lundi 7 octobre 2019

Toyer, Gardner McKay

Quatrième de couv' : Il vous séduit, apprend à vous connaître, vous kidnappe.
Vous pensez que vous allez mourir, et c’est presque une consolation. Mais il vous laisse la vie sauve sans que vous en ayez conscience… Car vous êtes à l’état de mort cérébrale.
Si celui que toute la presse nomme désormais « Toyer » n’est pas une priorité pour le procureur de Los Angeles, deux femmes le traquent. Toyer est leur proie. À moins qu’il ne soit le chasseur…


Mon avis : OH. J'ai sorti un très vieux livre (jauni désormais !) de ma PAL. Attention, ça n'arrive JA-MAIS.
C'est un roman que j'ai acheté en 2013 à la librairie Elkar, lors d'une de mes premières virées à la découverte des librairies de Bayonne. Je vois d'ailleurs qu'il est sorti en poche le 13 juin 2013, donc j'ai même dû le prendre sur une table de nouveautés, avant de le ranger dans ma bibliothèque durant 6 ans. (Normal)
Evidemment, comme c'est un pavé de 760 pages, l'envie de le découvrir m'était un peu passée. Mais pour ce mois d'octobre, je me suis constituée une PAL "Frissons" à base de polars et de romans horrifiques.
Il faut bien qu'un jour je finisse par lire les pavés de ma PAL... Alors certes, j'y passe un peu plus de temps que sur un roman de 300 pages, mais au moins ça sort de là.

☛■✗

Toyer, c'est l'histoire d'un homme, qui ne tue pas, il s'en dit incapable, qui ne viole pas, pareil, incapable. Mais... qui laisse ses victimes dans un état végétatif.
Pire sûrement, que la mort.
Mais comme Toyer ne tue pas, le procureur n'est pas franchement déterminé à le retrouver, bien qu'il enchaîne les victimes. Cynique, non ?
Avec un mode opératoire bien rôdé, il approche ses victimes en les aidant à réparer leur voiture, puis il s'invite chez elles, leur fait ensuite croire qu'il va les violer, puis leur apprend qu'il est en fait un acteur qui joue le personnage de Toyer, s'en va, avant de revenir sur ses pas.

☛■✗

Dans ce roman, nous suivons, entre autres, divers personnages : Toyer, tout d'abord, qui nous permet d'assister à ses non-meurtres (je ne sais pas comment les qualifier).
Maude Garance, physiatre (oui ça existe) et psychiatre au centre qui recueille les victimes de Toyer. Sara Smith, jeune journaliste venue de la côte Est, qui fait ses premiers pas au Los Angeles Herald et pense lancer sa carrière grâce à cette histoire.

☛■✗

On ne suit pas du tout une enquête de police, ne vous attendez pas à ça. L'auteur a pris le parti de nous faire découvrir la vérité par des femmes, Maude, Sara ou encore Telen, qui mènent à leur manière leur enquête.

☛■✗

Il y a beaucoup, mais alors beaucoup, de scènes sexuelles, sans compter les viols. C'est assez dérangeant, parce que l'auteur passe son temps à dénuder les femmes de ce roman. Dès qu'elles sont toutes seules, elles se déshabillent. Un homme arrive, ils couchent ensemble. Bref, on est plus sur de l'érotico-polar que sur de polar.
Et il y a aussi des scènes de viol, particulièrement détaillées. L'une d'elles sert réellement l'intrigue.

☛■✗

J'ai bien aimé le jeu entre la presse, avec Sara Smith au L.A. Herald et Toyer, surnommé ainsi parce qu'il "joue" avec ses victimes. Il y a une réflexion intéressante autour de la personnalité de Toyer qui prend plaisir à se lire dans le journal. Il vit ça comme une consécration et ça l'incite à poursuivre sa terrible entreprise. Faut-il parler des actes des serial killer dans la presse ? leur offrir une tribune ?

☛■✗

Maude Garance, psychiatre et physiatre, est complètement obsédée par Toyer, au point que son état se dégrade à chaque fois qu'une nouvelle victime arrive à l'hôpital. Je n'ai pas apprécié ce personnage. Elle est l'équivalent du flic destitué qu'on voit d'habitude dans les romans d'enquête policière. Ici, Maude doit renoncer à son travail parce qu'elle a harcelé l'adjoint du procureur afin qu'il ouvre une enquête à propos de Toyer. A partir du moment où elle ne va plus au Kipness Center, elle plonge et occupe ses journées à boire des gins et à écouter de l'opéra. Très constructif... Elle n'a pas beaucoup d'éthique, à vrai dire et je ne la recommanderais pas comme psychiatre.
En revanche c'est une femme présentée comme indépendante, ce qui m'a plu. Dommage qu'elle soit si désagréable, même avec Sara, la journaliste, qui tient à développer une amitié avec elle.

Toyer, est un personnage très particulier. J'avoue que je ne sais pas du tout quoi penser de lui, parce qu'il est très complexe. Jeune homme bien sous tout rapport, jusqu'à un événement dramatique où son psychisme bascule. Je me demande si sans cet événement il aurait continuer une vie d'homme normale ? Ensuite, quand il devient Toyer, il est si complexe : intelligent, cultivé, et pourtant limité par son éducation religieuse.

Au final on a une sorte d'ambiguïté envers ces personnages : la psychiatre nous parait plus dangereuse que Toyer. Le traitement qui est fait des personnages me semble un peu fragile et/ou malvenu.

☛■✗

J'ai dévoré le roman. MAIS je trouve que l'auteur a tiré sur la corde un peu trop longuement et aurait pu se passer de 200 pages. Surtout vers la fin. J'aurais pu vraiment apprécier ma lecture si le dénouement s'était fait plus rapidement. D'autant plus qu'il se finit à l'arrache et qu'on n'a même pas d'épilogue, nous laissant une fin ouverte.

Une incohérence totale qui décrédibilise l'ensemble : Toyer pratique une cordotomie spinale, or il n'a eu aucune formation médicale. Le mec a vu des cerveaux dans du formol et depuis il sait où et comment pratiquer un tel acte à la perfection, sans ratés !

☛■✗

C'est un roman addictif, dans un style simple, présentant un psychopathe original. Après, c'est clairement pas un roman que je relirai ou que je recommanderai.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

Aucun commentaire:

Publier un commentaire