lundi 12 mars 2018

Les lunes de Jupiter, Alice Munro

Quatrième de couv' : Comment vider des dindes peut marquer à jamais une jeune fille de 14 ans…
Comment un cadeau simple et doux comme un sac de petites algues peut réchauffer un cœur désespéré…
Douze nouvelles composent des portraits de femmes qui, sous une apparence fragile, cachent souvent un caractère étonnant et courageux. Avec lucidité, elles affrontent la vie, ses joies et ses peines, ses luttes et ses déceptions.

« Dans l’œuvre de Munro, les émotions explosent. Les préjugés se délitent. Les surprises se multiplient. » The Guardian


Mon avis : En 2013 Alice Munro recevait le Prix Nobel de la Littérature. Face à tant d'inculture (surtout devant les clients), j'ai voulu découvrir cette autrice, j'ai donc acheté Les lunes de Jupiter,  au printemps 2014, probablement parce que le titre sonnait bien.
Il est resté 4 années (4 !) dans ma PAL. Récemment je me suis décidée à le sortir, trouvant pratique que ce soit un recueil de nouvelles. Je pouvais en lire une tous les soirs, jusqu'à cet après-midi où j'ai accéléré le rythme pour finir le livre.

Initialement paru en 1989 en France (mais une dizaine d'années plus tôt au Canada), j'ai eu du mal à dater la plupart des nouvelles, d'autant plus que souvent celles-ci nous plongent dans un passé antérieur au temps du récit. Du coup j'avais du mal à m'identifier à ces femmes d'un autre siècle (et d'un autre continent, à savoir le Canada).
Si chaque nouvelle fait entendre la voix d'une femme, c'est avant tout la voix humaine qu'on perçoit dans ces textes : l'ennui, la solitude, le désespoir, les doutes, sont propres à chacun mais également universellement connus.

Chacune des nouvelles a sa particularité, une thématique, plus ou moins. Elles mettent toutes en scène des femmes, qui souvent se remémorent des évènements du passé. La plupart des nouvelles parlent de la famille, de notre rapport à l'entourage proche, de ce qu'on a partagé avec eux. Ces femmes s'inscrivent toutes dans leur époque et dans le cadre familial qui les a façonnées.

La plume est parfaite, il n'y a rien à redire à propos du style. On sent que l'autrice a travaillé chacune de ses nouvelles pour y apporter une grande crédibilité, avec un souci du détail sans que ça n'envahisse l'histoire : le décor est planté, l'ambiance créée.
Cependant il n'y a pas de chutes si certains s'attendaient à cela. Ici les nouvelles se finissent quand l'autrice en a décidé, un peu comme la vie. Ce sont des moments de vie qu'elle capte, nous montre, et c'est à nous d'imaginer la suite.

J'ai beaucoup aimé la nouvelle Mme Cross et Mme Kidd qui était touchante et pleine d'humanité.

Ce n'est pas un livre qui se dévore, qui divertit, c'est plutôt un livre qu'on découvre pour le style de l'autrice et pour la finesse de ses analyses. Alice Munro ne juge pas ses personnages, elle les révèle au monde.

6/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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