samedi 30 décembre 2017

Qui es-tu Alaska ? John Green

Quatrième de couv' : Miles Halter a seize ans mais n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire: ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l'insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante.

Amitiés fortes, amour, transgression, quête de sens: un roman qui fait rire, et fondre en larmes l'instant d'après...

Mon avis : Ce roman était dans ma wishlist depuis super longtemps, bien avant que je ne devienne libraire. J'ai eu maintes fois l'occasion de l'emprunter, mais le résumé ne m'attirait plus autant que la première fois où j'ai entendu parler de ce livre. Jusqu'à ce que je conseille à ma mère de l'offrir à ma cousine de 16 ans. Je m'étais dit "John Green, valeur sûre, ça va lui plaire".
Mais la curiosité l'emportant, j'ai aussi acheté le livre pour moi et je me suis décidée à le lire, parce que je voulais savoir si mon conseil était bon ou en tout cas valable pour son âge...

J'avoue m'être un peu plantée parce que je n'ai pas été du tout touchée ni vraiment emballée. Je le reprenais un peu à reculons, en mode "faut le finir, c'est le 200è livre lu en 2017" (moi je compte aussi les recueils de nouvelles, les BD, les courts romans pour enfants et les albums jeunesse que j'ai lus en masse au boulot en début d'année).
J'ai été un peu "choquée" par certains passages qui évoquent la sexualité, je trouvais ça trop frontal, trop cru, peut-être parce que je l'ai conseillé à une personne qui dans ma tête a toujours 10 ans ?! Après réflexion je me suis souvenue avoir lu des choses bien plus trash à l'âge de 15 ans, donc bon à 16 ans si on n'a jamais entendu parler de porno, c'est qu'on vit dans une grotte, non ?

Bref.
Alors pourquoi un tel désintérêt ?
Je pense que je ne suis pas le bon public pour ce roman.
Déjà l'histoire est du point de vue d'un adolescent originaire de Floride de 16 ans, qui va se rendre dans un lycée en Alabama, cherchant son indépendance pour trouver ce qu'il nomme "le Grand Peut-Être", et sortir de sa routine en fait. J'ai surtout trouvé qu'il voulait grandir trop vite, mais je dis ça en ma qualité d'adulte de 27 ans qui préfèrerait en avoir encore 14 afin d'éviter toutes les emmerdes de la vie d'adulte.

Ensuite je n'ai pas réussi à ressentir d'empathie pour les personnages. Je n'ai pas vu l'amour que Miles ressent pour Alaska. Ok il la trouve belle et formidable, mais un peu comme si il avait un coup de coeur, pas un réel intérêt pour cette fille qu'il connaît si peu.
Alaska est présentée de façon assez superficielle. Elle est magnétique (du point de vue de Miles), mais l'est-elle vraiment ? On dirait que Miles refuse de voir la vraie Alaska, celle qui est blessée par la vie, mais aussi froide, autoritaire, inconstante, séductrice, et qui boit trop.
En fait la psychologie des personnages est assez peu approfondie et c'est bien dommage !

La relation entre Le Colonel et Miles (appelé Le Gros, parce qu'il est maigre, ce qui ne m'a pas paru très intelligent) arrive très rapidement. Ils ne se connaissent pas, vont vivre dans la même chambre durant une année et pourtant Le Colonel traite Miles comme si ils se connaissaient depuis toujours et ça me semble peu réaliste. Son intégration dans ce nouveau lycée est trop simple, trop rapide. Cependant j'ai trouvé vers la fin leur relation plus touchante. J'imagine que partager un événement si particulier renforce les liens.

Et puis j'ai vite compris que le texte allait être divisé en 2 parties suite à un événement assez fort. J'ai d'ailleurs deviné plusieurs choses avant qu'elles n'arrivent aux personnages ou qu'eux-mêmes les comprennent. Donc pour le suspense on repassera.

Par contre je trouve que l'intrigue se tient, elle est bien menée même si c'est très académique dans la forme. Miles est le garçon américain typique, the boy next door un peu, bon élève, il ne faisait pas de vagues jusqu'à avoir envie de savoir où sont ses limites.
Ce que j'aime c'est que l'auteur décide de ne pas épargner les adolescents en leur parlant de choses qui arrivent dans la vie et auxquelles on se retrouve confrontés sans aucune préparation. Il les invite à réfléchir au sens de la vie, à la meilleure façon de la vivre.

Je ne dis pas que c'est un mauvais livre. Je pense qu'il ne m'a pas parlé, parce que j'ai passé l'âge, l'adolescence avec les premiers émois, les découvertes de la sexualité, les bêtises pour transgresser les règles et puis même la quête de sens ne m'a pas vraiment intéressée. Je me suis ennuyée et ça arrive !

Je pense que l'écriture de John Green a bien évolué et que Tortues à l'infini est plus abouti au niveau des messages positifs qu'il véhicule, que Qui es-tu Alaska ? Aujourd'hui, je suis certaine que John Green ne surnommerait plus ses personnages Le Gros ou le Nippon, en référence à une particularité physique ou à l'origine.

Je serais curieuse d'avoir vos retours sur ce roman, et de savoir à quelle période de votre vie vous l'avez lu ?

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 27 décembre 2017

L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux

Quatrième de couv' : Une nuit entière de révélations pour une épopée familiale jubilatoire !

Titania emmène sa fille, Nine, seize ans, dans une mystérieuse cabane au bord d'un lac. Il est temps pour elle de lui dévoiler des événements de sa vie qu'elle lui avait cachés jusqu'alors.
Nine écoute, suspendue aux paroles de sa mère. Flashback, anecdotes, personnages flamboyants, récits en eaux troubles, souvenirs souvent drôles et parfois tragiques, bouleversants, fascinants secrets...
Peu à peu jaillit un étonnant roman familial, qui va prendre, pour Nine, un nouveau tour au petit matin...

Une histoire qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout de la nuit.

Mon avis : J'ai pris ce livre au boulot, c'était un SP dont personne ne voulait, j'ai demandé si je pouvais l'avoir et on m'a répondu que je pouvais l'emmener et le garder chez moi.

J'ai bien fait parce qu'en plus d'avoir une jolie couverture, il est aussi très bien écrit.
Contre son avis, Titania emmène sa fille Nine dans une cabane au bord d'un lac. A cause d'elle, Nine s'apprête à rater la plus grosse soirée de sa vie ! Mais l'adolescente va vite réaliser que si sa mère l'a emmenée ici c'est pour lui révéler quelque chose d'important.
Au terme de cette nuit, Nine en aura appris plus sur la famille de sa mère qu'en 16 ans.
C'est une histoire que va lui dérouler Titania, autrice de romans policiers. Pourtant ce ne sera pas une histoire inventée comme Titania a l'habitude d'en écrire, mais bien des souvenirs et un profond secret.

Je n'avais jamais lu de livres d'Anne-Laure Bondoux et pourtant tous les booktubers en parlent. Je dois encore avoir un train de retard...
L'écriture est simple, on n'assiste pas à un récit plein de ficelles scénaristiques évidentes, l'autrice déroule simplement une bobine avec le monologue de Titania. Par cette voix, l'autrice nous tient en haleine, parce qu'on veut savoir ce qui a poussé cette famille à se retrouver dans cette cabane. L'histoire prend des allures de conte tant on est suspendu aux lèvres de Titania.
On navigue à travers les époques au rythme des changements de président ou des évolutions de la société.
Au bord de ce lac, où le réseau ne passe pas, on se déconnecte totalement comme Nine et sa mère.
La fin est peut-être un poil rapide et précipitée, j'aurais aimé en savoir plus sur la rencontre finale.

J'ai bien aimé les portraits d'hommes et de femmes qui sont décrits dans cette histoire. Les femmes sont fortes, bien qu'abîmées par la vie, les hommes ont aussi eu leur part de souffrances et malgré tout, chacun arrive à trouver sa voie. Tous sont attachants et j'ai aimé les retrouver au fil du temps, savoir ce qu'ils sont devenus.

Je crois que j'aime assez les histoires de famille et les parcours de vie parsemés de secrets, de difficultés et d'échecs, parce que c'est crédible. En plus de ça, il y a de l'optimisme et de la poésie qui se dégagent de cette histoire. Bref, un roman dont j'espère me souvenir longtemps.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mardi 26 décembre 2017

Lettres de l'intérieur, John Marsden

Quatrième de couv' : Mandy et Tracey ne se sont jamais rencontrées, mais elles connaissent tout l'une de l'autre. Les deux ados ont entamé une correspondance à la faveur d'une petite annonce postée dans un magazine. Depuis, elles s'échangent des lettres souvent joyeuses et se confient leurs espoirs, leurs doutes, comme si elles se connaissaient depuis toujours.
La vie de Tracey semble parfaite. Une famille géniale, un petit copain sexy, des vacances de rêve et de l'argent à profusion... Trop beau pour être vrai ? C'est à se demander.
D'ailleurs, Tracey se contredit parfois dans ses propos. Elle trouve toujours une excuse pour ne pas envoyer sa photo et se sert d'une adresse en poste restante... Mandy finit par douter. Sa nouvelle amie pourrait bien avoir tout inventé.
Alors qui est la véritable Tracey ? Qui se cache derrière ses lettres ?

Mon avis : Vous commencez peut-être à connaître mon amour pour les éditions Ecole des Loisirs. Je n'avais jamais entendu parler de ce livre, pourtant il est sorti en 1998 pour la première fois. Il est paru à nouveau à l'été 2016 et je suis encore passée à côté... jusqu'à fin novembre 2017 où je suis allée en librairie histoire de passer le temps et me procurer quelques romans ado.
Je suis tombée sur ce roman par hasard, et le résumé m'a complètement intriguée.

Il s'agit d'un roman épistolaire entre deux jeunes filles australiennes qui doivent avoir 16 ou 18 ans. Elles ne se connaissaient pas, mais l'une d'elle a passé une petite annonce dans un magazine comme ça se faisait souvent à l'époque, pour entrer en contact avec de nouvelles personnes. C'est Mandy qui va lui répondre et elles vont commencer à se raconter leurs vies.
Mais peu à peu, Mandy va se poser des questions sur Tracey, qui parfois se contredit. Elle va obtenir des réponses qui au lieu de lui donner envie de couper court à l'échange, vont l'amener à poursuivre pour découvrir qui est réellement Tracey.

Personnellement j'ai été un peu déçue par la révélation. Je m'attendais à totalement autre chose et même si la suite m'a intéressée, j'avoue avoir perdu un peu d'intérêt pour le livre.
Ensuite un second problème s'est posé : la fin ouverte. J'ai trouvé les éléments qui l'amenaient assez mal distillés au fil des lettres et ne créaient pas de véritable suspense.


A travers leurs lettres, le caractère des deux jeunes filles se dévoilent, ainsi que leur passé et leur contexte familial. J'aime bien ce format épistolaire, il permet d'en montrer suffisamment, sans s'encombrer de descriptions très détaillées. Cependant l'avancée de l'histoire n'est pas toujours bien maîtrisée : la première partie s'étire en longueur, puis la seconde manque de suspense.
Au final on ne sait toujours pas pourquoi Tracey est dans la situation dans laquelle elle se trouve et c'est pourtant la seule chose qui maintenait mon intérêt.

J'ai bien aimé l'amitié qui se développe au fil des lettres. Les deux filles sont finalement très attachées l'une à l'autre, bien qu'elles ne se soient jamais vues.


C'est une bonne histoire mais qui possède des lacunes. On manque d'informations à certains endroits et on est noyé sous d'autres... Il y a, malgré tout, une réflexion assez profonde sur l'adolescence, les conditions de vie au sein d'une famille, et ce roman peut parler à pas mal d'adolescents.


La fiche du livre sur le site de l'éditeur (n'allez pas lire leur résumé, il révèle bien trop de choses de l'intrigue. A mon avis, il vaut mieux y aller les yeux fermés)

mardi 12 décembre 2017

Oscar et la dame rose, Eric Emmanuel Schmitt

Quatrième de couv' : Oscar a dix ans et il vit à l’hôpital. Même si personne n’ose le lui dire, il sait qu’il va mourir. La dame rose, qui le visite et « qui croit au ciel », lui propose d’écrire à Dieu pour qu’il se sente moins seul.

A travers cette correspondance originale, le récit aborde, du point de vue de l’enfance, des questions philosophiques et existentielles : la maladie, la souffrance et la mort, la rencontre avec l’autre et avec le mystère…
Les nombreux passages de paroles rapportées permettront aux élèves de découvrir ou d’approfondir les techniques du dialogue argumentatif.
L’appareil pédagogique est suivi d’une interview exclusive de l’auteur.


Mon avis : L'année se finit bientôt et avec le boulot je n'ai plus le temps de lire. (Ma priorité va au sommeil). J'ai profité de mon jour de repos pour avancer dans mon nombre de livres lus en 2017 (195 jusqu'ici ! - en comptant les albums jeunesse, les BD et courts romans pour enfants), du coup je triche un peu en lisant un roman très très très court.

Cependant c'est à double tranchant : ce livre ne m'a pas convaincue car il manque cruellement de profondeur, de background, et il n'a pas su me toucher. Mais alors pas du tout !
Pourtant l'auteur joue sur la corde sensible : Oscar a 10 ans, un cancer incurable et ce sont ses derniers jours. Il est entouré d'une dame rose, Mamie-Rose, qui est une bénévole venant rendre visite aux enfants malades dans les hôpitaux. Poussée par Mamie-Rose, il va écrire chaque jour une lettre à Dieu, lui qui n'y croit pas, afin de lui raconter ses derniers jours, ses peines, ses voeux.

J'ai bien aimé la forme, le récit se compose de lettres, mais je trouvais ça assez peu crédible, qu'un petit garçon en phase terminale, fatigué, prenne la peine d'écrire ce qu'il fait de ses journées...
Je n'ai pas tellement trouvé crédible le ton employé par ce garçon de seulement 10 ans ! On dirait qu'il parle comme un ado. Il est effronté et rejette en bloc ses parents. Alors autant je peux trouver ça crédible qu'on soit malheureux d'être malade et qu'on réagisse ainsi, autant je trouve que sa façon de s'exprimer n'est pas celle d'un enfant de cet âge.

Ce livre est bourré de foi, de croyance en Dieu. Si au début Oscar n'y croit pas, il va se prendre au jeu et son apaisement vis à vis de sa maladie passera par la religion !
Personnellement je n'aime pas que la religion soit abordée dans un roman pour ado/jeunes adultes. Chacun doit faire ses choix religieux en connaissance de cause mais j'estime que ce n'est pas à l'auteur de roman, de fiction, de séduire les plus jeunes avec ses mots sur la foi.

L'histoire est intéressante bien qu'on se doute de la façon dont ça va se finir. Je suis déçue de ne pas avoir été touchée, mais c'est souvent le cas avec ce genre de livres, je vois trop que l'auteur veut émouvoir et je mets directement une barrière entre l'histoire et moi.
Je ne comprends pas tellement pourquoi tout le monde a aimé, alors si vous voulez m'éclairer sur ce sujet, les commentaires sont ouverts !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

mercredi 6 décembre 2017

I.R.L., Agnès Marot

Quatrième de couv' : Je lève la main jusqu’à mon visage, laisse échapper un cri. À chacun de mes doigts, à chacune de mes phalanges, un filin brille sous le soleil timide qui pénètre dans la pièce. Je traverse la paroi aussi facilement qu’on soulève un rideau, les mains déjà tendues en avant. Au moment où mes doigts se posent sur le pavé tactile où brillent des boutons multicolores, je suspends mon geste, pétrifiée par l’angoisse. 

Je m’appelle Chloé Blanche et j’ai grandi à Life City. Comme tous ses habitants, j’ignorais que nous étions filmés en permanence. J’ignorais que nous étions un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. J’ignorais que nous étions les personnages de Play Your Life, l’émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. J’ignorais surtout à quel point nous étions manipulés. Puis j’ai rencontré Hilmi, le nouveau à la peau caramel. Le garçon qui faisait battre mon cœur, mais que ceux qui tirent les ficelles ne me destinaient pas. C’est ainsi que j’ai découvert ce que nous étions, à Life City : les personnages d’un immense jeu vidéo.

Une quête de liberté dans un monde d'apparences


Mon avis : Je souhaitais lire ce roman depuis longtemps, mais je n'en avais jamais pris le temps. Je l'ai emprunté à la bibliothèque pour pouvoir le lire, avant de commencer mon boulot vendredi.

C'est un roman de science-fiction, mêlé à une romance. Chloé est amoureuse d'Hilmi. Mais au moment où leur amour naît, elle va découvrir que des caméras filment son quotidien et celui de tous les habitants de sa ville. Très vite elle réalise aussi que quelqu'un contrôle ses émotions.
Chloé se rend compte qu'elle est un personnage de jeu vidéo et que sa vie est scrutée dans le moindre détail par des téléspectateurs. Elle va alors tenter de se battre pour sa liberté.

Le roman est assez complexe : ce qui a été difficile à appréhender pour moi c'est qu'il s'agit d'un jeu vidéo, qui est aussi diffusé sous forme d'émission. Et comme ça se passe en 2088-89, je ne sais pas si on peut vraiment parler de télévision, en tout cas, c'est diffusé sur des écrans. Pour moi c'était compliqué à appréhender qu'on puisse regarder un jeu vidéo sur écran, sans y participer en tant que joueur...

Un autre aspect qui a été compliqué à suivre c'est que les personnages du jeu vidéo, ont une vie et une personnalité propre, en toute autonomie, quand ils ne sont pas dirigés par les joueurs.
Une fois qu'on a saisi ça, la compréhension du roman est plus facile, mais pas forcément très aisée, pour moi ça a été une véritable gymnastique mentale à chaque chapitre...


J'ai trouvé des longueurs, bien qu'il y ait des ellipses temporelles.
Sinon manque de crédibilité quand Chloé passe 2 mois dans le monde réel, sans nourriture, dans la nature, avec un chat abandonné. En plus, l'autrice ne nous explique pas comment elle a pu se retrouver dans cette situation, ni comment elle a pu survivre 2 mois ainsi. J'ai trouvé ces passages longs et peu intéressants, tout comme sa rencontre avec la population pauvre qui ne bénéficie d'aucune avancée technique. J'ai d'ailleurs failli abandonner le roman à ce moment-là car il prenait une tournure inattendue qui ne me plaisait pas.


Il y a aussi beaucoup d'allers-retours entre les différents moments : parfois on est en Février 2089, d'autres fois au printemps 2088. Parfois on est dans le monde réel, d'autres fois dans le monde virtuel. On peut facilement se perdre dans la chronologie des événements. Ce découpage donne du rythme et ça relance l'action, mais c'est un poil dur à suivre.
A un moment je me suis dit "tiens il me reste encore 100 pages ?" alors que je pensais que le livre pouvait se finir sur la 2è partie... Donc je me suis forcée à aller jusqu'au bout mais sans grand entrain.


J'ai trouvé dommage que ce soit localisé sur une seule ville, dans le monde réel. Il semblerait qu'Arn Rinku, le "grand méchant" de l'histoire n'ait pas étendu sa main-mise au-delà de la ville qu'il dirige, et je n'ai pas trouvé ça très logique... D'autant plus qu'il est le seul méchant. Comme si ce genre d'intrusion dans la vie des humains n'impliquait pas une tripotée de chefs politiques ou de dirigeants d'entreprises innovatrices ! En fait j'ai trouvé ça assez peu crédible qu'il n'y ait qu'un seul homme mauvais qui soit à l'origine de tout ! Son influence sur la société est peu remise en question, il n'y a qu'un journaliste qui s'oppose à lui et c'est à peu près tout. Tout le monde le suit mais sans s'impliquer ! Et c'est ce que j'ai trouvé peu crédible, car pour qu'une société aille dans ce sens il faut que ce soit une accumulation et une multiplication de facteurs qui causent ces nouvelles problématiques...
(bon je vois que je vous raconte ça en essayant de ne pas spoiler et vous ne devez rien comprendre...)


Pour en revenir aux personnages je ne les ai pas spécialement appréciés. Que ce soit Chloé, Hilmi, Whisper ou même Cindy, je les ai trouvé assez creux, mais c'est peut-être parce que l'autrice s'est concentrée sur l'action et la mise en place de thématiques lourdes et imbriquées.

Une chose qui me parait très paradoxale : obtenir sa liberté en portant un bracelet. Je sais pas vous, mais moi dès que je porte une montre à mon poignet je me sens prisonnière de mes mouvements. Le bracelet me fait penser à des menottes, donc je trouve ça particulièrement étrange que la liberté des IA passe par le port d'un bracelet.


Il y a une très grosse réflexion à avoir sur diverses thématiques abordées dans ce livre, et je n'ai pas le recul nécessaire pour en parler à chaud. Il est question des Intelligences Artificielles, dotées d'émotions et de sentiments... Il est question de réalité virtuelle, de télé-réalité, d'intrusion dans la vie privée. Mais aussi de manipulation, de contrôle de l'autre. Et de l'implication des nouvelles technologies dans nos vies : sont-elles là pour notre sécurité ou pour limiter nos libertés individuelles ?


Je pense qu'il faut être déjà assez âgé pour pouvoir lire ce livre (vers 17 ans je dirais), avoir une solide culture geek (référence au Truman Show, aux Sims, à Second Life) et culture littéraire (La Dispute de Marivaux, 1984 de George Orwell, etc.).
La frontière entre le réel et le virtuel est assez mince et il peut être compliqué de s'y retrouver si on n'a pas l'habitude de lire ce genre de romans.
Je me suis souvent sentie larguée, peu impliquée, bien qu'il y ait de nombreux rebondissements, mais je crois que la tournure de l'histoire ne m'a pas plu.
Ce n'est pas un mauvais roman, je suis sûre qu'il trouvera son public.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 3 décembre 2017

Phobos, Victor Dixen

Quatrième de couv' : Six prétendantes. 
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L'éternité pour s'aimer.

Ils veulent marquer l'histoire avec un grand H. 

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l'oeil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

Elle veut trouver l'amour avec un grand A. 

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...

Même si le rêve tourne au cauchemar, il est trop tard pour le regretter.


Mon avis : Toujours dans l'optique de lire de la littérature jeunesse afin de conseiller au mieux les clients, j'ai décidé de varier mes emprunts en bibliothèque et de prendre ce livre. J'avais des a priori dessus, du style que ça n'allait pas me plaire parce que ça se déroule dans l'espace, que ça allait être technique, complexe, etc. 

Finalement je suis contente de l'avoir emprunté et découvert, surtout maintenant que tous les tomes sont sortis (enfin je crois qu'il n'est pas prévu de cinquième tome, détrompez-moi si vous savez). 

L'intrigue m'a plu : 6 filles et 6 garçons sont envoyés dans l'espace à bord du Cupido, afin de peupler Mars (à terme). Ils sont filmés et l'émission est diffusée mondialement. Leur mission : trouver le partenaire adéquat à l'issue de speed-datings. 
Mais les choses ne sont pas si simples... Et on va découvrir, grâce à de nombreux rebondissements que certains personnages ont pas mal de choses à cacher. 
Le lecteur est spectateur des speed-datings, de la vie de Léonor dans le Cupido, ainsi que des magouilles de la production, et à plus grande échelle, de magouilles politiques... Victor Dixen met en place une histoire riche et qui possède différents arcs narratifs. 

C'est une lecture addictive, le rythme et l'alternance des points de vue nous pousse à continuer la lecture. 

Le style est très visuel, j'avais parfois l'impression de lire un scénario. Il y a vraiment un aspect cinématographique dans l'écriture et on ne se perd pas en longues descriptions de l'espace ou du bunker de cap Canaveral. 

Les dialogues ne sont pas très bons malheureusement. L'auteur insère des explications sur le déroulement de la mission, au sein de dialogues. Or les personnages présents dans la scène, sont censés être déjà au courant de ce déroulement ! Du coup ça rend les dialogues lourds et peu naturels. Il aurait mieux valu qu'un narrateur omniscient explique tout ça au lecteur plutôt que les personnages le fassent eux-mêmes dans des dialogues. Il y a par ailleurs de nombreuses répétitions à cause de cette façon de mettre en forme les explications qui sont destinées au lecteur. Un peu comme si on était trop bêtes pour se rappeler de ce qu'on a lu dans les pages précédentes...

Il y a aussi quelques approximations de vocabulaire, certaines phrases qui marchent en anglais et et écrites comme si elles étaient traduites littéralement, du style "ça fait sens pour toi ?", désolée, mais en français on ne dit jamais ça, à moins d'avoir été influencé par la langue anglaise. 

Il faut aussi avouer que les personnages adultes faisant partie de la production, ont tous une sale image. Les hommes sont misogynes, tandis que l'une des femmes est manipulatrice et l'autre une fervente religieuse qui s'offusque d'un rien. La dichotomie entre les deux groupes de personnages (les adultes magouilleurs d'un côté et les jeunes adultes gentils et manipulés de l'autre) est bien trop évidente et pas très réaliste. Ça fait un peu "grand méchant de cinéma" qui n'ont rien de subtil. 

Autre chose, concernant les personnages : j'ai été plutôt déçue qu'on ne sache rien des garçons. Vu que toute l'histoire se passe du point de vue de Léonor (du moins pour les scènes dans le Cupido), on ne connait les personnages qu'à travers son regard, ce qui est assez limité. 
On ne connaît pas grand chose de leur caractère, surtout qu'elle-même ne rencontre chaque garçon qu'une fois de temps en temps et seulement pendant 6 minutes. Ça fait très peu pour nous laisser le temps de découvrir le caractère ou le passé de ces garçons. 
Du côté des filles, Léonor étant un personnage solitaire, elle a peu de relations avec les 5 autres filles. Kris est présentée comme son amie la plus proche, puisqu'elles se sont liées durant leur année de préparation, mais une fois dans l'espace on assiste à très peu de scènes entre elles. On dirait que les filles n'ont tissé aucun lien. Ou en tout cas, leurs liens ne sont pas du tout exploités. Alors que le sujet du roman c'est quand même d'avoir 12 personnages dans un vaisseau, garçons d'un côté, filles de l'autre, se mettant en concurrence pour obtenir l'attention de l'autre... Ça devrait donner lieu à beaucoup plus de scènes d'émotion, de discussion, de relation ! Et là, on dirait qu'ils sont tous chacun dans leur coin, et qu'ils ne se croisent pas. C'est bien dommage de ne pas avoir exploité l'aspect relationnel. 

Mais voilà même si ce roman a clairement de gros défauts, tout s'enchaîne avec une grande fluidité, l'auteur nous tient en haleine et on a envie de connaître la suite.