lundi 29 septembre 2014

Au bout du voyage, de Meg Rosoff

Quatrième de couv' : Mila a un talent exceptionnel pour lire le monde qui l'entoure - elle devine ce qu'on lui cache, sent les émotions enfouies des uns et des autres. Lorsque Matthew, le meilleur ami de son père, disparaît mystérieusement, Mila cueille un à un les indices : la femme de Matthew est à bout de nerfs, la chienne de la maison erre, le regard triste, le courrier s'entasse dans un coin...
Au comble de l'excitation, Mila s'embarque avec son père pour un road-trip, direction la frontière canadienne où se trouve peut-être Matthew. Quand Mila découvre une chose qui lui a échappé : son père, la personne qu'elle connaît le mieux au monde, tait, lui aussi, quelques secrets...

Mon avis : J'ai un peu de mal à me faire un avis sur ce livre. Je n'ai pas aimé le style, je n'ai pas aimé les personnages. Et surtout le personnage principal, Mila qui a 12 ans, et peut être parfois immature, comme parfois très intelligente et raisonnable. Je n'aime pas quand un personnage appelle ses parents par leur prénom. Vraiment. Pour moi ça crée déjà une distance entre eux, malgré toutes les marques d'affection qu'on voit ensuite.
Bref, l'histoire n'est pas extraordinaire, mais elle porte à réfléchir. La fin est assez ouverte, et nous laisse inventer ce qu'on veut.
Je dirais que c'est un bon livre mais pas forcément bien écrit. Je ne saurai pas à quelle tranche d'âge le destiner. Certaines réflexions sont celles d'adulte, et d'autres nous plongent dans un monde d'enfant. C'est franchement disturbing.

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dimanche 28 septembre 2014

Les mots qu'on ne me dit pas, de Véronique Poulain

Quatrième de couv' : « “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

Mon avis : Je dois bien avouer que jusque là je n'avais eu aucun coup de coeur pour les romans de la rentrée littéraire. Mais celui-ci, BAM ! Une pépite. Un témoignage poignant, émouvant et en même temps très drôle.
Il est très court, bien écrit, pas de pathos, on ne s'investit pas à fond dans la vie de l'auteure mais on en perçoit des bribes, des moments de son passé, son histoire.
C'est parfois très drôle, il y a des moments à se tordre de rire ! Les enfants (entendants) sont sans limite avec leurs parents (sourds) : le coup de l'aspirateur débranché est très très drôle, l'interprétation du JT par le fils de Guy est super.

Mais c'est aussi bouleversant parce qu'on sent l'auteure partagée entre deux cultures : celles des sourds-muets qui est très expressive, très forte, et celles des entendants. Elle oscille entre fierté et honte de ses parents et ça doit être quelque chose de très difficile à vivre. Difficile aussi de ne pas partager tout le langage oral et à l'adolescence c'est compliqué pour elle de parler avec ses parents, d'avoir des discussions sur l'amour, les relations. Quand sa mère lui apprend qu'il faut utiliser des préservatifs à cause du sida, alors qu'elle en entend parler depuis déjà 2 ans, c'est extrêmement touchant et triste.

Ce qui est très touchant et fort aussi ce sont ces moments où ses parents se sont investis à 100% pour que les sourds puissent utiliser la langue des signes à l'école, pour qu'ils l'apprennent, qu'elle se développe, que de nouveaux signes soient créés. Il y a de très beaux passages quand cette "communauté" commence à être acceptée et reconnue, ce sont des passages encourageants qui démontrent une grande force.
C'est un univers, une culture, qui nous est difficile à comprendre pour nous, entendants qui n'avons pas vécu avec des sourds.

Si le style est aussi direct, il n'en est pas froid, le ton est juste. Il ressemble à son auteure (j'ai été voir quelques interviews et passages télé), qui a grandi avec un langage particulier (la langue des signes qui est directe, franche, sans métaphores). Un sans faute pour ce témoignage qui assure sur tous les plans !

Je ne sais pas pourquoi ce témoignage m'a émue aux larmes, mais je conseille vivement à tous la lecture de ce livre. Il est rempli d'amour, de tendresse, de petites vérités, de découvertes pour nous lecteurs. Un incontournable de cette rentrée littéraire !

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dimanche 21 septembre 2014

How to love, de Katie Cotugno

Quatrième de couv' : Avant : Du plus loin qu'elle se souvienne Reena a toujours aimé Sawyer. Mais l'adolescent quitte leur petite ville de Floride du jour au lendemain...
Après : Sawyer revient. Entre les deux : un nouvel amour dans la vie de Reena, sa fille Hannah...

Mon avis : Après les bouquins sérieux que j'ai lus ces derniers temps j'avais envie de me replonger dans la littérature jeunesse. Il se trouve que le repré nous a laissé un service presse du 2è tome de cette série "How to love". Alors j'ai emprunté le tome 1 qu'on a reçu y'a quelques temps.

Autant dire que je ne suis pas fan des chapitres "avant", puis "après", l'alternance des temps me donne des boutons ! J'ai eu un peu de mal à refaire la chronologie au cours de ma lecture. En plus on trouve quelques coquilles et la traduction n'est pas terrible.
L'auteure peine pas mal à planter le décor, on la sent plus à l'aise avec les dialogues. Il y a parfois des scènes qui ne servent à rien. Et on se dit "pourquoi tu racontes ça ? quel intérêt, qu'est-ce que ça apporte à l'histoire ??"
Bref, sur le plan stylistique c'est pas top.

Quant à l'histoire, si elle n'est pas très originale, les personnages sont tout de même intéressants. Mais j'ai détesté leurs prénoms : Reena (diminutif de Serena), Sawyer, ou encore Cade, Allie, Shelby. (Au secours.)
Reena a 18 ans et a eu un enfant assez jeune. Elle vit dans une famille catholique pratiquante, très investie dans le restaurant que tient son père avec les parents de Sawyer. Evidemment depuis sa plus tendre enfance Reena aime Sawyer. Mais son côté cynique l'empêche de l'avouer. On découvre assez vite toute l'histoire (je ne vous spoile pas), et les pages qui font ce roman ne sont là que pour détailler le pitch de base (qui s'établit sur les vingt-cinq premières pages disons).
Donc c'est un roman pas mal mais pas top. Ça aurait pu être mieux écrit, mieux amené. Les scènes de sexe sont peu explicites mais c'est tellement rapide, genre ils se mettent au lit, et hop ! direct ils couchent ensemble, ça donne une sale (?) image de la sexualité adolescente (en plus on ne nous parle jamais de protection, je trouve que c'est indispensable dans un roman ado de l'évoquer).
Cela dit, ce roman n'est pas niais, Serena est une jeune fille réfléchie et son côté cynique l'empêche de tomber dans la mièvrerie (ouf !)
Les thèmes de la drogue, de la maternité quand on est jeune, de la maladie, ou encore de l'homosexualité sont survolés pour se focaliser sur la vie (triste) de Reena qui a fait le choix de garder son enfant et a donc dû laisser tomber ses rêves.

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lundi 15 septembre 2014

Le Diable au corps, de Raymond Radiguet

Quatrième de couv' : Un dimanche d'avril 1917, François, seize ans, fait la connaissance de Marthe, dix-huit ans, qui est déjà fiancée à Jacques, soldat combattant sur le front.
Une idylle s'ébauche entre les deux jeunes gens et lorsque Marthe, qui s'est mariée au cours d'une permission de Jacques, habite seule l'appartement conjugal, ils deviennent amants et commettent mille imprudences. Marthe s'aperçoit alors qu'elle est enceinte. C'est en enfant que va se conduire François dans une aventure d'homme.
Récit d'un amour adultère et tragique, ardent et sincère, Le Diable au corps est un chef-d'oeuvre qui fut porté à l'écran par Claude Autant-Lara, avec Micheline Presle et Gérard Philipe.

Mon avis : Bon je n'ai pas été hyper fan de cette histoire, je n'ai pas aimé les personnages. Seul le style m'a paru très bon et quand je découvre que l'auteur est décédé à l'âge de 20 ans et qu'il a donc rédigé ce texte presque autobiographique avant cet âge, je suis surprise par ses qualités d'écrivain.

C'est une histoire d'adultère sur fond de Première Guerre Mondiale. Mais la guerre est très peu présente dans ce livre. En revanche toutes les obligations de l'époque, les rumeurs, le qu'en dira-t-on y est très présent. J'ai trouvé même assez surprenant que les parents du narrateur ne le punissent pas quand ils découvrent sa liaison avec Marthe, fiancée à Jacques, soldat sur le front. Il n'a pas de limites et son échelle des valeurs morales est souvent faussée.
J'ai trouvé le narrateur très précoce pour son âge (il a 16 ans durant l'histoire), ses pensées, sa façon de manipuler à sa guise sa première amante, me font penser que c'est un personnage très intelligent, ambitieux, cruel et sans grande culpabilité. C'est un personnage qui fait peur en un sens. Tandis que sa compagne, Marthe est au contraire, naïve, aimante, voire faible. L'image de la femme n'est pas vraiment mise en valeur...

C'est un classique, parce que peu avant sa sortie, en 1923, Bernard Grasset a mis en place une publicité dingue pour l'époque autour de ce livre, prétendant que l'auteur avait 17 ans. Bref, tirage à 45 000 exemplaires dont 41 000 exemplaires ont été écoulés en 3 mois.

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dimanche 14 septembre 2014

Le jour où tu m'as quittée, de Vanessa Schneider

Quatrième de couv' : « Où es-tu mon amour, que fais-tu ? Ton absence me donne des vertiges, je n’arrive plus à marcher droit. Tout se brouille, tout s’enroule. J’aperçois la brume de tes cheveux mousseux, la courbe de ton nez, ta veste élimée dansant sur les trottoirs. Je donnerais tout pour que tu reviennes. »

Mais il ne revient pas et ne reviendra pas. Jeanne, divorcée, mère de deux petits enfants, est brutalement quittée par un beau jour d’été, et c’est comme le ravissement de tous ses espoirs, le début d’une longue descente, et surtout le retour de tous ses démons : une mère trop présente, un père absent, une identité fragile qui casse comme du verre. Ressusciter, se reconstruire, aimer à nouveau ?

Mon avis : Rien de bien nouveau sous le soleil. Malheureusement ce livre ne sort pas du lot, son thème à la base n'est pas très original : la rupture et la reconstruction de soi.
Une femme est quittée (de manière assez horrible et lâche il faut l'avouer - le type refuse tout contact avec elle). Elle est triste, malheureuse, en colère, bref on se reconnaît en elle.
La colère lui fait raconter tout ce que son ex a changé en elle : sa façon de s'habiller, de se regarder dans un miroir et il l'a coupée peu à peu de ses amies.
Et puis au final on voit qu'elle reprend goût à la vie et que grâce à un autre homme elle peut à nouveau faire confiance. (Je spoile, parce que, que voulez-vous ? on nous sert sur un plateau d'argent un livre qui met en scène toutes les étapes post-rupture).

Ce personnage (Jeanne) peut paraître assez passive, mais il faut dire que le type qui l'abandonne avait tendance à prendre toute la place, ses attitudes, son besoin d'attention m'ont fait penser qu'il ressemblait à un pervers narcissique et qu'il avait choisi "sa proie", une femme faible, qui se laisse faire et se laisse mener par le bout du nez, pour mieux la détruire par la suite.

Pour moi ce livre manque de profondeur, tout est en surface, on survole le passé, le présent. On entre pas en profondeur dans les pensées du personnage.
Dans une interview, l'auteure parle de Jeanne, en disant qu'elle se rend compte un jour qu'elle ne s'occupe plus de ses enfants, moi je n'ai pas vu la même chose : j'y ai lu le poids des somnifères sur la personne qui va mal, et qui ne se réveille plus dans son lit, ni à l'heure. Je n'y ai pas lu une prise de conscience du genre "il faut que j'aille mieux pour être capable de continuer à m'occuper des enfants" (ou alors je suis trop bête pour lire entre les lignes ?)

Je n'ai pas eu spécialement d'empathie pour ce personnage, même si elle n'est pas détestable. J'aurais fortement tendance à prendre son parti parce que quand on quitte quelqu'un on ne l'abandonne pas de façon aussi lâche, sans communiquer, dans le plus grand des silences (ce silence qui peut vraiment rendre fou/folle). Ça, c'est tout à fait condamnable.
Mais pour autant, même si je me suis reconnue en Jeanne, je n'ai pas trouvé la profondeur que je cherchais dans ce livre, je n'y ai pas vu un personnage suffisamment peaufiné, avec ses subtilités, ses phases de tristesse, de joie, de colère, de haine, ces moments où on va bien puis mal la seconde d'après, les pensées que l'on ressasse et qui nous rendent tristes, à en pleurer. Vraiment, j'ai senti qu'il manquait quelque chose.

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Tout ce que j'aimais, de Siri Hustvedt

Quatrième de couv' : Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d’artistes ont partagé les rêves de liberté de l’époque. De l’art et de la création, ils ont fait le ciment d’une amitié qu’ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n’a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies…
Siri Hustvedt convie ici à un voyage à travers les régions inquiétantes de l’âme : bouleversant, ambigu, vertigineux, Tout ce que j’aimais est le roman d’une génération coupable d’innocence qui se retrouve, vingt ans plus tard, au bout de son beau rêve.

Mon avis : J'ai pris ce livre parce que Juliette du blog Je ne sais pas choisir en parlait comme de son livre préféré. Il n'aura pas ce succès auprès de moi... Chacun a sa propre sensibilité, c'est ce qui fait la diversité des avis, mais aussi des publications. Si à chaque rentrée littéraire on se retrouve avec 650 nouveautés, c'est bien parce que chacun de ces livres peut toucher une personne, tandis que d'autres ne seront pas touchés. Bref, avant de finir philosophe (NON, surtout pas), je vais vous parler de ce livre de Siri Hustvedt.

C'est une histoire lente, et longue. Le personnage principal, un intellectuel, prof d'histoire de l'art en université découvre les lettres de son amie Violet, qu'elle a écrites à Bill, des années plus tôt. C'est le point de départ de ce roman. Nous allons revivre dans le regard de Léo (le héros) sa vie, avec Erica, sa femme, et leurs amis Violet et Bill, leurs enfants Matt et Mark.
C'est un livre extrêmement dense, l'art y est présent tout au long. Tout est décrit et construit avec beaucoup de précision (sauf peut-être le physique des personnages qu'on peine à imaginer). L'écriture et le style est maîtrisé à un tel point que parfois on se dit que ça pourrait être vrai. On s'interroge sur les limites de l'imagination, sur le réel. Il a peut-être fallu des années pour écrire ce livre tellement il est dense et si précis.
C'est la première fois que je me dis que l'écriture semble tellement parfaite, précise, que même si l'histoire n'est pas plaisante, on ne peut pas nier l'effort et la maîtrise de l'écriture. On ne peut certainement pas parler d'ouvrage bâclé !
Donc passons à l'histoire sans trop vous en dévoiler : Bill est un artiste, tout l'inspire et ses oeuvres vont être reconnues dans le monde de l'art. Il est marié à Lucille, une femme très bizarre, vraiment en retenue tout au long du livre. Il est ami avec Léo (le narrateur), qui lui est marié à Erica. Toute la première partie du roman est assez longue et pas super intéressante, on nous y parle des oeuvres de Bill (en détails et avec leur signification), de la vie de Léo avec Erica, de enfants qui naissent Matt, le fils de Léo et Erica, et Mark le fils de Bill et Lucille. Bill divorcera pour vivre avec Violet, une femme énergique, son idéale, on suit ces deux familles d'artistes jusqu'à un événement qui bouleverse leur vie.
On passe à une seconde partie, un peu moins lente, avec plus d'actions, et d'autres personnages qui entrent en scène. On finit sur une troisième partie qui est franchement plus rapide, moins dans l'introspection, moins proche de l'art, plus prosaïque.
Et puis on finit par un épilogue simple, sans happy ending. Quelque chose d'assez proche de la réalité.
Voilà, ce livre c'est la vie de Léo.

Mon ressenti par rapport à ce livre : j'ai eu comme une sensation de gêne, de malaise, voire d'étouffer quand je l'ai fini. C'est un livre dérangeant, qui remue, comme la vie. C'est un livre dans lequel des choses graves arrivent, des choses qu'on ne choisit pas, et celles-ci modifient le chemin qu'on voulait prendre. On se sent alors obligé de vivre autre chose que ce qu'on avait prévu.
Pour venir à bout de ce roman, il faut s'accrocher, ça démarre lentement, on se demande un peu ce qu'on fait à lire ce livre puisque rien de significant s'y passe, et puis là, le drame, qui engendre une toute autre histoire...

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dimanche 7 septembre 2014

Mon année Salinger, de Joanna Smith Rakoff

Quatrième de couv' : A la fin des années 90, Joanna, qui vient de terminer ses études de lettres, s’installe à New York où elle a trouvé un poste d’assistante dans une grande agence littéraire. Chaque jour, elle quitte l’appartement minuscule et délabré qu’elle occupe à Brooklyn avec son petit-ami, Don, aspirant écrivain ténébreux et neurasthénique, pour se rendre en métro sur Madison avenue et retrouver l’antique dictaphone et la machine à écrire qui trônent encore sur son bureau. Mais aussi et surtout sa boss, une femme de tête fantasque et charismatique qui semble n’avoir d’autre préoccupation qu’un mystérieux Jerry…

Hommage à la ville de New York, des cafés bohèmes de Brooklyn aux terrasses et aux lofts du Lower East Side, Mon année Salinger est aussi un récit d’apprentissage subtil, émouvant et drôle : la trajectoire littéraire et sentimentale d’une jeune femme et sa rencontre avec Salinger.

Mon avis :  Joanna Smith Rakoff raconte dans un style appréciable son année au sein d'une agence littéraire. En France on n'a pas ça donc j'ai eu du mal à comprendre en quoi consistait vraiment son job. En fait, elle est le lien entre l'auteur et l'éditeur. C'est une façon d'aider un auteur à trouver la bonne maison d'édition pour publier son livre.
On découvre les premiers jours de Joanna au sein d'une agence un peu particulière, puisqu'elle n'est équipée d'aucun ordinateur (or c'est la fin des années 90 aux USA, un comble donc !). La patronne de Joanna lui dicte sur cassettes les textes administratifs, qu'elle doit recopier ensuite sur une machine à écrire. Rien de bien folichon. Jusqu'au jour où sa boss lui parle de Jerry. Qui est-il ?
...Il s'agit en fait, de J. D. Salinger. à cette époque, il est l'un des plus grands écrivains américains, il a touché un tas de gens avec ses Nouvelles, ainsi qu'avec L'attrape-coeur. Mais Joanna n'a jamais rien lu de lui. Alors quand sa boss lui donne des ordres du style "ne te lance jamais dans une conversation avec Jerry", "passe-le moi quand il téléphone", Joanna ne se rend pas trop compte du "mythe" qu'il représente. Elle a pour ordre de ne jamais lui transmettre le courrier de ses admirateurs, elle conserve donc un tas de lettres adressées à J. D. Salinger dans son tiroir. De temps à autres elle y répond, suivant une lettre-type. Elle s'embarque dans cette vie d'assistante à New York, elle dépeint aussi cette ville, immense, mais quelque peu terrifiante par ses problèmes de logement. Elle raconte son amour un peu bizarre pour Don, un homme plus âgé qu'elle, écrivain, pauvre, et pas très appréciable...

Par moment j'ai eu envie de lire Salinger. Et puis je me suis rappelée que j'avais eu du mal à passer les 10 premières pages de L'attrape-coeur. Je verrai. Peut-être que je le lirai un jour.
Quant à New York, avec ses éternelles neiges, vents, coups de froid, ça ne m'a pas du tout donné envie de visiter cette ville.
Ce livre est un récit intéressant si on s'intéresse à l'édition, aux livres, à Salinger.
Je lui ai mis 7/10 sur Sens Critique, mais pas plus. Un bon récit, bien écrit, bien structuré, mais qui ne m'a pas fait rêver.

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