dimanche 3 mai 2020

Lola Bensky, Lily Brett

Quatrième de couv' : Londres, 1967. Lola, 19 ans, pige pour le magazine Rock-Out. Sans diplôme, trop ronde, trop sage, celle dont le seul bagage est d'être l'enfant de survivants de la Shoah plonge au coeur de la scène rock, causant bigoudis, sexe ou régime avec Hendrix, Mick Jagger, Janis Joplin. Des portraits inattendus qui révèlent son inconsciente quête identitaire... Entre guitares électriques et survie, avec humour et tendresse : un roman survolté, poignant autoportrait et savoureux hommage aux génies du rock des années 60-70. Une pépite.


Mon avis : J'ai acheté ce livre en mai 2016 chez ma bouquiniste, à l'époque le livre était en super état. Depuis, il a vécu quelques déménagements, il a pris le soleil, les pages se sont un peu jaunies. Je laissais ce livre de côté, parce que je pensais qu'il parlerait de musique, et vu que ce n'est pas ma grande passion, je n'avais pas spécialement envie de le lire.

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J'ai dévoré les 80 premières pages, je trouvais super d'être plongée dans les années 60, aux côtés de cette Australienne d'une vingtaine d'années qui interviewe plein de gens connus de cette époque.
Puis le roman avance très vite, on la découvre à 30 ans, puis à 52 ans. Et je dois avouer que ça m'a beaucoup moins intéressée, de voir sa vie de mère, ou de femme remariée qui fait des crises de panique, ou même de lire des passages du livre qu'elle écrit sur une agence de détectives.
Mais subitement, on repart dans les années 60, et on côtoie Janis Joplin dans un festival de musique à Monterey, puis Jimi Hendrix à nouveau.
Enfin on saute à nouveau dans le présent, quand Lola a 63 ans. Le livre se finit lors d'un dîner donné pour une association, où elle revoit Mick Jagger.

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Je ne sais pas du tout où l'autrice voulait en venir avec cette histoire. Je me suis demandée à plusieurs reprises quand ça allait décoller, quel était le fil rouge de l'histoire.
Au bout d'un moment, j'ai compris que ça ne décollerait jamais, qu'il n'y aurait pas d'actions surprenantes, pas de rebondissements, mais qu'il s'agissait plutôt d'un livre qui raconte la vie d'une femme, qu'on qualifie de "grosse", dont les parents ont survécu à Auschwitz, avant de s'installer à Melbourne.
Ce n'est qu'en lisant la biographie succincte de l'autrice, que j'ai pu découvrir que ce roman s'inspirait entièrement de sa vie.

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Ce livre ne correspond pas du tout à mes attentes. Je pensais lire une histoire se déroulant dans les années 60-70, avec une jeune fille qui rencontre des personnalités et j'imaginais que des choses intéressantes, surprenantes, allaient lui arriver en rapport avec ces personnes.
En vérité, on n'a que des bribes d'interviews, au cours desquelles elle parvient toujours à raconter que ses parents ont survécu à Auschwitz, ou elle finit par parler de ses régimes et du fait qu'elle se sent grosse. Bref, la meuf casse l'ambiance systématiquement.
Je conçois le poids d'un tel héritage familial, c'est traumatisant, mais était-elle, en tant que journaliste, obligée d'en parler à chaque fois à des gens qu'elle ne connaît pas ? Quelle image ça donne d'elle ? Pourquoi elle se victimise comme ça ?
Ah oui et pour une journaliste d'un magazine de rock, ne pas supporter plus de 10 min d'en écouter, c'est quand même cocasse.

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La fin du roman est pénible à lire : elle fait une revue détaillée des artistes décédés à 27 ans (les fameux). Autant vous dire qu'après avoir lu 310 pages d'une narratrice qui ne peut s'empêcher de parler d'Auschwitz, finir sur la façon dont Jimi Hendrix est mort, on a l'impression d'avoir lu un roman morbide.
Je conçois tout à fait que les enfants des rescapés des camps de la mort aient eu une vie sans joie, hantés par des fantômes d'une famille qu'ils n'ont pas connue. C'est absolument terrible. Mais j'avoue que ce roman donne difficilement goût à la vie. De plus il n'y a aucune analyse de ce traumatisme et le roman reste constamment en surface, que ce soit par rapport à ce passé traumatisant que dans les interviews qu'elle fait avec les célébrités de l'époque.

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Le personnage de Lola a quelques obsessions récurrentes : les faux-cils qu'elle a prêtés à Cher et qu'elle aurait bien récupérés mais qu'elle n'ose pas lui demander, les régimes (oeuf-melon-abricot-pêche) qu'elle prévoit de faire mais ne fait jamais, ses personnages de roman qu'elle écrit, dont elle nous raconte la vie en détail. C'est d'une lourdeur !

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Mes moments préférés du roman sont ceux où elle raconte les personnalités des années 60-70, les descriptions qu'elle fait de Janis Joplin, de Cher, de Mama Cass ou de Jimi Hendrix nous donnent envie de les connaître. Quant à celle de Jim Morrison, j'apprécie que la narratrice soit mal à l'aise à son contact, plutôt que d'en faire son éloge, comme il est de bon ton de le faire quand on rencontre une célébrité.

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J'attendais tellement autre chose de ce roman. Je suis déçue. Je m'attendais à un roman léger et j'ai eu un roman morbide et triste.
Je me demande bien pourquoi il a reçu le prix Médicis, sinon qu'il fallait récompenser une autobiographie j'imagine.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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