jeudi 19 septembre 2019

I am, I am, I am, Maggie O'Farrell

Quatrième de couv' : Après le succès d’Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell revient avec un nouveau tour de force littéraire. Poétique, subtile, intense, une œuvre à part qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, portée par une construction vertigineuse. Une romancière à l’apogée de son talent.
Il y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre quelques instants dans l’eau glacée.
Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…

Dix-sept instants.
Dix-sept petites morts.
Dix-sept résurrections.

Je suis, je suis, je suis.
I am, I am, I am.



Mon avis : J'avais très envie de découvrir ce titre depuis sa sortie. Par chance je suis tombée dessus chez ma bouquiniste, et même si il était un peu abîmé, ça se voyait qu'il n'avait été lu qu'une fois et il n'était pas sale. Après en avoir entendu que du bien sur Bookstagram, j'avais envie de me pencher dessus.

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D'une façon très originale, Maggie O'Farrell, autrice dont je n'avais jamais lu de livres, présente toutes les fois où sa vie a été mise en jeu. Ce sont des portraits de chaque partie de son corps, qui ont heureusement échappé à la destruction ou à la mort, mais de peu...

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Cette autobiographie allie vraiment le corps et l'esprit. Personnellement j'ai tendance à séparer les deux, et je serais bien incapable de me souvenir de toutes les fois où j'ai frôlé la mort. Peut-être parce qu'il n'y en a pas eu tant que ça, à vrai dire. 17 fois pour Maggie O'Farrell.

J'ai été assez bouleversée qu'un corps puisse subir tant de choses, et pourtant continuer à fonctionner. Certains textes ne racontent pas vraiment la mort, comme la fois où elle veut se faire tester pour savoir si elle est séropositive ou non. Disons plutôt que ce texte aborde une maladie contemporaine, et c'est très touchant de voir qu'elle a invité son ami, Eric, à se faire aussi dépister.

Le dernier texte est... effrayant. Honnêtement ça me conforte dans mon désir de ne PAS avoir d'enfant. Quelle plaie. Sérieusement. Et puis quelle angoisse, partout, tout le temps. Pas pour soi, mais pour son enfant, devoir s'en inquiéter constamment. C'est tellement de pression !

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Je reconnais qu'il y a une belle sensibilité dans ces textes et c'est difficile de ne pas avoir d'empathie pour tout ce que l'autrice a pu vivre.

Par contre je n'ai pas toujours aimé la façon dont c'était raconté : avec des ellipses temporelles, puis retour à l'événement... je trouvais qu'on se perdait dans des digressions, qui se justifiaient, mais qui n'étaient pas forcément placées au meilleur moment.

Le petit côté mystique ne m'a pas trop plu dans l'un des derniers textes, où l'autrice s'imagine que la petite fille qu'elle voit régulièrement en rêve durant son adolescence et durant ses années difficiles de jeune adulte, serait en fait sa fille à venir. Mouais, faut pas pousser le délire trop loin quand même.

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Je ne pense pas me souvenir longtemps de ce livre. Ce n'est pas mon histoire, et j'ai toujours du mal avec les autobiographies. Mais c'est un livre qui a sa place en littérature parce qu'elle écrit son portrait à travers ses presque morts.
Il y a quelque chose de novateur à parler des rencontres manquées avec la mort. Personnellement j'y ai vu un aspect morbide, tandis que d'autres y voient une ode à la vie, ça doit dépendre de notre rapport au corps et à la mort et de quelle façon on perçoit ces textes.
Je ne conseillerais pas de lire ce livre d'un seul trait, parce que c'est quand même assez anxiogène.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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