jeudi 29 août 2019

Une apparition, Sophie Fontanel

Quatrième de couv' : Et si tout ce qu’on racontait sur les cheveux blancs était faux ? Et si l’heure de la teinture était révolue ? Et si on sonnait le glas des angoisses et des servitudes ?
C’est en partant de cette intuition que Sophie Fontanel, un soir d’été, décide d’arrêter les colorations et de regarder pousser ses cheveux blancs. Comme elle est écrivain, elle en fait un livre, sorte de journal romancé de ce qu’elle n’hésite pas à appeler une « naissance ».
Les semaines, les mois passent : un panache lui vient sur la tête, à mille lieues des idées préconçues sur les ravages du temps. Elle réalise que l’âge embellit aussi les femmes et que les hommes n’ont pas pour les cheveux blancs l’aversion qu’on supposait. Elle découvre que notre société n’attendait qu’un signal, au fond, pour s’ouvrir à une splendeur inédite, d’une puissance extraordinaire.
Ce roman est une fête. Celle de la liberté.


Mon avis : Ce livre je voulais absolument le lire depuis sa sortie, sauf que payer 19€ pour 252 pages, pardon mais je m'étrangle. Alors j'ai patiemment attendu sa sortie en poche. Je suis tombée dessus par hasard en cherchant un livre pour une cliente, et je me suis dépêchée de m'en mettre un de côté.

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Dans ce livre, Sophie Fontanel raconte son rapport aux cheveux blancs. Elle explique comment elle en est venue à prendre la décision de cesser les teintures. Elle raconte ses séances chez sa coiffeuse, avec qui elle a des discussions profondes sur le sens de sa démarche. Elle nous montre l'évolution de ses cheveux, grâce à une trentaine de photos réunies au milieu du livre. Dans une sorte de journal de bord, nous la suivons dans ses interactions avec autrui, amis, connaissances ou même inconnus.

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Pourquoi ce livre m'intéressait ? Eh bien parce que depuis Février 2017, j'ai décidé d'arrêter les teintures et les décolorations. Déjà par souci économique et de temps : passer 3h chez le coiffeur, débourser 120 balles une fois tous les 2 mois, c'est NON. Et puis tous ces produits bourrés de silicones qu'on nous met sur le crâne, sans nous demander notre avis, ça non plus je ne le veux plus. Alors j'ai entamé une expérience : celle de laisser pousser mes cheveux au naturel. Je savais déjà que j'avais des cheveux blancs, mon premier étant apparu à 17 ans. Je fus plutôt surprise et attendrie par cette jolie mèche argentée qui se dessinait près de mon visage. Je me suis dit qu'il était temps d'accepter ça. De me démarquer. Honnêtement je me sens plus libre et forte depuis que je laisse mes cheveux argentés prendre leur place dans ma chevelure brune.
Contrairement à l'autrice, ce n'est pas toute ma chevelure qui vire au blanc. Je n'aurai pas eu cette démarcation bicolore bien nette qu'elle a eue pendant 1 an et demi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il m'est plus facile d'accepter de voir mes cheveux perdre leur couleur. Et puis je crois qu'on est de plus en plus nombreux∙ses à faire ce qu'on veut de nos cheveux : je vois tant de jeunes adultes qui se teignent en bleu, en rose, en vert. Il y a 10 ans de ça, on n'osait pas encore et on se contentait des teintures classiques de supermarchés. Je pense qu'il est vraiment plus facile d'accepter ses cheveux blancs aujourd'hui en 2019, qu'il y a encore 10 ans.

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J'ai bien aimé l'écriture, j'ai trouvé de jolies phrases. J'ai aussi beaucoup aimé le regard bienveillant que l'autrice porte sur les autres femmes, surtout sur celles qui cachent encore leurs cheveux blancs.
Libre, Sophie Fontanel l'a toujours été. Mais ses cheveux blancs lui confèrent une liberté supplémentaire, car chacun en va de son petit commentaire à ce sujet, alors que faire ? accepter sans sourciller ? Ou répondre avec humour ? elle choisit la seconde option, ne cédant surtout pas à la pression d'une société qui voudrait que la femme aux cheveux blancs reste enfermée chez elle et ne se montre pas, parce qu'elle serait le symbole de la vieillesse, et au secours ! on ne veut surtout pas voir ça. A vrai dire, les hommes ne veulent surtout pas voir ça, car ça les renvoie à leur propre vieillesse. J'ai adoré ce passage où elle dit qu'un homme qui lui demandait son âge (50 ans) avait ajouté le sien à celui-ci, faisant une somme de 100 ans. Alors que si il demandait la même chose à une jeune femme (25 ans), il ôterait 25 ans à son âge, faisant ainsi une soustraction qui le rassurerait sur sa virilité.

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Un bon livre. Il peut peut-être révolutionner les choses auprès de certaines femmes, grâce à cette démarche. C'est vrai qu'il faut être curieuse, plutôt que courageuse, pour oser laisser ses cheveux au naturel.
J'enlève quelques points, parce que je n'avais pas spécialement envie de connaître la sexualité de Sophie Fontanel et puis parce qu'elle évolue dans un milieu très aisé, où on voyage tous les 4 matins. (Good for you hein, mais bon ça fait un peu étalage de richesse).

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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