lundi 23 mai 2016

So phare away, Alain Damasio

Quatrième de couv' : « La voir… Sa frimousse nichée dans ses cheveux trempés, son sourire de pur bonheur en plein milieu des prunelles, elle a jailli de la porte, et s’est stabilisée debout dans la flotte. Je l’avais tellement imaginée ces six derniers mois, j’avais refait la scène cent cinquante fois, j’avais craint, saccades de trouille, de la découvrir sur ce même perron avec un homme à ses côtés, lui tenant l’épaule – eh bien, voilà : sa présence d’un coup. Le vibré de son visage. Tout ce qu’elle y fait passer en une minuscule seconde. »

Trois nouvelles au souffle exceptionnel pour découvrir un grand écrivain contemporain, auteur de La Horde du Contrevent.

Mon avis : Je connais l'auteur de nom, puisqu'il est l'un des auteurs contemporains le plus connu en SF française, cependant je ne souhaitais pas commencer par La Horde du Contrevent, de peur de ne pas accrocher. En me baladant en librairie, je suis tombée sur So phare away, un Folio à 2€. Il n'en fallait pas plus pour attirer mon attention. J'ai donc découvert 3 nouvelles : Annah à travers la Harpe, So Phare Away et Aucun souvenir assez solide.
C'est une expérience de lecture assez particulière : j'ai eu beaucoup de mal à me représenter les univers décrits dans les deux premières nouvelles. (La troisième est très courte et joue plutôt sur le style d'écriture, c'est assez joli d'ailleurs et très bien travaillé) Je ne suis pas une adepte de SF, du coup j'ai vraiment peiné à imaginer les choses décrites. Cependant, les histoires sont aisément compréhensibles par toute personne dotée d'une sensibilité !
Dans la première nouvelle, un père a perdu sa fille de 2 ans, il part en quête d'elle afin de la faire revenir du monde des morts.
Dans la seconde nouvelle, se déroule une histoire d'amour entre deux personnes vivant dans des phares à quelques kilomètres l'un de l'autre. Ils tentent régulièrement de se faire passer des messages grâce à la lumière que leurs phares émettent. Le message de cette nouvelle est aussi plus clair et plus porteur, les métaphores sont assez évidentes et ce n'est pas plus mal, car perdue dans ce monde futuriste, j'étais soulagée de trouver des problématiques que je comprenais.

En bref, j'ai bien aimé et même si je me suis sentie larguée dans l'univers de l'auteur, je pense qu'en lisant plus souvent de la SF je pourrais mieux saisir tout cela. Ne vous attendez pas à des nouvelles joyeuses et pleines de vie, on est plutôt dans l'impossibilité du deuil, la tristesse implacable, la solitude des phartistes aussi.
Je lirai peut-être La Zone du Dehors dont le résumé m'intrigue plus que celui de La Horde du Contrevent.

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dimanche 15 mai 2016

Comme par magie, Vivre sa créativité sans la craindre, d'Elizabeth Gilbert

Quatrième de couv' : Depuis près de dix ans, des milliers de lecteurs de par le monde ont été inspirés et influencés par les livres d’Elizabeth Gilbert.
Aujourd’hui, l’auteur puise dans son propre processus de création pour partager avec nous sa sagesse et son point de vue unique sur la créativité, et nous encourager à aller à la recherche de notre inspiration. Elle nous montre comment capturer ce que nous aimons le plus et comment tenir tête à ce qui nous fait peur ; évoque les attitudes, les approches et les habitudes dont nous avons besoin pour vivre notre vie de la façon la plus créative qui soit. Que nous souhaitions écrire un livre, relever de nouveaux défis professionnels, poursuivre un rêve trop longtemps mis de côté ou simplement insuffler un peu plus de passion dans notre quotidien, Comme par magie nous ouvre les portes d’un monde de merveille et de joie

Mon avis : Oh mon Dieu j'ai mis tant de temps pour lire ce livre ! En vérité, je l'ai commencé en Janvier ou Février, je l'ai mis en pause longtemps, et je viens de le finir cet aprèm. Pourtant il est vraiment bon et intéressant.
C'est un essai qui porte sur la créativité et comment l'appréhender dans notre vie. Alors si vous avez une âme d'artiste, d'écrivain, de réalisateur ou que sais-je, vous pouvez vous pencher sur ce livre. Il vous incitera à vous lancer !
J'ai trouvé intéressants les propos d'Elizabeth Gilbert, qui nous montre que nos peurs sont illégitimes. Elle aborde les questions d'égo et d'âme, tout en racontant quelques anecdotes en lien avec la création. Elle nous invite à être curieux et à développer notre curiosité pour un sujet. Elle explique aussi comment saisir les moments où la création s'invite en nous. Elle n'oublie pas non plus de nous rappeler qu'être créatif c'est aussi être travailleur. Elle le dit à plusieurs reprises que rien ne vient si on ne travaille pas un minimum.

C'est un livre très positif, qui donne confiance en soi, en ses idées. Il ouvre aussi des pistes intellectuelles pour mieux se connaître et mettre en relief ses croyances (notamment dans mon cas, par rapport à l'égo). Je pense que c'est un livre que je relirai à l'occasion.

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mercredi 11 mai 2016

Moi et toi, de Niccolo Ammaniti

Quatrième de couv' : Depuis toujours, Lorenzo est l'un de ces enfants que l'on dit « différent ». Selon son psychiatre, il souffre d'un sentiment hypertrophique de soi, un « ego grandiose ». Conséquence logique : il est en perpétuelle inadéquation avec le monde. Les années passant, de peur de chagriner sa maman, Lorenzo choisit la fiction. À quatorze ans, il fait semblant d'avoir des amis et de s'intégrer.
Le jour où il monte un stratagème pour faire croire qu'il a été invité à skier avec des camarades de classe, il vise au pur chef-d'oeuvre mythomane. L'idée : s'offrir une retraite clandestine dans une cave, avec stock de livres et de provisions. Il est cependant loin d'imaginer qu'une demi-soeur inconnue va bousculer tous ses plans.

Mon avis : Ce roman est vraiment très court (137 pages) et je l'ai trouvé au hasard d'une balade en librairie. La couverture est vraiment belle et le résumé m'a intriguée.
A 14 ans, Lorenzo est un garçon un peu particulier et solitaire. Il n'a pas d'amis et a quelques difficultés à s'entendre avec les gens évoluant autour de lui. Il a cependant compris que pour être tranquille, il fallait prendre exemple sur les plus forts, jouant la comédie auprès d'eux.
Un jour, il prétexte une semaine de vacances au ski avec ses camarades. Sa mère, bouleversée de découvrir que son fils a des amis, l'autorise à partir avec eux. Mais Lorenzo va se débrouiller pour passer une semaine enfermé dans sa cave, à lire, jouer à la console et manger ce qu'il veut, enfin libéré des contraintes sociales ! C'était sans compter sur sa demi-soeur qu'il connaît à peine, débarquant là et bousculant son plan. Elle arrive avec son lot de problèmes et Lorenzo va se confronter à une jeune femme déboussolée, qu'il faut aider.

J'aimerais vous en dire plus sur ce roman, mais ce serait vous spoiler. Il est émouvant, surprenant, bien écrit, bien rythmé et on s'attache et/ou on s'identifie facilement à Lorenzo.
A lire d'une traite !

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jeudi 5 mai 2016

Entre mes mains le bonheur se faufile, d'Agnès Martin-Lugand

Quatrième de couv' : Iris étouffe dans sa petite vie étriquée de la bourgeoisie de province. Un mariage qui se délite, un métier frustrant, elle s'échappe dans des drapés vaporeux et de sages petites robes sur mesure. La couture est son refuge, la machine suivant la cadence de son coeur apaisé. Jusqu'au jour de l'explosion, lorsque Iris découvre que ses parents lui ont volé ses aspirations de jeunesse.
Alors elle déchire le carcan et s'envole pour suivre la formation dont elle rêvait. Et, de fil en aiguille, sous l'égide autoritaire de l'élégante Marthe, Iris se confectionne une nouvelle vie, dans l'exubérance du Paris mondain.

Mon avis : Je crois que c'est l'histoire la plus prévisible que j'ai pu lire depuis le début de l'année. Avec tellement de clichés ! Tout ce qui se déroule dans la première partie est incroyablement prévisible : on est plongé super rapidement dans la vie d'Iris, et on dirait que tout arrive à point nommé. D'un coup elle découvre le mensonge de ses parents, elle se plaint constamment du manque de fantaisie de sa petite vie en province et comme par magie, elle réussit à intégrer un atelier pour apprendre la couture, à Paris. Evidemment, contrairement aux jeunes filles aussi inscrites dans cette formation, Iris est la plus douée et elle tape dans l'oeil de Marthe, la directrice. Elle a tout de suite du succès, comme si elle avait toujours eu un don et qu'enfin elle l'exploitait.

Iris est typiquement le genre de femme agaçante parce qu'elle est incroyablement soumise. On devine qu'elle l'a été à ses parents durant son enfance et son adolescence, avant de passer dans les mains de son mari (elle n'a jamais vécu seule) qui a pu la formater à son image, et enfin, quand elle rencontre Marthe elle s'en remet totalement à elle, incapable de lui imposer le moindre refus.

J'ai vraiment eu un sentiment de malaise diffus, notamment pendant la seconde partie du roman, quand Iris quitte sa vie d'avant en province pour entamer sa nouvelle vie (après moult péripéties en province). Toute son histoire parisienne se construit sur une sorte d'imposture et ça m'a mise mal à l'aise pour elle. Elle revient à Paris et va chercher de l'affection auprès d'une personne qui l'a violemment rejetée et humiliée... J'ai eu envie de lui dire "mais où as-tu mis ta dignité ? ta fierté ?!"
La tragédie qui se dessine m'a paru "trop". Dans sa façon d'être retranscrite, c'est trop rapide, trop intense, trop théâtralisée et ça sonnait faux. Autant le caractère autoritaire de Marthe, je comprenais, autant la représenter en sociopathe, perverse narcissique aussi puissante (elle a l'ascendant sur deux personnes, dont une, qui a un fort caractère) je n'ai pas adhéré. Qu'elle ait autant d'impact sur Iris, ça ne m'étonne pas, Iris est faible, a besoin d'être dirigée et maternée. Alors que Gabriel est clairement quelqu'un qui a une grande force de caractère, qu'il soit pieds et mains liés et ne mette pas en garde Iris ça m'a paru insensé. Pour en revenir à lui d'ailleurs, il a l'image du bad boy séducteur, qui réussit à se laisser aller à aimer Iris, parce que vous comprenez, c'est elle la bonne (midinette time ! roman Harlequin et cie). AU SECOURS !

Bref, entre le début qui est prévisible, et la seconde partie qui en fait beaucoup trop, plus le style inexistant de l'auteure, je n'ai vraiment pas apprécié cette lecture et j'ai plusieurs fois levé les yeux au ciel. On est carrément dans une vision rétrograde de la femme. Si par moments on peut penser qu'Iris va s'émanciper ce n'est que pour replonger dans d'autres bras. Elle n'apprend pas du tout l'indépendance, ni financière, ni par son travail, et encore moins l'indépendance d'être une femme qui peut s'en sortir sans un mec. J'ai détesté le message véhiculé par ce livre et je vous le déconseille !

(et par ailleurs je n'avais déjà pas aimé le premier livre de l'auteure, j'ai voulu réitérer, me disant que j'avais été peut-être trop critique, et bien je ne lirai pas les suivants, c'est certain !)

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lundi 2 mai 2016

La répudiée, d'Eliette Abécassis

Quatrième de couv' : Au premier regard, Rachel a aimé Nathan, le mari qu’on lui destinait. Et c’est avec bonheur qu’elle a accepté son destin de femme pieuse dans ce quartier traditionaliste de Méa Shéarim, à Jérusalem, où elle a grandi.
Mais au fil des années se dessine le drame qui la brisera : le couple n’a pas d’enfant. Et la loi hassidique donne au mari, au bout de dix ans, la possibilité de répudier la femme stérile. Comment Rachel accepte le verdict en silence, alors même qu’elle sait n’être pas en cause, c’est ce que nous conte la romancière de Qumran dans ce livre intimiste et dépouillé.
Un bouleversant roman d’amour qui a été le point de départ du film d’Amos Gitaï, Kaddosh.

Mon avis : Ce livre était dans ma wishlist depuis quelques mois, et je commençais à me dire que j'allais le commander sur un site de librairie en ligne, ou passer commande en librairie, mais finalement je l'ai trouvé la semaine dernière chez ma bouquiniste. Comme il est très court et écrit gros, je me suis plongée dedans très vite.
Je ne m'attendais pas tellement à ce que j'allais y lire. Le résumé était pourtant explicite, mais la plongée dans le monde des hassidim est perturbante. Leur pratique de la religion juive est très poussée, l'étude du Talmud est leur principale activité et la femme est soumise à des règles dures et contraignantes, qui lui laisse peu de liberté d'être.
On rencontre dans ce roman, Rachel qui vit avec Nathan. Voilà bientôt dix ans qu'ils sont mariés et Rachel n'a toujours pas enfanté. A l'issue de ces 10 années de mariage, Nathan pourra la répudier, afin d'épouser une autre femme et assurer sa descendance, et peut-être l'arrivée d'un nouveau Messie.
Le roman est court et peu approfondi mais nous découvrons cependant l'amour fort qu'a développé Rachel pour son mari, malgré l'absence d'enfant. On découvre aussi ses pensées, et sa vie dirigée par la religion et les règles qui en découlent.
C'est un roman qui attriste parce qu'on découvre les douleurs intimes de Rachel.
Des romans d'Eliette Abécassis sur ce sujet (la séparation dans la religion juive) c'est celui que j'ai le moins aimé, parce qu'il est peut-être moins abouti et qu'on n'a moins le temps de s'attacher à Rachel, peut-être aussi parce qu'il traite d'une branche du judaïsme que je ne connaissais pas et dont je découvre qu'il a une position envers la femme qui me déplait fortement.

Bref, un court roman qui m'a permis de découvrir des traditions de la religion juive, ainsi que la force d'un amour d'une femme pour son mari.

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