dimanche 27 octobre 2019

Sauveur et fils, tome 1, Marie-Aude Murail

Quatrième de couv' : Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ?

Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…

Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, il en oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ?


Mon avis : Après ma décevante lecture de Nous avons toujours vécu au château le week-end dernier, et après une semaine de boulot éreintante, j'ai profité de mon week-end pour lire un roman qui me faisait envie depuis un bon moment.
Et alors pour une fois, je trouve que le succès est mérité pour cette saga ! Même si j'avais beaucoup vu passer ce livre sur les réseaux sociaux, je ne savais pas vraiment de quoi il parlait.

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Sans trop entrer dans les détails, je vais essayer de résumer ce premier tome.
Nous entrons dans la vie de Sauveur, psychologue clinicien et de son fils, Lazare, 8 ans. Si au début on découvre Sauveur à travers son métier et ses séances avec ses patients, par la suite on comprendra qu'il est hanté par sa propre histoire et celle de la mère de son fils, décédée quelques années plus tôt en Martinique. Entre suspense et thématiques contemporaines, Marie Aude Murail nous raconte la vie.

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Les personnages sont très bien dépeints, dans leur globalité, leurs qualités comme leurs défauts.
Le personnage de Sauveur par exemple, n'est pas un si bon père que ça (il travaille tard, fait manger à son fils n'importe quoi) et il se questionne aussi beaucoup par rapport à son métier (est-il utile ? comprend-il ses patients ? etc.), cependant il est généreux, à l'écoute, mais aussi irritable, bref c'est un personnage entier. J'aime beaucoup voir ça chez un personnage, ça le rend très humain et c'est vraiment ce qui fait la qualité de ce roman : de voir à quel point ils sont humains, pétris de bons et de mauvais sentiments qu'ils essaient de comprendre pour avancer.

J'aime beaucoup le personnage de Lazare, un petit garçon curieux qui se plait à écouter aux portes du cabinet de son père. Il est parfois en retrait par rapport à ce père qui prend beaucoup de place, mais il est très drôle, très sensible et touchant.

J'ai apprécié tous les personnages de ce roman (même si au début j'ai trouvé qu'il y en avait beaucoup), j'ai adoré suivre des bouts de séances de psy en lisant des dialogues vifs et intéressants entre le patient et Sauveur.
J'aime la galerie de personnages proposée par l'autrice : à travers différentes situations familiales, elle nous montre des pans de la société. Elle parle de transidentité, de racisme, de divorce, de trouver sa place dans une famille.
Elle montre aussi à quel point les parents sont faillibles, ce dont on se rend généralement compte à l'adolescence. J'ai bien aimé ces personnages d'adultes, parce qu'on voit qu'ils avancent à tâtons, que ce sont juste des enfants qui improvisent. On sent qu'elle porte un regard à la fois tendre et moqueur sur ses personnages d'adultes et ça rend certaines situations bien plus légères.

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Forcément, avec un personnage qui est psychologue, on a affaire à des gens qui vivent des situations parfois difficiles (la séparation parentale, les événements de Charlie Hebdo, le racisme, etc). Il y a aussi des passages plus légers (l'histoire des grands-parents dont la belle-fille ne veut pas qu'ils voient leurs petits-enfants). L'autrice parvient à nous montrer des situations lourdes et compliquées, en les entrecoupant de moments plus légers et de touches d'humour.
Selon moi, l'écriture que ce soit le rythme, la narration et le style sont parfaitement maîtrisés. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et dès que je posais le livre, j'avais très envie de m'y replonger au plus vite.
Ce roman m'a aussi paru très crédible, bien qu'il y ait quelques scènes exagérées, mais dans l'ensemble, j'ai eu l'impression de lire un roman parfaitement ancré dans notre réalité quotidienne, avec des thématiques abordées avec une grande analyse et finesse.

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Une excellente lecture, drôle et touchante, qui se dévore. Je lirai, c'est sûr, les autres tomes.

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 20 octobre 2019

Nous avons toujours vécu au château, Shirley Jackson

Quatrième de couv' : Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans, et je vis avec ma soeur, Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l'index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais. Je n'aime pas me laver, je n'aime pas les chiens, et je n'aime pas le bruit. J'aime bien ma soeur Constance, et Richard Plantegenêt, et l'amanite phalloïde, le champignon qu'on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés.



Mon avis : J'ai récupéré ce livre parmi les gratuits. J'en avais vaguement entendu parler, peut-être sur le blog de Victoria (Mango & Salt) ou sur la chaîne de Margaud Liseuse et dans mon souvenir, ça devait être un roman effrayant.

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Quelle déception ! Dès les premières pages on ne comprend rien. Le mystère ne se lève que tardivement, et encore, quand on commence à cerner les personnalités, on se rend compte qu'il n'y a pas vraiment de mystère.

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Les personnages ne sont pas attachants et sont même pénibles.
Comment supporter Mary Katherine ? Dites-moi, elle a un grain cette fille ? Elle est censé avoir 18 ans et se comporte comme si elle en avait 10. Elle vit selon des règles : chaque jour, une tâche. Elle a un imaginaire très développé et ne se rend pas compte du danger qu'elle peut créer.
Quant à sa soeur, Constance, ce dévouement inconditionnel, cette propension à nettoyer et cuisiner tout le temps, faisant d'elle la parfaite petite femme d'intérieur m'a agacée. Elle est constamment attendrie par le comportement de sa soeur, alors qu'elle devrait y poser des limites.
Leur oncle est aussi bizarre, mais il a tout de même une excuse : empoisonné à l'arsenic, il semble confondre les choses et a besoin de tout noter pour un jour écrire un livre.

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L'univers gothique ? Euh. Il va falloir ce qu'on entend par là : sont-ce des gens qui vivent isolés dans un manoir sans contact avec le reste du village ? C'est parce qu'ils se nomment "Blackwood" ?
Je ne vois pas d'univers gothique, je vois juste deux-trois personnages avec un pet au casque qui se sont volontairement isolés dans leur grande baraque, un peu comme des survivalistes, avec leurs réserves de nourriture.

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J'attendais autre chose que ce que j'ai lu. J'attendais de l'horreur, du frisson, du vrai mystère. Au lieu de ça, j'ai eu un roman impénétrable sur toute la première partie, aucun indice ne nous est donné pour qu'on comprenne mieux la situation actuelle des personnages. Et ensuite ce sont des personnages qui partent complètement en live sur la dernière partie du roman.

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Je suis agacée et déçue par cette lecture. Peut-être que si le résumé à l'arrière de la couverture avait été plus explicite, j'en aurais attendu autre chose. Après l'incompréhension, j'ai eu le sentiment de lire un roman contemporain très plat et sans reliefs. En somme, je me suis ennuyée.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 19 octobre 2019

Killer Game, Stephanie Perkins

Quatrième de couv' : Osborne est une petite ville du Nebraska où tout le monde se connaît, pas vraiment le cadre rêvé pour une adolescente ! Mais avec ses amis, Alex la cynique et le très protecteur Darby, Makani s'y plaît. Sans parler d'Ollie, le garçon solitaire dont elle aimerait beaucoup se rapprocher... Tout bascule lorsque les élèves de son lycée se font assassiner les uns après les autres. Pour éviter de devenir une proie, Makani va devoir affronter un terrible secret. Qui a dit qu'il ne se passait jamais rien à Osborne ?

Un roman d'horreur à la « Scream » où s'exprime toute la finesse psychologique d'un grand auteur. Impossible à lâcher.



Mon avis : Acheté en août, je me réservais ce roman pour une période propice à la lecture de romans d'horreur ou romans policiers. Parfait pour le mois d'Octobre. Lu en une journée, ce roman se lit très vite.

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Le roman s'ouvre sur une scène digne d'un film d'horreur : des champs de maïs, une jeune fille qui croit perdre la tête quand elle s'aperçoit que ses affaires sont déplacées quand elle change de pièce. Puis c'est l'effroi, elle est sauvagement assassinée.

Nous sommes dans le Nebraska, en Octobre. Makani y vit depuis un an chez sa grand-mère. Elle a dû quitter Hawaï et son ancienne vie pour une raison qu'on découvrira bien plus tard. Mais elle a deux amis : Darby et Alex, qui eux, se connaissent par coeur. Makani a un crush sur un garçon marginal, Ollie. Nous nous trouvons au coeur d'un lycée américain du Midwest : imaginez la troupe de théâtre, la chorale et l'équipe de foot du lycée qui rassemble lors des matchs tous les habitants d'Osborne.
La vie paisible de cette communauté se voit bouleversée par l'arrivée d'un tueur en série, qui ne s'en prend qu'aux adolescents.

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Même si j'ai dévoré le roman, après réflexion, je trouve qu'il présente de nombreux points négatifs. Il n'est pas mauvais, mais il n'est pas excellent.

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Dès le milieu du livre on connaît l'identité du tueur. J'avoue avoir été déçue par cette révélation qui arrive assez tôt, d'autant que c'est plutôt banal.
Suite à cette découverte, on passe à une sorte de course poursuite : il faut que le tueur fasse le moins de victimes possible, mais il est déterminé à décimer un bon nombre d'adolescents du coin. Makani et ses amis vont tenter de comprendre ses motivations pour anticiper les meurtres. Malheureusement la psychologie du tueur est si peu développée, qu'on ne comprend pas bien ses motivations, qui paraissent assez ridicules et pathétiques. On finit le roman en se demandant ce qui a pu déclencher chez lui ce désir de tuer ?

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Malheureusement j'ai trouvé que ce roman était loin d'être aussi effrayant et palpitant que ce que j'aurais aimé lire. N'étant pas une adepte des films d'horreur, j'ai cru que ce roman s'en approcherait sans pour autant me donner des cauchemars. Et bien, j'aurais aimé ressentir plus de frayeurs et d'angoisse !

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De plus, la violence m'a paru franchement gratuite, surtout à la fin : Makani n'avait peut-être pas besoin d'être une sorte d'héroïne qui sauve tout le monde, l'intervention de la police aurait peut-être été plus judicieuse à proposer.

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Pour ce qui est du personnage principal : Makani, je ne l'ai pas trouvé très attachante et j'ai eu du mal à saisir son caractère, est-elle timide, renfermée, courageuse, sensible, drôle ? Impossible de dire.
Makani a un passé chargé, cependant on apprend ce qui lui est arrivé qu'au 2/3 du livre et j'ai trouvé que c'était un peu tard. Peut-être parce que l'autrice n'arrête pas d'y faire référence, pensant susciter du suspense, alors que ça créé surtout de la frustration et même de la lassitude au bout d'un moment.

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Quant à l'histoire d'amour entre Makani et Ollie, j'étais "choquée" que leur première relation sexuelle se soit passée comme ça. Ce sont encore des adolescents, j'aurais aimé que leur première fois ensemble ait un côté plus romantique.
L'autrice est une habituée des romances, et à vrai dire, ça se sent, parce que l'histoire entre Ollie et Makani prend une large place dans le roman, et se développe très vite.

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Certains n'ont pas apprécié le manque d'originalité, moi ça ne m'a pas dérangée. Les personnages sont des clichés américains. Le côté petite ville entourée de champs de maïs donne une ambiance qui m'a plu. Mais si on est adepte des films ou romans d'horreur, je comprends l'agacement devant cette série de clichés.
Pourtant l'autrice tente de présenter des personnages issus de la diversité : Makani est métisse, sa grand-mère est noire, Darby est une personne transgenre.
Mais il faut bien reconnaître que les personnages secondaires sont peu développés, on n'apprend pas grand chose d'eux et ils servent seulement à aider le duo Ollie-Makani à avancer dans leur pseudo-enquête.

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Par contre j'ai bien aimé que l'autrice dénonce les bizutages et le harcèlement en ligne. Même si ça n'est qu'une dénonciation au passage, entre divers meurtres et la romance, et que ça ne fait pas l'objet d'un livre entier, j'ai trouvé que c'était bien de montrer les dérives de ce genre d'actions.

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Un livre qui se lit très vite, qui n'est pas désagréable à lire, mais les personnages ne sont pas très développés, ni l'intrigue ou les motivations du tueur. Dommage.
(Par contre un point pour la couverture qui représente un crâne 💀 -si, si, en regardant bien)

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 18 octobre 2019

Fugitive parce que reine, Violaine Huisman

Quatrième de couv' : «Ça ne voulait rien dire d’abord, maniaco-dépressive. Ou si, ça voulait dire que maman pouvait monter dans les tours, des tours que je visualisais aux angles d’un château fort, des donjons, au sommet desquels j’imaginais maman grimper à toute allure, et d’un bond plonger au fin fond des cachots ou des catacombes, enfin là où il faisait froid et humide. Maman avait donc disparu du jour au lendemain.»

À travers ses yeux de petite fille, la narratrice raconte son enfance tumultueuse auprès d’une mère rayonnante, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais la plume de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit au rêve et à la liberté.


Mon avis : J'ai acheté ce roman durant l'été, parce que son titre et sa photo de couverture me rendaient curieuse.
En revanche, le résumé me faisait un peu peur, dans le sens où je craignais que ce soit un peu déprimant, et que ça ressemble à En attendant Bojangles.

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Dans ce livre, Violaine Huisman dresse le portrait de sa mère, et plus largement raconte l'histoire de sa famille.

Dans une première partie, elle raconte son enfance chaotique avec une mère maniaco-dépressive.
Dans une seconde partie, elle tente de raconter l'histoire de sa mère, de ce qu'elle en connaît : d'avant sa naissance, jusqu'à l'âge de 10 ans, moment où sa mère a été internée.
Dans une troisième partie, elle raconte l'après, une fois que sa mère est décédée.

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S'apparentant à Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, ce livre raconte l'histoire d'une famille, celle de Violaine Huisman.
Nous saurons tout sur ses parents, de leurs pratiques sexuelles à leur façon d'éduquer leurs enfants dans les années 80...
Je trouve ça assez gênant, surtout que le père de l'autrice est toujours en vie (même si elle lui colle un pseudo, il est relativement aisé de trouver son nom sur la toile). J'imagine, et j'espère qu'il était d'accord avec ce qui a été publié.
Mais les textes autobiographiques ont tendance à soulever chez moi un questionnement : que peut-on raconter de sa famille ? De soi, on peut dire ce qu'on veut, passer sous silence des périodes. Mais de sa mère ? De son père ? quand l'un a disparu et que l'autre est encore en vie, peut-on les raconter sans filtre ? Et le lecteur, qu'est-il prêt à recevoir ? Se complait-il dans un voyeurisme littéraire ?
Du coup c'est toujours délicat de porter un jugement sur une histoire qui tient de la non-fiction. D'autant plus que l'autrice raconte l'histoire d'une mère maniaco-dépressive, qui en fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Finalement, ce qui ressort peut-être le plus de ce livre, c'est l'amour que porte Violaine Huisman à sa mère. Elle et sa soeur vont tout faire pour la garder en vie, même quand leur mère ne parvient pas à cerner son propre rôle dans la vie qui est la sienne.

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Le style est très travaillé, ça se sent beaucoup dans la première partie, qui peut parfois être indigeste. Dans la seconde partie, on a plus une accumulation de faits et moins de lyrisme. On a aussi un point de vue omniscient, ce qui nous permet de voir cette biographie comme un roman.
La troisième partie est un mélange des deux.
Je me suis sentie bête de ne pas comprendre certains mots qu'on n'utilise jamais et de les découvrir là. Néanmoins l'écriture est belle, même si le style indirect libre très cru m'a parfois gênée au milieu de paragraphes pourtant poétiques.

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Personnellement je suis toujours surprise de découvrir qu'il existe réellement des "gens comme ça", c'est-à-dire profondément marqués par les épreuves de la vie, mais aussi complètement flamboyants, qui multiplient les excès (drogues, alcools, médicaments, sexe, rencontres, etc.), faisant des choix qui ne s'avèrent pas toujours être les plus judicieux. (J'avais déjà eu ce sentiment avec les romans de Justine Lévy, où sa mère était présentée comme une femme fantasque qui invite des SDF chez elle).

Le père de l'autrice m'a marqué, en tant que représentant du YOLO le plus total : il refuse d'épargner parce qu'il veut vivre au jour le jour, il préfère manger au restaurant pour avoir le choix, et la monogamie ne fait pas tellement partie de son vocabulaire. C'est lui, j'ai l'impression, qui va entraîner la mère de l'autrice dans une valse folle. Par ses moeurs, c'est lui qui la pousse à explorer sa sexualité.  Ils s'aiment, se déchirent, et malgré leur séparation, elle l'aimera toujours plus que tout, comptant surtout sur lui pour se maintenir à flot financièrement.

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Ce roman met en lumière la difficulté que peut avoir une personne instable psychologiquement à vivre, à aimer. Entre les injonctions familiales, les besoins des enfants, comment une personne si impulsive peut-elle survivre à la vie de famille, comment peut-elle se comporter comme une bonne mère, alors qu'elle a tant besoin de liberté, qu'on lui "fiche la paix" ?

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Dire que j'ai aimé cette histoire serait faux. J'en ressors avec un sentiment de malaise, dû au fait qu'on pénètre la vie intime de personnes réelles, ayant été ou qui sont toujours en vie.
A la lecture de ce texte plutôt déprimant, j'ai le sentiment d'être assaillie de tristesse. Ce n'est pas une histoire très positive ni lumineuse.
Pourtant j'apprécie les qualités d'écriture ainsi que l'amour filial qui déborde de ce texte.
A l'image du poème que Violaine a écrit à sa mère quand elle avait 10 ans, ce roman est une déclaration d'amour à sa mère à présent décédée.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 16 octobre 2019

Seul le silence, R.J. Ellory

Quatrième de couv' : Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.



Mon avis : C'est un collègue qui m'avait conseillé ce roman policier. Je l'avais acheté et je me le gardais pour cette période. C'est un pavé de 600 pages, et bien que le roman se lise facilement, j'ai parfois eu du mal à rester concentrée dessus.

⪻◎⪼

Déjà j'ai été surprise que l'histoire se déroule à une autre époque que la nôtre. On commence le roman en 1939 et on ira jusqu'à 1967 à peu près. Ça se passe d'abord en Géorgie, où l'on découvre les corps mutilés de fillettes qui ont été violées et tuées. Les petites villes où ces atrocités se passent sont mortifiées, incapables de faire face à une telle violence. Le contexte historique, celui de la Seconde Guerre Mondiale, permet à l'auteur de mettre en lumière un fait "étonnant", celui de trouver un bouc-émissaire, qui se trouve être de nationalité allemande. Il est impensable que celui qui fasse ça, soit un Américain.

⪻◎⪼

Par moments je me suis demandée pourquoi on rangeait ce roman dans le rayon policier. J'ai eu l'impression de lire un roman contemporain, sombre, c'est évident, mais le style était très travaillé, sûrement plus que l'intrigue finalement.
De plus, on ne suit pas un enquêteur ni l'évolution de son travail, mais un personnage écrivain, qui nous raconte sa vie de son enfance, au moment où les meurtres commencent, jusqu'à l'âge adulte, quand il confond enfin le tueur. Grâce à Joseph, nous suivons la vie de la petite ville d'Augusta Falls et les répercussions des meurtres sur Joseph et toute sa communauté. Finalement ce roman revêt des aspects sociologique et psychologique, nous permettant de voir comment chacun réagit, dans ces années-là, dans une petite ville de Géorgie, avec ses shérifs désemparés, devant une menace qu'ils ne parviennent pas à cerner.

⪻◎⪼

J'ai apprécié ma lecture dans un premier temps, parce que j'étais surprise de lire un roman qui ne se passe pas à notre époque, et dont l'ambiance poisseuse est bien retranscrite. 
J'ai aimé chercher qui pouvait être le meurtrier, en me doutant que c'était certainement quelqu'un que les fillettes connaissaient. 
Mais il faut s'accrocher : il y a un grand nombre de scènes choquantes, notamment quand les corps des filles sont retrouvés. On parle quand même de pédophilie et de meurtres avec découpage de corps. C'est pas rien...
Encore une fois, j'ai vraiment mis ce truc à distance, n'essayant même pas d'imaginer à quoi ça peut ressembler. 

⪻◎⪼

Malheureusement on trouve pas mal de répétitions et de lenteurs dans ce roman. L'auteur aurait pu couper dans le texte et retirer facilement une cinquantaine de pages.
J'ai notamment trouvé inintéressante la première partie de sa nouvelle vie à Brooklyn, ça s'essoufflait très vite, parce que son personnage était largement moins tourmenté que durant sa vie en Géorgie. D'ailleurs on sent que l'auteur s'ennuie à écrire des sentiments positifs, des moments agréables. On sent son acharnement envers son personnage principal, qui subit tous les malheurs du monde (sérieux, j'ai rarement vu quelqu'un connaître autant de morts dans son entourage).

⪻◎⪼

Je m'étais trompée sur l'identité du tueur. Je suis un peu déçue de moi, parce que pendant une bonne partie du roman j'étais convaincue que le tueur était le fils de celui qu'on avait pris pour cible. Or, il s'agissait d'une autre personne et même quand tous les indices le pointaient du doigt, je n'osais pas y croire, mais le nombre de pages se réduisant j'étais bien obligée d'accepter la vérité que l'auteur avait choisi d'écrire.

⪻◎⪼

C'est un bon roman, qu'il faut plutôt prendre pour un roman contemporain, qui parle d'une période de l'Histoire et de l'Amérique rurale. L'auteur plonge son personnage dans la tourmente, il décrit à merveille les sentiments que celui-ci peut ressentir à chaque étape de sa vie.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 12 octobre 2019

Sortir d'ici, Renée Watson

Quatrième de couv' : « Pour faire quelque chose de ma vie, il faut que je m’en aille, que je quitte mon quartier, mes amis. Que je sorte d’ici. »

Tous les jours, Jade quitte son quartier de Portland pour se rendre au lycée privé de l’autre côté de la ville, celui où vont les blancs et les noirs de milieu aisé mais aussi quelques filles comme Jade : noires, pauvres et brillantes.
Elle ne s’y sent pas la bienvenue, loin de là.
Jade se pose alors la question de sa vie : vaut-il mieux vivre la vie toute tracée qui l’attend ou défier son destin en entrant dans un monde dont elle ignore les codes ?


Mon avis : Ce roman est sorti il y a un mois et c'est le dernier livre que j'ai acheté dernièrement. J'avais un peu peur que ça ressemble beaucoup à The Hate U Give. Honnêtement c'est plus léger que THUG. Mais tout aussi important.

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Dans ce roman, nous découvrons Jade, lycéenne afro-américaine dans un établissement de blancs. Elle a reçu une bourse parce qu'elle est une fille intelligente. Dans ce lycée, on lui propose de participer à un programme qui s'appelle "Entre femmes" : des femmes adultes noires parrainent des lycéennes noires, pour leur donner des conseils et les clés pour affronter l'avenir. Mais manque de bol, Jade tombe sur Maxine, une jeune femme à peine plus âgée qu'elle, qui n'a pas l'air de vraiment se soucier de Jade.

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Ce roman parle du racisme ordinaire. Ici, pas de fusillade de noir par un policier blanc. On n'a pas besoin de drame pour comprendre que Jade connaît, lors de chaque sortie, des moments embarrassants, humiliants et dégradants. En plus d'être noire, c'est une femme et elle n'échappe pas aux commentaires (grossophobes, entre autres) sur son corps.
C'est un bon roman pour parler des problématiques liées au racisme "ordinaire". On voit des personnages blancs avoir un comportement choquant ou déplacé, mais ils ne s'en rendent pas compte eux-mêmes, et c'est bien ça le problème. C'est grâce à ce genre de roman qu'on réalise aussi que certaines choses ne sont pas tolérables pour d'autres communautés que la nôtre.
Il y a néanmoins un événement tragique, qui fait que la communauté noire se sent rabaissée. Il n'y a pas de mort (ouf !) mais c'est suffisamment tragique pour que la communauté ait besoin de faire quelque chose de significatif afin que ça n'arrive plus.
Le roman parle aussi de la discrimination positive et comment les jeunes lycéens noirs peuvent se sentir obligés d'être reconnaissants de bénéficier d'un programme ou d'une bourse, en raison de leur couleur de peau.

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J'ai bien aimé aussi le parallèle qui est fait avec York, l'esclave noir qui a participé à l'expédition vers l'ouest de Lewis et Clark au début du XIXè siècle. J'imagine que les lycéens Américains connaissent cette expédition. Pour la Française que je suis, c'était donc une découverte. Et c'est d'autant plus important de savoir qu'il y avait un esclave noir, qui a participé à cette expédition.

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Pour ce qui est des personnages, malheureusement je ne me suis pas attachée à Jade, que j'ai trouvée très pessimiste (même si elle se dit "réaliste"), j'ai le sentiment qu'elle a perdu toute la magie de l'enfance et qu'il est très difficile de la faire rire ou sourire. Par moments j'ai eu l'impression qu'elle portait le poids du monde sur ses épaules. Mais c'est sûrement parce que l'autrice la place et nous la montre que dans des situations de tension. Il faut bien dire que ce n'est pas un roman très optimiste et lumineux.

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Par ailleurs il est beaucoup question de pauvreté dans ce roman. Les parents de Jade sont divorcés, sa mère a eu Jade très jeune (à 16 ans), elle n'a pas de diplôme et enchaîne deux jobs d'aide-soignante. Elles vivent dans une petite maison, avec l'oncle de Jade, E.J., qui a une vingtaine d'années, peine à trouver sa voie, et bosse de temps en temps comme D.J.
Le souci qui revient souvent c'est que Jade a peur de ne pas manger assez chez elle. Et en même temps, elle n'avouera jamais à sa mère qu'elle a encore faim, même après avoir mangé. Parce qu'elle sait les sacrifices que sa mère fait pour lui permettre de manger, de se vêtir, d'avoir un toit, et d'étudier.

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Les conseils donnés tout au long du roman sont nécessaires et j'aurais tellement aimé les connaître quand j'étais adolescente !

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J'ai bien aimé découvrir ce roman. Il est juste et nécessaire et s'avère efficace comme première approche si on veut un roman traitant du racisme aux USA. Cependant une vraie touche d'optimisme aurait été la bienvenue.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 11 octobre 2019

My Absolute Darling, Gabriel Tallent

Quatrième de couv' : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.



Mon avis : J'achète très rarement des romans en grand format. Mais j'ai craqué en janvier sur celui-ci, parce que tout le monde en disait du bien. Le truc c'est que j'appréhendais vraiment ma lecture. Je me disais que j'allais encore être la seule à ne pas aimer. Ou que je n'y verrais pas ce que les autres ont su lire entre les lignes. Et puis j'avais peur d'un truc qui me met très mal à l'aise : l'inceste.
Donc j'en repoussais la lecture, tout en ayant envie de le lire. C'était particulier.
Quand j'ai vu qu'il sortait en poche début octobre, je me suis dit qu'il fallait impérativement que je le lise, parce que ça fait ch*er d'avoir payé 24,40€ alors que j'aurais pu le lire à sa sortie poche.
J'ai commencé à le lire. Le truc c'est que... c'est pas évident à lire. Dans le sens où c'est un roman difficile, on n'y entre pas si facilement.

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Julia "Turtle" Alveston, 14 ans, est une adolescente très particulière, vivant seule avec son père au milieu de nulle part et entourée d'armes à feu. Elève médiocre, elle ne comprend rien à l'enseignement qu'on lui donne. En revanche elle excelle au nettoyage d'armes et au tir. Isolés de tous, son père et elle vivent chaque jour la même journée. Mais Turtle est en plein dans l'adolescence, et les choses se mettent à changer, autour d'elle et en elle.

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Alors. J'ai aimé et à la fois pas tout aimé. Pour un premier roman, je vois les grandes qualités qu'on peut trouver à ce texte. Mais je vois aussi mon ennui devant certaines descriptions de scènes qui sont très longues. En fait, par moments, j'ai eu l'impression de ne pas saisir les scènes qui se déroulaient parce que c'était très éloigné de ma propre vie. Comme par exemple, la fois où Turtle s'enfuit de chez elle, et passe la journée et la nuit dans la nature : entre les descriptions des arbres, des ruisseaux et l'esprit pratique de Turtle pour créer un abri, j'étais confuse. Pareil avec les scènes où il est question des armes à feu, ou de tir, je n'arrive pas à les visualiser, ni la noyade en mer, peut-être parce que je ne vois pas à quoi ressemble la côte pacifique californienne ?
Il y a aussi de nombreuses scènes gore, selon moi, que j'ai eu du mal à lire : les doigts cassés de Turtle, le doigt amputé de Cayenne, manger des scorpions (des SCORPIONS), sans parler des scènes de viol.

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Il m'a été difficile de m'attacher à Turtle. Même si on a une description de son physique, j'ai eu du mal tout au long du roman à me la représenter. Quant à sa personnalité, j'ai adoré voir comment elle se développe : au début, Turtle est sauvage, elle n'a d'avis sur rien, ou bien elle se dénigre, se répétant les propos affreux que son père tient à propos d'elle. Puis, au fil des pages, on voit que son système de pensée se fissure et qu'elle en produit un nouveau, elle s'approprie enfin son corps et son esprit. Et ça, ça m'a sacrément plu. Elle gagne en puissance, même quand ses pensées sont encore celles d'autrefois, elle parvient à lutter contre ses réflexions automatiques qui l'ont annihilée toute sa vie.
Je n'ai pas aimé Turtle mais pourtant j'ai eu envie de l'aider, de la suivre, de voir comment elle évolue.
Finalement, plus que Jacob, c'est Cayenne qui va pousser Turtle à comprendre que RIEN n'est normal dans la vie qu'elle mène avec son père.

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Jacob m'a laissé pantoise par sa façon de parler. Les dialogues entre lui et Brett sonnent assez naturels, mais dès que Jacob fait de longues tirades, je me suis dit "nan c'est pas possible qu'un garçon de 15 ans parle comme ça." Il a beau être cultivé et bien éduqué, aucun garçon dans la vraie vie ne s'exprime de cette manière. Alors oui, il prend le contrepied de Turtle, parce qu'elle, en revanche ne sait pas s'exprimer du tout. Mais selon moi il y a un fossé entre les deux bien trop grand.

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Le personnage du père est atroce. A un moment j'ai fermé le livre après une longue scène dans laquelle il se trouvait, parce que j'avais juste envie d'entrer dans le bouquin et de lui hurler dessus. Il est détestable au possible. Et personne n'intervient ? Il est misogyne, il possède des tonnes d'armes à feu, il rabaisse et viole sa fille. Personne ne voit ça ?

Par ailleurs, il a des réflexions sur la société qui peuvent se révéler intéressantes et vraies. Du coup j'ai un sentiment ambigu à son égard : autant il a raison sur la société, le fait que ceux qui détiennent le pouvoir et l'argent se contrefoutent de ce qui se passe sur la planète. Autant c'est un putain de connard. (J'utilise autant de gros mots que lui tout au long du livre qui ne s'exprime qu'avec des "Bordel de Dieu, Bon sang, Bon Dieu, Bordel, Putain").

Et on ne sait pas pourquoi il est comme ça : on peut penser que sa relation avec son propre père l'a foutu en l'air, mais est-ce que ça justifie le fait qu'il déconne à plein tube ? Est-ce que ça justifie le fait de détruire l'âme de sa propre fille ? Est-ce que ça justifie qu'il veuille la contrôler et l'empêcher d'acquérir son indépendance ?

Quant à la mère de Turtle, on ne sait pas réellement ce qui lui est arrivé, ni quand elle a disparu.

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Pour ce qui est de l'inceste : ma technique a été d'occulter qu'il en s'agissait. Si les scènes de viol ne sont pas aussi nombreuses que ce que je redoutais, elles ébranlent tout de même mon esprit. Alors dans ma tête, j'ai oublié le lien de filiation, j'ai nié le fait que ce connard faisait ça avec sa fille. J'ai établi une certaine distance avec ces scènes qui me dégoutent, pour pouvoir les lire sans avoir envie de vomir. Le fait de savoir à l'avance qu'il y avait de l'inceste dans ce roman, m'a peut-être plus préparée qu'une personne qui lirait le livre sans le savoir.

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Quant aux armes à feu, je pense que c'est un vrai sujet d'actualité dont l'auteur a voulu parler. On est plongé dans cette ambiance sombre, dans cette maison rustique qui contient en son sein de quoi décimer toute une ville. Inquiétant, non ? Plus inquiétant encore, quand Turtle sort avec son fusil en bandoulière. Mais dans quel but ? Que craint-elle ? On a l'impression que son père lui a farci le cerveau de craintes absurdes, avec ses histoires de puma dans le pré. 
Au final toutes ces armes ne lui sont d'aucune aide face à ce monstre qui vit avec elle. C'est ça, peut-être le plus terrifiant. 

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Dans l'ensemble, c'est un bon premier livre, même si selon moi, il y a des longueurs. Ce sont surtout des passages un peu trop descriptifs de la nature qui me gênent. Je ne sais pas si on peut parler de nature writing pour ce roman. A vrai dire, la nature n'est pas au centre de l'intrigue, mais Turtle est un personnage qui vit, qui connaît l'environnement luxuriant du nord-ouest de la Californie. 

En revanche, il y a un aspect roman d'apprentissage qui m'a beaucoup plu, on voit Turtle se relever, devenir une personne autre que celle que son père a voulu façonner. 
Au delà de ces longueurs, je vois surtout un auteur américain qui nous parle de chez lui, d'une société qu'il connaît et qui existe. 

Selon moi, My Absolute Darling a quelque chose de plus digeste dans le style et les schémas narratifs que dans Idaho, par exemple. L'impression que l'auteur s'est émancipé de la façon dont les jeunes auteurs américains écrivent d'habitude. C'est plus délié, avec des rebondissements, du suspense. 

Par contre au niveau de la mise en page, on passe parfois d'un moment à l'autre sans nouveau paragraphe et c'est assez dérangeant. Parfois on croit lire la continuité d'une action alors qu'en fait on est deux jours plus tard. 

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Portrait d'une jeune fille à part, Turtle développe sa pensée sous nos yeux, dans un roman au réalisme poignant.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 7 octobre 2019

Toyer, Gardner McKay

Quatrième de couv' : Il vous séduit, apprend à vous connaître, vous kidnappe.
Vous pensez que vous allez mourir, et c’est presque une consolation. Mais il vous laisse la vie sauve sans que vous en ayez conscience… Car vous êtes à l’état de mort cérébrale.
Si celui que toute la presse nomme désormais « Toyer » n’est pas une priorité pour le procureur de Los Angeles, deux femmes le traquent. Toyer est leur proie. À moins qu’il ne soit le chasseur…


Mon avis : OH. J'ai sorti un très vieux livre (jauni désormais !) de ma PAL. Attention, ça n'arrive JA-MAIS.
C'est un roman que j'ai acheté en 2013 à la librairie Elkar, lors d'une de mes premières virées à la découverte des librairies de Bayonne. Je vois d'ailleurs qu'il est sorti en poche le 13 juin 2013, donc j'ai même dû le prendre sur une table de nouveautés, avant de le ranger dans ma bibliothèque durant 6 ans. (Normal)
Evidemment, comme c'est un pavé de 760 pages, l'envie de le découvrir m'était un peu passée. Mais pour ce mois d'octobre, je me suis constituée une PAL "Frissons" à base de polars et de romans horrifiques.
Il faut bien qu'un jour je finisse par lire les pavés de ma PAL... Alors certes, j'y passe un peu plus de temps que sur un roman de 300 pages, mais au moins ça sort de là.

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Toyer, c'est l'histoire d'un homme, qui ne tue pas, il s'en dit incapable, qui ne viole pas, pareil, incapable. Mais... qui laisse ses victimes dans un état végétatif.
Pire sûrement, que la mort.
Mais comme Toyer ne tue pas, le procureur n'est pas franchement déterminé à le retrouver, bien qu'il enchaîne les victimes. Cynique, non ?
Avec un mode opératoire bien rôdé, il approche ses victimes en les aidant à réparer leur voiture, puis il s'invite chez elles, leur fait ensuite croire qu'il va les violer, puis leur apprend qu'il est en fait un acteur qui joue le personnage de Toyer, s'en va, avant de revenir sur ses pas.

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Dans ce roman, nous suivons, entre autres, divers personnages : Toyer, tout d'abord, qui nous permet d'assister à ses non-meurtres (je ne sais pas comment les qualifier).
Maude Garance, physiatre (oui ça existe) et psychiatre au centre qui recueille les victimes de Toyer. Sara Smith, jeune journaliste venue de la côte Est, qui fait ses premiers pas au Los Angeles Herald et pense lancer sa carrière grâce à cette histoire.

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On ne suit pas du tout une enquête de police, ne vous attendez pas à ça. L'auteur a pris le parti de nous faire découvrir la vérité par des femmes, Maude, Sara ou encore Telen, qui mènent à leur manière leur enquête.

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Il y a beaucoup, mais alors beaucoup, de scènes sexuelles, sans compter les viols. C'est assez dérangeant, parce que l'auteur passe son temps à dénuder les femmes de ce roman. Dès qu'elles sont toutes seules, elles se déshabillent. Un homme arrive, ils couchent ensemble. Bref, on est plus sur de l'érotico-polar que sur de polar.
Et il y a aussi des scènes de viol, particulièrement détaillées. L'une d'elles sert réellement l'intrigue.

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J'ai bien aimé le jeu entre la presse, avec Sara Smith au L.A. Herald et Toyer, surnommé ainsi parce qu'il "joue" avec ses victimes. Il y a une réflexion intéressante autour de la personnalité de Toyer qui prend plaisir à se lire dans le journal. Il vit ça comme une consécration et ça l'incite à poursuivre sa terrible entreprise. Faut-il parler des actes des serial killer dans la presse ? leur offrir une tribune ?

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Maude Garance, psychiatre et physiatre, est complètement obsédée par Toyer, au point que son état se dégrade à chaque fois qu'une nouvelle victime arrive à l'hôpital. Je n'ai pas apprécié ce personnage. Elle est l'équivalent du flic destitué qu'on voit d'habitude dans les romans d'enquête policière. Ici, Maude doit renoncer à son travail parce qu'elle a harcelé l'adjoint du procureur afin qu'il ouvre une enquête à propos de Toyer. A partir du moment où elle ne va plus au Kipness Center, elle plonge et occupe ses journées à boire des gins et à écouter de l'opéra. Très constructif... Elle n'a pas beaucoup d'éthique, à vrai dire et je ne la recommanderais pas comme psychiatre.
En revanche c'est une femme présentée comme indépendante, ce qui m'a plu. Dommage qu'elle soit si désagréable, même avec Sara, la journaliste, qui tient à développer une amitié avec elle.

Toyer, est un personnage très particulier. J'avoue que je ne sais pas du tout quoi penser de lui, parce qu'il est très complexe. Jeune homme bien sous tout rapport, jusqu'à un événement dramatique où son psychisme bascule. Je me demande si sans cet événement il aurait continuer une vie d'homme normale ? Ensuite, quand il devient Toyer, il est si complexe : intelligent, cultivé, et pourtant limité par son éducation religieuse.

Au final on a une sorte d'ambiguïté envers ces personnages : la psychiatre nous parait plus dangereuse que Toyer. Le traitement qui est fait des personnages me semble un peu fragile et/ou malvenu.

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J'ai dévoré le roman. MAIS je trouve que l'auteur a tiré sur la corde un peu trop longuement et aurait pu se passer de 200 pages. Surtout vers la fin. J'aurais pu vraiment apprécier ma lecture si le dénouement s'était fait plus rapidement. D'autant plus qu'il se finit à l'arrache et qu'on n'a même pas d'épilogue, nous laissant une fin ouverte.

Une incohérence totale qui décrédibilise l'ensemble : Toyer pratique une cordotomie spinale, or il n'a eu aucune formation médicale. Le mec a vu des cerveaux dans du formol et depuis il sait où et comment pratiquer un tel acte à la perfection, sans ratés !

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C'est un roman addictif, dans un style simple, présentant un psychopathe original. Après, c'est clairement pas un roman que je relirai ou que je recommanderai.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 4 octobre 2019

Idaho, Emily Ruskovich

Quatrième de couv' : Idaho, 1995. Par une chaude et insouciante journée d’août, Wade, Jenny et leurs deux petites filles, June et May, âgées de six et neuf ans, se rendent dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Se produit alors un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf ans plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann au milieu des paysages sauvages et âpres de l’Idaho. Mais tandis que la mémoire de son mari vacille, Ann devient peu à peu obsédée par le passé de Wade. Déterminée à comprendre cette famille qu’elle n’a jamais connue, elle s’efforce de reconstituer ce qui est arrivé à la première épouse de Wade et à leurs filles.


Mon avis : Ce roman a fait le tour de Bookstagram à sa sortie en poche. Comme je veux posséder tous les Totem de chez Gallmeister (une entreprise qui va me coûter cher !), j'ai acheté celui-ci récemment. Et je l'ai lu dernièrement puisque je trouvais le résumé intrigant.

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Ce roman raconte un drame familial, avec une touche (importante) de nature writing. L'action se situe principalement dans les montagnes de l'Idaho, dans une maison recluse que Wade, l'homme, a construite pour sa première femme, Jenny et leurs deux filles, June et May. Quand nous ouvrons le livre, nous commençons par suivre Ann, sa seconde femme, celle par qui nous allons apprendre le drame qui s'est passé en 1995. D'époque en époque, l'autrice nous expose divers points de vue précédant ou suivant le drame.

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Déjà, soyons clair : ça ne se lit pas facilement. Je trouve que l'autrice a voulu trop en faire.
J'ai galéré sur le premier chapitre, qui contient une centaine de pages. C'était âpre, c'était confus (comment Ann, la seconde femme de Wade peut-elle connaître en détails des événements auxquels elle n'a pas assisté ?) et le début ne me semblait pas crédible, j'avais beaucoup de mal à m'immerger dans l'histoire, au point que j'ai laissé le livre en suspens pendant une dizaine de jours.
Puis on passe à la vie de deux autres personnages, en prison. Et là, c'est devenu plus fluide.

Cependant il faut tout de même noter que le style est dense, avec beaucoup d'accumulations sensorielles, de descriptions du paysage, des odeurs. Et puis il y a l'aspect introspectif, on lit ce que les personnages pensent de leur situation, on voit à travers leur regard.

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Si le début nous montre un drame dont on comprendra petit à petit pourquoi il a eu lieu (personnellement je trouve que la raison est complètement fantasque et traduit chez Ann une culpabilité qu'elle ne devrait pourtant pas ressentir...), l'histoire qui suit est complexe : Wade est atteint de démence, et c'est à Ann, de porter un bagage familial qui n'est pas le sien. A vrai dire, Ann est obsédée par le passé de Wade, et d'autant plus parce qu'elle n'y a plus accès, Wade ne se souvient plus de rien.

Ce roman nous montre la complexité des comportements humains et à quel point on ne peut deviner les motivations des uns et des autres, que ce soit en prison, au sein d'un couple, ou entre soeurs.
La fin a quelque chose de touchant, le personnage qui fait le lien entre d'autres disparait, et la vie continue.

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Je n'ai pas accroché aux personnages. Peut-être est-ce cette façon de les faire analyser tout ce qui leur arrive qui m'en a tenu éloignée. Le fait que des personnages enfants (de 6 et 9 ans) analysent leurs comportements, c'était tout sauf crédible. A cet âge-là, tu fais les choses sans réfléchir au sens qu'elles ont. En revanche j'ai aimé ces passages où on nous montre le rapport entre ces deux soeurs.

Quant aux personnages adultes, ils sont tous dans une sorte de prison mentale : Wade perd peu à peu la mémoire, et les bribes de souvenirs qu'il a, le replongent dans une époque lointaine. Il ne parvient plus à comprendre la douleur qui l'habite depuis des années, il ne sait plus à quel événement la rattacher.
Ann est prisonnière de son obsession pour le passé de Wade et le drame qui a décimé sa famille. Quant à Jenny, elle est littéralement en prison, terrifiée par son acte, que personne ne peut et même ne doit lui pardonner.

En fait, j'ai l'impression que Wade est un personnage évanescent, il est là sans l'être. Il n'est pas le personnage principal de cette histoire.
Et Jenny et Ann sont toutes les deux inconsistantes. Jenny s'est enfermée en elle-même, femme impardonnable pour son crime, qui s'impose de ne pas remuer ni faire de vagues. On dirait une coquille vide, qui ne s'autorise plus la moindre émotion, positive ou négative.
Ann, qui aurait pu, vu la situation (Wade finit par être dépendant d'elle), être un personnage fort, emblématique, se perd finalement dans son obsession pour un passé qui n'est pas le sien. A force de vouloir protéger Wade de son passé, elle n'existe plus pour elle-même. J'aurais aimé qu'Ann soit le personnage fort et lumineux de ce roman, au lieu de ça, j'ai eu l'impression d'un personnage gris, terne.

Finalement, ce sont les personnages secondaires qui se retrouvent avec un arc narratif plus développé que les 3 personnages qui nous intéressent en premier lieu.

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Ce roman n'est pas accessible à tout le monde. Il faut une certaine maturité pour percevoir tout ce que l'autrice a voulu exprimer avec ce roman psychologique. D'ailleurs je pense que je n'ai compris qu'un quart de ce qu'elle a voulu faire... (c'est toujours désagréable d'avoir la sensation d'être bête quand on lit un roman).

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Encore une fois, on en a fait des caisses autour de ce livre, mais j'ai été déçue. C'est, j'en suis convaincue, parce que je n'ai plus l'habitude de lire des romans contemporains adultes. Dans un roman adulte, on te laisse entendre des choses et c'est à toi de les décrypter, en fonction de ton bagage littéraire, culturel, et de ton propre vécu.
Ça a été une lecture laborieuse.

5/10 

mardi 1 octobre 2019

Toi, moi, Paris et tout le reste, Adeline Ferrigno

Quatrième de couv' : Quand elle apprend le divorce de ses parents, Amanda a l’impression que son monde s’effondre. Julian, lui, part à la dérive depuis le décès de son père.

Lorsqu’ils se rencontrent à une soirée parisienne, l’attirance est immédiate. Mais la réputation de tombeur de Julian le précède et Amanda déchante bien vite.

Des mots en l’air, un jugement trop hâtif et c’est l’explosion  : les insultes fusent. Décidées à ne jamais se revoir, les deux fortes têtes ne sont pas au bout de leurs surprises...


Mon avis : J'ai acheté ce livre début janvier chez ma bouquiniste, parce que je savais que je l'avais dans mon rayon, et je voulais pouvoir le conseiller. Le truc, c'est que comme je n'avais pas hyper envie de le lire, il a traîné dans ma PAL et je viens tout juste de l'en sortir. Je n'avais aucune idée de quoi ce roman allait parler et donc je l'ai abordé sans a priori.

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On suit deux personnages adolescents : Amanda, dont les parents viennent de divorcer. Et Julian qui a perdu son père quelques mois plus tôt.

Amanda a un petit frère, Alexis, avec qui elle s'entend bien. Mais leur mère a décidé de profiter du divorce pour partir travailler au Japon, laissant ses deux enfants avec leur père, qui vont devoir déménager dans Paris.

Julian a aussi un petit frère, Owen. Leur père s'est donné la mort un peu moins d'un an auparavant et depuis Julian est bousillé. Sa mère tente de lui apporter son soutien, mais Julian voit tout à travers le prisme de la colère.

Ces deux ados vont se rencontrer lors d'une soirée. Au premier regard, c'est le coup de foudre. Mais entre-temps Amanda entend des ragots sur Julian et la suite ne va pas les rapprocher... Enfin pas vraiment.

Vous l'aurez deviné, il s'agit d'une romance.

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Je n'ai pas l'habitude d'en lire, en tout cas ce n'est pas un genre vers lequel je me tourne parce qu'on y retrouve régulièrement les mêmes clichés.
C'est le cas dans ce roman : ils s'attirent mais ne peuvent pas s'empêcher de s'envoyer bouler. Elle se mordille la lèvre inférieure chaque fois qu'elle le voit, elle ne résiste pas à ses fossettes. Quant à lui, il ne comprend pas pourquoi il est attiré par cette fille, qui est si différente des autres filles.

En gros, on enchaîne cliché sur cliché, que ce soit dans les actions, les rebondissements, ou dans le style.
Dans ce roman, il y a quelques incohérences : les personnages sont mineurs mais sont très rarement recadrés par leurs parents. Par exemple, Amanda et Julian passent leur temps à aller en soirée (en semaine !). Quel genre de parents laisse son enfant de 17 ans aller à l'autre bout de la ville un lundi soir pour faire la fête ? Je veux bien que des parents soient dépassés par le comportement de leurs enfants, mais là, ça ne m'a pas semblé super crédible, surtout que la mère de Julian a l'air d'être le genre de femme à prendre soin de ses fils.
Ou vers la fin du roman, Amanda remercie son hôte, laissant entendre que celle-ci a été très présente pour elle, alors que pas une fois, l'autrice n'a montré de scènes avec ces deux personnages partageant un moment.

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Honnêtement, ce livre n'est pas mal écrit, c'est fluide et ça se lit vite, mais la plume n'a rien d'exceptionnel et le fait d'avoir l'impression que c'est du vu et revu, me fait penser qu'on n'a rien d'original, ni dans le contenu, ni dans le caractère des personnages.
Seul un élément du roman m'a paru intéressant, mais il n'est pas assez exploré (en tout cas, le roman s'arrête avant qu'on sache ce qui sera fait), c'est le fait qu'un personnage utilise du GHB pour droguer et mettre des filles dans son pieu. J'aurais aimé qu'on voit comment les personnages vont faire tomber ce gars. Ça, c'était la partie à développer pour que le roman se démarque des autres du même genre !

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Les deux personnages principaux sont insupportables : colériques, lunatiques, violents, hautains, capricieux. Côté caractère, ils se ressemblent, mais se rendent peu attachants pour le lecteur.
Leurs petits frères, qui sont des personnages secondaires, sont plus agréables à suivre !
Quant aux amies d'Amanda, je les ai trouvées inutiles. Ah si, il y a juste un passage où Elsa fait avancer l'histoire en permettant à Amanda d'ouvrir les yeux sur Julian. Mais sinon, le reste du temps elles n'ont pas d'utilité dans l'histoire, et je ne vois même pas pourquoi l'autrice perd du temps à nous raconter que l'une d'elle est malheureuse parce que ses parents ne se supportent plus.

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J'aurais aimé que le deuil soit traité différemment. Julian a perdu son père et se plonge dans l'alcool et le sexe. Quand ce n'est pas dans la rage. Ce qui en fait un personnage inaccessible, cliché et pour lequel je n'ai pas eu d'empathie. De plus, sa planche de salut vient par Amanda, avec qui il trouve l'amour. Je ne crois pas que ce soit la meilleure façon de se sortir du deuil. Mais bon, ce n'est que mon avis.

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Une autre chose qui me dérange, c'est que l'autrice nous montre comment les personnages s'attirent et se repoussent. Mais une fois ensemble, son job est fini, elle ne nous montre rien de leur relation amoureuse. Même, elle trouve le moyen de rajouter un drama pour que les personnages vivent un dernier jour pénible, nous laissant penser que leur relation va se finir là-dessus.

Pour être honnête, ça me fait penser à toutes les histoires que je me suis inventée dès que j'avais un crush : j'imaginais toute la partie séduction, puis une fois que le mec était avec moi, j'ajoutais du drama, mais je ne m'imaginais jamais avec lui de façon paisible et normale.

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On sent que c'est un premier roman, on dirait une histoire que l'autrice aurait imaginé pour elle, qu'elle aurait aimé qu'il lui arrive. Mais on est face à un manque de réalisme.
Je ne suis pas vraiment étonnée de ne pas aimer, j'ai désormais un écart d'âge trop important avec les personnages ados dans les romans Young Adult.
Pour finir, je dirais que je suis contente d'avoir trouvé ce livre en occasion et de ne pas avoir payé 18€ pour une romance.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur