mardi 23 janvier 2018

L'élégance du hérisson, Muriel Barbery

Quatrième de couv' : « Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. »
« Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

Mon avis : Alors... Que dire de cette lecture ? Déjà je voulais le lire parce que beaucoup l'ont lu, je voulais savoir pourquoi il avait eu autant de succès.
Je n'étais pas spécialement motivée par l'histoire en question. Bien que j'imaginais un rapprochement entre les deux personnages, que ça allait être une histoire de génération qui se rencontrent...
Et j'étais loin de savoir que l'autrice avait un côté pédant, qu'elle aimait étaler sa science (notamment sur le Japon, super ennuyeux pour moi qui ne m'y intéresse pas), et plus particulièrement faire un étalage de références élitistes à la philosophie. Parce que clairement c'est ça que j'ai lu : un ouvrage qui parle de philosophie, de réflexions sur l'Art et la Beauté. Et moi ça ne m'a jamais plu la philo. C'était donc un livre laborieux à lire.

Et le style est parfois très lourd : que ce soit la pré-ado de 13 ans qui raconte ses pensées (évidemment hautement philosophiques, puisqu'elle est surdouée), ou que ce soit Renée, 54 ans, concierge qui se fait passer pour une idiote alors qu'elle a passé sa vie à s'instruire de manière autodidacte, le texte est lourd, le vocabulaire ampoulé, le ton sarcastique (et sur 410 pages c'est trop, bien trop).

Il y a des passages qui se lisaient vite, j'avançais bien, et puis des passages où l'autrice me perdait complètement ! C'est inégal, le texte manque d'équilibre. Le déroulement de l'histoire est perdu au milieu de concepts philosophiques. L'intrigue ne prend pas suffisamment de place pour me donner envie de me plonger dans le roman, elle n'est pas passionnante.
Et à cause de ce manque d'intrigue, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Je ne les ai d'ailleurs pas aimés.
Renée est antipathique, déteste "les riches", et elle a une âme sombre.
Paloma n'est pas présentée comme une enfant dont on pourrait croire à l'innocence, non, elle est déjà mature et intelligente, c'est une adulte, mais qui n'a ni amour, ni patience, ni empathie pour autrui.
Les deux sont très amères, à cause de leur vision acerbe du monde. Leur rencontre les conforte dans l'idée qu'elles sont différentes, voire supérieures aux autres, ce qui ne les rend pas plus sympathiques... Elles n'évoluent pas au contact l'une de l'autre.
Seul M. Ozu arrive avec son grand coeur, mais même lui je n'ai pas réussi à croire en sa personnalité, il n'était pas crédible, car il est complètement idéalisé par Renée et Paloma qui sont folles du Japon (un Japon idéalisé aussi, car comble du raffinement).

La question de la place de chacun dans la société est évidemment abordée puisqu'on a d'un côté une concierge, qui vient d'un milieu pauvre, et qui pour ne pas bousculer les codes, préfère cacher sa culture. Et d'un autre côté on a cette galerie de personnages riches, qui sont dépeints comme des personnes malpolies, égoïstes, à qui tout leur est dû. Cette antinomie m'a mise mal à l'aise parce qu'il faudrait y voir d'un côté les gentils et de l'autre les méchants, du manichéisme à l'état pur.
Et finalement le trait d'union de ces deux mondes nous vient par la présence d'une pré-ado, fille de riches et d'un Japonais, riche aussi, mais qui ont su lire entre les lignes et voir au-delà des apparences.

J'ai été déçue aussi que la rencontre entre Renée et Paloma n'arrive qu'à la fin du roman. Ça arrive trop tard pour y voir un lien d'amitié entre les deux personnages, il n'y a aucune humanité, juste de la courtoisie. Elles ne partageaient rien et ça rend la fin bizarre, qui est d'ailleurs horripilante ! (Faites taire Renée pour l'amour du ciel !)

Oui il y a certaines phrases qui sont belles mais j'ai beaucoup de mal à comprendre le succès de ce livre. L'autrice en fait des caisses, c'est prétentieux et excluant. Les références et le style prennent trop de place alors que l'histoire aurait pu être intéressante.
Bref ce n'était pas un livre pour moi !

3/10

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

6 commentaires:

  1. Ouah ton avis ne me donne pas du tout envie de le sortir de ma PAL. J'aime beaucoup le Japon mais si l'auteur s'en sert pour montrer sa supériorité sur les "autres" ça ne va pas être de la tarte à lire. Vu tes arguments je comprends pourquoi tu as détesté ce livre XD!

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    1. Haha ! Bon ce livre a sûrement trouvé son public, mais je dois avouer que les réflexions philosophiques sur l'Aaaaart et quelques bons clichés sur le Japon, ça m'a soûlée...!

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  2. J'avais commencé à lire ce roman, mais au bout d'à peine une dizaine de pages, je l'ai abandonné. Le style est lourd, les phrases longues, je ne comprenais rien, ça me donnait mal à la tête. Pas une lecture sympathique du tout. En revanche le film est bien !

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    1. Bizarrement le début m'a paru simple et pas désagréable, mais après ça se corse... Je vais essayer de voir le film si je le trouve, j'imagine qu'il y a moins de références philosophiques dedans.

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  3. ah je me sens moins seule, je n'avais pas vraiment apprécié ce livre non plus ;)

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