dimanche 24 juillet 2016

Les effets du hasard, de Marie Leymarie

Quatrième de couv' : Maïa a été choisie sur catalogue par ses parents. Et si elle ne répondait pas à leurs attentes ?

Maïa a les yeux noisette, les cheveux châtains, un petit nez légèrement retroussé et un QI de 117. Elle correspond en tout point aux critères choisis par ses parents sur catalogue, quinze ans plus tôt.
Un soir, elle est abordée par Anthony, un garçon aux yeux verts. Maïa accepte de prendre un verre avec lui, bien qu'il lui semble beaucoup trop intelligent pour elle. Et dans sa tête tourne en boucle l'avertissement de sa prof de biologie : "Si vous tombez amoureux, ne vous affolez pas... ça fait partie des maladies bénignes de l'adolescence. Quelques comprimés de Deluvio 300, et c'est réglé."

Mon avis : J'ai bien aimé cette lecture, tout s'y déroule comme si on tirait sur le fil d'une pelote de laine. C'est un roman qu'on peut classer dans les dystopies, mais disons soft, puisqu'ici il n'y a pas d'épreuves insurmontables !
Maïa est une jeune fille qui évolue dans un monde où les parents sont ensemble pour leur taux de compatibilité, ont des enfants qu'ils commandent via un catalogue et en fonction de leurs moyens. C'est un monde où on utilise les outils de la génétique pour concevoir des enfants (presque) parfaits. Un monde où tout est contrôlé et où les imprévus n'existent pas.

A 15 ans, Maïa fait la rencontre d'Anthony, qui va lui ouvrir un peu l'esprit. Grâce à lui, elle va découvrir qu'il existe aussi des enfants qui naissent de façon naturelle. Elle remet en cause tout ce qu'on lui a toujours enseigné et elle va découvrir l'amour, qui dans son monde est considéré comme une maladie qu'on soigne à coup de médicaments. Le traitement du ressenti et des sentiments amoureux est très juste. Les émotions qu'il crée sont parfaitement re-transcrites et c'est amusant de les lire dans la bouche d'une jeune fille qui découvre ça pour la première fois.
De plus l'adolescence est aussi bien traitée, puisque Maïa a des craintes importantes quant au fait que ses parents projettent d'acheter un deuxième enfant plus parfait qu'elle. On découvre qu'elle s'inquiète de ne pas être à la hauteur de leurs attentes, d'autant plus que leurs attentes semblent être élevées vu qu'ils l'ont achetée sur des critères qu'ils estimaient nécessaires à ce qu'elle devienne une enfant parfaite. Et à l'adolescence, on sait bien que c'est assez difficile de s'accepter soi, alors quand on vit dans une famille où aucune marque d'affection n'est exprimée, il est bien difficile de se sentir à l'aise dans ses baskets et dans sa famille, si celle-ci décide d'ajouter un autre membre à la famille.

Bref, c'est un roman court (200 pages), bien écrit, très juste et qui ouvre des pistes de réflexion intéressantes pour les adolescents qui le liront. On est loin des super-héros badass qui sauvent le monde (comme si dans les dystopies les adultes n'existaient pas pour le faire...) mais on se sent proche d'une héroïne qui a des questionnements et des doutes sur sa place au sein d'un environnement particulier.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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