jeudi 22 mars 2018

Rien ne va plus, Le journal d'Aurore 3, Marie Desplechin

Quatrième de couv' : 11 octobre : Areski a trouvé un nom pour le groupe. Blanche-Neige et les sept nains. Ce n’est pas que ça m’ennuie de faire Blanche-Neige, mais les garçons ne sont que cinq. Donc, inutile d’y penser plus longtemps, voilà ce que j’ai dit. Mais justement, a répondu Areski, c’est comme pour les trois mousquetaires. Un clin d’oeil. Un clin d’oeil ?
– Je ne vois même pas de quoi tu parles.
– Des trois mousquetaires.
– Et alors ?
– Ils étaient quatre.
– Comment tu le sais ?
– Tu n’as pas lu le livre ?
– Quel livre ?
Les Trois Mousquetaires, bien sûr.
– C’est le titre ?
– Ben oui, c’est le titre. Qu’est-ce que tu veux
que ce soit ?
– Je ne sais pas, moi… Les auteurs ?
J’en ai plein le dos, de tous ces bouquins que je ne
connais pas. Areski était mort de rire. Il a raconté l’histoire
aux autres nains au fur et à mesure qu’ils arrivaient
de la mine. Et tous les nains de se gausser joyeusement.

Dans ce troisième tome très attendu de son journal, Aurore se met à l’écriture de chansons
de rock et à la rédaction de fiches de lecture pour le cours de français. Avec l’humour qui
la caractérise, Marie Desplechin a laissé libre cours à la verve créatrice de son héroïne. Elle qui a toujours été une excellente élève, s’est beaucoup amusée à imaginer les commentaires d’Aurore sur des classiques de la littérature comme La Princesse de Clèves ou Tristan et Yseult.

Mon avis : Et voilà, je viens de finir la trilogie Le Journal d'Aurore, que je suis contente d'avoir découverte. Je pense que c'est une très bonne série à offrir à une ado qui aurait pas mal d'humour pour saisir le second degré et l'autodérision dont fait preuve Aurore tout au long de ses journaux intimes.

Durant cette dernière année, Aurore entre au lycée, en seconde, où comme d'habitude, elle n'excelle pas. Elève paresseuse, elle ne fait d'efforts qu'en maths. Cependant un prof de français va l'ouvrir à la littérature, et Aurore va découvrir la puissance des mots. Cette découverte la pousse aussi à écrire ses propres textes de chansons. Sa vie se remplit de plein d'activités, et de nouvelles personnes.
C'est un tome dans lequel Aurore est moins négative, elle s'investit plus auprès des autres et un changement s'opère dans sa personnalité. Alors oui elle râle toujours mais c'est vraiment pour la forme !

Même si Aurore ne deviendra jamais "adorable", elle parvient quand même à se faire aimer d'un grand nombre de personnes et sa vie s'améliore à plusieurs niveaux. Je l'ai même trouvé touchante, notamment quand elle découvre de nouveaux sentiments vis à vis d'un garçon mais aussi vis à vis d'un livre.
Elle n'aime pas "nommer" les choses et j'ai trouvé ça assez juste concernant les adolescents. Enfin il me semble qu'à cet âge-là, j'aurais eu du mal à justifier mes positions sociales en parlant "de discours politique" par exemple. C'est une forme de détachement et je trouvais plutôt juste qu'Aurore ne se mouille pas trop sur des sujets si importants, un peu comme si elle ne voulait pas reconnaître leur importance, parce qu'elle a d'autres préoccupations, qui sont celles d'une adolescente qui ne veut pas grandir trop vite.

J'ai beaucoup aimé découvrir l'avis d'Aurore sur des classiques de la littérature, c'était très drôle. Elle confond auteur et titre, puis elle va sur internet, récupère des résumés, les arrange à sa sauce... mais on ne la fait pas à son prof ! Il veut SON avis personnel sur les lectures. Alors Aurore s'y met, avec sa prose et ses critiques désopilantes.

Même si j'ai bien aimé ce tome où Aurore mûrit et est plus tempérée avec sa famille, je lui attribue un 7, parce que la thématique de la musique ne me plait pas dans les romans et elle prend quand même beaucoup de place dans la vie d'Aurore dans ce tome.

C'est un moment de lecture plaisant et je le recommande si vous aimez les lectures légères (et l'impertinence alliée à la naïveté d'Aurore).

7/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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