mardi 12 mai 2020

Les Suprêmes, Edward Kelsey Moore

Quatrième de couv' : Elles se sont rencontrées dans les années 1960 et ne se sont plus jamais quittées : tout le monde les appelle « Les Suprêmes », en hommage au célèbre groupe des années 1970. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines se retrouvent tous les dimanches dans l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana : entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de poulet frit en élaborant leurs stratégies de survie.


Mon avis : J'avais acheté ce livre en Octobre 2015, parce que l'une de mes patronnes en librairie l'avait beaucoup aimé, et vu qu'on avait à peu près les mêmes goûts, je m'étais dit que ça me plairait.

Cependant je n'aime pas du tout la collection Babel, je trouve que le papier est trop épais, les marges mal réparties, les livres sont souvent épais et difficilement manipulables. Ce sont des livres, qui par leur aspect et format ne me plaisent pas, et je me doute bien que je passe à côté de plein de belles histoires, mais que voulez-vous, ma main droite souffre à chaque fois que j'ouvre un livre de cette collection pour le lire.

Donc pour ces raisons, ce roman est resté très longtemps dans ma PAL. Dans une optique de lire mes plus anciens livres, j'ai décidé de sortir celui-ci, en parallèle de l'essai No Steak d'Aymeric Caron et d'un roman jeunesse La voleuse de secrets de Brenda Drake. J'ai mis un temps fou à avancer dans ces 3 livres, non seulement par manque de concentration mais aussi manque d'intérêt pour les deux romans.

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Qui sont les Suprêmes ?
Trois femmes Afro-Américaines qui se sont rencontrées à l'école dans les années 60. Nous sommes en 2005, au tournant de leurs vies. Il y a Odette, Clarice et Barbara Jean, toutes trois mariées, ayant eu des enfants. Elles ont vécu de nombreuses épreuves, mais quelques-unes les attendent encore.

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J'ai eu beaucoup de mal à lire ce roman, qui débutait très lentement. Pendant 150 à 200 pages (sur 414 pages...), le rythme est lent, l'auteur présente ses personnages (pas seulement les trois femmes mais toute une galerie de personnages), leur construit un passé, nous raconte leur naissance, leur enfance, le début de leur vie d'adulte. Tout en nous racontant les événements du présent.

J'ai dû me faire un tableau pour savoir qui était qui, qui était le mari de qui, les enfants de qui, etc. Même si les 3 femmes se distinguent chacune par ses propres attitudes, j'ai trouvé qu'il y avait énormément de personnages dans leur entourage et souvent j'étais larguée.

Je ne comprenais pas où l'auteur voulait en venir, ce qu'il essayait de raconter. Comme je lis de moins en moins de romans contemporains, j'ai parfois du mal avec les romans qui n'ont pas de rebondissements, et qui se contentent de raconter une vie. Pourtant ce roman raconte seulement ça : l'année 2005 de Clarice, Barbara Jean et Odette, et ce qui les a amené à être ce qu'elles sont.

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Mais au fur et à mesure, je me suis plongée dans l'histoire, parce que j'ai fini par m'attacher à ces trois femmes. Si au début je ne leur trouvais pas beaucoup d'intérêt, leurs vies se révèlent être plus surprenantes que ce que j'aurais pu imaginer (concernant Barbara Jean surtout).

J'ai bien aimé la façon dont l'auteur a construit et développé ces femmes, il a un grand talent pour en brosser un portrait plus vrai que nature. Mais certaines de leurs attitudes, leurs réactions, sont tout de même datées. Je ne suis pas sûre qu'une femme de 30 ans aujourd'hui, mariée à un homme qui la trompe sans vergogne, accepte une telle situation, sans jamais en parler. J'étais contente de voir comme Clarice se sortait de cet enfer personnel qu'elle a accepté pendant 40 ans !

Ce qui fait vraiment le sel de cette histoire, est l'amitié de ces trois femmes. Amies depuis l'enfance ou le lycée, elles ont vécu ensemble les grandes épreuves de leurs vies. Tous les dimanches, elles se retrouvent au dinner de leur ami Big Earl, qui les a vues grandir. C'est là qu'elles se racontent les événements de la semaine, là qu'elles détectent chez l'autre un besoin affectif ou de soutien plus fort. Parfois au détriment de leur vie de couple, elles se retrouvent toutes les trois pour se soutenir, surmonter les drames de la vie, se raconter des potins ou rire ensemble.

J'ai beaucoup aimé les personnages secondaires, qui permettent d'apporter une touche d'humour à l'histoire. Big Earl est d'une grande humanité et d'une immense sagesse. Minny McIntyre, la pseudo-voyante, est un personnage dont on aime se moquer gentiment, tout comme Veronica, la cousine de Clarice. L'un des moments le plus drôle est probablement le mariage de Sharon ! J'ai senti que l'auteur prenait un malin plaisir à le ruiner !

Les fantômes que voient Odette sont aussi un élément qui m'a plu. Au début je me suis demandée dans quoi on s'embarquait avec cet élément fantastique et complètement fantaisiste, mais peu à peu ça trouve sa place, grâce à la façon décomplexée avec laquelle Odette parle avec eux. Elle ne peut pas faire autrement que de les voir et de les entendre, ils sont une partie intégrante de ce qu'elle devient.

Je pensais que l'auteur mettrait plus l'accent sur la ségrégation raciale, vu que l'histoire se passe dans le sud de l'Indiana. Une partie de l'histoire de Barbara Jean y est liée, ce que j'ai trouvé très intéressant et intelligemment proposé, mais pour le présent de l'histoire (à savoir 2005), on suit simplement la communauté afro-américaine. Ils ont leurs quartiers et leurs espaces et ne se mélangent pas à la population blanche, ce qui montre que même si on n'a plus des cas de violences entre les populations comme ça a été le cas dans les années 60-70, il reste néanmoins une forme de racisme intégré : chacun a sa place dans la ville, d'un côté les noirs, d'un autre les blancs. La question raciale n'apparaît qu'en toile de fond quand l'histoire se situe en 2005.

J'ai moins aimé tous ce qui tournait autour de la religion, les trois femmes fréquentent des églises différentes, avec une façon de parler de Dieu et de la Bible différemment. Je n'y entrave rien, je ne suis même pas sûre qu'en France on ait toutes ces distinctions d'églises au sein d'un même culte.

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C'est un premier roman. Il a ses défauts, manquant de rebondissements, je me suis même un peu ennuyée et j'ai eu du mal à accrocher au début qui m'a semblé un peu fade. Cependant, une fois attachée aux personnages et à leur sort, j'ai trouvé que c'était un beau roman sur l'amitié et les relations sociales de manière générale. Ce n'était pas le grand roman auquel je m'attendais, et je ne lirai pas la suite, mais c'était divertissant et bien écrit.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

2 commentaires:

  1. Oh, c'est dommage que tu n'aies pas aimé ce livre plus que cela... Il m'intéresse beaucoup, mais c'est vrai que c'est le genre de roman qui peut être long à lire. :)

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  2. Oui en fait j'en attendais autre chose. Je pense que si j'avais été dans un autre état d'esprit je l'aurais plus apprécié !

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