vendredi 29 mai 2020

Pretty Dead Girls, Monica Murphy

Quatrième de couv' : Belles à tomber. Parfaites en tout point. Sauvagement assassinées.

Leur corps est apprêté avec méticulosité, puis disposé dans une position bien précise. Leur visage, parfaitement maquillé, a été tourné selon l'angle le plus flatteur, leurs vêtements coûteux sont brossés et défroissés... Mais leur cou ouvert d'une oreille à l'autre vient démentir ce tableau idyllique. Leur regard vide trahit la vérité : toutes sont bel et bien mortes assassinées. Les filles les plus populaires du campus tombent les unes après les autres sous les coups d'un mystérieux tueur.

Reine de la promotion et présidente du club très fermé des Cygnes blancs, Penelope Malone règne sans partage sur son petit monde. Elle comprend peu à peu qu'elle est sans doute la prochaine sur la liste, or l'enquête n'avance qu'à pas de fourmi. Elle n'a donc d'autre choix que de se lancer sur les traces du tueur en série qui menace la tranquillité de la petite ville côtière de Californie où elle habite - un havre de paix peuplé par certaines des plus grandes fortunes du pays. Ses soupçons se portent d'abord sur un garçon au comportement étrange, Cass Vicenti, qui s'avère étonnamment proche de certaines des victimes malgré son statut de nerd de service. Et, implacablement, le piège se referme sur la jeune fille.

Si Pénélope veut échapper à la mort, elle va devoir se montrer beaucoup, beaucoup plus maligne qu'elle ne le pensait.
Entre Pretty Little Liars et Big Little Lies, Monica Murphy joue avec les nerfs de la jeunesse dorée californienne dans ce thriller parfaitement ficelé.



Mon avis : J'ai acheté ce thriller classé en young adult en janvier 2019. Il est sorti en juin 2018 et sa couverture m'attirait, je la trouvais très belle et puis ce titre me faisait penser à Pretty Little Liars.
Mais j'ai attendu assez longtemps avant de le sortir de ma PAL, peut-être à cause de son épaisseur.

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Autant le dire tout de suite : c'était bien moins bon que ce que j'imaginais. Et je ne vais pas faire dans la dentelle, j'en ai marre de prendre des pincettes pour épargner les égos des auteurs et autrices (et de leurs éditeurs).

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Déjà le résumé n'est pas très précis : il n'est jamais dit dans le roman que les jeunes filles retrouvées mortes sont dans une position avantageuse. Au contraire, les meurtres sont tellement peu réfléchis qu'il n'y a pas de mise en scène morbide. Ça n'a pas du tout l'envergure de Pretty Little Liars, qui malgré ses incohérences, proposait une intrigue complexe.

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J'ai détesté le personnage de Pénélope, qui est malheureusement la narratrice et qui donc raconte son point de vue de l'histoire.
Je ne comprends pas qu'on puisse s'attacher à elle, elle est l'archétype de la control-freak hautaine et snob, qui se persuade qu'elle n'est pas une petite fille pourrie gâtée malheureuse. Elle se donne mille activités pour ne pas se rendre compte que ses parents ne se soucient pas d'elle. Elle est très puritaine et on sent à travers sa personnalité l'influence du protestantisme américain : il faut réussir en écrasant les autres, sans jamais montrer ses émotions.
Elle dit à plusieurs reprises que les filles assassinées étaient ses meilleures amies, mais en vérité, une seule l'était. Les deux autres étaient ses ennemies et si elles affichaient toutes un sourire de façade, elles se plantaient toutes des couteaux dans le dos.
Penelope, après avoir admis qu'elles ne les aimaient pas, veut nous faire croire que leur mort la touche, alors qu'elle a juste peur d'être la prochaine.
Elle prétend garder ses émotions pour elle, alors qu'elle passe son temps à s'effondrer dans les bras des autres tout au long du roman.

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J'ai détesté tous les personnages de cette histoire : ils sont hypocrites et narcissiques.
C'est typique de ce qu'on voit dans les films ou les séries avec des ados américains, qui sont généralement d'énormes clichés.
Ici, Cass Vicenti est vu comme un mec étrange parce qu'il porte du noir, que son père a été tué par sa mère et qu'il vit avec sa grand-mère (le résumé dit que c'est un nerd de service, je dirais plutôt le bad boy de service). Evidemment il est bien plus gentil que ce que croyait Penelope au début.

Toutes les filles populaires de terminale se mettent des bâtons dans les roues, alors qu'elles font parties du même club, celui des Cygnes blancs. Elles se déchirent, elles sont toutes plus insupportables les unes que les autres. Ce club est censé être une association de bénévoles, qui vont dans les hôpitaux pour aider, en clair des gens désintéressés et humains. Mais là, on a 5 terminales qui sont des pestes, qui ont intégré ce club parce qu'elles sont populaires, bonnes en classe et qu'elles comptent sur cette activité pour intégrer une prestigieuse université, et on a 5 premières qui ne l'ouvrent jamais parce qu'elles ont trop peur des foudres des terminales et que parmi ces 5 premières, l'une d'elle sera choisie l'année suivante pour devenir la nouvelle présidente du club.
Bref, un lot de personnalités intéressées et imbues d'elles-mêmes.

La grand-mère de Cass est vue comme étrange parce qu'elle vit dans une maison en briques sur laquelle a poussé du lierre, elle vit avec 8 chats et pose des questions à Penelope sur sa famille. En quoi ça fait d'elle quelqu'un d'étrange ???

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Je n'ai pas aimé la construction de l'intrigue : le fait de n'avoir que le point de vue de Penelope ne nous permet pas de soupçonner quelqu'un. En lisant le roman, on sait qu'elle se trompe, qu'elle vise le mauvais coupable, c'est évident.
Il y a, à un moment, un indice qui nous permet de se rendre compte que Pen n'est pas sur la bonne voie, mais sur 460 pages, ça ne fait pas beaucoup d'indices pour ce qu'on appelle un "thriller".

C'est seulement en s'intéressant aux rares passages où le tueur s'exprime (genre 4 fois dans le roman) qu'on peut s'orienter vers un coupable, mais c'est seulement parce qu'à la traduction en français on s'aperçoit du genre de la personne.

Evidemment dans ce roman les policiers sont présentés comme des incompétents, l'un colérique et l'autre plus doux, salut le cliché du good cop, bad cop ! Ils ne servent à rien, ils font juste acte de présence pendant que Cass et Penelope sont persuadés que c'est à eux de trouver le meurtrier, soit disant parce que l'enquête n'avancerait pas, or les policiers ne vont pas passer leur temps à révéler leurs indices à des lycéens !

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Quant au dénouement du thriller, même si j'avais deviné de qui il s'agissait, ses raisons étaient vraiment ridicules et pathétiques ! Attention spoilers à suivre ! (à surligner pour lire si vous le souhaitez)
Je conçois que le harcèlement au collège et au lycée, est un truc grave et qui traumatise des ados, mais justifier des meurtres parce qu'on a été harcelé des années plus tôt, c'est vraiment puéril.

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J'ai aussi trouvé la romance mal amenée et surtout ça n'avait rien de romantique à cause du personnage de Penelope ! Alors qu'ils s'ignorent depuis toujours, Cass se rapproche d'elle, au moment où les premiers meurtres ont lieu. Super bizarre, non ? Enfin, si vous êtes un minimum intelligente, vous ne vous rapprochez pas d'un mec que vous suspectez du meurtre de vos deux "amies", juste parce que vous le trouvez super beau, on est d'accord ?!

Et chaque fois que Pen est avec Cass, ils finissent par s'engueuler ou l'un des deux se barre parce qu'il/elle est vexé-e par ce que l'autre lui a dit. Ils ont une relation basée sur la colère ou la jalousie puis la réconciliation, et rebelote.
Il faut dire que Pen est vraiment "a pain in the ass", j'ai rarement vu un personnage aussi pénible avec des jugements à l'emporte-pièce, faisant des crises de jalousie, dès qu'elle apprend que Cass a connu d'autres filles.

Puis alors qu'ils se connaissent à peine, Cass devient en quelques jours l'unique personne qui compte pour Pen. Genre, hop on élimine les amies, la meilleure amie, donc Pen n'a plus que sa famille et un mec sur qui compter. Très belle vision de la femme de 2018 !

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Le style est simpliste, mais surtout on ne monte jamais en tension ! On est quand même dans un thriller et il n'y a pas de suspense, pas de frissons. Par moments j'arrêtais de lire en plein milieu d'un chapitre et ça c'est mauvais signe.

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Il va falloir que je révise mon jugement sur les éditions Lumen : je pensais naïvement que cette maison d'édition voulait publier de très bons livres pour adolescents, or je me rends compte après en avoir lu 3 que ça n'atteint pas le niveau escompté selon moi.
Le style est simpliste, on trouve encore des coquilles dans chacun des livres. Et concernant les histoires, elles sont généralement bourrées de clichés, que ce soit dans la construction des personnages que dans l'intrigue.

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Clairement j'ai passé l'âge de lire des thrillers aussi mal pensés et invraisemblables.
Sorry but not sorry, je vous déconseille ce roman si vous aimez vraiment vous faire peur. C'est mal amené, les personnages sont épouvantables, ça manque de suspense, et la romance en plein milieu d'un tel maelström, c'est tout sauf judicieux. Bref, à éviter.

3/10

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