samedi 23 mai 2020

Dirty week-end, Helen Zahavi

Quatrième de couv' : Bella en a assez. Bien que discrète, elle ne supporte plus le voyeurisme de son voisin, la main baladeuse de son épicier de quartier. Elle ne supporte pas davantage les comportements malsains que génère la promiscuité de son train de banlieue aux heures de pointe.

C’est alors qu’elle décide par un beau matin, elle si discrète, de mettre un terme à ces conduites de la manière la plus radicale qui soit : l’élimination de tous ces mâles déviants. Devenue tueuse en série, Bella y prendra un plaisir jusque-là insoupçonné… Les rôles seront dès lors inversés.

Roman d’une violence rare sur les rapports de domination, il sera le dernier livre de littérature à faire l’objet d’une demande d’interdiction pour immoralisme à la Chambre des Lords lors de sa parution en 1991.

Il est adapté au cinéma par Michael Winner en 1993.



Mon avis : L'an dernier en début d'année, ce roman était partout sur Bookstagram. Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce qu'il a été ré-édité en janvier 2019, peut-être parce que l'attaché de presse chez Libretto a donné une impulsion à ce bouquin en le plaçant chez tous les influenceurs littéraires ?
Quoi qu'il en soit, ça a marché puisque je l'ai acheté en mars 2019. Je l'ai gardé dans ma PAL jusqu'à aujourd'hui, et je ne sais pas trop pourquoi je l'ai sorti... Peut-être parce qu'il n'est pas très long. Peut-être parce que je n'en avais aucune attente. Peut-être parce qu'après avoir lu du young adult, j'avais envie de lire du contemporain qui saigne.

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Bella est une femme qui n'a pas grand chose de positif dans sa vie. Alors quand l'un de ses voisins commence à la harceler, la discrète Bella qui ne fait jamais de vagues, bascule et se libère par la violence qui la déchaîne.
C'est un roman noir, dénonçant le sexisme, les viols et violences faites aux femmes.

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Le style est assez lourd de répétitions. L'autrice indique une action, et la phrase suivante la ré-écrit mais sous une autre formule, parfois juste en inversant le verbe et le sujet. Ça remplit le texte, mais ce n'est pas fluide.

L'ambiance de ce roman est malsaine, c'est cru et glauque. Pour les lecteurs qui ne sont pas habitués au roman noir, ça peut être très déstabilisant.

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J'ai été très mal à l'aise au départ, quand son voisin la harcèle, d'abord par téléphone et qu'elle écoute attentivement, puis en face à face, quand il la coince pour s'amuser à lui faire peur.
J'étais si mal, je bouillais de rage. Vous savez pourquoi ? Parce que ces scènes traduisaient la supériorité que s'octroie l'homme sur une femme apeurée. C'est ce petit air arrogant et condescendant qu'ils prennent pour nous montrer qu'ils peuvent nous faire du mal, qu'ils nous trouvent faibles et ne vont pas se gêner pour en profiter.
Ce roman montre le rapport de force inégal qu'on trouve encore entre les hommes et les femmes.

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Je m'attendais à ce que l'histoire prenne une tournure policière, mais l'autrice nous l'épargne, ainsi on peut réellement profiter des meurtres, de façon tout à fait jouissive et immorale.
Il faut l'avouer, qui n'a jamais eu envie de frapper le connard qui s'approche pour nous traiter de salope à l'oreille ? Qui n'a jamais eu envie d'émasculer le type qui prend possession de notre corps par la force ?
Je respecte toujours les lois et les règles édictées par la société, alors lire ce livre, ça a un côté libérateur et cathartique : voir une femme tuer ces salauds (ce qu'on ne se permettra jamais de faire), eh bien ça soulage. Bella se venge de toutes celles qui ont été insultées, harcelées, violées, et même tuées par des hommes.
Alors oui, c'est disproportionné dans le sens où on a des lois censées condamner les auteurs de viol ou de violences sur les femmes.
...Mais si ces lois n'existaient pas, serait-ce disproportionné de tuer celui qui oblige Bella à lui faire une f*llation pour la punir d'être montée dans sa voiture ? Serait-ce disproportionné de tuer ceux qui humilient et forcent le corps des femmes qui n'ont rien demandé ?
Durant un week-end, Bella tue pour se protéger de la violence des hommes. La victime peut devenir bourreau, parce qu'une vie d'oppression, de harcèlement, de violences, de souffrances en raison de son sexe, ça peut faire vriller n'importe quelle femme pourtant saine d'esprit.

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Profondément féministe, ce livre ne peut que vous questionner sur votre rapport à l'autre sexe, sur les rapports de domination et la violence qui en découle. C'est manichéen, c'est noir, c'est brut. Mais ça fait du bien !

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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