dimanche 30 juillet 2017

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

Quatrième de couv' : «En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.


Mon avis : Je me souviens de l'arrivée en stock de ce livre (en grand format) dans le rayon littérature étrangère, attirée par la couverture, je l'ai pourtant reposé, parce qu'il était épais, et qu'à l'époque je n'étais pas attirée par le thème de l'émigration.
Puis il y'a eu tous ces avis ultra positifs sur la blogosphère et sur Booktube, lors de la sortie en poche. Un peu poussée par ce succès, j'ai eu envie de l'acheter, ce que j'ai fait en Janvier 2017, mais j'ai attendu 6 bons mois avant de me plonger dedans. Trop peur de la claque littéraire, du roman qui me pousserait à la réflexion, et puis de son épaisseur. Mais à force de voir les ouvrages de l'autrice appréciée, j'ai eu envie de me plonger dedans (parce que j'ai sacrément envie d'acheter ses autres livres)
La lecture fut longue : une bonne semaine, quasiment 10 jours de lecture, à picorer 50 pages par ci par là, parce que je n'arrivais pas à me concentrer plus pour le dévorer.

L'histoire est simple, mais riche d'informations : Ifem, originaire du Nigeria, est partie étudier aux USA mais après 13 ans passés là-bas, elle souhaite revenir au Nigeria auprès de ses amies et de sa famille, et surtout retrouver Obinze, son amour d'adolescence.
Nous la découvrons allant dans un salon de coiffure pour se faire tresser les cheveux avant de quitter les Etats-Unis. Durant les longues heures de tressage, elle repense à sa vie, à son passé. Ainsi nous alternons entre passé et présent durant une grande partie du roman afin de nous montrer que sa décision d'un retour au pays n'est pas une impulsion mais bien le résultat d'une réflexion à maturité.

Nous la découvrons jeune fille nigériane dans une famille où la mère est croyante, tandis que le père apparaît assez peu. Autour d'elle, Tante Uju, la maîtresse d'un haut gradé de l'armée, avec qui elle aura un enfant prénommé Dike, le cousin d'Ifem, mais aussi Obinze, son premier amour, et la mère de celui-ci, une femme intelligente et cultivée qu'Ifem adorera toute sa vie.
Et puis elle repense à son arrivée aux USA. Elle a alors pris conscience de sa couleur de peau et de ce que cela implique aux Etats-Unis. De ces constats quotidiens, elle va créer un blog, qui aura du succès et lui permettra de pousser les gens à réfléchir à la situation des noirs Américains et des différences qui existent avec les noirs Africains venus étudier ou travailler aux USA. Cultivée, intelligente, Ifem va rencontrer des Américains, noirs ou blancs, qui n'auront de cesse de la pousser à réfléchir à son identité. Quelques passages très intéressants du blog d'Ifem sont placés à la fin de certains chapitres, et constituent vraiment des pistes de réflexion pour les lecteurs. Si le roman ne nous ouvre pas les yeux sur certaines situations, ces passages du blog sont plus provocateurs et invitent grandement à réfléchir.

Le style n'a rien de compliqué, mais il y a des détails qui parfois me semblaient superflus car ils ne faisaient pas avancer l'histoire (notamment dans les dernières pages, quand Obinze parle des compagnies pétrolières au Nigéria alors qu'on attend un dénouement).
Concernant le style il n'y a pas grand chose à en dire, il est beaucoup moins effrayant et plus simple que ce que je pensais. Ce n'est pas non plus une lecture de plage, il faut un minimum de concentration et l'autrice alterne dialogue et narration, dans des chapitres plus ou moins longs.

Ce que j'aime dans ce style est la lucidité et l'empathie dont fait part l'autrice. Des thèmes comme le racisme, l'exil ou l'identité sont abordés avec réalisme. Il y a un côté social dans ce roman, sans être trop psychologique, car elle revient sur la condition d'immigré Africain aux Etats-Unis et ce que cela implique au quotidien. En parallèle, Obinze tente l'aventure en partant pour la Grande-Bretagne, où la vie ne sera pas simple non plus, devant accepter les désillusions, mais aussi la crainte d'être expulsé. Dans ce récit parallèle, on découvre l'inhumanité de l'expulsion, les petites magouilles pour pouvoir travailler dans un pays qui ne veut pas des migrants, mais aussi l'espoir d'un mariage blanc qui permettra à un homme bien d'être enfin en règle. Malheureusement si Ifem a connu des drames aux USA, celui d'Obinze aura été de perdre son identité en Grande-Bretagne. Pour l'un comme pour l'autre, le retour au Nigéria sera compliqué les premiers temps, car le pays qu'ils ont quitté n'est plus le même quelques mois voire années après.

J'ai aimé l'ancrage dans le temps, qui nous permet de suivre avec émotion l'élection de Barack Obama en 2008. Tous ces passages où les amis d'Ifem et Blaine se réunissent pour suivre la progression d'Obama dans le coeur des Américains, sont réalistes et les dialogues bien élaborés, car ce sont des échanges intéressants sur les cultures.


Pour ce qui est des personnages, j'ai trouvé qu'ils étaient trop nombreux. Je me suis attachée aux personnages principaux, Obinze et Ifemelu, que j'ai trouvés bien construits et intéressants. Ils ont un caractère propre à chacun et qui évolue au fil des années.
Cependant je me suis sentie perdue parmi le trop grand nombre de personnages qui gravitent autour d'eux, d'autant que certains n'apportent pas grand chose à l'histoire et beaucoup d'entre eux sont prétentieux ou à la masse.


C'est un roman qui oscille entre l'autobiographie et la fiction. Il y a des thèmes chers à l'autrice, qu'elle a longuement observés au cours de sa vie. Et puis la fiction avec l'histoire d'amour entre Obinze et Ifem, qui m'a tenue en haleine jusqu'à la dernière page. Même si j'ai beaucoup aimé les hommes qu'elle a rencontrés aux USA, Curt et Blaine, je trouve qu'Obinze tient une place très importante dans son coeur et lui correspond plus que ces deux hommes. Aucune de ses histoires d'amour n'est faite de clichés, elles sont toutes très réalistes, on n'est pas du tout dans le genre romance. L'autrice parle des pensées, des sentiments, des gestes mais aussi des corps avec réalisme, et c'est ce qui rend le récit plus complet, plus crédible. Ses personnages sont véritablement humains.
A mon avis sur le plan sentimental, l'autrice impose ses personnages noirs Africains auxquels on peut s'identifier, cassant le mythe selon lequel pour qu'un ouvrage tende à être universel, les personnages doivent être blancs et occidentaux. Par contre, il serait impensable de dire que je peux m'identifier aux difficultés que connait Ifem, notamment quand il est question de racisme. Si je peux découvrir et imaginer ces situations, en revanche il m'est impossible de m'identifier à elle à travers ces situations. Au Nigeria, Ifem n'est pas noire, elle est Ifem, une fois en Amérique, elle réalise le poids de sa couleur de peau. Tout est une question d'angle de vue. C'est d'ailleurs parce qu'Ifem est nigériane qu'elle possède un regard différent sur le racisme aux Etats-Unis. Je crois que si les ouvrages de Toni Morrisson sont plus tranchants c'est parce qu'ils sont ceux d'une Afro-Américaine au passé lourd de ressentiments, tandis que Chimamanda Ngozi Adichie a un point de vue différent, ses ancêtres n'ont pas connu l'esclavage, ni la ségrégation entre les noirs et les blancs aux USA. Du coup son point de vue sur le racisme, au travers des yeux d'Ifem me semble plus doux, plus dans l'analyse, disons que l'autrice ne cherche pas à culpabiliser mais à faire ouvrir les yeux aux blancs sur leurs comportements à l'égard des noirs.


Je pense que c'est un bon livre, qui traite de la vie et de ses imperfections, malheureusement mon expérience de lecture est entachée par mon manque de concentration (j'ai déjà oublié un tas de passages du roman...). Je crois que c'est un livre que j'aurais envie de relire à d'autres occasions, pour bien y réfléchir, comprendre peut-être des choses que je n'ai pas vues à la première lecture. On reste un peu en surface sur certains sujets mais peut-être qu'une seconde lecture plus tard me fera voir les choses différemment ?

A mon avis, il y a peu de faiblesses dans l'écriture, que ce soit de l'histoire ou des personnages inventés, mais surtout le "point" est atteint. On ne ressort pas identique à ce qu'on était avant de l'avoir lu. C'est un roman qui doit être lu, car il montre que la littérature sert à la société. Elle permet à chacun d'avancer avec un nouveau bagage sur des sujets qui ne nous auraient pas forcément touchés au quotidien.


La fiche du livre sur le site de l'éditeur

vendredi 28 juillet 2017

Deux questions sur le métier de libraire et la lecture.

Salut, 
Aujourd'hui je compte vous parler d'un sujet qui me travaille depuis quelques temps. 
Comme vous le savez (ou pas), je suis vendeuse en librairie (enfin quand je trouve du boulot...), ce qui implique de lire énormément. 
Il y a quelques temps sur Instagram je me suis mise à suivre une fille qui va ouvrir sa propre librairie. En attendant d'ouvrir, je crois qu'elle est toujours employée dans une librairie, et elle montre régulièrement des photos de livres, en qualifiant l'activité de lecture comme un travail. 
A partir de là, je me suis posée deux questions : est-ce que la lecture est un travail quand on est libraire ? Est-ce qu'on lit toujours pour soi ou pour les clients ? 


Pour moi en tant que personne, la lecture est un moment de détente. Mais en tant que libraire, je me dis que je dois lire le plus possible pour me montrer compétente et légitime dans mon job, que la lecture fait partie du boulot. Je ne qualifierais pas la lecture comme du travail, parce que ce n'est pas une activité que je souhaite voir comme du boulot. En fait le métier de libraire demande déjà tellement de concentration, de manutention, de gestion sur le lieu de travail, que quand je sors du magasin avec des emprunts, je n'ai pas envie de penser que c'est du travail supplémentaire que je ramène chez moi. Et vous, qu'en pensez-vous ? 


En revanche je pense qu'il n'est pas évident de lire pour soi quand on devient libraire. A titre personnel, on m'a attribué le rayon jeunesse (sans me demander mon avis...) et je devais conseiller des parents sur des albums, documentaires pour enfants, romans pour débutants, romans pour ados. 
Je me suis forcée à lire des albums pour tout-petits, à lire des romans Young Adults, alors que ça ne me plait pas. Ou en tout cas c'est rare que ça me plaise à moi. 
Je lisais le livre en me disant que ça pourrait plaire à certains clients, ou que c'est important de savoir de quoi traite tel album jeunesse. 
Mais du coup il m'arrivait plus souvent d'être déçue par un ouvrage qui n'appartient pas à mon genre de prédilection, parce que finalement même si j'ai choisi de lire tel livre, il n'empêche que mes attentes sont hautes.... au final je voudrais lire autre chose, un autre genre, qui m'attire plus. 
C'est certainement pour cette raison que je suis souvent déçue par mes lectures et que je ne ressens pas les émotions que les autres lecteurs et plus particulièrement blogueurs ou youtubeurs éprouvent en lisant de la YA. 


En revanche je me suis sentie plus épanouie quand j'ai eu un rayon Pratique (qui regroupait la cuisine, la santé, le bien-être, le sport, le jardinage et la nature), parce que je n'étais pas obligée de lire des romans et de connaître un tas de choses sur ces activités. Il me suffisait de feuilleter ces livres pour m'en faire un avis. Pas besoin de se mettre une pression de dingue en essayant de tout lire. 
Mais quand on me demandait un conseil sur un autre rayon, j'étais parfois bien embêtée, parce que ce n'était pas mon domaine et parce que les ouvrages tournent tellement vite en librairie que ce n'est pas évident de présenter à des clients des livres qu'on a lus il y a 4 ou 5 ans, si ils ne sont pas en rayon. 

Bref, vous, qu'en est-il pour vous ? Travaillez-vous dans l'industrie du livre ou non ? Quel est votre rapport à la lecture ? Avez-vous l'impression de lire pour vous ? 


lundi 17 juillet 2017

La rubrique coeur de Jessica Jupiter, Melody James

Quatrième de couv' : Gemma Stone a 14 ans, des amies qu'elle adore, Ben, un petit frère malade et des parents attentifs. Mais son plus grand rêve, outre la guérison de Ben, c'est de devenir une grande journaliste.

Pour le réaliser, elle participe à la création du webzine de son collège en y mettant tout son coeur. Malheureusement, elle hérite de l'horoscope, et doit en plus encaisser tous les mauvais coups de la rédactrice en chef, Cindy, dite la Reine des Glaces.

Mais Gemma s'accroche et, à sa grande surprise, tout le monde semble adorer les prédictions souvent loufoques de Jessica !

Consciente de ses nouveaux pouvoirs, Gemma se met au défi de rapprocher sa meilleure amie, Tess, du garçon de ses rêves...

Mon avis : L'été dernier quand je travaillais à la librairie, on avait reçu quelques gratuits pour ados, et avant mon départ j'en ai pris quelques-uns, dont celui-ci. Il me paraissait rapide et simple à lire, idéal pour une lecture très légère. Et en plus il correspondait à ce que j'ai eu l'habitude de lire quand j'étais ado.

En effet, ce roman est une petite histoire mignonne, se déroulant au collège, en Angleterre. Gemma Stone est en quatrième, passionnée par l'écriture, elle a énormément d'imagination. Un jour, un webzine se monte et elle rejoint la bande qui n'est constituée que d'élèves de 3è !
Une fois adulte, on s'en fiche de l'âge, mais durant ma lecture je me suis replongée dans cette époque où effectivement on fait bien la distinction entre chaque niveau. Je me rappelle très bien qu'en 4è on n'approchait pas les 3è, même si on se sentait déjà supérieurs aux 5è et 6è.
Bref, Gemma rejoint l'équipe et est traitée comme une gamine par Cindy, la fille qui "dirige" le webzine. Elle impose à Gemma la rubrique "Astrologie" du journal.

On sent que l'héroïne est intelligente, qu'elle a du potentiel et que c'est quelqu'un de sensible. Elle est très touchée par la maladie de son petit frère, et prend sur elle pour que ses parents ne s'inquiètent pas trop. Mais d'un autre côté elle se réfugie dans un monde imaginaire pour échapper au quotidien qui est un peu lourd à la maison. Ses copines ne sont pas de tout repos non plus. L'une d'elle est facilement jalouse et irritable, quant à l'autre, c'est un coup de vent, constamment collée à un garçon et qui se soucie peu de ses amies.

Il est vrai que le roman met du temps à démarrer, on doit attendre une centaine de pages avant que Gemma/Jessica Jupiter commence ses prédictions. Mais je pense que c'est plutôt dû au découpage en tomes, j'imagine que l'autrice a écrit l'ensemble d'un coup et que les maisons d'édition ont préféré le couper pour en faire 4 tomes. Donc le début peut paraître lent mais je crois qu'il est important pour placer le contexte, découvrir tous ces personnages. Et puis comme ça se lit vite, ce n'est pas un énorme défaut.

J'aime bien le côté mystérieux de Gemma, elle ne peut pas révéler qu'elle est Jessica Jupiter, et si ses prédictions sont bonnes, on découvre aussi qu'elles peuvent créer du chaos auprès d'autres élèves qui y croient complètement, sans aucune mesure. Je pense que c'est un souci qui sera abordé dans les tomes suivants.

Idéal pour les jeunes filles de 11 à 14 ans. Peut-être que quelques garçons apprécieront aussi, mais je doute que la couverture très marketée "fille" les attire.
Même si l'histoire est racontée du point de vue de Gemma, il y a tout de même pas mal de garçons autour d'elle, sans que ce soit à visée "romantique". Et puis ce roman est assez divertissant et il m'a fait sourire à plusieurs reprises.

Personnellement je ne lirai pas les 3 autres tomes parce que j'ai passé l'âge depuis un moment et que je n'ai pas envie de mettre 12€ dans chaque tome mais si vous aimez les romans légers et ados, allez-y !

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dimanche 16 juillet 2017

Orange is the new black, de Piper Kerman

Quatrième de couv' : Piper Kerman est une jeune femme ordinaire : un emploi, un compagnon, une
famille aimante. Elle est très loin de l’intrépide étudiante qui a livré une valise d’argent sale dix ans plus tôt. Mais le passé la rattrape : condamnée à quinze mois de prison, elle devient le matricule 11187-424.
Rien ne l’a préparée aux surveillants abjects ou indifférents à sa souffrance, aux douches crasseuses, à la promiscuité et à la solitude. Ni aux rencontres avec les autres détenues, amies ou ennemies, féroces ou résignées. C’est ce monde humiliant et déshumanisant qu’elle décrit ici. Elle parvient cependant à surmonter cette épreuve, à résister au désespoir, à contourner les règles de la prison.
Déchirant, drôle et révoltant, le récit de Piper Kerman a inspiré la série télévisée du même nom.

Mon avis : Comme beaucoup d'amateurs de séries, j'adore Orange is the New Black. J'ai binge-watché la saison 5 en une journée et depuis, l'idée de découvrir l'autobiographie à l'origine de la série ne me lâchait plus. J'ai acheté le livre il y a moins de 15 jours et j'avais vraiment envie de le découvrir.

Piper Kerman raconte son histoire, on découvre l'acte répréhensible qu'elle a fait il y a plus de 10 ans et les conséquences qui ont suivi. Si dans la série Piper C. découvre au bout de 10 ans qu'elle a été dénoncée par Alex Vause et qu'elle va devoir aller en prison, dans le livre, Piper K. est inculpée très vite, en 1998, et doit passer les années qui suivent sans savoir quand aura lieu son procès et sa détention.
Grâce à un super avocat, Piper K. plaide coupable et reçoit une peine de 15 mois.

J'ai aimé le fait que Piper alterne entre la vie en prison et ses réflexions sur ce que la détention lui apprend. C'est très réaliste et on sent qu'elle n'enjolive pas la réalité.
En tant que femme blanche, de classe sociale supérieure, même en prison elle est privilégiée, parce qu'elle a un réseau d'amis, un entourage très présent pour elle. Elle a un compagnon qui l'aime et vient la voir toutes les semaines. Elle a eu de l'éducation et un travail stable dans l'économie réelle. Elle aura à sa sortie un emploi dans une entreprise créée par un ami à elle. Bref, elle a moins de craintes pour sa sortie qu'un tas d'autres femmes et j'ai trouvé ça très humble et modeste de le reconnaître et de ne pas minimiser les effets que peuvent avoir la prison sur certaines femmes.

Dans ce roman, Piper est quelqu'un d'empathique, mais aussi sur ses gardes quand il le faut. Elle paraît plus "parfaite" que dans la série. (Dans la série Piper est un personnage très dénigré par le public et dans la dernière saison elle reconnaît elle-même être relou).
Elle parle de l'importance des rituels dans la vie de la prison, qui maintiennent la vie en fait. L'univers carcéral est bien décrit, d'abord par la découverte des règles, tacites ou non, puis par les rituels, qui sécurisent et accélèrent le temps passé en prison.

On sent que c'est une personne qui va profiter de son temps enfermée pour devenir meilleure : elle entretient son corps par la course et le yoga, elle ne néglige pas la culture en lisant des livres, en apprenant des mots d'espagnol avec ses coloc' de dortoir. Elle demande à travailler, d'abord dans un atelier d'électricité puis dans la construction. Grâce à une ouverture d'esprit, elle écoute les autres femmes et leur histoire, ne les juge pas et devient amie avec un grand nombre d'entre elles.

Ce que je reprocherais au livre c'est de parfois manquer de détails sur les surveillants et les autres détenues, j'ai eu du mal à savoir qui était qui, alors que dans la série c'est assez facile d'attribuer à chacune une caractéristique (à étoffer bien sûr puisqu'on peut très vite changer d'avis sur un personnage). Dans le livre les détenues ont un faux nom, et dans la série elles ont un nom complètement différent donc c'est compliqué de retrouver qui est qui dans l'adaptation TV.

Pour parler des différences avec la série, les histoires des femmes ne sont pas les mêmes. Un personnage comme Lorna Morello qu'on voit dans les 5 saisons, n'apparait que très peu dans le roman car elle est très vite libérée. C'est un peu le cas pour beaucoup de personnages, et dans la série leurs histoires sont largement étoffées, rendues aussi très dramatiques. De petits éléments qui ont marqués Piper K. sont montés en épingle par les scénaristes afin d'en faire une intrigue.

Cette histoire se dévore, le style est simple, et ce n'est pas tire-larmes, ni misérabiliste.
Piper Kerman tire de bonnes leçons de son expérience en prison. Elle a conscience d'avoir été chanceuse d'être à Danbury, dans une prison à sécurité minimale où règnent l'entraide, la camaraderie et la débrouille. Elle a conscience de ses privilèges, mais il ne faut pas oublier non plus qu'elle est courageuse, forte et réfléchie pour avoir réussi à survivre à l'enfermement et au système carcéral qui ne fonctionne pas suivant la logique de la vie réelle.

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mardi 11 juillet 2017

Je me suis tue, de Mathieu Menegaux

Quatrième de couv' : Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s'ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s'expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

Mon avis : Comme souvent, je vais aller à l'encontre de l'avis général : je n'ai pas aimé. Et ma chronique sera constituée de mon jugement, car oui je porte un jugement sur le personnage principal et ce que j'aurais aimé qu'il fasse.

Je m'attendais à complètement autre chose en lisant le résumé. J'imaginais que la femme faisait une mauvaise rencontre, se faisait agresser puis se défendait et tuait son agresseur.
Or ce n'est pas ce sujet. Ici il s'agit du rapport à la maternité, de la difficulté pour concevoir un enfant puis de choix à faire, quand une grave épreuve bouleverse la vie d'une femme. Donc déjà une point de déception.

Je n'ai pas été touchée, ni bouleversée. Même devant des scènes qui auraient pu m'ébranler parce qu'en tant que femme, je connais cette crainte de l'agression. Pourtant je n'ai ressenti que du dégoût, mais pas de compassion, pas de bouleversement. Peut-être que je n'étais pas assez concentrée, pas assez impliquée dans ma lecture. Ou peut-être que j'ai préféré mettre de la distance avec ce texte afin de me protéger, mais en tout cas, j'en étais détachée. Ou peut-être le personnage m'est si éloigné dans le caractère que je n'ai pu ressentir d'empathie pour elle ?

Comme le titre l'indique, le personnage s'enlise complètement dans son silence, par orgueil. Parce qu'elle ne veut pas être vue comme une victime. Mais quand dire la vérité peut alléger une peine, pourquoi s'infliger autant de mal ? Pour moi, cette personne est maso, ou elle veut se croire capable de tout encaisser.
Dès le départ, elle entraîne avec elle son compagnon en croyant anticiper ses réactions, persuadée qu'il va jouer au preux chevalier, protéger son honneur et être mis en cause, alors elle préfère se taire plutôt que d'avouer une agression qui la change totalement. Elle préfère se persuader que rien n'est arrivé plutôt que d'y faire face, ce qui est un mécanisme psychologique de l'esprit, et qui peut effectivement arriver. Pourtant quand son couple bat de l'aile, plutôt que de s'enfermer dans le silence, elle pourrait parler ! prendre les devants et accepter pour elle-même, pour son couple et son enfant de connaître la vérité. Elle s'enlise dans les conséquences désastreuses de sa décision et moi j'avais juste envie qu'elle arrête de descendre dans cet enfer !

J'ai trouvé le roman très prévisible. Sauf le twist de fin, car j'étais persuadée comme les personnages de ce qu'ils se sont persuadés durant des mois. Là, j'avoue j'ai été surprise.
Mais pour le reste, l'histoire était très convenue, j'avais l'impression que l'auteur voulait à tout prix créer un drame, voire une tragédie et qu'il mettait les deux pieds dedans. J'ai eu une sensation de déjà-lu à de multiples reprises car ce sujet est vu et revu. Seule différence, les phrases en italique qui sont en fait des paroles de chansons. Originalité ? Bof. Ça m'a vite soûlée et ça rend le récit léger alors que le reste est très lourd voire oppressant.

Un point important qui m'a dérangée, c'est que l'auteur est un homme et il tente de parler au nom d'une femme, que ce soit de sujets tabous ou de difficulté à procréer, même si il essaie de se mettre à la place des femmes, c'est très en surface, assez froid j'ai trouvé.
Je sais que c'est le point de vue d'une seule femme, mais je n'ai pas aimé que pour elle, une vie ne soit rien si on ne se reproduit pas, je trouve que c'est un mauvais message.

J'ai eu l'impression de lire un roman court volontairement choquant, pour qu'on en parle. Et c'est précisément le cas, que ce soit en bien ou en mal, on en parle.
A mon sens c'était trop. Trop dramatique, et qui est amené par un fatalisme dont on voudrait que le personnage se libère.
Attention, je ne dis pas que c'est un mauvais livre, il est bien écrit, dans un style simple, avec une intrigue qui fait réfléchir, mais ce roman ne m'a pas touchée, ça ne m'a pas parlé.

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lundi 10 juillet 2017

Du Domaine des Murmures, de Carole Martinez

Quatrième de couv' : En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

Mon avis : J'ai emprunté ce roman dans la bibliothèque de ma mère, il s'agit d'un livre que quelqu'un lui a offert et qu'elle n'a probablement jamais lu... 
Je ne pensais pas aimer, et pourtant je l'ai dévoré ! Il ne fait que 200 pages, mais j'ai vraiment été prise dans l'histoire. 
Je crois bien n'avoir jamais lu de roman se déroulant au Moyen-Âge parce que ce n'est pas une période qui m'attire et en lisant le résumé je ne pensais pas que l'histoire serait si riche et si intéressante ! 

Je me suis laissée happer par les multiples rebondissements et j'avoue n'avoir rien vu venir à plusieurs reprises, me laissant étonnée et et assez contente que le récit prenne cette tournure, car cela apporte vraiment de la matière à l'histoire. 

Les différents thèmes abordés sont le Moyen-Âge, les croisades, le destin d'une femme, la religion, la maternité et le merveilleux. 

A travers ce roman j'ai donc découvert de nombreuses choses du Moyen-Âge, et notamment la condition de la femme, mais aussi celle des enfants de serf ou de noble qui ne sont pas logés à la même enseigne. Un enfant de serf restera vivre longtemps avec sa famille (à s'esquinter au travail), tandis que les garçons, fils de noble, sont envoyés chez un page, ou chez un autre vassal pour apprendre à monter à cheval ou à se battre. Quant aux filles de nobles, elles restent dans la famille jusqu'à leur mariage arrangé, ou bien sont envoyées au couvent. 

La présence de la religion est également un élément important de ce roman, et j'avoue ne pas toujours comprendre comment on peut croire en Dieu... Cette croyance me semble plus facile à accepter dans un contexte d'époque médiévale où les populations croient en tout (et à toutes les histoires les plus fantasques, on le découvre dans ce roman par bien des façons). Leur foi chevillée au corps, il leur est impensable que leur vie ne soit pas régie par Dieu, et il leur faut prier pour la sauvegarde de leur âme. Cette foi fait partie de leur identité et sans elle, il n'y aurait pas ce roman puisque l'héroïne souhaite se dédier à Dieu. 

En 200 pages j'ai apprécié, détesté et eu de la compassion pour l'héroïne. Je ne savais rien des recluses, ces femmes très pieuses, qui au Moyen-Âge, se faisaient emmurer vivantes dans des cellules plus ou moins grandes, afin de prier pour sauver l'âme de leurs contemporains. 
Dans ce roman, Esclarmonde a une cellule assez confortable, suffisamment grande et munie d'une cheminée. Chaque jour elle reçoit devant sa fenestrelle des pèlerins qui viennent lui parler. Au fur et à mesure de son enfermement, cette Sainte va obtenir un pouvoir de plus en plus grand, d'autant plus que par son action la Mort est éloignée du Domaine des Murmures et les récoltes sont bonnes tous les ans ! 
Là où le personnage m'a plu c'est par son rapport à la maternité : moi qui ne souhaite pas avoir d'enfant j'ai été extrêmement touchée par ce lien qu'elle a avec le sien, qu'elle ne renie jamais, qui va même prendre le dessus sur ses voeux pris quelques années plus tôt. 
L'autrice fait tout de même porter à son personnage un prénom qui signifie en occitan "clarté du monde", comment ne pas penser qu'elle était destinée à une vie particulière ? Car même si la jeune femme est recluse dans la chapelle du domaine où elle a toujours vécu, elle parvient néanmoins à en apprendre beaucoup sur le monde grâce à sa condition, aux pèlerins et à son père. 

Il y a quelques touches de merveilleux, de croyances un peu fantasques, à travers Bérangère par exemple, ce qui est soft et nous rapproche des contes médiévaux. 
Cependant j'ai eu plus de mal avec l'idée qu'Esclarmonde puisse voir en rêve ce qui arrive à son père, qui est en croisade à des centaines de kilomètres de là. 

En revanche j'ai trouvé intéressant de découvrir cet aspect des croisades, parce que je dois bien dire que je ne m'en faisais absolument aucune idée. Et de voir la misère, la famine, la désillusion aussi, puis la folie, qu'elles engendrent, était très intéressant. 

J'ai un peu moins aimé le début et la fin du roman parce qu'Esclarmonde nous fait des confessions d'outre-tombe, à nous lecteurs du XXIè siècle, à moins que ce ne soit aux personnes qui visitent son château des siècles plus tard ? Je suis un peu mitigée sur ce procédé narratif parce que le reste du roman est une narration tout à fait normale, avec un personnage qui est ancré dans son époque. 

Contrairement au roman que j'ai lu hier, Trois femmes puissantes, là dans le Domaine des Murmures on a réellement des portraits de femmes qui sont puissantes, qui ont une vraie prise sur leur vie, sur leur réalité, et qui sont fidèles à leurs engagements, même quand ceux-ci évoluent. 

Magnifique roman, accessible, intéressant et qui nous transporte à une époque et en un lieu que nous n'avons pas connus, mais que nous acceptons parce que l'autrice ancre ses personnages dans ce contexte, et les rend vivants. C'est une fresque du Moyen-Âge, avec des personnages tout en nuances. 

Par ailleurs j'ai regardé 2 vidéos de l'autrice où elle donne une interview et elle est clairement passionnée par le sujet mais surtout elle explique comment l'histoire lui est venue et je trouve génial de découvrir comment un auteur prend une certaine direction puis en change quand l'histoire lui vient plus clairement. 

dimanche 9 juillet 2017

Trois femmes puissantes, de Marie NDiaye

Quatrième de couv' : Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

Mon avis : J'avoue ne pas savoir quelle note attribuer à ce roman. 
Alors je vais commencer par le négatif : 
Quelle lecture laborieuse ! Le style est très travaillé, trop, à mon avis. En fait je n'aime pas la construction syntaxique utilisée par l'autrice car c'est volontairement alambiqué, ce qui demande une gymnastique cérébrale afin de comprendre qui parle et de quoi. Moi il me faut de la simplicité, donc forcément ce style "raffiné" ne me convient pas, parce qu'il me ralentit dans ma lecture. De plus le rythme est assez inégal entre les 3 chapitres, c'est dommage. 

En revanche les trois histoires sont intéressantes parce qu'elles nous plongent dans les vies bien différentes de 3 personnages. 

Norah a bientôt la quarantaine, elle vit en France avec sa fille Lucie. Elle est avocate, mais son père lui envoie une lettre du Sénégal où il vit, lui demandant de venir le plus rapidement possible. N'ayant jamais été en bons termes avec lui, elle part tout de même et découvre un homme un peu affaibli par rapport à ses souvenirs. Il lui laisse découvrir l'horrible vérité. Mêlant souvenirs du passé et éléments un poil fantastiques, j'ai eu du mal à lire le chapitre sur Norah. Les premières phrases étaient compliquées, j'ai eu du mal à m'immerger dans son histoire, bien qu'elle soit de plus en plus intéressante. 

Le chapitre qui suit n'est pas tellement consacré à une femme, mais plutôt à son mari, Rudy. Il a vécu au Sénégal quelques années plus tôt où il a fait la rencontre de sa femme Fanta. A l'époque, ils enseignaient tous deux dans un lycée un peu huppé, jusqu'au jour où Rudy fait une énorme bêtise. Obligé de se réinventer, il revient en France accompagné de sa femme et de leur fils, où la vie est bien moins belle qu'imaginée. Désillusions, crainte de ne plus être aimé, Rudy est en proie à des sentiments contradictoires et des émotions très fortes qui vont l'accabler durant une journée. 
C'est donc par la voix et l'avis de son mari que nous découvrons Fanta, et malheureusement non, je n'ai pas vu une femme forte, mais une femme méprisante et malaisante. 

Et enfin le dernier chapitre, beaucoup plus court, s'attarde sur l'histoire de Khady Demba, dont la vie est la plus rude. Enfant laissée à sa grand-mère elle est un jour mariée à un homme, qui heureusement pour elle est un homme "bon". Cependant après 3 ans de mariage il décède, la laissant seule, sans enfant. Contrainte par sa belle-famille à l'exil, elle va mener une vie qui n'est pas la sienne, n'ayant jamais le choix. Rarement libre, mais jamais honteuse, Khady va se laisser faire par les autres. Son destin est atroce et je trouve que cet enchaînement (réaliste) de situations, éclipse le personnage, car elle me semble creuse et vide face à toutes ces situations. Peut-être parce qu'elle se laisse porter et ne se rebelle jamais, peut-être parce qu'elle accepte son sort alors elle donne l'illusion de s'effacer par rapport à celui-ci. 

Je pensais découvrir un lien entre les trois femmes mais ce n'est pas le cas. Norah croise Khady, mais quand on lit l'histoire de Khady, elle n'apparait pas dans le contexte où Norah l'a rencontrée, du coup je suis dubitative, l'autrice a-t-elle oublié que ses deux personnages devaient se croiser ?  

Quant à l'inaboutissement des 3 histoires, ça ne m'a pas dérangée, j'ai trouvé les conclusions implicites, on nous laisse des clés pour deviner la suite. 

La plupart des critiques que j'ai lues exprime un ennui pour le second chapitre, or c'est celui qui m'a permis de ne pas abandonner. On pénètre l'esprit humain, l'homme ne peut plus échapper à ce qu'il a tenté d'enfouir. 

Malgré un démarrage difficile, je me suis accrochée à cette lecture. Bien que le style ne me plaise pas, les 3 histoires ont toutes un côté très intéressant, que ce soit au niveau de la psychologie des personnages et de leur corps qui se rappellent à eux constamment (fuite urinaire, sueur due à la chaleur, blessure qui ne se referme pas), qu'à l'élaboration de ces 3 vies, dont les intrigues sont bien menées. 
Ce roman requiert toute votre concentration, il me semble impossible de le lire en écoutant de la musique ou dans les transports en communs. (J'ai relu certains passages plusieurs fois pour en saisir le sens ou pour me représenter l'histoire) C'est loin d'être un livre distrayant.

mercredi 5 juillet 2017

Chroniques d'Amérique, de François Hauter

Quatrième de couv' : Les Français aiment critiquer l’Amérique. François Hauter a eu envie de la comprendre. Quoi qu’on en pense, les États-Unis restent une étape clef pour déchiffrer l’avenir et ce qui nous attend tous.

Deux mois et demi durant, le grand reporter du Figaro a parcouru ce continent de long en large, pour croquer sur le vif le quotidien américain, ce peuple qui s’adapte, change très vite, a pu passer de Bush à Obama en une nuit, ce pays qui continue d’attirer ceux qui fuient de par le monde. Il y a une énergie, une dynamique américaine que François Hauter tente de capter.

Première étape : Halibut Cove, en Alaska, pour commencer par le grand nulle part ; puis Seattle, siège de Microsoft, Amazon et Starbucks ; les grandes plaines du Montana ; Hollywood pour ses narcisses ; les grandes villes : New York, Chicago, Washington DC ; les trous perdus : Wichita dans le Kansas ; la frontière de l’Empire à El Paso au Texas ; Honolulu, à Hawaï, sur les traces de l’enfance d’Obama ; un détour par l’île de Pâques afin de se rappeler que les civilisations sont mortelles. Pour finir à Paris, Texas.

Immense continent, immenses contrastes. Hauter parle à tout le monde et frappe à toutes les portes : une association noire à Chicago, un homme politique local, un fermier, un photographe, les gens qu’ils croisent au gré de ses pérégrinations. Il perpétue ainsi la grande tradition du reportage au long cours : pas de contrainte de temps, donc une immersion complète, un fonctionnement à l’intuition et au hasard, un ton très libre, qui seuls lui permettent de saisir l’Amérique sur le vif.

Mon avis : J'avais acheté ce livre quand j'étais en fac, donc il y a quasiment 7 ans. En fait je crois me souvenir l'avoir trouvé chez un bouquiniste, acheté probablement sur un coup de tête. Je me souviens avoir commencé à le lire en salle d'attente lors de rendez-vous médicaux, puisqu'il s'agit de petites chroniques sur chacune des villes que le reporter a visité.
Le dépôt légal de ce livre date de 2010, soit 2 ans après que Barack Obama ait été élu. Il va donc faire un tour des villes, plus ou moins connues et réputées, afin de se faire une idée de ce que sont les Etats-Unis en 2009-2010. Avec pas mal de recul, il nous fait part de ses impressions, que ce soit sur l'Amérique rurale et ses villes fantômes, l'Amérique des white trash ou celle des fanatiques religieux (entre autres !).

Je porte pas mal d'intérêt aux Etats-Unis, j'ai fait des études de langue anglaise et j'ai toujours aimé découvrir l'histoire de cet immense pays, en connaître les 50 états, et puis j'adorerais les traverser pour découvrir ses paysages, sa population, ses activités.

Ce témoignage est super intéressant et bien construit, il y'a un cheminement dans le voyage que fait le reporter. De plus il ne se contente pas d'aller dans les endroits les plus connus, il fait le choix de nous faire découvrir à travers son regard des villes dont on parle un peu moins.
Je trouve son témoignage utile pour toute personne que les Etats-Unis intéressent.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur