dimanche 24 juillet 2016

Les effets du hasard, de Marie Leymarie

Quatrième de couv' : Maïa a été choisie sur catalogue par ses parents. Et si elle ne répondait pas à leurs attentes ?

Maïa a les yeux noisette, les cheveux châtains, un petit nez légèrement retroussé et un QI de 117. Elle correspond en tout point aux critères choisis par ses parents sur catalogue, quinze ans plus tôt.
Un soir, elle est abordée par Anthony, un garçon aux yeux verts. Maïa accepte de prendre un verre avec lui, bien qu'il lui semble beaucoup trop intelligent pour elle. Et dans sa tête tourne en boucle l'avertissement de sa prof de biologie : "Si vous tombez amoureux, ne vous affolez pas... ça fait partie des maladies bénignes de l'adolescence. Quelques comprimés de Deluvio 300, et c'est réglé."

Mon avis : J'ai bien aimé cette lecture, tout s'y déroule comme si on tirait sur le fil d'une pelote de laine. C'est un roman qu'on peut classer dans les dystopies, mais disons soft, puisqu'ici il n'y a pas d'épreuves insurmontables !
Maïa est une jeune fille qui évolue dans un monde où les parents sont ensemble pour leur taux de compatibilité, ont des enfants qu'ils commandent via un catalogue et en fonction de leurs moyens. C'est un monde où on utilise les outils de la génétique pour concevoir des enfants (presque) parfaits. Un monde où tout est contrôlé et où les imprévus n'existent pas.

A 15 ans, Maïa fait la rencontre d'Anthony, qui va lui ouvrir un peu l'esprit. Grâce à lui, elle va découvrir qu'il existe aussi des enfants qui naissent de façon naturelle. Elle remet en cause tout ce qu'on lui a toujours enseigné et elle va découvrir l'amour, qui dans son monde est considéré comme une maladie qu'on soigne à coup de médicaments. Le traitement du ressenti et des sentiments amoureux est très juste. Les émotions qu'il crée sont parfaitement re-transcrites et c'est amusant de les lire dans la bouche d'une jeune fille qui découvre ça pour la première fois.
De plus l'adolescence est aussi bien traitée, puisque Maïa a des craintes importantes quant au fait que ses parents projettent d'acheter un deuxième enfant plus parfait qu'elle. On découvre qu'elle s'inquiète de ne pas être à la hauteur de leurs attentes, d'autant plus que leurs attentes semblent être élevées vu qu'ils l'ont achetée sur des critères qu'ils estimaient nécessaires à ce qu'elle devienne une enfant parfaite. Et à l'adolescence, on sait bien que c'est assez difficile de s'accepter soi, alors quand on vit dans une famille où aucune marque d'affection n'est exprimée, il est bien difficile de se sentir à l'aise dans ses baskets et dans sa famille, si celle-ci décide d'ajouter un autre membre à la famille.

Bref, c'est un roman court (200 pages), bien écrit, très juste et qui ouvre des pistes de réflexion intéressantes pour les adolescents qui le liront. On est loin des super-héros badass qui sauvent le monde (comme si dans les dystopies les adultes n'existaient pas pour le faire...) mais on se sent proche d'une héroïne qui a des questionnements et des doutes sur sa place au sein d'un environnement particulier.

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Boston Girl, d'Anita Diamant

Quatrième de couv' : Un roman magnifique sur la famille, l'amitié et la condition féminine

Boston Girl, c’est Addie Baum, née en 1900 de parents immigrés polonais pauvres. S'ils tentent d’élever leurs trois filles selon leurs tradition, la curiosité et l’intelligence d’Addie la propulsent dans un tout autre monde, fait de films, de livres et de nouvelles opportunités pour les femmes. Un monde dans lequel une fille peut porter un pantalon, aller à l’université et trouver l’amour par elle-même.

L'histoire commence en 1985, lorsque la petite-fille d’Addie lui demande :  "Comment es-tu devenue la femme que tu es aujourd’hui ?" Addie, alors âgée de 85 ans, entreprend le récit de sa vie, à partir de 1915, année où elle rejoint un groupe de lecture pour filles et se fait des amies qui lui permettent de fuir son quotidien. Petit à petit, elle envisage un avenir différent, bien loin de celui de sa famille, qui ne se construira pas sans souffrances et sacrifices ; avec en arrière-plan la Première Guerre mondiale, le mouvement des Suffragettes et les transformations culturelles du début du XXè siècle.

Anita Diamant dresse un magnifique portrait d’une femme qui, tout à la fois représente et a contribué à créer, la définition de la femme moderne.

Mon avis : Ce n'est pas toujours évident de tomber sur de bons romans contemporains retraçant l'histoire (fictive ou non) d'une personne. Là j'ai vraiment adoré découvrir l'histoire d'Addie.
Pour sa petite-fille, Addie va dérouler le fil de sa vie dans un style direct : elle s'adresse à elle, mais aussi à nous, lecteurs, avec tendresse elle confie sur un ton intimiste toute sa jeunesse.
Elle explique tout ce qui l'a fait devenir une femme émancipée, qui a su saisir les opportunités de travail, tout en restant une femme attachée aux valeurs de sa famille et à ses amies. Au départ, un club de lecture du samedi, où elle va rencontrer d'autres jeunes femmes. Auprès d'elles, c'est la condition féminine qu'elle va apprendre à penser différemment de ce qu'on lui a toujours inculqué.
C'est au prix d'affrontements avec des parents traditionalistes et d'une société patriarcale qu'Addie va réussir à s'émanciper et à mener sa vie telle qu'elle l'entend. Courageuse, déterminée, mais pas tête brûlée !, Addie va devenir une femme passionnée et épanouie.
C'est un itinéraire de vie qui m'a vraiment émue, il est entrecoupé de tragédies qui ont marquées Addie et son entourage, mais aussi de bonheurs et de grandes réussites qui ont fait d'Addie une femme épanouie et intéressante à tout point de vue. J'aurais adoré avoir son parcours si j'avais vécu à la même époque !
Beaucoup de thèmes sont abordés dans ce roman : l'intégration dans un nouveau pays (et plus particulièrement au début du XXè siècle) qui ne se fait pas sans difficultés, l'émancipation de la femme s'affranchissant du patriarcat, les premières amours, le fait d'assumer ses choix auprès de sa famille, mais aussi la maladie, la mort.

Un petit bémol : l'ellipse narrative de 55 ans que nous avons après 1930,le fait qu'on passe un peu sous silence la vie de femme mariée d'Addie, m'a un peu frustrée ; j'aurais aimé en savoir plus sur le couple et le mariage qu'elle forme avec son mari, la vie avec des filles à éduquer, puis la naissance des petits-enfants.

A travers ce personnage, c'est l'évolution de la condition féminine que nous découvrons, et c'est cela qui est touchant et donne envie de partir au combat et de lutter pour une égalité entre les hommes et les femmes. Non seulement c'est un roman qui évoque le féminisme mais il est aussi très bien écrit (la traduction est très bonne), l'histoire est captivante, il se dévore et est profondément inspirant !


Je le tiens pour Coup de Coeur de 2016 !


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dimanche 17 juillet 2016

Martin Sexe Faible, Journal, d'Antoine Piwnik

Quatrième de couv' : Et si les hommes étaient le sexe faible ? Martin, 30 ans, a bien du mal avec ce monde où les femmes ont le pouvoir : harcèlement sexuel, misandrie au travail, pression familiale.
D’autant qu’il ne vit pas très bien son célibat prolongé, et qu’une impitoyable andrologue a affolé son horloge biologique.
Pour trouver sa princesse charmante et crever le plafond de verre de Direct Info, où il se trouve cantonné à la rubrique people, Martin va devoir se battre.
Quitte à prendre quelques coups, au sens propre comme au figuré.

Comédie romantique à l’envers, le journal de Martin, dénonce le sexisme ordinaire.


Mon avis : Et si les situations étaient inversées pour les hommes et les femmes ? Dans ce livre, raconté sous forme de journal, Martin est un trentenaire qui travaille pour une rédaction de télé, mais dans son monde ce sont les femmes qui sont puissantes et ont le pouvoir. C'est Martin qui se fait harceler dans la rue, fait face aux remarques sexistes sur son petit c*l moulé dans un slim, est moins payé qu'une femme pour le même job. En gros, toutes les situations qu'on connaît en tant que femme, Martin les vit dans sa société matriarcale.

Au début ça m'a fait sourire parce qu'on se dit "eh ça, ça m'arrive" ou "ça c'est tellement vrai". Sauf que dans notre monde, ça ne me fait PAS sourire du tout.
Le cerveau a toutefois un peu de mal, parce qu'en tant que femme, je m'identifiais à Martin, mais en même temps je me disais que les rôles étaient inversés, donc j'essayais de lire les phrases en remplaçant femme par homme, pour me rappeler qu'à l'heure actuelle, c'est toujours MA situation qui est pourrie, et que tant qu'on n'aura pas une égalité entre les sexes, et bien on s'en prendra encore pas mal des remarques sexistes ! Enfin, ne faisons pas de cette chronique un appel aux trolls.

J'ai bien aimé cette lecture, elle est rapide, fluide et le sujet est traité avec humour.  L'auteur met aussi le doigt sur des situations pourries comme le tourisme sexuel, l'urbanisation de certains quartiers parisiens.
Cette lecture soulève tout un tas de questions sur des thématiques du quotidien des femmes, comme le harcèlement au travail ou dans la rue, la pression familiale sur le fait d'avoir ou non des enfants et de trouver LA bonne personne avec qui faire sa vie.
Même si c'est présenté de façon humoristique, c'est une lecture intéressante qui soulève des questions de société, parce qu'elle nous montre l'absurdité de notre société patriarcale.

Et puis si vous voulez pousser le truc, il existe aussi une websérie (que j'ai découverte avant de lire le livre) diffusée sur studio-4.fr, avec Juliette Tresanini (que vous avez déjà sûrement vu dans des vidéos sur Youtube ou dans Bref)

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jeudi 14 juillet 2016

Everything Everything, de Nicola Yoon

Quatrième de couv' : "Everything Everything est vraiment TOUT : puissant, charmant, déchirant, et si prenant que je l'ai dévoré d'une traite. L'un des rares romans qui vous élèvent, vous brisent et vous nourrissent en même temps."

Jennifer Niven, auteur de Tous nos jours parfaits.


Mon avis : Tout d'abord mention +++ à la couverture qui est magnifique, les dessins ont été faits par le mari de l'auteure et j'adore les couleurs utilisées. Ça a vraiment un sens quand on a lu l'histoire ! Et en plus, la couverture a un toucher velours, ce que j'adore !
Bref, l'histoire est touchante et ne peut qu'émouvoir : Maddy a 18 ans mais n'a jamais pu sortir parce qu'elle souffre d'une maladie rare : le DICS. Elle mettrait sa vie en jeu si elle sortait à l'extérieur. Sa maison est équipée d'un sas pour décontaminer les (peu nombreux) visiteurs et une infirmière veille sur elle. Son père et son frère sont décédés lors d'un accident quand elle n'était qu'un bébé. Elle n'a plus que sa mère, médecin, pour s'occuper d'elle et ensemble elles se sont créés tout un lot d'habitudes. Un jour, des nouveaux voisins débarquent dans la maison d'à côté : Maddy voit arriver un jeune homme, Olly, dont elle va tomber amoureuse. Il représente un élément déclencheur dans la vie de Maddy. Grâce à lui, elle va s'intéresser au monde extérieur. C'est touchant de voir comment Maddy découvre des détails de la vie qu'on connaît tous, mais qui sont une véritable nouveauté pour elle.
La fin est tout à fait inattendue ! J'ai été agréablement surprise quand j'ai compris la direction que prenait l'histoire, ça donne un aspect plus complexe à l'intrigue, qui jusque là était plutôt romantique, à tendance dramatique.
Je ne me suis pas trop attachée aux personnages, mais je les ai trouvés assez réalistes. En fait, l'histoire se présente un peu comme un journal, puisqu'on a une narration à la première personne.
Un détail m'a chiffonnée : la trop grande description des mouvements imperceptibles des autres personnages. Dans la vraie vie, est-ce que vous remarquez si souvent quand un ami assis à côté de vous change de position ? Ça m'a semblé un peu irréaliste de détailler autant et d'en tirer des conclusions.
Mais ce n'est qu'un détail et l'histoire est sympathique à découvrir. J'ai bien aimé cette lecture !


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mercredi 13 juillet 2016

Antigone, de Sophocle

Quatrième de couv' : Le cadavre de Polynice, ce traître à sa patrie, pourrit sous le soleil de Thèbes. Quiconque tentera de l'ensevelir sera exécuté ! Personne n'ose donc braver l'interdit du roi Créon. Personne, sauf Antigone, la soeur de Polynice, qui, par devoir religieux et amour pour son frère, se dresse, seule et les mains nues, contre le tyran. Elle en mourra. Obstiné, méprisant avis et menaces, Créon sera abandonné de tous et maudit par chacun. Une des tragédies les plus puissantes de tous les temps.

Mon avis : La semaine dernière je relisais Antigone d'Anouilh et j'avais un peu de mal avec cette jeune personne, incarnation de la résistance à l'oppression. J'avais envie de lire la pièce originale, celle de Sophocle, pour comparer.

La première chose que je note c'est le peu de présence qu'a Antigone dans ce texte. En effet, on voit et connait beaucoup plus les pensées de Créon, celui qui édicte l'interdiction de recouvrir le corps de Polynice, qu'Antigone et ses démarches. D'un coup, la pièce d'Anouilh me parait plus féministe que celle de Sophocle, d'autant plus que Créon méprise la femme qu'est Antigone, la traitant de "folle".

Dans cette pièce, Antigone étant en filigrane, elle m'a paru moins irritante. Ses actions semblent plus louables parce qu'elle explique qu'elles reposent sur les lois divines plus que sur son amour pour son frère (qui est un traître). Elle entraîne néanmoins dans son malheur plusieurs personnes. Pourtant, ces personnes trouvent la mort à cause de Créon.

Dans cette pièce, Créon, après avoir pris en compte les prédictions du devin, revient sur sa décision de faire mourir Antigone et part la sauver afin de lui rendre sa liberté. Créon m'a paru beaucoup plus autoritaire et dépourvu d'empathie, craignant les Dieux, dans cette pièce que dans celle d'Anouilh où on le sent souffrir de sa position de roi de Thèbes qui doit condamner sa nièce. Dans celle-ci, il est très détaché d'Antigone, la considère peu comme un membre de sa famille.

Antigone quant à elle, a tout de même une attitude d'ado, elle dit quelque chose de bien à sa soeur, puis à la réplique suivante, est absolument odieuse avec elle. Dans cette pièce, elle fait le choix d'offrir une sépulture à son frère et s'y tient une partie de la pièce, avant de finalement regretter ce choix (dans l'épisode 4), car elle prend conscience qu'elle va mourir seule et ne connaîtra jamais ni le mariage, ni l'enfantement. En fait, elle semblait croire que les Dieux allaient la sauver, puisqu'elle était pieuse et était allée à l'encontre des lois dictées par les hommes et par Créon, pour honorer les lois immuables des divinités. Or, ces Dieux l'ignorent et la laissent à son sort, qu'elle va finalement accepter en se suicidant.

En fait, je pense qu'il est indispensable de lire Antigone de Sophocle, avant de lire la version d'Anouilh, même si celle-ci est plus contemporaine.
J'ai préféré celle de Sophocle, les phrases sont belles, les mots bien choisis, et même si je ne comprends pas toujours les chants du choeur, parce qu'ils font référence à la mythologie grecque, je trouve que cette pièce illustre mieux le poids du sacré en opposition à la politique des hommes.


Quelques citations extraites de la pièce :

"Il est bien difficile de connaître l'âme, la pensée et l'opinion d'un homme avant de l'avoir vu dans l'exercice du pouvoir et de l'autorité. Pour moi, quiconque gouvernant un Etat ne suit pas l'avis des meilleurs, mais ferme les bouches par la crainte qu'il inspire, est le pire des tyrans." (Créon, épisode 1)

"Ils pensent comme moi, mais ils te craignent et se taisent donc." (Antigone, épisode 2)

"Honorer les morts est sans doute piété, mais il faut d'abord respecter le pouvoir du maître, c'est ta révolte qui fait ta mort." (Le choryphée, épisode 4)


La fiche du livre sur le site de l'éditeur (mention + pour Les Petits Classiques Larousse qui présente un dossier hyper intéressant et suffisamment explicatif)

vendredi 8 juillet 2016

Antigone, de Jean Anouilh

Quatrième de couv' : L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.
Jean Anouilh


Mon avis : Comme beaucoup j'ai lu Antigone il y a des années, dans le cadre des cours de français. C'est seulement en écoutant un podcast récemment que je me suis rendue compte que j'avais franchement oublié cette pièce de théâtre, alors je l'ai empruntée pour la relire.
Et à 25 ans (et plus...) et bien cette pièce ne me fait aucun effet. J'imagine qu'à 15 ans, on doit se sentir émue et bouleversée par la force de caractère d'Antigone. Mais à 25... bah... Antigone je la trouve assez égoïste. La démarche première : enterrer son frère mort, est tout à fait louable, et normale ! Mais ensuite elle entraîne beaucoup de monde dans sa chute ! Autant je comprends qu'il est nécessaire de se soulever contre une situation déplaisante imposée par une politique hypocrite, autant je cautionne moins la façon dont Antigone refuse la situation : pour moi elle est similaire à un enfant qui tape du pied et qui ferait beaucoup de bruit, parce qu'au lieu d'écouter et de chercher à comprendre, elle n'en fait qu'à sa tête. Il n'y a pas d'intransigeance, pas de compréhension non plus. Or, vivre en société, c'est en accepter les règles mais aussi tenter de comprendre l'autre dans ses démarches.
En plus, l'auteur nous la présente à un moment où elle a déjà pris la décision de recouvrir le corps de son frère et donc de mourir, pourtant elle finit par entraîner Hémon (et par extension sa mère à lui) dans sa mort. Elle est prête à assumer les conséquences de son acte, mais n'a pas réfléchi à ces fameuses conséquences.


Alors si je n'ai pas compris la portée de ce texte il y a 3 raisons à cela :
- Je n'ai jamais lu l'Antigone de Sophocle (ça vaudrait le coup de l'emprunter peut-être)
- Le contexte n'est pas le même que pendant la réécriture de cette pièce (pendant la 2nde guerre mondiale)
- Je ne suis pas accompagnée d'un prof pour m'éclairer sur l'impact des réactions d'Antigone (et j'ai pas franchement envie de faire l'effort d'y réfléchir)

En bref, la relecture est intéressante, parce qu'à 15 ans on lit des choses qui nous plaisent et qu'on ne remet pas forcément en question mais qu'en est-il 10 ou 20 ans plus tard ?

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jeudi 7 juillet 2016

Fake Fake Fake, de Zoë Beck

Quatrième de couv' : Un prénom pourri, des chaussures taille 49, pas un poil sur le torse, et des parents bobos artistes : Edvard, 14 as, est mal parti pour séduire Constance. D'autant qu'au collège, Henk et sa bande de gros bras ne le lâchent pas. Alors, sur Facebook, Edvard devient Jason, Américain en voyage scolaire. Jason, le double rêvé et parfait… Constance mord à l’hameçon. De mensonge en mensonge, les demandes d'amis explosent, et la machine s’emballe…

Mon avis : J'ai plutôt apprécié cette histoire qui se présente sous la forme d'un journal. D'habitude j'ai tendance à lire des romans mettant en scène des filles, or là, Edvard est un jeune garçon grincheux de 14 ans, qui vit mal sa puberté. Il craint Henk, un sale type de sa classe, qui se moque de lui régulièrement. Au retour des vacances d'été, la situation est catastrophique pour Edvard, qui souhaiterait mourir !
Mais il va faire la connaissance de son voisin, un ancien professeur d'Harvard, qui lui redonne goût aux matières scientifiques. Il y a un petit côté social, avec l'expulsion imminente de ce voisin, pour qui Edvard va mobiliser ses amis et sa famille afin de l'aider à rester dans sa maison.

Comme le résumé l'indique, Edvard créé un faux profil Facebook. Cet élément n'est finalement pas central dans l'histoire, bien qu'il permette une résolution heureuse d'un problème.
Edvard utilise ce profil pour espionner Constance et entrer en contact avec elle. Mais quand il s'agit de prendre ses responsabilités, il n'y a plus personne... Il abandonne même le navire ! Du coup, le faux profil a son lot de défauts, mais n'apparait pourtant pas comme quelque chose d'amoral. J'ai trouvé dommage que l'auteure laisse son personnage utiliser son mensonge, s'enliser dedans, faire preuve de grande lâcheté et au final qu'elle use d'une pirouette pour rendre ce faux profil bénéfique à l'histoire.

Ce n'est pas tant une histoire sur les réseaux sociaux et ses dangers, mais plutôt une thématique intergénérationnelle, avec un aspect social qui met en lumière la solidarité, l'engagement pour une cause. Je pense que le titre est mal choisi et le résumé induit en erreur, du coup on peut être déçu(e) par ce que propose ce livre. Mais comme c'est sous forme de journal, ça se lit assez vite, et même si Edvard est une tête à claque au début, il prend finalement confiance en lui dans la seconde partie du roman, quand il se met en quatre pour éviter l'expulsion de son professeur particulier.

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mercredi 6 juillet 2016

Lettres à une disparue, de Véronique Massenot

Quatrième de couv' : Dans un pays soumis à la dictature, Melina pleure Paloma, sa fille "portée disparue", enlevée avec son mari et sa petite fille.
Au bout de quatre ans, l'espoir de la revoir vivante disparait peu à peu... et le chagrin devient lourd à supporter. Elle décide alors de lui écrire pour exprimer sa douleur et son amour, pour recréer un lien avec cette fille tant aimée.
Puis un jour, de cette longue nuit, la vie resurgit : Nina, la fille de Paloma serait vivante...

Mon avis : C'est une lecture vraiment courte, adaptée aux programmes de 4è, puisqu'il s'agit d'un recueil de lettres (thème de l'épistolaire au programme). La lecture est intéressante, il n'y a pas d'échange de lettres à proprement parler, pourtant l'émotion est très forte. Melina a perdu sa fille Paloma, lors d'événements liés à la dictature qui dirige le pays. Nous ne saurons jamais de quel pays il s'agit (dommage ! - mais après recherches, il s'agirait de l'Argentine).
L'émotion est assez forte, Melina ne s'est jamais remise de la disparition de sa fille, elle a toujours eu l'espoir que celle-ci reviendrait. Mais 4 ans plus tard, ce n'est pas le cas, Melina lui écrit des lettres qu'elle n'envoie pas, pour lui raconter ses angoisses, sa peur de l'avenir, sa vie actuelle, et surtout son amour indéfectible.
L'action arrive assez vite, quand Melina apprend qu'on peut retrouver les enfants des proches disparus, puisqu'ils auraient été adoptés par les tortionnaires de l'époque. Avec son mari, entourée d'amis, ils vont partir à la recherche de Nina, leur petite-fille.

Le livre est volontairement court, du coup, il y a assez peu de rebondissements, et joue plutôt sur l'émotion suscitée par les situations (que j'ai trouvées un peu sans relief).
Pour autant le sujet est intéressant, original, réaliste et indispensable afin de montrer une autre facette des conséquences d'une dictature dans un pays.

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mardi 5 juillet 2016

Seul contre tous, d'Hubert Ben Kemoun

Quatrième de couv' : La vérité ne sort pas toujours de la bouche des enfants...
Tout a commencé par une petite erreur. Une erreur de rien du tout. Mais quand le petit rien se transforme en rumeur, la journée de Baptiste bascule dans le cauchemar...

Mon avis : Un livre à lire à partir de 11 ans (j'aurais dit dès 9 ans...) sur le thème de la rumeur.
Baptiste est en CM2, il vient d'arriver dans une nouvelle école et nous le découvrons terrorisé, caché dans un local à poubelle. On remonte le temps et nous apprenons que 5 jours plus tôt, il a été vu à la sortie d'un magasin, fouillé par un vigile. Dès lors, c'est l'escalade ! Ses camarades de classe vont monter en épingle ce petit incident. Et quoi de mieux que de profiter de l'absence de Baptiste pour dramatiser cet événement ?!

Un livre court et bien écrit pour mettre en scène l'impact de la rumeur. J'ai beaucoup aimé la façon dont l'instituteur s'empare de l'affaire pour dédramatiser les choses et faire comprendre aux élèves le danger de lancer de pareilles rumeurs.

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dimanche 3 juillet 2016

The end of your life book club, by Will Schwalbe

Quatrième de couv' : Which books would be on your book club wish list ? 

Join Will and his mother Mary Anne in a very special two-member book-club, as they read life-changing books from Suite française, Brooklyn and The Elegance of the Hedgehog to discoveries like Crossing to Safety and People of the Book. As Mary Anne's life comes to a close their exploration of books brings them even closer together.
A profoundly moving testament to a life lived to the fullest and the power and comfort of reading in our lives.

What are you reading now ?



Mon avis : Pour une fois, j'ai lu un livre en VO. J'avais entendu parler de ce livre sur la chaîne de Laura (le bal des livres fous) qui avait eu un coup de coeur pour cet ouvrage. Mais ne le trouvant pas en librairie en français (il aurait fallu le commander), je me suis dit que ça valait le coup de l'acheter sur Book Depository puisqu'il était disponible et de le découvrir en VO. Je l'ai donc acheté en fin d'année 2015 et ai commencé à le lire début janvier 2016. Mais je viens seulement de le finir, lisant les 2/3 au cours des derniers jours. J'étais pourtant très emballée dès le début par ce livre, mais la vie, le manque de temps, le peu de concentration que je voulais bien accorder à ce roman en anglais, ont fait que je l'ai laissé de côté un bon moment.
Cet ouvrage est avant tout le portrait d'une belle personne : Mary Anne Schwalbe, la mère de l'auteur. Il s'agit de ses derniers mois avant sa mort, du moment où son cancer a été diagnostiqué, aux derniers jours.

Le livre est présenté comme un ouvrage parlant d'autres livres, or je trouve que ce n'est pas l'aspect principal de cette (auto)biographie. J'y ai plus lu l'amour et l'admiration qu'ont les membres de cette famille pour Mary Anne. C'est le portrait d'une femme, d'une mère, d'une travailleuse acharnée qui a su remplir sa vie de mille façons différentes, en étant droite, gentille et honnête, et surtout en aidant autrui. D'après lui, Mary Anne était généreuse, humaine et dotée d'une grande empathie. Toujours prête à espérer le meilleur de chacun. Elle avait assisté à des scènes de vie très dures dans des pays en guerre, et pourtant, elle continuait de sourire aux gens, écoutait leur histoire, et s'intéressait sincèrement à eux.
Ce portrait étant fait par son fils, c'est un portrait élogieux. Il honore la mémoire de sa mère à travers cet ouvrage et les livres qu'ils ont lu ensemble, ne sont qu'un prétexte pour donner un fil rouge à l'histoire. Passionnés de lecture, mère et fils, vont dévorer des dizaines de livres durant les longues séances de chimiothérapie, et en parler ensemble, s'échanger des idées sur la vie.

Je ne connaissais aucun des livres cités, mais ça m'a donné envie d'en découvrir certains (et mention spéciale à l'éditeur qui a créé un appendice pour répertorier les livres).
Evidemment dans ce roman on parle beaucoup de la maladie et de la mort, de la façon dont on peut se préparer à la mort d'un être cher. Et plus particulièrement de vivre les derniers jours de cette personne et comment préparer cette mort inéluctable.

Quant au niveau d'anglais, franchement c'est très facilement compréhensible. Le vocabulaire est accessible et les phrases ne sont pas alambiquées.

La fiche du livre