lundi 27 janvier 2020

Comme des images, Clémentine Beauvais

Quatrième de couv' : IL ÉTAIT UNE FOIS…
des ados sages comme des images, au prestigieux lycée Henry IV, à Paris.

L’histoire commence le jour où Léopoldine rompt avec Timothée. Et où Timothée envoie un mail avec une vidéo de Léopoldine, à tout le monde.
Les profs, les lycéens, les parents,
TOUT LE MONDE.


Mon avis : Récemment j'ai acheté ce livre qui est une ré-édition d'un roman que l'autrice avait publié il y a quelques années. A l'époque j'étais passée à côté. Je ne suis pas une grande fan de Clémentine Beauvais. J'aime ses histoires, beaucoup moins son style, trop recherchée, un peu prétentieux à base de références littéraires. Je sais que ça plait beaucoup à certain∙es, mais ça a tendance à m'agacer.

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L'histoire se déroule sur une seule journée, au lycée Henri IV à Paris. Ici comme ailleurs, les élèves de seconde sont aussi mesquins les uns envers les autres. Poussés constamment à la réussite, ces élèves n'échappent pas à la violence des relations à un âge difficile.
Nous découvrons Léopoldine et sa soeur jumelle, Iseult, Aurélien et Timothée, Annabelle, et enfin une narratrice sans prénom qui nous emmène au coeur de l'action. Timothée, ex rejeté de Léopoldine, diffuse sur Youtube une vidéo de la jeune fille, pourtant destinée à son usage personnel. Abasourdie, celle-ci fait face, épaulée par notre narratrice, la bonne amie toujours présente.

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J'ai beaucoup aimé la sobriété du style de l'autrice dans ce roman. Même si elle amène quelque touches d'originalité, en nommant ses personnages comme ceux de romans connus, ou par quelques exercices de style.
J'ai beaucoup aimé le passage entre le professeur d'anglais et Iseult, ces traits d'esprit entre un homme froid et râleur et la jeune fille qui a besoin de se rebeller. Ou encore la tirade du professeur de physique-chimie, pour lequel la narratrice éprouve de la pitié.
J'ai aimé aussi ce ton assez sombre, cynique de l'histoire.

👯‍♀️💄🎨

J'ai bien aimé replonger dans l'époque du lycée. Pour ma part j'étais dans un des excellents lycées de ma ville, mais heureusement je n'avais pas l'ambition d'être une excellente élève. En revanche, avec ce roman, j'ai reconnu la pression que les professeurs mettaient aux élèves, afin qu'ils soient les mieux classés au bac. Cet espèce d'élitisme malsain, sous prétexte qu'on doit à tout prix réussir notre carrière parce qu'on a été dans tel lycée...

👯‍♀️💄🎨

Je n'ai pas spécialement apprécié les personnages, mais en même temps, le roman ne fait que 200 pages et ne les met en scène qu'à travers une journée de cours. Je ne sais pas trop quoi penser de la narratrice, je la vois comme la bonne copine, qui, bien qu'elle se rende (enfin) compte de son rôle, semble continuer à l'accepter sans prendre la peine de se rebeller, sans coup d'éclat. J'aurais aimé, vers la fin, qu'elle fasse bouger les lignes. Mais peut-être que le moment n'était pas encore venu... On met parfois du temps à se désengager. J'aurais aussi aimé en voir plus de la relation entre les deux soeurs, qu'on approfondisse ce lien.

👯‍♀️💄🎨

Roman résolument moderne, l'autrice nous montre avec justesse la difficulté des relations amicales ou amoureuses à l'adolescence. Je n'ai pas été particulièrement touchée par cette histoire et je l'aurais certainement oubliée d'ici quelques mois, mais sur le moment je n'ai pas passé un moment déplaisant.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

A good girl, Amanda K. Morgan

Quatrième de couv' : Ses amis la pensent parfaite, et pourtant...

Ce qu'il faut savoir sur Riley Stone :

1. Riley Stone est la perfection incarnée (Demandez autour de vous.)
2. Elle a un faible pour son prof de franc¸ais, Alex Belrose. (Qu'elle soupçonne ne pas être indifférent à son charme.)
3. La vie entière de Riley est déjà planifiée. (Ce n'est pas négociable.)
4. Elle a toujours su préserver ses petits secrets. (Toujours.)
5. Riley est persuadée que sa vie est sur la bonne voie. (Et rien ne pourra y changer quoi que ce soit.)
6. Elle n'a rien d'une adolescente ordinaire. (Et ne s'en cache d'ailleurs absolument pas.)
7. Les petits jeux, ce n'est pas vraiment son truc. (Mais s'il faut s'y prêter, elle gagne toujours.)

L'un de ces jeux est sur le point de commencer, elle le sent... Sauf que Riley a un plan. Et elle compte bien l'emporter. Car elle ne perd jamais.

Entre Pretty Little Liars et Gone Girl, un roman percutant sur une fille parfaite (ou presque), prête à tout – absolument tout – pour s'assurer que ça ne change pas.


Mon avis : J'ai acheté ce livre en mars l'an dernier. Je n'ai encore jamais lu de livres des éditions Lumen, et pourtant j'en ai acheté pas mal au cours de l'année passée.
Celui-ci m'intriguait parce qu'on nous le présente comme étant un roman entre Pretty Little Liars (série que j'ai suivie durant des années) et Gone Girl (ou autrement dit Les apparences, le meilleur thriller psychologique que j'ai pu lire dans ma vie). Autant dire que je mettais la barre très haute.
Hier après-midi, mon regard s'est posé sur ce livre et j'ai retrouvé l'envie de le découvrir, je l'ai donc lu en l'espace de quelques heures, complètement plongée dans ce roman, voulant connaître à tout prix le fin mot de l'histoire.

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Et... c'est une déception.
Déjà commençons par un résumé : Riley a 17 ans, est une lycéenne studieuse, belle, intelligente, qui a deux amies tout aussi belles et intelligentes. Mais elles s'inquiètent pour Riley, qui n'a jamais connu les joies de l'amour. Elles vont la pousser à s'intéresser aux garçons, seulement Riley jette son dévolu sur son jeune prof de français, Alex Belrose, qui visiblement est tout aussi attiré par elle.

♔⚙︎♛

Alors ! les points négatifs sont plutôt nombreux.

- Re-contextualisons : on est dans un lycée. Avec des ados normaux en principe. On n'est pas dans une série sur Netflix où tous les ados sont des bombes. Mais apparemment l'autrice a voulu que tous rayonnent, tous soient auréolés de la lumière divine parce qu'ils ont reçu les meilleurs dons à leur naissance : l'intelligence et la beauté. (Pour les autres qualités on repassera, ils sont plutôt des coquilles vides). Les personnages secondaires ne servent à ... rien.

- La lenteur du début, ça met beaucoup de temps à démarrer : pendant une grosse centaine de pages on nous présente les personnages : qui ils sont dans divers contextes (famille, amis, école, etc.).

- La romance : argh, que c'était cucul la praline ! C'était tellement chaste, mais en même temps ça se voulait sexy. Les dialogues étaient dignes d'un film à l'eau de rose. J'avais honte pour l'autrice qu'elle nous ponde des choses aussi clichées !

- La cible de Riley : déjà, il faut arrêter avec les profs qui se compromettent en sortant avec leurs élèves. Sérieusement, dans ce roman, le mec ne s'interroge jamais sur les conséquences de son acte, il risque sa carrière et son mariage, mais non, ça ne le dérange pas outre mesure.
Ensuite, je ne vois pas ce que le prof trouve à son élève : ok Riley est "parfaite", mais clairement quand on les entend parler ensemble, on voit bien qu'elle est nocive et immature. Et lui est complètement aveuglé. Pas une seule fois il ne se remet en question ni cette relation. Sa dimension psychologique est nulle (dans le sens où elle n'est pas du tout exploitée, encore une fois : coquille vide).

- L'écriture est lisse et très conventionnelle. C'est linéaire, mou. Et j'ai eu l'impression pendant un long moment de lire une sorte de fan-fiction pas aboutie.

- Les dialogues entrecoupés par les pensées ou les explications de Riley (la narratrice). On commence un dialogue par une phrase, puis retour à la narration interne, re-dialogue, re-narration interne. J'étais obligée de remonter dans ma lecture pour me rappeler ce dont les personnages étaient en train de parler, vu que Riley faisait constamment des digressions en interne.

- Le dénouement : j'en attendais tellement, je voulais un véritable rebondissement final, quelque chose qui me fasse buguer, or là, ce dénouement rocambolesque nous amène au point suivant :

- Le manque cruel de crédibilité tout au long de l'histoire : même si le dénouement nous présente un responsable pour tout ce bazar, en fait dès le départ ça ne tient pas : comment être sûr qu'Alex tomberait amoureux de Riley ? ferait tout et n'importe quoi pour elle ? Pèterait un plomb ?
En fait, tout au long du roman, les personnages sur-réagissent. A chaque micro-événement ils en font des caisses. Et je n'arrivais pas à croire ce que je lisais, leurs réactions disproportionnées m'empêchaient de vraiment adhérer à cette réalité que l'autrice propose.

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Pour le positif :

- L'ambiance est malsaine et c'est ça qu'on veut ! La romance niaise laisse peu à peu place à de la noirceur, à une atmosphère dense et poisseuse.

- La psychologie de Riley : au-delà de la fille parfaite, sage et raisonnable telle qu'elle se présente aux autres, on constate qu'elle n'est pas tout à fait saine d'esprit, elle s'emporte pour des broutilles, prend tout comme un affront à l'égard de sa petite personne. Elle donne le change auprès de ses amies, mais on sent qu'elle se force à être gentille et qu'elle n'a pas vraiment d'empathie. Elle a des idées bien arrêtées, et est très possessive.

- La façon qu'a l'autrice de disséminer des phrases pour lutter contre le sexisme.

- J'ai dévoré le livre, même si la fin m'a déplu, je me suis donnée à fond dans la recherche d'indices, d'idées qui me permettraient de comprendre cette histoire avant son dénouement final.

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Ce roman, même si je l'ai dévoré en un après-midi, présente de nombreux points négatifs, qui auraient dû être soulignés par un éditeur avant publication.
Incohérent, peu crédible et manquant de finesse, je vous conseillerai plutôt de passer votre chemin.

4/10

samedi 25 janvier 2020

Attachement, Rainbow Rowell

Quatrième de couv' : Le coup de foudre est possible, même avant le premier regard !

1999. Lincoln, gentil geek aux faux airs d'Harrison Ford, travaille dans une entreprise où son rôle consiste à contrôler les mails des employés. C'est ainsi qu'il parcourt les échanges de Jennifer et de Beth, deux copines aussi drôles et imprévisibles qu'attachantes.
Sans même l'avoir vue, Lincoln va tomber amoureux de Beth. Mais comment lui déclarer sa flamme sans passer pour un fou ? Surtout que la jeune femme semble avoir un faible pour un "inconnu" qui travaille dans le même immeuble...


Mon avis : Je n'ai pas l'habitude d'acheter des romans des éditions Milady, mais comme ils ont publié ce livre de Rainbow Rowell, dont j'avais souvent entendu parler sur des chaînes Booktube, j'ai décidé de me le prendre.
J'ai déjà pas mal lu ce mois-ci, donc je suis plus détendue sur le temps que je passe sur un livre. Celui-ci m'aura pris plus de temps que je ne l'aurais imaginé (environ 5 jours), puisque je suis assez distraite.

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Dans ce livre, Lincoln est un jeune homme qui commence un boulot particulier : chargé de la sécurité informatique, il doit surveiller les mails des employés d'un journal local. A la lecture d'échanges de mails entre deux femmes, il va tomber amoureux de l'une d'elle.

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Ce roman s'articule de manière alternée, avec les échanges de mails de Beth et Jennifer, et la vie de Lincoln ; que ce soit ses activités comme ses pensées ou ses émotions à la lecture des mails de Beth et Jennifer. C'est fluide et facile à lire, mais j'ai eu du mal à me mettre dans cette histoire. Je n'accrochais pas vraiment à l'intrigue.

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Les conversations par mail entre Beth et Jennifer sont intéressantes, plutôt réalistes. J'ai bien aimé plonger dans ces échanges, je crois que j'aime bien tout ce qui se rapporte aux échanges épistolaires dans les romans.

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Cela dit, les personnages manquent de nuances, mais ils sont attachants, surtout Lincoln puisque c'est lui qui raconte l'histoire.
Le qualifier de "geek" ne convient pas trop je trouve, c'est simplement un mec solitaire, qui a fait pas mal d'études, a un job alimentaire dans l'informatique et continue à se chercher.
Attention, personnage parfait ! Lincoln est un mec gentil et attentionné, qui s'est fait larguer durant sa première année de fac par sa copine du lycée qu'il aimait éperdument et ne s'en est jamais remis. Et en plus, il est grand, musclé et beau ! Mais comment se fait-il qu'il ne trouve personne ?!
Le seul défaut de Lincoln est qu'il prend son temps pour avancer dans la vie.

Jennifer est l'une des protagonistes envoyant des mails sur lesquels Lincoln tombe régulièrement. Autant être honnête, au début j'ai eu du mal à différencier Jennifer de Beth dans leurs mails. Pour moi, leurs personnalités ne se dessinaient pas à travers leurs écrits, elles étaient complètement interchangeables. Quand on a commencé à en savoir un peu plus sur elles, j'ai réussi à leur coller une étiquette à chacune, genre Jennifer = compagnon nommé Mitch, elle ne veut pas d'enfant mais tombe enceinte.

Quant à Beth (je déteste ce prénom), elle est critique de cinéma dans le journal local. Elle est en couple depuis 8 ans avec un homme prénommé Chris, musicien un peu évanescent. Il n'est pas très présent dans son couple et se consacre essentiellement à sa musique. Beth est un personnage sympathique et très certainement cultivée. C'est à peu près tout ce que je peux dire de son caractère.

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... Alors voilà, je ne comprends pas ce que Lincoln lui trouve d'après les mails qu'il lit. Peut-être parce que le postulat de départ n'est pas très crédible : tomber amoureux de quelqu'un en la connaissant que sur la base de mails qu'elle échange avec une autre personne.
En fait, tomber amoureux de quelqu'un avec qui on échange des mails, ça je conçois. Mais quand il s'agit de mails qui ne nous sont pas adressés personnellement, je trouve ça bizarre.

D'autant plus que Beth a un crush sur Lincoln en l'ayant vu dans les couloirs de la rédaction et parle de lui dans ses mails avec Jennifer. Alors peut-être que de savoir ça, ça conforte Lincoln dans son "amour" pour Beth, parce qu'il SAIT qu'il n'aura pas à la convaincre de tomber amoureuse de lui, un peu comme si la partie était déjà gagnée.
Enfin, pour moi, la genèse de leur "amour" ne me semble pas crédible et donc j'ai eu du mal à accepter cette fin qui est ultra-clichée et romantique (et bâclée d'ailleurs). Franchement, j'aurais aimé que l'autrice en fasse moins des caisses et continue dans sa lignée.

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Sinon, j'ai été déçue par un sujet important qui est très mal traité !
Jennifer ne veut pas avoir d'enfant, son compagnon en veut. Sous la pression familiale (et pression de la société), elle se laisse convaincre et finalement prend goût à sa grossesse. Et honnêtement, je trouve ça nul comme message de dire : "eh vous voyez en faisant un effort vous verrez que vous allez aussi vouloir des enfants". NON, p*tain ! ça ne marche pas comme ça.
Si un personnage est sûr de ne pas vouloir d'enfant, pourquoi lui en imposer un ? d'autant plus que là on parle d'un personnage féminin, je ne suis pas sûre qu'on imposerait la même chose à un personnage masculin.
Bref, il y a encore beaucoup à faire pour qu'on arrête de croire qu'avoir un enfant est la meilleure façon de s'épanouir dans la vie et que c'est ce que tout le monde veut.

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Une histoire sympa, légère. Mais pas ouf. Je m'attendais à beaucoup mieux de la part de l'autrice. Certes ce n'est pas désagréable à lire, c'est fluide et plutôt léger, mais il aurait fallu que les relations entre les personnages soient plus crédibles, leur personnalité plus approfondie.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 20 janvier 2020

Le bal des folles, Victoria Mas

Quatrième de couv' : Chaque année, à la mi-carême, se tient, à la Salpêtrière, le très mondain Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Cette scène joyeuse cache une réalité sordide : ce bal "costumé et dansant" n'est rien d'autre qu'une des dernières expérimentations de Charcot, adepte de l'exposition des fous.
Dans ce livre terrible, puissant, écrit au scalpel, Victoria Mas choisit de suivre le destin de ces femmes victimes d'une société masculine qui leur interdit toute déviance et les emprisonne. Parmi elles, Geneviève, dévouée corps et âme au service du célèbre neurologue ; Louise, une jeune fille "abusée" par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand coeur qui a eu le tort de jeter son souteneur dans la Seine ; Eugénie Cléry enfin qui, parce qu'elle dialogue avec les morts, est envoyée par son propre père croupir entre les murs de ce qu'il faut bien appeler une prison.
Un hymne à la liberté pour toutes les femmes que le XIXè siècle a essayé de contraindre au silence.


Mon avis : Depuis plusieurs semaines j'avais très envie de découvrir ce livre, alors que je n'ai pas l'habitude d'acheter des grands formats ou des livres primés. Mais la thématique et l'époque de ce roman me plaisait bien. Le livre n'est resté que 3 jours dans ma PAL tellement j'étais pressée de le découvrir. Le résumé de l'éditeur est un peu long et en dévoile beaucoup je trouve. Je ne l'ai pas lu avant ma lecture du roman, je me suis juste fiée aux échos que j'en avais eus.

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Ce roman commence à la fin du mois de février 1885, où l'on découvre plusieurs femmes : Geneviève, une infirmière à l'hôpital de la Salpêtrière, en charge des "internées", parmi lesquelles on trouve Louise, une adolescente violée par son oncle, et Thérèse, une ancienne prostituée. Et enfin Eugénie Cléry, une jeune fille de bonne famille qui se sent différente : elle voit et entend les défunts. Leurs vies vont se croiser durant les quelques semaines précédant le bal de la mi-carême, Le Bal des Folles, donné à l'hôpital de la Salpêtrière.

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Les romans basés sur une histoire réelle ont une dimension intéressante, ils nous permettent d'en savoir plus sur une époque et sur une façon de pensée, qui est heureusement démodée. J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur la typologie de femmes internées, contre leur gré.

L'autrice dénonce la condition des femmes de l'époque, ça nous permet de voir à quel point nos droits ont évolué, de voir comment les mentalités des hommes ont changé (même si il reste beaucoup de chemin à faire pour se sentir leurs égales).

Elle révèle une part d'ombre de l'histoire de la médecine : Charcot dans sa grande mansuétude autorisait une fois par an les "folles" à s'amuser, déguisées, dans le but de faire rire ou faire peur à la grande bourgeoisie de l'époque.

❨♀︎❩

Le style est simple et fluide, mais de nombreuses répétitions apparaissent (sur 250 pages) : notamment le bruit des talons sur les pavés de la cour, le dortoir surveillé par les infirmières.
En revanche, sa façon de dépeindre les femmes est très bien faite, on les sent vivre et évoluer sous nos yeux. Elle sait les rendre attachantes, mais est-ce leur situation qui nous les rend ainsi ou leur personnalité ?

❨♀︎❩

Selon moi, il manque une critique de la médecine exercée par Charcot : celui qu'on aurait pu penser au coeur du roman, n'est qu'un figurant à peine esquissé. Ses travaux sur l'hystérie et l'hypnose nous sont à peine présentés.
Ceux qui sont dénoncés sont les hommes qui paraissent tous mauvais et supérieurs : les internes en médecine, les pères de famille qui ne croient pas leurs filles et les envoient à l'hôpital, les violeurs. Seul l'un d'entre eux se démarquent par sa culpabilité envers sa soeur.
Il faut aussi signaler que le titre fait référence à un événement qui n'arrive qu'à la toute fin du livre et est très peu développé. L'impatience des internées pour ce moment se conçoit, mais pour le lecteur tout cela retombe bien vite comme un soufflé.

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La thématique est certes originale et arrive à point nommé, cependant il s'agit d'un premier roman qui présente des faiblesses. J'ai néanmoins bien aimé cette histoire et j'ai pris plaisir à la lire.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 18 janvier 2020

L'année des pierres, Rachel Corenblit

Quatrième de couv' : 

Ce n’est pas parce qu’on est tous paumés et loin de chez nous qu’on se ressemble.

Ce n’est pas parce qu’on devient amis que les choses seront plus simples.

Ce n’est parce qu’ils nous prennent pour cible qu’ils sont nos ennemis.

Ce n’est pas parce qu’on est montés dans ce bus qu’on en redescendra indemnes.



Mon avis : De Rachel Corenblit, j'avais lu l'an dernier Shalom Salam maintenant, qui ne m'avait pas totalement convaincue, je ne m'en souviens même pas, c'est pour dire... Mais quand L'année des pierres est sorti fin août, j'avais bien envie de le découvrir. J'ai tout de même attendu fin décembre avant de me l'acheter, histoire d'être sûre que je voulais le lire.

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Le résumé est très succinct et n'en dit pas tellement sur ce qu'on va trouver alors je vais essayer de vous en parler, sans trop en dire.

1987. On s'apprête à suivre l'année de seconde d'une dizaine de jeunes, de l'unique point de vue de l'un d'entre eux : Daniel Mayer. Tous originaires de France, ils vont se retrouver au lycée français de Jérusalem, pour différentes raisons. Certains ont choisi de venir en Israël, d'autres se sont vus imposer cette décision par leurs parents. C'est dans leur internat que leur amitié va se former. Mais un événement va les rassembler : lors d'un voyage en minibus à travers le pays, leur véhicule est attaqué par des Palestiniens. Adolescents français qui ne comprennent pas ce qu'il se passe, ils vont devoir traverser cette épreuve ensemble.

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Je ne sais pas comment l'expliquer, je n'ai pas éprouvé de plaisir à la lecture de ce livre. J'ai failli l'abandonner au bout de 150 pages parce que ça prenait du temps à démarrer, parce que l'autrice installait ses personnages, mais ils étaient si nombreux que je n'arrivais pas à les différencier.

Et puis il y a des petites choses qui m'ont gêné, est-on dans le présent de l'action ? Ou dans une histoire racontée par un Daniel adulte qui a eu tout le temps de prendre du recul ? Comment Daniel peut-il en savoir autant sur ses nouveaux amis quand il nous les présente au début du roman ?
La narration éclatée avec des retours dans le temps m'a gênée, ne me permettant pas de situer les faits de façon claire.

Le passage dans le bus méritait une tension beaucoup plus marquante, ça aurait dû soulever plus de questions, plus d'approfondissements, de la part de chacun des personnages.  

J'en attendais beaucoup sur le traitement du conflit israélo-palestinien, et je suis plutôt déçue : les adolescents sont paumés, ils n'ont aucune conscience politique et ne s'intéressent pas du tout à la situation du pays. Ce qui leur arrive dans le bus aurait dû engendrer une tension et un intérêt plus singulier pour la question. Seul Daniel donne l'impression de sortir du lot, parce qu'il n'accepte pas qu'on lui demande de dénoncer d'autres gens de son âge, alors qu'il n'est sûr de rien.
Et puis il y a cette question qui reste en suspens : que vont devenir les personnes dénoncées ?

La fin arrive bien trop vite par rapport à tout le reste. On passe beaucoup de temps sur le début de l'année et puis d'un coup on est déjà en juin. On n'a pas d'informations sur ce que deviennent les autres, ou très peu. L'amitié qui semblait pourtant forte s'est montrée assez éphémère et ça donne un vrai goût amer à l'histoire.

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J'ai beaucoup plus apprécié l'histoire du grand-père, même si ça semblait assez évident. Je me suis demandé pourquoi sa fille ne lui parlait plus, pourquoi elle lui en voulait.
J'ai adoré sa façon de répondre à Daniel quand il le vouvoyait. J'ai apprécié voir comment les deux hommes tentaient de créer un lien.

J'ai aimé découvrir comment ces adolescents développaient leur amitié et de quelle façon chacun trouvait sa place au sein du groupe. J'ai aimé les voir mûrir loin de leur famille, surtout Daniel, puisque c'est lui le narrateur.

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Le style est factuel, un peu lourd, avec une narration éclatée. Ce n'est pas un roman très facile à lire, ni par sa forme, ni par les événements qu'il présente. Je ne suis encore une fois, pas convaincue par l'autrice, alors que ce sujet me plait énormément d'habitude.
Mais justement par son sujet, il se démarque de ce qu'on trouve en littérature jeunesse, alors si vous aimez les histoires d'amitié, sur fond de conflit israélo-palestinien, allez-y !

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 15 janvier 2020

Ailleurs, Dario Franceschini

Quatrième de couv' : « Pourquoi le pousser à faire une chose aussi absurde, comme rechercher des personnes inconnues, peu recommandables certainement, peut-être même violentes et auxquelles il devrait se présenter et dire : "Bonjour, je suis votre frère"? »

Au chevet de son père, Iacopo, qui se croyait fils unique, découvre qu’il a cinquante-deux frères et sœurs nés d’autant de prostituées de Ferrare. Il se voit confier la
tâche de les retrouver afin de partager l’héritage paternel. Cette quête va bouleverser son existence tranquille de notaire timoré et de mari fidèle.
Dans un univers perdu de voleurs et de putains, la beauté de Mila lui donne l’envie irrépressible de tout recommencer, ailleurs.


Mon avis : C'est un de mes collègues qui m'a fortement recommandé ce livre, me disant que j'allais adorer. (Et pourtant, il ne connaît pas trop mes goûts en littérature contemporaine, mais il a un sixième sens pour savoir ce qui plaira aux clients.) J'ai donc acheté ce livre en Avril et depuis ce jour, j'étais impatiente de trouver le bon moment pour le lire. Honnêtement, j'avais peur de ne pas aimer.

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Mais j'ai adoré. C'est un livre fascinant ! Il y a une telle beauté dans la simplicité de l'histoire.
Iacopo est un jeune notaire italien, dont le père, notaire lui aussi, est sur le point de mourir. Il lui révèle un secret qui va le bousculer : Iacopo doit partir à la recherche de ses 52 demi-frères et demi-soeurs, afin qu'ils rencontrent pour la première fois de leur vie leur véritable père. En partant en quête de ces personnages, Iacopo va se révéler à lui-même, découvrant que sa vie morne, aux côtés d'une femme lugubre, n'a été qu'un tissu de mensonges. Mais quelle joie de voir cet homme évoluer et s'épanouir ! Car ici, il s'agit de cela, c'est un roman initiatique.

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Alors il faut bien dire que ce n'est pas très crédible et qu'on ne nous situe pas l'histoire dans le temps, personnellement je l'ai imaginée dans les années 60-70. Aussi improbable que cela puisse paraître, Iacopo change très vite : en une journée ! D'homme austère et froid, il se jette dans la vie et ses couleurs en une fraction de seconde.
Mais j'ai trouvé ce personnage extrêmement touchant : il a attendu toute sa vie le déclencheur qui lui permettrait de se réveiller, de s'épanouir.

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Dès le début je me suis laissée emporter par cette histoire pleine de rebondissements, où les secrets sont révélés au fil des pages dans un rythme haletant.
Ce qui fait la force de ce roman, c'est certainement le personnage de Mila : belle prostituée pleine de joie de vivre, enthousiaste et sensuelle, elle conduit notre héros, renommé Ermano, à travers les petites rues de Ferrare, lui faisant découvrir un monde haut en couleurs, dans lequel Iacopo/Ermano va enfin voir la beauté de ce qui l'entoure.

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L'humour est en filigrane dans ce texte, on sent que l'auteur s'amuse des situations qu'il crée, c'est rocambolesque (le repas à l'auberge est un moment hilarant) et parfois absurde (l'homme mort de curiosité).
Le style est simple et mesuré : entre réflexions introspectives et descriptions de lieux ou d'actions, on ne se perd jamais dans des détails et l'auteur nous propose des moments émouvants au milieu de moments de joie.

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Semblable à un roman de développement personnel (l'issue de ce roman étant de nous pousser à vivre la vie que l'on veut vivre), ce texte est touchant et bourré d'humour. J'ai adoré Iacopo et Mila. C'était une superbe lecture !

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 14 janvier 2020

Love letters to the dead, Ava Dellaira

Quatrième de couv' : Tout a commencé par une lettre. Une simple rédaction demandée par un prof : écrire à un disparu. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande sœur May l’adorait. Et qu’il est mort jeune, comme May. Si elle ne rend jamais son devoir, très vite, le carnet de Laurel se remplit de lettres à Amy Winehouse, Heath Ledger… À ces confidents inattendus, elle raconte sa première année de lycée, sa famille décomposée, ses nouveaux amis, son premier amour. Mais avant d’écrire à la seule disparue qui lui tient vraiment à cœur, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s’est vraiment passé la nuit où May est décédée.


Mon avis : J'avais entendu parler de ce roman dès sa sortie en grand format il y a déjà plusieurs années. Mais à l'époque, le sujet ne m'attirait pas trop. 
L'an dernier au boulot, j'étais censée retourner ce roman, puisque personne ne l'achetait, mais bon j'ai toujours eu du mal à faire des retours sur le rayon ado, alors je l'ai acheté pour moi. Il est resté 5 mois dans ma PAL avant que je ne l'en sorte samedi dernier. J'avais envie de découvrir le style de l'autrice, puisque j'ai un autre roman d'elle dans ma PAL. 

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Présenté comme un roman épistolaire, l'autrice use de ce prétexte pour nous plonger dans la vie de Laurel, 15 ans, qui a perdu sa soeur quelques mois avant. 
Sa famille est atypique : ses parents se sont séparés quelques années plus tôt, mais quand May est décédée, la mère des deux filles est partie vivre en Californie, laissant Laurel grandir seule auprès de son père et de sa tante, une semaine sur deux. Le passage au lycée lui permet de changer d'établissement afin d'échapper aux regards compatissants. Dans son nouveau lycée, personne ne la connaît et personne ne devrait avoir entendu parler du décès de sa soeur. 
Mais au lieu d'être un nouveau départ pour Laurel, c'est une année de transition qu'elle va vivre. 

💌🌌🖤

A travers des lettres écrites à l'intention de personnalités décédées, Laurel s'épanche : d'abord sur son intégration dans ce nouveau lycée, puis sur son attirance pour un garçon, mais surtout et toujours à propos de sa grande soeur, May. Laurel parvient difficilement à faire le deuil de celle-ci. 
Elle ne comprend pas le départ de sa mère, qu'elle associe à un abandon. Elle n'arrive plus à être proche de son père, lui aussi englué dans la perte de sa fille aînée. 
Laurel vit au jour le jour, testant ses limites, découvrant l'amitié, l'alcool, l'oubli, l'amour, la difficulté à être présente au monde quand on a constamment un pied dans celui des morts. 
Bref, Laurel est une jeune fille qui a vécu beaucoup de moments difficiles. Elle culpabilise, elle se sent responsable de la mort de sa soeur, et du départ de sa mère. 
Laurel est isolée dans son deuil. Son quotidien ne parvient pas à lui faire oublier les mauvais moments qu'elle a vécus récemment. De plus, Laurel idéalise(ait) totalement sa grande soeur May. Elle passe beaucoup de temps à se comparer à elle, en se dévalorisant. On comprend qu'elle cherche sa place et son identité. 

💌🌌🖤

Ce roman est très touchant. On assiste au deuil d'une adolescente qui est en construction. 
Ce roman est difficile : il évoque des thématiques que tous les ados ne connaissent pas, mais qui peuvent arriver : le suicide, le viol, les abus sur mineurs, la violence et la colère des proches. Mais aussi l'amitié, l'homosexualité, les différentes formes d'amour. Evidemment avec de telles thématiques, c'est un livre assez dur à encaisser. 

💌🌌🖤

L'autrice a un style très simple et fluide. Cependant j'ai dû relire certaines phrases pour savoir de qui on parlait. On sent toutefois qu'elle a suivi des cours d'écriture, car ça manque par moments d'une touche plus originale. 
Elle parvient à se mettre totalement à la place d'une adolescente pour raconter cette histoire, et je ne serais pas surprise d'apprendre qu'elle a vécu des événements similaires à son personnage. Certains passages sont très touchants, parce qu'ils sont racontés avec finesse et une grande justesse. 
La rupture, par exemple, est très bien retranscrite : c'est un élément qui montre la maturité du personnage masculin. La façon dont Laurel y réagit m'a fait replonger dans ce que je vivais aussi à l'adolescence, l'impression qu'on dégonfle un ballon rempli d'espoirs. Si j'avais lu ce roman plus jeune, je crois que je n'aurais pas compris la décision du garçon, alors qu'en fait c'est ce qu'il pouvait faire de mieux. Je ne spoile pas plus ! 

💌🌌🖤

C'est un roman bien écrit et très touchant. Je ne m'attendais pas à trouver ce roman aussi bien dans sa façon d'aborder le deuil et l'amour. 

Au début j'ai eu du mal à accrocher (à cause des longueurs et détails des célébrités décédées) et si je devais le conseiller j'aurais beaucoup de mal, du coup ma note n'est pas hyper élevée. Par ailleurs, je pense que c'est un roman qui ne m'a pas fait autant d'effet que d'autres livres, et que je l'aurai oublié d'ici peu. 

7/10 


samedi 11 janvier 2020

Toffee Darling, Joanne Richoux

Quatrième de couv' : 6 juin 1964, Paris.

Vivianne, 19 ans, ne supporte plus Jérôme. Ni cette confiserie qu’ils tiennent ensemble. Alors cette nuit, elle part. Où ? Aucune idée.

C’est comme ça qu’elle rencontre Kathleen, une magnétique pin-up aux boucles bicolores. Elle se perd dans son sillage et décide de la suivre en Amérique.
Reste à convaincre Jérôme ; après tout, elle l’aime. Elle a besoin de lui à ses côtés.

À travers les États-Unis des sixties, le trio va écumer les villes, les angoisses, la nature sauvage, les joies, les routes et les chagrins.

Un seul moteur: la liberté.


Mon avis : Je ne pouvais pas finir l'année 2019 sans acheter ce roman qui me faisait de l'oeil depuis sa sortie. A vrai dire, je l'avais même commandé pour mon rayon jeunesse mais je ne l'avais pas acheté, voulant lui donner sa chance auprès de mes clients. Mais une fois que ma collègue a repris son rayon fin août, elle a fait des retours massifs sur le rayon ado, à mon grand désespoir. 
C'est finalement fin décembre, dans une librairie jeunesse que j'ai trouvé le livre. 
Evidemment, la couverture m'attirait, peut-être plus que le résumé d'ailleurs... 
Après avoir fini Mille petits riens, il me fallait un livre léger, quelque chose avec une thématique moins forte, et plus court aussi. Je me suis donc dirigée vers ce roman (qui s'accompagne d'une bande-son qu'on retrouve facilement sous le titre Toffee Darling sur Deezer). 

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Sauf que... ce roman est le genre de livre qui touche vos cordes sensibles. 
Au début j'ai eu du mal à accrocher à l'histoire, trop sérieuse.  
Il faut dire aussi que le papier choisi par l'éditeur est épais et ce n'est pas très agréable pour mes petites mains. Détail technique mis à part, ce roman est un roman qui devrait toucher les jeunes adultes, et plus particulièrement ceux qui s'interrogent sur eux-mêmes, sur leur place dans la société, ceux qui ne passent pas une journée sans se demander si ils vivent vraiment leur vie. 
Bref, c'est un roman initiatique.  

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Vivianne, française de 19 ans est mariée depuis 2 ans à Jérôme. Mais en 1964, sa vie lui parait terne, et elle est souvent submergée d'angoisses existentielles. Un soir, elle quitte leur chambre sous les toits et fait la rencontre de Kathleen, une Américaine à Paris pour quelques temps, qui invite Vivianne et Jérôme à les suivre aux Etats-Unis pour se changer les idées. Commence alors un road-trip de Los Angeles à New York.  

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Je pensais adorer ce roman, et ça n'a pas été le cas. Les ficelles sont trop visibles : on veut absolument nous montrer comment était la société de l'époque mais à travers des rencontres avec des célébrités.
Elle nous parle de la beat generation, avec les personnages de Ken Kesey et Neal Cassady.
On rencontre brièvement Jim Morrison, les Beatles, Jacques Dutronc et Françoise Hardy. 
C'est un procédé qui me laisse mitigée : ça me sort de l'histoire, ça la rend moins crédible à mes yeux, surtout quand ces rencontres "fortuites" s'enchaînent.
J'ai encore moins aimé le chapitre qui raconte l'histoire des années 60 à 70, de façon didactique. Okay, mais en fait je peux aller lire ça sur Wikipedia.
Librement inspirée de American Horror Story, l'autrice nous fait croiser le Dahlia Noir dans l'Hotel Cecil de Los Angeles, sentir la moiteur du Mississippi, rencontrer un freak dans un cirque itinérant où on entend parler de magie, de vaudou, et de Papa Legba. (Pour ceux qui ont vu AHS, ça doit vous rappeler quelque chose).

Ce qui m'a paru plus authentique et plus touchant est la rencontre avec le vétéran. C'était aussi plus approfondi, moins bref. Ça raconte une période de l'Histoire, sans mettre en scène des gens connus.

▾☮︎▾

Par ailleurs, le style ne m'a pas tellement plu. L'originalité du texte est trop voulue, ça déborde de : "regardez j'écris des phrases courtes, je cumule des noms et j'accumule les adjectifs, je décale les paragraphes sur la droite".

▾☮︎▾

Je n'ai pas accroché avec les personnages non plus. 
En fait, j'ai détesté Vivianne, alors que j'aurais dû me reconnaître en elle, dans ses angoisses. Mais plus on avançait dans l'histoire et moins je comprenais sa cruauté envers son mari. Et plus lui, je le trouvais bête et incapable de s'affirmer, toujours prêt à endosser le sale rôle que lui donnait sa femme, alors qu'il s'affirmait vraiment dans ses actions avec les autres gens. 
Quant à Kathleen, je sentais la faille mais même une fois dévoilée, je trouvais encore qu'il manquait quelque chose d'elle, une pièce du puzzle était manquante.
Peut-être aussi parce que je n'ai pas cru à la dynamique du trio : il manque l'amitié entre eux. Vivianne se trouve en compétition constante avec Kathleen, Jérôme ferait tout pour Vivianne, trouve Kathleen jolie, mais n'entretient rien avec elle. Ils ne partagent pas de rires ensemble, ni de discussions sur l'existence. En fait j'ai eu l'impression d'avoir 3 personnages qui marchent les uns à côté des autres, sans jamais se parler. Les rares interactions entre eux sont des disputes...

▾☮︎▾

J'étais pressée que le trio quitte le Mississippi, c'est la partie du roman que j'ai le moins appréciée. C'était aussi poisseux et lourd que l'atmosphère décrite. Les personnages y restent longtemps et il ne se passe pas grand chose. Dès le premier soir dans ce lieu, j'aurais aimé qu'ils en repartent immédiatement.
En revanche j'ai mieux aimé la frénésie de Las Vegas, ou la découverte de Los Angeles. Mais ma partie préférée reste celle du trajet en voiture avec le vétéran, peut-être parce que c'est du mouvement et des confidences. Il y a de la confiance entre lui et Vivianne à ce moment-là, c'est touchant. 

▾☮︎▾

Voilà. Tout le monde a aimé ce livre. Pas moi. Je n'ai pas passé un moment désagréable non plus, mais ce n'était pas ce que j'attendais, et il est tout à fait possible que ce roman n'ait pas été fait pour moi. Peut-être que je ne l'ai pas lu au bon moment. Peut-être que je cherchais trop de réponses et qu'il n'y en a aucune. Peut-être que j'aurais dû le prendre de façon plus légère, en me concentrant sur l'époque décrite, le road-trip.
Bref, c'est néanmoins un bon livre, bien écrit et qui parlera directement au coeur d'autres que moi. 

5/10 


jeudi 9 janvier 2020

Mille petits riens, Jodi Picoult

Quatrième de couv' : Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une em­ployée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.

Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.

Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?

Avec ce nouveau roman captivant et émouvant, Jodi Picoult aborde de front le grand mal américain et nous montre – à travers les petits riens du quotidien, les pas vers l’autre – comment il peut être combattu.



Mon avis : Je ne sais plus qui a parlé de ce roman récemment sur sa chaîne Booktube, toujours est-il que j'ai franchement eu envie de le découvrir. Je l'ai donc inscrit sur ma liste de Noël, et mon frère me l'a offert en grand format. Comme je ne veux plus garder de grands formats dans ma PAL pendant des années, et comme j'ai du temps devant moi (salut le chômage !), j'ai décidé de le lire cette semaine.

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Je ne fais pas de résumé parce que celui de l'éditeur est plutôt conséquent et bien fait.
D'habitude j'évite les livres qui traitent du racisme, peut-être parce qu'au fond ça me dérange, parce que j'ai peur de ne pas savoir en parler, de commettre un impair.

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J'ai adoré ce roman. 
J'ai aimé sa structure, bien que classique, elle nous permet de découvrir 3 points de vue : celui de Ruth, l'infirmière afro-américaine, celui de Turk le père qui est un suprémaciste blanc, et celui de Kennedy, l'avocate blanche de Ruth.
De chacun on va connaître le passé et le contexte familial, les motivations qui l'ont poussé∙e à devenir ce qu'il ou elle est devenu∙e et l'impact de cette affaire sur leur vie à chacun.
Les personnages sont bien construits, ils ont un véritable souffle de vie qui les rend très crédibles.

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Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, avec les séries qui se sont ouvertes à la diversité, on est de plus en plus au courant des toutes petites choses qui différencient la vie au quotidien d'une personne noire d'une personne blanche. Ce livre reprend tout ça, on nous montre que malgré les efforts pour se fondre dans une société qui a été créée par et pour des blancs, les personnes de couleur seront toujours suspectées de tout et n'importe quoi.

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Touchant, émouvant et bouleversant, ce roman prend aux tripes.
On se remet forcément en question. On est dérangés par les propos de l'avocate blanche, qui nous informe que même si on se dit "pas raciste", on l'est tout de même.
Il y a selon elle le racisme actif, celui des suprémacistes, qui est visible (et punaise ça fait vraiment peur de lire que des gens sont capables de tous ces actes horribles à l'encontre d'autres personnes), et puis il y a le racisme passif, qui se tient dans les petites choses du quotidien, dans ce que la société continue encore et encore de faire parce que les préjugés sont tenaces.
On s'offusque des propos du suprémaciste blanc qui prétend être victime de racisme anti-blanc. Et c'est facile de le détester, c'est facile parce que sa haine est visible, est affirmée, elle est violente (le type se défoule en cassant la gueule des Noirs, des homos et des Juifs).
Mais qu'en est-il de nous, de nos précautions à ne pas faire de différences, alors qu'il y a une différence ?

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Au delà du racisme, on réfléchit sur soi, aux traces qu'on laisse, à nos paroles désinvoltes qui peuvent se retourner contre nous lors d'un procès. Une grande partie du roman est consacrée à ce procès qui se tient sous nos yeux. A la recherche de la vérité, des preuves tangibles, puis à l'affirmation de celle-ci en un lieu où d'habitude certaines questions ne sont pas soulevées. (Mes propos sont peut-être obscurs pour qui n'a pas lu le roman).
J'ai beaucoup aimé découvrir et comprendre comment fonctionnait le système judiciaire américain : du dépôt de plainte, à la comparution devant un juge, puis à la constitution d'un jury pour enfin donner lieu à un procès.

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J'ai aimé les personnages qui gravitent autour de Ruth, Turk et Kennedy, même si ils sont moins développés dans leur psychologie que ces trois-là, ils apportent néanmoins des éléments de compréhension. Ils sont aussi des antagonistes qui nous permettent de réfléchir aux différentes façons de vivre les choses. Par exemple, Ruth est un modèle de vertu, elle a fait des études pour devenir infirmière, elle est veuve parce que son mari est mort en mission en Afghanistan, elle pousse son fils à donner le meilleur de lui à l'école, et elle vit dans une banlieue de blancs. Face à elle, on trouve sa soeur, Rachel devenue Adisa pour être plus proche de ses racines, qui vit dans un quartier qui craint, qui a 5 enfants qu'elle n'élève pas avec autant de discipline que Ruth. Adisa est l'antithèse de sa soeur et pourtant elles subissent toutes les deux le racisme de leurs contemporains.
Turk est aussi confronté à des personnages qui vivent leur approche de la suprématie différemment : sa femme ou son beau-père, ou encore un ancien ami qui s'est éloigné de l'endoctrinement.
Quant à Kennedy, c'est sa mère, femme du Sud qui a connu une époque pas si lointaine où les bonnes noires dédiaient entièrement leur vie à la famille qu'elles servaient.

▪︎✹▪︎

Il y a cependant quelque chose qui me fait baisser ma note : deux passages peu crédibles, vers la fin du roman. L'un met en lumière Edison, le fils de Ruth. Son action met en danger sa mère, lui-même et le procès en cours et finalement c'est peu creusé et expédié assez vite par l'autrice, ce qui me pousse à penser que c'est un passage qui aurait pu ne pas exister.
L'autre est à la toute fin et sonne comme un happy end. Réhabilitation d'un personnage, qui aurait dû être plus souvent présenté comme un personnage qui doute, notamment vers la fin du procès. J'aurais aimé que son changement total de personnalité se fasse, mais qu'on le découvre dans un autre contexte, pas en le mettant en relation avec cette femme en particulier, parce que ça paraissait trop gros, vraiment le happy end dont je me serais bien passée.

▪︎✹▪︎

J'ai beaucoup aimé ce roman, qui pousse à la réflexion, qui heurte nos certitudes et bouscule nos sentiments. Un roman bien construit, avec beaucoup de perspicacité et une galerie de personnages intéressants chacun à leur façon.
Une lecture nécessaire.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 5 janvier 2020

Nostalgie Friends, Kelsey Miller

Quatrième de couv' : Un phénomène depuis 25 ans.
Enfin une rétrospective complète et très riche qui explore toutes les facettes de cette série devenue culte, de ses origines improbables aux raisons mystérieuses pour lesquelles nous la regardons toujours.
Kelsey Miller, journaliste et spécialiste de la culture populaire, nous fait revivre les moments mythiques de la série, analyse ses thématiques et expose les tendances qu'elle a lancées, de l’essor de la culture des coffee-shop au « Friendsgivings », en passant par la coiffure culte des années 90, le Rachel.

Regroupant commentaires, entretiens inédits et anecdotes des acteurs stars de la série, ce livre est un incontournable pour tous les amateurs de la série et un ouvrage marquant pour toutes les générations Friends.


Mon avis : Au tout début de mon contrat, début Novembre, je suis tombée sur ce titre dans les arrivages.
Evidemment, moi qui n'avais pas encore fini de revoir TOUS les épisodes de Friends sur Netflix, je me suis lancée dans la lecture de ce livre, lorsque j'avais du temps entre deux clients (bon à partir de mi-novembre c'était mort je n'avais plus une seconde pour lire). Toujours est-il que je me suis mis le livre de côté pour l'acheter à la fin de mon contrat.
D'habitude je n'accroche pas avec les essais, que j'ai tendance à abandonner. Avec celui-ci ça n'a pas été le cas, j'ai quasiment dévoré le livre, me forçant à le poser pour me coucher pas trop tard.

☕️🛋🐥

L'autrice, Kelsey Miller, a produit ce qui est digne d'un mémoire sur Friends, en 2018 aux Etats-Unis, traduit et publié en 2019 chez nous.

En bonne curieuse que je suis, j'ai eu envie de savoir ce qu'il y avait autour de Friends.
J'ai regardé la série, de façon très terre-à-terre, durant mon adolescence. Pour moi ce n'était qu'une série, j'aurais pu me passer de regarder TOUS les épisodes, bien que je les ai tous vus (merci internet et le streaming en 2009).
Bref je ne suis pas une immense fan qui connaitrait toutes les répliques, ou les histoires de chaque épisode. Je suis plutôt du genre à regarder ça quand je ne trouve rien d'autre, ou quand je suis un peu déprimée et que j'ai besoin de retrouver une ambiance confortable, légère et drôle.
Quand Friends est sorti en 1994, je n'avais que 4 ans. Je voyais des épisodes par ci par là (vers 1998-99), en VF (oui, oui). Je n'avais aucune idée de l'ampleur mondiale que revêtait cette série. C'est plus tard que j'ai compris, avec la tonne de sites qui parlaient de Friends, alors que la série était déjà finie depuis des années.
Je ne m'intéressais pas du tout aux magazines qui auraient pu retranscrire des interviews des acteurs et actrices. J'étais enfant, adolescente, et je n'imaginais pas qu'une série ait un tel impact sur des générations de téléspectateurs. Un peu comme si une fois la télévision éteinte, c'était fini, on en restait là.

☕️🛋🐥

Alors oui ce livre m'a appris un tas de choses, notamment sur le curriculum vitae des acteurs et actrices. Je savais qu'ils avaient fait des choses après Friends, mais je ne m'étais jamais demandé ce qu'ils avaient fait avant.
Je trouve un peu étrange cette façon qu'ont les producteurs de dire avec autant de certitudes "lui ce sera Chandler". Je trouve étrange cette alchimie entre les acteurs et actrices dès le départ. Un truc un peu magique, comme si ce rôle était celui qui leur était destiné depuis toujours. Mais c'est peut-être la façon dont c'est présenté par l'autrice qui rend tout ça magique.

J'ai découvert que certains épisodes étaient truffés de sponsors publicitaires, ou en tout cas avaient été au coeur d'enjeux publicitaires conséquents.

Je me suis replongée dans l'époque post-11 septembre 2001, qui évidemment n'a pas eu le même impact en France qu'aux Etats-Unis. Et qui a poussé la chaîne et toute l'équipe à se demander si ils allaient pouvoir continuer, et de quelle façon ?

J'ai découvert comment Friends a failli s'arrêter bien avant la saison 10.

J'ai appris que les acteurs et actrices avaient toujours, toujours été soudés, face à la chaîne et aux producteurs, et ce, depuis le début. Que leur amitié à l'écran était aussi vraie et authentique à la ville.

☕️🛋🐥

Ce livre porte bien son nom : il m'a replongée dans l'univers de Friends, dans une époque où la télévision régnait en maître, avant l'avènement des téléphones portables et des réseaux sociaux. Friends, c'est propre à chacun parce que ça nous rappelle à tous des souvenirs d'une époque révolue.

Ce livre vous donnera envie de revoir les épisodes cités, si vous ne les avez pas revus récemment.
Il vous poussera à vous demander pourquoi vous aimez autant Friends, malgré ses défauts évidents en matière de diversité, mais aussi par rapport à la grossophobie, à l'homophobie ou à la transphobie.
Pour toute personne qui aime ou a aimé Friends, ce livre ne manquera pas de vous apprendre des anecdotes sur l'univers de la série ou les polémiques qui ont pu avoir lieu. Plus que des anecdotes en pagaille sur les coulisses de la série, il s'agit aussi de montrer l'impact du phénomène Friends sur les générations X et Y, ainsi que sur les acteurs et actrices de la série.

☕️🛋🐥

J'enlève 2 points parce qu'il y a des coquilles assez nombreuses dans le livre, et parce que j'aurais aimé plus de détails par rapport aux tournages, aux salaires des équipes aussi, parce qu'on parle très peu de l'équipe technique malheureusement. Dommage aussi, que l'autrice ne soit pas allée chercher de la matière directement auprès des acteurs et actrices avec des interviews qu'elle aurait elle-même dirigées.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 4 janvier 2020

Nouvelles du grand Nord, Jack London

Quatrième de couv' : Depuis plus de vingt ans, Scruff Mackenzie parcourt le Grand Nord canadien, chassant le renne et cherchant l'or. Mais jamais la solitude ne lui a paru aussi insupportable. Il décide de se marier et se rend chez les Sticks, de farouches Indiens. Pour eux, les hommes blancs sont les Fils du Loup, et ils s'en méfient. Mackenzie pourra-t-il obtenir la main de la belle Zarinska, la fille du chef ?

Un choix de trois nouvelles extraites du recueil Le fils du loup : Le fils du loup, Le grand silence blanc, Les gens de Forty Mile.


Mon avis : Ci-contre vous verrez la photo de la version anglaise chez Folio. Impossible de trouver une photo de la version française, sûrement parce qu'il s'agit d'un livre gratuit, que j'ai pu prendre au boulot.
Je n'ai jamais lu de titres de Jack London, même quand j'étais collégienne, donc c'était l'occasion.

❄️🐺❄️

Comme pour tous les livres que je lisais au boulot, je n'étais pas assez concentrée sur ma lecture.
Je n'ai donc pas compris grand chose à la première nouvelle : un blanc a décidé qu'il en avait marre d'être seul, donc il se rend chez une tribu d'Indiens et se bat pour obtenir la fille du chef. J'imagine qu'à l'époque ça ne choquait personne. D'autant plus qu'à la fin, il gagne le combat, nargue les Indiens et embarque la fille.

❄️🐺❄️

La seconde nouvelle met en scène 3 personnages : deux hommes et une femme qui traversent en traineaux le pays. Côté poétique de la chose : le silence blanc trouble les personnages, les poussant à se questionner sur leur présence sur terre, sur Dieu, etc. Jusqu'au moment où un accident arrive et il faut alors prendre des décisions irrévocables.
Entre les coups de fouet aux chiens, le racisme ambiant et la misogynie, cette nouvelle me laisse très mitigée, parce que le reste est beau, c'est narrativement intelligent et correct.
Mais voilà... l'époque fait qu'on laissait passer ce genre de pensées nauséabondes, c'était okay de fouetter ou tuer des chiens, c'était okay de parler des "femmes de race blanche qui auraient crier et pleurer" contrairement à "Ruth, l'indienne".

❄️🐺❄️

Dans la dernière nouvelle du recueil, on se trouve dans une petite ville minière du Yukon où deux hommes, après une altercation verbale, décident de régler ça par un duel. Mais c'est sans compter sur la présence d'un homme qui va leur proposer un autre choix.

❄️🐺❄️

J'apprécie que le style soit simple et fluide. Avec les auteurs du XIXè siècle, j'ai toujours un peu d'appréhension quant à la difficulté du texte. Ces trois nouvelles sont tout à fait abordables pour un public jeune.
Elles ont aussi une ambiance particulière, qu'on ne retrouverait plus dans les romans d'aujourd'hui. La nature est présente, l'ambiance est froide, voire glaciale. Et les hommes sont forcément virils et prêts à se battre.

❄️🐺❄️

C'est un court recueil de nouvelles qui permet de découvrir le style de Jack London et ce qui l'inspire. Très intéressant aussi de voir la véritable nature des hommes face à l'immensité qui les entoure. Malgré ces défauts, qui correspondent aux pensées de l'époque, j'ai apprécié découvrir la plume de l'auteur.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 2 janvier 2020

Quelqu'un m'attend derrière la neige, Timothée de Fombelle et Thomas Campi

Quatrième de couv' : C'est la nuit de Noël.
Un livreur de gelati désenchanté file dans son petit camion jaune entre l'Italie et l'Angleterre. Une hirondelle venue d'Afrique s'entête à voler vers le Nord dans le froid de l'hiver. Invisible, un troisième personnage avance dans la même direction à travers la neige. Il joue sa vie en secret.

Dans un conte de Noël qui ouvre le cœur, Timothée de Fombelle imagine la rencontre miraculeuse de trois destins.


Mon avis : L'an dernier, en tout début d'année j'avais aussi découvert le petit album Capitaine Rosalie, écrit par Timothée de Fombelle. C'était sur un sujet grave, du point de vue d'une enfant.
Cette année, en voyant celui-ci je n'ai pas hésité très longtemps à l'acheter. L'imaginaire s'ouvre totalement grâce à cette couverture, avec cette neige, ce pont sur lequel passe un vieux camion jaune. Bref, j'étais sûre de ne pas me tromper avec cet achat.

⦂⦾⦂

L'histoire est très belle. C'est celle d'un homme qui parcourt régulièrement la même route, de l'Italie à l'Angleterre pour livrer des glaces italiennes. C'est celle d'une hirondelle qui va à contre-courant et revient vers l'Europe au lieu de rester en Afrique pendant l'hiver. Et puis c'est celle d'une autre personne. Je n'en dirais pas plus, il faut le découvrir.

⦂⦾⦂

Les illustrations sont absolument magnifiques. J'en viens presque à regretter que le format de l'album ne soit pas plus grand ! Les tons, les couleurs, et le dessin des personnages ou des paysages, tout est sublime.

⦂⦾⦂

Franchement, si vous voulez avoir un bel album dans votre bibliothèque, foncez sur celui-ci. Il a toutes les qualités et est plein de sensibilité. Je vais le relire plusieurs fois, parce qu'il en vaut vraiment la peine.

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 1 janvier 2020

Sujet inconnu, Loulou Robert

Quatrième de couv' : Je. Tu. Elle. Sujet : inconnu. Au fond, elle ne sait pas qui elle est. Une gamine bizarre, grandie sans amis au fin fond du Grand Est. Ici, rien ne se passe jamais. Le vide, l’absurde. Alors il faut partir. Partir pour survivre, partir pour ressentir. Paris. La fac en solitaire. Et soudain, c’est lui. C’est toi. La peau pâle, jean noir et marinière : l’amour comme une urgence. L’urgence d’apprendre. Détruire, dit-elle. Écrire, enfin – car son sujet c’est elle, c’est lui.
Et dans la perte, se trouver.


Mon avis : J'ai acheté ce livre très récemment, en me disant que comme il n'est pas très long, ce serait parfait à lire en décembre.
Evidemment je ne l'ai pas lu d'une traite, puisque trop fatiguée en décembre pour lire. Je l'ai donc commencé, repris, abandonné et enfin fini.

∼∷∼

J'avais peur de découvrir les ouvrages de cette autrice. J'avais l'impression que ça ressemblerait à Lolita Pille, une autrice de romans trash que j'avais lus quand j'étais ado. Mais bon, comme je suis curieuse, je voulais tester un titre de Loulou Robert.
Déjà, il faut savoir un truc sur moi et le style d'écriture : je déteste les phrases au rythme saccadé. Je savais que l'autrice usait de ce procédé, donc avant d'acheter le livre, je l'ai feuilleté et lu quelques lignes. Ça me semblait lisible. Cependant, au bout de 60 pages d'un tel rythme, de texte haché et de répétitions, j'ai abandonné la partie. Si je vous en fais la chronique aujourd'hui, c'est que je suis tout de même allée jusqu'au bout de ma lecture, mais du coup ce procédé stylistique fait gravement chuter ma note.

∼∷∼

En ce qui concerne l'histoire, c'est peut-être celle de l'autrice, ou inspiré de faits réels lui étant arrivés. Jeune fille de 18 ans, la narratrice vient vivre à Paris pour ses études. Un jour, elle fait la rencontre d'un garçon magnifique, mais ça n'aboutit pas. Un an plus tard, miracle, il est là devant elle. Commence alors une histoire d'amour, mais pas n'importe laquelle, celle dans laquelle elle se révèle, elle aime plus que tout, elle subit, surtout.
A côté de ça, il y a les "racines" : ses parents dans le Grand Est, et sa mère plus particulièrement.
... Et on tombe dans la tristesse. Puis dans le glauque et on touche à un sujet qui ne porte pas de nom, mais qui s'infiltre à travers les lignes.

A vrai dire, je n'ai pas trop aimé que l'autrice nous emmène sur ce terrain. Je m'attendais à autre chose. Je me suis pourtant laissée porter par l'histoire, mais j'en ressors avec une sensation de tristesse. Il n'y a rien de lumineux dans ce texte, soyez prévenus !

Par ailleurs on sent que la narratrice est jeune, pour elle c'est tout ou rien. L'amour jusqu'à la destruction, il n'y a pas de nuances. Selon moi, il y a pas mal d'immaturité chez ce personnage. Oui à la passion, mais une telle autodestruction est malsaine et il faut parfois accepter de grandir pour se protéger.

∼∷∼

Ce que j'ai le plus aimé dans ce texte, c'est le recul de la narratrice. Elle SAIT qu'elle est trop fusionnelle avec sa mère, elle SAIT qu'elle vit une relation destructrice. On a envie qu'elle parte, qu'elle quitte tout, elle essaie et elle échoue.
L'autrice met le doigt sur certaines choses : quand on a un cancer, on est enfin aimé. Une telle vérité dite sans complexe, ça pique un peu. C'est dérangeant.

∼∷∼

Beaucoup de gens ont aimé, moi non. Que ce soit à cause du style ou de l'histoire, ça ne m'a pas touchée. Je mets une note moyenne, parce que ce n'est pas mauvais, mais ça ne m'a pas embarquée. Ce n'était peut-être pas non plus le genre de roman dont j'avais besoin en ce moment.

5/10

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