samedi 29 septembre 2018

Cité 19, Livre 1. Ville Noire, Stéphane Michaka

Quatrième de couv' : Qui a précipité le père de Faustine du haut de la tour Saint-Jacques ?
Convoquée pour identifier son corps, la jeune fille ne le reconnaît pas. Et s'il était encore vivant, victime d'une machination ? Faustine se lance alors sur la piste d'un inquiétant personnage dans les sous-sols du métro et se trouve propulsée... 150 ans plus tôt.
C'est pour elle le début d'une série d'aventures aux confins de l'Histoire, de la science-fiction et du thriller.


Mon avis : Depuis sa sortie j'avais assez envie de lire ce livre, mais en même temps j'avais peur que ça ne me plaise pas, vu que ce n'est pas le genre de roman vers lequel j'ai l'habitude de me diriger.
Et puis il est sorti en poche cet été, du coup je me suis dit que je ne perdais rien à acheter au moins le premier tome.
Il était donc dans ma PAL depuis peu, mais je comptais l'en sortir rapidement. J'ai essayé de le commencer en août, mais ça ne passait pas, j'ai bien fait d'attendre d'être prête à le lire.

⏳❔🗝

C'est un roman hybride : il mêle aventure avec une héroïne téméraire, côté historique du XIXè siècle, policier (meurtres en série) et science-fiction (que je n'avais pas vue venir, sur le coup je me suis dit "non, non, fallait pas prendre cette direction" et puis finalement on s'habitue et c'est pas si mal).
Au début je pensais vraiment qu'on arrivait dans du fantastique : Faustine fait quand même un saut dans le temps de 150 ans, sans qu'on ne sache comment. Et finalement quelques réponses nous parviennent, il s'agit de science-fiction, mais je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

⏳❔🗝

Pour les petites déceptions :
- le père de Faustine semble être un sujet important d'après la quatrième de couverture. En réalité sa mort n'est qu'un prétexte, parce que finalement on n'en entend plus tellement parler dans la suite du roman.
- il en est de même pour les personnages avec qui l'héroïne a des problèmes. D'ailleurs je trouve bizarre qu'elle ne soit jamais inquiétée pour ses actes...
- l'écriture est parfois, surtout au début, assez faite de phrases clichées. Disons-le franchement, le début était mal écrit. Ça semblait manquer de style et puis finalement une fois l'intrigue lancée, le style est moins bateau, on trouve des phrases mieux construites, plus inédites.
- la capacité d'adaptation de Faustine. Projetée dans le XIXè siècle, elle se fait très vite au quotidien de l'époque. Elle comprend vite grâce à quel métier elle pourra enquêter sur des meurtres qui ont lieu et qui lui paraissent liés à celui de son père (au XXIè siècle). Ce n'est pas très réaliste par moments.
- Je ne me suis attachée à aucun personnage. Pas même à Faustine, à qui je ne parviens pas à m'identifier.

⏳❔🗝

Par contre j'ai bien aimé :
- les différentes intrigues (mais je ne veux pas spoiler donc chut !)
- le siècle dans lequel Faustine plonge : le XIXè siècle fait toujours un peu rêver et il est plutôt bien décrit par l'auteur.
- l'originalité du personnage de Faustine. C'est une fille très débrouillarde, indépendante, qui a appris à se battre (littéralement). Quand elle se retrouve au XIXè siècle, son caractère s'affirme encore et elle choisit de devenir homme pour pouvoir atteindre le poste qui lui plait et l'aidera à mener ses enquêtes.
- la fluidité du texte qui fait qu'on avance très, très vite dans cette lecture (400 pages lues en 2 jours sans voir le temps passer). C'est très rythmé, il y a tout le temps de nouveaux rebondissements. On ne suit pas que Faustine par ailleurs, mais de nombreux personnages. Les chapitres sont aussi très courts.

⏳❔🗝

C'est un livre à l'intrigue très originale, avec un personnage au fort caractère, qui vit des aventures au XIXè siècle. Des développements de science-fiction intéressants auxquels on trouvera des réponses dans le second tome (du moins je l'espère).
Il faut absolument lire le tome suivant, sinon ce premier livre nous laisse un goût de trop peu.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 27 septembre 2018

Fangirl, Rainbow Rowell

Quatrième de couv' :  Cath and Wren are identical twins and until recently they did absolutely everything together.
Now they’re off to university and Wren’s decided she doesn’t want to be one half of a pair any more – she wants to dance, meet boys, go to parties and let loose. It’s not so easy for Cath. She would rather bury herself in the fanfiction she writes where there's romance far more intense than anything she’s experienced in real life.

Now Cath has to decide whether she’s ready to open her heart to new people and new experiences, and she’s realizing that there’s more to learn about love than she ever thought possible . . .


Mon avis : Il m'a fallu du temps pour avoir envie de lire ce livre. Il est sorti début 2014, et Margaud Liseuse l'a présenté dans ses vidéos très souvent, disant que c'était un de ses livres préférés. Elle expliquait donc qu'une jeune fille, Cath écrivait une fanfiction à propos d'un personnage qui ressemble à Harry Potter.
Et ça ne m'intéressait pas trop. Je n'ai jamais lu ou écrit de fanfiction et je ne suis pas du tout une Potterhead. J'aime bien lire la saga mais pas au point d'en être dingue à acheter tous les goodies existants.
Bref, Fangirl ça ne m'attirait pas... Jusqu'à sa sortie en poche chez Castelmore. Je l'ai vu dans plusieurs librairies et j'hésitais à l'acheter. Il était dans ma wishlist Book Depository, alors je me suis dit que je pouvais tenter de le lire en anglais d'abord. Au final j'ai aussi acheté le poche en français parce qu'il y a des termes que je n'ai pas compris et parce que je me ferais un plaisir de le relire en français un jour ou l'autre. (Cette introduction est un peu longue, non ?)

💻💚📚

L'histoire est celle de Cather, 18 ans, qui entre à l'université. Elle a une soeur jumelle, Wren, qui a décidé de vivre dans un autre dortoir que Cath. C'est le début de l'indépendance pour les jumelles et Cath ne le vit pas très bien. Elle est très introvertie et elle a du mal à décrocher du monde de Simon Snow, une saga écrite par Gemma T. Leslie, une sorte d'Harry Potter. Elle rédige régulièrement des fanfictions sur internet et elle a une véritable audience qui suit chaque semaine l'avancée de son histoire.
Cath, un personnage très angoissé par les relations sociales, doit apprendre à s'adapter à son nouvel environnement : la fac, les cours d'écriture, sa coloc' Reagan et son ami Levi qui squatte constamment leur chambre.
En bref, on suit la première année de fac de Cath, avec ses drames, ses joies, ses peines, ses découvertes.

💻💚📚

L'écriture est fluide, on alterne entre dialogue et narration normale. Le style est agréable. Je ne me suis pas ennuyée durant ma lecture, même si on lit le quotidien universitaire d'une jeune fille très introvertie.
Ça se lit bien en anglais, même si je ne le recommanderais pas pour une première lecture en VO (de toute façon vu sa taille, ça en ferait fuir pas mal, 460 pages !)

💻💚📚

En revanche, il y a des points qui m'ont déplu :

- Le fait que pendant une très longue partie du roman on ne sache pas où est passée la mère des filles. Et quand enfin on le sait, on n'a que l'avis de Cath, qui est extrêmement partial. J'aurais adoré connaître le point de vue de la mère sur ses propres choix. Pareil l'avis de Wren sur ce sujet aurait été super à découvrir.

- Le fait qu'on découvre seulement au milieu du roman le prénom de leur père : elles l'appellent "Dad" jusqu'au moment où on découvre qu'il s'appelle "Arthur", pendant 30 secondes je me suis demandée qui était ce "Art".

- La figure du nice guy qu'est Levi. Je l'ai trouvé très sympathique et sociable au début, mais quand il commence à sortir avec Cath, cette représentation du mec gentil a commencé à m'agacer.
C'est très bien qu'il existe des mecs comme ça, mais je l'ai trouvé bien trop lisse et fade. Il ne s'énerve jamais contre elle, il ne lui rentre que rarement dedans, alors que parfois il aurait de bonnes raisons de s'irriter. Il met tout le temps ses besoins à lui entre parenthèses pour aller "la sauver" ou lui rendre service, ce côté "je fais tout pour toi, pour t'aider = je ne te laisserai pas être indépendante, tu ne pourras jamais te passer de moi, tu m'aimeras toujours" -> Malsain et dangereux.
Je ne dis pas qu'il aurait fallu un bad boy, mais juste un personnage avec plus d'aspérité, plus de caractère et pas juste un gentil toutou.

- Les très longs passages tirés de la fanfiction de Cath sur Simon Snow. Parfois Levi lui demande de lire des passages et vraiment ça m'a paru long ! Surtout qu'en tant que lecteurs on ne connait pas du tout le reste de l'histoire (même si ça ressemble énormément à Harry Potter).

Mais sur la fin, j'ai trouvé que ça s'essoufflait, surtout à cause de la romance entre Cath et Levi (parce que je n'aime pas le personnage de Levi) et parce que plusieurs aspects du roman n'ont aucun dénouement : qu'en est-il des rapports entre Wren, Cath et leur mère ? Leur père va-t-il mieux ? Vont-elles continuer la fac ? Cath et Levi vont-ils continuer à se voir malgré l'été et la distance ? Comment va évoluer leur relation ? 
On dirait que la fin est expédiée et c'est dommage. 

💻💚📚

Pour ce qui m'a plu : 
- L'univers créé par Rainbow Rowell : on a l'impression d'être sur le campus, de suivre les cours d'écriture de Cath, on l'imagine très bien à la bibliothèque ou dans sa chambre en train de travailler sur ses fanfictions. (Bon c'est vrai qu'on a l'impression qu'elle n'a pas d'autres cours que celui d'écriture... mais l'autrice ne s'embarrasse pas de nous raconter tous les cours de Cath). 

- Les thèmes : la difficulté de s'adapter à un environnement non-familier, les angoisses de Cath, le premier amour, la relation d'amitié avec quelqu'un de totalement différent, les relations familiales, etc. 

- Les personnages sont bien construits. 

  • Reagan est la coloc' grognon de Cath, elle a 3 ans de plus qu'elle, ne mâche pas ses mots, et même si on sent qu'elles ne s'entendent pas au début, leur relation va petit à petit changer et s'améliorer. 
  • Le père de Wren et Cath n'est pas un papa comme les autres. Il se lance à fond dans son boulot au point de tout oublier, il a une certaine fragilité qui le rend attendrissant.
  • Cath est un personnage qu'on voit peu en littérature jeunesse : elle est bourrée d'angoisses sociales (n'osant pas demander où se trouve le réfectoire, elle mange des barres protéinées pendant un mois !), elle ne se sort pas du tout, n'a aucune envie de se mêler aux élèves des fraternités ou sororités pour des soirées, et elle se lie très peu d'amitié avec les gens. Je crois que beaucoup de gens peuvent s'identifier à elle. Mais on peut aussi la trouver très chiante et pénible. 
  • Wren, quant à elle, est à l'opposé. Extravertie, elle se fait tout de suite une amie, sa coloc', avec qui elle va passer des soirées à boire et s'amuser, à profiter de sa première année à l'université. Elle est aussi plus tendre que Cath envers leur mère. Elle vit moins dans une bulle et elle se laisse plus de possibilités de découvrir les gens que Cath. 

Tous ces personnages évoluent au cours du roman. Cath va prendre de l'assurance (au point de devenir injuste envers sa mère, ou très niaise au contact de Levi), Wren va se rendre compte que son mode de vie est peut-être trop dans l'extrême. Et leur père va reconsidérer son rapport au travail. 
Tous vont vivre des événements tantôt tristes, tantôt dramatiques, qui vont les pousser à changer. 

- La façon dont les choses sont amenées : dans le monde de Rainbow Rowell, rien n'est jamais précipité. Tous les événements de ce roman m'ont semblé transposables dans la vraie vie.  
Sauf peut-être la romance entre Cath et Levi. Alors oui c'est amené très doucement, avec beaucoup de patience, c'est très mignon (parfois niais), mais je crois que ce sont surtout les doutes de Cath autour de la première fois qui m'ont paru exagérés, surtout à son âge et surtout vu ce qu'elle écrit dans sa fanfiction. De plus, elle n'arrête pas de vouloir "manger" le menton de Levi. (Pardon mais qui fait ça ? Ultra gênant) En tout cas ce sont des passages que j'ai moins aimés, car ils m'ont fait détester Cath pendant un temps. 

- Les courts passages de Simon Snow à chaque fin de chapitre. Parfois ce sont des passages tirés des livres de Gemma T. Leslie, parfois ils proviennent du site de fanfiction sur lequel Cath rédige ses textes. C'est assez sympa parce que ce sont de courts passages, et qu'ils n'apportent rien à l'histoire de Cath, mais qui suscitent l'envie de découvrir l'histoire de Simon Snow. 

💻💚📚

C'est une très bonne lecture divertissante, dès le début je me suis sentie plongée dans l'histoire et je m'y sentais bien, c'était très réconfortant, avec des personnages attachants. 
Cependant c'est un roman dont je n'ai pas apprécié certains aspects. 

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 22 septembre 2018

Agnès Grey, Anne Brontë

Quatrième de couv' : Élevée au sein d’une famille unie mais pauvre – qui n’est pas sans rappeler la fratrie Brontë -, Agnès Grey, 18 ans, fille d’un pasteur d’un village du nord de l’Angleterre, décide de tenter sa chance dans le monde en se faisant gouvernante. Trop discrète et inexpérimentée, elle est vite confrontée à la dure réalité dès son arrivée chez la famille Bloomfield.
Désarmée face à l’indiscipline des enfants gâtés dont elle a la garde, et à l’indifférence cruelle des adultes, elle est renvoyée au bout de quelques mois. Sans désemparer, et dans l’obligation de subvenir à ses besoins, elle trouve alors un emploi chez les Murray. Les jours passent, avec leur lot de monotonie et de difficultés, jusqu’à l’arrivée du nouveau pasteur, Mr Weston…

Chronique réaliste à la première personne, non dénuée de satire, Agnes Grey est largement inspiré de l’expérience de gouvernante d’Anne Brontë dans l’Angleterre provinciale de son siècle, tout comme Jane Eyre de sa soeur Charlotte.


Mon avis : En début d'année j'avais acheté ce roman, ne connaissant pas du tout les romans d'Anne Brontë (j'ai pourtant découvert ses 2 soeurs il y a une douzaine d'années).
L'histoire paraissait courte (276 pages) et intéressante.
Je le laissais dans ma PAL pour plus tard, et puis finalement voyant que dans ma liste d'achats de l'année il se retrouvait complètement isolé (j'avais lu tous les livres achetés avant et un peu après), j'ai eu envie de le sortir. D'autant plus que pour moi, l'arrivée de l'automne correspond beaucoup aux atmosphères anglo-saxonnes (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas !)

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Dans ce roman, une narratrice, Agnès Grey, s'adresse directement au lecteur. Un peu comme si elle rédigeait ses mémoires. En vérité, l'autrice, Anne Brontë, s'inspire de sa propre expérience de gouvernante pour écrire ce roman.

Agnès Grey raconte sa situation familiale au presbytère, avec son père qui a contracté des dettes et subit une longue maladie. Afin de devenir indépendante financièrement mais aussi pour aider sa famille, Agnès décide de devenir gouvernante, d'abord pour une famille avec de jeunes enfants absolument insupportables, ensuite dans une famille où elle doit instruire deux jeunes filles vaniteuses et légères. C'est lors de cette prise de poste qu'elle fera la rencontre d'un homme dont elle tombera amoureuse, mais lui, partagera-t-il ses sentiments ?

✦✧✦

J'ai adoré la modernité des sentiments décrits dans cette histoire : l'attente, les doutes, l'anxiété, le désespoir, liés au sentiment amoureux. C'est magistralement bien décrit et je me suis beaucoup retrouvée dans les doutes qu'Agnès éprouve. Il y a quelques passages qui m'ont plu (mais j'ai oublié de les noter...)

✦✧✦

Anne Brontë décrit si bien les hommes et les femmes qui constituent ce roman, c'est savoureux !
Les enfants cruels et tyranniques sont le triste reflet de leurs parents. J'avais tellement envie que le travail d'Agnès se déroule bien mais avec des enfants si atroces, cela semblait impossible. Ça m'a rappelée une histoire pour enfants que j'avais lue : "Miss Dashwood" de Gwenaële Barussaud, qui a dû s'inspirer du travail d'Anne Brontë, pour créer des petites personnes infernales.
Puis Agnès découvre la cruauté des jeunes filles qu'elle doit instruire, et qui arrivées à un certain âge, ne se préoccupent que de trouver un bon parti, quitte à briser des coeurs.

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Agnès Grey est en revanche un personnage tout en retenue, qui par sa position, est obligée de se contenir face à ses maîtresses. On la sent bouillir parfois, mais elle parvient toujours à garder ses émotions pour elle, attendant d'avoir un moment seule pour pleurer.
L'histoire la présente comme une femme bonne et pleine de sagesse, ce qui peut paraître agaçant. Cependant il faut se rappeler qu'elle a été élevée dans une famille aimante avec des valeurs et surtout, Dieu et la religion tiennent une place importante dans sa vie. Elle est responsable, sage, digne, et exigeante.

✦✧✦

Anne Brontë a un style riche, et j'ai eu du mal à lire vite. Il me fallait facilement 1h pour lire 40 pages. Je pense que c'est dû au style plutôt ancien, aux tournures de phrases un peu alambiquées et puis il y a assez peu de dialogues.
On sent une franchise, une simplicité des faits, une volonté de raconter le vrai dans ce roman.
C'est un peu lent, et parfois je me demandais si on allait avoir de nouveaux rebondissements. L'histoire prend son temps et la fin est un peu expédiée.

✦✧✦

Ce n'est pas un livre vers lequel je me jetais pour continuer ma lecture. Je crois que si je n'avais lu que ce livre, je me serais ennuyée, mais là j'alternais avec d'autres lectures (dont une en VO et une jeunesse).
Attention aussi à ne pas lire la préface avant l'histoire, au risque de vous spoiler.

✦✧✦

Une histoire qui m'a parlé tant la description des angoisses liées au sentiment amoureux est bien faite. En revanche des longueurs, un rythme assez lent et une fin trop rapide m'amènent à mettre une note correcte mais pas excellente.

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 17 septembre 2018

Positive, Paige Rawl

Quatrième de couv' : Paige Rawl est une adolescente rayonnante. Pom-pom girl, footballeuse, excellente élève, tout lui réussit.
Jusqu’au jour où elle révèle son secret à sa meilleure amie : sans être malade, elle est porteuse du virus du sida.
Dans les heures qui suivent, la vie de Paige bascule, et le harcèlement commence.
Ses camarades laissent des mots cruels dans son casier. Ils chuchotent sur son passage. Paige ne s’est jamais sentie aussi seule. Pour la première fois, elle ne sourit plus. Cela aurait pu être la fin de son histoire. Mais cela en était le début.


Mon avis : Encore une fois, c'est dans ma librairie jeunesse habituelle que j'ai trouvé ce livre. Au début j'ai hésité à le prendre, parce qu'un livre sur une personne séropositive... c'est vraiment pas le genre de sujet qui me branche. Mais il n'était pas cher (7,90€) et j'étais dans une frénésie d'achats, donc je me suis dit que je ne perdais rien à le prendre. 
Au départ, je ne savais pas qu'il s'agissait d'un témoignage, c'est en ouvrant le livre que j'ai lu qu'il s'agissait d'une biographie. Je n'ai pas pour habitude de lire des témoignages, c'est un genre vers lequel je me tourne assez peu. Mais cette fois-ci j'ai clairement bien fait ! 

⁌○⁍

Paige est séropositive. Sans le savoir, sa mère lui a transmis le virus. Elle avait elle-même été contaminée par le père de Paige dans les années 90. 
Paige a vécu toute son enfance en prenant des médicaments, sans jamais trop comprendre quelle était sa maladie jusqu'à ses 8-9 ans, puis elle a enfin pu comprendre l'importance de la prise quotidienne de médicaments, même si pour elle ça correspondait à la normalité, SA normalité. 
Elle mène une scolarité en primaire tout à fait normale, entre au collège et devient amie avec Yasmine. Un jour, Paige déclare à son amie être séropositive. A peine 1h plus tard, tout le collège est au courant et Paige ne cessera d'être harcelée par les élèves, ne pouvant compter sur le personnel administratif de l'établissement pour la protéger. 

⁌○⁍

Paige raconte donc l'enfer du collège et les événements qui l'ont marquée. Heureusement, elle est entourée d'une maman très aimante et de quelques amies qui ne participeront pas à ce harcèlement débile et peu subtil (les garçons l'appellent "Paids" -> la contraction de Paige et "Aids" = Sida en anglais).
Elle raconte sa scolarité, ses vacances, ses activités extra-scolaires et surtout les rencontres. Que ce soit les équipes de soignants, comme les autres personnes séropositives faisant parties d'association. Grâce à tous ces gens, Paige va se relever de toutes les épreuves qui lui sont imposées. 
C'est un véritable message d'espoir qu'elle diffuse à travers ce livre, tout en mentionnant tous les événements majeurs qui l'ont fait vaciller. 

⁌○⁍

Cela dit, elle parle très peu de son combat contre le virus, peut-être grâce à l'efficacité des médicaments ? Ou peut-être parce que son propos n'était pas de parler de son quotidien de malade mais de dénoncer le harcèlement dont elle a été victime ? On lit avec effroi la cruauté de ses camarades, de ce qu'ils lui font endurer durant plusieurs mois et du traumatisme qu'ils ont causé. 

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Paige est forte, malgré tout. Elle est courageuse et déterminée. Elle a la volonté de changer les idées préconçues que se font les gens. A travers son histoire, (et peut-être grâce aux photos d'elle) on l'imagine rayonnante et positive. Elle est très inspirante et j'espère qu'elle ira loin dans ses combats afin de détruire les préjugés. 

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Le style est très fluide et simple. Les chapitres sont courts et bien structurés, ils se rapportent toujours parfaitement aux titres qu'elle leur a donnés. Ça se lit donc très vite. 

⁌○⁍

Un témoignage qu'il faut à tout prix lire, pour garder l'esprit ouvert et ne jamais oublier que malgré les traitements, le VIH (le virus qui peut causer le sida) n'a pas disparu (#protégez-vous) 

10/10 

jeudi 13 septembre 2018

Satin grenadine, Marie Desplechin

Quatrième de couv' : Lucie est persuadée qu'au XXè siècle, les demoiselles auront le droit de sortir sans chapeau, de suivre des études, de faire tous les métiers qui leur chantent, et même de courir toutes nues si bon leur semble... C'est en tout cas ce qu'elle espère.
Le problème, c'est qu'elle vit en 1885, dans une riche famille parisienne. Tout ce qu'on lui demande, à treize ans, c'est de savoir s'habiller correctement et de tenir une maison pour devenir une épouse accomplie. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de Marceline, sa gouvernante aux idées nouvelles, et sur l'amitié de Fanny, qui travaille aux cuisines.

Une plongée dans le milieu bourgeois du XIXè siècle, au coeur d'un Paris où naissent et grandissent des idées neuves : socialisme, féminisme,  anarchisme...


Mon avis : J'ai découvert ce livre dans ma librairie dédiée à la jeunesse. Je l'avais d'abord noté sur ma wishlist, parce que le jour où je l'avais repéré, j'avais déjà plein de livres dans les bras. Du coup j'ai attendu Juillet pour l'acheter. J'ai lu pas mal de livres de la collection Médium de l'Ecole des Loisirs cette année, et plus particulièrement les romans de Marie Desplechin, dont j'aime bien le style d'écriture simple et fluide.

❂❃❆

1885. Lucie, 13 ans, sort du pensionnat et doit rester à la maison pour apprendre à devenir une bonne épouse. Cependant, si elle a envie de participer aux tâches avec les domestiques, sa mère le lui interdit formellement, l'autorisant seulement à observer. Très curieuse, instruite par sa cousine et gouvernante Marceline, elle adore aller au jardin de son quartier où elle rencontre souvent Jacques, un jeune garçon issu de l'aristocratie. Elle noue une amitié avec l'une des bonnes, Fanny, à peine plus âgée qu'elle, une jeune fille téméraire, qui sait ce qu'elle veut dans la vie. Au contact de tous ces gens, son petit monde étriqué va enfin s'ouvrir.

❂❃❆

J'ai trouvé que ça mettait du temps à décoller, je ne comprenais pas trop ce que l'autrice voulait faire de cette histoire. Ce n'est pas un roman d'ambiance, type historique, parce que pour l'ambiance j'ai trouvé que ce n'était pas assez travaillé.

Puis au milieu du roman, ça y est, les liens entre les personnages se font, ce qui permet un renouveau dans l'intrigue. J'attendais beaucoup le passage de la découverte des Halles, et j'en ai été assez déçue, l'autrice le mentionne mais ne nous emmène pas avec les personnages pour les découvrir.

Puis elle donne à son histoire une voie différente : anarchisme, féminisme, socialisme. Elle propose alors une dimension politique et sociale à la fin de son roman.
Tout au long du livre, on évolue dans un univers très féminin, qui nous permet de découvrir différentes classes sociales : les domestiques, la gouvernante, la jeune fille de bonne famille, la mère embourgeoisée. Bref, à différents niveaux on découvre les différences de vie qu'elles mènent, les inégalités qu'elles subissent à cause de leur statut.

❂❃❆

C'est un roman qui se lit facilement, nous plongeant dans une famille bourgeoise de 1885. L'autrice met un peu de temps à trouver ses marques pour nous proposer une intrigue intéressante.
C'est plus une peinture sociale d'une famille bourgeoise et de ses domestiques femmes, de la fin du XIXè siècle. Mais je suis plutôt mitigée pour cette histoire qui n'a pas su m'atteindre.

5/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 12 septembre 2018

Brexit Romance, Clémentine Beauvais

Quatrième de couv' : Juillet 2017 : un an que le Royaume-Uni a voté en faveur du Brexit.

Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro. À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev.

Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen.

Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau – et au coeur !


Mon avis : Je n'avais jamais lu d'ouvrages de cette autrice qui a une véritable fan-base sur Booktube. Mais quand j'ai vu ce livre dans la librairie où je me rends souvent, je me suis dit que je pouvais bien, pour une fois, acheter un livre en grand format (surtout que la couverture est belle et douce). Le résumé m'a bien plu, surtout que le roman met en scène de jeunes adultes vivant à Londres. Je ne sais pas pourquoi mais pour moi l'automne s'apparente au Royaume-Uni, donc j'avais bien envie de me plonger dans un livre qui s'y déroule.

☔️📄💍

Alors... Je ne vais pas avoir grand chose à dire sinon que j'ai bien aimé.

J'ai apprécié d'emblée le sujet : En Grande-Bretagne, des jeunes gens, alarmés par le Brexit décident d'arranger des mariages blancs entre Britanniques et Français afin de pouvoir obtenir un passeport européen (à l'issue de 5 années de vie commune). Evidemment, il ne doit pas y avoir de sentiments, sinon tout tombe à l'eau. L'idée est originale et ingénieuse.
Autour de ça, l'autrice imagine une histoire avec 2 Français : Pierre Kamenev et son élève, Marguerite, une jeune chanteuse d'opéra, venus à Londres pour une représentation, ainsi que 2 Britanniques : Justine, la créatrice de Brexit Romance et Cosmo Carraway, un jeune aristocrate de tendance extrême-droite, qui doit se plier aux volontés de sa famille. Il y a une foule d'autres personnages, mais leurs histoires sont moins importantes et viennent surtout compléter le tableau.

☔️📄💍

Les personnages vont au-delà des clichés : Pierre Kamenev est de prime abord un type un peu bourru/bourré, qui ne connaît que le monde de la musique (et qui lit L'humanité). Mais petit à petit, au contact de Rachel en particulier, il va s'ouvrir et élargir ses idées sur le monde.
Marguerite a 17 ans, elle n'a pas beaucoup connu ses parents, qui n'ont jamais su s'occuper d'elle. Devenue chanteuse en grande partie grâce à Pierre, elle est très naïve, mais aussi très sensible et spontanée, et son coeur va fondre pour un jeune aristocrate, Cosmo. Si lui paraît froid et calculateur, on découvre par la suite que son milieu familial lui impose le respect de règles tacites fortement ancrées dans les moeurs de son milieu d'origine...
Quant à Justine, elle est obsédée par son téléphone (j'avoue que ça m'a énervée), se donnant énormément d'importance et s'obligeant à constamment proposer du contenu sur le net. Elle est intelligente et ouverte d'esprit, ce qui la pousse à entreprendre en toute illégalité le projet Brexit Romance. Elle a un frère jumeau, Matt, qui travaille avec elle sur ce projet.
Je n'en dirai pas plus sur les autres personnages sinon je vais vous raconter toute l'histoire, et ce serait dommage !

☔️📄💍

J'ai aimé l'humour qui ponctue cette histoire, c'est assez impertinent. On est clairement dans une comédie romantique (et sociale) et je me suis surprise à penser plusieurs fois à Love Actually, Coup de foudre à Notting Hill ou un film de la BBC avec Hugh Grant ou Colin Firth, car tout arrive comme par hasard, avec des coïncidences plus grosses que Big Ben.
J'ai adoré certaines références (j'en ai sûrement raté) mais notamment celles à Alice au pays des Merveilles.
C'est un roman assez visuel et on devine bien la réserve des Britanniques, autant que la franchise et les râleries françaises, à travers les dialogues.

Sous couvert de situations ubuesques, l'autrice nous présente aussi une version de l'aristocratie britannique très réactionnaire, et ça fait...peur !

J'ai bien aimé les références politiques et les préoccupations sociétales (que ce soit par rapport à la société française comme britannique). On prend conscience, grâce aux différences culturelles exposées dans ce roman, de la façon dont fonctionnent ces deux pays et sur quelles valeurs ils se sont construits et formés.

J'y ai donc trouvé ce que je cherchais : la découverte sous divers aspects d'un pays, enfin surtout de Londres. Même si l'autrice nous emmène aussi au Nord de Londres, dans une famille prolétaire, et dans une famille d'aristocrates, nous exposant les raisons pour lesquelles ils ont voté "Brexit". C'est donc très actuel et très moderne.

☔️📄💍

Le très gros point négatif que j'ai trouvé dans ce roman : les coquilles ! Que ce soit des oublis de lettre, ou un prénom remplacé par un autre, ça m'a agacée.

Le second point négatif qui m'a lassée : le fait que l'autrice traduise littéralement des phrases depuis l'anglais. Un "I'd rather not" devient un "je préfère ne pas" par exemple. Alors au début c'est drôle parce que traduire des expressions littéralement ça fait un peu sourire, mais sur 450 pages, c'est trop.

Le dernier point négatif est que ce roman est long, dû au style. Honnêtement j'ai failli l'abandonner au milieu parce que j'en avais marre du style de l'autrice : il y a un milliard de phrases à rallonge, des métaphores et autres figures de style que je ne saurais nommer (parce que eh, je suis plus en 1è L). Parfois je lisais une phrase et je ne comprenais pas ce que l'autrice avait voulu dire avec sa digression et je relisais 1 fois, 2 fois et au bout d'un moment je comprenais où elle voulait en venir, mais ce n'était franchement pas nécessaire.

☔️📄💍

Une bonne histoire avec une idée originale, malgré des longueurs dans le texte. Cette histoire tient debout et nous montre les différences culturelles entre nos deux pays. Elle présente les conséquences politico-sociales du Brexit voté par une partie des Britanniques, sous un aspect comique et inédit.
Le style est assez particulier, peu fluide par moments, ce qui a ralentit ma lecture.
Cependant on trouve des personnages attachants et sympathiques, très vivants et représentatifs de différentes couches de la société.
Le titre nous parle de romance... Certes, mais on est très loin de la romance niaise ou clichée, ouf !

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 10 septembre 2018

Mates, Dates & Great Escapes, by Cathy Hopkins


Quatrième de couv' : A school trip to Florence seems like the perfect escape for Lucy. She wants time away from Tony, who is pressurising her to take their relationship further. In Italy she meets an American boy, who is also visiting Tuscany, and she thinks he might be the ideal way to get over Tony. He seems to be the perfect gentleman, and Italy introduces Lucy to a world of culture and sophistication. 


Will she be able to move on from Tony ? Or is it a case of out of the frying pan end into the fire ? 


Mon avis : Le mois dernier j'ai vraiment adoré le 8è tome. Ce 9è tome n'est pas à la hauteur du précédent, malheureusement. Pourtant on suit à nouveau Lucy, l'un de mes personnages préférés.

Dans ce tome, Lucy envisage de sauter le pas avec Tony. Mais elle a tout juste 15 ans (lui, 18 ans) et ses amies la dissuadent de le faire. Du moins elles tentent de la dissuader.
On aborde la problématique de l'achat de préservatifs par exemple. Je me souviens très bien qu'à cet âge-là, en acheter c'était encore plus délicat que d'aller acheter un paquet de cigarettes.
Bref, c'est finalement l'une de ses camarades de classe, tombée enceinte par accident, qui va définitivement faire passer à Lucy l'envie de coucher avec Tony.
Mais ça signifie mettre un terme à leur relation. Si Lucy n'est pas si affectée que ça par cette décision, c'est surtout parce qu'un voyage scolaire en Italie l'attend. Et durant ce voyage, elle va faire la rencontre de Teddy, un Américain très gentil et doux.

J'ai trouvé que ce tome manquait de profondeur psychologique. Il y a pas mal d'actions, beaucoup de descriptions de lieux que visitent les filles, beaucoup de moments où elles doivent se débrouiller en Italie, mais finalement on a assez peu de sentiments.
L'amitié n'est encore une fois pas au coeur de ce tome. Les filles sont entre elles, mais on les voit peu discuter ou se serrer les coudes.
On ne connait pas trop les sentiments de Lucy envers Teddy.
En fait j'ai trouvé ce tome assez froid au niveau sentimental, parce que l'autrice met l'accent sur les nombreuses actions qui se déroulent.
Même la fin nous laisse sur un bon cliffhanger et comme le prochain tome sera du point de vue de Lizzie, je ne suis pas sûre qu'on approfondira la révélation finale de ce tome-ci.

La fin de chaque chapitre est constituée d'un petit billet d'explication en rapport avec un événement du chapitre.

Un peu frustrée par ce tome, qui est bourré d'actions mais manque de discussions entre les filles, de sentiments entre les personnages, d'introspection de la part de Lucy.
J'ai tout de même passé un bon moment et j'ai dévoré le livre, mais j'en attendais plus.

6/10

jeudi 6 septembre 2018

Les curieuses rencontres du facteur de Skogli, Levi Henriksen

Quatrième de couv' : Tout plaquer pour devenir facteur dans une bourgade au fin fond de la Norvège.
C’est le choix radical qu’a fait le journaliste Simon Smidesang après avoir découvert le scoop de sa vie : sa femme au lit avec un autre.
Mais pour un village paisible et reculé, Skogli abrite bien des excentricités. Et entre un couvreur qui vit sur les toits pour fuir sa douce moitié, une vieille dame qui suspend chaque année devant chez elle les costumes de son défunt mari ou encore une mystérieuse jeune femme cloîtrée dans une maison croulante, les tournées du facteur risquent fort de lui faire prendre un tournant… déroutant.


Mon avis : J'avais ce livre dans ma PAL depuis 2014. Je ne suis même pas sûre de l'avoir acheté, peut-être l'ai-je emprunté à ma mère... Bref j'étais pas très emballée à l'idée de le lire, pourtant le résumé me donnait bien envie.

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Mais quelle déception ! J'imaginais quelque chose de beaucoup plus pétillant, plus solaire, plus vivant !
Mais en fait c'est l'histoire d'un type qui, suite à la découverte de sa femme avec son amant, décide de partir vivre dans la maison de ses grands-parents décédés. Il abandonne son boulot de journaliste pour devenir facteur. Ce nouveau travail va lui permettre de faire des rencontres, mais des rencontres ô combien bizarres ! Son rôle va un peu plus loin que celui de simple facteur, il rend service, s'arrête pour discuter avec des personnes âgées, il créé du lien avec les habitants de son village.

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Malheureusement, il ne se passe pas grand chose dans ce roman, c'est morose et très plat (surtout dans le style et dans le déroulé de l'histoire). Il y a peu de rebondissements, ou alors ce sont des choses super négatives et déprimantes. En fait, le protagoniste est toujours très actif, il va à droite à gauche, se rend chez ses voisins, pourtant il ne se passe rien d'intéressant, rien de bouleversant.
Les discussions entre les personnages sont parfois loufoques, à croire qu'ils ne s'écoutent pas les uns les autres.

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Le personnage perd complètement la tête à la fin du roman et j'ai vraiment eu du mal à le suivre sans lever les yeux au ciel. Je ne me suis pas du tout attachée à lui, même si je l'imaginais bien je n'ai pas réussi à m'identifier à ce type, ni aux autres personnages d'ailleurs, qu'on ne voit qu'à travers ses yeux et qui semblent assez creux, malgré leur aspect loufoque de prime abord.

Il y a tout de même de beaux moments entre Simon (le facteur) et Andreas (un des vieillards de sa tournée), malheureusement ça ne dure pas assez longtemps.
Je n'ai pas saisi le comportement de Ginni Bang, même si j'avais bien compris ce qui lui arrivait, j'ai trouvé sa façon de réagir assez perturbante et cela tout au long du roman...

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Une déception. Je m'attendais à un livre positif, divertissant. J'ai découvert un roman froid et qui m'a laissée sur le bord de la route. Je n'ai pas du tout accrochée aux personnages et à l'histoire.

3/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 3 septembre 2018

La chambre du pendu, Moka

Quatrième de couv' : Lord Terence Dunlevy est beau, riche, érudit et... claustromane : il éprouve un besoin maladif de vivre enfermé. Une maladie bien commode pour justifier l'égoïsme, le confort et la vanité de son existence. Aussi, le jour où son psychanalyste lui annonce qu'il est guéri, Lord Dunlevy se permet d'en douter. Mais ce même jour, l'un des vieux membres de son club lui fait cadeau de la maison dont il vient d'hériter dans le sud de la France - cette noble pratique est courante entre lords - et lui suggère d'y partir se changer les idées. Il accepte. Par défi.
Le mas de la Gasparine est une immense bâtisse en pierre de taille qui donne sur un panorama splendide : l'enfer du claustromane. Les villageois appellent la demeure « la maison du pendu », puis se taisent. Quels terribles secrets recèle le mas de la Gasparine ? Pour l'apprendre, Lord Dunlevy devra abattre quelques murs, enfoncer quelques portes pas toutes ouvertes, briser quelques résistances ainsi que la glace entre lui et une jolie provençale nommée Adrienne...


Mon avis : Je suis tombée sur ce roman il y a quelques mois en librairie, je l'ai ajouté à ma wishlist avant de l'acheter en juillet. Il fait 204 pages et je l'ai dévoré !
Moka est la soeur de Marie-Aude Murail et elle a écrit un paquet de livres pour les jeunes. Je pense d'ailleurs en avoir lu quand j'étais ado, car le CDI de mon collège en proposait.

💀➽😨

Je n'avais pas vraiment lu le résumé, du moins pas en détails et je ne savais pas à quoi m'attendre. Au final j'ai été agréablement surprise.
Au départ je pensais lire une histoire sur un homme qui aime vivre enfermé et qui a peu d'interactions  sociales. En fait, notre protagoniste, un Ecossais, qui heureusement parle 13 langues, dont le français, se voit offrir un mas en Provence. Une fois sur place, il découvre une pièce murée et sa curiosité va l'amener à rencontrer les gens du village.

💀➽😨

Le grand nombre de personnages m'a un peu perdue, surtout ceux qui ne sont plus en vie. J'aurais vraiment aimé que la maison d'édition ajoute un arbre généalogique à la fin.
Je ne me suis pas spécialement attachée aux personnages. L'humour du Lord ne m'a pas trop plu et le caractère d'Adrienne est un peu trop vif à mon goût.

Il faut aussi avouer que l'histoire est assez sinistre. Mais j'ai adoré ! C'est surtout l'atmosphère inquiétante qui donne sa saveur à l'histoire.
L'intrigue est originale et on a vraiment envie de savoir ce que le protagoniste découvre au fur et à mesure de son enquête.

💀➽😨

Un bon roman, dévoré en quelques heures. Une histoire un peu sombre, sur les mystères d'une famille qui ne tournait pas très rond...

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

La chute des princes, Robert Goolrick

Quatrième de couv' : Grandeur et décadence d'un golden boy. 

New York, années 1980. Bienvenue au bal des vanités, où de jeunes traders vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson et ils vont jouer toute la partie : les fêtes, les drogues, l'alcool, les corps parfaits, les Cadillac, le sexe, et des morts que l'on laisse en chemin. Vite, toujours plus vite, c'est la seule règle de ce jeu. Aller suffisamment vite pour ne pas se laisser rattraper. Parce que les princes sont poursuivis par de terrifiants monstres : le sida, les overdoses, le regard chargé de honte de leurs parents, un amour s'excusant de n'avoir sauvé personne.
L'un des plus grands romans sur l'Amérique et l'argent depuis Gatsby le Magnifique.


Mon avis : Quand j'ai acheté ce livre en Février 2017, c'était pour découvrir cet auteur. J'avais volontairement choisi son livre le plus court et la couverture me plaisait, le résumé m'intriguait. Pourtant je ne misais pas grand chose sur cette histoire...
Je l'ai sorti de ma PAL parce qu'il me fallait un livre court pendant que j'attendais mon tour à Pôle Emploi, tandis que tous les autres adultes autour avaient les yeux rivés sur leur portable (chacun choisit comment passer le temps).

🥂⌚️🗃

L'histoire est celle d'un homme, un ancien golden boy qui a connu ses heures de gloire dans les années 80. Mais suite à plusieurs cures de désintoxication, il est renvoyé de son boulot de trader, sa femme divorce et il se ré-installe dans le taudis qu'il avait loué à ses débuts.

Vingt ans plus tard, il témoigne de sa vie passée : le luxe, la démesure, les événements qui l'ont marqué, ses amis, la folie destructrice des années 80, avec le sida, la cocaïne, l'alcool, les relations sexuelles avec n'importe qui, n'importe quand, dans un New York sale et dangereux. Une vie si remplie qui ne convient pas à tout le monde : ces jeunes gens si riches à la plastique parfaite ont aussi leurs désillusions, suicide et deuil à gérer.

Et il raconte aussi sa vie actuelle : après des années sans travailler, grillé auprès de toutes les compagnies qui auraient pu l'embaucher, il décide d'accepter tous les petits boulots qu'il peut faire. Il va finir par trouver un emploi de vendeur en librairie chez Barnes & Nobles et s'y épanouir.

Cette chute, il la décrit sans amertume. Il ne glorifie pas le passé. Il sait cette période révolue, il sait qu'elle a été déterminante pour la suite, il ne parle pas que des bons côtés que tout l'argent gagné lui a procuré, il mentionne aussi les drames.

🥂⌚️🗃

J'ai été assez émue par les derniers chapitres. Sa rencontre avec Holly amorce un changement, c'est fait avec beauté et tellement de fluidité dans la forme. C'était vraiment beau et émouvant.

C'est très bien écrit et on est totalement immergé∙e dans cette histoire. Il y a de la beauté, de la poésie dans certains des moments de décadence. C'est aussi une époque qui est racontée dans ce roman : les années 80 à New York, le sida et tous ses morts.

L'évolution du personnage aussi est très intéressante à découvrir : au début je ne l'aimais pas, ce golden boy égoïste, et puis peu à peu, on voit qu'il est bien plus que cela, la sagesse peut-être, le fait de devenir plus humble, plus tranquille, me l'ont rendu plus sympathique, plus humain aussi.

🥂⌚️🗃

Ce roman raconte comment le rêve américain ne dure qu'un temps. De l'ascendance à la chute d'un Icare des temps modernes.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 1 septembre 2018

The Hate U Give, Angie Thomas

Quatrième de couv' : Le roman qui bouscule l'Amérique

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier rythmé par les guerres entre gangs et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ces deux mondes.
Sa vie vole en éclats le soir où son ami Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux.
Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, Starr va apprendre à redresser la tête.


Mon avis : Vous commencez peut-être à savoir que je n'aime pas trop les livres qui ont eu énormément de succès. C'est pourquoi j'ai un peu attendu avant de me procurer The Hate U Give, parce que je savais qu'avec l'engouement général, mon esprit de contradiction allait se ramener. On est en Août, le roman est sorti depuis Avril en VF, ça fait 8 mois quasiment qu'on nous parle de ce roman PARTOUT : y'a pas un/e booktubeur/se qui ne l'a pas reçu en SP ou ne l'a pas présenté dans un update lecture. Récemment, je n'y tenais plus, je voulais aussi le lire et me faire mon avis dessus.

𝕋ℍ𝕌𝔾

Ça n'a pas été un coup de coeur pour moi. Je sais que pour beaucoup c'est devenu LE livre de l'année, le coup de coeur, le livre qu'il faut faire lire à tout le monde.

Malheureusement pas pour moi. Je vais vous expliquer pourquoi :
Je suis une adulte blanche, privilégiée, vivant dans une famille avec des idées plutôt modernes (pas progressistes, n'exagérons pas, j'ai encore toute l'éducation de mes parents à déconstruire pour les aider à comprendre le monde actuel. BREF.), JAMAIS je n'ai connu le racisme, et à moins que demain on se réveille dans un monde où tout serait inversé, il y a 0 chance qu'un jour je sois discriminée pour ma couleur de peau.

L'identification à Starr a donc été pour moi assez difficile. Je ne dis pas qu'il faut forcément être une jeune fille noire de 16 ans pour s'identifier et adorer ce livre, mais moi, je n'ai pu que lire cette histoire et écouter les propos de l'autrice, en essayant de comprendre une situation bien particulière : celle des Afro-Américains aux Etats-Unis et la précarité dans laquelle certains sont obligés de vivre.

Il y a ça aussi : en France, le port d'armes est interdit. On entendra rarement des coups de feu dans un quartier (bon peut-être dans certains quartiers, mais encore une fois je suis privilégiée, je vis à la campagne). Les histoires de trafic de drogues et de gangs ça ne me parle pas du tout. Pour moi ça a été assez difficile d'imaginer Starr et sa famille vivant dans un tel contexte flippant.

En fait, je n'ai pas eu l'impression d'apprendre quelque chose d'inédit à la lecture de ce roman. On se doute ou on sait que les Afro-Américains sont encore très mal traités en 2018. On sait qu'il existe de sacrées tensions entre Noirs et Blancs de l'autre côté de l'Atlantique. On sait que le passé esclavagiste a de grandes répercussions sur la société américaine aujourd'hui.
Je crois que je voulais découvrir quelque chose de neuf, continuer à déconstruire mes préjugés. J'en attendais sûrement trop de ce roman à ce niveau-là. (Americanah par exemple m'a permis de comprendre et de déconstruire un tas d'idées que j'avais et c'est ce que j'appelle un livre de société utile)

𝕋ℍ𝕌𝔾

Même si je n'ai jamais rien vécu de ce que vit Starr, j'ai eu l'impression que l'histoire était crédible. C'est sûrement grâce à la façon dont l'autrice écrit, on y croit. Ça sonne très réaliste, je ne sais pas si c'est tiré d'une histoire vraie, mais ça avait l'air en tout cas.

L'intrigue est bien menée : Starr évolue entre deux mondes qu'elle fréquente, celui de son lycée où elle rejoint des élèves blancs, qui n'ont aucune idée de sa vie dans son quartier sous haute tension. Après l'assassinat de Khalil, Starr n'arrive plus à parler à ses amies blanches, parce qu'elle suppose que celles-ci ne comprendront pas son mal-être. De plus, les histoires de gangs et des histoires de familles créent du suspense tout au long du récit (voyez comme j'essaie de ne pas trop vous spoiler !), tout comme la pression de la police, qui a du mal à reconnaître que l'un d'eux a tué un jeune garçon innocent.
Peu à peu Starr va prendre confiance en elle : au début il est hors de question qu'elle témoigne, puis elle commence à parler et enfin elle crie. J'ai trouvé son évolution trop rapide à la fin alors qu'au début et pendant longtemps, Starr veut faire profil bas.

𝕋ℍ𝕌𝔾

L'écriture est fluide et par moments très subtile, j'ai adoré la métaphore des roses du père de Starr à la fin du roman. Mais le langage est souvent familier et ce n'est pas toujours utile. D'ailleurs on sent la colère de l'autrice à travers ces pages, parfois les situations sont brutalement amenées. D'autres fois, c'est fait avec beaucoup de sensibilité.

On trouve des longueurs dans le roman, l'autrice a voulu couvrir le plus de situations possibles, parce qu'elle traite du deuil, de l'injustice, de la loi imposée par les gangs dans les quartiers, de l'identité, mais parfois on s'éloigne du sujet le plus important à mon avis : la condamnation (ou pas ?) du policier blanc qui a tiré sur Khalil. Finalement cette injustice qui constitue le début du roman et de la révolte dans le quartier, m'a semblé être en toile de fond pour dénoncer beaucoup d'autres dysfonctionnements de la société, et moi j'aurais aimé plus de confrontations avec la police, avec la justice, même avec les médias.

𝕋ℍ𝕌𝔾

J'ai trouvé qu'il y avait trop de personnages dès le début. J'ai eu tellement de mal à tous les situer.
Je n'ai pas réussi à trop m'attacher à eux... A vrai dire, Starr ne m'a pas trop plu, je ne saurais pas trop dire pourquoi : peut-être parce qu'elle a un problème identitaire, elle ne sait pas vraiment qui être, en présence de qui, elle a tellement peur de l'image qu'elle renvoie d'elle-même. Aussi, elle répète constamment qu'elle n'est pas courageuse, et ça m'a gavé. Evidemment qu'elle est courageuse ! Bien plus que n'importe qui, mais cette façon de le nier, de se diminuer soi-même j'ai trouvé ça pénible à la longue.

Sa famille est très présente pour elle, mais à part son père, je n'ai pas trouvé que ses frères ou sa mère étaient des personnages en puissance. Ce ne sont pas non plus des clichés, d'ailleurs aucun personnage (à part peut-être King), n'est un cliché.
J'ai bien aimé l'Oncle Carlos en revanche, parce qu'il est vraiment à cheval entre deux choses importantes : son emploi d'inspecteur de police et sa nièce qui a assisté à l'assassinat de Khalil par un de ses collègues. Je crois que ce personnage aurait mérité plus de développement.

Je sais que certains trouveront mignonne la relation de Starr avec ses parents mais moi j'ai eu l'impression qu'ils en faisaient dix fois trop à l'appeler "mon bébé" toutes les 2 phrases. C'est le genre de trucs qui a tendance à m'énerver.

𝕋ℍ𝕌𝔾

Par contre je n'ai pas tellement aimé certaines tournures de phrases qui n'étaient pas très bien traduites. Il ne suffit pas de mettre le mot "genre" n'importe où pour que ça sonne jeune... Il y'avait aussi quelques coquilles dans le texte, dommage...

𝕋ℍ𝕌𝔾

Je donne peut-être l'impression de ne pas avoir aimé, mais si, j'ai apprécié cette histoire, c'est juste que j'aime bien parler des points qui m'ont moins plu ou qui n'ont pas été à la hauteur de ce que j'en attendais.

A mon avis, c'est un bon livre, qui est crédible, bien écrit, malgré quelques longueurs et des petits défauts. Mais est-il si indispensable à nous, lecteurs français (le contexte est quand même hyper américain) ? Peut-être qu'il l'est dans le sens où enfin on lit une histoire du point de vue d'une jeune fille Afro-Américaine ! Ça manquait dans la littérature Young Adult et pour ça je suis contente qu'il existe.

7/10


La bande-annonce du film adapté du livre est sortie et ça a l'air puissant (en tout cas mon ressenti au visionnage l'est plus qu'à la lecture du livre)

La fiche du livre sur le site de l'éditeur