dimanche 21 octobre 2018

Dans la nuit de New York, Anna Woltz

Quatrième de couv' : Je m'appelle Emilia December De Wit. J'ai quatorze ans. Je viens de tout perdre.

Est-ce que l'histoire pourrie qui circule sur Internet parle de la vraie moi ? Mon histoire, ma vraie histoire, où est-elle ? Je suis la seule au monde à savoir ce que je m'apprête à faire, si j'en ai le cran, ce qui n'est pas gagné.

Six mille kilomètres plus tard. L'air est glacial. New York est en fête. Je marche dans les rues. J'ai repéré le commissariat de police et me suis dirigée dans le sens opposé. Je suis libre.


Mon avis : Je n'avais pas prévu d'acheter ce livre, je n'en avais même jamais entendu parler avant de le voir dans ma librairie jeunesse habituelle.
Il avait l'air original et intrigant. Le résumé est très succinct et heureusement révèle assez peu l'histoire. Du coup je ne vais pas me lancer dans des spoilers qui vous gâcheraient le plaisir de la découverte.

✈️🚖🏙

Emilia est hollandaise, mais un événement a bouleversé sa vie et elle décide de partir à New York. Elle n'a que 14 ans mais elle est déterminée à s'éloigner de son milieu familial qui lui apparait alors nocif. Arrivée à New York, tout ne se déroule pas comme elle l'avait imaginé.
C'est à la fois une aventure et des rencontres qu'elle va vivre. 4 jeunes paumés qui vont trouver refuge ensemble. Ils sont si jeunes mais ont déjà vécu leur lot de problèmes qu'ils ont dû apprendre à gérer. Ils sont tous très matures pour leur âge, sauf Abby qui a 9 ans, et représente plutôt bien son âge.

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Le début du livre est très intrigant, on ne sait pas vraiment ce qu'Emilia fuit, on ne connaît pas les raisons qui la poussent à couper son téléphone et les réseaux sociaux. Puis les raisons se dessinent et on réalise l'impact que cela a eu sur cette jeune fille qui a tant de mal à gérer ses angoisses.

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J'ai vraiment aimé les différents personnages et leurs histoires, ils vont complètement à l'encontre de l'image qu'on pourrait avoir d'eux. Ce roman rassemble peu de clichés et c'est très bien ! 

Seul bémol : la durée du manque d'électricité. J'ai eu l'impression que ça durait bien trop longtemps et que les journées se ressemblaient beaucoup. C'était presque aussi long que pour les personnages. 

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Ce n'est peut-être pas une histoire dont je me souviendrais longtemps mais en tout cas c'est bien écrit, l'intrigue est originale et on ne tombe pas dans un pathos extrême comme on peut le lire dans certains romans pour adolescents.
Même si j'ai mis une semaine à lire ce roman (parce que j'ai repris le travail et que j'ai du mal à trouver du temps pour lire ou même en avoir envie), c'est une histoire que j'ai pris plaisir à lire et qui était à la hauteur de mes attentes.

8/10

lundi 15 octobre 2018

Mates, Dates & Chocolate Cheats, by Cathy Hopkins


Quatrième de couv' : Izzie has always been "curvy", but since Christmas, she has gained eight pounds, and nothing seems to fit any more ! In an attempt to lose weight, Izzie tries everything - one diet after another, a punishing exercise programme and every bit of conflicting advice anyone can give her.


Her constant worrying about her weight causes her to lose her confidence, and she stops appreciating the things in her life that are special - her supportive friends, the fact that she has been selected for a TV teen panel and the cute boy at the studio who seems to appreciate her just the way she is.


Mon avis : Dixième tome, on approche de la fin ! Comme d'habitude il m'a fallu 2 jours pour lire ce livre de 167 pages en anglais.

La thématique de celui-ci se dessine très nettement : il s'agit de la prise de poids et des régimes. Dans ce tome, Izzie/Lizzie revient du séjour en Italie (qu'on a découvert dans le tome précédent) et réalise qu'elle a pris du poids depuis Noël. Si tout son entourage l'assure que ça ne se voit pas, Izzie est persuadée qu'elle ressemble à une baleine et décide de se priver en mangeant selon différents types de régime. Très vite, elle s'aperçoit que c'est un casse-tête sans fin. Puis elle découvre les boissons qui font office de repas, mais celles-ci apportent leur lot d'inconvénients (l'estomac qui crie famine, les flatulences, le manque de concentration). Bref, ses amies et sa mère lui proposent de faire une activité physique, elle va alors tester chaque soir un nouveau cours de sport. Avant finalement de rejoindre un groupe dans lequel on se donne des conseils afin de perdre du poids sur le long terme.

Ce tome manque de légèreté. Le sujet est important, mais Izzie est absolument obsédée par l'idée de perdre du poids rapidement. Rien n'existe plus dans sa vie et nous la suivons durant ces quelques semaines où Izzie n'a plus que son rapport à son corps qui compte. J'ai trouvé que c'était trop lourd. Je vois très bien que l'autrice a voulu montrer ce qu'une jeune fille peut faire dans ce cas, cependant j'aurais aimé qu'on ait d'autres sujets. Il y a juste un petit passage de romance au début et à la fin du roman, mais c'est assez frustrant car rien ne se passe et ce sont juste des déceptions de plus pour Izzie.

La fin de chaque chapitre se fait soit sur une chanson d'Izzie, soit sur une petite phrase amusante.


Un tome qui aborde une thématique bien spécifique mais qui manque du coup de légèreté. C'est dommage qu'on évolue uniquement dans la tête d'Izzie avec ce tome, parce qu'on ne sait pas grand chose de ses amies. Le côté amitié est trop peu présent. C'est une déception, mais j'imagine que le sujet intéressera d'autres personnes.

5/10

jeudi 4 octobre 2018

Aquarium, David Vann

Quatrième de couv' : Caitlin, douze ans, vit avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin, qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes les deux à cet homme.


Mon avis : Comme tout le monde cette année, j'ai craqué sur ce livre, le centième de la collection Totem chez Gallmeister. C'est fou comme la couverture joue un rôle important dans le choix d'un achat... en grand format ce roman ne m'attirait pas du tout, au point que j'avais laissé ma responsable de l'époque lire et conseiller ce livre, sans m'y intéresser. La couverture en poche est incroyablement belle.
Par contre j'avais un peu peur que ce soit de la même teneur que Sukkwan Island, un drame psychologique, et que ça me trouble complètement.

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Caitlin a 12 ans, elle est passionnée par les poissons et le monde sous-marin. Tous les jours après l'école, elle fonce à l'aquarium les observer. Elle les connaît par coeur.
Sa mère vient la chercher quand elle finit son boulot, vers 17h30. En attendant, Caitlin reste à l'aquarium, où un jour, elle fait la rencontre d'un vieux monsieur.

Je n'en dis pas plus. Je trouve déjà que le résumé de la quatrième de couverture est assez spoilant, du moins il laisse suffisamment d'indices pour comprendre certains liens.

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L'auteur traite une nouvelle fois des relations familiales, de l'impact laissé sur un enfant par un parent.
C'est assez dur, parce que le contexte de précarité est difficile et complexe, que ce soit dans le présent comme dans le passé, la situation de Caitlin et de sa mère est franchement triste.

🦀🐡🐠

J'ai eu du mal à m'attacher à Caitlin. Elle est assez pénible avec ses histoires de poisson. Ça n'intéresse personne dans son tout petit entourage, alors quand ce vieux monsieur fait mine de s'y intéresser, elle se laisse aller à discuter avec lui. La relation entre eux est particulièrement touchante. J'ai beaucoup aimé cette façon qu'avait Caitlin de vouloir le protéger.
Par moments Caitlin me donnait l'impression d'avoir moins de 12 ans, par ses réactions, sa façon de s'accrocher à sa mère au tout début, comme une enfant. Et à d'autres moments, notamment par la découverte de l'amour, je lui aurais facilement donné 15 ou 16 ans. Son personnage oscille vraiment entre la pré-puberté et la puberté +++ C'était assez bizarre.

Au début, présentée comme une maman combattive, qui mène sa vie de mère, de femme et de travailleuse, on sent Sheri dévouée et j'ai eu le sentiment de quelqu'un d'équilibré. Jusqu'au moment où tout bascule... où la rage contenue explose dans une déflagration puissante. Plus rien ne compte pour elle à part sa rancoeur.

Le vieux monsieur a tellement de choses à se faire pardonner qu'il en devient faible. Il accepte toutes les punitions, toutes les horreurs qu'on lui dit. Cette façon de se ratatiner parce qu'il a commis une erreur 20 ans plus tôt, ça m'a attristée. Il porte sa culpabilité sur son visage, c'est un véritable fardeau. Il ne m'a pas fait pitié, il m'a agacée, jusqu'au moment où il décide de ne plus se laisser marcher sur les pieds, de ne pas tout accepter.

Finalement le seul personnage équilibré est Steve, le nouveau compagnon de la mère, et je m'attendais à ce que lui aussi ait des failles insoupçonnées. Je pensais découvrir un truc sale sur lui, mais non, tant mieux ! Il est patient, et tente d'apaiser les situations quand il le peut.

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Le style d'écriture est fluide et simple.
Seul bémol : les dialogues ne sont pas introduits par des tirets ni des guillemets. C'est peut-être un choix du traducteur ? Ça donne une succession de phrases et on ne sait parfois plus qui parle ou si c'est de la narration ou du dialogue.
Aussi, je m’attendais à retrouver le point de vue de Caitlin adulte nous décrivant sa vie actuelle, vu que certains passages laissaient entendre qu’elle racontait ses souvenirs d'adolescence, avec le recul de l'adulte.

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Il y avait des passages très attendus, que j'ai vus venir de loin, qui allaient créer le drame.
Et puis il y a eu ce passage dans la forêt avec cette histoire de bonhommes de neige qui courent, qui est complètement what the fuck. Alors certes, ça permet de créer la scène suivante qui est une scène importante du livre, mais je n'ai pas compris ce délire des deux jeunes filles qui s'enfuient en croyant être poursuivies par des bonhommes de neige, elles ont 12 ans bordel ! Elles ne sont pas si idiotes et naïves !

🦀🐡🐠

Malgré ce passage que je n'ai pas compris, ce roman traduit une atmosphère tellement dure et violente... Psychologiquement c'est parfois insoutenable, certaines scènes sont au-delà de l'imaginable, mais c'est très percutant.
Ce roman raconte des histoires de famille dans lesquelles on n'aimerait pas vivre. Il raconte des histoires de fuite, de peur, de maladie, d'obligation familiale. Est-on plus libre quand on n'a plus de famille ?
C'est étrange, en y repensant j'ai l'impression d'avoir été basculée de gauche à droite, par moments on savoure de beaux moments et juste après le drame arrive et nous projette loin. C'est d'une intensité rare, portée par une écriture toute simple. L'atmosphère créée y est sûrement pour quelque chose.
C'est une véritable expérience de lire un livre de David Vann, je vois mal comment cela pourrait laisser indifférent∙e.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 2 octobre 2018

Pome, Marie Desplechin

Quatrième de couv' : Les choses pourraient être simples pour Verte, désormais bien entourée. Bien sûr elles ne le seront pas. Car Soufi, son meilleur ami, déménage, et Gérard, son père tout neuf, a un père, lui aussi : Raymond, un ancien commissaire de police.
Verte pleure, Verte rit, Verte se sent seule.
Heureusement, une fille vient d'emménager avec sa mère dans le bâtiment B. C'est Pome. Verte se dit que c'est un nom parfait pour une alter ego, une future meilleure amie, une pareille en tout. En tout ? Même en sorcellerie ?


Mon avis : Sitôt acheté, sitôt lu !
Je suis toujours déçue de ne pas avoir trouvé le 3è tome hier, et de ne pas l'avoir pris en librairie quand il y était... Mais ça m'apprendra à jouer la prudence !
Le résumé de la maison d'édition n'est pas tout à fait vrai. Par exemple, Soufi ne déménage pas. Et le fait que Raymond ait été commissaire de police est franchement un fait qui n'a aucune importance dans le roman. Je sais vraiment pas pourquoi ça a été mis sur la quatrième de couverture...

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Ce tome m'a encore plus plu que le premier. Dans celui-ci, Verte est entourée de son père, chez qui elle va la moitié de la semaine, de son grand-père, Raymond, qui vit en face de chez son père et qu'elle voit donc tout le temps, de sa grand-mère, Anastabotte, qui continue à lui apprendre la sorcellerie le mercredi après-midi.
Il y a toujours Soufi, son meilleur ami, et surtout on découvre Pome, sa nouvelle amie, sorcière comme elle. Les personnages sont plus nombreux, mais peut-être encore plus développés. Grâce à leur voix, on sait une nouvelle fois ce qu'ils perçoivent d'une situation.

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Dans ce tome, Verte fait la rencontre de Pome, une autre petite sorcière, mais elle développe aussi sa relation avec son père et son grand-père, fraîchement débarqués dans sa vie. De petits événements en petits événements, ils vont en apprendre plus sur l'essence de Verte et deviner qui elle est.

🧙🏼‍♀️🔮🎆

Je crois que c'est en passe de devenir ma trilogie pour enfants préférée ! C'est tellement agréable à lire, c'est léger et original, tout en étant une lecture pleine de tendresse avec son aspect familial et amical. Les mamans sorcières n'ont pas la cote, mais ce n'est pas bien grave parce que les autres personnages sont charmants.
Je prends vraiment plaisir à découvrir ces livres, ce sont vraiment des petits bonbons à lire.

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 1 octobre 2018

Verte, Marie Desplechin

Quatrième de couv' : À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu'elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C'est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte. Puisqu'elles ont l'air de si bien s'entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu'ils dépassent les espérances d'Ursule. Un peu trop, peut-être.


Mon avis : Je vois ce livre dans toutes les librairies depuis toujours ! C'est vraiment le classique de Marie Desplechin.
Et comme je suis longue à la détente, je ne l'ai acheté que récemment. J'avais super envie de lire une histoire de sorcières, et je savais que ce livre parlait de ça.
Par contre, comme je ne savais pas si j'allais aimer, je n'ai pris que le premier tome (alors que les 3 étaient en rayon), du coup aujourd'hui j'ai foncé à la librairie pour prendre les deux autres, et ils n'avaient plus que Pome, le tome 2. J'étais un peu déçue.

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C'est l'histoire de Verte, du point de vue de 4 personnages. Verte est une petite fille de 11 ans, qui va découvrir ses pouvoirs de sorcière. Jusque là, sa mère s'inquiétait de ne pas la voir manifester le désir d'être sorcière. Après tout, Verte, son désir le plus cher c'est de pouvoir se marier un jour, et si possible avec Soufi, un garçon de sa classe. Alors quand elle se découvre des pouvoirs, elle est assez embêtée, parce que ça veut dire qu'elle ne pourra pas se marier (dixit sa mère). D'ailleurs dû à ça, Verte ne connaît pas son père et aimerait bien le rencontrer.

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C'est une jolie petite histoire, bien écrite, avec un style fluide et simple. C'est léger et divertissant. L'intrigue est sympathique, il y a des petits rebondissements et on prend plaisir à suivre la vie de Verte, selon quatre points de vue. Même si ça semble un peu répétitif, j'ai trouvé sympa d'avoir le point de vue de Verte, sa mère Ursule et sa grand-mère Anastabotte. La version plus originale est celle de Soufi à la fin.

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Les personnages sont originaux et ont tous un caractère propre à chacun. La mère de Verte est assez antipathique, j'ai trouvé que c'était la figure "mauvaise" de la mère. Heureusement sa grand-mère est beaucoup plus agréable et c'est avec elle qu'elle va apprendre à faire de la sorcellerie.
Quant à Soufi il est très sympa, bavard et adorable. J'ai bien aimé le découvrir plus à travers son point de vue, au début on le sent sur la défensive à l'égard de Verte.
Et Verte est une adorable petite fille, qui se prend quand même quelques piques (sa grand-mère lui dit qu'elle n'est pas très futée !).

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A travers ce roman sur la découverte des pouvoirs à 11 ans, c'est aussi de l'adolescence que parle l'autrice, et tous les changements qui arrivent à ce moment-là.
C'est une très bonne histoire, divertissante et agréable à lire.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur