, des citations, des commentaires d'éditeurs, de thèses, avec notes de bas de pages, etc. Elle a vraiment inventé un auteur qui pourrait exister. Cet auteur, Donnell, a vécu la fin de sa vie sur Mirhalay, et il se serait suicidé avant de terminer son roman. Mais tout le monde ne semble pas croire à la théorie du suicide et le mystère plane...

Pendant qu'Emilie assiste aux conférences, Franck s'ennuie ferme. Il va rencontrer Jock, le gardien de l'île. L'île est déserte le reste de l'année, et à part Jock, personne n'y vit. Autant dire que le type est plutôt franc et bourru puisqu'il n'a pas l'habitude des rencontres. Franck se lie d'amitié avec celui-ci. Jock lui fera découvrir l'île, ses rochers, son cimetière, ses légendes ainsi que sa pièce secrète.
L'île est un personnage à part entière dans ce roman, la nature y a tous les droits : les maisons se dégradent, la végétation prend toute la place, on n'entend que le vent et les vagues. On est comme les personnages, coupés du monde par la mer, soumis aux aléas du temps. Ça donne un petit air de polar écossais, l'atmosphère est parfois sombre, étouffante malgré les coups de vent.

Et puis il y a tous ces gens venus pour le séminaire : éditeur, thésards, doctorants, tout un tas d'érudits qui vont débattre de l'oeuvre de Donnell. Ils sont tous obsédés par Donnell, qui exerce même dans la mort, une aura sur eux. Et ils sont tellement dans leur truc, c'est étrange ce milieu d'intellectuels, parce qu'ils ne bâtissent rien pour le monde dans lequel ils vivent, ils ne font que s'exprimer à propos d'un homme qu'ils ont ou n'ont pas connu, à propos de son oeuvre, et je me suis dit à plusieurs reprises : mais à quoi servent ces gens ? Font-ils avancer le monde ?
Ils sont coupés des réalités du monde et c'est fascinant et irritant à la fois. J'avais très envie de les secouer en leur disant : "mais on s'en fout que Donnell ait écrit le mot "couleur" douze fois dans son roman !!!" (c'est un exemple, mais si vous voulez je ne comprends pas bien l'intérêt d'étudier et de décortiquer une oeuvre comme si il y avait un sens profond derrière chaque phrase).

Bref, si Franck pensait passer un séjour agréable avec Emilie, à l'issue duquel il pourrait enfin lui passer la bague au doigt, il en est tout autrement. Et c'est de ça dont il s'agit dans ce roman : des derniers jours de relation, avant la fin. Aussi, des derniers jours de Donnell avant sa mort.


En somme, j'ai bien aimé ce roman, mais j'aurais aimé voir un peu plus du côté d'Emilie, parce qu'on suit beaucoup Franck, on connaît ses pensées, mais j'aurais aimé connaître celles d'Emilie aussi parce qu'elle apparait un peu comme un personnage secondaire alors qu'au départ on nous la présente comme faisant partie de l'intrigue à venir.

Un bon roman de la rentrée littéraire, qui fait voyager, qui a une bonne intrigue, des personnages intéressants et une île qui a une puissance littéraire et une évocation fortes.

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vendredi 9 octobre 2015

Dernières BD lues

Je vais rassembler ici mes avis sur les trois dernières BD que j'ai lues ce mois-ci :

California Dreamin ' - Pari(s) d'amies - Les filles, vol.6 Bain de Minuit 


Il s'agit de la toute dernière BD de Pénélope Bagieu, elle y raconte la vie de Cass Elliot, chanteuse du groupe The Mamas and the Papas.
Autant le dire tout de suite : je ne connaissais pas du tout Cass Elliot, j'avais seulement entendu la chanson California Dreamin' quand j'avais 15 ans au foyer du collège et je l'écoutais une fois de temps en temps depuis, mais sans savoir qu'il s'agissait d'une chanson de ce groupe. 
Je me suis intéressée à la BD, parce que c'est Pénélope Bagieu et que généralement j'aime ce qu'elle fait. Là, j'ai été un peu déçue et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas acheté la BD : c'est seulement du crayonné. J'adore les couleurs qui sont dans les autres albums de Pénélope. Mais là, ça faisait "pas fini" et je me voyais mal mettre 24€ dans une BD qui n'a pas de couleurs. 
Pourtant l'histoire est intéressante pour qui ne connaît pas le groupe. J'ai aussi aimé la façon de mettre en scène l'histoire de Cass au travers du regard des gens qui ont fait sa vie. C'était ingénieux et original comme procédé. On sent que Pénélope Bagieu s'est immergée dans la vie du groupe, dans la vie de Cass et qu'elle l'aime vraiment. Ça crée une jolie biographie illustrée. 


Je suis tombée par hasard sur cette BD, dont je n'avais jamais entendu parler. Et pourtant elle en vaut le coup. Les dessins sont sympas, dans l'air du temps, il y a de belles planches avec des couleurs superbes. L'histoire c'est celle de 5 jeunes amies qui font face au racisme, à la précarité des emplois et  de l'amour. Elles ont toutes un petit truc qu'elles tentent d'assumer au quotidien et c'est sympa à lire. 

  • Les filles, vol. 6, Bain de minuit, de Christopher, éditions Kennes

J'ai découvert cette série de BD quand j'étais ado. Depuis les premiers tomes ont été ré-édités par les éditions Kennes qui vante la popularité de la BD sur Facebook. Moi ce que j'aimais c'était l'aspect un peu confidentiel, intime de cette série. A l'époque il fallait commander cette BD auprès des libraires pour l'avoir, désormais elle fait partie intégrante des rayons de la Fnac (enfin j'imagine, je l'ai commandé à ma librairie). 
Bref, j'ai grandi avec les 5 filles, j'adorais leurs histoires, le dessin de l'auteur. Mais il fallait attendre des années avant d'avoir la suite. Je crois que j'ai dû attendre 8 ans depuis que le tome 5 est sorti... Du coup en ouvrant ce tome, j'étais perdue ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas relu la BD et je ne me souvenais pas de grand chose. Mais l'histoire m'a à nouveau séduite et j'ai dévoré la BD. J'espère que les prochains tomes sortiront plus vite. Pour ce qui est de l'histoire, chaque tome aborde la relation au père ou à la mère, aux amies ou aux mecs sous divers angles, beaucoup de thèmes sont abordés : l'homosexualité, l'amour, l'adultère, la grossesse, etc. 

vendredi 2 octobre 2015

La fille du train, de Paula Hawkins

Quatrième de couv' : Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Avec ce thriller psychologique exceptionnel, Paula Hawkins fait figure de révélation de l’année. Il vous suffit d’ouvrir ce livre et de vous laisser entraîner dans le piège paranoïaque et jubilatoire qu’elle vous tend et vous comprendrez combien cette publication fait figure d’événement.

Paula Hawkins a vécu au Zimbabwe, en France et en Belgique. Journaliste à Londres, La Fille du train est son premier roman.

Mon avis : C'est quoi l'engouement autour de ce livre ? J'ai connu des thrillers bien plus palpitants et plus flippants. Je suis déçue parce que Stephen King et Laura Kasischke, deux auteurs habitués du suspense, ont plébiscité ce livre, alors que franchement... l'ambiance n'est pas des plus sombres, le suspense n'est pas du tout intense et puis on se doute de tout. Franchement, c'est du polar facile. Et rempli de longueurs et de répétitions.

En plus les personnages sont tous détestables. Rachel, la femme avec qui on commence l'histoire est dépressive et alcoolique, elle a une curiosité malsaine et mal placée qui la pousse à se lier avec le mari de la femme disparue (Megan). J'ai trouvé Rachel insipide et elle fourre son nez partout, se positionne en victime parce que comme elle boit, elle ne se souvient de rien. Elle est juste pathétique. Quant aux autres personnages il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Ils ont vraiment tous des personnalités compliquées, violentes, ou alors trop faibles. Pas un seul ne se démarque de façon positive.

Je crois que ma chronique ne sera pas plus longue parce que j'ai été trop déçue par rapport à mes attentes. Ce livre m'a mise mal à l'aise à cause des personnages et l'histoire est trop simple et limpide pour les amateurs de bons thrillers tordus.

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lundi 28 septembre 2015

Broadway Limited, 1. Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Quatrième de couv' : Jocelyn Brouillard, 16 ans et demi, boursier, français, débarque un soir d'automne de 1948 à la pension Giboulée. C'est une erreur, un parfait malentendu. Il est à New-York et on l'a pris pour une demoiselle à cause de son prénom.
Car la Pension Giboulée est une de ces boarding houses exclusivement réservées aux jeunes filles qui veulent demeurer à l'abri des loups de Wall street et de la 42ème Rue. La gente masculine y est résolument interdite.    
Heureusement, Jocelyn joue très bien du piano...  
Venues de tous les coins d'Amérique, ces jeunes filles rêvent de conquérir la grande ville, de voir leurs noms en haut des théâtres de Broadway.

A Giboulée, elles sont au nombre de 6.    
Il y a Chic qui fait des publicités pour du shampooing aux œufs très rose, ou pour des soupes Campbell's avec de la tomate très rouge qu'elle déteste, et qui se fait offrir des chausse-pieds par ses nombreux soupirants...  
Il y a la baroque Ursula, qui chante à la radio, Etchika qui conduit une voiture au prénom de femme fatale...
Et comme si ce n'était pas assez, dans la maison juste à côté habite Dido, une collégienne qui a des problèmes avec le FBI.    

Et que diraient leurs logeuses, la respectable Mrs Merle et son dragon de soeur, si elles apprenaient que, derrière ses lunettes de fille sérieuse, l'énigmatique Manhattan donne de mystérieux rendez-vous à des messieurs dans les bars à Greenwich Village, ou que Page aux charmantes tresses blondes est amoureuse de celui qu'il ne faut pas ?
Enfin, il y a Hadley, qui vend des doughnuts le jour et des allumettes le soir, et qui est peut-être la plus insaisissable de toutes. Hadley est la fille chanceuse qui a un jour dansé avec Fred Astaire...
Oui, l'immense Fred Astaire ! Mais alors pourquoi a-t-elle subitement arrêté la danse ?

Ce diptyque doit son titre au Broadway Limited, le train fabuleux et mythique qui reliait Chicago à Pennsylvania Station au centre de New York... Car ce roman prend aussi le train.

BROADWAY LIMITED conte la découverte, par un jeune Français, de l'american way of life dans le New-York de l'immédiat après-guerre, sa vitalité, son énergie, le jazz, le swing, Broadway, la pizza, la radio, ses tempêtes de neige renversantes, le base-ball...
Mais aussi ses phobies, le début de la guerre froide, la chasse aux sorcières, la ségrégation...


Mon avis : (28/09/2015) J'ai adoré la série Quatre soeurs de cette autrice, du coup, ma collègue m'a tendu le livre en me disant "Tiens tu veux le lire ?" J'ai donc pris le livre et j'ai mis un temps fou avant d'oser le commencer, puis un bon moment pour le lire (faut dire qu'il est long).

Pour être honnête j'ai vraiment eu du mal sur les 250 premières pages. Je ne comprenais pas où l'auteure voulait en venir, qui étaient les différents personnages. Dans ce roman on ne suit pas un personnage à la fois avec les autres qui gravitent autour, on en suit plusieurs en profondeur et comme il y avait beaucoup de personnages féminins et qui étaient toutes dans le milieu artistique, je les confondais. Le problème c'est qu'au départ elles n'avaient pas un truc particulier qui les différenciait des autres. Et puis ça vient petit à petit, au gré des révélations, on apprend qu'elles ont finalement toutes un truc en plus.
Je me suis attachée de suite à Jocelyn, puisqu'on le découvre en premier, qu'il est français et qu'il est seul au milieu d'une pension pour jeunes filles !

Au début aussi j'avais dû mal à me représenter l'époque : le début des années 50. Et au final, j'étais tellement tombée dans l'histoire, qu'en faisant une pause pour regarder une série (Unbreakable Kimmy Schmidt - on s'en fout non ?), je n'ai pas compris pourquoi dans la série je voyais un personnage avec un téléphone portable ! hello, mindfuck !

L'histoire est intéressante, même si ça manque d'intrigue au début. On suit la vie de jeunes gens dans les années 50, certaines doivent travailler, d'autres vont à l'école, tout ce petit monde vit à la pension Giboulée, dirigée par une vieille femme acariâtre et sa soeur, ainsi que deux bonnes, des chats et un chien. Bref, on n'arrête pas de rencontrer de nouveaux personnages, de découvrir un New York un peu différent de l'actuel, avec les problèmes de racisme, la peur du communisme, les problèmes de logement, d'argent, de coeur, etc.

On découvre le milieu du music-hall, avec des jeunes danseuses, modèles dans des publicités, cigarette girls. Il y a cette attirance pour la gloire, le succès, avec des icônes des années 50, c'est assez étrange de se dire que la plupart des filles font toutes un boulot qui rapporte peu parce qu'elles espèrent toutes un jour devenir connues. Et à l'époque, il fallait travailler durement pour ça : apprendre à danser, à jouer la comédie, et puis parfois, faire les bonnes rencontres au bon moment. Malgré les difficultés, chacune des filles est forte. Même quand elles perdent leur job, elles savent rebondir et en trouve un autre. (Une autre chose qui diffère de la France : se faire virer du jour au lendemain sans préavis et trouver un autre job tout aussi rapidement).
Il y a un côté très américain, où on croit à sa bonne étoile (American Dream) et puis c'est au sortir de la guerre et la jeunesse a vraiment envie de s'amuser (en tout cas c'est le cas des garçons qui n'ont pas eu à faire la guerre en Europe ou dans le Pacifique).

Le chapitre du train (le fameux Broadway Limited) concernant Hadley m'a trop plu ! C'était magnifique, justement dosé, ni trop niais ni trop distant. Je crois que c'est ça qui m'a fait adoré Hadley. Tout n'est pas parfait mais c'est réaliste, et un peu frustrant aussi !

J'ai aussi bien aimé les lettres que Jocelyn envoie à sa soeur, ça ancre vraiment l'histoire dans une époque : il parle de ses découvertes à New York, des moeurs plus libérées qu'en France. Je trouve que c'est pertinent et ça apporte vraiment un second souffle au roman.

Comme pour Quatre soeurs, il y a vraiment la touche Malika Ferdjoukh, avec une atmosphère particulière, des descriptions qui sortent de l'ordinaire, des métaphores, un vocabulaire recherché, une écriture foisonnante. Du coup, je conseillerais ce livre à des ados qui ont déjà 15-16 ans et qui lisent vraiment bien. Ce n'est pas de la littérature jeunesse facile, il y a vraiment beaucoup de références à une époque qu'on connaît peu en général.

Je pense que dans le prochain tome on en saura un peu plus sur d'autres filles de la pension et puis j'espère que Jocelyn va encore se plaire un moment à la pension Giboulée ! Impatiente de lire le tome 2.

◇◆◇

(09/03/2020) J'ai relu le livre, en y passant sûrement moins de temps qu'il y a 5 ans. J'ai acheté la nouvelle édition parue en 2018, en même temps que le second tome, que je prévois de lire rapidement. Je n'ajouterai rien à ce que j'ai écrit en 2015, l'article reflète bien mon sentiment. Je remonte simplement ma note, parce que j'ai vraiment pris plaisir à me plonger dans cette histoire.

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vendredi 25 septembre 2015

D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

Quatrième de couv' : "Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi." 

Mon avis : J'ai lu tous les livres de Delphine de Vigan, pas par fanatisme, mais plutôt par curiosité quant au genre contemporain. J'aime bien comment ses romans s'inscrivent dans notre époque, en révèlent la folie, les faiblesses. Mais je n'ai pas toujours apprécié ses romans pour autant.
J'avais envie de lire celui-ci puisque j'en avais la possibilité (l'emprunt quand on travaille en librairie c'est cool). Et j'ai bien aimé !
On est dans ce roman contemporain, presque un thriller psychologique, avec des thèmes comme l'emprise, la perversion narcissique, l'acte de création d'un roman, le vrai, le réel et la fiction.

Bref, les différents thèmes sont mis en scène dans une histoire, où Delphine la narratrice, se sent impuissante face à l'écriture d'un prochain roman. Elle est dévastée par les conséquences de son précédent livre qui a été un succès, et ne se sent plus capable d'écrire. Elle fait la rencontre d'une femme, L. qui va peu à peu s'insinuer dans sa vie, à la manière d'une araignée qui tisse sa toile. Elle empêchera insidieusement Delphine d'avoir des contacts avec ses amis, elle n'hésitera pas à lui imposer son point de vue sur l'écriture. Et c'est dans cette ambiance de pression déguisée par un intérêt amical que Delphine va plonger pendant des mois. Jusqu'au jour où...!
Je vous laisse découvrir.

J'ai lu ce roman avec avidité, je n'arrivais pas à le lâcher, je voulais savoir ce qui arrive à Delphine et je trouvais l'idée judicieuse et bien amenée : qu'est-ce que le vrai dans l'autobiographie ? Y'a-t-il de la fiction dans ce genre ? (ça m'a rappelé les années lycée quand on étudiait les Confessions de Rousseau). Bref, je n'ai pas eu envie de me poser les questions : "est-ce que c'est vrai ? est-ce que ça lui est vraiment arrivé ? qui est cette L. ? Existe-t-elle ?" parce que j'ai eu envie de lire ce livre comme un roman, une fiction. Inspiré de la réalité dans une certaine mesure mais mis en scène par une auteure talentueuse.

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lundi 21 septembre 2015

Alabama Song, de Gilles Leroy

Quatrième de couv' : Alabama, 1918. Quand Zelda, «Belle du Sud», rencontre le lieutenant Scott
Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes…
Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister… Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand «roman américain».

Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce livre.
L'écriture est maîtrisée, le style est beau. L'auteur utilise le "je" avec la narration interne et on est conquis par la voix de Zelda qui nous raconte son histoire à deux époques différentes. Il y a beaucoup de sensibilité, de poésie dans cette écriture.

Je ne connaissais pas la vie de Zelda, la femme de Fitzgerald, et ce que j'ai découvert, m'a beaucoup surprise. On découvre le couple : la rencontre, la vie à 2, puis avec leur fille, puis séparés. Ensemble, ils ont connu la gloire, parce qu'ils incarnaient LE couple des années 20. Mais le bonheur est de courte durée, leur mariage est tumultueux. Francis Scott Fitzgerald boit beaucoup, peine à écrire un nouvel ouvrage, et de son côté Zelda développe une maladie mentale : la schizophrénie. C'est assez atroce de voir comment Scott la pousse dans ses retranchements. Toute sa vie elle luttera pour se faire une place dans l'art et la culture, mais restera malheureusement toujours dans l'ombre cruelle de Scott.

On découvre aussi qui était Zelda, avant d'être la femme de Fitzgerald. Une jeune fille de bonne famille qui aimait transgresser les règles que lui imposait la société.
Puis on découvre sa maladie, qui l'obligera à passer des mois à hôpital.

Je ne connaissais pas du tout la vie de Zelda, et même si c'est un roman, beaucoup de faits réels ont inspiré l'auteur pour l'écriture de ce livre. Une très bonne lecture que je recommande vivement.

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dimanche 20 septembre 2015

Une bouteille dans la mer de Gaza, de Valérie Zenatti

Quatrième de couv' : C'est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen : un kamikaze dans un café, six morts, deux jours d'info à la télévision. Oui, depuis trois ans, l'horreur est devenue routine, et la Ville sainte va tout droit en enfer.
Tal, elle, ne s'habitue pas. Elle aime trop sa ville et la vie. Elle veut mourir très, très vieille et très, très sage.
Un jour, en plein cours de biologie, une ampoule s'allume au-dessus de sa tête, comme dans un dessin animé. Voilà des jours qu'elle écrit ce qu'elle a sur le coeur, ses souvenirs, la fois où elle a vu ses parents pleurer de joie, le jour de la signature des accords de paix entre Israéliens et Palestiniens, et puis la désillusion, la révolte, la terreur, et l'espoir quand même.
Ce qu'elle pense, ce qu'elle écrit, quelqu'un doit le lire. Quelqu'un d'en face. Elle l'imagine déjà, cette amie-ennemie inconnue aux cheveux noirs. Eytan, le frère de Tal, fait son service militaire à Gaza. Elle glisse ses feuillets dans une bouteille et la lui confie...

Mon avis : Qu'est-ce que j'aimerais que ce roman soit au programme de français dans les collèges ou lycées ! Adieu Rousseau, Diderot et Flaubert ! Il faut de la littérature contemporaine pour ouvrir les yeux aux jeunes sur le monde qui les entoure ! Ça permettrait d'éviter les amalgames que font les jeunes à propos du conflit israélo-palestinien, ça permettrait d'ouvrir une discussion à propos de l'Histoire de ce conflit.

D'une, on voyage : on embarque pour Jérusalem et Gaza. On nous décrit les paysages, les lieux, c'est superbe.
De deux, on découvre d'un côté Israël, de l'autre la Palestine. On en apprend un peu plus sur l'Histoire de ces deux états, leurs différences, leurs combats. Il y a de nombreux repères historiques qui sont bien utiles parce qu'on ne connaît qu'assez peu le conflit, ici en Occident.
De trois, c'est une belle leçon qui nous apprend que chacun est un individu à part entière et qu'on ne cautionne pas automatiquement les actions de notre peuple envers un autre et c'est important de le rappeler. Dans ce roman, les deux individus n'ont pas choisi cette guerre, ce conflit.

A travers les yeux des personnages nous découvrons les deux côtés de ce conflit qui s'enlise : l'envers du décor avec les couvre-feux, le chômage, l'interdiction faite aux jeunes palestiniens de travailler sur le territoire israéliens, les actions de l'armée israélienne en réponse aux attentats qui font des dizaines de morts et de blessés.

Le roman se présente sous forme d'échanges de mails entre Tal, une jeune Israélienne et Gazaman, un jeune homme vivant dans la bande de Gaza. L'échange est normalement interdit, mais tous les deux ont au fond, l'espoir d'une réconciliation entre leurs peuples. Et si chacun commençait à faire un pas vers l'autre ?
C'est en se découvrant et en parlant de leur quotidien que chacun va s'ouvrir à l'autre. Alors certes, ils viennent tous les deux de familles pacifistes et ça aide sûrement à créer un contact, mais j'ai trouvé intéressante la première réponse de Gazaman, ça sonnait vraiment réel. On n'est pas dans les bons sentiments à chaque échange, non il y a des ressentiments, de la colère, de l'incompréhension et puis des excuses, une remise en question. Avec leurs échanges, ils abolissent les frontières et les rancoeurs, ils réagissent en direct aux événements de leur pays : quand a lieu un attentat meurtrier par exemple.

Dans les derniers chapitres on a une intrigue qui se met en place et on se demande vraiment qui est Gazaman. La tension monte, l'inquiétude aussi. Le dernier chapitre est vraiment intéressant, car on lève le voile sur son identité, sur ses projets.

C'est un livre très touchant, bouleversant, à lire d'une traite, en étant plongé(e) là-bas, complètement déconnecté(e).

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