vendredi 31 octobre 2014

Le dernier gardien d'Ellis Island, de Gaëlle Josse

Quatrième de couv': New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.
À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

Mon avis : Voilà encore un livre qui m'a attirée par son titre et sa couverture. Je crois que je n'ai même pas lu la quatrième de couv' parce que je sentais que ce livre me plairait, quoi qu'il contienne.
Ce petit livre a tout d'un grand ! Une histoire qui se passe dans les années 50, à Ellis Island, l'île, la fameuse qui a accueilli tous les migrants avant que ceux-ci soient acceptés ou non à poser le pied sur le sol américain. Mais le narrateur ne nous raconte pas l'île en 1954, quand elle est sur le point de fermer. Il nous raconte sa vie, depuis ses premiers pas sur Ellis Island aux derniers.
Il nous parle des rencontres qu'il a faites. Il nous raconte sa femme, morte tragiquement et prématurément.
On voyage avec ce narrateur, il nous balade au début du XXè siècle à New York, il nous emmène en Italie où les préjugés sont tenaces.
J'ai été subjuguée par ce roman qui m'a fait voyager à travers le temps et les pays, à travers les moeurs d'autres époques.

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jeudi 30 octobre 2014

Quand souffle le vent du nord, de Daniel Glattauer

Quatrième de couv' : Un homme et une femme. Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu'à devenir accros. Jusqu'à ne plus pouvoir se passer l'un de l'autre, sans se rencontrer pour autant...
Savoureuse et captivante, cette comédie de moeurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux.

Mon avis : Eh bien ! Quel roman ! J'ai beaucoup aimé. C'est typiquement le genre de situation qu'on peut vivre actuellement, sauf que la rencontre se fait toujours à un moment ou un autre. Et elle met fin à ce qu'on aimait le plus : l'échange. Cet échange intime qui lie ces deux personnages, Emmi et Leo. Ils ont conscience que la rencontre peut faire basculer leur intimité, leurs habitudes dans le concret, dans la cruauté du quotidien.
On ne lâche pas ce livre, parce qu'il y a quelque chose qui nous tient en haleine, un côté très exaltant. Après une panne de lecture c'est vraiment bon de lire un tel livre, avec une histoire d'amour passionnante, un peu hors du commun, où les personnalités se révèlent, non pas dans le quotidien mais dans l'écriture de soi.
Ce qui m'a plu c'est le rappel entre le tout début et la fin : une lettre peut tout changer.

Ce n'est pas niais, ce n'est pas long, c'est bien écrit, bien pensé, les retournements de situation sont possibles. Bref, un très bon livre.

Je ne serai pas originale en vous sortant cette citation : "Ecrire, c’est comme embrasser, mais sans les lèvres. Ecrire, c’est embrasser avec l’esprit."

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mardi 28 octobre 2014

Paris-Brest, de Tanguy Viel

Quatrième de couv' : Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.

Mon avis : Ce livre est là pour me rappeler mes limites : je ne suis pas capable de faire des chroniques littéraires de ce genre de roman (le roman français contemporain, quoi. Avec une écriture blanche (même si je ne sais pas ce que ça veut dire, c'est ce que ça m'évoque)). Pas parce que je n'y comprends rien mais parce que je suis incapable de synthétiser les éléments lus, d'en faire ce qu'on appelle au lycée "un commentaire composé". Je vous fais un aveu : au lycée, en section littéraire, j'étais nulle en philo, nulle en français parce que je n'arrivais pas à tirer les thèmes évoqués dans les oeuvres.
Pour moi la lecture doit être un plaisir, et mes chroniques ici, ne se basent que sur mon ressenti.
Alors voilà, passons à ce livre : j'ai eu un mal fou à me plonger dedans, incapable de lire quoi que ce soit d'autre, incapable d'avancer dans ce livre, pourtant court. Et puis finalement je m'y suis mise et j'ai lu la centaine de pages qui me semblait être une montagne.
Je n'ai pas trouvé ce roman fantastique, ni même le roman dans le roman comme étant quelque chose d'original. Si, un peu. Mais par moments la difficulté de savoir dans quel texte on était resurgissait.
Les personnages sont tous plus ou moins brisés. On se demande parfois comment ils font pour continuer à vivre ensemble sans avoir envie de se taper dessus.
Si il fallait parler des thèmes abordés, alors je dirais qu'il y a l'argent (d'abord), la famille et Brest. Brest est un personnage à lui seul.

Et pour tout vous dire, je n'ai pas particulièrement aimé ce roman. Je ne l'ai pas détesté non plus, mais l'atmosphère plombante en fait un roman quelque peu repoussant. J'ai eu du mal à le lire, j'ai eu du mal à avoir envie de le lire. Dommage.

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vendredi 24 octobre 2014

Juste après dresseuse d'ours, de Jaddo

Quatrième de couv' : Petite, je voulais faire dresseuse d'ours.
Et puis ça m'a passé et j'ai fait docteur. Généraliste remplaçante.
Mais quand même, depuis douze ans (entre la fac, l'hôpital et le cabinet), j'ai eu le temps de voir un paquet de choses absurdes, terrifiantes, émouvantes, révoltantes, rigolotes. J'ai eu le temps de dire un paquet de conneries, et d'en faire quelques-unes. J'ai eu le temps de mettre de côté un paquet d'histoires à raconter.
J'ai eu envie de les écrire, d'abord pour ne pas oublier ce qui me scandalisait à l'époque de l'hôpital, pour ne pas me laisser aller à m'habituer. Et aussi pour vomir ma frousse de me voir parfois si impuissante. Puis pour partager les rencontres, les fragments de victoires, les bouts de vie savourés.
Ces histoires, je les livre brutes, dans le désordre, comme je les ai vécues et comme elles me reviennent.

Mon avis : Vous me connaissez j'ai tendance à ne pas aimer la plupart des livres que je lis. Ou alors je leur trouve trop de défauts. Là, ce n'est pas le cas : je me suis plongée dans le monde médical au travers des histoires de Jaddo.
J'ai mille ans de retard puisque ce livre est sorti en 2011 et que je n'avais JAMAIS été sur le blog de Jaddo. Car ses histoires sont tirées de son blog.
J'ai bien aimé, parce que parfois on n'en revient pas de ce qui se passe dans les hôpitaux, dans les salles des médecins. On s'imagine que tout est bien rôdé. Pas du tout ! Certaines histoires m'ont vraiment laissée pantoise : notamment celle où personne n'arrive à trouver le prénom d'une vieille dame parmi deux dossiers quasi identiques. Jaddo, toute jeune, demande tout simplement à la dame son prénom. Voilà. Comment un médecin qui a des années de taf derrière lui peut-il oublier le contact avec le patient ? Comment peut-il "oublier" qu'on peut s'adresser aux patients (tant qu'ils sont conscients hein). Vous imaginez la barrière qui est dressée ? Et bien il semblerait que c'est pareil entre les différents niveaux de "médecins" : les externes n'ont pas le droit de s'adresser directement au médecin le plus haut placé si je puis dire.
Certaines anecdotes m'ont paru hallucinantes. D'autres m'ont émue. D'autres m'ont fait penser que je n'étais donc pas la seule (dans mon métier de libraire) à rencontrer des gens parfaitement bêtes ou naïfs (au choix).
Après avoir lu ce livre, je dois bien vous avouer que j'aurais un peu peur de faire un séjour à l'hosto si il m'arrivait quelque chose. Le manque de communication qui existe là-bas me fait douter qu'on puisse y être bien pris en charge...

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Soie, d'Alessandro Baricco

Quatrième de couv' : Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.
Soie, publié en Italie en 1996 et en France en 1997, est devenu en quelques mois un roman culte - succès mérité pour le plus raffiné des jeunes écrivains italiens.

Mon avis : à chaud comme ça je me dis "ouais et ?", mais en y repensant je me dis que c'est une jolie histoire d'amour. C'est une bonne leçon aussi. De tout temps les hommes ont eu besoin de dépasser leurs limites, d'aller voir ailleurs ce qu'il y avait (l'herbe plus verte, tout ça tout ça), de lâcher leur confort occidental pour trouver l'exotisme de l'Orient.

La tentation. C'est le maître mot de ce roman. Hervé est tenté de partir au Japon pour ramener des oeufs de vers à soie, il sera alors acclamé par ses pairs qui le remercieront de leur apporter cette merveilleuse solution pour faire fonctionner leurs usines.
Au Japon, il rencontre une mystérieuse femme qui l'attire énormément, la tentation est immense, il s'agit en plus (!) de la compagne de l'homme avec qui il fait des affaires.
Plus tard c'est la tentation de la revoir puis de la combler de plaisir qui va le pousser à repartir chaque fois malgré l'état du pays (le Japon est en guerre).

Mais hélas les femmes ont un sixième sens, et ça, les hommes l'oublient souvent, passant à côté de leur véritable amour... Je ne vous spoile rien. Lisez plutôt ce livre !

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Et je vous laisse le lien vers la chronique de Charlotte qui en fait une très bonne analyse !

mercredi 22 octobre 2014

Suite à un accident grave de voyageur, d'Eric Fottorino

Quatrième de couv' : En septembre 2012, à quelques jours de distance, trois personnes se sont jetées sur les voies du RER, derrière chez moi, dans les Yvelines. Un vieillard, une mère de famille, un homme qui n’a pu être identifié. À la violence de leur mort a répondu le silence. Il ne s'est rien passé. Nul n’a désigné la souffrance par son nom. Une voix neutre a seulement résonné dans les haut-parleurs de la gare : "Suite à un accident grave de voyageur…" Nos vies ont pris un peu de retard. À cause de trois détresses qui n’ont jamais existé.

Mon avis : Il y aurait tout un tas de choses à tirer de ce livre, mais je l'ai lu tard hier soir et du coup mon cerveau ne se prêtait pas à une réflexion intense concernant ce court roman.
Evidemment on pourrait blâmer notre société, dire que nous sommes des monstres d'égoïsme, du côté du suicidé comme de ceux qui assistent à ce suicide et que ça dérange. Où est la compassion ? Pourquoi la violence du geste nous met en colère ? Nous ramène-t-il à notre condition d'humain qui craint d'être touché par la détresse d'autrui ? Aurait-on peur que les idées noires d'un suicidaire nous contamine ? Voilà on peut se poser diverses questions à propos de ce sujet tabou : les personnes qui choisissent de passer sous un train.

Ce roman est hyper court (63 pages), mais il contient une description vraiment bien faite de notre société actuelle.
Je le conseille à ceux qui aiment réfléchir, se poser des questions sur l'état de la société, sur l'humanité, et la déshumanisation.
à la réflexion je pense qu'il serait même intéressant de l'étudier au lycée, en philo. C'est un roman court, rapidement lu, avec un vocabulaire simple, des tournures de phrases agréables et pas compliquées. Mais qui porte en lui tant de questions et de réflexions.

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lundi 20 octobre 2014

Le Grand Voyage, de Jorge Semprun

Quatrième de couv' : Il y a cet entassement des corps dans le wagon, cette lancinante douleur dans le genou droit. Les jours, les nuits. Je fais un effort et j'essaye de compter les jours, de compter les nuits. Ça m'aidera peut-être à y voir clair. Quatre jours, cinq nuits. Mais j'ai du mal à compter ou alors il y a des jours qui se sont changés en nuits. J'ai des nuits en trop ; des nuits à revendre. Un matin, c'est sûr, c'est un matin que ce voyage a commencé...

Mon avis : Bon déjà, je ne pense pas qu'on puisse dire "aimer ou ne pas aimer" ce témoignage. Evidemment c'est puissant. Mais. Parce qu'il y a un mais, ce n'est pas (pour moi) une grande oeuvre littéraire, j'y ai trouvé un défaut qui a ralenti ma lecture : les retours en arrière, avant la déportation, qui ne sont pas définis. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de saut de ligne, juste un nouveau paragraphe qui s'ouvre, mais pas de saut de ligne, pas d'introduction à ce retour dans le passé.
Alors même que dans le présent de l'écriture on est dans le passé, on se retrouve encore plus dans le passé. Si vous voulez, on lit parfois des scènes du passé sans distinction aucune avec les scènes du voyage, de la déportation en train, qui est aussi le passé du narrateur. BREF.
Ce récit c'est le voyage en train vers les camps. Le narrateur a complété ce voyage avec des scènes précédant sa déportation. Des scènes de résistance, des scènes d'emprisonnement. Et aussi le retour en France, quand il retourne voir des connaissances pour essayer de savoir ce que sont devenus ses amis.

Puis à la fin l'arrivée aux camps.

Evidemment c'est bouleversant, certains passages sont atroces. Je n'ose même pas imaginer l'émotion qu'on ressent quand on est entourés de cadavres dans un wagon. Je n'ose à peine imaginer la cruauté des nazis.
Après cette lecture, je suis allée regarder une interview de l'auteur à propos de son livre, il ne s'agit pas d'une autobiographie mais d'un roman basé sur des faits réels, autobiographiques.
Je n'ai pas été franchement intéressée par ce livre, même si ce qui est écrit est extrêmement dur. J'ai une préférence si je puis dire, pour les récits des camps, la vie dans les camps.

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vendredi 17 octobre 2014

Vous parler de ça, de Laurie Halse Anderson

Quatrième de couv' : Melinda Sordino ne trouve plus les mots. Ou plus exactement, ils s'étranglent avant d'atteindre ses lèvres. Sa gorge se visse dans l'étau d'un secret et il ne lui reste que ces pages pour vous parler de ça. Se coupant du monde, elle se voit repoussée progressivement par les élèves, les professeurs, ses amis, et même ses parents. Elle fait l'expérience intime de la plus grande des injustices : devenir un paria parce que ceux dont elle aura tant besoin pensent que le mal-être, c'est trop compliqué, contagieux, pas fun. Melinda va livrer une longue et courageuse bataille, contre la peur, le rejet, contre elle-même et le monstre qui rôde dans les couloirs du lycée.

En 1998, Laurie Halse Anderson, jusque-là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d'une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés ; c'est un cauchemar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l'esprit des pensées sombres qui s'y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche le brouillon d'une histoire, celle d'une jeune fille qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d'été.
Une fois sa mission accomplie, elle retourne se coucher. Laurie Anderson ne fit plus jamais ce mauvais rêve qui allait pourtant changer sa vie l'année suivante quand les notes seraient devenues un roman vendu à plusieurs millions d'exemplaires, un film hollywoodien (avec Kristen Stewart en 2004), de nombreuses nominations et récompenses, et plus de 30 traductions, Vous parler de ça n'est pas simplement un premier roman bouleversant. C'est un phénomène de société, c'est un sujet de conversation, c'est un étendard, c'est un livre capable de changer la vie de celles qui le lisent, et il est pour la première fois traduit en français.

Mon avis : Je dois être totalement insensible parce que ce roman ne m'a pas bouleversée plus que ça. Oui ce qui arrive à Melinda est terrible, oui elle met du temps à s'en remettre. 
Mais en même temps elle n'est pas aidée, sa famille se désintègre, ses parents ne s'intéressent pas à elle, ses amies lui ont toutes tourné le dos du jour au lendemain. Les autres ne sont pas tendres avec elle. Le lycée est une véritable épreuve pour elle. 
Mais quelque chose dans l'écriture, trop enfantine peut-être ? m'a empêchée d'être "bouleversée". J'ai eu de la peine pour elle, pour toutes les jeunes filles à qui ça arrive et les conséquences que ça a sur leur vie. 

Mais ce roman ne m'a pas émue puisque c'est écrit comme si une ado parlait, mais une ado-bébé sur les bords. Melinda n'est pas très réfléchie, et je trouve que la métaphore de l'arbre qu'elle doit réaliser pour son projet d'arts plastiques c'est un peu trop évident. 
Dans l'histoire Melinda a 13 ans quand elle est en fin de 3è. Alors soit elle est méga en avance, soit la traduction a été mal faite...

Je pense que ce roman est finalement plutôt adapté à des ados de 14 à 17 ans plutôt qu'à de jeunes adultes. Dommage. 


lundi 13 octobre 2014

Price, de Steve Tesich

Quatrième de couv' : Publié en 1982 aux États-Unis, fruit d’une dizaine d’années de travail, Price est l’autre grand roman que l’auteur de Karoo, Steve Tesich, portait en lui « depuis toujours ».

Daniel Price, dix-huit ans, a les traits de son père, la belle stature de sa mère, et une âme qui ne sait plus à quel saint se vouer. Tout commence par un combat perdu d’avance, occasion ratée de se tirer d’East Chicago, ville industrielle et prolétaire, où l’avenir se résume à passer sa vie à l’usine.

Flanqué d’amis à peu près aussi paumés que lui – Larry, le teigneux, et Billy, la bonne pâte –, Daniel va, au cours de son dernier été d’adolescent, tandis que son père agonise, être emporté par la force dévastatrice d’un premier amour, quand chaque mot et chaque geste prennent des proportions démesurées.

Histoire orageuse, parcourue d’égarements, de trahisons et de colère, Price raconte l’odyssée intime d’un garçon projeté brutalement dans la vie adulte, où vérité et mensonge, raison et folie finissent par se confondre.

Premier roman maîtrisé et fondateur, Price, par ses tensions et ses renoncements, vibre d’une incroyable puissance dramatique et décrit avec honnêteté la lutte intérieure d’un jeune homme pour assumer sa liberté par-delà le désespoir.

Mon avis : Je ressens un sentiment de satisfaction d'avoir lu ce livre. C'est idiot. Je n'arrive pas à savoir si j'ai aimé. Je crois que oui, mais ce n'est pas un coup de coeur. Pourtant je pense que c'est un livre dont je me souviendrai longtemps.

C'est bien écrit, des phrases ont résonné en moi, m'ont parlé, d'autres m'ont amusée. J'ai été surprise, un peu lassée par moments de la longueur du roman.
Je me suis attachée à Daniel, on le découvre faisant face à son premier amour.
On le suit quand il parle de son père et de sa maladie.
Je me suis retrouvée en lui quand l'été qui suit la fin du lycée vous sépare de vos amis de toujours.

Daniel Price devient un jeune adulte au cours de ce roman, et c'est beau à voir. Tout au long de ce roman on se sent plongé dans une atmosphère un peu sombre, qui le devient de plus en plus, jusqu'au coup d'éclat qui ravive tout.

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(Et puis cette couverture, si belle.)

Not that Kind of Girl (Antiguide à l'usage des filles d'aujourd'hui), de Lena Dunham

Quatrième de couv' : On peut n'avoir même pas trente ans, avoir créé une série culte, avoir déjà été qualifiée pêle-mêle de « voix d'une génération » et de « fille naturelle de Susan Sontag et de Woody Allen », figurer dans la liste du Times des 100 personnes les plus influentes du monde, avoir vu Joyce Carol Oates chanter vos louanges, avoir décroché un contrat faramineux avec une des plus grandes maisons d'édition américaines, et pourtant être percluse de tocs, de complexes et d'angoisses existentielles.

Lena Dunham, c'est la bonne copine. Celle qui vous raconte par le menu ses plans drague foireux, ses accidents sexuels, ses premiers boulots minables. Mais Lena Dunham, c'est aussi la philosophe néoféministe qui nous explique qu'il vaut mieux pour notre santé mentale bannir à jamais le mot régime de notre vocabulaire, que dans la vie, il y a les hommes et il y a les connards, que New York est la plus belle ville du monde et qu'à la fin, puisqu'il n'y a rien, autant rigoler.

Mon avis : Il faut savoir que c'est la curiosité qui m'a poussée à emprunter ce livre. Je ne supporte pas Lena Dunham, je ne supporte pas sa série Girls (si la saison 1 me plaisait, la saison 2 m'a dégoûtée), je ne supporte pas son exhibitionnisme. Alors pour moi, emprunter ce livre, c'était être curieuse, comme les gens qui ont acheté le livre de Mme Trierweiler. Voilà, curiosité et voyeurisme en quelques sortes.

Je vais vous le dire tout de go, après cette lecture je n'aime toujours pas Lena Dunham. Ce livre raconte sa vie. Il y a 5 parties pour cadrer un peu son histoire, mais dans chaque partie, elle se perd, fait des retours en arrière, c'est totalement incohérent pour le lecteur. On ne sait jamais trop où on se situe sur la frise chronologique de sa vie.

Evidemment comme toute jeune fille, elle fait des erreurs, des maladresses et n'hésite pas à les raconter. Mais là où j'ai du mal c'est quand elle nous parle de son viol. J'ai un mal fou à la croire, c'est amené de façon à ce qu'on doute d'elle, de ses dires. En fait, j'ai du mal à la croire dans toutes ses histoires. Est-ce qu'elle n'exagère pas pour qu'on la remarque ? pour qu'on l'écoute ? Elle cherche la reconnaissance, non pas celle d'être connue (ça c'est déjà fait) mais celle qui fera qu'on la remarque (qu'elle sorte du lot). Elle m'apparait alors très égocentrique, exactement comme son personnage dans la série. Elle se comporte comme une enfant (notamment à son boulot dans la petite boutique de fringues).

Je conseille ce livre à tout ceux et celles qui ont envie de connaître un peu plus la vie de Lena Dunham, à ceux qui l'apprécient.
Les autres, vous pouvez passer votre chemin, il n'y a rien de fascinant à lire l'histoire d'un jeune femme, hypocondriaque, bourrée de TOC, d'angoisses (qui ne sont pas analysées du tout et donc pas amoindries), mais assez sincère dans sa démarche de tout nous dévoiler.
Malheureusement ce livre manque cruellement de profondeur. Si Lena se dit féministe, on ne lit pas la moindre réflexion, ou analyse sur ce sujet.
Evidemment écrire de cette façon, c'est une attitude assez décomplexante, mais aujourd'hui, je ne trouve pas que son livre soit remarquable, tout le monde se révèle dans les moindres détails (sordides ou non) sur un blog, sur Facebook, dans un livre.

Enfin, un dernier conseil : Ne suivez jamais l'exemple de Lena Dunham.

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mardi 7 octobre 2014

Hunger Games, de Suzanne Collins

Quatrième de couv' : Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.
Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l'arène : survivre, à tout prix.
Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n'hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature...

Mon avis : J'arrive 3000 ans après tout le monde, je sais. Comme c'est mes deux dernières semaines de taf j'en profite pour emprunter des livres et les lire le plus rapidement possible. Du coup je me suis dit qu'il fallait quand même comprendre pourquoi Hunger Games avait tant plu. Et j'ai été super emballée dès le début. Puis j'ai fait une pause pour dîner aux environs de 300 pages. Et là, le drame. Les cents dernières pages sont nulles, mal écrites. On dirait que l'éditeur a dit à son auteur : "attends t'es bien partie pour nous faire 3 tomes là ! Vas-y incorpore un élément qui va introduire les autres tomes". Et Suzanne Collins a crée un petit élément qui n'a pas d'importance pour Katniss et pour le lecteur, mais qui en a pour les membres du Capitole. Du coup toute la fin m'a laissée perplexe.
Autant au début j'étais enthousiaste et je me disais "mais comment ai-je pu passer à côté de ça ?", c'était intéressant, le monde de Katniss était bien expliqué mais sans trop de détails lourds ou inutiles. Katniss me plaisait bien comme héroïne forte, courageuse, brave et débrouillarde. Peeta me semblait être le mec sur lequel on doute tout le temps mais à la fin, le type adorable, et sincère.
Quant à Gale, j'ai pas eu l'impression d'une histoire d'amour entre lui et Kat. Certes ils s'apprécient, chassent ensemble, passent leurs journées ensemble mais ça n'en fait pas pour autant un couple! Alors quand Kat pense à Gale en mode "je le trahis" j'ai trouvé ça absurde...

Donc une bonne lecture dans l'ensemble, le principe des Jeux où les gens doivent se tuer, et tenter de survivre ça m'a bien plu (c'est sadique ?) mais la fin était trop prévisible et m'a déçue vu la tendance que ça prend. Et malheureusement ça ne me donne pas envie de lire les tomes suivants (qui ne se passent pas dans l'arène j'imagine ? dites-moi)

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dimanche 5 octobre 2014

Bridget Jones, Folle de lui, d'Helen Fielding

Quatrième de couv' : Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ?
Est-il moralement condamnable d’aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ?
Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontre ?

Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d’élever seule deux jeunes enfants, d’apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre sa sexualité à l’heure de – aïe ! le mot qui fâche – l’âge mûr.

À la fois tendre, touchant, mélancolique et absolument hilarant, le retour tant attendu de notre Anglaise préférée.

Mon avis : Très emballée par ce nouveau tome quand je l'ai vu arriver sur nos tables je l'ai pris pour le week-end. On retrouve Bridget, 15 ans plus tard. Elle est veuve, Mark Darcy est décédé. Et elle élève seule ses deux enfants qui ont entre 4 et 7 ans.
Attention, certain(e)s crieront au scandale que l'auteure ait tué Darcy, mais en fait, je trouve que ça sert le roman. Si il était toujours vivant, ça n'aurait pas été très intéressant de lire leur bonheur ou leur vie conjugale. Là, on découvre une Bridget qui essaie de vivre après le décès de son mari. ça la rend plus intéressante et sa vie est finalement bien remplie et palpitante même sans ses considérations sur Darcy (on se souvient tous du "Il m'aime comme je suis ?")

Le ton est le même que dans les précédents tomes, on retrouve le journal avec le nombre de calories, le nombre de kilos, etc. Et fait nouveau : le nombre de followers de Bridget. Alors là, gros bémol : elle en parle tout le temps pendant toute une partie du roman. Autre chose : Bridget a un rapport à Twitter exactement comme celui d'une personne d'âge mûr (normal me direz-vous elle a 50 ans) j'avais limite honte pour elle. Son nombre de followers est son obsession, elle twitte de manière frénétique et en veut à ses followers d'arrêter de la suivre. Elle est en manque de reconnaissance.
Ensuite, autre défaut de Bridget elle tombe amoureuse en un claquement de doigt. Avec sa maturité, je pensais que ce ne serait pas le cas, qu'elle serait plus modérée. On dirait aussi que lorsqu'un mec s'intéresse à elle, elle découvre alors qu'elle en est amoureuse. Pas très crédible. Evidemment elle se rapproche d'un homme qui ressemble en tous points à Mark, parce que visiblement, en pauvre petite femme, elle n'est pas capable de se prendre en main toute seule. Dommage qu'elle manque autant d'indépendance... Parfois j'ai l'impression que ça manque cruellement de féminisme tout ça !
Comme dans tout, Bridget est obsessionnelle, dramatique, exubérante. Si au début ça m'a fait rire, au bout d'un moment j'en avais marre. Je trouvais que chaque partie était trop longue. Le livre aurait fait 100 pages de moins ça aurait été tout aussi bien.
Pour les points positifs, je vous dirais que si vous aimez l'esprit barré de Bridget allez-y ! Ces défauts la rendent plus humaine, énervante certes, mais Bridget c'est la bonne copine qu'on aime retrouver quand on va mal, parce qu'on sait qu'elle ira toujours plus mal que nous et ça nous remontera le moral (d'un certain point de vue).

Mon avis est brouillon, j'ai aimé mais je ne me suis pas fendue la poire à toutes les pages. Je pense qu'il a tout intérêt à être adapté en film parce que je me régalerai devant les situations comiques.


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