vendredi 25 mai 2018

Ar-Men, l’enfer des enfers, Emmanuel Lepage

Quatrième de couv' : Au loin, au large de l’île de Sein, Ar-Men émerge des flots. Il est le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne, c’est-à-dire du monde. On le surnomme 
« l’Enfer des enfers ».

Germain en est l’un des gardiens. Il y a trouvé sa place exacte, emportant avec lui sa solitude et ses blessures.
La porte du phare cède sous les coups de butoir de la mer en furie, et l’eau vient griffer le crépi de l’escalier. Sous le crépi, médusé, Germain découvre des mots, des phrases, une histoire. Un trésor. Le récit de Moïzez. Fortune de mer trouvée parmi les débris d’un bateau fracassé, Moïzez grandit à l’écart des autres sur l’île de Sein. Merlin, natif de l’île, est son compagnon d’aventure, Ys la magnifique son royaume perdu. Sur la Chaussée de Sein glisse le Bag Noz, le bateau fantôme, piloté par l’Ankou, le valet de la mort, et Moïzez est aux premières loges.
Plus tard il participera à la folle entreprise de la construction d’Ar-Men, quatorze ans durant, de 1867 à 1881.
Fébrilement, Germain note tout sur un carnet.
Après le travail quotidien, une fois répété les gestes précis et nécessaires à l’entretien du phare et de son feu, Germain raconte encore et encore.
Blottie au fond de la salle de veille, une silhouette est tout ouïe…


Mon avis : Vous ne le savez peut-être pas mais j'ai une passion pour les phares. Ça m'a pris un jour de 2015, j'ai soudainement eu envie de savoir comment ils avaient été construits, quand et par qui. J'ai plusieurs livres sur le sujet, des livres aux illustrations magnifiques. Alors il était impossible que je passe à côté de cette BD, qui raconte comment le phare d'Ar-Men a été construit, dans quel but, et comment vivent les gardiens de phare.

Cette BD est sublime. J'ai rarement vu des planches aussi belles. Comme il y a plusieurs trames narratives, il y a plusieurs tons de couleurs utilisés : le bleu évidemment prédomine, couleur du ciel et de la mer, mais aussi l'orangé, couleur du feu, des moments plus intimistes où Germain raconte des histoires.

C'est une BD qui mêle la fiction aux témoignages. Témoignage d'un homme qui a participé à la construction du phare (15 ans de travaux !), mais aussi le témoignage de Louis, ancien pêcheur, soldat pendant la seconde guerre mondiale et enfin gardien de phare. Le compagnon de Germain dans la solitude des jours et des nuits de tempête. Germain raconte des légendes bretonnes à sa fille, mais est-elle vraiment là ?

Je pourrais rester des heures à regarder chaque image. Rien que la couverture me fait baver. J'imagine les heures de travail pour produire des dessins si réalistes, la force des éléments est si bien reproduite. Rien que la première page annonce une histoire originale : la vue se fait depuis le phare en pleine mer vers la terre (et non pas l'inverse comme on peut en avoir l'habitude).

Une BD puissante, magnifique, cependant la narration enchâssée m'a un peu perturbée car fiction et réalité s'entremêlent. Une relecture s'imposera, pour mon plus grand plaisir !

9/10

La fiche de la BD sur le site de l'éditeur

Aucun commentaire:

Publier un commentaire