mardi 29 mai 2018

En attendant Bojangles, d'Ingrid Chabbert et Carole Maurel

Quatrième de couv' : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone.
Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant.
C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom…


Mon avis : Ma mère a acheté cette BD cette année, et tout comme moi elle a lu le roman d'Olivier Bourdeaut il y a maintenant 2 ans. Je lui ai emprunté la BD pour la découvrir et voir si ça correspondait à l'image que je me faisais du roman.

Comme j'ai lu le roman en 2016, mes souvenirs en sont assez imprécis. J'ai presque envie de me l'acheter en poche, le relire et le garder dans ma bibliothèque personnelle.
Je vais pas trop faire de comparaisons avec le roman, parce que vraiment, je ne m'en souviens pas assez.

J'ai beaucoup aimé la façon dont sont dessinés les personnages. C'est assez simple mais ils sont très expressifs.

Les couleurs un peu automnales, jaune-orange-verte, correspondent bien à l'idée que je me faisais de cette histoire, et surtout elles donnent une teinte un peu sépia à cette histoire qu'on ne sait pas trop situer dans le temps.

J'ai trouvé que la fin arrivait trop vite, elle m'a semblé un peu expédiée, et ça manquait d'intensité.
De plus il y a assez peu de texte, ce sont surtout les images qui nous amènent à comprendre les situations.

D'un côté je pense que la BD est plus sympa à découvrir quand on a déjà lu le livre, et d'un autre côté, je me dis que quand on ne sait rien du roman, peut-être qu'on s'attache plus aux personnages et à la poésie de la BD (on cherche peut-être moins à dire que c'est une bonne adaptation).

Je n'ai pas été si touchée par la BD, je devrais peut-être la relire une seconde fois...

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 28 mai 2018

Le charme discret de l'intestin : tout sur un organe mal aimé, Giulia Enders

Quatrième de couv' : Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… Et si tout se jouait dans l’intestin ?
Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, plaide avec humour pour cet or­gane qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter.
Après une visite guidée de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau” pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médi­caments, et appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.

Irrésistiblement illustré par Jill Enders, la sœur de l’auteur, voici un livre qui nous réconcilie avec notre ventre.

Succès surprise, Le Charme discret de l'intestin s'est vendu à plus de un million d'exemplaires en Allemagne et sera publié dans une trentaine de pays.


Mon avis : J'ai acheté ce livre auprès du Club du Mois, un genre de club type France Loisirs auquel je m'étais abonnée y'a 5 ans. J'avais un certain nombre de livres à acheter par an, sinon on m'envoyait n'importe quel livre (c'est arrivé...) sans que je le veuille. Bref, j'avais choisi celui-ci parce que c'était le livre à la mode et vu que je m'intéressais au sujet, je n'ai pas dérogé à la règle. Cependant ma mère l'a gardé sur sa table de nuit pendant des mois, puis je l'ai emmené dans un de mes déménagements et il est resté 1 an et demi, quasiment 2 ans, dans ma propre PAL. Il était temps de le sortir.

Je ne présente pas très souvent les essais que je lis, parce que je mets souvent beaucoup de temps à les lire, ou parce que j'oublie vite ce que j'ai lu. Là, j'ai lu ce livre en 2 jours. Tout en sachant très bien que j'ai déjà oublié la moitié de ma lecture...

Alors oui c'est très intéressant, pour les 2 premières parties c'est très bien vulgarisé et on comprend facilement ce que l'autrice nous explique. Elle utilise l'humour pour faire passer ses explications, à travers des métaphores et on trouve quelques illustrations qui coupent un peu la lecture tout en nous faisant sourire.

Cependant la partie sur les microbes et les bactéries m'a semblé plus difficile à saisir, car on parle plus en termes scientifiques. L'autrice emploie moins de métaphores et on a l'impression qu'elle nous présente des résultats d'études, en essayant de les lier entre eux, mais sans qu'il y ait vraiment de certitudes.

Je ne suis pas sûre d'avoir eu beaucoup de cours sur le fonctionnement du tube digestif donc je trouve ça plutôt bien de le découvrir en livre, d'autant plus que l'autrice dispense quelques conseils au passage.

Depuis le succès de ce livre il y a eu énormément de livres sur le sujet (forcément, les éditeurs aiment bien surfer sur les tendances), mais je pense que celui-ci en vaut vraiment la peine.
Ça me fait plaisir qu'on puisse trouver de la littérature médicale vulgarisée, surtout sur un sujet comme l'intestin, qui n'est franchement pas le sujet favori des médecins. ("T'as mal au ventre ? oh bah tu dois être stressé, ça passera")

Un livre instructif et drôle, même si j'aurais pu me passer de la lecture sur les microbes et bactéries.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 26 mai 2018

Journal d'un homme heureux, Philippe Delerm

Quatrième de couv' : Ce journal est celui d’un âge d’or.

Choisir de vivre à la campagne loin des milieux littéraires et parisiens. Regarder par la fenêtre pousser les fleurs de son jardin, au rythme des saisons. Prendre le temps de vivre sa vie, d’admirer sa compagne, d’aimer son enfant.

Écrire en pensant qu’on sera, un jour peut-être, reconnu.

Philippe Delerm n'a tenu son journal qu'une seule année de sa vie. « Je n'ai sans doute jamais été plus heureux que cette année-là », écrit-il. 
Il est notamment l’auteur de La Première Gorgée de bière et Les Eaux troubles du mojito.



Mon avis : J'ai acheté ce livre dans mon supermarché (olala) très récemment. J'avais pas spécialement envie de le lire, juste envie de l'avoir. La couverture était belle. Et je savais que Delerm serait une valeur sûre. Je l'ai d'abord rangé. Mais puisque toutes mes lectures en cours avaient cessé de m'intéresser, je l'ai repris dans ma PAL et découvert avec beaucoup de plaisir.

🌷🍃🌷

Lire du Philippe Delerm, c'est goûter à la poésie du quotidien. 

Dans ce Journal d'un homme heureux, on entre à petits pas dans l'intimité de l'écrivain, qui en 1989 prenait plaisir à tenir un journal. Il n'était pas encore connu, était prof à temps partiel en Normandie, heureux en couple, père d'un futur artiste ô combien sensible, Vincent Delerm. 

Plutôt que de nous laisser uniquement découvrir ce journal de 1988-89, l'auteur commente des passages, en les expliquant un peu plus ou en nous racontant ce qu'il en pense aujourd'hui. Il s'adresse à nous, il nous invite encore plus à découvrir sa vie de l'époque.

🌷🍃🌷

J'aime son esprit d'analyse dans certaines situations et sa façon de s'émerveiller des petites choses. Le champ lexical sensoriel est très développé : on a le droit à la description de son jardin, le confort de son bureau, la douceur ambiante des soirées d'automne, la chaleur étouffante des journées d'été.
Pour lui, tout événement (minime ou non) est prétexte à devenir un sujet d'écriture. On imagine facilement les décors de chaque journée qui nous est racontée. 
Il m'a donné envie d'ouvrir moi aussi un carnet et d'y raconter mes pensées. Quand un auteur réussit à me donner envie d'écrire, alors il a tout réussi. 
Il a par ailleurs, fait remonter des souvenirs d'enfance oubliés, qui au détour d'un mot, d'une phrase, d'une situation lue dans ce journal, sont revenus se faire une place dans mon esprit. 

Philippe Delerm est pour moi l'exemple même de l'auteur authentique. Il partage véritablement et sincèrement des moments, sans les embellir, mais juste parce qu'il a pris plaisir à les vivre.

🌷🍃🌷

Les livres de Philippe Delerm s'adressent aux amoureux du quotidien. Quand j'ai le moral à plat, rien ne m'enchante plus que de lire des bouts de vie. C'est véritablement une lecture apaisante. C'est aussi un livre qui m'a fait déculpabiliser de ne "rien faire" et juste de profiter du présent.

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur 

vendredi 25 mai 2018

Ar-Men, l’enfer des enfers, Emmanuel Lepage

Quatrième de couv' : Au loin, au large de l’île de Sein, Ar-Men émerge des flots. Il est le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne, c’est-à-dire du monde. On le surnomme 
« l’Enfer des enfers ».

Germain en est l’un des gardiens. Il y a trouvé sa place exacte, emportant avec lui sa solitude et ses blessures.
La porte du phare cède sous les coups de butoir de la mer en furie, et l’eau vient griffer le crépi de l’escalier. Sous le crépi, médusé, Germain découvre des mots, des phrases, une histoire. Un trésor. Le récit de Moïzez. Fortune de mer trouvée parmi les débris d’un bateau fracassé, Moïzez grandit à l’écart des autres sur l’île de Sein. Merlin, natif de l’île, est son compagnon d’aventure, Ys la magnifique son royaume perdu. Sur la Chaussée de Sein glisse le Bag Noz, le bateau fantôme, piloté par l’Ankou, le valet de la mort, et Moïzez est aux premières loges.
Plus tard il participera à la folle entreprise de la construction d’Ar-Men, quatorze ans durant, de 1867 à 1881.
Fébrilement, Germain note tout sur un carnet.
Après le travail quotidien, une fois répété les gestes précis et nécessaires à l’entretien du phare et de son feu, Germain raconte encore et encore.
Blottie au fond de la salle de veille, une silhouette est tout ouïe…


Mon avis : Vous ne le savez peut-être pas mais j'ai une passion pour les phares. Ça m'a pris un jour de 2015, j'ai soudainement eu envie de savoir comment ils avaient été construits, quand et par qui. J'ai plusieurs livres sur le sujet, des livres aux illustrations magnifiques. Alors il était impossible que je passe à côté de cette BD, qui raconte comment le phare d'Ar-Men a été construit, dans quel but, et comment vivent les gardiens de phare.

Cette BD est sublime. J'ai rarement vu des planches aussi belles. Comme il y a plusieurs trames narratives, il y a plusieurs tons de couleurs utilisés : le bleu évidemment prédomine, couleur du ciel et de la mer, mais aussi l'orangé, couleur du feu, des moments plus intimistes où Germain raconte des histoires.

C'est une BD qui mêle la fiction aux témoignages. Témoignage d'un homme qui a participé à la construction du phare (15 ans de travaux !), mais aussi le témoignage de Louis, ancien pêcheur, soldat pendant la seconde guerre mondiale et enfin gardien de phare. Le compagnon de Germain dans la solitude des jours et des nuits de tempête. Germain raconte des légendes bretonnes à sa fille, mais est-elle vraiment là ?

Je pourrais rester des heures à regarder chaque image. Rien que la couverture me fait baver. J'imagine les heures de travail pour produire des dessins si réalistes, la force des éléments est si bien reproduite. Rien que la première page annonce une histoire originale : la vue se fait depuis le phare en pleine mer vers la terre (et non pas l'inverse comme on peut en avoir l'habitude).

Une BD puissante, magnifique, cependant la narration enchâssée m'a un peu perturbée car fiction et réalité s'entremêlent. Une relecture s'imposera, pour mon plus grand plaisir !

9/10

La fiche de la BD sur le site de l'éditeur

mercredi 23 mai 2018

La mort s'invite à Pemberley, P.D. James

Quatrième de couv' : Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, ni perturber le bonheur d’Elizabeth, la maîtresse des lieux. Elle est la mère de deux charmants bambins et Jane, sa sœur préférée, habite tout près. Cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir la plus jeune sœur d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley.
Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.
Tout en restant fidèle aux personnages du roman de Jane Austen, P.D. James imagine avec brio une suite – policière – à Orgueil et préjugés.


Mon avis : Livre acheté en 2013, à une époque où j'arrivais encore à me contenir quand je faisais une sortie en librairie. Il faut dire aussi que je commençais ma première saison en librairie et durant 4 mois j'avais pu emprunter autant de livres que je souhaitais ! Ce qui ne m'empêchait pas pour autant d'aller visiter les autres librairies de la ville et de me faire plaisir...

J'ai acheté ce livre à une période où je découvrais les romans policiers, grâce à un pote qui adorait ce genre. En regardant ma bibliothèque, il s'était moqué du prénom de l'autrice "P.D." (je me demande aujourd'hui si il n'était pas un peu défoncé ce jour-là ?), ce qui m'avait plutôt choquée de sa part, étant donné qu'il n'est ni con, ni homophobe. Bref, dans mon esprit ce livre était lié à ce garçon et je n'étais plus très sûre d'avoir envie de le lire, peut-être parce que je savais que ce polar-là ne lui aurait pas plu.

Et puis je voulais absolument lire Orgueil et Préjugés avant La mort s'invite à Pemberley. Mais une fois que je l'ai lu en 2015, je n'ai pas eu envie de me replonger directement dans cette ambiance, parce que je n'avais pas trop aimé le style, ma lecture en avait été assez laborieuse.

Le temps a passé et j'ai revu récemment le film adapté du livre de Jane Austen. J'avais donc bien en mémoire tous les éléments du roman. Je me suis dit qu'il était temps de sortir de ma PAL La mort s'invite à Pemberley.

🌳🌕🌳

Il s'agit d'un roman policier, inspiré d'Orgueil et Préjugés, que ce soit au niveau du style, que des personnages que l'on retrouve. Pour vous faire un résumé sans trop de spoiler :
Darcy et Elizabeth sont mariés, ont 2 enfants et vivent à Pemberley, où ils s'apprêtent à donner un bal d'automne. La nuit tombe, le vent se lève et un cabriolet débarque à toute allure, contenant Lydia Wickham (ex-Bennet, la petite soeur délurée et insupportable d'Elizabeth). Elle explique que Wickham et son ami le Capitaine Denny sont sortis du cabriolet, se sont perdus dans les bois du domaine de Pemberley, suite à quoi elle a entendu des coups de feu, et a pris peur, demandant à être amenée au château immédiatement. Une expédition a été menée dans la forêt et le début des ennuis commencent pour Darcy.

🌳🌕🌳

Ça n'a vraiment pas été la meilleure lecture qui soit. Au début, l'autrice ressitue tous les personnages, les événements qui ont eu lieu dans Orgueil et Préjugés, et je trouve ça vraiment bien. Mais à mon avis, quelqu'un qui n'aurait pas lu le roman de Jane Austen aurait du mal à se plonger dans celui-ci.

Je trouve que l'intrigue est bonne, elle est même bien ficelée. Mais il n'y a pas vraiment de surprise dans les révélations qui sont faites dans le dernier tiers du roman. Ou peut-être l'ai-je lu avec trop de détachement pour trouver ça surprenant.

Il n'y a pas beaucoup de rythme, c'est lent et l'histoire est assez fade. Les passages les plus intéressants sont peut-être l'enquête et le procès, car on y découvre le fonctionnement de la justice en Angleterre à cette époque-là.

Le style est plutôt lourd, et s'apparente à celui de Jane Austen, mais manquant malheureusement d'humour. L'autrice a été assez fidèle au niveau du vocabulaire employé, pour correspondre à l'époque  georgienne. Cependant elle ne parvient pas à utiliser l'ironie telle que la maniait Jane Austen.

Aucun des personnages ne m'a attiré sa sympathie. Je les ai trouvés soit ennuyeux, soit prétentieux et leurs sentiments ne m'ont pas du tout intéressée.

L'épilogue n'était pas nécessaire, Darcy se lamente et revient sur des événements qui se sont passés au moins 10 ans plus tôt et dont on imagine qu'il s'est déjà entretenu avec Elizabeth.

On aurait largement pu retirer 100 pages au roman, on n'aurait rien perdu ! Il y a trop de répétitions, de différents points de vue, puisqu'évidemment ils ont tous besoin d'expliciter à leur manière les événements qu'on sait déjà...

L'autrice revient aussi sur des événements qui ont eu lieu dans Orgueil et Préjugés. En fait, elle me donne l'impression de ne pas savoir comment retranscrire l'univers de Jane Austen, du coup son seul moyen de le faire est de reprendre des événements qui y ont eu lieu et de broder autour. La plupart des pages de ce roman ne sont que régurgitations de l'original, car elle n'invente rien pour les personnages (à part qu'ils ont vieilli et eu des enfants), elle ne leur propose aucune intrigue annexe que l'intrigue policière, pour bouleverser leur vie, ou en tout cas les ancrer dans leur époque.

🌳🌕🌳

Ma plus grosse déception avec ce livre c'est que l'autrice met très peu en avant les personnages féminins et du coup on perd tout l'univers Austenien.
On voit peu Elizabeth, qui s'enferme dans le rôle de maîtresse de maison et de mère de famille (quoique ses 2 enfants passent leur temps à la nursery), ou qui se demande continuellement pourquoi Wickham l'attire. BORING. P.D. James a tout retiré du tempérament de feu, jovial, intelligent, insoumis d'Elizabeth, en bref, on ne la retrouve pas du tout dans ce roman !
Sa soeur Lydia, qui pourrait avoir plus d'importance, vu qu'elle fait partie des passagers du cabriolet, et serait susceptible de savoir pourquoi Denny est parti en trombe à travers les bois, n'est même pas interrogée par la police !!
Les femmes ne sont pas du tout mises à l'honneur dans ce roman, et c'est bien dommage.
Que dire de Mrs Younge qui est vue comme une femme de mauvaise vertu car elle soutire de l'argent aux hommes d'une manière qui n'est pas expliquée aux lecteurs, mais d'après Darcy, c'est vraiment horrible, OLALA !
Ou encore de Louisa, qui est bien naïve et croit à l'amour qu'on lui prodigue, pour se retrouver dans une situation très embarrassante.
Les femmes ont vraiment le mauvais rôle dans ce roman.

🌳🌕🌳

Une intrigue crédible pour le côté policier mais clairement ce livre n'est pas une romance à la Austen.
Bien que P.D James s'appuie sur le cadre de Pemberley, elle n'utilise pas les personnages de la famille Bennett pour rester dans la tradition de la romance instaurée par Jane Austen.
N'étant pourtant pas une fan d'Orgueil et Préjugés, j'ai tout de même trouvé que le roman manquait cruellement de ce qui fait la saveur des romans de Jane Austen : l'humour. (et un caractère aux femmes).
Si l'intrigue policière était moins longue, plus surprenante et qu'il y avait moins de répétitions, ce roman aurait pu être un bon polar.

3/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

jeudi 17 mai 2018

What Light, Jay Asher

Quatrième de couv' : Un premier amour inattendu 
Le poison de la rumeur
Le récit d'une seconde chance

Le premier ouvrage de Jay Asher, 13 Reasons Why, a été un véritable phénomène d'édition qui s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde et a été adapté en série par Netflix. What Light est son nouveau roman. 

"Une magnifique histoire d'amour et de pardon." Stephen Chbosky, auteur du best-seller Le Monde de Charlie


Mon avis : J'ai acheté ce roman fin mars, parce que sa couverture était douce et que les couleurs me plaisaient. Je l'avais un peu feuilleté sans vraiment réussir à comprendre l'histoire, mais comme le style ne me rebutait pas trop, je l'ai pris.
J'avoue que c'était une erreur, j'aurais dû me douter que ce n'était pas pour moi. Mais bon à 15€, un si joli livre... je ne pouvais pas le laisser passer.
Et puis j'avais envie de lire un livre de Jay Asher, mais pas 13 Reasons Why, qui ne me tentait pas.
J'ai commencé ce roman sans rien savoir, je n'en attendais rien de particulier.

❄️🌲💝

Pour résumer cette histoire, puisque la 4è de couv' ne le fait pas... il s'agit essentiellement d'une histoire d'amour.
Sierra vit en Oregon une grande partie de l'année, où ses parents font pousser des sapins, qu'ils vendent de Thanksgiving à Noël dans un parc à sapins en Californie. Pendant un mois, Sierra quitte sa maison, son lycée et ses 2 meilleures amies pour rejoindre le sud. Ses parents bossent à fond pendant ce fameux mois et elle est censée les aider. Ils engagent aussi des jeunes du lycée voisin, afin d'avoir un peu de main d'oeuvre. Sierra a une meilleure amie en Californie, Heather, qui elle est en couple avec un garçon, Devon. Elle conseille vivement à Sierra de s'offrir une "romance de Noël" en sortant avec un type le temps de son séjour, pour faire des sorties à 4. Sierra n'est pas du tout pour, elle est présentée comme la fille qui rechigne à trouver des qualités à un mec. Par ailleurs son père est super protecteur et envoie ch**r tous les garçons qui osent s'approcher de sa fille. (Pas très cool le père, d'autant plus que c'est en travaillant dans ce parc à sapins qu'il a rencontré sa femme - la mère de Sierra).
Donc Sierra n'est pas du genre à se laisser prendre au jeu de l'amour. Jusqu'au jour (genre le 2è jour !), où elle rencontre Caleb, un mec pour qui son coeur fond dès qu'elle le voit. Evidemment ce n'est pas si simple, car Caleb a commis quelque chose par le passé qui le rend infréquentable aux yeux des habitants de sa ville. Tout le monde prétend savoir ce qu'il a fait, la rumeur a enflé, rendant Caleb persona non grata. Sierra pourra-t-elle sortir avec Caleb ? Est-ce que ça en vaut la peine sachant qu'elle n'est là que pour un mois ? Ses parents l'accepteront-ils ?


Spoiler alert ! 
OUI, Sierra sort avec Caleb. Ses parents vont s'adoucir en découvrant que la rumeur a amplifié les actes de Caleb, qui étaient surtout dus à une crise, à un énervement passager. Autrement dit, Caleb n'a rien fait de répréhensible. C'est juste un pauvre gamin qui a vécu des moments difficiles, avec une soeur qui ne se rendait pas compte qu'elle harcelait son frère et le condamnait à des choses qui n'étaient pas de son ressort. Bref. Autant vous dire que côté drama, on est dans du léger, et qu'il n'y a pas de quoi s'affoler !

❄️🌲💝

Bon maintenant on est clairement dans une romance de Noël (j'aurais dû m'en douter...) qui ne casse pas 3 pattes à un canard. C'est sûrement très bien à lire quand on a 14 ans, mais à 28, ça ne marche pas... en tout cas pas pour moi. C'est assez simpliste et les personnages ont tous tendance à me taper sur le système. Ils sont tous "gentils" voyez, ils ont peu de caractère.

Ce qui m'énerve le plus dans ce roman, c'est le personnage de Sierra qui se donne bien trop d'importance. Comme je l'ai dit dans mon résumé, elle doit aider ses parents à vendre des sapins durant la période de Noël. Quand on la retrouve dans le parc à sapins, non seulement elle donne l'impression de faire tout le boulot toute seule (genre décharger des sapins, les vendre, encaisser) car bizarrement ses parents "disparaissent" toujours quand il y a des clients, à croire que Sierra est ABSOLUMENT indispensable, sinon aucun sapin ne se vendrait... J'ai juste envie de lui dire "meuf t'as 16 ans ! c'est pas le boulot qui te fait vivre et pour lequel tu payes des impôts, c'est juste un job que tu fais bénévolement pour aider tes parents, redescends sur terre, t'es pas indispensable".

Et puis Sierra c'est un peu la bonne fille qui veut absolument prendre la défense de Caleb, en mode sauveuse (mec, tu peux peut-être ouvrir ta bouche et te défendre tout seul non ?). Ses arguments sont justes et empreints de maturité, mais ce n'est pas à elle de défendre Caleb quand il se fait emmerder !
Elle est trop sensible (genre elle peut pas s'empêcher d'imaginer ce qu'il s'est passé quand elle visite la maison de Caleb, prend un Lexo, girl !) et elle a tendance à s'emporter pour pas grand chose.
Parfois elle est complètement révoltée par des choses qui n'en valent pas la peine.

Tout comme Caleb, en fait. Caleb est présenté comme le beau gosse à la fossette hyper cool et serein, pourtant dès que certains sujets sont abordés, il est dépassé par les événements et soit il se renferme sur lui-même, soit il s'énerve et tente de se maîtriser pendant un bon quart d'heure.

Ces personnages vivent bien trop d'émotions... c'est les montagnes russes leur vie !
Ces deux personnages mis ensemble ont la mauvaise tendance à tout dramatiser. Un dîner avec Sierra, la mère et la soeur de Caleb ? Il y met fin parce qu'il pense que la conversation prend un mauvais tournant, alors que Sierra ne fait que raconter une expérience personnelle. Elle n'est pas en train de porter un jugement sur leur vie à eux. Pourtant c'est ce que Caleb retire du dîner et il gâche la soirée. Ce mec est complètement bête !
(Je déteste ce genre de passage dans les romans quand les personnages sont incapables de prendre du recul sur leur situation et restent bloqués dans leur égocentrisme. Le problème c'est que ça arrive dans CHAQUE romance)

Autre chose qui m'énerve : Caleb ouvre systématiquement la portière de Sierra. Genre la meuf est pas capable d'utiliser ses petits bras pour ouvrir une portière ?! Mec, arrête d'essayer d'être galant, on n'est plus en 1930 ! (C'est clairement à ce genre de détails qu'on reconnaît que le roman a été écrit par un homme. Une femme, sensible aux causes féministes, n'aurait jamais écrit que le garçon ouvrait à chaque fois la portière de la fille) (Sinon oui je sais qu'on peut être féministe et apprécier la galanterie) (mais ça m'énerve vraiment, parce que j'imagine bien Sierra attendre comme une princesse que le gars fasse le tour de sa camionnette pour aller ouvrir la portière de mâdâââme).

Malheureusement les autres personnages sont très clichés, ou peu présents. Les parents de Sierra apparaissent par moments, un coup pour l'empêcher de voir des garçons, un coup pour l'autoriser à en fréquenter. Aucune logique...
Quant aux amies de Sierra, elles sont des clichés sur pattes et elles sont sans grand intérêt.
En fait l'auteur s'est particulièrement concentré sur Caleb et Sierra, aux dépends des autres personnages qui auraient pu apporter de la fraîcheur ou de l'entrain à l'histoire. Il essaie de le faire avec Heather et Devon, mais malheureusement Heather est une fille insupportable et son copain est quasiment invisible, du coup leurs interventions tombent à l'eau.

❄️🌲💝

A noter : il y a pas mal de coquilles dans le roman, je pense que ça a été traduit à la va-vite, certaines phrases ne sont pas très fluides : l'expression "je me fais un mocha à la menthe poivrée du pauvre", vous trouvez ça fluide, vous ?! Ou encore "gigoter des sourcils", mais qui dit ça ?!
Et il y a pas mal de répétitions (surtout des détails répétés à deux pages près...). Je ne sais pas si ça vient de la traduction ou du texte d'origine, mais ça a clairement freiné ma lecture du roman.

❄️🌲💝

On ne va pas se mentir, j'ai passé l'âge pour les romances adolescentes, je devrais cesser de m'évertuer à en lire, parce que ça a plus tendance à m'agacer qu'à me faire fondre. C'est un roman qui a certainement un public amateur d'histoires d'amour, qui en plus, se déroulent au moment de Noël. Peut-être que si j'avais lu ce livre en décembre et pas en mai, j'aurais été plus séduite ?

Autre point utile : ce roman contient une histoire d'amour extrêmement chaste, donc même les plus jeunes (11-12 ans) peuvent le lire.

Je ne vais pas vous cacher que c'est un roman qui manque de surprise. Au niveau de l'intrigue, il y a assez peu de rebondissements, on peut clairement l'apparenter à un téléfilm de Noël.
La narration est linéaire, presque scolaire et le style n'est pas très agréable à lire.
Ce roman est loin d'être profond et percutant, et c'est ce qui lui fait défaut, car ainsi il manque totalement d'originalité et ne parvient pas à se démarquer des autres romances.  

4/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 14 mai 2018

Mates, Dates & Sole Survivors, by Cathy Hopkins

Quatrième de couv' : Lucy seems to be out on a limb. Everybody has a boyfriend except her, and
since she put Tony on the back burner he's found someone else. Then on a spa weekend with Izzie, Lucy meets someone who seems just right. And he feels the same way about her.

But after a while, she starts to feel smothered. Can someone love you too much ? Maybe the life of a singleton isn't so bad after all. 


Mon avis : Le lien direct vers le tome 4 est . Je me rends compte que je lis de plus en plus vite en anglais et j'ai moins besoin de faire de pauses pour rester concentrée.

Dans ce tome-ci, on retrouve Lucy comme narratrice. Ce sont les grandes vacances et les filles ont 6 semaines devant elles à remplir d'activités et de projets.
Seulement entre Tony et Lucy, ce n'est plus trop ça, Tony a d'autres projets.
Quant aux 3 autres filles, TJ, Nesta et Izzie, elles sont toutes en couple ! Lucy se sent laissée de côté. Pourtant lors d'un séjour à la campagne, lors d'une retraite "Yoga-Méditations", Lucy va faire la connaissance d'un garçon, Daniel.

Ce tome est vraiment centré sur Lucy et ses sentiments. J'ai toujours bien aimé ce tome, parce qu'il ne se passe pas des trucs de ouf, mais la relation qu'entretient Lucy avec Daniel est intéressante à mettre en scène dans un livre pour ado.
J'aime bien les interventions de la mère de Lucy, c'est toujours juste et bienveillant.
Plus je lis ces romans et plus je trouve les filles matures pour leur âge (14 ans). Elles sont toutes bienveillantes, de bon conseil et pleine d'empathie. C'est un bon groupe de copines à suivre.

Dans ce tome, à la fin des chapitres on trouve des t-shirts avec des citations inventées par Lucy, son projet étant de créer des t-shirts à message. Je ne suis pas spécialement fan.

8/10

dimanche 13 mai 2018

L'intensité secrète de la vie quotidienne, William Nicholson

Quatrième de couv' : Six jours dans la vie d’une douzaine d’habitants d’un petit village de la campagne anglaise, en mai 2000. Un microcosme, avec à son centre Laura, 42 ans, archiviste avec mari et enfants, qui mène une vie de famille ordinaire. Jusqu’au jour où Nick, un amour de jeunesse, refait irruption, venant remettre tout en cause.
La passion, la famille, les ambitions et les sacrifices, le sexe, le pouvoir, l’argent et Dieu : on retrouve dans ce livre profond et drôle tous les thèmes qui font les petits et les grands bouleversements de nos existences.

C’est délectable. W. Nicholson signe une histoire subtile et délicate. P. Frey, Elle.

Parfaitement dosé et orchestré, il emballe d’un bout à l'autre avec sa construction polyphonique, ses personnages incarnés qui bataillent tous avec les tracas du quotidien. Avec les rêves et les faux-semblants d'une existence qui leur file entre les doigts comme du mercure. A. Fillon, Lire.


Mon avis : J'ai acheté ce roman pour son résumé alléchant à l'été 2014 dans une librairie de Bayonne que j'aimais bien. Ça date donc ! Il fait partie de ces livres que j'achète en me disant que je le lirais quand j'aurais du temps. Celui-ci fait 579 pages, 600 en comptant la postface. 
L'autre jour j'ai refait du tri dans mes livres à lire et j'ai re-découvert ce roman. Comme je suis partie 2 jours sans ordinateur, j'en ai profité pour le prendre en me disant que j'aurais certainement le temps de le lire. Grossière erreur ! je n'ai lu que 115 pages durant ces 2 jours... Ça ne m'a pas empêchée de le continuer à mon retour, en m'aménageant de vraies plages de lecture pendant lesquelles je ne vais pas sur internet (du moins j'essaie...). 

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Que dire, que dire ? C'est un roman choral dans lequel nous suivons un petit groupe d'habitants d'une commune du Sussex. Il s'agit de tranches de vie, sur une période donnée (7 jours). On pourrait presque parler de portrait, si le profil psychologique était un peu plus développé. 

Il y a de nombreux personnages (presque trop si on n'est pas très attentif) et il est plutôt difficile de s'attacher à certains qui ont vraiment un sale caractère (je pense à la vieille Aster Dickinson). 
D'autres sont plus approfondis, mais j'ai du mal à percevoir vraiment leurs traits de caractère, par exemple Laura et Henry sont un couple qu'on suit vraiment durant tout le roman, on découvre même Laura quand elle avait 20 ans et qu'elle a vécu une histoire d'amour marquante, pourtant je n'arrive pas à tirer un aspect psychologique de ces personnages. 
D'autres m'ont été plus faciles à imaginer, même si on entrait moins dans leur vie (Alan, ou Liz, voire le pasteur Miles Salmon). 
Il faut aussi noter que l'auteur ne "force" pas : ses personnages n'ont pour certains aucun lien entre eux. Même si certaines trames se recoupent, heureusement l'auteur ne créé pas de lien entre chacun, ce qui rend les choses plus crédibles. 
Le lecteur entre dans la vie de ces personnages, on connaît leurs pensées, leurs rêves, leurs ambitions, leurs craintes, leurs regrets. 

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L'auteur aborde différents sujets : le retour d'un premier amour, la possibilité d'un adultère, le rapport des parents aux enfants, la vie de mère célibataire, le sexe, l'ambition artistique, la foi, la solitude. Mais c'est surtout une histoire de routine. Les rencontres viennent la bousculer, et les personnages évoluent grâce à l'ensemble des expériences qu'ils connaissent, pourtant c'est la routine qui ressort, parce que c'est à cause d'elle que les personnages souhaitent une vie différente. 

En lisant la postface j'ai pu découvrir que l'auteur avait mis beaucoup de lui dans cette histoire, à travers les lieux mais aussi les personnages. C'est un peu comme si toute sa vie était dans ce livre et quand je découvre qu'il passe 7h par jour à écrire, je me dis qu'il a beaucoup de ténacité (et beaucoup de choses à raconter !). 

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Le rythme est bon, on alterne entre descriptions succinctes des lieux et dialogues entre les personnages.  Le style de narration est simple, mais certains paragraphes peuvent sembler denses, car beaucoup d'informations nous sont données, sans pour autant être compliquées, ce sont rarement des choses conceptuelles. 
Il y a parfois des situations qu'on pourrait sauter, par exemple lorsque Laura part à Londres chercher une nouvelle tenue pour une soirée, mais c'est si justement raconté, que même si ce passage n'a pas d'impact pour la suite, il est si bien décrit que ça vaut la peine de le lire, et de peut-être s'identifier. 

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William Nicholson a vraisemblablement un problème avec la campagne, ça revient plusieurs fois dans le bouquin, selon lui (ou ses personnages) la campagne anglaise n'est plus ce qu'elle était, à savoir qu'elle est devenue un paradis de la consommation pour des citadins en mal d'air pur, mais qui ne veulent pas avoir les désagréments de la campagne (l'odeur du purin, la boue sur leurs roues). 
C'est aussi un lieu où les agriculteurs se meurent, on a un passage intéressant qui vient nous raconter la dure vie d'agriculteur. En fait, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop sur ce sujet, ce qui m'a embêtée parce que je me demandais ce qu'il cherchait à faire avec cette revendication. 

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Il y a quelques passages mal traduits, à un moment une enfant de 9 ou 11 ans parle et la traductrice lui fait employer le mot "cela" pour "ça" durant tout le passage, ça ne sonnait pas naturel du tout ! 

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Apparemment ce livre est un premier tome, mais il est certain que je ne lirai pas les 3 suivants. J'ai lu les résumés et on fait des bonds dans le temps très importants, on suit de nouveaux personnages. J'estime donc qu'il ne m'est pas nécessaire de tous les lire pour avoir une vue d'ensemble. 

J'ai aimé ce roman, il se lit vite si on s'intéresse au sort des différents personnages. Mais je sais pertinemment que j'ai déjà oublié de nombreux passages. Normal... c'est un peu comme dans la vraie vie, on oublie ce qui est moins important. 

6/10 

lundi 7 mai 2018

Dictionnaire insolite de l'Argentine, Anne Papazoglou

Quatrième de couv' : Terre de Feu glacée, pampa infinie, immenses chaînes de montagnes, pays riche ultra-endetté, Argentins désargentés, effervescente quiétude, égocentrisme généreux, rire désespéré... L'Argentine est la contrée des extrêmes et des paradoxes ; tout y est sophistiqué et kitsch, moderne et archaïque, sublime et insupportable. On y discute de politique au bureau, de psychanalyse chez le coiffeur, de sexualité au supermarché, dans un castellano qui n'a de castillan que le nom, tout en cherchant à panser les plaies des années de dictatures, à l'ombre des jacarandas en fleur, et à profiter des plaisirs de la vie sous le signe de l'asado et du football avec pour armes suprêmes l'humour et l'autodérision.


Mon avis : J'ai acheté ce livre en 2016, au moment où j'aurais adoré aller en Argentine. Depuis, cette envie m'est passée. Mais j'ai quand même cette "soif" de connaissances, surtout quand il s'agit d'un autre pays, et encore plus quand celui-ci est à l'autre bout du monde.

Grâce à ce livre, qui est une succession de notions qui ont constituées l'Argentine, j'ai appris plein de choses ! Des mots en castillan, mais le castillan argentin, attention ! On découvre la gastronomie, l'économie, le passé trouble du pays avec ses dictatures militaires, les grandes personnalités, la géographie des lieux aussi.

Bref, même si ce dictionnaire n'est pas exhaustif, il donne un bon aperçu de ce qu'est l'Argentine à notre époque, vue par une Française amoureuse de ce pays. Le style est moderne et on a l'impression de lire des articles de blog car le ton est léger, tout en étant suffisamment explicatif.
Il est plutôt utile d'avoir un ordinateur à proximité car on a envie de voir certaines entrées ! (ex : le yaguareté)
La fin du livre propose aussi de partir à la découverte de l'Argentine par les films, la musique ou la littérature et ça donne très envie de découvrir tout ça.

Je recommande ce livre si vous êtes intéressé∙e par l'Argentine, ou si vous prévoyez un voyage, ce livre peut déjà vous donner une idée des us et coutumes du pays.

8/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

samedi 5 mai 2018

Thérèse Raquin, Emile Zola

Quatrième de couv' : A vingt-sept ans, en 1867, Emile Zola ne s'est pas encore attaqué aux Rougon-Macquart, son oeuvre géante. Comment s’imposer « quand on a le malheur d’être né au confluent de Hugo et de Balzac » ? Comment récrire La Comédie humaine après ce dernier ?
Mais ses tâtonnements sont brefs. Thérèse Raquin, son premier grand roman, obtient un vif succès.

Thérèse a été élevée par sa tante dans le but d’épouser son cousin, un homme au tempérament maladif. Bientôt, elle ne supporte plus cette vie cloîtrée, ni ce sinistre passage du Pont-Neuf où Mme Raquin installe sa mercerie. Toute sa sensualité refoulée s’éveille au contact de Laurent, un peintre raté dont elle devient la maîtresse. Les amants décident de noyer le mari.
L’âpreté, la sexualité, le crime. Zola est déjà Zola dans ce mélange puissant de roman noir et de tragédie, dans cet implacable réalisme social et humain.


Mon avis : Ça fait au moins 2 ans que j'ai pris dans les livres de mon père Thérèse Raquin, parce que c'est un livre qui est très souvent lu au lycée, et je n'avais pas eu l'occasion de le lire à cette époque. J'étais plutôt intriguée, d'autant plus qu'il ne m'en avait dit que du bien. Mais comme je suis lente à me décider à lire des classiques, le livre est resté un moment dans ma PAL.

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L'article va être assez court et pas très approfondi car je n'ai pas grand chose à dire.
J'ai trouvé l'histoire franchement bonne, avec une intrigue assez originale pour l'époque (enfin j'imagine). Mais le traitement qui en est fait n'était pas très prenant. Quand je posais le livre, je n'avais pas spécialement envie de connaître la suite.
Je trouvais le rythme parfois très lent : tout ce qui touchait à la psychologie des personnages et leur délire c'était assez lent. Par contre les scènes d'action étaient intéressantes mais souvent trop rapides, peu approfondies.

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Le style me parait assez moderne. En revanche Zola use et abuse du mot "roidi" ou du verbe "roidir", qu'aujourd'hui on n'utilise plus du tout. Je l'ai lu tellement de fois dans ce roman, on pourrait en faire un jeu à boire, on finirait mal ! Il y a quand même des répétitions, qui intensifient aussi le côté terrifiant de ce qui se déroule.

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L'histoire est de plus en plus terrible, on sombre avec les personnages, on découvre leur cruauté, leur égoïsme. Si j'avais été plus prise par le rythme de l'histoire, j'aurais pu me sentir vraiment mal à l'aise durant ma lecture, mais vu que j'ai mis de la distance avec le roman, je n'ai pas ressenti cette sensation de malaise comme d'autres. Zola a vraiment créé une ambiance sombre, sale, glauque (dès les premières pages d'ailleurs).

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Les personnages et leurs sentiments sont très bien décrits. Ils ne sont pas très nombreux, les personnages secondaires sont peu profonds mais assez "pénibles", ce sont essentiellement leurs défauts qui ressortent.
Et malgré tout l'aspect immoral des actions de Thérèse et Laurent, ils finissent par nous toucher par leurs angoisses, leurs remords, leur culpabilité, leur folie destructrice. On ressent tellement leur impossibilité à vivre une vie normale après ce qu'ils ont fait. Rien ne parviendra à leur rendre la vie.

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Une histoire intéressante, des personnages solidement campés, mais un manque de rythme qui a ralenti ma lecture.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 1 mai 2018

Le Château de ma mère, Marcel Pagnol

Quatrième de couv' : Le plus beau livre sur l’amitié enfantine : un matin de chasse dans les collines, Marcel rencontre le petit paysan, Lili des Bellons. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées.

Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d’enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu’il considérait comme un diptyque, s’achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. Le petit Marcel, après la tendresse familiale, a découvert l’amitié avec le merveilleux Lili, sans doute le plus attachant de ses personnages. Le livre se clôt sur un épilogue mélancolique, poignante élégie au temps qui a passé. Pagnol y fait vibrer les cordes d’une gravité à laquelle il a rarement habitué ses lecteurs.

« “Hé ! l’ami !”
Je vis un garçon de mon âge qui me regardait sévèrement. “Il ne faut pas toucher les pièges des autres, dit-il. Un piège, c’est sacré ! –  Je n’allais pas le prendre, dis-je. Je voulais voir l’oiseau.”
Il s’approcha : c’était un petit paysan. Il était brun, avec un fin visage provençal, des yeux noirs et de longs cils de fille. »


Mon avis : Je ne suis pas sûre d'avoir déjà lu Le Château de ma mère. Je l'ai souvent vu (la cassette n'a certainement pas survécu aux nombreux visionnages que j'ai fait de ce film), et si je l'ai lu je devais être très jeune et l'avoir emprunté à la bibliothèque car il est nul part à la maison.

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Je pense que c'est mon tome préféré (bon j'en ai lu que 2 sur 4 pour l'instant) mais dans celui-ci il y a tout : un style encore plus joli que dans le précédent, entre tendresse et humour. C'est fluide et si agréable à lire.
Je l'ai déjà écrit pour La Gloire de mon père mais j'aime tellement l'ambiance qui est retranscrite, celle d'une époque où le chemin des vacances nécessitait 4h de marche, avec des paquets qui contenaient la quasi-intégralité des affaires de la maison. Une époque où Marcel apprenait tant de la nature, grâce aux connaissances de son père mais aussi celles de Lili, et grâce à ses propres découvertes.

☀︎♥︎☀︎

On y découvre l'amitié forte entre garçons, les balades dans la nature en se donnant pour mission de revenir avec des oiseaux ou des lièvres pris au piège, la fin des premières vacances passées à la villa des Bellons et le projet de devenir ermite, toujours l'amour pour la famille et puis cette aventure qu'est le chemin interdit longeant le canal !

☀︎♥︎☀︎

Marcel est un enfant qui est un brillant élève, attentionné envers sa mère qu'il souhaite protéger des tourments de la vie, rebelle et courageux, prêt à se mettre en quatre pour venir en aide à ses parents et leur enlever le poids des soucis. Il a le côté responsable qu'ont certains aînés des fratries. Il est joueur et espiègle avec son petit frère, Paul.
Et puis il a ce petit côté vaniteux, il adore se mettre en avant auprès de Lili, avant de se rendre compte que si lui, l'enfant de la ville maîtrise si bien la langue parce qu'il est fils d'instituteur, ce n'est pas le cas de son petit copain paysan Lili... alors Marcel fera l'effort d'écrire une lettre pleine de fautes d'orthographe afin de ne pas blesser son ami. On ne peut éprouver que de la tendresse pour cette action si humble.

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L'épilogue me fait de la peine par contre, mais ce sont les aléas de la vie. Et Marcel Pagnol retrouve sa voix d'adulte pour nous écrire un magnifique paragraphe (qui me faisait tirer les larmes chaque fois que je l'entendais à la fin du film).

Lire les Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol c'est comme manger un délicieux carré de chocolat, on savoure !

9/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur