mercredi 18 octobre 2017

Le coeur est un muscle fragile, Brigitte Smadja

Quatrième de couv' : Simon Peretti, quinze ans et demi, photographe de nuages, amateur de hard métal, d’Erik Satie et d’Eminem, a des centaines d’amis sur Facebook depuis qu’il est devenu le type le plus populaire du lycée. Celui qui a réussi à conquérir la fille la plus mystérieuse du quartier, une terreur, une légende. Nul doute, on les a vus, on les a pris en photo.
Ils veulent tous la connaître, réclament à Simon leur dose d’images et de commentaires. Surtout Léonard et Nessim. Ne se connaissent-ils pas depuis toujours, ne sont-ils pas frères ? Simon refuse d’en dire davantage, protège une histoire qui n’appartient qu’à lui et à la fille qu’il vient de rencontrer. Bientôt, il parlera à ses amis d’enfance, mais pas maintenant.
Pourtant, il suffit d’un week-end pour que le monde de Simon Peretti s’effondre. Pour qu’il assiste, impuissant, à son lynchage numérique. Pire, Léonard et Nessim ne font rien pour arrêter ce carnage.
Comment en sont-ils arrivés là tous les trois et justement ce lundi où il s’apprêtait à leur présenter la fille qu’il aime le plus au monde ?

Mon avis : En début d'année, pour enrichir mon rayon jeunesse à la librairie, j'avais longuement regardé les publications de l'Ecole des Loisirs, la maison d'édition, qui selon moi, propose les meilleurs textes, à la fois originaux et réalistes, aux adolescents. C'est chez eux que j'ai fait d'excellentes lectures en jeunesse et je leur fais confiance, au point de les mettre en avant le plus possible. Quand mon contrat s'est terminé, il me restait encore 4 ou 5 livres que j'avais commandés pour la librairie mais que je n'avais pas eu le temps de lire. Du coup je me suis acheté Le coeur est un muscle fragile, que j'avais commencé mais pas eu le temps de finir.

J'ai beaucoup aimé l'histoire d'amitié qui est présentée par l'autrice sur une bonne partie du roman. Nous découvrons Simon et comment il est devenu ami avec Léonard et Nessim. Si l'écriture peut paraître très scolaire : on a un déroulé narratif qui revient sur plusieurs années avec des ellipses, le contenu est intéressant, Simon a un père très âgé, mais assez actif et qui lui a fait découvrir un tas de choses qu'il n'aurait pas connu autrement. Simon écoute Erik Satie, mais aussi Eminem. Il adore photographier le ciel, une passion que lui a transmise sa grand-mère, âge de 93 ans. J'ai bien aimé ce passage où Simon passe une semaine avec Nine, même si c'est assez vite expédié.

La relation avec ses parents est assez bien traitée, on voit le basculement entre l'enfant qui s'inquiète pour son père et l'ado qui veut à tout prix s'isoler, et dont les parents ne comprennent pas le comportement. La mère m'a semblé effacée, peut-être en comparaison avec Jacques, le père, qui est une figure forte.

La relation d'amitié entre Nessim, Léonard et Simon est bien exploitée, on sent que c'est le centre de sa vie et que ça fluctue selon les périodes, ce qui rend le tout très réaliste.
Cependant je ne pensais pas que des ados au collège étaient aussi souvent confrontés à la drogue. A mon époque, la drogue c'était un truc de lycéen pas de collégien. Mais bon, ça dépend peut-être des endroits. Bref les 3 personnages sont intéressants, même si je n'aime pas Léonard. Nessim est plus sympa, peut-être moins cassé par la vie. Quant à Simon, il est le genre de garçon calme, discret, un peu mystérieux, dont les gens ont envie d'être proche.

Par contre je n'ai pas trouvé très crédible cette Thelma. Un mystère est mené tout au long du roman pour savoir de qui il s'agit mais la raison donnée à la fin ne m'a pas convaincue. Je ne crois pas du tout une seconde qu'une femme puisse être portée aux nues comme ça par des hommes, qui plus est, des hommes peu instruits, violents et/ou pauvres. En tout cas, ça n'existe pas dans notre société de 2017.
Et j'ai trouvé que la raison était légère, peu crédible... de plus chaque fois que Dune a l'occasion d'expliquer un peu plus son histoire avec Thelma, elle garde le silence ou elle le dira plus tard à Simon, laissant aux lecteurs le soin d'imaginer ce qui les lie toutes les deux.

Quant à ce qui arrive à Simon avec Facebook, je m'attendais vraiment à quelque chose de plus grave. Tout le roman nous tient en haleine, nous laissant croire que Simon a fait ou inventé quelque chose de dramatique, raison pour laquelle les autres le lynchent et que ses amis le laissent tomber. Et en fait, non. Du coup c'est un poil décevant. D'autant que la fin est aussi expéditive sur ce sujet.

L'écriture est simple, fluide, mais il y a quelque chose de poétique. Peut-être parce que c'est composé comme des mouvements, en clin d'oeil à Erik Satie. Peut-être parce qu'on déroule l'histoire de Simon depuis ses 8 ans jusqu'à ses 15 ans. Peut-être parce que certains passages sont sombres, mais assez réalistes. Peut-être parce que Simon est un personnage empreint de poésie, lui qui passe son temps à regarder le ciel et les nuages...

C'est une bonne histoire, mais des sujets qui ne sont pas suffisamment approfondis alors qu'ils sont censés composer l'essentiel du roman ! L'autrice semble plus à l'aise avec la vie quotidienne, la description de l'amour naissant. Les thématiques abordées (sauf celles du harcèlement en ligne) sont bien décrites : la famille, l'adolescence, les amitiés qui s'effilochent, la solitude, les découvertes, etc.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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