dimanche 29 septembre 2019

Et ils meurent tous les deux à la fin, Adam Silvera

Quatrième de couv' : « Nous sommes au regret de vous informer que vous allez être frappé par une mort prématurée dans les prochaines vingt-quatre heures. Toute l’équipe de Death-Cast est sincèrement désolée de vous perdre. Vivez pleinement cette journée, ok ? »

Le 5 septembre, un peu après minuit, Mateo et Rufus reçoivent chacun le funeste appel. Ils ne se connaissent pas, mais cherchent tous deux à se faire un nouvel ami en ce jour fi nal. Heureusement, il existe aussi une appli pour ça, Le Dernier Ami. Grâce à elle, Rufus et Mateo vont se rencontrer pour une ultime grande aventure : vivre toute une vie en une seule journée.



Mon avis : J'ai acheté ce roman en Mai, après l'avoir repéré des mois auparavant. Jusque là, j'hésitais à l'acheter parce que je ne connaissais pas l'écriture de Silvera. Mais comme j'ai lu Pourquoi pas nous, de Silvera et Albertalli, et que j'ai bien aimé, je me suis dit que j'allais lire ses autres romans.

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Dans ce livre, nous sommes dans un monde où une société spéciale, Death-Cast, peut prédire le jour de votre mort. Ils ne vous préviennent pas 3 mois avant, mais la veille, entre minuit et 3h, et ensuite, vous pouvez mourir à tout moment avant la fin de cette journée.
Mateo et Rufus se rencontrent grâce à une autre application, Dernier Ami, qui met en relation des gens sur le point de mourir, avec d'autres gens sur le point de mourir, ou bien de bonnes âmes qui ont encore du temps devant eux et souhaitent accompagner dans leur dernière journée ceux qui s'apprêtent à mourir.

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Bon, je vais encore passer pour la reloue de service, qui déteste tous les livres qui ont du succès...

Globalement ce n'est pas un mauvais livre. Mais je ne l'ai pas aimé. Je croyais que j'allais adorer, je me voyais déjà super émue, triste de quitter des personnages dont le destin est scellé par le titre.
Et finalement, même si c'est un livre que je n'ai pas détesté lire, j'en ressors avec un sentiment d'irritation, d'agacement.

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Le truc n'°1 qui me déplait, c'est qu'Adam Silvera ne sait pas construire des personnages autres que des jeunes garçons homo/bi latinos. Dans les deux livres que j'ai pu lire de lui jusqu'à présent, ses personnages étaient ce genre de mecs. Autant je trouve ça super de montrer de la diversité au travers de personnages homo et de couleur, autant ça m'agace parce que j'ai l'impression qu'il ne se renouvelle pas. J'ai eu l'impression de voir exactement les mêmes personnages, avec les mêmes traits de caractère que dans Pourquoi pas nous ?
J'imagine qu'il met beaucoup de lui dans ses personnages, mais j'aimerais bien qu'il soit capable, en tant qu'auteur, de me proposer des personnages issus de minorités, qui soient différents de ses précédents personnages. Des personnages moins timorés, que ce ne soit pas des mecs bruns à lunettes tout timides, ou à l'inverse des mecs bruns dont l'héritage familial les plombe. Bref, j'aimerais qu'il renouvelle son catalogue de personnages.

Surtout que dans ce roman, il oppose (encore une fois) deux mecs qui n'ont rien à voir mais qui tombent amoureux. Mateo est timide, garçon sage à lunettes versus Rufus, orphelin en colère qui vient de perdre ses parents, qui se bat et qui fonce dans le tas.
J'ai pas l'impression que dans la vraie vie, les opposés s'attirent. Evidemment, on est attiré par des gens différents de soi, mais pas à l'exact opposé, si ?

En plus, je n'ai pas eu l'impression de voir leur relation amoureuse se développer. Okay ils apprennent à mieux se connaître durant cette journée, mais aucun des deux n'était dans la séduction. J'ai plus l'impression qu'ils se sont mis à s'aimer parce qu'ils ont passé une bonne journée ensemble et que leur fin est inéluctable, et qu'il est plus "agréable" de mourir en se sachant aimé.
Je n'ai pas senti qu'il y avait une attirance entre eux, j'ai plutôt eu l'impression de voir le développement d'une amitié. Et si l'auteur s'était contenté de cette amitié, j'aurais sûrement mieux aimé cette histoire.

Vous l'aurez compris, je n'ai pas su m'identifier ni m'attacher aux personnages. Difficile dans ce cas d'avoir de l'empathie pour ces garçons qui vont forcément mourir à la fin du roman.

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L'ambiance très morbide qu'il y a dans ce livre m'a dérangée (okay c'est le thème du livre mais...) : les parents des personnages sont morts, ou dans le coma. Les deux garçons ne peuvent compter que sur leurs amis, mais là encore, ceux-ci ont connu des décès tragiques de personnes qu'ils aimaient, bref la mort est ultra-présente dans cette histoire et je n'ai pas trouvé que c'était très représentatif de la réalité. Je ne sais pas si on peut dire que j'ai de la chance, mais dans mon entourage, à part des personnes très âgées et très malades, personne n'est mort. Alors que dans le roman, c'est une hécatombe dans la vie des deux personnages !

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Et puis, il faut bien dire que ce roman manque de suspense. Il y a un rebondissement qui arrive dans le roman, mettant en danger nos personnages, mais c'est assez vite résolu, et on passe à autre chose, ou devrais-je dire, on retrouve la lenteur de l'histoire.

Tout reste en surface : l'auteur ne nous explique pas comment fonctionne Death-Cast, comment ils déterminent qui va mourir et sur quels critères.
Il évoque le fait que certaines personnes sur le point de mourir, racontent leur journée minute par minute sur un blog dédié. Ça aurait pu être l'occasion d'évoquer le voyeurisme de ceux qui lisent ce blog... enfin y'avait tellement à dire et on reste sur notre faim !

Je trouve qu'Adam Silvera brode beaucoup autour du fait de vivre toute une vie en une journée. Il tente de répondre à la question "Que ferais-tu si tu n'avais plus qu'une journée à vivre ?" Le truc, c'est que selon lui, il faudrait faire tout ce qu'on n'a pas eu le temps de faire avant. Et c'est peut-être là où l'on n'est pas d'accord.

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Dernière chose : il y a plein de coquilles dans ce roman, c'est truffé d'oubli de mots.
La traductrice a jugé bon de mettre des mots comme "Wesh" n'importe où, ou des phrases comme "c'est trop de la balle", qu'à mon avis, les jeunes n'utilisent plus.
Je ne sais pas si ça vient de la traduction, mais parfois le texte était lourd, il y avait plein de répétitions, l'auteur écrivait la même chose que deux lignes plus haut, comme si on n'avait pas compris !

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Honnêtement, je suis déçue de ce roman. J'en attendais beaucoup plus : être bouleversée. Et à cause de tous les défauts d'écriture, je n'ai pas été touchée. Ça manquait vraiment d'un rebondissement de dernière minute.

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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