mercredi 8 novembre 2017

Northanger Abbey, Jane Austen

Quatrième de couv' : Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

« Jane Austen est charmante et féroce, bien élevée et impitoyable. » Le Monde

Mon avis : J'ai eu ce livre en 2014, je ne saurais dire comment... L'édition que je possède est un gratuit donc j'ai dû me le procurer à la librairie où je bossais à l'époque...
J'ai découvert Jane Austen en 2015 et même si j'avais bien aimé, je n'avais pas été conquise comme d'autres.
Par contre, Northanger Abbey est vraiment drôle et teinté d'humour. J'ai beaucoup aimé.

Néanmoins, j'ai eu un peu de mal à me mettre dans l'histoire, à cause des tournures de phrases et de la lenteur de certaines actions. Mais une fois que je me suis attachée à Catherine, "notre héroïne" comme le dit le/la narrateur/rice, j'ai eu envie d'en savoir plus.

Northanger Abbey fait environ 275 pages et durant une grande (et longue) première partie, Catherine est à Bath, sous la protection de Mr et Mrs Allen. Elle a 17 ans et fait son entrée dans le monde. Elle découvre le concept des "rooms" qui sont des endroits où il faut être vu/e en bonne compagnie, pour assister à des bals ou pour discuter entre ami/e/s. Elle s'y rend en compagnie des Allen, et si au début elle n'y connaît personne, Mrs Allen va finalement retrouver une amie de jeunesse, Mrs Thorpe, ce qui va leur permettre de se lier avec d'autres gens et de profiter pleinement de Bath et des activités qu'on peut y faire.

Certains personnages sont haut en couleurs, comme Mr John Thorpe, insupportable vaniteux, et qui a des vues sur Catherine. La pauvre... Compliqué pour elle de s'en débarrasser, alors qu'elle a le béguin pour Mr Tilney.
Bref, amitiés et amourettes se développent à Bath, avant de se déliter ou de se consolider une fois Catherine invitée à Northanger Abbey (enfin ! enfin elle arrive à Northanger Abbey !). La fin réserve un retournement de situation qui prend du temps à nous être expliqué (trop de longueurs dans cette dernière partie...) mais qui montre bien l'esprit de certains hommes de cette époque.

J'ai beaucoup aimé les passages où Jane Austen implique Catherine dans des croyances liées à ses lectures. En effet, Catherine lit Les mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, un ouvrage publié en 1794 et qui a eu beaucoup de succès à l'époque pour son côté gothique. Après cette lecture, Catherine va s'imaginer des secrets de famille, des pièces secrètes dans l'abbaye où elle loge, et son ami, Henry Tilney ne fera qu'alimenter ses illusions et ses craintes jusqu'à ce qu'elle comprenne que tout est faux. Ça donne lieu à des scènes de gêne intense pour Catherine mais qui sont très drôles pour le lecteur, puisqu'on se moque avec l'autrice du caractère naïf de Catherine.
Catherine est une personne qui se façonne, une adulte en devenir et elle n'est pas désagréable à suivre. Elle n'a pas un caractère très affirmé mais elle est surtout constante, ce qui fait du bien en comparaison avec d'autres personnages de l'histoire qui ne le sont pas.
Henry Tilney, l'homme dont elle s'éprend est bien plus intéressant que Mr Darcy, il est intelligent, futé et ne cache rien. Il est plus vivant, taquin et bien moins orgueilleux ! Ce personnage est une véritable réussite et Jane Austen en prend soin comme elle prend soin de son héroïne, Catherine.

J'ai bien aimé ce roman, plus court qu'Orgueil et Préjugés, ou Raison et Sentiments. On y sent plus l'humour et la patte de Jane Austen, c'est une parodie faite tout en finesse. Jane Austen agace le lecteur en repoussant toujours le moment où son héroïne reverra son crush, Catherine paraît bien poisseuse puisqu'on l'empêche de retrouver celui qu'elle chérit. L'autrice nous pousse à continuer la lecture, dans l'attente de cette rencontre. Avec sa plume ironique, elle égratigne tout le monde : les hommes comme John Thorpe et leur attitude vaniteuse, ou le général Tilney et sa cupidité, les femmes comme Mrs Allen qui ne s'intéresse qu'à l'habillement (elle se souvient avec précision de la robe qu'elle portait en telle occasion), ou l'inconstance affective d'Isabelle.
Elle y fait également un très beau plaidoyer pour le roman, qui est un genre à l'époque lu par les femmes, or Henry et Eleanor Tilney interviennent afin de rééquilibrer les choses : une femme peut lire des essais historiques et un homme peut lire des romans !

Tout l'intérêt de ce roman réside dans le ton employé à décrire des personnages de la société de l'époque. L'histoire, finalement n'est pas très intéressante (une jeune fille à marier qui tombe amoureuse d'un beau jeune homme) mais se lit facilement, une fois qu'on a pris le pli des tournures de phrases un poil alambiquées...

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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