vendredi 1 juin 2018

Le retour d’Antoinette, Olivia Vieweg

Quatrième de couv' : Un roman graphique sarcastique et surprenant sur le harcèlement à l'école.
La révélation de la jeune artiste allemande Olivia Vieweg et de son style naturel et dépouillé.

Antoinette doit y retourner une fois encore.
Retourner dans son village natal.
Retourner dans l'ombre des forêts et des maisons à colombages.
Retourner sur les lieux de ses tourments et humiliations.
Une dernière fois...
Retourner en enfer.


Mon avis : Comme pour la BD précédente, j'ai acheté celle-ci lors d'une vente privée. Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. La couverture était jolie avec son ciel bleu et ses coquelicots (entre autres hein).
Le résumé n'en disait pas grand chose non plus.
Du coup quand j'ai vu la tournure que prenait l'histoire je me suis dit que c'était fort, vraiment inattendu.

Antoinette est une jeune femme d'origine allemande qui vit en Californie. Elle a un super job, un super mec, elle a plutôt bien réussi sa vie. Mais son pays d'origine l'appelle. Alors elle y retourne.
A l'adolescence, Antoinette était harcelée par ses camarades de classe, elle n'a jamais oublié ce qu'ils l'ont forcée à faire, les humiliations et les moqueries.
(Il y a un passage que je n'ai pas trop saisi, dans le sens où pourquoi Antoinette accepte de faire ce qu'on lui dit ? Le chantage qu'on lui fait est vraiment ridicule, je ne comprends pas pourquoi elle fait ce qu'on lui demande en échange de ce chantage).
Je n'en dirais pas plus mais c'est clairement une BD sombre, bien plus que ne le suggère la couverture.

Les teintes utilisées (jaune-orange-marron) ne sont pas mes préférées, je trouve que c'est un peu agressif et surtout morose.
Le dessin est simple, et l'expression des émotions est bien maitrisée. Par contre j'avais du mal à reconnaître certains personnages d'une page à l'autre.

Avec cette BD, on se rend compte que le harcèlement scolaire a toujours des conséquences sur l'état psychologique d'une victime, même des années plus tard, même quand les victimes ont réussi leur vie.
Cette BD met très bien en scène les moments où Antoinette revit en souvenir les moqueries de ses camarades, ils se superposent aux moments où elle les côtoie adultes, agissant tout à fait normalement avec elle, comme si eux avaient oublié. La persistance des souvenirs de la victime n'a rien à voir avec l'oubli pratiqué par ses bourreaux.

Cependant la fin est plutôt décevante... Dommage que l'autrice en ait fait quelque chose de glauque et de noir. C'est un peu trop dramatique pour rendre l'histoire crédible.
De plus ce qu'a fait Antoinette s'apparente à un acte commis sous le coup de la folie ("comme sa mère") et je ne trouve pas que ce soit très judicieux.

Une BD sur un sujet qui est peu abordé surtout chez les illustrateurs. L'histoire est perturbante, et pour moi elle était complètement inattendue, vu que je ne savais rien du tout, pas même la thématique abordée. La fin est trop dramatique pour rendre l'histoire vraiment crédible.

7/10

La fiche de la BD sur le site de l'éditeur

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