jeudi 23 mai 2019

We are young, Cat Clarke

Quatrième de couv' : Ça commence par un mariage. Et un accident de voiture.

Le soir même où la mère d’Evan épouse « Breakfast Tim », présentateur vedette de la radio locale, le tout nouveau demi-frère d’Evan, Lewis, est retrouvé inconscient et grièvement blessé. Il est l’unique rescapé d’un terrible accident de voiture.
Une tempête médiatique se déchaîne alors et tous les doigts accusateurs sont pointés sur Lewis, jeune toxico solitaire. Tout le monde semble penser que l’accident est lié à une affaire de drogue, mais Evan n’y croit pas une seconde. Aidée par son père journaliste, Harry, elle se met en tête de découvrir ce qui s’est véritablement passé le soir de l’accident.
À mesure qu’Evan creuse dans la vie des trois adolescents morts dans le crash, elle va lever le voile sur des vérités dérangeantes et sur un secret qui menace d’anéantir sa famille… ainsi que l’ensemble de la communauté.
À la fois fascinant et cru, déchirant et plein d’espoir, le nouveau Cat Clarke vous hantera longtemps après que vous l’avez refermé…


Mon avis : J'ai eu ce roman en épreuves non corrigées en février quelques semaines après sa sortie. Mais je n'étais pas hyper emballée à l'idée de le lire. Bizarrement, une fois commencé j'ai eu très envie de le lire dimanche dernier, mais une fois le travail repris, je l'ai laissé de côté, et je me suis forcée à le finir aujourd'hui. Le résumé de la maison d'édition est un peu excessif, dans le sens où selon moi les choses ne sont pas proposées ainsi, d'où (entre autres) ma déception.

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Je ne crois pas avoir déjà lu des livres de Cat Clarke, même si je sais que cette autrice a beaucoup de succès. Cette histoire est très sombre et son personnage principal, Evan, est quelqu'un d'assez pessimiste, qui a tendance à se dénigrer et à voir la vie en noir. A force j'ai trouvé que c'était très lourd comme ambiance, on est dans sa tête, on la suit tout du long et pfff ras le bol quoi ! Surtout qu'aucun autre personnage n'est positif dans cette histoire.

Donc : Evan assiste au mariage de sa mère et de son nouveau compagnon Tim, quand le mariage est interrompu par une nouvelle extérieure : le fils de Tim est hospitalisé suite à un accident de voiture.
A partir de là, Evan va souhaiter comprendre ce qu'il s'est passé, puisque les 3 autres adolescents présents dans la voiture sont décédés, tandis que Lewis est plongé dans le coma.
Evan va essayer de faire la lumière sur cette histoire, en comptant sur l'aide de son père avec qui elle était en mauvais termes depuis 3 ans.

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J'ai bien aimé la relation qu'Evan a avec ses parents. C'est peut-être l'élément le plus positif de cette histoire. L'évolution de la relation avec son père est super bien amenée. J'ai bien aimé aussi comment sa mère réagit face à une certaine situation vers la fin du livre.

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En revanche je n'ai pas trop apprécié l'arc narratif sur l'amitié d'Evan avec ses deux ex. La jeune fille est sortie avec Daze ainsi qu'avec Sid, ce qui rend leur amitié un peu étrange de mon point de vue. Eux trois forment un groupe dans lequel Evan chante. En fait, j'ai trouvé assez particulier qu'elle soit amie avec eux, et qu'eux soient amis aussi. Autant j'ai bien aimé que la bisexualité soit abordée de façon naturelle et détachée, autant le fait d'être amie avec ses ex, ça m'a paru utopique.
Et puis le fait qu'ils ne se parlent plus pour une raison aussi bête que celle qui est proposée par l'autrice, j'ai trouvé que c'était juste ridicule et que ça n'apportait rien à l'histoire.

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Le résumé évoque une tempête médiatique concernant l'accident, or ce n'est pas le cas. La police n'intervient pas (enfin on connaît quelques résultats de son enquête), on consacre quelques pages aux médias, qui ne sont pas hyper bien informés.
Et le père d'Evan, qui est journaliste, ne peut pas publier d'histoire sur cet accident, tant qu'il n'aura pas découvert ce qu'il s'est passé et une fois qu'il sait, il ne veut plus publier de papier dessus, donc bon, pour la "tempête médiatique" on repassera.

En réalité on suit surtout Evan qui est déterminée à savoir ce qu'il s'est passé, bien qu'elle ne connaissait pas les ados morts dans l'accident, hormis Lewis. A partir de là, je trouve sa quête un peu surprenante. Pourquoi elle ne lâche pas l'affaire alors qu'elle n'avait aucun lien avec les personnes décédées ? Pour moi ça ne se tient pas vraiment, c'est même de la curiosité morbide je trouve.

J'aurais préféré suivre une enquête du point de vue d'un policier par exemple, ou même d'Harry, le père d'Evan qui est plus légitime à enquêter qu'Evan.

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Enfin, je n'ai pas vraiment pris de plaisir à la lecture de ce livre. Ça avait un petit côté addictif, mais quand j'y repense, j'ai trouvé cette histoire sombre, triste et déprimante. Même si ça met en lumière le mal-être adolescent, je crois que ça aurait pu être fait de façon différente que sous la forme d'une enquête menée par quelqu'un qui n'a rien à voir avec tout ça.
Même si les thématiques abordées sont importantes, ce livre n'était pas fait pour moi.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 19 mai 2019

Et vous avez eu beau temps ? Philippe Delerm

Quatrième de couv' : "Et vous n'entendez pas les trains ?" demande-t-on à ce couple qui vient d'emménager près de la gare. "J'dis ça, j'dis rien." conclut-on quand on n'en pense pas moins. Perfides, les petites phrases que Philippe Delerm est allé glaner le sont assurément. Mais souvent aussi mélancoliques, comme lorsqu'on coupe un moment émouvant par un pudique : "Tais-toi, tu vas dire des bêtises..."

Spectateur de la comédie humaine, à la ville comme au village, Delerm laisse éclater son talent et sa drôlerie dans ce livre qui compte certainement parmi ses meilleurs.


Mon avis : Je me procure souvent les livres de Philippe Delerm dans sa collection Le goût des mots chez Points, alors quand il est sorti, avec sa jolie couverture, je n'ai pas pu m'empêcher de l'acheter, tout en sachant que je le lirai vite et facilement.

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Certaines petites phrases et leurs explications par l'auteur m'ont fait sourire, tandis que d'autres m'ont à peine effleurée. Je n'utilise que peu de phrases expliquées dans ce livre, mais j'aime bien la façon dont il les décortique, pour mettre en lumière ce que ça signifie, alors que souvent on les utilise juste comme ça, pour parler, histoire de...

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Si je ne mets pas une note plus élevée c'est parce que je ne me suis pas tellement retrouvée dans ce recueil. Même si il m'a plu par la qualité de ses explications.
Cela dit, j'ai eu l'impression que Philippe Delerm se forçait parfois à décortiquer certaines phrases. D'autres, dont les explications lui viennent très naturellement sont fluides et drôles.
En bref, j'aime bien ces "explications de texte", tout à fait accessibles et qui nous permettent de nous remettre en question sur les phrases-bateau qu'on utilise un peu trop facilement dans la vie quotidienne.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

La Belle et l'Oiseau, Ken Follett

Quatrième de couv' : Il était une fois, il y a fort longtemps, un sultan qui avait quatre-vingt-dix-neuf femmes. Mais, sitôt le mariage prononcé, sa dernière épouse, la jeune et belle Katerina, commence à s’ennuyer : enfermée au sérail, elle rêve de rencontrer l’amour, le vrai…
Un conte tendrement décalé de Ken Follett enfin disponible en français.


Mon avis : On a reçu ce livre en quantité au magasin, et je suis tombée dessus parmi les SP qui nous sont envoyés. J'ai commencé à le lire sur ma pause dèj' pour le finir un peu plus tard dans la journée.

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Quelle déception ! 
Je m'attendais à tellement mieux de la part de cet auteur. Dans ce livre, il nous propose un conte oriental, dans lequel un jeune guitariste tombe amoureux de la 99è femme d'un sultan, qui a interdit à tous les hommes de son sultanat de poser le regard sur l'une de ses femmes. 
Le guitariste, tellement amoureux, trouve un moyen de revoir la jeune femme en se transformant en oiseau. Jusqu'au moment où il est démasqué. 

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Autant l'histoire est fidèle aux contes traditionnels, autant certains passages m'ont fait lever les yeux au ciel. Notamment un passage où le sultan veut donner une fête avec de la musique et un "DJ", sa première femme lui répond alors : "Mais nous vivons dans les temps anciens, les cassettes, les vinyles, les CD et les mp3 n'ont pas encore été inventés..." Je n'ai absolument pas compris pourquoi il insérait des passages modernes dans un conte comme le sien. Pour moi ça n'a pas de sens, et ce n'est pas drôle. Tu ne peux que proposer un conte traditionnel, dans la forme et le fond. Les passages évoquant la modernité de notre époque n'ont rien à y faire... Bref, ça m'a tout d'abord surprise, mais surtout déçue. 

Autre déception : le déroulement de l'histoire est hyper simple, au point que c'en est assez affligeant. Je m'attendais à plus de rebondissements, à une histoire plus élaborée. 

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Après, si on conçoit que cette histoire est destinée à des enfants de 6-7 ans (car c'est très facile à lire, il y a peu de texte et beaucoup de dessins, très jolis au demeurant), ça peut tout à fait leur convenir. 
Mais en tout cas pour moi ça ne l'a pas fait, je n'aime pas le mélange des genres dans les contes orientaux, car j'y cherche un moyen de m'évader et de rêver, pas de retrouver des éléments de mon époque.  

4/10

lundi 13 mai 2019

The wicked deep, Shea Ernshaw

Quatrième de couv' : C’est une histoire de vengeance... Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Une fiction d’une force envoûtante aux frontières de la sorcellerie et de la magie. Êtes-vous prêts à rencontrer les Swan Sisters ?


Mon avis : Vous vous doutez que c'est la couverture qui m'a attirée ? Bon et puis cette histoire de malédiction, avec des femmes qu'on prend pour des sorcières, ça m'a tout de suite donné envie de le lire. Comme pour beaucoup cette année, j'ai envie de lire des livres sur les sorcières. Cliché ? Oui.

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Le résumé est plutôt bien fait par la maison d'édition et surtout il n'en dit pas trop. L'autrice lève peu à peu le voile sur plein de mystères. Il y'en a pas mal que j'avais devinés avant qu'ils ne soient révélés, mais j'ai beaucoup aimé cette alternance de choses qu'on sait parce que la malédiction nous est expliquée dès le départ, et de choses qu'on devine peu à peu, notamment sur les intentions des personnages.

⚓️💨🌊

Si au début j'ai été plutôt prise dans le roman, j'y ai néanmoins trouvé pas mal de longueurs, de ralentissements (les passages sur l'île) et de répétitions dans les explications.
On trouve aussi des facilités scénaristiques à l'américaine comme on en a l'habitude avec les romans pour ados.
Ça manquait un peu de rythme par moment et c'est dommage. D'autant plus que l'histoire se transforme en une romance trop rapide entre deux personnages... et j'avoue ne pas avoir apprécié cette histoire d'amour qui arrive avec trop de force, trop de "je ne pourrais plus jamais vivre sans toi !". Certains passages étaient même limite érotiques et gênants.

⚓️💨🌊

Mais j'ai adoré le côté malédiction, et j'ai totalement adhéré à cette intervention du fantastique dans l'histoire.
J'aurais pu être sceptique, comme l'un des personnages au début, qui très terre à terre, se demande si il n'y a pas là une explication logique que la police n'a pas encore trouvée.
Finalement, c'est en croyant à cette malédiction, comme les habitants de Sparrow, la ville à qui il arrive tous ces malheurs depuis 200 ans, qu'on peut apprécier l'histoire.

J'ai d'ailleurs beaucoup aimé les passages où on se retrouve dans le passé, découvrant les Swan Sisters de leur vivant. Je les ai trouvées très fortes et déterminées pour leur jeune âge. Cependant c'est leur indépendance et leur pouvoir de séduction qui feront peur aux habitants du village.

J'ai aussi aimé l'ambiance qui se dégage de Sparrow : un port rempli d'épaves, une petite île avec un phare, sur laquelle vivent Penny et sa mère, et puis son lot de tempêtes, de pluies, d'embruns, l'air froid qui s'insinue partout même en juin. On n'est clairement pas en Californie, baignée de soleil, mais dans l'Oregon où il pleut sans cesse.
Et il y a tous ces mystères qui collent à l'ambiance : comment a disparu le père de Penny ? Pourquoi les Swan Sisters se vengent-elles ?

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J'ai bien aimé ce livre, même si il comporte des défauts. J'aurais aimé un côté féministe à cette histoire, malheureusement l'autrice n'apporte rien de tel, même à travers les Swan Sisters, qui rejetaient les conventions sociales de leur époque de leur vivant, et qui deviennent des meurtrières dans leur mort.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 9 mai 2019

Miroir, Mélissa Bellevigne

Quatrième de couv' : Qui est vraiment Judy Desforêt  ? Une jeune femme assiégée par la paranoïa et des hallucinations telles qu’elle en a perdu la raison jusqu’à vouloir se tuer ? Est-elle victime d'un vaste complot ou bien une manipulatrice au discernement hors pair ?
Qu’est-ce qui a pu pousser Lisa, psychiatre renommée, à baisser sa garde face à cette patiente délirante  ? Aurait-elle manqué d’objectivité et de professionnalisme ? Lisa n'a plus aucune certitude sur ses conclusions.
Apparaît subitement à Viryez un certain Alwyn Andrews. Il ressemble en tout point à l’ami imaginaire qu'a décrit Judy. Le jeune homme dit la connaître, être amoureux d’elle, vouloir la revoir… Mais de nombreux doutes planent à son sujet, faisant de lui un suspect idéal.


Mon avis : Je venais de finir le premier tome, me demandant si j'allais m'acheter et lire la suite, et puis j'ai décidé de poursuivre avec le second tome, pour ne rien perdre des révélations du premier livre.

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Au départ, en commençant ce second tome je me suis dit "mais qu'est-ce qu'elle nous fait ? pourquoi ça ne ressemble pas au premier tome ?" Je ne comprenais pas grand chose, c'était complètement déroutant, remettant en doute tout ce que j'avais lu dans le premier tome.

Mais le thème du miroir me faisait penser qu'on avait complètement sauté dans une autre version de l'histoire, et c'est ce qui se passe. Dans ce second tome, on a le point de vue d'Alwyn de manière continue, puis celui de Lisa, la psychiatre. Et beaucoup moins celui de Judy.

J'ai vraiment préféré ce tome, car il mettait plus en avant le travail de Lisa. Il nous permet aussi de mieux la comprendre, de la trouver plus humaine, même si je trouve qu'elle n'est jamais à la hauteur de sa réputation professionnelle.
Et on comprend aussi mieux Judy...

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Par contre je n'ai toujours pas aimé le style, qui reste plein de lourdeurs et surtout de répétitions.
J'ai dé-test-té le chapitre "Saigner, Encore" dans lequel l'autrice a placé des bouts de chansons de Kyo (j'ai la chanson dans la tête depuis 2h).
Cet épilogue, vraiment, ce n'était pas nécessaire de tout gâcher.
Je n'ai toujours pas aimé Lisa, bien qu'elle se rattrape, en comprenant qu'elle n'était pas faite pour être mère, ou en tout cas, pas de cette manière. Cependant sa façon de gâcher tous les progrès faits par Judy, juste parce qu'elle n'a pas réfléchi aux conséquences, ce n'est vraiment pas professionnel.

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Avec ce second tome, j'ai surtout aimé avoir la réponse à la plupart de mes questions. Une, néanmoins, reste en suspens : comment Judy a pu se rendre à Londres et quel était son but à ce moment-là ?
En revanche, je pense qu'il faut vraiment lire les deux livres à la suite, au risque d'oublier trop de détails.
En somme, un bon second tome, qui s'avère être meilleur que le premier, peut-être parce qu'il s'ancre plus dans le réel (si on excepte l'épilogue).

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 8 mai 2019

Paranoia, Melissa Bellevigne

Quatrième de couv' : Lisa Hernest, psychiatre spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent . Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, vingt ans, enceinte de cinq mois, internée pour paranoïa et hallucinations. Dès leur première entrevue, la jeune femme fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions. Entretien après entretien, Judy lui livre en effet une curieuse histoire, mêlant sa quête des racines familiales en Angleterre et la présence invisible d’un certain Alwyn, cet homme qui la suit comme son ombre depuis toujours. Progressivement, Lisa, l’experte en âmes fragiles, sent ses moyens lui échapper et Judy la déstabiliser. À mesure que les mois passent et que la date de l’accouchement approche, la vérité paraît s’éloigner.


Mon avis : J'avais pris ce livre en Janvier parmi les gratuits qu'on nous proposait au boulot. Je l'avais aussi dans mon rayon, donc je m'étais dit que ce serait l'occasion de le lire, afin de pouvoir le conseiller.
Cependant je n'étais pas hyper emballée à l'idée de le lire, parce que j'en avais entendu un ou deux avis négatifs à l'époque où il était sorti en grand format. Mais il était isolé sur mes listes de livre et il était court, donc il fallait le sortir de ma PAL.

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L'histoire est un sacré mélange de genres : on a du fantastique, de la romance et un côté thriller qui va nous tenir en haleine. On suit deux personnages : Lisa Hernest, une psychiatre qui s'occupe de cas difficiles, et Judy, une jeune fille enceinte de 20 ans, qui a toujours été considérée comme "folle" parce qu'elle a toujours eu un ami imaginaire. Elle se trouve en hôpital psychiatrique et est suivie par Lisa, qui va tenter de la faire parler, afin de comprendre ce qui a amené Judy là, suite à une agression.

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Alors ! J'ai plutôt aimé cette histoire, l'intrigue était intéressante et bien ficelée. Elle nous emmène quelques mois plus tôt à la campagne, à l'époque actuelle à l'HP, et à Londres quelques mois avant. On vit donc différentes époques, présentant chacune son lot de rebondissements.

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Ce que je n'ai pas aimé dans ce livre ce sont les images, les références qui sont faites à la pop culture : par exemple l'arrière grand-mère de Judy lui offre une boîte à musique avec un pendentif en forme de clé, est-ce que ça ne vous rappellerait pas le film Anastasia par hasard ?
Au début du roman il y avait plein de références (le nom de Mme Du Maurier par exemple) qui en appelaient à notre mémoire collective et ça m'a quelque peu agacée que l'autrice ait besoin d'utiliser ce procédé pour rendre son histoire intéressante.

Je n'ai pas non plus aimé le style, que j'ai trouvé trop recherché. De plus on est censé suivre deux personnages et elles ont exactement la même "voix", elles s'expriment toutes les deux de la même manière avec du vocabulaire riche et des figures de style.
En fait je sentais trop l'effort d'écriture que l'autrice faisait pour nous présenter un bon roman. C'était trop scolaire, avec plein d'adjectifs et d'adverbes superflus. Or ce que j'en attendais, ce n'était pas une écriture super chiadée, mais juste un style simple et une intrigue qui m'emporte !

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Sinon, Judy est considérée comme "folle" par son entourage et elle-même croit à cette affirmation, sous prétexte qu'elle est la seule à voir un homme, Alwyn, qui la suit à la trace depuis sa petite enfance. A cause de ce personnage, elle se sent malheureuse et rejette la faute sur lui, pour son comportement destructeur à elle. J'ai trouvé qu'elle se posait constamment en victime, voulait toujours prouver à quel point elle était différente et souffrait. Honnêtement, ça m'a dérangée, parce que ok, elle est la seule à le voir, mais ce n'est pas pour autant qu'elle doit en faire une faiblesse et s'empêcher de vivre sa propre vie.

Aussi : sa façon de tomber amoureuse. La romance arrive du jour au lendemain, juste parce qu'elle comprend que le garçon l'aime. Et ça m'agace de trouver ça dans un roman ado : ce n'est pas parce que quelqu'un vous aime, que vous devez absolument en tomber amoureuse, l'amour ça ne marche pas comme ça, et ça se développe au fil du temps en plus. Cette intrigue amoureuse est bien trop niaise pour moi. Dommage.

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Ah oui et j'ajouterais que le comportement de la psychiatre est franchement dérangeant : elle est obsédée par la grossesse, le fait de ne pas pouvoir avoir d'enfants. Comme par hasard, Judy est enceinte et ne veut pas de ce bébé. On sent venir l'adoption ! Sérieusement, j'ai trouvé ça très bizarre qu'une personne censée être neutre et objective, se laisse tant entachée par son propre désir d'enfant, au point de ne pas vouloir lâcher sa patiente, jusqu'à ce qu'elle accouche.
Son attitude à elle m'a parue bien plus malsaine et bizarre que la pseudo-folie de Judy. Je n'ai pas du tout aimé ce personnage, ses problèmes de couple m'ont agacée, et je la trouve assez peu réfléchie pour une personne faisant un métier en rapport avec l'humain et sa psychologie.

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Au delà de tout ça, j'ai bien accroché à cette histoire. J'ai vraiment été prise dans le rythme (haletant) et dans l'intrigue (complexe mais bien expliquée). J'ai bien aimé suivre Judy et Alwyn dans leur quête d'identité, j'ai aimé la façon dont ils levaient le voile l'un et l'autre dessus. Même si au départ j'ai trouvé que c'était évident, finalement l'autrice a construit un passé familial plus complexe que ce à quoi je m'attendais et c'était franchement bien.
J'ai bien aimé le côté fantastique de ce roman, avec ce personnage que Judy est la seule à voir. Je ne pensais pas que ça me plairait, mais c'est bien amené et j'ai eu envie d'y croire.

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Donc selon moi, une bonne intrigue, un bon rythme, mais une quantité de choses qui m'ont fait lever les yeux au ciel. Je me suis achetée le second tome, je l'ai commencé immédiatement, parce que je ne veux pas laisser trop de temps entre mes lectures de ces 2 tomes, afin de rester dans l'ambiance.

6/10

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dimanche 5 mai 2019

Moxie, Jennifer Mathieu

Quatrième de couv' : Moxie : désigne le caractère audacieux d'une personne prête à défendre ses convictions envers et contre tous.

Vivian Carter, 16 ans, en a marre. Marre que l'équipe de foot de son lycée se croie tout permis. Marre qu'on impose des règles vestimentaires aux filles, mais jamais aux garçons. Marre du sexisme dans les couloirs du bahut et des profs qui ferment les yeux. Plus que tout, Vivian en a marre qu'on lui dise qui elle doit être. Vivian Carter dit STOP.
Et si toutes les filles se rassemblaient pour qu'enfin sonne l'heure de la révolution ?
LES MOXIE GIRLS CONTRE-ATTAQUENT !


Mon avis : Ce livre m'a interpellée quand il est arrivé en librairie. Le truc c'est qu'il est arrivé à un moment où on a reçu plein de livres sur le féminisme, et ça m'a un peu agacée que ce sujet soit un thème à la mode (comme on a eu la mode des romans ados sur la maladie ou sur l'homosexualité). C'est très bien qu'on en parle, que ça ouvre les yeux à plein d'ados, mais le fait qu'on reçoive d'un coup 3-4 livres sur le sujet, ça me fait un peu grimacer.
Bon. Je travaillais le lundi de Pâques, mais comme on n'avait strictement rien à faire (et pas de chef pour nous surveiller), j'ai décidé de commencer 2-3 livres, et celui-ci m'a vraiment donné envie de le continuer. Au final je l'ai acheté à la fin de la semaine et je l'ai continué dès que possible.

♀︎✊🏻♀︎

Vivian en a marre que les mecs puissent faire ce qu'ils veulent dans leur lycée, tandis que les filles subissent leurs actes. Elle découvre les fanzines des Riot Grrrls (un mouvement punk féministe) que sa mère possédait dans les années 90. S'inspirant de ceux-ci, elle décide de créer son propre fanzine, après que Lucy, la nouvelle élève de son cours d'histoire, se soit fait allumer par Mitchell Wilson, le fils du proviseur sous prétexte qu'elle devrait "retourner à la cuisine faire la vaisselle". Tout part de là.

La gentille petite Vivian, qui a toujours été posée et sage, commence à se révolter. Autour d'elle, ce sont de nombreuses filles qui vont adhérer au mouvement Moxie, qu'elle créé en secret.
Tout au long de l'année, sous l'impulsion de Vivian, les filles du lycée d'East Rockport vont se soulever contre l'administration patriarcale, qui protège sans cesse les garçons des jeux débiles qu'ils inventent pour montrer leur supériorité.

♀︎✊🏻♀︎

Alors ! pour quelqu'un qui a déjà des notions de féminisme, ce livre est un poil trop pédagogique : on voit les ficelles utilisées par l'autrice, qui nous propose des exemples de situation qui donnent lieu à des révoltes féministes. On nous décrit surtout du sexisme visible. Disons que les cas mentionnés sont des actions volontairement blessantes et humiliantes envers les femmes. Qu'en est-il du sexisme intégré, plus insidieux ? On le trouve un peu avec le personnage de Seth, qui ne comprend pas toujours les positions de Vivian... Bien qu'il soit un garçon attentionné et à l'écoute, il n'a pas encore déconstruit certains mécanismes de pensée sexistes.

Je pense que ça peut être adapté pour des jeunes filles qui sentent les différences de traitement entre elles et les garçons de leur collège ou lycée, et qui n'arrivent pas à exprimer leur ressenti face à ça. Il faut leur dire que ce n'est pas normal, que ce qu'elles vivent n'est pas une situation agréable et qu'elles ont le droit d'être en colère contre ça.

De plus Vivian vit son changement de perception très progressivement, tout au long du roman. Ses passages à l'acte n'arrivent pas d'un coup, et ça semble très crédible. Même quand elle lance grâce à son fanzine une action, elle doute jusqu'au dernier moment si elle sera capable de la faire. Finalement c'est souvent parce qu'elles sont plusieurs à se lancer que l'engouement se créé.

♀︎✊🏻♀︎

Au delà de ce côté pédagogique de l'histoire, j'ai trouvé que c'était une lecture agréable car le rythme est bien maîtrisé. On a des ellipses narratives qui nous permettent d'avancer vite dans l'année de 1ère de Vivian.
On découvre aussi son cadre familial (mère célibataire, grands-parents très présents), ainsi que le contexte géographique où elle réside : une petite ville du Texas, où la population ne vit que pour les compétitions de football américain.
Par ailleurs, il y a une petite romance très mignonne et soft (c'est ultra chaste) entre Vivian et un garçon de son lycée.
Et enfin la sororité est la notion la plus importante de ce roman : les filles seules dans leur coin vont peu à peu se rassembler pour former un groupe qui lutte contre les inégalités qui leur sont faites. Contre toute attente, ce sont des filles de tous groupes qui se rassemblent, car elles ont toutes subies dans leur lycée, du harcèlement ou des propos/actes sexistes.

♀︎✊🏻♀︎

Avec ce roman, on oscille entre la révolte féministe et la douceur d'une histoire tendre.
Si on exclut toutes les situations qui donnent lieu à la révolte des jeunes filles, il ne se passe rien de dramatique (pas de morts, pas de maladie, pas de rupture douloureuse), l'ambiance est tranquille, on n'est jamais dans l'extrême, c'est donc une lecture agréable et très intéressante. Je me suis sentie bien dans cette histoire, qui devrait trouver sa place dans les mains des ado.

8/10

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