dimanche 18 décembre 2016

Esther, de Sharon E. McKay

Quatrième de couv' : En 1735, Esther Brandeau a quatorze ans. Fille illégitime d’un marchand d’étoffes réputé, elle vit dans un village du sud de la France. Sa famille veut arranger un mariage avec un chiffonnier afin de préserver sa réputation, et Esther s’enfuit. Mais la vie sur les routes est pleine de dangers pour une jeune fille, juive de surcroît. Alors Esther se travestit et elle va vivre plusieurs vies : tour à tour protégée d’une courtisane, boulanger, matelot, elle devra, pour se sauver des périls, changer plusieurs fois d’identité. Portée toujours par l’espoir de retrouver Philippe, un marin qui lui a permis de réchapper d’un naufrage, elle tombe d’un monde dans un autre, et du Vieux Monde dans le Nouveau.
Elle traverse l’océan et arrive à Québec, dans la province de la Nouvelle-France. Mais, à cette époque, la Nouvelle-France est une colonie catholique, et l’entrée en est interdite aux personnes de confession juive. Jusqu’où Esther sera-t-elle prête à aller pour accomplir son destin ?

Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman. Il est destiné aux jeunes, à partir de 13-14 ans. C'est le représentant de l'Ecole des Loisirs qui m'en a parlé sinon je serais totalement passée à côté. Aux premiers abords, ce n'est pas le genre de roman vers lequel je vais : historique, aventure, mêlant la religion.

Et puis finalement je me suis carrément laissée emporter par l'histoire !
Nous découvrons la jeune Esther, qui vit à Bayonne dans le quartier juif de Saint-Esprit. Fille d'un marchand d'étoffes, nous la suivons dans une journée éprouvante : elle est autorisée à sortir du quartier juif, accompagnée de son petit frère, pour porter des échantillons à une grande maison de bourgeois catholiques. Mais la jeune fille, assez téméraire, décide de se balader librement. Au cours de sa balade son petit frère disparait, et elle-même va se perdre dans la ville, qu'elle connait si peu.
Revenant saine et sauve, cette décision va cependant faire son malheur, puisqu'elle va devoir se marier avec un vieux chiffonnier, mais avant elle doit se rendre à Amsterdam, auprès de son grand frère, le temps de faire oublier aux autres sa petite promenade hors du quartier juif.
Elle embarque sur un bateau qui ne tardera pas à faire naufrage. Un marin, Philippe, va l'aider en la plaçant chez sa tante, cuisinière pour une famille de courtisanes. Vont s'ensuivre un tas d'aventures, qui vont mener Esther dans divers endroits de France, au service de gens, mettant en avant ses divers talents et capacités à s'adapter (la jeune fille va longtemps se travestir pour sauver sa peau). Elle embarquera finalement pour Québec, le nouveau territoire français, où son histoire sera révélée.

Il semblerait que ce soit inspiré d'une personne ayant réellement existé. La fiction est correcte, on ne part pas dans des choses invraisemblables. L'époque, le contexte historique et géographique (l'auteure est canadienne et situe l'action en France) sont assez bien retranscrits je pense, avec les différentes classes sociales, avec la puanteur des habitants, qui craignent les bains par peur des maladies, ou le fait que chacun soit affamé alors que le roi vit très bien et mange allègrement dans son palais.
L'aspect religieux est une composante essentielle de l'histoire : Esther doit cacher sa judéité et est même soumise à la conversion. J'ai trouvé intéressant cet aspect, parce qu'on voit que son sort est peu enviable. Les Juifs sont incroyablement mal considérés, tout comme les petites gens qui sont réduits en esclavage.

Et puis Esther c'est aussi la conquête de la liberté. En tant que fille, et de confession juive, elle fait ses propres choix, qui la mènent parfois à côtoyer le pire, comme à vivre des situations vraiment chanceuses. Même si elle a tendance à fuir, elle a l'espoir de connaître autre chose, d'améliorer sa condition et de vivre de nouvelles aventures. Esther est une jeune fille qui présente des valeurs et des qualités incroyables et positives ! Je conseillerai définitivement ce roman à tous !

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 12 décembre 2016

Espionnage intime, de Susie Morgenstern

Quatrième de couv' : Angélique, une ado modèle ? Une collégienne bien dans sa peau, bien dans sa famille, bien dans sa vie ? Vraiment ? Vous en êtes sûr ?
Et pourtant... La jeune fille parfaite se comporte plutôt bizarrement ces derniers temps. Elle se transforme, change de tenue, porte des hauts moulants et des minijupes, elle fume et traîne dans des bars, où il lui arrive de faire des rencontres...
Vous avez du mal à y croire ? Tout est cependant écrit noir sur blanc dans le cahier rose fuchsia que sa mère lui a offert. La collégienne en a fait son journal intime, dans lequel elle est censée raconter tous ses secrets.
Elle y décrit une Angélique inconnue de tous, une Angélique... diabolique !

Mon avis : Je dois avouer j'ai mis trop de temps pour lire ce roman, alors qu'il est très court. C'est vraiment un manque d'intérêt qui me l'a fait traîner en longueur. Pourtant sa couverture et son résumé me branchait ! Mais une fois commencées les premières pages, j'ai un peu lâché l'affaire et je vous explique pourquoi :

J'ai assez aimé l'idée du carnet rose, qui sert à Angélique de défouloir. J'ai bien aimé son personnage et l'idée d'inventer sa vie. Cependant, je le voyais venir gros comme une maison et c'est assez dommage parce que c'est le coeur de l'intrigue ! D'ailleurs ses écrits sont tellement inventifs que n'importe quel adulte doué de raison ne se laisserait pas prendre au jeu...!

Je n'ai pas du tout aimé l'accident qui arrive et qui remet en question l'ado. Je trouve que c'est un procédé bien trop gros, les ficelles sont trop apparentes et même assez malsaines : pour que quelqu'un regrette ses paroles, il faudrait qu'il y ait un drame mettant en danger une vie ? C'est malsain et ça a été vu et revu dans les films et les séries. J'ai pas du tout envie de tomber là-dessus quand je lis un bouquin et de surcroit un livre pour ado qui les ferait culpabiliser.

Il y a un manque de profondeur des personnages, d'ailleurs il y en a beaucoup trop pour un roman si court. J'ai trouvé que l'auteure n'approfondissait pas assez leurs relations familiales. Je n'ai pas été touchée par la relation mère/fille pourtant c'est le coeur du roman. J'ai l'impression qu'Angélique n'aime pas tellement sa mère, est-ce l'adolescence ? En revanche on ressent vraiment bien l'amour que porte la mère à sa fille et toutes les inquiétudes qu'elle ressent.

L'auteure donne à chaque personnage un petit aspect fou-fou qui est, je trouve, assez loin de la réalité. Ça m'a fait penser à du Malika Ferdjoukh et ça m'a mise à l'aise.

Je suis certaine que ça plaira à bon nombre d'adolescents, moi ça ne m'a pas touchée plus que ça.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

dimanche 11 décembre 2016

Babylone, de Yasmina Reza

Quatrième de couv' : « Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C'est l'image d'eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l'excitation d'être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d'autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l'infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j'entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l'irrémédiable. »

Mon avis : J'ai plutôt apprécié ce roman mais sans vraiment savoir pourquoi. Ce n'est pas un ouvrage très compliqué, le style est agréable, bien que parfois les digressions sont un peu lourdes. L'histoire est simple : une femme et son mari invitent des amis à leur fête de Printemps. La soirée se déroule sans problème, chacun rentre chez soi, mais vers 2h du matin, le voisin du dessus, qui était présent à la fête, descend et annonce qu'il vient de se passer un drame.
Là nous allons découvrir comment vont s'enchaîner les événements, entremêlés de souvenirs d'Elizabeth.

Il y a à mon avis, trois personnages principaux : Elizabeth la narratrice, Jean-Lino et Lydie, sa compagne, la soixantaine. Ils sont voisins, se croisent dans les escaliers, se fréquentent assez peu, mais sont tout de même intrigués les uns par les autres, étant donné leurs caractères très différents.

On oscille vraiment entre deux genres, il y a la situation comique de la soirée avec son lot de préparatifs, les discussions entre amis, puis le côté dramatique mais teinté d'un brin d'humour.
Ce n'est pas un livre très sérieux, on n'est pas dans une écriture blanche, mais plutôt descriptive, avec des souvenirs, quelques actions et dialogues.
En fait, nos personnages sont très simples, leur vie est banale, quand surgit le drame, ils sont paralysés et ne savent plus comment réagir, ils inventent tout et n'importe quoi pour se donner une consistance.
Dans les films ou les romans quand une telle situation se présente, l'acteur principal sait toujours quoi faire, réfléchit à mille à l'heure, là ce n'est pas le cas, on ancre l'histoire dans le réel, dans la banalité du quotidien et de gens qui n'ont jamais rien vécu d'extraordinaire.

J'ai bien aimé, sans trop savoir pourquoi. Je le conseillerai je pense, pour Noël si on me demande un roman de la rentrée littéraire. Mais ce n'est pas un coup de coeur.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

lundi 5 décembre 2016

Il faut tenter de vivre, d'Eric Faye

Quatrième de couv' : J'étais fasciné par Sandrine et son histoire digne d'un scénario de cinéma. Elle avait bien essayé de mener une vie normale. Sans succès. Etait-ce son attrait pour l'oisiveté, les robes et les grands restaurants ? Sandrine arnaquait les hommes pour vivre dans une bulle luxueuse à l'abri du monde. Seulement, le prix de l'argent facile est double : il faut payer pour le gagner et surtout pour s'en affranchir...

Mon avis : Sandrine est une amie du narrateur (de l'auteur ?). Il nous raconte sa vie dans les années 80-90, quand elle avait la vingtaine et qu'elle arnaquait des hommes, avec son compagnon pour se faire de l'argent, puis on la suit dans sa fuite en Belgique. Alertée par des amis, elle apprend que la police est à sa recherche. Elle fuit en Belgique, où elle va tenter de trouver une certaine liberté.
Cependant comment échapper aux horreurs qu'une mère a tenté de vous inculquer ? Sandrine a eu une enfance relativement compliquée, entre une mère qui la détestait d'être belle et un père qui s'est mis à boire pour échapper à une femme bipolaire.
Sandrine est devenue une jeune femme instable, fragile, peu sûre de son physique, elle veut vivre à 100 à l'heure, boit et se gave d'amphétamines, arnaque les hommes seuls sous couvert de changement d'identités, part en tandem à travers la France, se fait de bons gueuletons dans des resto étoilés.
A force de vivre la vie d'autres femmes, Sandrine a besoin de se retrouver, elle n'y arrivera qu'une fois sa fuite en Belgique terminée.

Sandrine est un personnage attachant, malgré son côté hors-la-loi. Elle a conscience du mal qu'elle fait mais elle a besoin de vivre, alors elle se perd dans des identités d'autres femmes. Je crois que cet attachement nous vient aussi de la façon dont le narrateur présente la vie de Sandrine. Il a un réel attachement pour elle, une fascination pour cette femme qui vit des aventures et échappe à la police.

C'est avant tout l'histoire d'une femme, qui apprend en faisant son lot d'erreurs, à devenir elle-même.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur