vendredi 28 février 2014

Déchirures, de Chloe Aridjis

Quatrième de couv' : De temps en temps, je ne peux pas m'empêcher de penser que j'aurais pu faire des tas de choses dans ma vie. Finir la fac, passer mon diplôme, rajouter des titres, pourquoi pas, à mon CV. J'aurais pu avoir un bureau et un stylo plume, avec des gens qui frapperaient à ma porte pour me donner des documents à signer. Ou, au moins, avoir mon propre classeur et une ligne directe. Mais je me suis toujours plus intéressée à être plutôt qu'à devenir... L'ambition n'a jamais été une priorité pour moi, ni le mariage ni l'aventure... 

Marie est gardienne de musée, à la National Gallery, à Londres. Un métier qui vous rend parfaitement invisible aux autres, les visiteurs étant là pour regarder les œuvres d’art mais sûrement pas les gardiens. Cela convient bien à cette jeune femme sans attaches – pas de mari, pas d’enfants, guère de famille, peu d’amis, pas d’amoureux – et qui «flotte» dans la vie.
Marie va nous entraîner dans ses promenades qui sont autant d'errances à travers Londres et Paris, où elle se rend pour de courtes vacances, et c'est un émerveillement de la suivre au fil de ses découvertes, car elle écrit dans une langue extrêmement poétique et imagée. Jusqu'au jour où un acte d’une grande brutalité déchire la sorte de voile protecteur dans lequel elle s’était plus ou moins dissimulée.

Mon avis : J'attendais qu'il se passe quelque chose...
C'est bien écrit, ça se lit. C'est relativement intéressant. Mais il ne se passe rien sur 200 pages ! La seule chose qui arrive au personnage n'est même pas digne d'intérêt et pourtant elle remet toute sa vie en question (sans que l'auteure ne nous explique pourquoi).
Ce livre est une déception. On attend, on attend et rien ne se passe.

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Nous sommes tous à égale distance de l'amour, d'Adania Shibli

Quatrième de couv' : Une jeune femme solitaire entretient une correspondance avec un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Cela a commencé par une lettre à caractère professionnel qu’elle lui avait adressée, et sa réponse délicate l’avait conduite à lui en écrire d’autres, lui exprimant peu à peu ses sentiments les plus secrets. Et puis, soudain, son correspondant met fin à leur relation épistolaire.

Entre alors en scène une autre jeune femme aussi paumée, qui travaille dans un bureau de poste, et qui, à la demande de son père, collaborateur de l’occupant, ouvre les lettres pour vérifier leur contenu politique. Mais ce qui l’intéresse, elle, en particulier, ce sont les lettres d’amour…

Aussi bien par sa structure – une suite de “nouvelles” qui s’intègrent dans un récit-cadre – que par une écriture alternant narration objective et confidences intimes, ce roman sur la solitude humaine confirme le talent de l’auteur, l’une des voix les plus significatives de la littérature palestinienne d’aujourd’hui.

Mon opinion : Au début je pensais qu'on suivrait la vie d'une femme, toutes ses histoires d'amour au cours de sa vie, mais en fait je n'en suis pas sûre. Le roman est en 8 parties, ce sont apparemment des nouvelles. On ne sait jamais qui sont les personnages. On découvre un bref passage de leur vie, celui lié à l'amour. A partir de là, difficile de les juger juste sur leur tendance à aimer, à perdre l'amour, etc.
C'est une écriture orientale dont je n'ai pas l'habitude. Ce genre de roman me rappelle Le goût âpre des kakis que j'avais lu et que je n'avais pas vraiment compris. Il y a sûrement beaucoup de profondeur dans ce récit, mais je suis incapable de la saisir. L'écriture est belle et bien maîtrisée.

à chaque début de chapitre/de nouvelles, on trouve une phrase qui va constituer une citation qui est très jolie :

"La sixième mesure

Comme si chaque début était une fin, 
Sitôt on commence, la fin survient, 
Subitement, sans nous effleurer, 
Elle nous envahit avec insouciance, 
Mais il n'est pas facile pour nous de conclure, 
Sauf quand il n'y a plus de place pour l'amour."

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dimanche 23 février 2014

Ne t'inquiète pas pour moi, d'Alice Kuipers

Quatrième de couv' : Par le biais de Post-it sur le frigo, ce livre est constitué de la correspondance vivante, enjouée, parfois coléreuse entre une mère et sa fille adolescente. Des petits tracas du quotidien aux doutes et souffrances de l’adolescente, c’est un instantané de la vie. Jusqu’au jour où la mère découvre qu’elle est gravement malade…
« Alice Kuipers sait capter l’angoisse qui entoure les drames, et nous transmet l’importance de vivre sa vie pleinement. […] Elle nous rappelle avec force et émotion l’importance de ceux qu’on aime, même lorsqu’on traverse des périodes difficiles semées d’épreuves à surmonter. »  Publishers Weekly
« Comment autant de sentiments, d’émotions peuvent-ils tenir en si peu de mots ? Ceux de la vie quotidienne entre mère et fille. Ces humbles mots pour dire au fil des jours la maladie, la peur, le réconfort. Quel beau livre ! » Inter CDI
« Très original et émouvant. » Joanne Harris, auteur du best-seller Chocolat.


Mon avis : Nul. NUL, NUL, NUL. Non seulement c'est volontairement larmoyant, mais c'est aussi une apologie de l'individualisme, de l'indifférence et de l'égoïsme à travers une famille américaine.
L'histoire est celle d'une mère et sa fille qui vivent sous le même toit mais ne se croisent jamais, donc elle s'écrivent des petits mots qu'elles se laissent sur le frigo. Cette mauvaise habitude se poursuit quand la mère apprend qu'elle a un cancer du sein. Et bien sûr plutôt que de réussir à se parler en vrai, elles se laissent des messages plus ou moins importants via ce système.
La fille est d'un égoïsme pur et dur. Elle passe son temps avec ses amies, son mec ou encore elle se réfugie chez son père quand elle s'engueule avec sa mère, au lieu de communiquer avec elle en vrai, ou encore de l'accompagner à l'hôpital (à chaque fois elle rate de peu le moment où sa mère y va).
La mère n'est pas mieux : elle passe son temps au travail : elle est médecin ou infirmière, bref, dans cette branche-là, et s'occupe à peine de sa fille qui a 15 ans qui doit faire toutes les tâches ménagères (alors oui, aider quand on a 15 ans c'est normal, mais remplacer un adulte pour ça, non). Pour moi ces deux personnages sont détestables.
Le livre est écrit de manière à faire pleurer dans les chaumières. Ça envoie une très mauvaise image de ce qu'on peut faire quand une famille est bouleversée par la maladie.

Il est hors de question que je vende ce livre aux clients.

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Marilyn Monroe, la cicatrice, de Claude Delay

Quatrième de couv' : On croyait tout savoir du destin tragique de la petite Norma Jeane, née illégitime le 1er juin 1926 dans la "Cité des Anges", fille non désirée d'une Gladys déchue dont on la sépare à la naissance. Et pourtant...
Norma à l'orphelinat et Gladys à l'asile : voilà le programme d'une vie. Voilà le coeur de ce livre. Cette béance inaugurale, cette blessure fondatrice, Marilyn Monroe s'épuisera en vain à les combler. Scène primitive d'une enfance jamais exorcisée qu'elle ne cessera de rejouer au long de sa trop courte existence.
Elle appellera ses trois maris "papa", comme du reste tous les hommes de sa vie - à l'exception de son dernier amant, son "Prez", John Fitzgerald Kennedy.
Ses maîtres à penser ? Rilke et Lee Strasberg. Ses maîtres à jouer ? John Huston, Billy Wilder, Mankiewicz, Cukor, Logan, Nunnally Johnson. Ses maîtres à mourir ? La petite fille de trente-six ans emporte avec elle son énigme.
Claude Delay s'attache ici à élucider, pas à pas, la généalogie des chocs affectifs de Marilyn, tel un sismographe qui enregistre les lignes de failles d'un terrain qui n'auront cessé de menacer, dès le premier jour, les "tremblements de père et de mère" dévastateurs.

Claude Delay est notamment l'auteur de Chanel solitaire (Gallimard) et de Giacometti Alberto et Diego, l'histoire cachée (Fayard, prix Cazes-Lipp 2008).

Mon opinion : J'aime assez Marilyn Monroe. Je ne collectionne rien qui lui soit lié, mais j'ai déjà lu deux biographies sur elle, j'ai vu quelques uns des films dans lesquels elle a tourné. Cette personnalité m'intrigue, sa mort encore plus.
Alors quand j'ai vu cette bio, j'ai décidé de l'emprunter pour découvrir d'autres choses sur Marilyn. Cependant, j'ai détesté le style de l'auteur, j'ai peiné à lire ce texte, à savoir de qui l'auteur parlait, car il revient sur la plupart des connaissances de Marilyn et on se retrouve avec des pronoms personnels sans savoir si il parle de Marilyn ou de la connaissance mentionnée plusieurs lignes au-dessus...
Sinon j'ai appris de nouvelles choses sur cette personnalité tellement mystérieuse. Mais à la fin de ce livre, j'ai tout de même l'impression que Marilyn était victime. Victime de sa naissance, de sa mère, des gens qui l'ont élevée, des producteurs, de son succès et des hommes.
Cependant ce récit ne m'a pas laissée indifférente, la vie de Marilyn est troublante, bouleversante...

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mardi 18 février 2014

Lettre d'une inconnue, & Le joueur d'échecs, de Stefan Zweig

Quatrième de couv' : "à toi qui ne m'as jamais connue". La lettre, anonyme, s'adresse bien à lui, à l'homme qu'il était et qu'il est demeuré, l'écrivain célèbre pour son talent, sa frivolité et ses conquêtes. Comment se souvenir de cette femme qui lui déclare sa passion de toute une vie, de cette adolescente de 13 ans qui l'épiait et l'adorait naguère en silence ? Comment revoir le visage de cette inconnue qui se donnerait à lui, plus tard, et de leur brève idylle dans Vienne enneigé ?

Ce texte est suivi de la nouvelle Le joueur d'échecs, dernier écrit de Stefan Zweig. Sur un paquebot reliant New York à Buenos Aires, une partie d'échecs entre deux passionnés que tout oppose et que le jeu réunit. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire aux allures de confession...

Mon opinion : J'avais un peu peur d'aborder cet auteur, en croyant que la lecture des ses oeuvres allait être compliquée, que j'allais peiner à comprendre ses textes. Et en fait, c'est simple, c'est très bien écrit et surtout ce sont des sujets que l'auteur a su très bien exploiter.

Lettre d'une inconnue m'a beaucoup plu. Aimer quelqu'un dans l'ombre, le désespoir qu'on connaît quand l'autre ne nous reconnaît pas du tout, c'est affreux. Ecrit sous forme de lettre, on ne la lâche pas une seconde.

Le joueur d'échecs m'a paru long, à cause de détails qui ne semblaient pas être utiles mais qui le sont finalement. Encore une fois, c'est bien écrit, on plonge dans l'histoire terrible de ce joueur qui a connu les pires moments de la seconde guerre mondiale.


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dimanche 16 février 2014

Promenades avec les hommes, d'Ann Beattie

Quatrième de couv' : Attiré par ce qui brille, le prédateur fond sur sa proie. Jane, fraîchement diplômée de Harvard, connaît la renommée lorsqu'elle est interviewée par le New York Times. Elle rencontre alors Neil, professeur entre deux âges, séducteur invétéré. Et l'amour frappe, fort. Jane quitte tout pour le suivre et vit dans l'ombre de son mentor. Un jour, il disparaît. Elle ne le reverra jamais. A-t-elle rêvé ?

""Tu ne m'as jamais dit quel était ton film préféré", lui avait-elle dit un jour. Ensuite il avait disparu."

"C'est élégant, redoutablement perspicace sur le sentiment amoureux, ses pièges toxiques, ses faux-semblants, les rapports de domination secrets ou consentis qu'il induit, les renoncements qu'il justifie." Télérama


Mon avis : Honnêtement, je n'ai rien entravé à ce roman ! Sérieusement je n'ai rien compris de la structure narrative, dans quelle époque sommes-nous ? est-ce qu'il y a des ellipses narratives de plusieurs années ?
Et qu'est-ce que ce livre m'a appris ? Rien. Et je ne sais pas si le personnage a vraiment appris quelque chose des deux histoires qu'elle a vécues. Tout ça est très superficiel...
Nan vraiment, j'ai galéré à venir à bout de roman qui ne fait que 110 pages... Et je pense que c'est à cause du style de l'auteure que je n'ai pas réussi à comprendre.
Si jamais quelqu'un l'a lu, je veux bien qu'il m'éclaire pour m'expliquer ce qui se passe dans ce roman et où l'auteure veut en venir !

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mercredi 12 février 2014

Soirée Sushi, d'Agnès Abécassis

Quatrième de couv' : Sushi (n. m.) : spécialité japonaise à base de poisson presque vivant roulé dans du riz froid, peu calorique (en tout cas moins qu'une pizza), apprécié des femmes souhaitant se donner bonne conscience. Dédaigné des adolescents qui lui préfèrent le hamburger (plus facile à mâcher), et des hommes qui lui préfèrent n'importe quoi recouvert de fromage, le sushi est un plat raffiné qui prend toute sa saveur avec de la sauce solo... heu... soja. Traditionnellement, on définit par « soirée sushi » la réunion de trois copines fraîchement célibataires, qui ont autant d'angoisses à propos de leurs ados et de potins sur leur ex à partager qu'il y a de graines de sésame sur un california maki. Et en plus, tout cela ne fait pas grossir. (On l'a dit, ou pas ?)

Toujours dans sa veine de l’humour girly. De quoi buller positif. Marie Claire.


Mon opinion : C'est totalement par hasard que je suis tombée sur ce livre dans mon supermarché (j'ai honte j'ai acheté un livre en supermarché...). Mais le titre m'a intriguée et la quatrième de couv' était originale. En plus il était court.
C'est l'histoire de 3 amies, la quarantaine, qui ont connu des peines amoureuses.
Attention :
Premièrement c'est très mal construit : on ne sait jamais à quel moment on se trouve : dans le passé, dans le présent ?
Pourquoi Hortense parle de Marcelino comme du père de son fils ? Le type est son amant depuis deux ans et son fils en a 15. Enfin c'est ce que moi, j'ai compris...
Bien entendu ce n'est pas bien écrit, on sent que l'auteure a écrit ça vite fait bien fait sur un coin de table (sous la pression de son éditeur ?)
J'avais déjà lu "Au secours il veut m'épouser" de cette auteure et j'avais mis 3/10 sur Sens Critique... J'aurais dû me douter que ça ne casserait pas 3 pattes à un canard ! Cela dit, ça m'a fait réfléchir (mais faut avouer qu'en ce moment j'ai de quoi réfléchir) à ma relation actuelle. Et... au lieu de m'aider à avancer, ça m'a embrouillée. L'auteure a divers avis : une femme peut être indépendante, puis une femme doit être une princesse aux yeux du type avec qui elle sort (p*tain... des réflexions pareilles ça me donne envie de m'arracher les yeux), une femme a besoin d'un mari, même si il va la blesser un jour ou l'autre, notamment en lui étant infidèle et qu'il se tape une jeunette (sympa cette image des hommes...)
Et surtout, ces femmes, mères de famille ne respectent rien de l'intimité de leurs ados. Elles sont d'ailleurs complètement hystériques quand elles fouillent la chambre d'un des enfants. Les personnages ne sont pas du tout développés, ils sont creux, superficiels...

Je ne suis pas particulièrement féministe, mais c'est pas avec ce genre de livre qu'on va élever le niveau intellectuel des femmes...

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vendredi 7 février 2014

Un tout petit rien, de Camille Anseaume

Quatrième de couv' : « On n'a ni projets ni même le projet d'en avoir. Le plus gros engagement qu'on ait pris ensemble, c'était de se dire qu'on s'appellerait en fin de semaine. C'était quand même un mardi. On s'aime surtout à l'horizontale, et dans le noir, c'est le seul moment où on n'a plus peur de se faire peur, où on ose mélanger nos souffles sans redouter que l'autre se dise que ça va peut-être un peu vite. C'est beaucoup plus que sexuel, c'est beaucoup moins qu'amoureux. C'est nos culs entre deux chaises, c'est suffisant pour faire semblant de faire des bébés, pas pour en avoir. »

Avec un humour et une justesse remarquables, Un tout petit rien raconte l'histoire d'un choix. Le choix que fera une jeune femme enceinte de l'homme qui partage ses nuits, mais pas beaucoup plus. Un très joli roman, aussi intime qu'universel, sur le passage mouvementé d'une existence à une autre.

Mon avis : Comment dire... La "relation" que la narratrice a avec ce mec, je m'y retrouve totalement. Le foetus en moins. (ouf)
Je trouve que ce passage du livre mis en résumé n'est pas du tout adapté pour parler de ce livre. Clairement, ce n'est pas une non-histoire d'amour, mais il s'agit vraiment du choix de garder ou non l'enfant qu'on a conçu sans le vouloir avec un type avec qui on n'a pas de relation amoureuse.
C'est bien écrit, c'est neuf, c'est agréable à lire, pas de chapitre mais chaque page un nouveau jour, une nouvelle idée qui est décortiquée. On tourne les pages sans s'en rendre compte.
En plus le thème est parfaitement d'actualité avec le droit à l'avortement, quel type de famille veut-on pour son enfant, etc.
Un bon premier roman.

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jeudi 6 février 2014

Kamo l'idée du siècle, de Daniel Pennac

Quatrième de couv' : Tu es content de toi, Kamo ? Ton idée géniale, tu trouves vraiment que c'était l'idée du siècle ? Alors, pourquoi a-t-elle rendu M. Margerelle, notre Instit' Bien Aimé, fou comme une bille de mercure ? Tu peux nous le dire ? Ta fameuse idée, Kamo, tu ne crois pas que c'est plutôt la gaffe du siècle ? La bêtise du siècle ? Tu as vu dans quel état il est ? Et maintenant, qu'est-ce que tu comptes faire pour le guérir ?

Mon opinion : Comme d'habitude avec Pennac et la série des Kamo, j'ai bien aimé. Kamo me fait rire par son insolence, son grain de folie aussi.
Ce livre est une très bonne façon d'aborder l'entrée en 6è. Avec ce roman je me suis replongée en enfance, quand tous les adultes autour de moi me parlaient de la 6è. Alors qu'en fait, seuls les premiers jours sont bizarres parce qu'on ne sait pas à qui on a affaire (tous les profs), ce qu'on doit faire (se ranger pour le self), et faire de nouvelles connaissances. C'est effectivement une adaptation et un rythme à prendre. Après on est rodés. Bref, dans ce roman l'instit' revêt l'habit de chaque prof que les élèves seraient susceptibles d'avoir en 6è. Et c'est drôle, mais surtout, on doute. Eh oui, pendant un instant on se demande si Pennac ne nous emmène pas du côté du fantastique...

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mardi 4 février 2014

Dernières nouvelles du martin-pêcheur, de Bernard Chambaz

Quatrième de couv' : « Depuis dix-neuf ans, je n’ai écrit que de biais à “ce sujet”. Aujourd’hui j’y reviens de front, sur la route. La marche à pied ou n’importe quel véhicule auraient fait l’affaire. Mais si je suis à vélo, il doit bien y avoir une raison. »
Qu’est-ce qui a poussé Bernard Chambaz à traverser les Etats-Unis de la côte Est à la côte Ouest ? L’été 2011, dix-neuf ans après la mort de son fils Martin, il repart à sa rencontre. Chaque coup de pédale sur cette terre de mirages et de merveilles l’entraîne et le relance. Sur la route défile l’Amérique, ses scènes de la vie banales et ses destins extraordinaires, les Roosevelt, les Lindbergh, ces soldats de retour d’Irak, ces motards en balade autour de la cité des Anges. Mais une question demeure à laquelle nul n’échappe : qu’y a-t-il au bout du chemin ?
Bernard Chambaz signe ici son livre le plus ambitieux, entre révélation du quotidien et quête des grands mythes.

Mon avis : C'est un roman de la rentrée littéraire d'hiver, et parmi la multitude de livres déprimants, celui-ci sort du lot. Pourtant, l'auteur et sa femme partent aux Etats-Unis pour refaire le voyage qu'ils avaient fait 19 ans auparavant, avec tous leurs enfants, dont Martin, décédé cette année-là à l'âge de 16 ans. L'auteur va parcourir à vélo d'est en ouest les USA. Son récit de ce trajet est entrecoupé d'histoires d'Américains et d'Américaines célèbres qui ont eux aussi perdu un enfant (parfois plusieurs...). Si le sujet paraît triste, il n'en est rien. On traverse les Etats-Unis avec l'auteur, on découvre ce pays à travers ses yeux. On découvre des histoires, tragiques, la plupart du temps. Mais rien de larmoyant.
L'écriture est fluide, mais travaillé. C'est un beau texte.
Même si à la fin je n'en pouvais plus de lire tous ces rapports au martin-pêcheur. (Trop, c'est trop.) L'auteur voit des signes partout ! Les passages rêvés par l'auteur ne m'ont pas plu spécialement et ne m'ont pas parlé...
En tout cas, si vous avez un intérêt particulier pour les Etats-Unis ce livre pourra vous plaire.

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dimanche 2 février 2014

Fête fatale, de William Katz

Quatrième de couv' : Pour les quarante ans de son mari, Samantha décide d’organiser une grande fête et d’y inviter tous ceux qui ont compté dans la vie de Marty. Elle se lance à la recherche de ses amis d’enfance mais elle a beau chercher elle n’en retrouve aucun. Tout ce que Marty lui a raconté semble en fait n’avoir jamais existé. Samantha se sent de plus en plus mal à l’aise et le comportement de Marty devient vraiment étrange. Quels terribles secrets tente-t-il donc de cacher ? Samantha est-elle en danger ? Seule puis avec l’aide de la police, elle va essayer de résoudre l’énigme.

Un suspense qui va crescendo jusqu’à l’imprévisible coup de théâtre final. François Estrada, L’Écho

Mon opinion : Un polar très intéressant mais pas exceptionnel malheureusement. Tout au long du roman on sait qui est le tueur. Ce sont vraiment les dernières pages qui donnent un coup de twist final. D'ailleurs il faut absolument lire l'épilogue qui est juste génial.
Si tout le récit avait pu être sur le même ton ça aurait été parfait.
Cela dit, le début n'est pas mal non plus, on se met à la place de Samantha qui ne sait pas avec qui elle vit, qui voit son monde s'écrouler. Mais elle reste, et elle joue parfaitement la comédie auprès de Marty.
Un bon polar pas très long, mais pas le coup de coeur. Dommage.

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Belle époque, d'Elizabeth Ross

Quatrième de couv' : Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. 

Paris, 1889. Maude Pichon s'enfuit à 16 ans de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage forcé et découvre Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'Exposition universelle. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi vite que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : 

On demande
Des jeunes femmes
pour faire un ouvrage facile. 
Bienséance respectée. 
Présentez-vous en personne 
à l'agence Durandeau, 
27, avenue de l'Opéra, Paris. 

L'agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le faire-valoir. Etranglée par la misère, Maude postule... 

Un roman fascinant librement inspiré d'une nouvelle méconnue d'Emile Zola "Les repoussoirs", proposée en fin d'ouvrage. 

Coup de coeur du blog Mirrorcle World : 
"Un livre riche et superbe, une plume fantastique qui décrit avec justesse les personnages et le vieux Paris"


Mon avis : Une très bonne lecture !
Et je serais totalement passée à côté de ce livre si je n'avais pas vu Fiona de la chaîne Prettybooks en parler dans une de ses vidéos. C'est en rangeant un peu le coin littérature étrangère à la librairie que je suis tombée sur ce livre. Tout d'abord je me suis dit qu'il n'avait rien à faire dans ce rayon et qu'il était destiné à la jeunesse. Je m'apprêtais à le ranger quand je me suis dit que j'allais peut-être le lire, la 4è de couv' me plaisant bien et puis je savais que Fiona avait bien aimé (sa chronique est ici).
Tout d'abord la couverture est superbe et le titre est en relief. Même si l'ouvrage parait épais, il ne fait que 400 pages et la police d'écriture est relativement grande, de plus le papier est vraiment épais, donc bon... ça va.
J'ai dévoré ce livre. En le commençant je ne m'attendais pas à me prendre d'affection pour Maude et Isabelle, mais finalement le contexte est très bien retranscrit, l'époque est lointaine mais on sent que l'auteure a fait de nombreuses recherches.
Et puis surtout le sujet est intemporel. Plein de fois je me suis dit "punaise aujourd'hui on vit (presque) la même chose". On voit ça tous les jours à la télé dans des émissions débiles où l'apparence compte plus que le caractère. Où on met en scène des jeunes femmes pas très jolies aux côtés de filles super belles. Enfin... Tout est relatif, et c'est ce que Maude comprend à la fin du roman justement. Le fait de louer ou de présenter un corps considéré comme beau ou laid d'ailleurs est quelque chose de très présent dans notre société actuelle et j'ai le sentiment que ça le devient de plus en plus.

Maude est très mature pour une fille de 16 ans. Et je trouve qu'au fil du roman elle le devient de plus en plus. C'est aussi une sorte de roman sur la vie, d'initiation aussi, de passage à la vie adulte. Elle va se lier d'amitié avec des filles très différentes : Marie-Josée, une "repoussoir" comme elle, et Isabelle, la jeune fille qu'elle doit accompagner dans la haute société parisienne, afin de la faire resplendir.

Même si l'histoire peut paraître un peu clichée par moments (notamment l'histoire d'amour avec Paul), le reste m'a vraiment intéressée parce qu'elle sort de l'ordinaire, d'une part par l'époque qui est retranscrite, et d'autre part pour le sujet : des femmes qui sont louées afin de faire briller en société d'autres femmes.

Ce qui m'a surprise c'est le style. Le livre a été traduit de l'américain et je me demande comment ce style se traduit en anglais. Je crois que ça ne m'aurait pas déplu de lire la version originale pour comparer. Voir si la traductrice a pris des libertés ou si ce style, qui date un peu, a été choisi par l'auteure.

C'est un roman qui rassemble beaucoup de thèmes et il y aurait beaucoup à dire sur chacun d'eux. Bref, une lecture qui surprend un peu, mais qui fait aussi réfléchir à l'importance de l'apparence dans la société, et aussi de quelle manière la société a évolué depuis 1889.

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